‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 7 sur 44 · U* VAG · texte numérisé non relu

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sont chargés dans un tuyau de plume, au fond duquel on a fait entrer de la sciure de bois, du son, ou mieux encore, du charbon pilé. On remplit ce tuyau avec la même matière, et on le ferme avec la cire à cacheter. Pour plus de sûreté on place les petits tubes fusiformes dans d'autres tubes cylindriques , et on les renferme dans une boite pleine de charbon pilé; ou bien on les entoure de coton cardé, et on les introduit dans un étui qu'on enveloppe d'un morceau de laine. Gette dernière précaution est indispensable à prendre quand on expédie du vaccin en hiver pendant une très-forte gelée.

Les croûtes vaccinales qui peuvent servir à la production de la vaccine sont celles qui tombent d'elles-mêmes et qui succèdent à des boutons qui n'ont été entamés d'aucune manière. On peut les lever du dix- huitième au vingtième jour de la vaccination ; elles doivent conserver la forme primitive du bouton , avoir une couleur brune, et être légèrement transparentes; enfin, n'avoir été ni piquées , ni déchirées , ni écrasées. Comme le vaccin ne réside que dans le petit 'cercle perlé qui se développe autour de la cicatrice de la piqûre, il. faut en enlever le centrç qui ne contient qu'une matière purulente desséchée , et qui délayée avec le vaccin de la circonférence, pourrait donner lieu à une vaccine non préservatrice. Ces portions de croûtes desséchées doivent être enveloppées dans du papier et conservées dans un étui, dans une boîte , ou dans une petite bouteille hermétiquement bouchée. En général, quelque soit le corps auquel on confie le vaccin, il faut avoir soin de l'éloigner du contact de l'air, et empêcher qu'il ne soit frappé par la lumière. Jenner recommandait de le mettre dans un flacon privé d'oxygène; Pearson voulait que le flacon fût plein d'azote, et le docteur Aubert avait pensé qu'on le conserverait beaucoup mieux, si on plongeait les verres ou flacons dans une boite pleine de mercure. De tous ces moyens, les tubes méritent la préférence , pourvu qu'on les conserve avec toutes les précautions indiquées plus haut. (gdersent.)

VACCINATION, s. f., vaccinatio. On désigne ainsi l'opération à l'aide de laquelle on inocule le virus vaccin. Trois moyens ont été conseillés et mis en usage pour pratiquer cette inoculation : le vésicatoire, l'incision et la piqûre. Le premier, à tort préconisé par Osiander , est depuis long-temps repoussé par tous les bons vaccinateurs, tant à cause de son inefficacité

dans le plus grand nombre des cas, que parce qu'il détermine souvent une inflammation très- vive, et quelquefois même des ulcérations opiniâtres. Il est fort rare que l'on vaccine encore par incision ; cette méthode étant en général assez difficile à mettre en usage chez les enfans, et donnant fréquemment lieu à une fausse vaccine. Comme il peut néanmoins se rencontrer des circonstances qui obligent à y avoir recours , voici en quoi elle consiste. On fait à la peau une incision superficielle d'une ligne et demie à deux lignes d'étendue, de manière qu'il ne sorte que peu ou point de sang ; on introduit dans cette incision, dont on écarte les bords, un petit bout de fil imbibé de vaccin, de la longueur d'une ligne; ou bien on y met un peu de poudre provenant de croûtes vaccinales convenablement desséchées. On recouvre le tout d'un taffetas gommé , maintenu par quelques tours de bande, et le deuxième ou le troisième jour on lève l'appareil si le travail est p'rononcé.

Mais on préfère, avec juste raison, aux deux méthodes précédentes, la vaccination par piqûre, dont le succès a confirmé les avantages. L'instrument dont on se sert habituellement pour pratiquer ces piqûres est la lancette ordinaire, ou mieux encore celle qu'on désigne sous le nom de lancette à grain d'avoine. Quelques médecins, et eii particulier Sacco, lui préfèrent une aiguille légèrement aplatie par la pointe, et portant une cannelure sur son aplatissement, ou même une simple aiguille à coudre, de médiocre^ grosseur. Quant à M. Husson, il emploie une petite lance très-plate à sa pointe, et assez large à l'endroit où elle est fixée aux chasses qui la recouvrent, pour que les doigts puissent la tenir aisément. Quel que soit le choix, à peu près indifférent d'ailleurs , auquel on s'arrête, c'est ordinairement à la partie externe et supérieure du bras qu'on a coutume de vacciner; les enfans y portent moins facilement les doigts, et ce lieu n'expose pas les femmes à montrer des cicatrices désagréables , lorsque la mode les oblige à découvrir leurs bras. On pourrait néanmoins vacciner sur toute autre partie du corps, si quelques motifs particuliers y engageaient, ou que l'indocilité des enfans y contraignit. M. Husson dit avoir remarqué que les piqûres pratiquées sur la main donnaient lieu à des boutons plus gros que ceux des bras, qu'ils étaient plus lents à se cicatriser, et qu'ils avaient la teinte bleuâtre, observée par Jenner sur les individus qui prenaient la vaccine

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de la vache. Il paraît que Jenner et le docteur Woodville ne faisaient qu'une seule piqûre. L'effet préservatif est bien certainement alors le même, si la piqûre vient à produire un bouton; mais comme il arrive fréquemment qu'il ne s'y développe aucun travail , il est plus prudent de faire au moins deux à trois piqûres à chaque bras. Dans certains cas même, et en particulier lorsqu'on a besoin de vaccin , on peut en faire quatre ou six à chaque bras, sans qu'il survienne ordinairement pour cela le plus léger accident.

Il faut avoir soin de mettre un certain intervalle entre les piqûres, afin de prévenir' la rencontre des aréoles de chaque bouton. M. Husson conseille de les faire à un pouce de distance les unes des autres ; Sacco recommande de n'en faire que deux, et de les éloigner de deux pouces au moins. Il me semble que six à huit lignes d'intervalle suffisent , même quand on en fait plusieurs. Le procédé opératoire varie suivant que le vaccin qu'on emploie est liquide ou qu'il est sec. Dans le premier cas, quel que soit l'instrument dont on veuille se servir, l'opérateur, après l'avoir préalablement chargé d'une portion de fluide vaccin-, saisit postérieurement avec la main gauche le bras du sujet qu'il" se dispose à vacciner; il tend exactement la peau, et avec la main droite pratique la piqûre en introduisant l'instrument sous l'épiderme dans une direction horizontale ou légèrement oblique. Il l'y laisse séjourner un instant, et le retire après lui avoir fait exécuter quelques légères oscillations, de manière à bien imprégner de virus la petite solution de continuité. Certains médecins, pour faciliter l'absorption du vaccin , insèrent à plusieurs reprises la lancette dans la même piqûre; d'autres la retournent sens dessus dessous , ou bien ne la retirent qu'en appuyant avec le doigt, sur le lieu de la piqûre, comme pour l'y essuyer. Mais toutes ces précautions, un peu minutieuses, sont loin d'être utiles , et isien n'est plus ordinaire que de s'en affranchir lorsqu'on a l'habitude de vacciner. La même lancette une fois chargée peut servir à pratiquer deux ou trois piqûres de suite, surtout quand on les fait vite et trèssuperficielles. Il me paraît toutefois plus prudent, lorsqu'on a suffisamment de fluide à sa disposition, d'essuyer l'instrument après chaque piqûre, et de le charger de nouveau.

Telle est la manière dont on inocule, dans tous les cas où le vaccin est liquide, soit qu'on vaccine de bras à bras , soit qu'on

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le prenne d'un animal , soit qu'on le puise dans la concavité d'un verre, soit enfin qu'on l'exprime du coton ou de la charpie qui en ont été imprégnés. Voici maintenant comme on s'y prend lorsque l'humeur vaccinale est renfermée dans des tubes capillaires. On casse les deux extrémités du tnbe, on adapte à l'une d'elles un tuyau de paille ou un très-petit tube de verre en entonnoir, et l'autre est appliquée sur une lame de verre; on souffle très-doucement dans cette paille , de façon à ce qu'il y reste environ une ligne de matière. Cette précaution est in- • dispensablè, car il serait possible que l'air insufflé altérât le vaccin , et empêchât son développement. Lorsque la matière est descendue sur la lame de verre, on l'y reprend ave la lancette , et on l'inocule comme si l'on opérait de bras à bras. On peut aussi prévenir altération du fluide vaccin par suite de l'insufflation, en cassant d'abord les deux extrémités du tube, puis en divisant sa partie moyenne en deux portions égales, à l'aide du bord aigu d'une pierre à fusil ou à briquet. On a de celte manière deux espèces de petits godets, dans chacun desquels on introduit l'instrument dont on se sert comme si l'on vaccinait de bras à bras.-

Lorsqu'au contraire , le vaccin est desséché , voici les précautions que l'on doit prendre : il ne faut déluter les verres plats et ouvrir les flacons qui le contiennent qu'à l'instant même de s'en servir. Pour employer la matière, on la délaie avec la plus petite quantité possible d'eau froide , en l'agitant pendant quelques minutes avec l'extrémité d'une aiguille ou d'une lancette , jusqu'à ce qu'on ne rencontre dans la dissolution aucune portion de vaccin encore solide, et que le mélange ait acquis l'apparence presque oléagineuse. On en prend alors une petite goutte sur le bout de la lancette, et on procède à l'insertion comme il a été dit plus haut. Lorsque le vaccin a été desséché sur un fil , et qu'on ne veut point vacciner par incision, on extrait le fil du tube où il est renfermé, on le place sur une petite plaque de verre, et à l'aide d'une goutte d'eau froide on délaie le vaccin dont on se sert comme il a été indiqué ci-dessus. Si l'on veut faire usage d'un morceau de linge imprégné de vaccin, il suffit de frotter avec un peu d'eau froide l'instrument à plusieurs reprises sur ce linge, pour qu'il se charge du virus. On inocule ensuite comme à l'ordi-

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nairc. Quand on emploie des lancettes non oxydables, qu'elle* soient construites en or, en écaille ou en ivoire, on conseille de faire la piqûre avec une lancette d'acier ordinaire, et d'insérer ensuite celle qui est chargée, dans la plaie faite par la première. Peut-être serait-il bien de délayer préalablement la matière desséchée, et pourrait -on éviter de 'cette manière les insuccès qui sont ordinairement le résultat de cette façon d'inoculer. Quant aux croûtes vaccinales, avant de s'en servir il faut avoir bien soin d'enlever, comme le recommande Sacco, une petite lame très-mince, résultat de la dessiccation d'une petite gouttelette de pus accumulé au centre de la pustule. Cela fait, on délaie ensuite la croûte avec un peu d'eau froide, jusqu'à entière dissolution, et on procède à la vaccination comme on l'a vu précédemment. On a proposé aussi de se servir des croûtes réduites en poudre, de la manière suivante : on prend une petite lancette .cannelée, à laquelle est adapté un ressort qui pousse le long de la cannelure jusque sous l'épiderme la poudre vaccinale qui y est déposée. La plupart des vaccinateurs conviennent de l'inûdélité de ce moyen, rarement employé. Quel que soit le mode d'inoculation qu'on ait pratiqué, il n'est besoin d'appliquer aucun appareil sur les piqûres. On laisse sécher ces petites plaies, et l'on évite seulement ensuite de les mettre en contact, immédiat avec de la laine, de porter des chemises d'un tissu trop gros, et de tenir le 'bras serré dans un vêtement étroit. Toutes les saisons sont également favorables à la vaccination ,. qu'on peut aussi pratiquer indifféremment à tous les âges. Le docteur Sacco, M. Husson, et plusieurs autres vaccinateurs célèbres ont vacciné, avec le plus grand succès, quelques' ^heures après la naissance, et dans la vieillesse la plus avancée. Il est d'observation toutefois que dans le très-jeune âge , la mollesse de la peau est so'uveut un obstacle à la réussite de la vaccine, qu'on voit aussi rester infructueuse chez quelques vieillards dont la peau est sèche et douée de peu d'énergie. Suivant M. Husson , c'est vers six semaines pu deux mois que celte opération réussit le mieux ; à cet âge, dit-il, elle ne manque pas son effet deux fois sur cent. La faiblesse de la constitution, le travail de la dentition , la grossesse, lés affections herpétiques, les diverses espèces de teignes, les croûtes laiteuses, etc. ne sauraient exclure la vaccination. On ne devrait pas même hésiter

.VAC «-47 à la pratiquer chez des sujets déjà atteints de maladies aiguës peu graves, et à plus forte raison d'afléctions chroniques non décidément mortelles, s'il existait une épidémie variolique.

(qUKRSENT. )

VACCINE, s. f . , variolœ vaccinée , vaccina. On a donné ce nom, d'après Odier de Genève, à la maladie qui résulte de l'ino.culation du virus vaccin.

Histoire et origine de la vaccine. -- Cette affection, originairement observée sur les vaches, était connue depuis plus d'un siècle, dans quelques provinces de l'Angleterre, sous le nom de cow-pox (variole ou vérole de vache), lorsque le docteur Ed. Jenner , chargé d'inoculer la variole dans le comté de Glocester, en 1775, fut surpris de rencontrer un certain nombre d'individus chez lesquels l'insertion du virus ne produisait aucun effet, bien qu'ils n'eussent pas eu précédemment la variole. Il apprit alors que, suivant une tradition populaire, déjà fort ancienne dans ce pays, tous ceux qui, en trayant les vaches , avaient accidentellement gagné le cow-pox, n'étaient jamais atteints de petite vérole. Méditant sur un tel phénomène, et. désireux d'en pénétrer la cause, Jenner se livra dès ce moment à des recherches multipliées sur le cow-pox. Il tenta d'abord en vain d'inoculer la variole à des, individus qui avaient été affectés du cow-pox à des époques plus ou moins reculées , et constata ainsi par l'expérience qu'ils n'étaient plus susceptibles de contracter cette fâcheuse maladie. Il choisit ensuite plusieurs personnes n'ayant pas encore eu la petite vérole, et leur inocula la matière contenue dans les pustules du cow-pox; la maladie se développa régulièrement. L'inoculation variolique à laquelle il les soumit après demeura sans effet. Ce ne fut qu'après avoir répété ces expériences de diverses manières et. à plusieurs reprises qu'il publia, en 1798, son ouvrage intitulé Recherches sur les causes et les effets du cow-pox ou Variole vaccinale. Suivant l'auteur de cet ouvrage, le cow-pox ne serait lui-même que le produit d'une maladie des chevaux : la matière qui suinte des talons des chevaux atteints des eaux aux jambes (maladie que les Anglais désignent sous le nom de grease, et que certains médecins confondent avec lejacart), portée par les garçons de ferme chargés de les panser, sur les trayons des vaches , et inoculée ainsi à ces dernières, leur donnerait le cow-pox, et devrait être par conséquent

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regardée comme l'origine de cette affection. Celte opinion de Jenner fut combattue par Woo. 1 ville, Pcarson , SimmoDS, Coleman, Buniva, Luciano, Toggia Guiffa et Bertholini, qui tous essayèrent d'inoculer le grease aux mamelles d'un certain nombre de vaches, sans obtenir jamais d'éruption vaccinale. D'un autre côté cependant MM. Tanner, Lupton, Loy, Laffont, Godino, etc. réussirent, dans leurs expériences; enfin, la question sembla mise hors de doute par la publication du fait suivant en x8ia. Un cocher qui n'avait pas eu la petite vérole, et qui pansait un cheval atteint depuis peu de jours d'eaux aux jambes, vint consulter les ebirurgiens d'un des dispensaires de Paris, pour des boulons qu'il portait au poignet, et qui étaient exactement semblables à ceux de la vaccine. Celte ressemblance frappante, engagea à inoculer à deux enfans la matière contenue dans les boutons* du cocher. La vaccine là plus régulière se développa sur chacun d'eux , et on suivit aiusi plusieurs générations de la même vaccine. On inocula, en outre, à un autre enfant la matière de la croûte d'un des boutons du cocher, et cet enfant eut une vaccine régulière qui servit au bout de huit jours à commencer un autre série indéfinie de vaccinations. Quelque concluant que soit un fait de cette nature, il n'est pas à l'abri de toute critique, et M. Hurtrel d' Arbov.il reproche, avec quelque raison ce me semble, l'oubli qu'on a fait d'inoculer la matière même des eaux, essai si fréquemment répété ailleurs et si souvent infructueux, mais qui eût emporté la conviction s'il eût réussi. Le docteur Sàtféfl ne rejette pas d'une manière absolue l'opinion- de Jenner; mais il pense, avec la plupart des médecins, qu'on ne doit pas regarder l'existence de la grease comme cause nécessaire et exclusive du cow-pox ; celui-ci pouvant naître spontanément chez les vaches, sans qu'elles aient eu communication avec les chevaux , le fait ayant eu lieu dans des endroits où il n'existait pas de chevaux, et où, par conséquent, il avait été impossible que le moindre rapport eût éîé établi entre ces deux espèces d'animaux.

L'idée première de la découverte de la vaccine a été, non sans quelque raison peut-être, revendiquée en faveur d'un Français, M. Rabaul-Pommicr, ministre protestant à Montpellier, avant la révolution. Dès l'année 1781, M. Rabaut , se trouvant avec le docteur Ptw et un autre Anglais de ses amis,

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avança dans la conversation qu'il serait probablement avantageux d'inoculer à V homme la picolte des vaches (cow pox) , parce qu'elle était constamment sans danger. On disserta longuement sur cet objet, et le docteur Pew promit qu'aussitôt à son retour en Angleterre il proposerait ce nouveau genre d'inoculation à son ami le docteur Jenner. On n'a jamais su positivement si cette communication avait eu lieu; mais quand bien même on n'en pourrait douter, la gloire n'en resterait pas moins tout entière à Jenner, sinon comme inventeur, du moins comme premier propagateur de la vaccine. Il parait, du reste, que l'inoculation de la vaccine était pratiquée dans l'Inde dès la haute antiquité, comme le prouve un passage du Sancteya grantham, ouvrage manuscrit, attribué à d'Hauvantori. M. AV. Bruce, consul à Bashire, dans une lettre adressée à M. W. Erskine , et insérée dans les Annales de Chimie et de Physique (i8iy), annonçait que la vaccine était connue aussi depuis fort long- temps en Perse, parmi la tribu très- considérable* des Éliaats. Enfin, suivant M. de Humboldt [Essai politique sur le royaume de la nouvelle Espagne), les habitans de la Cordillière des Andes avaient remarqué l'effet préservatif du vaccin bien avant qu'il fût connu en Europe.

Une circonstance assez remarquable, qui d'ailleurs ne diminue en rien le mérite des travaux de Jenner , se trouve mentionnée dans l'ouvrage dù docteur Pearson sur la vaccine : en 1768, Sutton et M. Fewster inoculèrent sans succès un assez grand nombre de paysans; plusieurs de ces individus leur ayant assuié que cela provenait de ce qu'ils avaient eu le cowpox, ils firent alors quelques expériences pour justifier le fait : elles confirmèrent ce que les paysans leur avaient annoncé , et ils en communiquèrent le résultat à une société médicale; mais personne ne songea à y donner suite, et, ce qu'il y a de plus extraordinaire, les deux inoculateurs finirent eux-mêmes par* abandonner la solution de cet important problème.

L'ouvrage de Jenner parut à peine à Londres, que de toutes parts, en Angleterre, on l'accueillit avec empressement. Les docteurs Pearson et Woodville se hâtèrent de répéter les expériences qui y sont consignées, et bientôt leur témoignage, auquel s'en joignit une foule d'autres , vint déposer en faveur de ce précieux préservatif. Le bruit de cette découverte ne tarda pas à parvenir au loin; toutefois la France, quoique la plus

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voisine de la patrie de Jenner , ne fut pas une des premières où il se répandit. Cependant l'annonce en avait été faite par la voie des journaux, quand M. le duc de La Rochefoucauld-Liancourt, qui, pendant son séjour en Angleterre, avait été témoin des succès obtenus par cette méthode, vint éveiller l'attention sur cet objet important. Par ses soins réunis à ceux de M. Thouret>, alors directeur de l'École de médecine , une souscription fut ouverte et bientôt remplie : un comité central, composé de médecins instruits, fut dès-lors organisé, et le 2 juin 1800, trente enfans furent vaccinés avec du fluide envoyé de Londres. Cette première tentative ne réussitpas complètement, et quelques autres vaccinations pratiquées plus tard par le docteur Woodville, venu lui-même à Paris pour nous familiarise!' avec ce genre d'inoculation, restèrent également sans effet; mais bientôt après les essais se multiplièrent, et la vaccine se trouva en quelque sorte acclimatée chez nous. En très-peu de temps on compta, dans Paris seulement, plusieurs milliers de vaccinations. Le 7 février de l'année suivante, un hospice spécialement consacré à l'inoculation de la vaccine fut' fondé par M. Frochot, , préfet de la Seine, et confié aux. soins du comité. Les services rendus par cet établissement, et en particulier par M. Husson , son secrétaire, ont été vraiment incalculables. Renouveler les expériences des Anglais, en tenter de nouvelles, et accroître ainsi le nombre des contre- épreuves , fournir de vaccin la France et l'étranger, faire naître et entretenir la confiance dans une méthode nouvelle, attaquée violemment dès son apparition par l'ignorance et la mauvaise foi, telle est, en partie du moins, la tâche que le comité s'était imposée, et qu'il a remplie de manière à mériter la reconnaissance publique. Aboli en 1824, ses travaux ont été continués par l'Académie royale de médecine.

Pendant que la vaccine se naturalisait en France par les efforts des médecins les plus distingués et la protection du gouvernement, elle se répandait également dans les autres parties de l'Europe, en Amérique, et jusqu'aux derniers confins de l'Asie. II serait trop long deretracer ici l'histoire même abrégée de la propagation de la vaccine dans les différens pays; il suffit de dire que tous les gouvernemens s'empressèrent à l'envi de faire jouir les peuples de ce grand bienfait ; parmi les décisions adoptées dans cette intention, nous nous contenterons de citer celle qui fut prise par Charles IV, roi d'Espagne; il fit entreprendre

VAC -i5r un voyage autour du monde, dans l'unique Lut de procurer à toutes ses possessions d'outre- mer, ainsi qu'à beaucoup d'autres contrées éloignées, les avantages de cette précieuse découverte. Le résultat de ce voyage étonnant à tous égards, et qui fut exécuté sous la direction de don F.-X. Balmis, chirurgien extraordinaire de S. M. C. , dépassa toutes les espérances qu'on en avait conçues. Depuis cette époque , la vaccination a été pratiquée avec tant de zèle et de succès dans quelques-unes de ces contrées, qu'on n'y observe presque plus de Variole. Ainsi , nous avons appris tout récemment de M. Busseuil , chirurgien de la marine française, qu'à Manille (Indes- Orientales), où il se trouvait il y a peu de temps, la petite vérole n'existe plus. En mémoire d'un aussi grand bienfait, on a élevé une statue de bronze au roi Charles IV.

Marche de la vaccine. — La vaccine a, comme toutes les maladies éruptives , des périodes distinctes. M. Husson en admet trois qu'il désigne sous les noms de période d'inertie , période d'inflammation, et période de dessiccation.

La première période, mieux nommée selon nous, période d'incubation, commence à l'instant même où la piqûre vient d'être faite : il se forme presque constamment un cercle rose, superficiel, du diamètre de six à douze lignes, qui disparaît en quelques minutes, et laisse une tuméfaction légère qui persiste un peu plus. Depuis cette époque, jusqu'au troisième ou quatrième jour, on n'aperçoit que les traces d'une piqûre légère , sans la moindre apparence de travail inflammatoire. Mais vers la fin du troisième jour au plus tôt, ou plus souvent du quatrième, commence la seconde période. On sent distinctement une petite dureté dans les points où les piqûres ont été faites, et sur lesquelles une petite élevure d'un rouge clair ne tarde pas a se montrer; le cinquième jour, cette élevure se déprime un peu au centre et cause quelque démangeaison; le sixième, !e bourrelet, entouré d'u/i cercle rouge d'une demi-ligne de diamètre, s'élargit, et le centre de la pustule paraît plus déprimé; le septième jour, la totalité de la pustule augmente,. le bourdet circulaire s'aplatit et prend un aspect argenté, en même temps que l'aréole qui l'entoure s'agrandit; le huitième jour , le bourrelet s'élargit; la matière contenue dans la pustule devient plus abondante et soulève ses bords ; la dépression centrale prend une teinte plus foncée, ou conserve la même couleur

que le bourrelet. Le cercle rouge très-étroit qui, jusqu'à celte époque, a circonscrit la pustule, acquiert une couleur moins vive et semble se propager comme par irradiation dans le tissu cellulaire voisin; le neuvième jour , tout cet appareil prend un plus grand degré d'intensité, et la pustule est entourée d'une belle aréole vermeille; le dixième jour, on n'aperçoit pas un changement très- sensible , seulement le bourrelet circulaire s'élargit; l'aréole augmente d'étendue, occupe ordinairement alors un cercle de neuf à dix lignes de rayon, et devient d'un rouge plus intense; elle disparaît aussi moins facilement sous la pression du' doigt.- A cette époque le vacciné éprouve quelquefois une douleur dans les glandes axillaires, et presque toujours un mouvement fébrile marqué par des bâillemens, la pâleur et la rougeur alternatives de la face, et l'accélération du pouls; le onzième jour, la pustule offre une couleur perlée, son diamètre est de deux à cinq lignes, elle est dure au toucher, et présente la résistance d'un corps étroitement uni à la peau : le liquide quelle conlient est un peu moins transparent, il a perdu de sa viscosilé. Le douzième jour, la période de dessiccation commence; la dépression centrale prend l'apparence d'une croûte , l'humeur renfermée dans le bourrelet circulaire se trouble davantage et devient opaline, l'aréole pâlit, la tumeur vaccinale s'affaise , et l'épiderrae s'exfolie en petites écailles. Le treizième jour, la dessiccation fait des progrès et marche du centre à la circonférence. Le -bourrelet circulaire jaunit, se rétrécit à mesure que la dessiccation s'opère au centre, et la matière qu'il contient est jaunâtre et puriforme. Il est environné d'un cercle légèrement pourpré. Le quatorzième jour, la croûte se durcit et prend une teinte d'un jaune foncéj le cercle qui l'entoure diminue de largeur et suit l'ordre de décaissement de la tumeur vaccinale. Du quatorzième au vingt-cinquième jour, la croûte solide, polie et douce au toucher, acquiert une couleur rouge foncée , et conserve presque toujours la forme ombiliquée. A mesure que la tumeur vaccinale s'affaisse , cette croûte proémine d'avantage au-dessus du niveau de la peau : elle tombe du vingt-quatrième au vingt-neuvième jour, laissant à nu une cicatrice profonde et parsemée de petites dépressions semblables à celles qu'on remarque sur les gauffres. Quelquefois aussi elle est remplacée par une croûte de couleur jaunâtre.

La dissection de la pustule vaccinale, faite le huitième ou le

VAC i53 neuvième jour, époque ordinaire de son développement achevé, a fourni les résultats suivans à M. le docteur Gendrin. Au centre de la pustule, dans la dépression ombilicale de couleur un peu jaune, qui comprend la trace presque inapercevable de la petite plaie de l'inoculation, existe , comme le fait observer le docteur Sacco, sous une lame excessivement mince et peu résistante d'épiderme, une petite quantité de pus jaune, trouble, assez dense, accumulé dans une sorte de follicule infundibuliforme qui constitue le centre de la pustule. La quantité de cette matière purulente est proportionnée en général a la grandeur de l'incision par laquelle on a inoculé, et à l'irritation qu'a produite l'instrument dont on s'est servi; aussi est-élle excessivement petite, quand on n'a fait à la peau qu'une piqûre trèssuperficielle. Après qu'on a dépouillé, avec précaution , à l'aide de la pointe d'une aiguille, la pustule vaccinale de ce petit apostème, elle est uniformément argentée et luisante; on voit que la pellicule qui l'enveloppe est formée par une lame probablement épidémique, insensible, plus dense et plus difficile à diviser que l'épiderme soulevé dans les pblyctènes. Lorsqu'on a enlevé cette pellicule blanche par une section horizontale , le fluide vaccin sort en petites gouttelettes limpides des petites loges qui le contiennent. La disposition de ces gouttelettes fait connaître celle des loges ou aréoles de la pustule; elles semblent disposées circulairement sur deux rangs concentriques. On distingue aisément à la loupe les cloisons radiées assez peu régulières entre lesquelles sont formées les espèces d'alvéoles qui contiennent le vaccin. Si l'on divise ces cloisons blanches avec une lancette , il se mêle un peu de sang au fluide vaccin qui s'en échappe.

Le coirtact de l'air est nécessaire à la formation des croûtes vaccinales. Le docteur Sacco a constaté ce fait en couvrant des pustules avec des verres de montre, tandis qu'il en laissait d'autres à l'air libre sur le même sujet pour servir de terme de comparaison : les pustules couvertes se gercèrent, et la peau se détacha en petites parcelles sans qu'il se .formât de croûtes ou de cicatrices sensibles. M. le docteur Gendrin dit avoir aussi empêché la formation de la croûte en couvrant le bras de cataplasmes ou de fomentations émolliens le neuvième ou le dixième jour de l'éruption. La vaccine inoculée chez les nègres et les mulâtres ne présente presque aucune différence; elle se

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développe à la même époque que chez les blancs, mais peutêtre parcourt-elle ses périodes dinflammation et de dessiccation avec plus de rapidité. L'aréole inflammatoire est peu marquée, la peau n'offre qu'une teinte cuivreus-e, et la cicatrice est d'abord plus rouge que chez les blancs, comme le sont ordinairement toutes celles des nègres.

Variétés de la vaccine. — Le développement de la vaccine n'est pas toujours régulier; ainsi on voit dans quelques circonstances la période d'incubation se prolonger jusqu'au vingtdeuxième et trentième jour, tandis que dans d'autres elle n'est que de vingt-quatre à quarante-huit heures. Quelquefois la vaccine parcourt sa marche accoutumée en huit ou dix jours, et l'effet préservatif est cependant le même. D'autrefois Ja pustule ne présente point la dépression ombilicale, ou bien deux pustules jumelles, confondues par la tangente de leurs cercles , sont le résultat d'une opération dans laquelle l'instrument a pénétré la peau de part en part. Quelques individus opposent une résistance absolue à l'infection vaccinale; chez d'autres, cette résistance n'est que temporaire, et l'on en a vu qui ont fini par contracter la vaccine après avoir subi huit ou dix vaccinations antérieures infructueuses. Il n'est pas très-rare de voir des pustules vaccinales se développer sur des points du corps où l'inoculation n'a pas été pratiquée. C'est presque toujours sur des surfaces enflammées et privées d'épiderme que ces pustules secondaires se manifestent. Elles sont produites par une inoculation accidentelle et postérieure, que le vacciné s'est faite avec les doigts après avoir gratté les pustules d'insertion. Dans d'autres cas, les éruptions secondaires sont le résultat d'une infection générale. Quelquefois aussi une première vaccination .n'ayant point réussi, on en pratique une seconde an bout de quinze jours, un mois, et même davantage, et dès ce moment on voit se développer ensemble les pustules résultat des anciennes et des nouvelles piqûres. Enfin il est un certain nombre d'individus chez lesquels la vaccine ne manifeste sa présence que par des phénomènes généraux, l'éruption locale manquant absolument. Plusieurs observations connues depuis long temps ont mis cette vérité hors de doute; mais elle n'avait jamais été établie sur aussi grand nombre de faits qu'en 1S25. Soixante cas de cette espèce se sont offerts successivement à l'observation de M. Treluyer, médecin de l'hôpital général de Nantes.

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On peut en lire la relation vraiment curieuse, dans le rapport d'ailleurs si bien fait de M. Paul Dubois sur les vaccinations pratiquées en France pendant l'année i8a5.

Quelquefois la vaccine se présente avec des irrégularités plus grandes, et alors elle cesse même d'être préservatrice; on l'a désignée alors sous le nom fausse ou de pseudo -vaccine. M. Husson en a décrit deux variétés : la première, que certains auteurs proposent d'appeler vaccinoïde ou vaccinelle , est celle qui se développe parfois sur un individu antérieurement atteint de variole, ou qui a déjà été vacciné. Voici la marche qu'elle, suit d'après M. Husson. Dès le premier jour, quelquefois dès . le second , et au plus tard le troisième, les piqûres s'enflamment; il se forme des pustules le plus souvent circulaires comme celles de la vaccine. Leurs bords sont aplatis, inégaux, et ne sont pas gonflés par ta matière qui est toujours peu abondante, et d'un jaune limpide. L'aréole n'existe pas constamment; elle est quelquefois aussi vive, mais rarement aussi étendue que celle de la vraie vaccine; quoique plutôt apparue, elle dure tout aussi * long-temps. Pendant tout ce travail, le vacciné éprouve ordinairement un prurit désagréable dans les piqûres; les ganglions axillaires deviennent douloureux et s'engorgent ; il survient de la céphalalgie et un mouvement fébrile plus ou moins fort et irrégulier. La période inflammatoire est très-rapide; il n'y a pas de tumeur ni d'induration circonscrite, comme dans la vaccine; et s'il existe de la tension, elle est irrégulière et superficielle. Les croûtes, bien formées dès le septième ou le huitième jour, ne tombent pas plus tôt que celle de la vaccine vraie ; elles offrent quelquefois le même aspect , mais elles sont moins larges, moins épaisses, et laissent, au lieu de cicatrices, de simples taches à la peau. M. le docteur Gendrin dit que ces pustules contiennent le principe reproducteur de la vaccine, ce dont on peut s'assurer en inoculant le fluide qu'elles contiennent le deuxième jour de leur développement. J'ignore si cette expérience a été répétée.

La seconde variété de pseudo-vaccine est celle qu'on peut produire à volonté, dit M. Husson, si l'on met en action l'une des causes suivantes : i° L'usage de lancettes oxydées par le vaccin; 2° l'inoculation par les fils; 3° l'emploi du fluide vaccin trop avancé et parvenu à l'élat purulent; 4° celui de la matière desséchée sans l'avoir suffisamment délayée; 5° l'usage

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d'un instrument mal affilé, peu pointu; 6° enfin les incisions trop profondes. Il n'est peut-être pas très-exact de dire que toutes ces causes produisent à volonté la fausse vaccine, puisqu'il est certain que malgré leur action on est parve'nu fréquemment à produire une vaccine régulière; mais on ne peut contester néanmoins que toutes ces circonstances favorisent le développement d'une pseudo-vaccine., dont voici les caractères distinctifs. Dès le premier jour, ou dès le commencement du deuxième, on aperçoit une élévation de la portion d'épiderme dans laquelle l'insertion a été faite, une rougeur vive sur cette partie, et un suintement puriforme aux lèvres de la plaie. Le lendemain, la rougeur est beaucoup diminuée, la portion d'épiderme est blanche et plus saillante que la veille. Du deuxième au troisième jour, la petite pustule se crève, et laisse suinter un pus opaque, jaunâtre, auquel succède une croûte jaune, mollasse, plate, qui tombe le cinquième ou lé sixième jour, se renouvelle fréquemment, et quelquefois est suivie d'un ulcère profond, difficile à guérir. Il reste à cette époque une rougeur irrégulière assez intense, accompagnée de dureté dans le tissu cellulaire voisin, un léger gonflement de la peau; et le cercle rouge , qui s'accroît d'abord sensiblement , finit par disparaître sans laisser sur la peau les petites écailles que l'on rencontre dans la vaccine vraie à la place de l'aréole quand elle est dissipée. Il est encore une autre espèce de fausse vaccine ou vaccine dégénérée, dont parle le docteur Sacco, et sur laquelle insiste, avec raison, M. le docteur Gendrin , qui s'exprime à peu près ainsi sur ce sujet important. On inocule à un enfant un vaccin de bonne qualité; la pustuie se développe régulièrement, l'enfant se gratte et écorebe la pustule; on la comprime par un vêtement trop serré, ou enfin on la presse entre les doigts, soit par des manœuvres indiscrètes, soit pour faire ensuite une expérience comme l'a pratiqué Sacco. L'effet de toutes ces pratiques est de déterminer immédiatement le passage de la pustule à la suppuration ; elle jaunit , elle devient plus saillante; le vaccin déposé dans les aréoles disparait. La disposition multiloculaire cesse aussi elle-même, et l'individu n'est point préservé de la variole; car il reste .encore apte à contracter la vaccine, comme M. Gendrin l'a expérimenté; si la suppuration de la pustule s'opère avant le sixième jour de> l'inoculation, le fait est certain. Il reste cependant une cicatrice

VAC »f>7 à la véiilé peu marquée, qui a tous les caractères de la vraie cicatrice vaccinale. Le huitième jour, la suppuration ne détermine pas aussi -constamment l'absence de la faculté préservatrice ; car de trois, individus sur lesquels on avait produit la suppuration immédiate de la pustule en la pressant fortement entre les doigts, un seul a pu contracter ensuite une vaccine légitime. 11 ne paraît pas que plus tard la suppuration, qui d'ailleurs s'effectue naturellement, détruise l'effet de la vaccine. Si le septième ou le huitième jour on désorganise entièrement une pustule vaccinale régulière avec une lancette pour puiser du vaccin , on peut détruire complètement l'effet de la vaccine; on s'en assure en inoculant de nouveau l'individu. Il en résulte que uand il n'existe qu'un seul bouton vaccin , il faut le respecter, ou du moins se garder d'épuiser tout le fluide qu'il contient.

Complications de la vaccine. — Jenner, le docteur Sacco et plusieurs autres vaccinaleurs ont eu l'occasion de voir assez fréquemment , surtout dans M vaccine suite de l'inoculation du cow- poN , les pustules se creuser et se convertir en ulcérations très-douloureuses et difficiles à guérir. Quoique cet accident soit bieu plus rare par l'inoculation qui a lieu de bras à bras, on l'a quelquefois alors aussi remarqué, et je l'ai moimême observé chez certains enfans d'une constitution lymphatique ou scrofuleusc.

Parfois l'aréole qui circonscrit la pustule vaccinale occupe une très-grande surface , et s'étend à la majeure partie ou même à la totalité dés régions du bras, en suivant une marche parfaitement indiquée par M. Dupuytren, d'après la disposition particulière du tissu cellulaire qui enveloppe le bras. Dans certains cas la rougeur se propage jusqu'au dos et à la poitrine, ou bien elle gagne le cou et finit par envahir la face tout en tière. Souvent, dit M. Husson, on y remarque de petits boutons qui ne suppurent pas et disparaissent après un jour ou deux. Cette espèce d'érysipèle est accompagnée de gêne dans les niniiveinins; la fièvre se déclare, et les glandes de l'aisselle deviennent le siège d'un engorgement quelquefois considérable qui se termine ordinairement par résolution, mais qui peut, aussi, comme on en a des exemples, passer à l'état de suppuration.

Indépendamment des accidens dont nous venons de parler, h» vaccine peut être compliquée de rougeole et de scarlatine ;

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souvent alors elle suspend sa marche et ne la reprend qu'après la cessation de l'autre maladie; ou bien les deux affections parcourent simultanément leurs périodes. A l'hôpital des enfans malades, nous avons vu assez fréquemment l'eczéma et surtout l'ecthyma compliquer la vaccine. Dans certains cas elle marche en même temps que la varicelle, et peut aussi co-exister avec la variole ou quelques-unes de ses variétés; enfin la roséole, le strophulus, l'urticaire et le pemphigus sont encore des complications de la vaccine, plusieurs fois observées par les vaccinateurs. Beaucoup de médecins ont cru remarquer que la vaccine avait une heureuse influence sur quelques affections cutanées chroniques, et en particulier sur les croûtes laiteuses, le3 impétigo, et certaines espèces de teignes. Dans d'autres circonstances au contraire, et surtout chez des enfans affectés de tubercules latens, il arrive quelquefois que le mouvement fébrile de la vaccine développe l'inflammation tuberculeuse et prélude à la phthisie pulmonaire ou inésentérique , ou à des maladies scrofuleuses plus ou moins graves, qui .sont entièrement étrangères à la vaccine elle-même, mais qui n'attendaient, pour se développer, que la cause occasionelle souvent la plus légère. Cette circonstance est importante à noter pour répondre aux inculpations des détracteurs de la vaccine.

Le docteur Sacco a reconnu par l'expérience à quelle époque du développement de la pustule vaccinale se manifeste la faculté anti- variolique :à cet effet, il a vacciné plusieurs enfans bien porlans , tous de la même manière, à un seul bras, et en même temps. Ensuite il leur a inoculé séparément la variole de deux en deux jours à l'autre bras jusqu'à la période de dessiccation. Les inoculations faites entre le premier et le cinquième jour produisirent aux septième , huitième , neuvième, dixième et onzième jours , une éruption de différentes pustules varioliques, qui parcoururent leurs diverses périodes, en accompagnant toujours la vaccine. Celles du sixième et du septième jour ne formèrent jamais une éruption générale, et pour la majeure partie, à la place des piqûres, on n'observa qu'une légère altération; tandis que dans quelques-unes les pustules se bornèrent aux seules insertions, et se desséchèrent promptement. Les inoculations pratiquées du huitième au onzième jour ne furent que très-rarement suivies d'une petite pustule locale qui se dessécha presque aussitôt après son apparition.

VAC ï5j> Sur seize enfans iuoculés du onzième au treizième jour, trois seulement eurent une piqûre qui rougit et s'enflamma un peu. Passé ce temps, le docteur Sacco jugea inutile de suivre les inoculés; ces expériences, ajoute ce médecin distingue, furent variées et répétées souvent, et de toutes il résulta que c'est vers là fin de la période de maturation de la pustule vaccinale que doit être placé le point précis où le vacciné commence à n'être plus apte à contracter la variole.

Quoi qu'il en soit, les avantages de l'inoculation vaccinale, comme moyen préservatif de la variole, sont maintenant incontestables, et les épreuves les plus décisives les ont depuis très-long- temps mis hors de toute espèce de doute. Sans parler ici. des tentatives multipliées faites chez les nations les plus instruites, dans des circonstances différentes, .dans des climats divers, et toujours avec les mêmes résultats constamment heureux, nous nous bornerons à citer quelques-uns des exemples des plus remarquables de ces contre-épreuves. A Paris, en 1 80 1 , sur cent deux enfans vaccinés depuis huit à dix-huit mois, qu'on soumit publiquement à l'inoculation de la variole, il ne s'en trouva aucun qui pût la contracter. Un plumasseau chargé de pus variolique fut maintenu pendant plusieurs jours en contact avec une ulcération survenue à la jambe d'un enfant précédemment vacciné, sans qu'il en résultât de pustules locales ni d'infection générale. Trente-six vaccinés choisis par le comité central de Paris furent placés pendant quinze jours au moins, dans une salle où cinq enfans avaient la variole; pendant tout ce temps ils restèrent continuellement avec les malades, prenant leurs repas et jouant près d'eux, quelques-uns même couchant dans leurs lits à l'époque de la suppuration des pustules et de la desquamation, et d'autres portant les chemises des varioleux. Cependant , dit M. Husson , ces trente-six enfans n'ont pas éprouvé la moindre altération dans leur santé, ni durant leur séjour près des malades, ni depuis qu'ils en ont été éloignés. Enfin, pour dernier genre d'épreuves encore plus convaincantes , dans tous les lieux où sont venues à sévir des épidémies de variole , on- a vu la vaccine couvrir en quelque sorte de son heureuse influence tous les individus qui en avaient été précédemment inoculés. Ajoutons en outre, que la vaccine, pratiquée à l'instant de l'apparition de ces épidémies varioliques, les a quelquefois arrêtées dans leurs progrès, ou les a du moins con-

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sidérablement affaiblies. Cependant, quelques individus vaccinés ayant été atteints de variole au milieu des épidémies meurtrières qui ont régné dans ces derniers temps en divers pays , et surtout en France en 1825, des doutes se sont élevés de nouveau sur la vertu préservatrice de la vaccine. De tons les faits de celle nature récemment publiés, il n'en est qu'un petit nombre qui mérite créance : je veux parler de quelques-uns des faits qui se trouvent relatés dans l'ouvrage de M. le docteur Thomson ( Historical sketch, etc.), et de quelques autres qui ont été cofnmuniqués à l'Académie royale de médecine. Or, dans toutes ces circonstances , on n'a pu méconnaître encore l'heureuse influence de la vaccine. En effet, dans la presque universalité des cas cités, la variole, modifiée dans ses caractères extérieurs jet dans sa marche, a eu constamment une terminaison prompte et favorable. Ajoutons enfin que si, dans ces violentes épidémies, le pouvoir de la vaccine n'a pas été absolue, l'existence d'une variole antécédente n'a pas été non pbus une garantie suffisante contre une nouvelle infection. Au rapport de M. Thomson, lors de l'épidémie si cruelle qui se répandit dans presque toute l'Ecosse en 1818, sur soixante et onze malades qui en furent atteints pour la seconde fois, il en mourut trois. Tandis que sur quatre cent quatre-vingt-quatre individus vaccinés qui eurent aussi la petite vérole plus ou moins modifiée, on n'eut à regretter qu'un seul mort.

Mais voici une autre objection : de ce que la variole peut survenir dans un très-petit nombre de cas, malgré une vaccination regardée comme parfaite , quelques médecins en ont conclu que la vaccine n'avait qu'une faculté préservatrice temporaire, et ils ont proposé, en conséquence , de renouveler les vaccinations à des époques déterminées. Déjà en 1804 , M. le docteur Goldson avait fait naître des doutes sur la permanence de l'ef- • ficacité de cette méthode, qui ne s'étendait pas, suivant lui, à plus de deux ou trois ans. Mais ces doutes furent bientôt dissipés par Jenner lui-même, qui tenta plusieurs fois alors inutilement d'inoculer la variole à des individus dont l'un avait eu le cow-pox vingt-trois ans auparavant, l'autre vingt -sept ans, et le troisième cinquante ans avant. A cette opinion de Goldson, renouvelée tout récemment en France, avec cette différence toutefois qu'on a donné un peu plus d'extension à la durée de M vertu préservative du vaccin, on a de nouveau répondu par des

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faits, qui cette fois encore ont été sans réplique. Non-seulemei.t , en effet , la variole régnant d'une manière épidémique a épargné les individus vaccinés depuis. peu, comme ceux qui l'avaient é{é dix, quinze, vingt et vingt-six ans auparavant ; mais des contreépreuves par l'inoculation ont été répétées à Paris et dans les départemens sur des sujets vaccinés à des époques très- différentes , et tous ont été trouvés inaccessibles à la contagion varioliquè. Les médecins qui ont voulu limiter la vertu préservatrice de la vaccine ne se sont pas entendus , du reste , sur l'époque à laquelle devait finir cette garantie temporaire^ Ainsi, nous avons vu que M. Goldson ne lui prêtait que deux ou trois ans de durée, M. le docteur Caillot lui attribue cette propriété pendant dix à douze ans ; M. Boulu , pendant quatorze ou quinze ans; M. Berlan, pendant dix-sept à dix-huit; M. Geneu.il, pendant vingt à vingt-cinq. Et ce qu'il y a de singulier, comme le fait judicieusement obsérver M. Paul Dubois (dans un rapport très-remarquable qu'il a lu dernièrement sur cet objet à l'Académie royale de médecine), c'est que l'assertion de chacun de ces médecins est appuyée sur des faits en apparence concluans. Quelques-uns d'entre eux ont fondé l'opinion que nous venons de combattre , sur l'aptitude assez rare dont se montrent doués certains individus susceptibles de contracter une seconde fois la vaccine; mais ils n'ont pas été plus d'accord sur le temps précis après lequel ces vaccinations secondaires devaient réussir. Si l'on en croit M. Geneuil, elles devraient être toujours suivies de succès , pratiquées au bout de vingt ou vingt-cinq ans. M. Berlan assure de son côté que sur quatre tentatives faites quinze ans après une vaccination antérieure, une au moins sera suivie d'une réussite complète; et M. Caillot dit avoir obtenu une vaccine régulière sur des sujets vaccinés depuis dix à douze ans seulement. Que conclure de résultats aussi dissemblables, et peut-on y reconnaître l'action destructive du temps sur la vertu préservative dé la vaccine? La solution d'une pareille question ne me paraît pas possible à l'époque actuelle; mais de tout ce qui précède et d'une multitude de faits les plus authentiques, il résulte évidemment, ce me semble y que le vaccin, employé depuis plus de vingt-cinq ans, en Europe, en Amérique, et dans les deux Indes, n'a point perdu de ses qualités, et qu'il continue de donner la même sécurité que lors de sa première application.

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Traitement de la vaccine. — .La vaccine exempte de tou!e complication n'exige aucune espèce de traitement ni même de régime. On l'abandonne ordinairement à elle-même en ayant soin seulement de n'exercer sur les pustules ni frottement, ni pression trop forte. S'il vient à se manifester un mouvement fébrile, et que l'aréole inflammatoire soit par trop intense, on diminuera la quantité des alimens, et on prescrira quelques boissons émollientes ou rafraîchissantes. Les complications , s'il en existe, devront être combattues par des moyens appropriés. Dans les cas où les pustules se seraient ulcérées, on ferait bien de procéder plus tard à une nouvelle vaccination dans la crainte que la première n'ait pas eu l'effet préservatif. Quant à l'habitude de purger les enfans après la vaccine, elle est au moins inutile à suivre, et l'on fera sagement de s'en abstenir, à moins d'indications précises. (gtjersent.)

VACCINIÉES , s. f. pl. Nom d'une famille naturelle de plantes dicotylédones monopétales et épigynes ; elle se compose de genres qui faisaient d'abord partie de la famille des éricinées , dont ils diffèrent spécialement par leur ovaire infère et adhèrent, tandis qu'il est toujours libre et supère dans les vraies cricinées. Le calice est monoscpale adhérent; le limbe a quatre ou cinq dents; la corolle, monopétale régulière épigyne, a quatre ou cinq lobes, quelquefois assez profonds pour que la corolle paraisse polypétale; les élamines , au nombre de huit, ont leurs anthères appendiculées , à deux loges qui s'ouvrent par leur sommet. Le fruit est une baie globuleuse, couronnée par les dents du calice, à quatre oji cinq loges, renfermant chacune plusieurs graines. Toutes les vacciniées sont en général des arbrisseaux ou des arbustes à feuilles simples et alternes, et à fleurs généralement axiilaires. Elles ont assez d'analogie entre elles sous le rapport de leurs qualités sensibles. Ainsi , les feuilles ont en général une saveur plus ou moins âpre et astringente, et dans quelques contrées du Nord elles sont employées au tannage des cuirs. Les fruits ont aussi une saveur aigrelette et agréable. Dans beaucoup de pays de l'Europe septentrionale, on mange les fruits du myrtille (vaccinium myrtillus, L.), et on peut préparer avec eux une boisson aigrelette et tempérante, utile dans quelques cas de phlegmnsie. (a. richard.)

VAGIN, s. f. , vagina , uteri ostium; canal membraneux, organe principal de la copulation , et s'etendant du col de

VA G '63 l'utérus qu'il embrasse circulairement , a In vulve qui répond à son orifice extérieur. Ce canal est extensible, cylindroïde, légèrement recourbé sur lui-même et aplati d'avant en arrière; long de cinq à huit pouces, plus court en avant qu'en arrière, large de deux travers de doigts environ , et un peu plus étroit à ses deux extrémités qu'à sa partie moyenne. Il est situé obliquement de baut en bas, et d'arrière en avant au-dessous de l'utérus dont il embrasse le col, comme nous venons de le dire, au-dessus de la vulve, qui constilue son orifice externe, derrière l'urètre et la vessie, au devant du rectum, entre les muscles releveurs de l'anus , les uretères et des vaisseaux nombreux.

La surface externe ou pelvienne de la paroi antérieure du ■vagin est revêtue par le péritoine dans une très-petite partie de son étendue; plus bas elle est unie au corps de la vessie par du tissu cellulaire assez lâche, mais elle adhère plus intimement à son col et avec plus de force encore à l'urètre. La surface extérieure de la paroi postérieure correspond au péritoine dans une étendue un peu plus considérable ; plus inférleurement elle est unie au rectum par une couche de tissu cellulaire très-vasculaire, d'autant plus serrée qu'on l'observe plus près de la vulve. Les parois de la cavité du vagin sont habituellement en contact avec elles-mêmes, et enduites de mucosités plus ou moins abondantes ; l'antérieure est partagée en deux parties latérales par une crête étroite ej: alongée, plus épaisse près de la vulve qu'à l'extrémité opposée du canal. Cette éminence se bifurque chez quelques sujets, et se perd sur les parties latérales de l'orifice du vagin; plus souvent elle forme un tubercule très -saillant qui correspond à la partie inférieure de l'urètre. On remarque sur la paroi postérieure une autre crête médiane, mais elle est ordinairement moins apparente. Les parois antérieure et postérieure de la cavité du vagin présentent en outre un grand nombre de rides transversales inclinées en devant, qui s'effacent insensiblement sur les parois latérales. Ces rides sont beaucoup plus nombreuses dans le voisinage de la vulve que près du col de l'utérus , où jeur direction devient oblique : elles sont entièrement formées par la membrane muqueuse et servent à favoriser l'alongement et l'élargissement du vagin. Elles contribuent aussi à rendre plus vive l'excitation des parties génitales pendant le coït; chez quelques femmes où elles sont naturellement très-développées et qui n'ont pas eu d'enfans,

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elles acquièrent par l'action répétée du coït une densité assez grande, pour rendre les parois du vagin sensiblement rudes au toucher. On voir aussi habituellement dans la partie postérieure de la cavilé du vagin des taches bleuâtres, livides et irrégulières : la surface de celle cavité offre en outre les orifices d'un grand nombre de follicules muqueux.

L'extrémité supérieure et postérieure du vagin embrasse la partie supérieure du col de l'utérus, un peu plus baut en arrière qu'en avant, et y. adhère intimement. L'extrémité inférieure et antérieure s'ouvre dans la vulve, au-dessous du méat urinaire, par un orifice alongé de haut en bas et de devant en arrière, sur la circonférence duquel orr remarque plusieurs tubercules saillans ou caroncules , et qui est rétréci chez la plupart des vierges par la membrane. hymen. Les parties qui concourent à former les parois du vagin sont une membrane muqueuse, un tissu spongieux, une membrane cellulo - vasculaire, des vaisseaux nombreux et des nerfs.

La membrane muqueuse, continue extérieurement avec celle de la vulve , se réfléchit profondément sur le col de l'utérus dont elle revêt l'orifice j mais on n'en suit pas bien évidemment în continuation, ou du moins son organisation éprouve une grande modification là où cette membrane se réfléchit dans l'intérieur de la cavité du col. Dans la partie inférieure du vagin ell est rouge et vermeille; supérieurement elle devient blanchâtre ou grisâtre et tachetée; son épaisseur diminue à mesure qu'on l'observe plus près du col de l'utérus : elle forme les diverses saillies précédemment décrites , et contient une grande quantité de follicules muqueux.

Le tissu spongieux forme autour de l'extrémité externe du vagin une couche large d'un pouce environ, épaisse de deux à trois lignes, à laquelle on a donné le nom dè plexus rétiformr. Cette couche s'amincit insensiblement, et se continué en haut avec la membrane cellulo- vasculaire. Cette dernière , qui parait rougeâtre ou grisâtre suivant qu'elle est pénétrée d'une quantité plus ou moins considérable, de sang, se confond en quelque sorte supérieurement avec le tissu de l'utérus, et en bas elle adhère assez intimement à l'urètre et au rectum.

Le muscle constricteur du vagin n'est bien apparent que chez les femmes adultes. Inséré en haut à la partie supérieure du clitoris, il descend sur le plexus rétifonne, et se confond

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