‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 6 sur 44 · UR.T · texte numérisé non relu

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decbatons; d'autres fois elles sont implantées sur la surface d'un réceptacle charnu, tantôt plane et évasé , lantôt pyriforme et clos de toutes parts, excepté à son sommet où il présente une petite ouverture bouchée par des écailles.

Les plantes de la famille des urticées sort très- nombreuses ; on peut les distribuer en deux tribus naturelles, savoir : lés urticées à fruit charnu, qu'on nomme aussi artocarpées , et qui comprennent entre autres les figuiers , les contrayerva , les arbres à pain et les mûriers; et les urticées vraies, dont le péricarpe est sec et nullement charnu. Ces deux tribus ne diffèrent pas moins par leurs propriétés médicales que par leurs caractères botaniques : ainsi, la plupart des artocarpées, qui sont en général des arbres plus ou moins élevés, contiennent un suc blanc et laiteux, acre et souvent très-caustique. Ce suc existe dans tous les figuiers , et même dans l'espèce que nous cultivons si abondamment pour en récolter les fruits ; dans quelques espèces même il est assez acre pour leur communiquer des propriétés délétères, ainsi qu'on le remarque dans une espèce de l'Inde nommée ficus toxicaria. Mais de tous les végétaux appartenant à cette tribu, il n'en est aucun dans lequel ce suc soit aussi abondant et aussi vénéneux que dans l'antiar (antiarris toxicaria), arbre originaire de Java, et qui fournit le fameux poison , dont les Javanais se servent pour empoisonner leurs flèches, et que l'on connaît sous les noms à'ipo ou upas anliar. Mais un fait important à remarquer, c'est que la plupart de ces artocarpées, dont le suc est généralement vénéneux , fournissent des fruits charnus formés en général par un réceptacle très-développé , et qui sont doux et sucrés. Telles sont les figues que nous employons sèches et fraîches comme alimens; tels sont encore les fruits de l'arbre à pain , qui est le principal aliment des habitans de plusieurs des archipels épars dans l'Océan Pacifique. Les fruits du mûrier, dont la partie charnue est formée par le calice qui est devenu succulent, ont au contraire une saveur aigrelette, assez analogue à celle des fruits du groseiller à grappe.

Quant aux véritables urticées, c'est-à-dire à celles dont le fruit est sec, ce sont en général des plantes herbacées , trèsrarement des arbustes ou des arbrisseaux; leurs propriétés sont parfois non moins énergiques. Ainsi, dans toutes les espèces

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d'orties, on trouve un suc limpide, mais très-âcre, qui parait sécrété par de petites glandes terminées par un poil qui en est le conduit excréteur. Ces poils, qui sont assez raides, en s'insinuant sous la peau, y versent le fluide âcre, à peu près de la même manière que les crochets de la vipère déposent le venin dans la plaie qu'ils ont faite. Dans un certain nombre d'autres urticées, on observe un principe plus ou moins narcotique et quelquefois enivrant, comme. le prouvent le houblon et les espèces de chanvre dont une surtout est employée par les nègres pour préparer une boisson qui les jette dans un état d'ivresse, qui souvent se prolonge très- long-temps. Néanmoins il est un grand nombre d'urticées qui , privées du suc laiteux et du suc âcre dont nous avons signalé les propriétés délétères, sont des plantes presque insipides et sans aucune action vénéneuse; telle est, par exemple, la pariétaire, qui, croissant en général sur les vieux murs et dans le voisinage des habitations de l'homme , contient une quantité notable de nitrate de potasse, auquel on doit attribuer l'action diurétique qu'elle exerce. Remarquons enfin que la plupart des urticées ont les fibres de leur tige très-tenaces, mais très-souples, et qu'on peut les employer à former des fils et préparer des tissus : ainsi le chanvre et plusieurs urtica, le mûrier à papier, sont utiles pour en retirer une filasse dont on peut former des cordes, des toiles, etc. (a. richard.)

USTION, s. f., ustio; action de brûler. Voyez cautérisation , BRULURE.

UTÉRIN, INE, adj., uterinus, du mot latin utérus , matrice; qui est relatif à l'utérus.

utérine (l'artère) est une branche de l'bypogaslrique ou iliaque interne.

utérines (les veines) suivent un trajet analogue aux artères de ce nom. Voyez utérus.

UTÉRUS, s. m. Mot latin conservé dans le langage anatoînique, et qui signifie matrice; on l'emploie communément comme synonyme de ce mot.

L'appareil génital de la femme est composé de parties qu'on distingue en externes et internes; les premières sont les organes de la copulation {voyez vagin , vulve), tandis que les secondes, qui constituent les organes génitaux proprement dils,

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sont l'utérus avec ses trompes et les ovaires; ces derniers ayant été décrits ailleurs (voyez ovaire), nous n'examinerons ici que l'utérus et les trompes.

L'utérus est un organe particulier aux femelles des mammifères , présentant une cavité sur les parois de laquelle le germe fécondé s'attache par des vaisseaux, et où il croit et se développe pendant un temps déterminé pour chaque espèce. Cet organe est situé dans l'excavation du petit bassin derrière la vessie , devant le rectum , au-dessous des circonvolutions de l'iléon , et au-dessus du vagin qui entoure sa partie inférieure et lui adhère intimement. Cette situation varie suivant l'état de plénitude et de vacuité des organes qui l'avoisinent, et dans les diverses situations du corps entier. L'utérus est presque toujours un peu incliné à droite de la ligne médiane , déviation qui peut être due en partie à la disposition du rectum et de la circonvolution iliaque du colon; dans l'état ordinaire, son fond est i dirigé obliquement en avant , en sorte que son col est porté en arrière et en bas , et forme avec le vagin un angle rentrant i qui est surtout marqué dans la station verticale. Les dimensions de cet organe varient suivant l'âge; ainsi, son volume augmente l rapidement vers l'époque de la puberté, et continue de s'accroître jusqu'à l'âge adulte : il diminue après l'entière cessation des règles. Mesuré dans son état d'intégrité, l'utérus a trois pouces de longueur environ , deux pouces et quelques lignes I dans sa plus grande largeur, huit lignes environ dans sa plus grande épaisseur, et généralement quatre lignes dans les dif-

; férens points de ses parois, à l'exception des angles supérieurs qui ont beaucoup moins d'épaisseur. Suivant Meckel , l'utérus

u a, chez les filles vierges, environ deux pouces de long, et la partie qui constitue le col ne forme pas tout-à-fait la moitié de

. cette étendue; la plus grande largeur du corps est de seize lignes, et celle du col en a dix; les lèvres de son orifice ont | environ dix lignes de large, et cet orifice est lui-même de six

i e"viron ; l'épaisseur de la portion vaginale de l'utérus est d'environ six lignes, et la fente est très-étroite dans ce sens. Ces

j diverses dimensions éprouve^ des variations plus ou moins

. grandes chez les femmes qui ont eu des enfans, parce que cet : organe ne revient ordinairement jamais à son volume normal.

i, j D'aPrès le même anatomiste, l'utérus bien développé d'une vierge pèse entre sept et huit gros, tandis que ce poids, chez

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une femme qui a eu des enfans, mais dont cet organe s'est rapproché autant que possible du volume qu'il a hors de l'état de grossesse , s'élève souvent à une once et demie.

L'utérus est pyrifonue, aplati d'avant en arrière, et en quelque sorte triangulaire ; sa partie supérieure cet la plus volumineuse, on lui donne le nom de corps : le bord supérieur, qui correspond au fond du corps de l'utérus, est épais. , arrondi, convexe, les bords latéraux sont droite; la partie inférieure, qu'on appelle le col, est cylindroïde. Les deux faces de l'utérus sont bombées, mais cette disposition est bien plus prononcée en arrière qu'en avant, surtout dans les premiers temps de la vie, où la face postérieure présente une saillie verticale et médiane très- marquée; toutes les deux sont libres, tandis que les bords latéraux sont enveloppés par les ligamens larges [voyez péritoine); les deux angles arrondis qui résulteut de la réunion du bord supérieur avec les deux bords latéraux se continuent avec les trompes de Fallope que nous décrirons plus bas. L'angle inférieur qui termine le col, et qu'on nomme improprement museau de tanche , est embrassé par le vagin dans lequel il fait une saillie de quatre ou cinq lignes antérieurement, et un peu plus considérable postérieurement. L'ouverture, située à son sommet, est dirigée transversalement, longue de plusieurs lignes, et bornée par mie lèvre antérieure plus épaisse et par une lèvre postérieure plus mince; cet orifice est très-étroit, dans l'état naturel , se dilate un peu pendant la menstruation , et reste comme béant pendant les premiers jours qui suivent l'écoulement des règles, disposition qui explique pourquoi cette époque est plus favorable à la conception. Chez les femmes qui ont eu plusieurs enfans, le museau de tanche est toujours plus gros, moins aplati, son orifice presque toujours entr'ouvert, et les deux lèvres son', inégales, creusées d'échnncrures plus ou moins profondes qui résultent ordinairement de la cicatrice des déchiremens qui ont eu lieu lors de l'accouchement.

La cavité de l'utérus est communément divisée en cavité du corps et cavité du Col; les parois de l'une et l'antre sont exactement contigues entre elles. La cavité du corps est triangulaire, sa largeur est de quatre lignes environ, terme moyen; elle se continue de chaque côté et en haut avec les trompes de Fallope : inférieure!» ent elle se rétrécit beaucoup en se

UTÉ 97 prolongeant dans le col , et constitue dans le point de réunion de ces deux portions de l'utérus l'orifice interne ou supérieur de l'utérus; elle s'élargit ensuite, prend la forme d'un canal aplati d'avant en arrière , long de douze à quinze lignes chez la femme qui n'a pas eu d'enfans, se rétrécit inférieurement, et s'ouvre dans le vagin par l'orifice externe décrit plus haut. Les parois de la cavité de l'utérus sont enduites d'une humeur visqueuse, et si, comme on l'a dit avec raison, la membrane muqueuse du vagin ne se continue pas à l'intérieur de l'utérus pour tapisser sa cavité , il n'en est pas moins vrai que la face interne de cet organe est recouverte par une membrane rougeâtre, analogue aux membranes muqueuses, très-adhérente aux couches fibreuses sous-jacentes, et dont on peut la séparer à l'aide d'une macération prolongée. L'existence de cette membrane interne est niée par différens anatomistes, et entre autres par MM. Chaussier etRibes, mais l'analogie seule suffirait pour la faire admettre, lors même qu'on ne la démontrerait pas d'une manière directe. A. l'intérieur de la cavité utérine on remarque sur la ligne médiane une dépression, et quelquefois une sailîie verticale qui partage cette cavité suivant sa longueur en deux moitiés égales : plusieurs lignes se rendent obliquement sur cette saillie médiane qui est ordinairement .plus prononcée à la face postérieure qu'à l'antérieure. On la retrouve sur chacune des parois de la cavité du col où elle se continue sans interruption en avant comme en arrière : là , elle réunit dans ces deux sens les extrémités de replis très-inullipliés , transversaux, profonds, régulièrement superposés les uns aux autres : Us sont plus rapprochés et plus serrés vers les orifices qu'au centre de la cavité du col. Cette disposition est surtout apparente chez les vierges. Ces replis transversaux en cachent d'autres plus profonds, froncés irrégulièrement, qui occupent le fond des sillons, et dont l'ensemble peut fournir ainsi à un développement considérable. Cette disposition remarquable explique comment cette portion de l'utérus forme à elle seule plus du tiers de la cavité à l'époque de la grossesse à terme. Les sillons intermédiaires à ces replis contiennent des follicules muqueux nombreux qui sont la source du mucus que renferme la cavité du col dans l'état de vacuité et de celui qui est si abondant au début du travail de l'accouchement. Ces follicules sont quelquefois tuméfiés ; l'humeur qu'ils sécrètent s'y accumule et forme de petites vésixxi. „

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cules globuleuses "blanchâtres , qu'on désigne sous le nom d'œuj's de NabolJi.

Nous avons dit que les deux angles supérieurs de la cavité du corps de l'utérus se continuaient avec la cavité des trompes; ces dernières sont deux conduits fibro-membraneux , flexueux, longs d'environ cinq pouces, contenus dans l'épaisseur du bord supérieur des ligamens larges , et qui s'élargissent progressivement en s'éloignant de l'utérus , de telle sorte que leur diamètre, qui n'est que d'une demi-ligne en dedans, s'élève par degrés jusqu'à trois ou quatre. Les trompes se terminent en dehors par une extrémité évasée- dont la circonférence frangée adhère à l'extrémité externe de l'ovaire qu'elle dépasse beaucoup. Cette partie de la trompe a reçu le nom de pavillon à cause de son évasement; son orifice , qui s'ouvre dans la cavité abdominale, a deux ou trois lignes de diamètre; il offre circulaireœent des scissures multipliées, longitudinales, d'autant plus larges et profondes qu'elles se rapprochent davantage de la circonférence du pavillon qu'elles divisent en languettes dans l'organisation desquelles on trouve des fibres charnuâs assez marquées : c'est à leur ensemble qu'on donne improprement le nom de morceau frangé. IL n'est pas rare de voir une ou deux de ces languettes intimement adhérentes à l'ovaire correspondant ; mais cette disposition ne peut être considérée comme normale, et paraît plutôt résulter d'une inflammation accidentelle. Sur une jeune fille morte enceinte de six à sept semaines , madame Boivin a trouvé, le pavillon de la trompe gauche recourbé sur l'ovaire de manière à le couvrir en totalité, et toutes les languettes avaient contracté de fortes adhérences avec sa surface; à l'orifice du pavillon était un kyste membraneux du volume d'une aveline, rempli de sérosité jaunâtre et couvert de ramuscules vasculaires d'un rouge vif. Ce fait intéressant ne vient-il pas à l'appui de l'explication qu'on donne des usages des trompes ? On s'ait qu'on leur attribue la fonction , lors de la fécondation , d'aspirer en quelque sorte l'ovule fécondé et détaché de l'ovaire, et de le transmettre ensuite dans la cavité de l'utérus. Les trompes sont enveloppées extérieurement par le péritoine qui se continue sur le bord libre des franges avec la membrane qui tapisse leur cavité; cette dernière est trèsanalogue aux membranes muqueuses, et forme un grand nombre de plis longitudinaux. Au-dessous de l'enveloppe péritonéale

UTÉ 1)9 on trouve un tissu dans lequel on ne distingue ordinairement pas de libres, niais, qui offre quelquefois chez les femmes d'une constitution robuste deux plans mmculeux dont l'externe est formé de fibres longitudinales et l'interne de fibres circulaires. L'orifice utérin des trompes est très-étroit , et ne présente aucune trace de valvule ou de saillie- en s'ouvrant dans la cavitéde l'utérus.

Le docteur Gartner, de Copenhague, a décrit dans ces derniers temps deux canaux particuliers qu'il a trouvés dans l'utérus de la vache et de la truie, lesquels commencent dans. le voisinage des trompes de Fallope et s'ouvrent dans le vagin près du méat urinaire. Je ne sache pas que de nouvelles recherches aient été faites pour vérifier ce fait anatomique qui paraît avoir été soupçonné par Galien, Régner de Graaf et Malpighi. M. Baudelocque neveu a observé une disposition à peu près analogue sur un utérus de femme.

L'utérus est maintenu dans la situation décrite précédemment par des ligamens résistans et par le péritoine qui se réfléchit sur les parties antérieure et postérieure du corps de cet organe en formant quatre, replis appelés improprement ligamens antérieurs et postérieurs , car ils n'ont pas réellement cet usage. Sur les côtés /cette même membrane forme, comme on l'a déjà vu, les ligamens larges qui renferment dans leurépaisseur les ovaires et les trompes. Les adhérences de l'utérus avec le péritoine ne suffiraient pas pour assujétir cet organe dans sa situation, si cette membrane séreuse- n'était pas doublée par une seconde membrane très-résistante, d'un tissu serré et d'une épaisseur plus grande : cette membrane, décrite par madame Boivin sous le nom de tunique utéro- sous-péritonéale, forme une espèce de sac qui enveloppe -l'utérus , et adhère fortement à sa surface spécialement à son fond et sur la ligne médiane. Elle paraît avoir aussi pour usages de maintenir les plans fibreux extérieurs de l'utérus dans leurs rapports respectifs, et de s'opposer, par sa résistance et la multiplicité de ses points d'adhérences, au développement irrégulier de ce viscère. Cette tunique fibreuse et musculaire offre plusieurs prolongemens qui servent de gaines aux cordons antérieurs et postérieurs de l'utérus que nous allons décrire tout à l'heure, et quelques-unes de ses libres se rendent dans l'épaisseur des replis péritonéaux qui se portent de la face antérieure de l'uté-

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rus à la face postérieure de la vessie. "En outre , elle se prolongé sur la face externe du col qu'elle embrasse plus étroitement que le corps, et s'étend sans interruption sur toute la longueur du vagin jusqu'à la vulve.

Des divers ligamens de l'utérus, les plus considérables sont ceux qu'on nomme antérieurs ou ligamens ronds': ils sont tièslongs, arrondis, se fixent aux angles de l'utérus, immédiatement au-dessous et au-devant de l'insertion des trompes de Fallope. Situés d'abord entre les deux feuillets des ligamens larges , ils passent derrière l'artère ombilicale de chaque côté , devant les vaisseaux hypogastriques, se portent de bas en haut et de dedans en dehors, immédiatement derrière-le péritoine, vers l'orifice supérieur et externe du canal inguinal, et se réfléchissant là sur l'artère épigaslrique, ils s'engagent dans le canal inguinal , sortent par son orifice extérieur , et s'épanouissent en plusieurs faisceaux qui se perdent dans le tissu cellulaire du pénil et des grandes lèvres. Ces cordons, d'autant plus larges qu'ils sont plus rappiochés de leur insertion à l'utérus, sont composés de tissu cellulaire, de ramifications vasculaires, de fibres musculaires longitudinales, dont les supérieures sont une continuation des fibres utérines les plus superficielles , tandis que les inférieures proviennent du bord inférieur des muscles oblique interne et transverse de l'abdomen. Ch. Bell considère ces cordons comme les tendons des muscles de la face extérieure de l'utérus. Ils servent à abaisser le fond de l'organe vers le centre de la cavité pelvienne pendant le travail de l'accouchement. Les cordons postérieurs de l'utérus sont deux espèces de tendons qu'Antoine Petit a signalés d'une manière spéciale; ils sont formés par qxielques faisceaux ligamenteux qui se détachent de la face externe et postérieure du col, recouverts par un prolongement des fibres musculaires de l'utérus et par un repli périfonéal; ils s'étendent de la région moyenne et postérieure du col aux parties latérales de la face interne du sacrum où ils s'attachent; on trouve aussi dans leur épaisseur quelques vaisseaux sanguins et lymphatiques, et plusieurs filets nerveux qui vont se distribuerai! col de l'utérus. Ces ligamens contribuent à l'obliquité de l'orifice vaginal qu'ils portent en arrière , d'où résulte l'angle que: l'utérus forme avec le vagin en s'unissant à lui. On voit donc que la disposition des ligamens antérieurs et postérieurs con-

UTÉ ii" eourt à donner à l'utérus la direction la plus favorable pour qu'il puisse s'élever au-dessus du détroit abdominal du bassin dans les premiers mois de la gestation.

La structure de l'utérus est difficile à déterminer dans l'état .Je vacuité de cet organe; quand on incise ses parois, on n'observe qu'un tissu fibreux, blanchâtre, résistant, un peu rosé vers le fond et dans l'épaisseur du conps, plus mou en se rapprochant de la cavité, et traversé par de nombreux rameaux vasculaires. Ce tissu, sur la nature duquel on a éniis des opinions fort'différentes, a tout-à-fait l'aspect du tissu musculaire quand l'utérus a acquis accidentellement quelque développement, soit dans la gestation, soit par l'effet de certaines, tumeurs formées dans son épaisseur ou dans la cavité de l'organe : on sait, en effet, combien les- contractions de l'utérus sont rapides et énergiques lors de l'accouchement , et l'on peut invoquer encore à l'appui de cette opinion l'analogie avec les mammifères chez lesquels cet organe est évidemment musculeux à toutes les époques de la vie; en outre, les analyses chimiques, démontrent dans ce tissu, comme dans les mnscles, une grande proportion de fibrine. Quoi qu'il en soit, il est bien constant qu'on ne peut pas dire que le tissu de l'utérus chez les vierges soit évidemment de nature musculaire ; ses caractères anatomiqucs ne J'indiquent pas alors d'une manière positive, et tout annonce que ce changement de nature, cette transformation, quand elle a lieu, résulte d'une modification imprimée accidentellement à la nutrition de l'organe : dans quelques cas seulement, cette disposition devient apparente, comme à l'époque des règles , à la suite d'une suppression de cet écoulement, etc. Le plus grand nombre des analomistes assimilent le tissu de l'utérus aux muscles des organes intérieurs, mais ils varient beaucoup dans la descr iption qu'ils donnent des fibres de ce tissu. Les uns prétendent qu'elles ne sont pas disposées d'une manière régulière; la plupart admettent qu'elles suivent deux directions , l'une dans le sens de la longueur , et l'autre dans le sens de la largeur de l'organe. Suivant madame Boivin, ces fibres forment sur chaque face de l'utérus six faisceaux distincts, trois à droite et trois à gauche de chaque paroi, et un autre vertical qui règne sur la ligne médiane, et s'étend longitudinalement depuis le contour du fond jusqu'au bas du corps de l'utérus ; les autres plans fibreux semblent prendre naissance de la ligne médiane sur le

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(ond de l'utérus; deux faisceaux s'étendent transversalement en dehors et se prolongent sur les trompes dont jls concourent à former les parois; au-dessous, deux autres plans fibreux occupenf la moitié supérieure du corps de l'utérus et se portent de chaque côté en devant de l'angle tubaire où ils se réunissent à d'autres fibres et constituent la base ou l'origine des ligamens ronds; enfin, dans le tiers inférieur, deux autres plans se dirigent delà partie moyenne sur les parties latérales, se confondent en partie avec les fibres qui forment le ligament rond, et d'un autre côté s'entrelacent avec les fibres transverses de la région postérieure de l'organe. Dans cette dernière paroi, la disposition des plans fibreusr est à peu près la même que celle de ceux de la paroi antérieure; seulement ils fournissent quelques fibres qui contribuent à former les ligamens des ovaires. Ces divers plans fibreux éprouvent nécessairement des changemens. nombreux dans leur direction, suivant l'état d'ampliation de l'utérus, et après l'accouchement ils offrent encore des changemens plus considérables. D'après cela, on conçoit aisément comment il a pu résulter de cette variété d'aspect des opinions si différentes sur la structure de l'utérus.

Suivant M. Meckel , il existe le plus généralement deux couches musculaires dans les parois de cet organe, l'une interne et l'autre externe, entre lesquelles la substance yasculaire est. interposée, et néanmoins les divers plans et les couches s'entrelacent d'une manière intime; la" couche externe est plus épaisse que l'interne , et l'épaisseur de ce tissu musfculeux est toujours beaucoup plus grande vers le fond de l'utérus que dans tous les autres points de l'organe, et spécialement dans le col où l'on remarque à peine des. traces de tissu musculaire. Les fibres sont longitudinales et circulaires ou transversales ; les premières l'emportent beaucoup sur les secondes , mais leur développement est plus prononcé près de l'orifice vaginal de l'utérus , tandis que celui des dernières est plus marqué vers le fond de l'organe. Les fibres du plan externe sont généralement longitudinales, quoique plusieurs affectent une direction plus ou moins o*blique et même transversale sur les faces antérieure et postérieure de l'utérus; elles cessent, d'être apparentes vers le col : plusieurs se prolongent dans l'épaisseur des ligamens ronds et des trompes de Fallope. Les fibres obliques n'existent pas dans le col ; néanmoins il est composé assez souvent de

UTÉ to3 plusieurs couches superposées de fibres longitudinales et transversales. Le plan interne, bien plus mince que l'externe, est composé de deux muscles circulaires situés chacun autour d'un des orifices des trompes, et qui se confondent ensemble sur la ligne médiane, en avant et en arrière; au-dessous de cette couche on trouve des fibres obliques et des fibres longitudinales , qui se réunissent de chaque côté en devant et en arrière pour produire deux triangles alongés dont les sommets se confondent dans l'orifice de la trompe. Quelques fibres transversales s'entrelacent avec ces dernières vers la partie inférieure de l'utérus.

Les vaisseaux qui se distribuent à cet organe sont très-nombreux , relativement au volume qu'il présente dans son état de vacuité ; mais cette prédominance du système vasculaire de l'utérus existe pour les changemens qui surviennent lors de la gestation. Les artères utérines, branches des iliaques, se subdivisent à l'infini dans l'épaisseur des parois de l'utérus, et décrivent des sinuosités répétées qui permettent à ces vaisseaux de s'alonger à mesure que l'organe augmente de volume. Les veines suivent un trajet analogue à celui des artères, et offrent, lors de la gestation, des dilatations très-remarquables auxquelles on a donné le nom impropre de sinus veineux ou utérins. Les vaisseaux lymphatiques de l'utérus sont -également très-muitipliés; quant aux nerfs, ils émanent des plexus rénaux et hypogastriques. Ces divers élémens anatomiques acquièrent pendant la gestation un développement remarquable sur lequel on a appelé l'attention d'une manière spéciale dans un autre article. Voyez grossesse.

L'utérus et les trompes existent chez tous les mammifères : chez les oiseaux, les trompes sont représentées par l'oviducte qui s'étend de l'ovaire au cloaque sans former de sinuosités. Chez les reptiles on trouve deux oviductes qui correspondent à deux ovaires, et s'ouvrent de même dans un cloaque. Dans les poissons osseux , à l'exception de ceux qui sont vivipares , l'ovaire paraît communiquer immédiatement au dehors, et l'oviducte est en quelque sorte confondu avec lui; cette disposition se retrouve dans un certain nombre de poissons cartilagineux. Mais^hez ceux qui s'accouplent, il existe deux oviductes parfaitement distincts des ovaires : dans les mammifères , les trompes dites de Fallope ont généralement la même sfruc-

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ture et ln même forme que dans la femme; chez ceux dont l'utérus est divisé en cornes, elles tiennent à l'extrémité de celles-ci, et sont très-repliées dans le court intervalle qui existe entre le sommet de ces cornes et l'ovaire; leur diamètre est • toujours très-petit, et ne parait pas croître à proportion du volume de l'animal.- L'utérus présente des différences nombreuses dans les mammifères : tantôt il est simple comme chez la femme, ainsi qu'on l'observe dans les singes, les édentés et les tardigrades; seulement sa forme est plus alongée chez les premiers, tandis qu'elle est triangulaire dans les édentés et les tardigrades. Dans d'autres espèces, telles que les ruminans, la plupart des rongeurs, les solipèdes, etc. etc. , le corps de l'utérus est constamment séparé en deux cornes , soit dans uue partie de son étendue, soit dans toute sa longueur ; le col est sans division. Dans les animaux à bourse il est triple ou quadruple et à la fois compliqué. L'intérieur de l'utérus est ordinairement ridé dans les utérus simples; ceux qui ont des cornes présentent généralement dans celles-ci des rides longitudinales, et rarement elles sont transversales. La situation de l'utérus est horizontale comme celle du corps entier de l'animal , mais lorsque cet organe est divisé en cornes , il ne se borne pas à la cavité du petit bassin , il s'avance le long des lombes jusque derrière les reins, où sont les extrémités des cornes, les ovaires et les trompes.

Dans le commencement de la vie embryonaire, les trompes de Fallope, l'utérus et le vagin ne constituent qu'un seul canal fendu à" sa partie supérieure, offrant dans tous les points la même largeur, et s'étendant sans interruption depuis l'extrémité libre des trompes jusqu'à la vulve. Les trompes sont d'abord proportionnellement plus épaisses et plus longues qu'aux époques suivantes; jusqu'au troisième mois on les voit descendre en dehors des ovaires, très-obliquement de dehors en dedans, et se réunira angle aigu par leur extrémité inférieure à un petit corps alongé qui n'est autre chose que le rudiment de l'utérus. Leur extrémité supérieure ne parait consister qu'en un renflement creux sans ouverture, où l'on ne distingue d'orifice extérieur qu'au quatrième mois; les trompes ne deviennent flexueuses qu'au cinquième mois environ, et le canal qui le parcourt est toujours proportionnellement d'autant plus large que l'embryon est plus jeune. 11 existe aussi entre les

UTÉ io5 trompes et les ovaires , dans le repli du péritoine, un faisceau vasculaire que Rosenmuller a décrit le premier, et qu'on observe encore les premières années qui suivent la naissance : je l'ai décrit ailleurs (voyez oeuf humain). Jusqu'à la fin du troisième mois, l'utérus est bicorne, mais ses deux moitiés latérales s'unissent à angle d'autant plus aigu, que l'embryon est plus rapproché du moment de sa formation. C'est lorsque cet angle s'est effacé que l'organe parait bicorne : peu à peu ces deux prolongemens disparaissent, et une cavité unique les remplace vers la fin du quatrième mois. Toutefois l'utérus a une forme cylindrique dans toutè son étendue pendant longtemps, et elle ne devient pyriforme que vers l'époque de la puberté. Chez le fœtus à terme le corps de l'utérus ne constitue que le quart de la longueur de l'organe tout entier; à treize ans il n'en fait que le tiers, et la moitié après la puberté. Au neuvième mois et penuant les premières années qui suivent la naissance, on remarque une saillie alongée qui parcourt toute la longueur de l'utérus, et à laquelle se rendent en convergeant des rides plus ou moins rapprochées qui se concentrent d'un autre côté vers les orifices des trompes, et rendent ainsi plus ou moins inégale la surface interne de l'utérus; elles s'effacent insensiblement et disparaissent entièrement vers la cinquième année. Dans l'origine, l'orifice vaginal , ou museau de tanche, est à peine saillant dans le vagin; il ne commence à se prononcer que vers le milieu de la vie intrà-utérine, et au neuvième mois environ celte portion de l'utérus est proportionnellement plus considérable qu'aux époques subséquentes ; elle est aussi pendant les premiers mois de la vie intrà-utérine, inégale à sa surface, ridée longitudinalement, terminée par des bords irrégulièrement découpés, et ce D;est que plus, tard que cette saillie diminue, devient lisse, et prend "la forme qu'on lui connaît. Quant aux parois de l'utérus, elles ont d'autant moins d'épaisseur relativement à l'ampleur de la cavité, que l'embryon est plus jeune; cette épaisseur est d'abord la même dans tous les points de l'organe, mais elle, augmente d'une manière remarquable dans le col, vers le cinquième mois. Entre cinq et six ans, son épaisseur devient uniforme dans toute son étendue, disposition qu'on observe jusqu'à la puberté, époque où l'épaisseur des parois devient bien plus considérable dans le corps que dans le col. Pendant la vie intrà-

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utérine l'utérus est presque entièrement en dehors de la cavité du petit bassin qu'elle dépasse encore beai.-coup au moment de la naissance, rodis vers la quinzième année elle se trouve contenue en totalité dans l'excavation pelvienne; sa direction, qui. était perpendiculaire chez le fœtus, devient ensuite trèsoblique d'avant en arrière.

L'utérus subit des changemens remarquables avec l'âge : sa forme devient irrégulièrement arrondie, et son volume diminue sensiblement, surtout chez les femmes qui ont vécu dans le célibat. Son tissu acquiert une dureté analogue à celle qu'il avait pendant l'enfance, et*s.a couleur redevient blanchâtre. M. le professeur Lallemant, chirurgien en chef de l'hospice de la Salpètrière, a observé que dans un âge avancé, le col de l'utérus fait une saillie très- considérable dans le vagin. Il s'amincit quelquefois d'une manière singulière, et devient fusiforme : cette déformation du col, qui s'observe aussi chez l'adulte, peut expliquer, dans certains cas, l'état de stérilité chez des femmes- que leur organisation semble destinera la maternité: le col, ainsi alongé,' est quelquefois singulièrement contourné. Les lèvres du museau de tanche, plus ou moins lacérées après un premier accouchement, peuvent contracter des adhérences vicieuses qui s'opposent pendant le reste de la vie à une nouvelle fécondation. Chez les vieilles femmes, les trompes de Fallope sont presque toujours oblitérées, et cette oblitération s'étend progressivement de la partie moyenne à leurs extrémités. Le professeur Mayer , de Bonn, a signalé une disposition de la cavité de l'utérus chez les femmes septuagénaires et octogénaires, qui est. digne d'attention, et que j'ai eu l'occasion d'observer plusieurs fois : une cloison transversale, ou mieux une oblitération complète existe dans le point correspondant à l'orifice interne ou supérieur de la cavité du col , et l'on remarque en même temps à l'extérieur de l'organe un rétrécissement sensible entre son col et son corps. Avant que l'oblitération ne soit complète, la cloison reste quelque temps interrompue par des fissures étroites, plus ou moins obliquas, qui se ferment insensiblement. Cette cloison a parfois quatre lignes d'épaisseur , et l'utérus offre alors deux cavités distinctes superposées l'une à l'autre : celle du corps est plus lar,ge, et conserve toujours des dimensions plus considérables que celle du col, qui reste oblongue, et ouverte dans le vagin. Toutes deux con-

UTK 107 tiennent un mucus blanchâtre, plus cousistant dans la cavité supérieure que dans l'a cavité inférieure.

Les fonctions à l'exécution desquelles l'utérus concourt, ayant été décrites avec détail dans des articles précédens, il me suffit de les indiquer ici.- Voyez accouchement, GÉNÉRA- TION , GIVOSSESSE , MENSTRUATION. .

L'utérus peut manquer en totalité, ou bien son corps ou son col seul n'existe pas. Dans les deux premiers cas les trompes manquent également; mais il peut arriver aussi que ces conduits n'existent pas avec un utérus régulièrement conformé, et dans quelques cas leur extrémité ovarienne forme un cul -de- sac exactement clos au lieu de l'évasement qui constitue le pavillon. L'utérus peut être excessivement petit, et ses parois très amincies; cette atrophie congénitale semble résulter de la persistance de son état chez l'embryon. C'est également à cette cause, ou à un retard dans le développement de l'organe, qu'on doit attribuer sa scission plus ou moins profonde en deux moitiés latérales-, disposition analogue à celle qu'on observe dans l'état normal chez certains animaux , et qui constitue l'utérus bicorne ; dans cette anomalie, tantôt l'utérus est exactement divisé ,en deux organes isolés, distincts, s'ouvrant chacun dans un vagin séparé; tantôt le col de l'utérus est simple, et le corps seul est divisé en deux moitiés; d'autres fois la forme extérieure de l'utérus n'est pas changée, mais la cavité est partagée par une cloison médiane et verticale. Enfin, indépendamment des déformations du col dont j'ai parlé plus haut, et que j'ai signalées comme causes auxquelles on peut attribuer la stérilité dans certains cas, il est encore une autre disposition congénitale qui peut avoir le même résultat r c'est une obliquité de l'utérus tellement prononcée, que le col se trouve appliqué contre le sacrum qui ferme ainsi son orifice vaginal : mon confrère M. Rayer m'en a communiqué plusieurs exemples. Dans deux cas où cette disposition avait été reconnue, la fécondation eut lieu après qu'on eut fait disparaître en partie cette situation transversale de l'utérus à l'aide d'une éponge fine qui fut introduite derrière et au-dessus du col qu'on ramena ainsi dans la direction de l'axe du vagin quelques instans avant le coït.

( C. V. OLEIVIEn. )

utérus (pathologie). Parmi les nombreuses lésions dont nos organes sont, attaqués , il en est peu dont l'utérus ne puisse être

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le siège. Quelques-unes des affections de cet organe se rencontrent même si fréquemment, qu'on peut presque dire, avec Hippocratc, que l'utérus est la cause de toutes les maladies propres aux femmes. La diversité des tissus qui entrent dans la composition de cet organe, les changemens que sa texture et ses propriétés éprouvent pendant la grossesse, ses rapports avec les parties voisines , et dans quelques circonstances avec le pénis, la nature et l'importance des fonctions qu'il remplit, la répéiilion des actes de ces fonctions, les obstacles mécaniques qui s'opposent quelquefois à leur accomplissement , sont autant de circonstances qui rendent raison de la fréquence de ces affections ; mais excepté l'influence de ces causes locales et comme prédisposantes, ces affections ne présentent pas de considérations communes. L'influence sympathique de l'utérus malade sur les autres organes offre des variations sans nombre, et ne me semble pas pouvoir être ramenée à des principes généraux. Une lésion légère de son tissu, ou même quelquefois de ses fonctions, semble, dans quelques circonstances, être la cause et comme le point de départ d'une foule de phénomènes très -graves; d'autres fois elle existe isolée, et resterait inaperçue si quelque circonstance accidentelle ne venait la révéler. Bien plus, il n'est pas rare que l'utérus soit entièrement désorganisé, que l'altération organique ait même envahi et souvent détruit les parois du vagin et celles du feclum ou de la vessie, sans que la malade se plaigne d'autre chose que d'un poids incommode ou de l'incontinence soit des matières fécales soit de l'urine. Il serait superflu de m'étendre sur ce sujet, les effets de cette influence sympathique de l'utérus sur les différens organes ou systèmes ayant été décrits et appréciés dans les articles spéciaux relatifs aux diverses maladies de cet organe. Les nombreuses lésions de l'utérus n'offrant de commun que leur localité, si je puis m'exprimer ainsi, ne sont pas susceptibles d'une classification spéciale, et je dois, pour ce qui les concerne , renvoyer aux articles spéciaux ou généraux dans lesquels il est traité de chacune d'elles, en suivant l'ordre méthodique adopté à l'article lésion de ce dictionnaire, me réservant seulement ici de traiter de celles de ces lésions qui n'ont pas trouvé place ailleurs, ou pour lesquelles on a renvoyé à cet article , telles sont le ramollissement et la putrescence de Yutérus, les concrétions sanguines et lymphatiques qui se forment

UTÉ 109 dans sa cavité, les tumeurs fibreuses qui se développent dans l'épaisseur de ses parois, Yantéversion et la rétroversion. Voyez

MÉTttITE , LEUCORRHÉE, HYDROMÈTRE, PHYSOMETRE OU PNEU- MATOSE, CALCUL, CANCER, MÉTRORRHAG1E , RUPTURE et PLAIES DE L'UTÉRUS, CHUTE, HERNIE, OBLIQUITÉ, RENVERSEMENT DE

l'utérus.

i° Ramollissement et pulrescence de V utérus. — Ces deux genres de lésion n'avaient pas assez fixé l'attention des médecins, qui avaient bien signalé le ramollissement du tissu de l'utérus pendant la grossesse comme' une cause prédisposante de la rupture des parois de cet organe , mais n'avaient pas étudié ce sujet dans tous ses développemens, et qui avaient confondu la putrescence et le ramollissement qui a lieu après l'accouchement et avec la gangrène de l'utérus, ou même ne s'en étaient pas occupés. Ce sont les médecins allemands qui, dans ces derniers temps, en ont fait l'objet de recherches spéciales, depuis que le professeur Boër eut le premier signalé aux médecins la lésion du tissu de l'utérus à laquelle il a donné le nom de putrescence. Il a paru sur ce sujet un certain nombre de dissertations ; il en est question dans plusieurs ouvrages sur la médecine clinique et sur les maladies des femmes. N'ayant pas fait de recherches spéciales sur ce point d'anatomie pathologique, j'emprunterai presque tout ce que j'ai à en dire à une très-bonne dissertation que M. Luroth a soutenue, il y a deux mois, devant la faculté de Strasbourg.

Le ramollissement de l'utérus peut présenter plusieurs degrés parmi lesquels on en admet trois principaux : dans le premier, le tissu de cet organe est dans un état de mollesse et de flaccidité très-marquées, le plus souvent avec une infiltration séreuse ou séro sanguinolente daus ses interstices , mais sans altération bien manifeste de sa structure. Dans le second degré, la structure de l'utérus est plus altérée; son tissu se laisse broyer sans difficulté entre les doigts, et se réduit en une masse informe et pultacée; quelquefois il offre l'aspect du lard enfumé. Dans le troisième degré, la désorganisation va jusqu'à la liquéfaction, à la réduction de l'organe malade en une pulpe inorganique, en un véritable putril.ige. M. Luroth rapporte des exemples de ces trois degrés qu'il a observés par lui-même. Dans le dernier cas, l'utérus était en totalité dissous en un putrilage qui répandait une odeur extrêmement infecte; probablement, sut-

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vant lui, cet organe avait été affecté d'un cancer. Il ue peut prononcer à cet égard, parce qu'il n'a eu aucu.î. renseignement sur la maladie} mais je puis suppléer à ce qui lui manque. En effet, une dame anglaise, que j'ai soignée, offrait un ensemble de symptômes bien propres à caractériser le cancer de l'utérus , et à ne laisser aucun doute sur le diagnostic, quoique le museau de tanche et le col de l'utérus fussent intacts. A l'ouverture du cadavre, je trouvai l'utérus présentant la forme globuleuse et le volume d'une grosse orange. Sa tunique péritonéale était saine, sauf quelques adhérences avec le rectum. En voulant détruire ces adhérences, cette tunique se déchira, et me laissa voir une pulpe diffluente, jaunâtre, mêlée de stries grisâtres et rougeâtres, semblable à la pulpe cérébrale à moitié putréfiée, mais sans fétidité remarquable. Cette espèce de ramollissement, ou, pour mieux dire, cette dégénérescence cérébriforme du tissu de l'utérus doit être distinguée du ramollissement dont d est ici question; et son histoire appartient à celle des cancers.

Le ramollissement peut occuper. la totalité de l'utérus; le plus souvent il est borné à une portion de l'organe. C'est le col et la surface interne qui en sont le siège le plus ordinaire; il procède le plus communément de la surface interne vers l'externe; tantôt il ne s'étend qu'à une certaine profondeur, tantôt il traverse toute l'épaisseur de la paroi. Il peut aussi exister sous forme de plaques bornées et circonscrites par du tissu non altéré. Cetle altération n'a pas toujours l'utérus pour siège unique; souvent aussi les ovaires' et les trompes utérines sont ramollis en même temps que l'utérus. Les parois ramollies peuvent être amincies et comme atrophiées; plus fréquemment elles sont épaissies et présentent alors une texture spongieuse. Le tissu ramolli conserve quelquefois sa couleur, d'autres fois sa teinte est altérée, plus pâle ou plus foncée; mais elle a toujours quelque chose de sale et de livide; l'odeur n'offre rien de particulier. D'après ces caractères, on voit en quoi cette altération diffère de la gangrène et de la flaccidité qui est l'effet des grandes hémorrhagies.

Le ramollissement peut avoir lieu pendant la grossesse , on en cile plusieurs exemples; et cette altération a été regardée par quelques pathologistes comme la cause prochaine la plus ordinaire, et comme nécessaire, delà rupture de l'utérus. C est après l'accouchement qu'il se manifeste le plus ordinairement ,

UTÉ m soit qu'il ait commencé à exister pendant la grossesse, soit qu'il soit le produit d'une maladie développée depuis l'accouchement; il peut aussi exister à d'autres époques de la vie. Sa marche paraît être tantôt aiguë et tantôt chronique ; sa cause, prochaine est encore fort obscure. Quelquefois les parties qui environnent la portion ramollie présentent des traces d'inflammation, d'autres fois elles n'en présentent pas. L'auteur que j'ai déjà cité pense que le ramollissement, est tantôt primitif et tantôt secondaire, et que dans le premier cas il tient à une anomalie de l'action nutritive de l'organe malade; alors aussi il y a ordinairement amincissement des parois. Le" ramollissement secondaire lui paraît dû à une inflammation, influencée dans sa production par un autre élément. Cet élément, dit-il, ne résiderait-il pas dans la disposition septique ou putride des humeurs, notamment du sang ? Cette manière de voir parait avoir été celle de plusieurs autres pathologistes , et l'histoire des maladies à la suite desquelles on a observé le ramollissement lui donne une certaine consistance.

L'étiologie et le diagnostic de cette affection n'offrent qu'obscurités, ce n'est presque jaaaais qu'à l'ouverture des cadavres qu'on a reconnu son existence; à peine si dans quelques cas on a pu la soupçonner pendant la vie des malades. Daus celte absence dje signes diagnostiques, il est impossible de nous occuper de ses terminaisons, du pronostic qu'on peut en porter, du traitement qu'on peut lui opposer, des moyens préservatifs par lesquels on pourrait espérer de la prévenir. Je ne pourrais que rapporter des conjectures sans fondement, et par conséquent sans utilité , ou tracer des règles d'hygiène et de thérapeutique applicables à tontes les femmes enceintes ou accouchées.

La lésion que Boè'r appelle putrescehce , et que d'autres ont appelée gangrène spontanée de l'utérus, présente les caractères suivans : elle attaque d'abord le col, d'où elle se propage aux parties plus profondes; l'utérus est plus volumineux qu'il ne devrait l'être; ses parois sont épaissies , d'une structure spongieuse ; leur surface externe est tantôt d'un blanc sale uniforme, tantôt parsemée de taches livides, plombées, ou d'arborisations vasculaires, de taches rouges; le tissu est ramolli, friable entre les doigts, quelquefois de l'apparence d'un fruit pourri, d'une teinte tantôt pâle, tantôt foncée, livide, noirâtre; la surface

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interne, plus ramollie encore que lout le reste, et quelquefois ulcérée, est recouverte d'une couche de matières visqueuses, altérées, putrides, noires, brunâtres ou grisâtres, exhalant une odeur très-infecte; le tissu de l'utérus, au-dessous de cetticouche formée des restes de l'arrière-faix mêlés au produit de la sécrétion lochiale, se trouve altéré jusqu'à deux, trois , quatre et six lignes de profondeur. Par ces caractères on peut juger que la pulrescence est un mode du ramollissement précédemment décrit. Il me semble qu'il est bien difficile d'admettre qu'elle n'est pas toujours la suite d'une inflammation aiguë de l'utérus , quoiqu'on ne trouve pas toujours des traces d'inflammation dans les parties voisines, et quoiqu'elle puisse se développer sans signes préalables d'inflammation; mais dans bien des cas de gangrène spontanée à l'extérieur ou d'inflammation septique, dans le charbon, par exemple, le caractère inflammatoire ne nous échapperait -il pas, si les phénomènes ne se passaient pas sous nos yeux ? La putrescence n'est jamais plus fréquente que dans les fièvres puerpérales (œétro^péritonites ) graves et épidémiques , dont elle constitue une des issues les plus dangereuses. Quelques médecins ont cru pouvoir lui assigner un caractère contagieux ; mais cette prétention ne parait nullement fondée. Cette altération est presque aussi difficile à reconnaître pendant la vie que le simple ramollissement; sa présence, lorsqu'elle est constatée par le toucher, ou simplement soupçonnée, rend beaucoup plus grave le pronostic de l'affection dont elle est le produit; mais elle ne peut influer sur le traitement, car par elle-même elle s'est toujours montrée rebelle aux moyens spéciaux par lesquels on a essayé de la combattre.

2° Concrétions sanguines et lymphatiques, — En parlant des moles, j'ai dit qu'on a confondu sous ce nom des corps d'une nature très-différente, parmi lesquels se trouvent des concrétions qui se forment dans l'utérus. Ces concrétions sont de deux sortes : les unes sont des caillots, les autres sont blanchâtres et semblables aux fausses membranes qui se forment à la surface des membranes muqueuses.

Les concrétions sanguines, ou caillots, ont été observées de tout temps ; on les a désignées sous le nom de moles de nutrition. F. Plater les décrit sous celui de rnola incipiens, mot qui indique l'idée qu'il se formait de leur nature. On les a comparées, avec juste

UTÉ "î raison, aux concrétions polypeuses qui setrouvent.dans le cœur et les gros vaisseaux. Elles présentent cependant, en général, plus de consistance, et ont quelque apparence d'organisation. Souvent elles sont entourées d'une couche de fibrine d'un blanc grisâtre, qui les enveloppe comme une membrane, et augmente encore cette apparence d'organisation; mais en les disséquant avec soin, cette apparence d'organisation s'évanouit, et on ne trouve pas dans leur intérieur une cavité à parois lisses; ces deux caractères les distinguent, des moles formées par un placenta dégénéré. Ruisch avait déjà remarqué cette espèce de membrane; je l'ai souvent observée, et je pense qu'il n'est personne qui n'ait fait la même remarque. Ces caillots ont ordinairement la forme de la cavité utérine; mais, lorsqu'ils sont enfin expulsés, ils s'alongent en passant à travers le col de l'utérus, et prennent diverses formes. Quelquefois il s'arrêtent pendant un çertain temps à cet endroit; la partie qui est descendue dans le vagin subit un commencement de décomposition , se déchire , et la prétendue mole revêt des formes souvent assez bizarres; ce qui a donné lieu à une foule de contes. Ces concrétions peuvent acquérir un volume considérable , et exister dans l'utérus avec une très-grande masse de sang, en partie liquide, en partie coagulé. Les observations de Schmid ( De concrernentis uteri , hall, dis p. chir. ) en offrent des exemples, et montrent de plus que cette affection peut exister avec la grossesse; mais ce dernier cas n'est, à proprement parler , qu'une hémorrhagie interne développée lentement. M. Jallon ( Essai sur l'âge critique des femmes , thèse in- 4°, i8o5) décrit ainsi une semblable accumulation de sang coagulé. Une demoiselle de cinquante-deux ans était morte par suite des accidens que cette-affection avait entraînés. La matrice offrait l'apparence d'un globe bien régulier; son volume surpassait de beaucoup celui qu'elle acquiert au dernier terme de la grossesse. Dès qu'elle fut ouverte, il en sortit une grande quantité d'un liquide qu'on ne peut mieux comparer pour la consistance qu'à du lait bien caillé, dette masse inodore était d'un jaune pâle dans son centre; plus on approchait de sa surface, plus sa couleur approchait de celle du sang; sa couche extérieure était même formée ça et là par un sang facile à distinguer. Les parois de la matrice avaient tout au plus l'épaisseur de deux feuilles de papier à lettres.

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• La formation de ces caillots est plus fréquente chez les femmes dont la menstruation est abondante ou qui sont sujettes à des hémorrhagies utérines. Dans plusieurs des observations de Schmid, on les voit se former chez des femmes accouchées depuis peu de temps, et dont l'écoulement lochial ne s'était pas fait régulièrement : c'est môme à cette circonstance qu'il attribue spécialement cette affection. Le docteur Wigand décrit dans le Journal de Médecine d'Hufeland , juin 1816, une hémorrhagie utérine particulière qui se manifeste quelquefois après l'avortement , et qu'il reconnaît être produite et entretenue par la présence de semblables concrétions. Les femmes mariées ne sont pas seules sujettes à cette affection. Tous les auteurs qui ont écrit sur les moles reconnaissent que ces concrétions peuvent se former chez des vierges; j'en ai observé une chez une femme qui depuis plusieurs années n'avait pas eu de communications avec son mari. Quand de semblables concrétions se forment^ les règles se suppriment; puis après un espace de temps variable, mais qui excède rarement deux- à trois mois, il survient un écoulement de sang qui augmente progressivement, en même temps qu'il survient des douleurs semblables à celles de l'accouchement; le corps étranger est expulsé, et l'écoulement de sang cesse aussitôt, ou diminue notablement pour cesser au bout de quelques jours, après avoir subi les mêmes thangemens que le flux lochial. Les choses ne se passent cependant pas toujours d'une manière aussi régulière et aussi favorable. L'expulsion du corps étranger peut se faire attendre ou ne se faire qu'incomplètement. On voit alors Diémorrhagie se prolongé* et entraîner les suites ordinaires d'un écoulement de sang abondant. Raymond, dans son Traité des mahtdiet qu'il est dangereux de guérir, l'apporte l'observation d'une dame de cinquante ans qui eut pendant trois «ps entiers une hémorrhagie Utérine qui ne laissait. que très-peu d'intervalle, et qui ne cessa qu'après l'expulsion d'une masse de chair pesant environ dix onces. Cette masse était -elle un simple caillot ou un véritable polype? c'est ce qu'il est impossible de déterminer. Le corps étranger, en se décomposant , donne naissance à une. sa nie putride dont la résorption ajoute à la gravité des accidens. Wigand recommande, dans ces cas, l'usage du tamponnement; et pour modérer l'écoulement du sang , et pour exciter l'action

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expultrice de l'utérus. On pourrait aussi tenter l'emploi du seigle ergoté et des autres moyens recommandés comme propres à réveiller cette action. Dans les cas ordinaires, il convient d'attendre des efforts de la nature l'expxilsion de la concrétion sanguine et là guérrson de la malade, en se bornant à éviter tout ce qui pourrait tendre à augmenter l'hémorrhagie, et à favoriser dans quelques cas la sortie de la concrétion en l'attirant doucement avec les doigts ou avec une pince à polypes. Schrriid recommande un traitement préservatif pour prévenir les récidives; mais les moyens qu'il propose me semblent superflus pour la plupart des cas, et insuffisans pour ceux où ils pourraient paraître nécessaires.

J'appelle concrétions ly mphatiques , faute de connaître un meilleur nom, des concrétions membraniformes , d'une consistance couenneuse, d'un blanc sale,analogues à celles qui se voient dans le croup ou à la membrane épiehorion, concrétions qui se forment dans la cavité de l'utérus, *et sont ensuite rejelées, soit sons la forme d'un sac complet, ou d'une bourse dont la surface externe est hérissée de filamens, et la surface interne liste et humectée d'un liquide séreux, comme Morgagni l'a vu, soit sous forme de lambeaux de diverses figures, comme F. Plalcr en rapporte des exemples, et comme moi-même j'en ai vu une qui représenlait exactement la figure du col de l'utérus; quelquefois les lambeaux que forme cette couche couenneuse sortent confondus et mêlés avec le sang des 'règles. Dans une observation fort curieuse, rapportée par M. Chaussier dans une lettre imprimée à la suite du Traite" des hémorrhagies utérines , traduit par madame Boivin, la poche membraneuse renversée sur elle-même et remplie de sang adhérait encore à l'orifice de l'utérus, offrait l'aspect d'une figue, et ressemblait à un polype. Ce savant observateur dit avoir trouvé ^quelquefois à la face interne de la cavité de l'utérus*me couche mince, molle, qui, par sa texture et sa ténuité, a toute l'apparence membraneuse. La formation de ces concrétions paraît dépendre d'un mode particulier d'irritation, ou pour mieux d'ire d'un certain de^ré d'inflammation, comparable à celui qui détermine la formation de couches couenneuses membraniformes à la face interne des autres organes creux et pourvus d'une membrane muqueuse. La présence d'une semblable concrétion membraniforme dans la cavité utérine dans les cas de grossesse tubaire confirme celte

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étiologie. Collomb , chirurgien de Lyon, dont M, Chaussier cite les observations, voyait dans ces concrétions la membrane interne de l'utérus décollée et renversée; cette opinion n'a pas besoin d'être réfutée. C'est surtout chez les femmes dont la menstruation est difficile et douloureuse qu'on observe cette affection. Dans l'observation de M. Chaussier, elle se développa chez une femme d'un tempérament ardent, après quelques abus erotiques; ces circonstances n'existaient pas chez la femme dont Morgagni rapporte l'observation , ni dans le cas dont j'ai parlé. La formation de ces concrétions est le plus ordinairement accidentelle, et ne se renouvelle pas; quelquefois cependant on les voit se reproduire à des intervalles plus ou moins rapprochés; leur existence et leur expulsion produisent les phénomènes que j'ai décrits en parlant des concrétions sanguines, et ne réclament pas de traitement spécial. Un régime doux, des bains, des boissons délayantes, me paraissent les meilleurs moyens à employer pour prévenir le retour de cette affection.

3° Tumeurs Jibreuses de l'utérus. — En traitant des productions morbides, on a donné la description du tissu ligamenteux considéré d'une manière générale dans ses formes et son mode de production ; mais les tumeurs, formées par ce tissu, qui s/; dével°PPent dans l'utérus méritent une attention spéciale , non-seulement parce qu'elles s.e rencontrent beaucoup plus fréquemment dans cet organe que dans tout autre, et même dans tout le reste de l'économie, mais encore et surtout à cause des symptômes auxquels elles donnent naissance. J'ai conservé le nom donné par les médecins qui les premiers ont bien décrit ces tumeurs et le tissu qui les forme , parce que ce tissu ne ressemble pas moins à celui des tendons qu'à celui des ligamens , parce que je ne vois pas de raison de l'appeler plutôt ligamenteux que tendineux , et parce que l'inconvénient de se servir d'un mot vague, tel que le mot fibreux, me semble beaucoup moindre que celui de changer une expresion généralement employée, et d'imprimer au langage médical une instabilité sans fin , car chacun s'imagine arriver à une précision plus rigoureuse que ses devanciers.

Les tumeurs fibreuses de l'utérus ont été confondues par lous les médecins des siècles précédens avec les tumeurs squirrheuses de cet organe. Cependant Chambon les avait désignées sous le nom de sclèrôme, et Baillie sous celui de tubercule ; ce

UTÉ "7 dernier mot est impropre, car il faut soigneusement distinguer j;es tumeurs des vrais tubercules qui se développent quelquefois dans les parois de l'utérus. C'est au commencement de ce siècle seulement que l'on a commencé à bien connaître leur nature. On le doit surtout à l'attention que la faculté de médecine de Paris eut de faire recueillir dans ses pavillons d'anatomie et consigner dans des registres les différens faits d'anatomie pathologique présentés par les nombreux cadavres que dissèquent les élèves. C'est dans cette mine féconde que BayleJ qui tenait ces registres sous la direction de M. Dupuytren , alors chef des travaux anatomiques, puisa les élémens des descriptions si exactes qu'il a données de ces corps; c'est là aussi que M. Lefaucheux a pris la plupart des observations qui font la base de sa dissertation remarquable sur les Tumeurs circonscrites et indolentes du tissu cellulaire de la matrice et du vagin ; mais avant eux , Bichat et M. Roux avaient déjà fixé l'alteution sur ce sujet. /

Ces tumeurs fibreuses ou corps fibreux ont une forme sphéroïde, ovoïde ou anguleuse; mais ceux qui sont anguleux ne le sont que par l'agglomération de plusieurs noyaux sphéroïdes, leur volume est ti'ès-variable. On en voit depuis le volume d'un petit pois jusqu'à celui d'une grosse orange et au-delà ; quelques-uns même acquièrent un volume énorme. M." Gaultier de Claubry père a décrit, dans le Journal général de Médecine, une tumeur de cette nature, dont la circonférence verticale était de trente- cinq pouces trois lignes, la transversale de vingtneuf pouces trois lignes, et qui pesait trente-neuf livres. La substance qui forme ces corps offre trois degrés différens de solidité, qui semblent se succéder l'im à l'autre; cependant, dans le développement d'un très-grand nombre, on voit manquer le premier degré. Dans ces trois degrés, cette substance est d'abord fibreuse et charnue, puis fibro-cartilagineuse , puis osseuse; sa couleur est d'autant plus pâle qu'elle a plus de densité. Lorsqu'elle est molle et de la consistance de la chair musculaire, elle est rouge; quand elle a l'aspect et la densité du tissu des ligamens, elle est blanche, quelquefois encore un peu" rougeâtre, quelquefois nacrée, quelquefois un peu jaunâtre. Cette teinte jaunâtre devient plus marquée quand la substance passe à l'état cartilagineux, et se conserve lorsqu'elle cs,t passée à l'état osseux. Lorsqu'on incise ces corps, on voù

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qu'ils sont formés par des fibres distinctes disposées en faisceaux contournés en toutes sortes de sens, et entremêlés d'une manière inextricable. Ces faisceaux présentent les divers degrés de densité qu'indiquent les noms qui désignent ces degrés, et les altérations de couleur que je viens d'indiquer. Ordinairement de forme globuleuse, les corps fibreux ont une surface égale ou mamelonnée, ou même divisée par des scissures plus ou moins profondes. Les uns paraissent formés par la réunion d'une quantité plus ou moins grande, mais ordinairement proportionnée à leur yolume, de petites pclottes fibreuses, ayant à leur centre un noy.au jaunâtre, cartilagineux ou formé par la réunion, l'interseciion des fibres, des faisceaux qui composent chaque pelotte. C'est par ces noyaux que commence ordinairement l'ossification. D'autres offrent des cloisons de tissu fibreux blanchâtre, séparées par du tissu rougeàtre et mou, et présentant souvent dans leur disposition une certaine régularité. Les trois degrés de ce tissu se présentent souvent réunis; souvent aussi on rencontre des tumeurs uniquement formées de tissu fibro - cartilagineux; c'est même le caractère qui paraît avoir le plus frappé Meckel. Rarement en trouvet-on qui soient complètement osseuses; j'en ai cependant vu quelques-unes. La disposition fibreuse est encore sensible même dans ccoSte; mais il ne faut pas s'attendre à trouver la texture régulière du tissu osseux normal. La section de ces tumeurs rappelle l'idée de celle d'une pierre calcaire sableuse et grenue. Les vaisseaux, surtout les artères, qui se rendent à ces tumeurs et s'y distribuent j sont peu développés, et deviennent d'autant plus petits que le tissu des tumeurs devient plus dense et plus dur.

Ces tumeurs se développent ou dans le tissu propre de l'utérus, ou entre ce tissu et la membrane muqueuse, ou entre ce tissu et la membrane péritonéale. Dans le premier cas, ils ne font pas corps, n'ont pas même d'union intime avec lui, ils ne lui sont unis que par un tissu cellulaire peu résistant; dans quelque cas même ils sont tellement isolés des fibres de la matrice, qu'ils paraissent enkystés; quelquefois cependant ils sont très-adhérens à ces fibres. Ils sont rarement placés au milieu de l'épaisseur de ce tissu. Us font ordinairement une saillie plus grande vers une des faces que vers l'autre. Ceux qui se sont développés entre le tissu de l'utérus et les membranes interne

UTÉ «iy ou externe, ou sont en partie enchâssés dans ce tissu, et ne soulèvent \n membrane que par une partie de leur épaisseur, ou sont tout- à-fait dégagés de ce tissu, ne le touchent que par une petite portion de leur surface, et sont recouverts par la membrane dans tout le reste de leur étendue, -ou sont tout-àfait détachés du tissu utérin, et ne tiennent à l'organe que par un pédicule plus ou moins long et grêle, formé de la seule membrane qui les recouvre, d'un peu de tissu cellulaire et de quelques vaisseaux très grêles, comme l'ont très-bien montré Eayle et M. Lefaucheux. Ces tumeurs pédiculées, pendantes à la surface interne de l'utérus, forment ce qu'on appelle polypes charnus et polypes fibreux de l'utérus (voyez polype). Ceux qui sont saillans à la surface externe n'ont pas reçu de nom particulier. Cependant Morgagni décrivant une de ces tumeurs pédiculées, dit qu'on peut la comparer à celles que l'on appelle natta : or ce mot, dans les auteurs qui s'en sont servis, désigne toute espèce de tumeur pédiculée. Ces tumeurs peuvent cire fort nombreuses; on en voit quelquefois un grand nombre en même temps dans l'utérus, et dans toutes les conditions de situation, de volume et de texture que j'ai décrites; celles qui envahissent une grande partie du tissu de l'utérus , soit par leur volume , soit par leur nombre, déterminent une extension proportionnée dans le reste des. parois, de l'organe, qui s'amincissent à mesure qu'elles s'étendent, quoique leurs vaisseaux participent à ce développement. La même chose a lieu par l'effet de la présence d'une de ces tumeurs saillantes dans la cavité de l'organe.

Les causes qui déterminent le développement de ces corps ne sont pas encore connues; seulement il est à remarquer qu'on ne les rencontre guère, et peut-être jamais, comme l'avance M. Boyer, avant l 'ûgfe de trente ans; tandis qu'ils sont extrêmement communs chez les femmes avancées en âge, tellement que suivant le calcul de Bayle, en faisant l'ouverture du cadavre de cent femmes prises indistinctement, et âgées de plus de trente-cinq ans, il en est au moins vingt chez lesquelles on trouve un ou plusieurs de ces corps. Le même observateur dit que le célibat paraît en- favoriser le développement; car on en trouve de plus ou moins volumineux chez presque toutes les femmes âgées de plus de quarante ans, qui ont conservé les signes physiques de la. virginité.

lao UTÉ

Les corps fibreux qui sont saillans vers la surface muqueuse de l'utérus donnent lieu à une série de symptômes souvent trèsgraves, mais qui ont été décrits ailleurs (voyez polype). Ceux qui font saillie sur la surface péritonéale ne donnent lieu à aucun symptôme remarquable. La sensation incommode résultant de leur poids, quand ils sont volumineux-, peut seule révéler leur existence. Ils peuvent encore devenir nuisibles en pressant sur les parties voisines , ou en déterminant quelque déplacement de l'utérus, ou en formant obstacle au passage de l'enfant à travers le bassin (voyez antéversion et rétroversion de l'utérus, et^dtstocie). On ne peut reconnaître leur présence qu'en les explorant au moyen du toucher pratiqué par le vagin, par le rectum, et sur la région hypogastrique. Leur dureté, la disposition de leur surface, leurs mouvemens, simultanés avec ceux que l'on imprime à l'utérus, pourront, dans quelques cas, fixer le diagnostic; mais dans le plus grand nombre des. cas, il sera impossible de les distinguer avec certitude des tumeurs de même nature formées aux dépens de l'ovaire ou attachées soit à la trompe utérine, soit au ligament large. Au surplus, l'erreur ne serait d'aucune conséquence.

Les corps fibreux qui sont développés dans le tissu de l'utérus ne produisent aucun symptôme appréciable -tant qu'ils sont peu volumineux; mais quand ils le deviennent davantage, alors ils font naître un sentiment de pesanteur, de la douleur dans l'utérus, quelquefois même leur présence détermine dans les parties voisines une inflammation chronique , comme le ferait celle d'un corps étranger; et alors on voit se développer tous les symptômes de la métrite. Peu à peu cependant les parties semblent s'habituer à leur présence, la douleur et les symptômes inflammatoires disparaissent. En produisant l'extension des parois de l'utérus, et peut-êtré aussi en irritant cet organe, comme le ferait un corps étranger, ils causent une augmentation progressive de la menstruation , qui finit par dégénérer en une véritable métrorrhagie, qui est plus abondante à chaque période menstruelle, mais ne cesse pas complètement dans l'intervalle des périodes. Avant que les choses en soient venues à ce point, pendant l'intervalle qui sépare encore les périodes menstruelles, il existe un. écoulement leucorrhoique, ou séreux, ou séroso-sanguin plus ou moins abondant. On voit peu à peu se manifester cet état cachectique qui est la suite de*

UTÉ i2f hémorihagies abondantes et long- temps continuées. Les femmes en parcourent tous les degrés, et finissent par en mourir. Chez un grand nombre cependant, le terme naturel de la menstruation arrive avant cette terminaison funeste, avant même que la cachexie soit bien prononcée. Les hémorrhagies cessent, les forces se relèvent, la bonne santé revient; il ne reste qu'un poids incommode, un léger sentiment de gêne et de douleur, et une tuméfaction plus ou moins considérable de la région hypogastrique. Encore ces incommodités diminuent- elles peu à peu, et finissent- elles par disparaître, à moins que la tumeur, par son volume et sa situation, ne comprime quelque organe important, tel que la vessie et Je rectum, et ne gêne ses fonctions. Il parait que les parties voisines s'habituent insensiblement à la présence de ces corps, et en outre à cette époque la sensibilité et la vitalité de l'utérus diminuent. Leur volume semble même diminuer après la cessation de la menstruation, à mesure qu'ils prennent plus de densité; peut-être même subissent-ils une sorte d'atrophie. Toujours est-il vrai que dans un grand nombre de cas, la tuméfaction de la région hypogastrique diminue.

Le diagnostic des corps fibreux de l'utérus est fort obscur dans les coramencemens. S'ils sont placés dans le corps de l'utérus, rien n'indique leur présence; s'ils ont leur siège dans le col ou toute autre partie de l'organe accessible au doigt, il est très difficile de les distinguer des tubercules commencans. Une moindre sensibilité et l'absence des douleurs lancinantes qui sont propres aux tubercules cancéreux , pourraient , dans quelques cae , établir la différence; mais dans d'autres cas aussi les douleurs résultant d'un état inflammatoire pourront simuler les douleurs lancinantes et laisser dans le doute. Quand les corps fibreux sont plus avancés dans leur développement , les symptômes qui surviennent doiyept engager à pratiquer le toucher, et on peut alors les reconnaître aux caractères que j'ai tracés en les décrivant; mais dans ce cas même, l'existence d'urle inflammation de quelque intensité dans les parties environnantes peut jeter de l'obscurité sur le diagnostic. Il est vrai que cette obscurité diminuera à mesure que l'on obtiendra la résolution de l'inflammation.

On ne peut espérer d'obtenir la résolution, l'absorption de

iaa UTÉ

tumeurs d'une texture aussi dense, parsemées de vaisseaux aussi peu nombreux et aussi peu développés, unies aux parties voisines par des liens celluleux aussi faibles, et qu'on peut presque considérer comme des corps étrangers. Il ne peut donc être question de chercher à obtenir une guérison radicale. Il faut se borner à calmer et dissiper les accidens, et attendre l'époque où ces corps cesseront d'exercer quelque influence sur les fonctions. Ainsi, on doit combattre l'inflammation, et s'opposer au développement et aux mauvais effets des bémorrhagies, qui souvent sont actives, mais quelquefois aussi sont purement passives. Ce serait répéter ce qui a été dit ailleurs que d'entrer dans quelques détails sur ces indications. Voyez métrite , mé-

TR0RRHAG1E.

4° Antéversion et rétroversion de l'utérus. — On nomme ainsi des déplacemens de l'utérus dans lesquels l'axe longitudinal de l'utérus se trouve placé horizontalement dans le bassin; le fond de cet organe étant porté derrière les os pubis dans l'anléversion , et dans la courbure du sacrum dans la rétroversion. Levret appelle cette espèce de déplacement, renversement transversal ; Desgranges propose de l'appeler cubation. La rér troversion, dont on s'est plus spécialement occupé, a encore reçu les noms latins de reversio, retrojlexio et rrjlexio ; mais ces deux derniers mots me sembleraient devoir être appliqués aux cas dans lesquels l'utérus est plié sur lui-même, la partie inférieure du col conservant sa direction verticale, tandis que le corps et le fond sont portés en arrière et couchés horizontalement. C'est ainsi que M. Ameline fils, dans sa Dissertation sur V antéversion de matrice , appelle antéjlexion une disposition semblable, mais dans laquelle le fond de l'utérus était porté en avant. Walther Wall et Lyne l'ont aussi désignée sous le nom très-impropre de hernia uteri. Ce déplacement a été longtemps méconnu, quoiqu'il ait été indiqué vaguement par Hippocrate et d'autres médecins anciens. L'attention était détournée par un de ses symptômes principaux, la rétention d'urine; on ne voyait qu'elle, on ne s'arrêtait pas à sa cause spéciale, bien que les ouvertures de cadavres l'aient signalée à Vandceveren , à Smellie et à quelques autres. C'est Grégoire, professeur à Paris , qui le premier a fait connaître la rétroversion pendant la grossesse, dont il rapportait une observation dans ses leçons.

UTÉ ia3 la connaissance de l'antéversion dans l'état de vacuité est due à Levret, qui l'a fort Lien décrite dans un mémoire inséré dans l'ancien journal de médecine.

L'antéversion et la rétroversion peuvent avoir lieu, et dans l'état de vacuité, et pendant la grossesse. Cependant l'antéversion , très-rare pendant la grossesse, est assez commune dans l'état de vacuité; la rétroversion au contraire est beaucoup plus fréquente pendant la grossesse que dans l'état de vacuité. La raison de cette différence est facile à concevoir d'après le mode de formation et les causes de ces deux affections.

Lorsque l'utérus descend dans le fond du bassin, c'est le plus ordinairement, suivant la direction de l'axe du détroit supérieur, qui est en même temps à peu près celle du diamètre longitudinal de l'utérus. En touchant la femme, on trouve que le museau de tanche appuie sur la partie inférieure du sacrum , tandis que le fond est dirigé en haut et en avant. Si les causes qui ont abaissé l'utérus continuent d'agir, comme la partie inférieure de l'utérus est fixe et immobile, la partie supérieure, qui est déjà inclinée en avant, et qui n'est pas soutenue , continue de descendre, et le fond se trouve abaissé au niveau du museau de tanche, et même quelquefois au-dessous. Ce mécanisme a lieu, soit que les causes agissent brusquement et produisent un déplacement subit, soit qu'elles agissent lentement, et que le déplacement se fasse peu à peu. L'antéversion a , comme on le voit, beaucoup d'analogie avec la chute de l'utérus; elle n'en est, pour ainsi dire, qu'une variété; aussi reconnaîtelle les mêmes causes que celte affection. Une certaine laxité, un défaut de résistance dans les parties, qui retiennent l'utérus en place, est la cause prédisposante la plus efficace de l'antéversion, et souvent elle suffit seule pour la produire. Aussi n'observe- t on guère cette affection que chez les femmes qui ont eu des enfans, et les premiers symptômes remontent-ils souvent à un accouchement précédent. Ce défaut de résistance peut aussi dépendre de la constitution faible et molle dé la femme ou d'un amaigrissement extrême. Une autre cause prédisposante est la largeur de l'excavation combinée avec l'étroitesse du détroit inférieur. Les causes occasionellcs sont les chutes sur les pieds , les genoux ou les fesses, les efforts violens, les secousses imprimées par une voiture rude et de toute flutre manière. Ce déplacement est aussi quelquefois l'effet de

la/i UTÉ

causes organiques : Morgagni, Stoll, Saxtorpli et d'autres observateurs ont constaté la réalité de la brièveté trop grande des ligamens ronds; une tumeur fibreuse ou autre développée dans la paroi antérieure du corps de l'utérus, et dans d'autres cas, une tumeur placée derrière le corps de cet organe, peuvent l'entraîner ou le pousser en état d'antéversion ; j'en pourrais citer plusieurs exemples dont j'ai été témoin. Levret admet , comme cause unique de l'antéversion , l'engorgement de la paroi antérieure de l'utérus. Mais qu'elle est la cause de cet engorgement? il n'en dit rien. Il est de fait que cet engorgement s'observe le plus souvent dans l'antéversion ; il n'existe pourtant pas constamment. Par rapport à la relation qu'ont entre eux ces deux phénomènes , l'antéversion et l'engorgement de la paroi antérieure de l'utérus , voici ce qui résulte des observations assez nombreuses que j'ai été à même de faire. Le plus souvent on trouve la paroi antérieure de l'utérus , qui est devenue inférieure, tuméfiée et dure; cet engorgement se propage jusqu'à la lèvre antérieure du museau de tanche qui est plus épaisse que dans l'état normal , souvent aplatie sur sa surface inférieure comme par l'effet de la pression qu'elle éprouve sur le sacrum ; la partie externe de cette lèvre est renversée et forme comme un prolongement qui tend à sortir par l'orifice du vagin. Cet engorgement existe presque toujours dans les antéversions un peu anciennes, et est proportionné à l'ancienneté de la maladie. Il manque dans celles qui sont récentes et ont été produites subitement par une cause occasionelle. Il parait bien, d'après cela, que cet engorgement est l'effet de la position de l'utérus. En effet /quand il est dans cette position déclive, sa paroi antérieure, répondant plus ou moins directement au.vide du vagin , n'éprouve plus la douce pression qu'elle éprouvait de la part des parties voisines, tandis que la paroi postérieure soutient tout le poids des intestins ; la circulation dans les vaisseaux utérins subit quelque altération j et un engorgement commence à së .former. Bientôt cet engorgement prend le caractère inflammatoire,, et le conserve jusqu'à ce qu'on remédie au déplacement , ou jusqu'à ce que enfin l'organe soit habitué ù sa nouvelle condition. Quand l'utérus n'est encore que dans un état d'obliquité antérieure, l'augmentation de poids qui résulte de cet engorgement, peut bien contribuer à entraîner le fond de la matrice et à produire une antéversion complète; mais je ne

UT F. 125 crois pas qu'il existe primitivement, et qu'il soit l'unique ou la principale cause du déplacement, car je ne vois pas quelle cause pourrait le produire quand l'utérus est dans sa rectitude naturelle, et pourquoi il se guérirait quand on l'y a ramené et qu'on l'y maintient. D'ailleurs cet engorgement n'existe pas toujours, comme il a été dit. Dans les rétroversions, c'est la paroi postérieure qui est engorgée.

Les symptômes produits par l'antéversion, et qui lui sont communs avec l'antéflexion, la rétroversion et la rétroflexion , sont un sentiment de gêne et de pesanteur dans le bassin , surtout vers l'extrémité inférieure du rectum, quelquefois avec le sentiment du besoin de rendre les excrémens, d'autres fois avec celui du besoin d'uriner, des tiraillemens dans les aines, et qui s'étendent quelquefois sur la partie antérieure des cuisses, des douleurs vers la région des reins, douleurs qui doivent dépendre du tiraillement du plexus nerveux de l'ovaire. Ces symptômes sont principalement sensibles quand la femme est dans la station ou quand elle marche , quand elle est en voiture, il s'y joint souvent alors une sensation de défaillance, de tiraillement douloureux à la région épigastrique ; tout se calme quand la majade repose dans une situation horizontale. L'antéversion est souvent accompagnée d'un état remarquable de constipation; elle produit souvent de la difficulté à rendre les matières fécales et les urines, et quelquefois' même une ischurie presque complète. Dans une circonstance semblable on attribua les accidens à la présence d'un calcul dans la vessie; la sensation d'un corps que la sonde rencontrait semblait lever tous les doutes. On pratiqua la lithotomie pour extraire ce calcul qu'on croyait chatonné; la femme mourut, et à l'ouverture de son cadavre , on trouva que le corps rencontré par la sonde était le fond de l'utérus faisant saillie dans la vessie. Cette observation fut pour Levret un trait de lumière qui le conduisit à la connaissance de l'antéversion. A ces symptômes propres à l'antéversion se joignent bientôt ceux de l'inflammation qui s'empare de l'utérus; une douleur, dans la région du bassin, et surtout à la région du sacrum, un écoulement leucorrhoïque , et parfois sanguinolent, le dérangement de la menstruation qui est tantôt diminuée et tantôt augmentée, un état fébrile, quoique fois léger et caractérisé seulement par de la chaleur et de l'agitation le soir et pendant la nuit , d'autrefois plus développé et

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continu; les digestions se dérangent, l'embonpoint disparait, et les forces s'affaiblissent. Enfin, la persévérance de l'inflammalion peut amener une dégénérescence organique. Si la menstruation vient à cesser naturellement, il peut arriver que, l'utérus perdant de sa vitalité, les accidens se calment peu à peu, et que le déplacement de l'utérus cesse d'avoir des effets sensibles pour la fenime.

L'existence des symptômes que je viens de décrire peut déjà faire présumer qu'il existe une antéversion; le toucher vient ensuite fournir des signes diagnostics certains; le doigt, introduit dans le vagin, rencontre bientôt un corps solide qui occupe la* partie supérieure de ce canal : ce corps volumineux et arrondi en avant, plus mince en arrière, est l'utérus dont on trouve l'orifice tout-à-fait en arrière, quelquefois cependant, déjeté à droite ou à gauche, car l'utérus n'occupe pas toujours la ligne médiane, et est quelquefois placé obliquement; souvent l'orifice est assez élevé pour qu'on ait de la peine à l'atteindre. Pour bien reconnaître cette situation de l'utérus , il est bon de toucher la femme, lorsqu'elle est dans une position verticale, car quelquefois la réduction de l'utérus s'opère d'elle-même quand la femme est couchée horizontalement. En accrochant le museau de tanche avec le doigt et en le ramenant en avant, on parvient presque toujours à ramener l'utérus dans sa rectitude naturelle; mais dès qu'on-l'abandonne à lui-même, il reprend bientôt sa situation vicieuse, surtout si la femme fait quelque effort. Cette réduction est plus facile quand la femme est couchée sur le dos, et que les parois de l'abdomen sont dans le relâchement; mais quelquefois elle offre de la difficulté. En ramenant le museau de tanche en avant, on appuie et on fixe le fond de l'utérus contre les pubis. Il faut commencer par le repousser en haut avec un ou deux doigts, et le maintenir dans cette position avec une main placée sur l'hypogastre , tandis qu'avec le doigt ou les doigts qui sont dans le vagin, on va accrocher et ramener en avant le museau de tanche. Dans les cas les plus difficiles que j'aie rencontrés, j'ai toujours réussi par ce procédé. Madame Boivin a inventé, pour aller chercher le museau de tanche, lorsqu'il est situé très-haut et au-dessus de la portée du doigt, un instrument en forme de cuiller. Je n'ai jamais été dans la nécessité d'y avoir recours; mais je conçois que cette nécessité peut se rencontrer. Lorsqu'il y a

UTÉ 1*7 rétroversion, le fond de l'utérus est dans la courbure du sacrum, et l'orifice est derrière la symphyse des pubis. Dans l'anteflexion, la partie inférieure du col et le museau de tanche sont dans leur direction naturelle, quoique portés en arrière; mais à une certaine hauteur on sent le col se courber subitement en avant, comme celui d'une cornue, et on dislingue le corps formant tumeur derrière les pubis. Dans la rétroflexion, la disposition des parties est la même, mais dans un ordre inverse, le col de l'utérus étant en avant et le fond en arrière. L'existence d'une tumeur fibreuse ou enkystée dans les parois antérieure ou postérieure, celle d'une grossesse développée dans l'épaisseur des parois utérines pourraient en imposer; mais on parviendra par le toucher pratiqué avec attention par le vagin, par le rectum, et par la région hypogaslrique, à distinguer qu'il n'existe pas une tumeur double dans le premier cas, et un volume extraordinaire du corps de i'utérus dans le second. Cependant le gonflement inflammatoire liu fond de l'utérus pourrait induire en erreur, comme j'en ai vu un exemple chez une dame anglaise affectée d'une rétroflexion. De deux médecins distingués qui l'avaient examinée à Londres, l'un avait prononcé qu'il existait une tumeur, et l'autre, qu'il y avait un simple déplacement. Je trouvai une rétroflexion complète, et je restai persuadé que l'existence d'un gonflement inflammatoire considérable alors existant était la saule cause qui avait trompé le premier médecin.

On p.eut facilement déduire le pronostic de ce. qui a élâ dit plus haut de la marche des symptômes; outre les accidens dont il a été question, ces déplacemens peuvent aussi être une cause de stérilité. Le traitement présente deux indications : réduire l'utérus dans sa direction naturelle , et le maintenir réduit. La manière de réduire l'utérus a été décrite plus haut.' Dans les cas les plus simples, la situation horizontale ,' gardée pendant plusieurs mois, et secondée de l'usage de bains froids, soit de rivière, soit de mer, de l'emploi de douches ascendantes avec des liqueurs toniques, telles que les eaux sulfureuses , suffit pour rendre à l'utérus une situation convenable , et au* parties voisines la tonicité nécessaire pour s'opposer au renouvellement du déplacement; mais lorsque la maladie est portée plus loin ouest plus ancienne, ces moyens ne^suffisent plus. Dans ces cas, pour remplir la seconde indication, Levret propose l'usage d'un pessaire à tige. Ce moyen

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m'a paru remplir parfaitement le but qu'on se propose, et être le seul qui puisse le faire; en 'effet, les pessaires en anneau ou en bondon, et les éponges repoussent la matrice et la tiennent élevée en totalité , mais sans la maintenir dans sa rectitude, tandis que le pessaire à tige ou en bilboquet, recevant le museau de tanche dans sa cuvette, le fixe vers le centre du bassin et force par cela même le fond de l'utérus à rester redressé. La tige du pessaire, embrassée par la partie inférieure du vagin, conserve à cet instrument sa situation verticale , et s'oppose à ce qu'il se renverse, comme il arrive presque toujours aux pessaires en anneau. J'ai pèu de choses à ajouter sur ce qui a été dit de la forme à donner à cet instrument, de son usage et de ses avantages [voyez pessaire). J'ajouterai seulement qu'après avoir ramené l'utérus dans sa direction naturelle, rarement elle conserve cette situation, qu'elle reprend sa direction vicieuse, dès qu'on a retiré le doigt qui la maintenait, et pendant qu'on introduit le pessaire; mais qu'on peut facilement obvier à cet inconvénient. Il suffit pour cela de diriger la cuvette en arrière, dès qu'elles franchi l'entrée rétrécie du vagin, pour aller pêcher, pour ainsi dire, le museau de tanche dans la courbure du sacrum. D'ailleurs, la largeur considérable que je donne au bord de la cuvette des pessaires que j'emploie à cet usage , en distendant également les parois du vagin , force le museau de tanche à se reporter vers le centre de ce canal où il trouve la cuvette disposée pour le recevoir. La présence du pessaire dans le vagin détermine une augmentation notable de l'écoulement leucorrhoïque. Levret regarde cette augmentation de sécrétion comme une circonstance favorable propre à opérer le dégorgement de la paroi antérieure de l'utérus; je suis assez disposé à adopter cette opinion, qui est d'accord avec les faits. Il ne me répugne pas d'admettre que l'inflammation de la membrane muqueuse du vagin, entretenue dans de certaines limites, agit d'une manière dérivative sur l'inflammation chronique de la paroi de l'utérus. Au moins n'ai-je jamais observé que la présence du pessaire augmentât l'inflammation de l'utérus; au contraire, j'ai souvent vu les restes de cette inflammation disparaître pendant l'usage de ce moyen; ce qu'on peut fort bien attribuer aussi à ce qu'il fait cesser la cause de' cette inflammation, comme il a été dit plus haut. Je dois aussi faire remarquer que, conformément à# 1.1 doctrine généralement admise, je n'ai jamais appliqué de pes-

UTÉ 129 saire tant que la métrite conservait quelque intensité. Pendant l'usage du pessaire, le vagin se resserre d'une manière notable, ses parois reprennent évidemment de la tonicité, ce qui me parait aussi être dû à l'inflammation entretenue par sa présence. Cette circonstance contribue certainement à empêcher le retour du déplacement, et à faire du pessaire non un moyen palliatif, mais un moyen de cure radicale, comme Levret l'avait avancé. Ce grand praticien estime que, pour obtenir ce résultat, il suffit en général de faire porter le pessaire pendant un an ou quinze mois ; il remarque qu'à cette époque l'écoulement leucorrhoïque diminue progressivement et finit par se tarir, ce qu'il regarde comme le signe de la guérison. Mes observations plus nombreuses que celles qu'il a publiées sont d'accord avec elles; je pense même que dans beaucoup de cas on pourrait abréger ce terme. Une autre remarque importante est que pendant l'usage du pessaire on voit ordinairement disparaître cette maigreur extrême que Hunter regarde comme la cause prédisposante de l'antéversion, et qui est probablement l'effet de la métrite. Il survient un embonpoint qui, en remplissant le vide du bassin, assure la solidité de la guérison. Le même traitement convient à la rétroversion. Quant à l'antéflexion et à la rétroflexion, l'usage du pessaire en bilboquet ne peut être d'aucune utilité, car il ne pourrait que maintenir au centre du bassin la partie inférieure du col utérin qui y est déjà, et il n'aurait aucune action sur le fond de l'organe. Depuis peu de temps , j'ai été consulté pour trois cas de rétroflexion , quoique cette affection soit fort rare et qu'on en trouve à peine quelque indice dans les auteurs. Dans un de ces cas un des consultans, M. Moreau, avait eu l'idée de faire construire un pessaire eu bondon, dont la partie postérieure serait élevée et propre à repousser le fond de l'utérus en haut. J'avais eu la même idée et l'engageai à faire exécuter son projet avec la même modification de donner à la partie saillante plus de largeur et une certaine courbure en avant. Des éponges simples ou supportées par des tiges droites ou courbes , et portées dans le vagin ou dans le rectum , des pessaires de forme ovoïde, et d'autres moyens ayant été aussi employés inutilement, j'ai pensé qu'on pourrait peut-être, dans quelques cas, remédier à ce déplacement d'une manière plus simple, en portant dans le vagin un pessaire de gomme élastique en anneau, que l'on placerait de champ derrière le

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col de l'utérus, de sorte que la partie supérieure de son bord soutiendrait le fond de l'utérus relevé, tandis que son ouverture présenterait une concavité suffisante pour recevoir la partie recourbée du col utérin. Je me propose de mettre immédiatement ce moyen en usage; l'expérience aura bientôt prononcé sur sa valeur. D'après ce qui a déjà été dit en plusieurs endroits de ce dictionnaire, il est superflu d'insister sur la nécessité d'attendre, pour employer un moyen mécanique, que l'on ait dissipé l'inflammation de l'utérus et des parties voisines par l'emploi du repos, du régime et du traitement antipblogistique , et que l'on ait/ait disparaître les autres complications qui pourraient exister.

De la rétroversion de l'utérus dans l'état de grossesse. — L'antéversion de l'utérus pendant la grossesse est si rare, que je crois devoir ne m'occuper ici que de la rétroversion. Cboppart en a communiqué un exemple à l'Académie de chirurgie ; M. Ameline en rapporte aussi une observation tirée de la pratique de madame Boivin. D'ailleurs, ce que j'ai à dire de la dernière de ces affections s'appliquera également à la première, sauf quelques rapports de situation faciles à saisir surtout après les détails sur lesquels je viens d'entrer plus haut. C'est depuis l'époque de deux mois jusqu'à celle de quatre mois et demi que l'on observe la rétroversion. Une observation de Smellie et une de Meckel, rapportée par Voigtel, pourraient sembler porter plus loin le terme où ce déplacement est encore possible; mais dans ces observations il est question du cinquième mois, et ce mois commence dès la fin du quatrième. Avant le deuxième mois, l'utérus ne paraît pas assez volumineux pour obéir aux causes qui pourraient le renverser en arrière, ou pour rendre sensibles les effets de ce déplacement; après le quatrième mois ou peu après, le diamètre longitudinal de l'utérus devient plus long que le diamètre antéro-postérieur de l'excavation , et l'utérus ne peut plus se coucher dans cette cavité. Les causes de la rétroversion sont les mêmes que celles qui ont été signalées en pàrlant de l'an té version, et peuvent également agir avec lenteur ou promptement. La différence de leur manière d'agir pour produire la rétroversion au lieu de l'antéversion, vient de la différence que la grossesse a apportée dans la disposition des parties. La paroi postérieure de l'utérus plus convexe que l'antérieure \ïans l'état de vacuité est aussi celle qui

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se dilate d'une manière plus marquée dans les commcncemens de la grossesse, et cette disposition est propre à entraîner le fond de l'utérus en arrière , s'il n'est pas soutenu par la face antérieure du sacrum. Or, c'est ce qui a Heu quand l'excavation est très- vaste, quand le sacrum présente une concavité trop profonde ; c'est aussi dans ces cas que la rétroversion est plus commune. Il faut en outre remarquer que la paroi antérieure de l'utérus, en devenant convexe, rencontre bientôt la surface postérieure des pubis, en reçoit un appui et même une impulsion en arrière. Une observation de Wauters et plusieurs de celles de Baudelocque prouvent que la situation déclive de l'utérus est une des plus fréquentes causes prédisposantes à la rétroversion, soit que l'angle sacro-vertébral étant fort saillant, comme cela a lieu dans les bassins dont il vient d'être parlé, l'utérus en s'élevant rencontre bientôt cet angle qui lui oppose un obstacle et détermine le fond à s'incliner en arrière, soit, comme cela arrive souvent, que la vessie distendue par suite de l'ischurie qui est l'effet du prolapsus de l'utérus , repousse le fond de cet organe dans la courbure du sacrum. En effet, la rétention d'urine a été signalée par Hunter et par d'autres observateurs comme une des causes les plus ordinaires de la rétroversion ; souvent aussi l'ischurie n'est que l'effet et le symptôme de la rétroversion. Dans un cas dont Baudelocque a été témoin, la rétroversion n'a été déterminée que par des efforts pour uriner pendant qu'on repoussait, au moyen du doigt , le col de la matrice qui était au dehors , comme on l'avait fait cent fois depuis cinq à six semaines. Quand une fois le fond de l'utérus est porté en arrière et commence à appuyer sur le rectum, l'accumulation des matières fécales dans la partie supérieure de l'intestin , et les efforts que fait la femme pour les expulser, le dépriment de plus en plus et augmentent la rétroversion. Cette cause a été remarquée par Richter. Saxtorph regarde l'insertion du placenta comme une cause capable de causer la rétroversion. En parlant des obliquités de l'utérus, j'ai déjà examiné ce qu'on doit penser de la valeur de cette circonstance. Dans des cas de rétroversion, Wltczeck a vu le placenta attaché au milieu du fond de l'utérus, Vandœveren à la partie droite du fond, d'autres, partie au fond , partie au corps. Dans ces cas , bien évidemment le lien d'attache du placenta ne pouvait avoir aucune influence sur

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l'inclinaison de l'utérus. Le premier des auteurs que je viens de citer admet aussi comme cause la longueur du col de l'utérus ; cette disposition peut bien permettre la flexion de ce col, quand la rétroversion s'opère, mais ne peut produire l'abaissement du fond de l'organe en arrière.

Dans la rétroversion qui a lieu pendant la grossesse, on voit paraître tous les symptômes que j'ai décrits en parlant des déplacemens analogues qui ont lieu dans l'état de vacuité; mais ces symptômes ont une marche plus rapide et une intensité plus grande. La difficulté d'uriner est extrême, et se change bientôt en iscburié complette. Baudelocque et d'autres observateurs ont même vu celle-ci être le résultat immédiat d'une rétroversion survenue subitement. L'orifice du méat urinaire est tellement retiré derrière la symphyse des pubis qu'on a peine à le trouver, et ce canal est si fortement comprimé, que l'on ne peut y introduire une algalie même plate qu'avec les plus grandes difficultés. L'issue de l'urine a quelquefois encore lieu par regorgement; le plus souvent elle est complètement empêchée, la distension de la vessie devient extrême, et peut se terminer par la rupture de cet organe, comme Smellie, Vandcèveren, Lyne et d'autres en rapportent des exemples. L'obturation de l'intestin rectum est souvent portée au point que la plus petite portion des excrémens ne peut sortir, et que la malade ne peut pas même recevoir des lavemens. La paroi antérieure du vagin est tendue et douloureuse, tandis que la postérieure est relâchée. L'utérus en état de rétroversion continue d'augmenter de volume par l'effet de la progression de la grossesse, il se trouve serré entre le sacrum et les pubis; l'inflammation ne tarde pas à s'en emparer, et détermine une augmentation plus rapide de son volume, ainsi qu'une constriction plus forte entre les os du bassin. À l'ouverture des cadavres on a quelquefois trouvé l'utérus tellement fixé, et comme enclavé entre les os du bassin , qu'on n'a pu le déplacer qu'après avoir divisé la symphyse des pubis. L'inflammation, s'étend au péritoine, s'empare de la vessie, gagne les reins, et la femme meurt au milieu des douleurs les plus affreuses , par l'effet de cette inflammation, ou à la suite de la rupture de l'utérus ou de la vessie. Dans quelques cas cependant la maladie, même abandonnée aux seuls soins de la nature, s'eft terminée heureusement. La douleur a forcé la femme de garder le repos en

UTÉ fctë mettant les muscles abdominaux dans le relâchement ; et par l'effet de la seule situation horisontale , l'utérus s'est rétabli en sa place , les accidens ont cessé et la grossesse a poursuivi son cours. Quelquefois aussi l'avortement a eu lieu même après la réduction spontanée ; d'autres fois il l'avait précédée et en avait été la cause déterminante. A l'ouverture des cadavres des femmes qui ont succombé, on a trouvé tous les désordres qui suivent les états pathologiques dont j'ai parlé plus haut ; il serait superflu de les énumérer.

Ces symptômes fournissent des signes presques certains- de la rétroversion; le toucher vient bientôt les confirmer. En portant le doigt dans le vagin, on trouve une tumeur arrondie, couverte par la paroi postérieure du vagin qui est ramenée en avant; cette tumeur est plus volumineuse dans sa partie qui répond au sacrum. En avant on trouve sous les pubis une fente formée par la rencontre de la paroi antérieure et de la posté.rieure, et, si on peut porter le doigt dans cette fente, on y découvre l'orifice de l'utérus. D'autrefois cet orifice est si haut, et la partie inférieure de l'utérus est tellement serrée contre les pubis, qu'on ne peut y atteindre; dans d'autres cas, comme dans celui rapporté par Wauters, l'orifice reste tourné en bas et rapproché en quelque sorte du centre du bassin, il y a une véritable rétroflexion. On a attribué cette disposition à des adhérences du museau de tanche, à des brides qui le retiennent vers le centre du vagin; mais on ne cite pas d'.observations précises, et je n'ai rien observé de semblable dans les cas de rétroflexion que j'ai vus et que j'ai cités plus haut. Je suis persuadé que la flexion du col dépend d'autres causes qui nous sont encore inconnues ; quelquefois^ surtout chez des femmes maigres et dont les parois abdominales sont flasques, on peut sentir le museau de tanche au-dessus des pubis quand la vessie a été vidée.

Le pronostic est peu fâcheux , quand le déplacement est récent; mais il le devient d'aiitant plus, que le déplacement est plus ancien, qu'il est plus complet, que l'utérus esi plus fixe dans sa situation, que les accidens sont plus graves. Lorsque la réduction peut être opérée facilement, la grossesse est ordinairement conservée; mais quand elle exige des efforts considérables, il est rare que l'avortement n'en soit pas la suite.

La première indication que présente la rétroversion est de

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vider la vessie dont la distension apporterait un obstacle presque insurmontable à là réduction de l'utérus. Il suffit quelquefois de repousser avec le doigt le col de l'utérus en haut et en arrière pour obtenir l'évacuation de l'urine, mais le plus ordinairement l'introduction de la seconde est nécessaire; souvent même elle présente beaucoup de difficultés. On a espéré les lever avec une sonde platte , qui paraît en effet préférable à la sonde cylindrique ordinaire. On a quelquefois été obligé de se servir d'une sonde d'homme, dont on tournait la courbure en arrière de manière que le pavillon regardât vers l'anus. Lyne et Dussaussoy, effrayés de la difficuhé qu'ils ont trouvée à introduire la sonde , ont proposé de faire la ponction de la vessie au-dessus des pubis. Sabattier en donne le précepte formel , pour les cas où le cathétérisme serait impossible. Quand une fois la vessie est vidée, les parties se trouvant plus à l'aise, le repos et une situation convenable suffisent quelquefois pour permettre à l'utérus de reprendre sa direction naturelle; il convient aussi de procurer la sortie des matières fécales par des laveinens , s'il est possible d'en faire recevoir , ce qui ne sera que dans un bien petit nombre de cas. Des saignées copieuses et tous les moyens propres à combattre l'inflammation qui s'est déjà développée, doivent être mis en usage pour faciliter la réduction, soit spontanée, soit faite par l'art. Pour opérer celle-ci, il faut avec deux ou plusieurs doigts introduits dans le vagin repousser en haut le fond de l'utérus , tandis qu'avec les doigts de l'autre main on appuie sur la région hypogastrique pour contenir et même déprimer le col de cette organe. Baudelocque, dans un cas, a cru nécessaire d'introduire un pessaire de gomme élastique épais, et de l'interposer entre ses doigts- et l'utérus. On a conseillé de porter deux doigts et même la main entière dans le rectum pour remonter le fond de l'utérus. Il peut se faire que cela soit quelquefois nécessaire; mais le .plus souvent il suffit d'agir dans le vagin, et quelques praticiens prétendent que cela est toujours préférable. Dès que le fond de l'utérus est déplacé et refoulé au-dessus de l'angle sacro- vertébral, il faut porter les doigts en avant pour saisir le col de l'utérus, le ramener en arrière et compléter la réduction. Pour exercer ces tentatives de réduction et les faciliter, il faut faire coucher la femme sur le dos, de manière que le bassin soit plus élevé que la partie supérieure de l'abdomen, et que les muscles

UTÉ i35 des parois abdominales soient dans le plus grand relâchement possible. Dans quelques cas il pourra convenir de la placer de telle sorte, que le corps porte sur les genoux et sur les coudes. Denman et quelques autres praticiens dont l'opinion est d'un grand poids pensent que , par ces moyens convenablement employés , on doit toujours réussir à réduire l'utérus. Hunter , au contraire, n'ayant pu, à l'ouverture du cadavre d'une femme morte à la suite d'une rétroversion , réduire l'utérus qu'après avoir divisé la symphyse des pubis, était persuadé qu'il y a des cas où la réduction est impossible par le taxis seul, et avait proposé de faire avec un trois quarts la ponction de l'utérus; il espérait, en évacuant une partie de l'eau de l'amnios, diminuer le volume de l'utérus et rendre sa réduction plus facile. La proposition de Hunter a été répétée par presque tous les auteurs qui ont écrit depuis lui, et notamment par Baudelocque, qui ne voit pas ce qu'on pourrait faire de mieux dans une circonstance aussi déplorable, quoiqu'il ait prévu qu'on pourrais proposer la section de la symphyse des pubis. M. Flamant a conseillé de faire une incision avec un hystérotôme de son invention. Je ne sais quel avantage cette incision pourrait avoir sur la simple ponction. De quelque manière qu'on évacue l'eau de l'amnios, il est à craindre que cette évacuation ne soit bientôt suivie des contractions de l'utérus et de l'expulsion du fœtus. Pour éviter cet accident, Purcell , Baumgarten, Iahn et M. Gardien ont proposé de pratiquer sur la femme vivante la section de la symphyse des pubis pour faire cesser l'enclavement de l'utérus. Cette proposition n'a pas encore été mise a exécution ; mais M. Jourel, à Rouen, et Mr. Viricel, à Lyon, dans des circonstances qui paraissaient ne laisser aucun autre espoir de sauver les femmes , ont pratiqué la ponction de l'utérus qui a calmé les accidens , déterminé l'avortement et conservé la vie des malades. Quand la réduction éprouve de grandes difficultés, l'avortement a le plus souvent également lieu; la ponction sous ce point de vue ne rend pas pire la condition des femmes. Elle ne parait pas non plus aggraver l'inflammation de l'utérus. Dans '«s cas les plus simples où la réduction a été opérée, la grosses!» a continué de poursuivre son cours.

AP^s la réduction, le plus ordinairement il suffit de faire garder la ferarne le repQS dans une situation hor5sonta]e pom.

prévenir . réc[dive du déplacement; l'utérus continuant de se

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développer a bientôt acquis un volume qui rend la rétroversion impossible; on peut alors rendre la femme à ses exercices habituels. Mais quand la rétroversion a eu lieu à une époque peu avancée, il peut être utile de maintenir l'utérus en place au moyen d'un pessaire en bilboquet, qui après un certain laps de temps devient inutile, tombe de lui-même, ou doit être retiré, (desormeaux. )

UVÉE, s. f. , uvea , de uva, grain de raisin. On a donné ce nom à la choroïde ; quelques anatomistes ont appelé ainsi la face postérieure de l'iris. Voyez oeil.

UVULÀIRE, adj. , uvularis , qui appartient à la luette. On a nommé glandes uvulaires les follicules muqueux qui sont situés dans la membrane qui recouvre ce prolongement charnu.

( MAKJOLIW. )

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VAC.

VACCIN, s. m., employé quelquefois adjectivement; vaccinum, virus vaccinum , fluide ou virus vaccinal, matière vaccinale. On désigne indifféremment ainsi l'espèce de virus susceptible de transmettre par inoculation la maladie particulière connue sous le nom de vaccine. Voyez ce mot.

Le vaccin, suivant MM. Dupuytren et Husson, qui l'ont étudié avec soin sous le rapport de ses propriétés physiques et chimiques, est un liquide transparent, incolore , visqueux , inodore, d'une saveur acre et salée, ayant beaucoup de ressemblance avec les larmes et la matière séreuse des ampoules produites par les vésicatoires. Exposé à l'air sur une surface plane , il s'y dessèche promptement sans perdre sa transparence et y adhère intimement. A l'état liquide ou desséché, il se dissout très-facilement dans l'eau. Une chaleur forte le décompose ou le volatilise : la température ordinaire et l'accès de l'air atmosphérique lui font subir une décomposition totale; il s'oxyde par l'oxygène de l'air , et se neutralise par le gaz acide carbonique. Il paraît composé enfin d'eau et d'albumine dans des proportions indéterminées; ces résultats sont à peu près les mêmes que ceux obtenus par le docteur Hunold de Cassel. Examiné au microscope, on y distingue, dit Sacco, de petits corps subdivisés et très-voisins les uns des autres , ayant une figure oblongue et une espèce de mouvement vermiculaire. Cette observation paraît avoir été confirmée par le docteur Arrigoni de Tréviglio.

L'époque à laquelle se forme le virus vaccin est ordinairement du troisième au quatrième jour de l'inoculation; c'est alors aussi qu'il commence à acquérir sa propriété reproductrice. Il la conserve le plus communément jusqu'au huitième ou neuvième jour; mais dans certains cas cette propriété existe encore au douzième et même au vingtième jour , particulièrement quand le développement du bouton a été retardé. Le caractère essentiel du vaccin productif c'est la viscosité; on la reconnaît aux signes suivans, dit M. Husson, qu'il faudrait citer à chaque

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page quand on traite un pareil sujet : i° Une guttule mise entre deux doigts doit filer comme un sirop; *° la résistance légère qu'on éprouve à détacher la lancette, ou un verre plat d'un bouton ouvert à dessein et humecté de vaccin; 3° la forme globuleuse que prend le vaccin sur le bouton lorsqu'il a été piqué ; 4° la lenteur avec laquelle il sort; !i° la promptitude de sa dessiccation à l'air, principalement observable lorsque l'instrument dont on se sert pour faire l'insertion se couvre à sa pointe d'un enduit grumelé comme gommeux; 6° la couleur brillante, presque argentée, que prend le vaccin, s'il se répand sur l'aréole, couleur semblable en quelque sorte aux traces que laissent après eux les limaçons lorsqu'ils marchent; 70 le vaccin qui se répand sur la peau s'y dessèche et la tiraille comme le mucus des narines, dans un temps froid, tiraille la lèvre supérieure : 8° le sang se mêle difficilement au vaccin visqueux ; 90 enfin, les fils qu'on en imprègne sont raides, ne peuvent se plier sans que la matière tombe en écailles d'une consistance et d'ùn aspect vitrés.

Le virus vaccin peut se conserver et se transporter à distance ; pour cela, divers moyens ont été proposés. D'abord on peut l'inoculer à plusieurs animaux; on est parvenu plusieurs fois à vacciner non -seulement des vaches, mais encore des chèvres, des ânesses , des chiens, des moutons , et ces animaux ont fourni et pourraient fournir encore, au besoin, du fluide vaccin, propre à être transmis à l'homme par l'inoculation. On conçoit bien l'efficacité d'un pareil moyen de propagation , mais l'impossibilité d'y recourir dans un grand nombre de cas et les dépenses qu'il nécessite , ont nécessairement conduit à en chercher d'autres. On a construit de petits flacons fermés hermétiquement par un bouchon de verre qui se prolonge jusqu'au fond, et se termine en forme de petite cuiller ou de cure-oreille, dans la concavité duquel on place le vaccin. On remplit le flacon de gaz azote, et on y introduit le bouchon, dont l'extrémité excavée contient le fluide. Par ce moyen on évite le contact de l'air atmosphérique, et on conserve au vaccin toutes ses propriétés, surtout si l'on a soin de soustraire le flacon à l'action de la lumière, en l'entourant d'un papier noir ou de toute autre manière. Un second procédé, beaucoup plus usité, quoique plus défectueux peut-être, consiste à appliquer à plusieurs reprises deux plaques de verre lisse d'un pouce quavré, sur un bouton

VAC i3g piqué dans toute son étendue. Quand elles sont convenablement chargées de vaccin, on les rapproche par leurs surfaces humectées, et on les lutc soit avec de la bougie, soit avec de la cire à cacheter. Ce moyen a l'inconvénient d'étendre sur une trop grande surface le fluide , et les morceaux de verre sont ensuite quelquefois tellement agglutinés entre eux , qu'il est presque impossible de les séparer sans les briser. Jenner faisait creuser dans un cristal poli une petite fossette, capable de contenir toute la matière d'un bouton de grosseur ordinaire. L'excavation une fois assez pleine pour que le vaccin la dépassât un peu, il passait légèrement un autre morceau de crislal exactement poli et sans cavité sur le bouton ouvert, et il l'appliquait promptement sur l'autre en forme de couvercle. Les deux morceaux de verre étaient ensuite maintenus rapprochés comme il a été dit précédemment.

On s'est aussi servi de diverses substances filamenteuses pour conserver le vaccin, soit à l'état liquide, soit desséché. Dans le premier cas, on imbibe de fluide un petit morceau de coton ou de laine; puis lorsqu'il en est saturé, on le met dans un petit creux pratiqué sur une plaque de cristal , qu'on recouvre d'une autre tout unie et de la même grandeur. On lutc ensuite les deux plaques avec de la cire. Cette méthode perfectionnée de celle de Jenner, par MM. Ballhorn et Stromeyer, conserve le vaccin très liquide pendant plusieurs semaines; mais le docteur Decarro, tout en en faisant l'éloge, lui reproche d'être quelquefois infidèle, et d'exiger beaucoup trop de matière vaccinale. M. Husson y trouve les mêmes inconvéniens, et il avoue de plus n'avoir jamais pu réussir à imbiber le coton convenablement. Un autre moyen qui se rapproche du précédent a élé proposé par Colombot; il consiste à creuser une petite boule de cire qu'on applique sur une plaque de verre, et qu'on remplit de coton ou de charpie anglaise imbibé de vaccin. On rapproche un second plateau du premier en les appliquant exactement l'un contre l'autre. La matière vaccinale s'est très-bien conservée, dit- on, pendant trois semaines dans ce petit appareil. Ne pourrait-on pas craindre cependant que le contac t de la cire sur le fluide n'en altérât la composition. Lorsqu'on veut obtenir le vaccin desséché sur des fils, soit isolés, soit réunis en petits plumasseaux, on a soin de les appliquera plusieurs reprises sur un boulon dont on a ouvert toutes les céfe

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Iules, et quand ils sont bien imprégnés, de les soustraire ata contact de l'air. On les fixe ensuite dans une lettre par leurs extrémités , avec un peu de cire , ou , ce qui vaut mieux , on les introduit dans un tube de verre, dont on cacbète au moment même les deux bouts,. ou que l'on ferme à la lampe de l'émailleur, afin de raréfier l'air contenu dans le tube. Pour empêcher ensuite la rupture de ce tube, on le renferme dans un tuyau de plume ou dans un étui. Ce moyen est préférable à celui qui consiste à mettre les fils dans un flacon plein d'hydrogène ou d'azote.

La conservation du vaccin sur des lancettes est un moyen journellement employé et assez efficace quand il ne doit s'écouler qu'un très-court intervalle entre le moment où le virus est recueilli, et celui où on l'inocule. Mais pour peu qu'on tarde à en faire usage , les instrumens s'oxydent quelque poli qu'en soit l'acier, et le vaccin manque son effet. Voici la manière fort simple de les charger : après avoir ouvert le bouton et divisé la petite pellicule' blanche qui en forme l'enveloppe, on voit bientôt le fluide vaccin sortir en petites gouttelettes limpides des espèces d'alvéoles qui le contiennent, et se réunir sur La pointe de l'instrument. Ensuite, pour empêcher que la matière ne s'attache aux chasses , on tourne autour du talon de la lame une petite bande de papier qui forme une espèce de bourrelet; on rapproche les deux chasses, et la lame se trouve isolée. C'est pour éviter que le vaccin ne soit emporté par le frottement que les Anglais ont fait construire des lancettes dont les deux chasses sont réunies parle bas, au moyen d'un morceau d'éçaille ou d'ivoire de l'épaisseur d'une ligne, et dont la lame est surmontée d'un petit bouton qui en facilite le mouvement. La lame est mobile entre ces deux chasses, et l'écartement produit par le morceau d'écaillé les empêche de s'appliquer l'une contre l'autre. On a proposé, pour remédier à l'oxydation si prompte des lancettes ordiuaires d'en dorer la pointe, ou d'en faire construire en argent très-pur et bien battu. Le docteur Decarro, à qui on doit ces modifications, se servait aussi de pointes d'ivoire et d'écaillé , qu'il envoyait toutes chargées , dans un tuyau de plume, bouché par le petit manche auquel était adaptée cette pointe. M. Husson et le docteur Sacco disent avoir plusieurs fois placé du vaccin sur des plumes taillées encuredents, et l'avoir envoyé au loin avec avantage. Mais grâces à M. Bre-

VAC 141 tonneau , on possède dans les tubes capillaires un moyen bien plus efficace de conserver le fluide vaccin. Voici son ingénieux procédé : il se sert de tubes de verre, de la longueur de six lignes, légèrement renflés au milieu', et terminés par des extrémités les plus capillaires possibles. Pour les remplir, on pique dans toute sa surface un bouton vaccin ; et quand il s'est formé une goutte de liquide, on en approche horizontalement le tube par son extrémité la plus effilée, en ayant soin que ses deux bouts soient ouverts, et qu'il n'y ait dans sa capacité aucun corps étranger. Quand la goutte de liquide a été absorbée par le tube, on le retire et on ne le rapproche du bouton que lorsqu'une nouvelle goutte est formée : il faut toujours appliquer sur la gouttelette l'extrémité du tube par laquelle on a commencé à le remplir; sans cette précaution, il est impossible de le remplir en totalité. Il arrive très- souvenjt que l'ascension cesse, parce que le fluide se concrète dans l'extrémité des tubes. Il faut alors en casser une demi-ligne au plus, et en extraire la matière qui, en se concrétant, a pris un consistance filamenteuse. Quand il n'y a plus qu'une ligne du tube à remplir, on le ferme de la manière suivante : Ort retourne le tube entre les doigts, on serre fortement entre le pouce et l'index l'extrémité par laquelle il a été rempli, en ayant soin de nepas la casser; on présente l'extrémité où il manque une ligne de liquide à une lumière, et en baissant le poignet aussitôt que le verre est fondu; on le retire et on présente au même foyer l'autre extrémité que l'on soude de même. Quelquefois , lorsque ce tube est trop plein , la chaleur agit sur le vaccin , et décompose la portion sur laquelle elle a agi directement ; une matière charbonneuse se dépose alors sur les parois ramollies de l'extrémité du tube, empêche leur adhésion, et par suite permet l'évaporation ou la sortie du vaccin. On n'a la certitude que celte pointe du tube est fermée hermétiquement qu'autant qife l'air dilaté la distend; mais il faut se hâter de la retirer de la flamme dès qu'on la voit se gonfler; autrement la bulle s'amincit et devient si fragile qu'elle se brise par la seule pression de l'air. Si après avoir mis cette attention à sceller le tube, on en lute encore les deux bouts avec de la cire à cacheter ou de la bougie, le vaccin r à l'abri de toute évaporation, conserve sa fluidité, et jouit même, après plusieurs années, de toute son énergie. Pour l'envoyer au loin , on introduit les tubes qui en

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