‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 8 sur 44 · VA G · texte numérisé non relu

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inférieureuient avec les libres des muscleslransverses du périnée et le sphincter de l'anus. Les artères du vagin sont fournies par l'hypogastrique ou iliaque interne; et ses veines, beaucoup plus multipliées, après avoir formé un plexus sur chacune de ses parties latérales, se rendent dans les troncs veineux du même nom; ses nerfs sont fournis par le plexus hypogastrique, et ses lymphatiques se réunissent pour la plupart a ceux de l'utérus.

Le vagin présente des variétés nombreuses dans sa longueur proportionnelle chez les divers animaux. Il offre généralement des vides ou des plis qui servent à favoriser son amplialion : le plus souvent elles sont longitudinales , et moins fréquemment leur direction est transversale. Ses parois sont pourvues d'une manière indubitable chez les grands animaux, de fibres musculaires longitudinales et transversales. Dans les didelphes , il parait confondu avec la vulve , car les deux canaux qui forment l'anse de la matrice semblent plutôt appartenir à ce dernier viscère, puisqu'ils se ferment après sa conception, et restent ainsi clos pendant tout le temps de la gestation. La même disposition se rencontre chez les tardigrades et les édentés; le vagin est confondu avec la vulve, en sorte que l'orifice de l'utérus se voit précisément à la hauteur du canal de l'urètre.

Dans le commencement de la vie intrà-utérine le vagin est plus étroit proportionnellement que durant les périodes subséquentes; c'est vers le septième mois et jusqu'au huitième qu'il offre sans contredit là largeur proportionnelle la plus considérable. Sa longueur est aussi, proportion gardée, plus considérable dans le fœtus qu'aux époques suivantes de la vie'; il a constamment au-delà de deux pouces de long chez le fœtus de huit mois et l'enfant à terme, tandis que chez la femme adulte sa longueur ne dépasse presque jamais quatre pouces. Cette disposition résulté en partie de la situation plus élevée de l'utérus qui se trouve au-dessus du détroit supérieur du bassin. C'est vers le cinquième mois qu'on commence à remarquer une saillie longitudinale sur chacune des faces antérieure et postérieure de sa cavité, où apparaissent bientôt desplis assez épais et transversaux : ces plis se réunissent à d'autres obliques, et donnent a toute la surface du vagin un aspect réticulé, trèsprononcé surtout de sept à huit mois. Ces plis diminuent peu a peu, et sont bien moins marqués au neuvième mois; après la

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naissance ils s'effacent de pins en plus, en sorte qu'à la puberté le vagin est bien plus lisse , et n'offre guère *de rides qu'à son extrémité inférieure , et déplus nombreuses sur sa face antérieure que sur la postérieure : avant la puberté, sa membrane muqueuse est peu colorée, etne paraît recevoir que peu de sang. Chez les femmes avancées en âge, et chez celles qui ont eu plusieurs enfans , ce canal est assez souvent plus large et plus court que chez les femmes adultes : il n'offre plus que des rides à peine saillantes. Sur d'autres sujets il paraît plutôt rétréci que dilaté; presque toujours sa membrane interne reprend une teinte pâle comme avant la puberté. La distension extrême que le vagin éprouve lors de l'accouchement rend momentanément les rides moins sensibles , plus irrégulières , et sa cavité reprend ensuite son aspect normal avec ses premières dimensions.

Le vagin est quelquefois imperforé ou même n'existe pas : dans certains cas il est partagé plus ou moins complètement par une cloison médiane et longitudinale , dirigée verticalement et d'arrière en avant : l'utérus est habituellement alors bilobé. Le vagin est parfois extrêmement étroit el très-court, et ces deux anomalies peuvent exister simultanément ou isolément. Enfin, le prolapsus de l'utérus produit à la longue le renversement plus ou moins complet de ce conduit qui entraîne avec lui une partie de la vessie : on sait que les déchirures du vagin peuvent donner lieu à des fistules vésico-vaginale's ou recto-vaginales.

VAGINAL, ALE, adj., vaginales, de vagina , qui est relatif au vagin.

vaginale (l'apophyse) ou engainante, est une crête osseuse qui embrasse en partie la base de l'apophyse styloïde du temporal.

vaginales ( les artères) sont les branches des artères hypogastriques ou iliaques internes , qui se répandent dans l'épaisseur des parois du vagin.

vaginale (la tunique) ou élytroïde n'est autre chose que l'enveloppe séreuse du testicule. V oyez ce mot.

VAGISSEMENT, s. m., vagitus. Ce nom est donné au cri spécial de l'enfant nouveau-né {voyez cri). On a aussi désigné sous le nom de vagissement utérin le cri que le foetus peut produire lorsqu'il est encore contenu dans le sein de sa mère. La possibilité de ce phénomène et les conditions de son existence ont été examinées à l'article infanticioe; les questions

VAI lG7 qui y sont traitées conduisant à discuter l'a réalité du vagissement utérin. Voyez infanticide, t. xn, p. f5i.

VAGUE , adj. , vagus. On a donné ce nom au nerf pneumogastrique (voyez ce mot). On désigne aussi le nerf spinal sous le nom d'accessoire de la paire vague. Voyez spinal.

VAISSEAU, s. m., vas. On désigne sous le nom commun de vaisseaux des canaux "rameux, flexibles, formés de plusieurs membranes, et dans lesquels les humeurs nutritives parcourent sans cesse toute l'étendue du corps, fournissant continuellement dans les divers organes des matériaux de composition , et y reprenant incessamment ceux de la décomposition; leur ensemble porte le nom de système vasculaire. On n'en trouve pas dans les animaux dont l'organisation est très- simple; la masse entière de leur corps est également perméable dans tous les points, et l'absorption des molécules nutritives n'est qu'une simple imbibilion. Il faut remonter à un degré plus élevé dans l'échelle pour observer des vaisseaux qui se répandent en tous sens dans la masse du corps, apportant et reprenant partout la matière de la nutrition. On a exposé ailleurs le mécanisme de ce mouvement circulatoire. Voyez circulation.

L'organisation et les fonctions des vaisseaux ne sont pas. les mêmes dans tous : aussi ce genre d'organes comprend -il trois espèces dont deux, les artères et les veines, contiennent du sang, tandis que la troisième espèce, les vaisseaux lymphatiques , rapporte dans les veines le chyle et la lymphe. Le nombre des vaisseaux en général et leur diamètre, conséquemment leur somme totale, sont, relativement à la masse du corps, d'autant plus considérables que l'individu est plus rapproché du moment de sa formation. Tous les. vaisseaux, mais Les vaisseaux sanguins surtout, et spécialement les artères, augmentent beaucoup de densité dans la vieillesse. Considérés dans leur ensemble, ils offrent peu de différences relatives aux sexes; néanmoins l'épaisseur et la résistance de leurs parois sont plus considérables dans le sexe masculin. On n'observe pas de différences appréciables suivant les races. Les vaisseaux présentent, au contraire, très-souvent des variétés individuelles multipliées, soit sous le rapport de leur origine, de lèùr volume, de leur nombre et de leur situation normale. Enfin, leurs terminaisons déliées constituent les vaisseaux capillaires. Nous ne donnerons point ici une description générale des

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vaiseaux, car ce ne serait que reproduire en grande partie ce qui a été exposé avec détail dans d'autres articles auxquels nous renvoyons le lecteur. Voyez anastomose, artères, capillaires, LYMPHATIQUES., VEINES. (MARJOLIN.)

VALÉRIANE, s. . f. , valeriana. C'est un genre de plantes autrefois placé dans la famille des dipsacées, mais qui est devenu le type d'une famille distincte sous le nom de valérianées. Plusieurs espèces de ce genre sont ou ont été employées en médecine; nous allons les faire connaître.

10 La valériane officinale, valeriana officinalis, L. Rich. , Bot. méd.y t. i, p. 4<>8, est une grande et belle plante vivace , qui croît communément dans les bois humides. Sa racine se compose d'un faisceau de fibres cylindriques, épaisses et blanchâtres , recouvertes de petites fébrilles grêles et déliées. A son état récent elle est presque inodore, mais acquiert en se desséchant une odeur très-pénétrante, désagréable, et d'une nature particulière. Sa tige, simple inférieurement , est cylindrique striée, haute de trois à quatre pieds. Ses feuilles sont opposées; les inférieures ou radicales sont longuement petiolées, pinnatifides et presque pinnées à divisions lancéolées, aiguës, et presque entières. Les fleurs, d'un blanc rose , forment une espèce de cyme terminale , et s'épanouissent pendant les mois de mai et de juin.

C'est la racine sèche dont ont fait usage. Il faut en général préférer celle qui a été récoltée dans des lieux moins humides , un peu montueux et secs, et celle des pieds qui ne sont pas par trop vieux. M. Tromsdorff, à qui l'on doit l'analyse de cette racine desséchée, a trouvé qu'une livre de cette racine se composait de deux gros de fécule , de deux onces d'un principe particulier soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcohol, précipité parles dissolutions métalliques, mais pas parla gélatine; d'une once et demie d'un extrait gommeux, d'une once de résine noire, d'un tiers de gros d'huile volatile, et enfin de onze onces deux scrupules dé ligneux.- D'après le même chimiste, il parait que l'odeur camphrée et la saveur aromatique proviennent dè Vhuilc volatile, l'odeur fétide et la saveur âcre et désagréable, de la résine, et la saveur sucrée de l'extrait gommeux.

La racine de valériane est un médicament énergique et assez fréquemment employé: C'est un stimulant, très - prononcé qui agit dabord localement sur l'organe avec lequel on le met en contact, et ne tarde pas à réagir sur le reste de l'organisme,

VAL *69 quand il est donné à dose convenable. Ainsi, l'usage de la valériane accélère la circulation du sang, augmente la chaleur animale, et tantôt augmente soit la perspiration cutanée, soit la sécrélion urinaire , soit enfin l'éruption menstruelle. Elle exerce aussi une action marquée sur le système nerveux, surtout quand elle est donnée à haute dose, continuée pendant quelque temps. De là l'agitation , l'insomnie , les douleurs vagues et l'oppression qu'elle détermine dans certains cas; tandis que dans d'autres, au contraire, elle semble exercer une action sédative sur le système nerveux dont elle calme les mouvemcns désordonnés. Aussi, la valériane est-elle souvent employée comme antispasmodique. Cette racine a été administrée contre une foule de maladies : ainsi , on a vanté ses. effets contre la plupart des névroses, comme l'hystérie, la chorée, la paralysie, -certaines convulsions, et même contre Pépilepsie. On conçoit que dans tous les cas où ces diverses maladies dépendent ri 'un trouble dans les fonctions du système nerveux , ce médicament peut amener des modifications heureuses. Mais aussi dans les Cas non moins nombreux où ces affections sont dues à des altérations organiques, il ne peut être d'aucune utilité. Aussi voyons-nous souvent la valériane n'amener aucun changement réel dans des maladies où plusieurs auteurs en avaient vanté les effets. Une des maladies contre lesquelles la valériane a été administrée le plus fréquemment et le plus heureusement, ce sont les fièvres intermittentes. M. le docteur Vaidy a publié seize observations de fièvres intermittentes de tous les types qui toutes ont élé guéries par l'emploi de la valériane. On peut aussi unir parties égales de poudre de gentiane et de poudre de valériane. Ce mélange forme un médicament indigène trèsefficace contre les fièvres intermittentes; on l'administre à la dose de trois à six gros, ,que I on partage en plusieurs prises comme pour le quinquina. La valériane a encore été donnée comme antbelminthique , soit à l'intérieur, soit prise en lavemens; elle ne manque pas d'une cértaine énergie.

Cette racine s'administre i° en décoction; on fait bouillir environ une demie-once de racine dans deux livres d'eau et à vaisseau clos; cette boisson a une saveur extrêmement désagréable, et peu de malades ont le courage de la supporter. La poudre est la préparation dont on fait le plus fréquent usage , en général; on eu forme des bols en y incorporant du sirop on

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du miel; la dose varie d'un scrupule à un gros, et même au-delà, suivant l'intensité des effets qu'on veut produire. On prépare aussi une teinture alcoholique de valériane, dont la dose est d un gros et plus dans deux onces de vin ou tout autre liquide. Quant à l'hude volatile et à l'extrait aqueux , on ne les emploie plus; le second est un médicament presque inerte.

Indépendamment de cette espèce, qui est celle que l'on emploie le plus fréquemment, les racines de plusieurs autres espèces du même genre jouissent de propriétés analogues , et sont assez souvent employées dans les mêmes circonstances ; telles sont surtout la grande valériane, valeriana phu , L. qui se distingue de la précédente par ses feuilles radicales très-alongées et entières, et par ses fleurs tout-à-fait blanches et plus grandes. On a cru pendant long-temps que cette espèce était le çou de Dioscoride, mais les recherches de Sibthorpe ont prouvé que la plante des anciens devait être rapportée à une espèce nouvelle qu'il a nommée valeriana Dioscoridis , et qu'il a recueillie dans les lieux mêmes où Dioscoride indiquait sa plante; telle est encore la valériane dioïque, valeriana dioïca , L. si commune dans les marécages aux environs de Paris. La racine de-ces deux espèces, par son odeur forte, rappelle absolument celle de la valériane officinale ; comme cette dernière , elle est excessivement recherchée par les chats , qui se roulent dessus avec une sorte de fureur, de sorte qu'il est fort difficile de conserver les valérianes dans les jardins, à moins de les garantir au moyen de petites cages de fer.

Une autre espèce de ce genre, qui était beaucoup plus employée autrefois que de nos jours, est la valeriana celtica, trèspetite espèce qui croît dans les montagnes élevées de la France. Sa racine a une odeur et une saveur moins fortes que celles des précédentes, et par conséquent aon action .est plus faible; elle formait le nard celtique des anciens, dont les peuples de l'Orient faisaient un très-fréquent usage. Enfin, l'espèce décrite par Roxburgh, dans sa Florè de l'Inde, sous le nom de valeriana jatamansi , parait faire partie du médicament connu sous le nom de nard indien. (a. richard. )

VALÉRI1NÉES, s. f. pl. Le genre valériane avait été placé par M. dé Jussieu dans la famille des dipsacées; mais plus tard ce savant reconnut, la nécessité de l'en retirer pour en former le type dupe famille distincte qui offre les caractères

VAL *7* suivans : ■ ce sont des plantes herbacées, portant des feuilles opposées ; des fleurs nues et disposées ordinairement en corymbes ou en panicules rameuses. Leur calice, adhèrent avec l'ovaire infère, a son limbe simplement denté ou roulé en dedans, et formant un bourrelet circulaire. La corolle est monopétale, rubuleuse, quelquefois bossue ou éperonnée à sa base; son limbe est à cinq lobes plus ou moins inégaux; le nombre des étamines varie d'une à cinq, l'ovaire infère est uniloculaire, surmonté d'un style simple que termine un stigmate souvent triparti. Le fruit est un akène couronné par les dents du calice, ou par une aigrette plumeuse, formée par le limbe du calice qui s'est déroulé : cette famille se distingue des dipsacées par leurs fleurs nues , non réunies en capitules munis d'un involucre , et par leur ambryon dépourvu d'endosperme.

Les deux genres principaux qui composent cette famille, savoir : la valériane et la mâche jouissent de propriétés fort différentes. Ainsi, lés racines vivaces des valérianes ont une odeur très-forte et très-désagréable, une saveur âcre et amère ; les mâches, au contraire, qui sont toutes des plantes annuelles, sont fades et sans propriétés actives. En général, cette famille est peu remarquable par ses propriétés médicales, (a. richard.)

VALET-A PATIN, s. m., volsella Patini. Nom d'un instrument dont l'invention est attribuée à Patin , et dont le nom provient de ce qu'il sert de lui-même; c'est une espèce de pince composée de deux branches réunies au milieu par une charnière, et que l'on peut rapprocher au moyen d'une vis ou d'un anneau coulant; elle sert à saisir et tenir comprimés les vaisseaux ouverts dont on veut faire la ligature.

VALÉTUDINAIRE, adj., valetudinarius , de valetudo, santé; qui est d'une santé faible, ou sujet à de fréquentes maladies. Ce terme s'applique encore aux individus qui sont dans la convalescence. V oyez ce mot.

VALVULE, s. f., valvula. Nom donné à diverses membranes et replis membraneux , situés dans les vaisseaux et dans certains organes creux , ayant pour usage , soit de diriger ou de reta rder le cours des liquides, soit de s'opposer au mouvement rétrograde qu'ils pourraient éprouver; telles sont les valvules mi- Irales , tricuspides , triglochynes , pylorique , iléo caecale , la valvule d'Euslachi, les valvules des veines et des lymphatiques. V oyez ces mots.

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Quelques parties ont reçu le nom de valvule plutôt à cause de l'analogie de leur forme avec celle des valvules que nous venons d énumérer que par leur analogie de fonctions; telles sont les valvules conniventes de l'intestin, la -valvule de Vieussens qui forme une partie de la voûte du quatrième ventricule de l'encéphale. ( marjolin. )

VANILLE , s. f. On donne ce nom au fruit d'une plante de la famille des orchidées et de la gynandrie, monandrie,. nommée epidendrume vanilla par Linné, et vanilla aromatica par Swartz et les auteurs modernes. C'est un arbuste sarmenteux , qui peut, au moyen de ses rameaux flexibles-, s'élever trèshaut en s'enroulant autour des arbres voisins; ses feuilles sont alternes, persistantes, épaisses, charnues, un peu coriaces, et légèrement ondulées sur leurs bords. Ses fleurs sont trèsgrandes, purpurines et odorantes, formant des espèces de bouquets composés de cinq à six fleurs. Le fruit est presque cylindrique, brunâtre, long de cinq à huit pouces ; il est à une seule loge indéhiscente et remplie d'une pulpe épaisse d'une odeur extrêmement suave. La vanille croît naturellement dans les diverses provinces de l' Amérique méridionale; on la cultive aux Antilles, au Brésil, et même dans certaines parties de l'ancien continent.

L'arome de la vanille est un des plus suaves et des plus agréables que l'on connaisse; c'est avec cette substance que l'on aromatise le chocolat. On dit que non-seulement elle en rend l'odeur et la saveur plus agréables, mais que par sa qualité excitante, elle en favorise la digestion. La vanille, en effet, exerce une action assez marquée sur l'économie animale. Autrefois on vantait ses propriétés aphrodisiaques, antispasmodiques , etc. Mais généralement aujourd'hui les médecins n'en font plus usage, et la vanille n'est employée que comme aromate, (a- richard.)

VAPEUR, s. f., vapor. Nom par lequel on désigne un fluide élastique ou un gaz non permanent, susceptible par conséquent de passer à l'état liquide lorsqu'on le comprime ou qu'on le refroidit. Un grand nombre de vapeurs sont nuisibles à l'homme, et il en a été traité à propos des corps qui les fournissent. D'autres vapeurs, simples ou composées , ont été appliquée- a l'économie dans un but hygiénique ou thérapeutique; il en est mention aux articles bains de vapeur, i umig ation.

VAR }1* VAPEURS, s. f. pl. \'toapotes. On donne vulgairement ce nom à certains symptômes de Yhystcrie et de l' hypocondrie . Cette dénomination dérive probablement de ce que dans ces maladies on éprouve souvent des sensations qui semblent devoir être attribuées ou plutôt comparées à des vapeurs qui s'élèveraient du ventre ou de quelqu'autre partie vers la tête ou le cou.

VAREC ou VARECH, s. m., fucus. On appelle ainsi un genre de plantes marines appartenant à la famille des algues, et qui se composent d'uu nombre très- considérable d'espèces. Ce sont des plantes d'une forme et d'une couleur très- variée, en général adhérentes par un pédicule ou empâtement sur les rochers au fond de la mer. Tantôt ce sont de larges membranes simples ou découpées en lanières plus •ou moins étroites, tantôt des filaraens fins et sétacés ou des branches rameuses et cylindriques , des espèces de cordes pleines ou creuses. Un grand nombre d'espèces présentent de distance en distance des vésicules ovoïdes ou globuleuses, remplies d'air, et qui servent à les soutenir à la surface des eaux. La longueur des fucus varie beaucoup; quelques-uns, tels que l'helminthocorton , n'ont à peine qu'un pouce de hauteur, tandis que d'autres ont jusqu'à cent pieds de longueur et au-delà. Leur consistance n'est pas la même dans toutes les espèces. Quelques-unes se déchirent avec une grande facilité, tandis que d'autres sont très -résistantes et servent même dans quelques contrées à faire des cordagee. Quant à leur couleur, elle est extrêmement variée, mais offrant généralement tous les tons de vert et de purpurin.

Les varecs contiennent en général une très-grande quantité de gélatine, quelques-uns même se résolvent en une gelée "plus ou moins abondante par une ébullition plus ou moins longtemps prolongée dans l'eau. Aussi, dans plusieurs contrées du Nord, un grand nombre de fucus sont ils employés comme alimens. Nous citerons entre autres les fucus eclulis , dulcis , sacc/iarinus, esculentus palmatus, et un grand nombre d'autres espèces. M. Vauquelin a constaté dans plusieurs fucus l'existence d'un principe doux et sucré, analogue à la mannite.

De même que toutes les autres plantes qui croissent dans la mer ou au voisinage de la mer, les fucus contiennent une trèsgrande quantité de soude et de potasse, que l'on en extrait après les avoir incinérés. On sait que c'est dans le,s eaux mères

de la soude ainsi obtenue que M. Courtois a découvert le principe nouveau auquel M. Gay-Lussac a donné le nom d'iode, et dont plusieurs préparations sont usitées en médecine.

Les varecs sont peu remarquables par leurs propriétés médicales; ce n'est pas cependant que quelques auteurs ne leur en aient attribué de très - puissantes dans le traitement de" plusieurs maladies. Ainsi, on les a employés contre les affections scrofuleuses , soit en les administrant intérieurement, soit en les appliquant à l'extérieur. Les anciens ont parlé avec éloge de l'emploi des divers fucus contre la goutte; mais quoique ni 1 le remède, ni la maladie ne soient pas rares, je ne sache pas que les modernes aient tenté de nouveaux essais à cet égard. La propriété qui paraît la mieux constatée, et celle que l'on est le plus souvent à même de mettre à profit dans les varecs, est leur action vermifuge. Celte propriété qui existe spécialement dans le fucus helminlhocorton , se rencontre aussi dans plusieurs autres; car le médicament connu sous le nom de mousse de Corse est un mélange de plusieurs productions marines dans lesquelles prédomine le fucus helminthocorton.

On a proposé dans ces derniers temps d'employer le varec dans le traitement de la phthisie pulmonaire dans un but assez singulier. M. Laénnec recommandait des fumigations faites dans la chambre des malades à l'aide de la combustion de cette substance. Il se proposait probablement d'imiter l'atmosphère maritime que l'on dit être favorable aux phthîsiques; nous n'avons pas besoin de faire remarquer toute la futilité de cette indication thérapeutique et de la manière .de la remplir.

(a. richard.)

VARICE, s. f. , varix. On donne ce nom à une dilatation permanente des veines, produite par l'accumulation du sang dans4eur cavité. Le plus souvent les causes des varices sont mécaniques, et agissent en mettant un obstacle au libre retour du sang vers les cavités droites du cœur. Une compression permanente, exercée sur le tronc d'une veine , produit la dilatation variqueuse des branches de ce tronc, principalement dans les cas où les anastomoses des veines sont peu nombreuses, et où la circulation ne se rétablit que difficilement par les collatérales : c'est ainsi .qu'on observe souvent des varices chez les femmes grosses , lorsque l'utérus distendu par le produit de la conception comprime les veines du bassin dans les-

VAR i?5 quelles viennent se décharger les troncs veineux'des membres in* férieurs. Rien n'est plus fréquent que de voir les femmes affectées de varices seulement pendant la gestation. Les tumeurs volumineuses qui se développent dans l'abdomen, produisent souvent le même effet. J'ai vu à l'iiôpital Saint-Louis, en 189.1, une femme qui portait dans le ventre une tumeur volumineuse, située au-devant de la colonne vertébrale, et qui exerçait une forte compression sur la veine cave inférieure : chez cette femme les veines superficielles des membres abdominaux, du ventre, des fesses et de la vulve, formaient des tumeurs violacées, dont plusieurs étaient plus grosses que le poing. La cons-tipation et l'accumulation des matières fécales dans le gros intestin ont été considérées par quelques auteurs comme causes de la dilatation variqueuse des veines, et en particulier de celles du cordon testiculaire. On voit communément des varices dans les veines sous-cutanées aux environs des tumeurs cancéreuses, des tumeurs blanches et d'autres affections dans lesquelles la dilatation morbide de certains organes comprime les veines environnantes. On sait que les jarretières trop serrées , et les autres liens dont on entoure les membres peuvent , en relardant la circulation veineuse , déterminer la formation de varices.

Lorsqu'un tronc veineux se trouve oblitéré, dans quelques cas la partie de ce tronc et les branches qui sont au-dessous de l'oblitération se resserrent , leur cavité finit par disparaître, et ces vaisseaux se changent en cordons fibreux. Dans d'autres cas, au contraire, ces veines, dans lesquelles le sang éprouve un obstacle mécanique à son retour vers le cœur, se dilatent et deviennent variqueuses. J'ai vu à l'hôpital Saint-Louis un homme âgé d'euviron 40 ans, qui portait une tumeur variqueuse du volume d'une grosse noisette sur la veine dorsale du pouce. Chez ce malade, les veines de la région radiale de l'avant-bras avaient été coupées par un coup de sabre, et se trouvaient oblitérées au niveau de la cicatrice de la plaie. On doit considérer comme cause prédisposante des varices l'affaiblissement des parois des veines parles progrès de l'âge, et par la pression qu'elles éprouvent de la part de la colonne de sang qui circule dans leur intérieur. Aussi cette maladie est-elle bien plus fréquente pendant la vieillesse qu'à toute autre époque de la vie. Malgré la multiplicité des valvules dans les veines des membres inférieurs pour soutenir

la colonne de sang qui circule dans !eur cavité contre sa propre pesanteur, ce sont ces veines qui sont le plus souvent affectées de varices. Il est fort commun de voir les veines saphènes interne et externe , et leurs divisions former des tumeurs variqueuses chez les gens qui se tiennent habituellement debout, et principalement lorsque des causes débilitantes viennent se joindre à cette action de la pesanteur du sang, comme on l'observe chez les imprimeurs, les blanchisseuses, les ouvriers qui travaillent sur les ports, et les vieux militaires. On sait que chez les Romains les augures étaient souvent affectés de varices. On prétend que de nos jours cette affection est également très-commune chez les courtisans.

Toutes les veines du corps sont susceptibles de devenir variqueuses : néanmoins cette affection est bien plus fréquente dans les veines superficielles qui peuvent se dilater librement, que dans les veines profondes dont les parois sont soutenues par la pression qu'elles éprouvent de la part des aponévroses d'enveloppe des membres.

Les varices des membres inférieurs remontent quelquefois jusqu'à l'abdomen. Les gros troncs veineux deviennent par fois variqueux , et quand la maladie a son siège près du cœur, elle est accompagnée de pulsations qui peuvent la faire prendre pour un anévrysme. Morgagni a observé que les veines jugulaires, chez quelques sujets, sont dilatées et offrent même des pulsations : il rapporte un cas où la veine azygos était tellement dilatée, qu'on aurait pu la comparer au tronc même de la veine cave. Le malade mourut subitement de la rupture de cette veine dans le côté droit de la poitrine. M. Portai cite une observation où la veine sous-clavière était également très-dilatée, et se rompit aussi dans le thorax. M. Cline racontait dans ses cours l'histoire d'une femme qui avait au cou une large tumeur pulsative , qui finit par s'ouvrir et causer une hémorrhagie mortelle. La veine jugulaire interne formait un sac qui offrait à sa partie postérieure un sillon pour loger l'artère carotide.

Les veines de la tête, du cou et des membres supérieurs deviennent très - rarement variqueuses, le sang coulant plus facilement dans leur intérieur pour revenir à l'organe central de la circulation. J. L. Petit rapporte l'observation d'un malade qui portait au pli du bras une varice volumineuse ; l'embonpoint de ce sujet était tel que, ne pouvant trouver aucune

VAR 177 autre veine pour le saigner, Petit se détermina à piquer cette varice, et répéta un grand nombre de fois l'opération de la même manière. Après les veines saphènes, les vaisseaux sur lesquels on voit le plus souvent des varices , sont les veines spermatiques et les veines hémorrhoïdales ( voyez les mots varicocele et hémoruhoïdes ). On a vu les vaisseaux capillaires veineux être aussi le siège de varices, comme cela s'observe pour les. vaisseaux de la conjonctive chez beaucoup de vieillards, et pour les veines superficielles du nez chez certains ivrognes. Les varices se développent quelquefois sans qu'on puisse trouver bien positivement de causes mécaniques qui s'opposent au retour du sang, et dans ce cas, elles paraissent liées à la constitution particulière des individus ou à une affection des parois des veines elles-mêmes.

Le plus ordinairement les varices se développent d'une manière lente et insensible. Une ou plusieurs veines du membre se dilatent d'abord un peu, sans causer ni douleur ni gêne. Cet état ne change qu'avec beaucoup de lenteur, excepté dans les cas où cette maladie est produite par la grossesse : alors, en effet , on voit dans un court espace de temps les extrémités inférieures se couvrir de veines dilatées, ou bien de tumeurs formées par l'assemblage de ces varices. Les veines, en se dilatant insensiblement, s'alongent aussi, et leur marche sinueuse devient de plus en plus prononcée : alors le malade commence à ressentir de la pesanteur, de l'engourdissement, et quelquefois des douleurs vives dans la totalité du membre affecté. A mesure que les varices grossissent, et surtout lorsque les veines dilatées se réunissent en tumeurs, le membre se gonfle et devient œdémateux plus ou moins, suivant l'étendue de la maladie [et le temps depuis lequel elle dure.

L'œdème qui accompagne fréquemment la dilatation varitqueuse des veines, paraît provenir autan} de la compression mécanique qu'éprouvent les vaisseaux absorbaiis que de l'injflammation chronique qui est entretenue dans les parties voisines par la maladie elle-même. Peut-être aussi le ralentissement le l'absorption veineuse entre-t-il pour beaucoup dans ce{ effet. Lorsque les varices existent depuis long-temps et qu'elles I sont volumineuses, on trouve ordinairement les parois des veines épaissies, dures, comme fibro-cartilagincuses et formant jun tube solide. On observe aussi dans certains cas, comme l'a xxi. ia

fait remarquer Hogdson, que le sang dépose des couches de fibrine qui adhèrent aux parois des veines variqueuses. J'ai irouvé aussi quelquefois dans les veines fémorales et iliaques de semblables amas de fibrine qui semblaient organisés, et représentaient dans l'intérieur de ces vaisseaux une sorte de tissu spongieux ou caverneux à travers les mailles duquel le s;mg était obligé de passer avant d'arriver à la veine cave inférieure. Lorsqu'il existe de semblables altérations pathologiques, les veines ne peuvent se vider complètement par la pression, et paraissent très- dures au toucher. Le dépôt de coagulum dans une veine variqueuse y retarde la progression du sang, et augmente la dilatation -de la portion inférieure du vaisseau et des branches qui viennent s'y rendre. Quelquefois le coagulum finit par oblitérer entièrement le vaisseau dilaté qui se change en un cordon fibro- cartilagineux, et il en résulte une guérison spontanée.

La distension excessive des membranes des veines superficielles produit une irritation inflammatoire qui se communique au tissu cellulaire environnant, et plus tard à la peau qui les recouvre. Ces parties se gonflent et se durcissent; elles se réunissent les unes. aux autres par une inflammation, adhésive. Si la distension va toujours en croissant, à l'inflammation succède l'ulcération ; les veines variqueuses se rom'pent, et il en résulte une hémôrrhagie plus ou moins abondante; quelquefois la perte de sang est considérable, mais on ne possède que peu d'exemples où elle ait été funeste ; la syncope qui lui succède et la compression la plus légère suffisent pour l'arrêter. M. Hogdson pense que quelquefois les valvules des veines se rompent à la suite d'un exercice musculaire trop fort ou d'une violence externe, et que dans ces circonstances la pression de la colonne de sang est la cause première de leur dilatation variqueuse.

Lorsque les varices s'enflamment , M. Delpech pense que le caillot déposé dans les veines malades agit comme*un corps étranger qui détermine une ulcération par suite de laquelle il est mis à nu, et que- dans ce cas il y a rarement hémôrrhagie, parce qu'en général le vaisseau est oblitéré par l'inflammation quia précédé: L'ulcère qui résulte de celte ouverture spontanée des varices , est ordinairement difficile à guérir, et peut être entretenu long- temps par legonflement œdémateux du membre. Voyez ulckhf. variqueux.

On peut dire avec raison qu'il n'existe pas de méthode certaine de guéij* les varices proprement dites, parce que la nature et les causes de cette maladie sont souvent entièrement inconnues. Cependant l'expérience prouve qu'une compression méthodique et permanente peut retarder les progrès de la dilatation variqueuse des veines et du gonflement œdémateux. Lorsqu'on exerce sur un membre affecté de varices une compression douce, égale et régulière au moyen d'un bandage méthodiquement appliqué, les veines dilatées s'effacent, la circulation se rétablit, et l'œdème ainsi que la douleur disparaissent. Il n'est pas de meilleur moyen, comme l'observe M. Delpech, de guérir les solutions de continuité des extrémités inférieures , produites ou entretenues par l'état variqueux du membre; et quelquefois, aussitôt que la compression cesse d'avoir lieu, les varices reparaissent, la douleur revient, l'œdème et l'inflammation se reproduisent, et l'ulcère, qui était guéri, s'ouvre de nouveau.

L'inflammation des tégumens qui recouvrent les tumeurs variqueuses ne peut pas toujours être prévenue par la compression; ce traitement ne réussît pas constamment à faire disparaître la vive douleur qui accompagne quelquefois les agglomérations de veines variqueuses. Dans ces cas, on doit employer le repos, les topiques relâchans et des sédatifs.

On a proposé de piquer les varices; mais si cette déplétion momentanée et ce relâchement des vaisseaux enlèvent la douleur pour quelque temps, au bout de peu de jours les choses reviennent à leur premier état. Si cependant on Voulait employer ce procédé , on devrait pratiquer une ouverture assez grande à la veine , et faire l'extraction du coagulum qui remplit sa cavité. On ne devrait point appliquer de ligature au-dessus et au-dessous de la piqûre; la plus légère compression suffirait pour arrêter l'hémorrhagie , et le vaisseau s'oblitérerait par l'inflammation consécutive.

Les anciens avaient l'habitude d'enlever les varices par l'excision , ou de les détruire par le fer incandescent. Plutarque rapporte que Caïus Marius, vainqueur des Cimbres, se fit extirper des varices aux jambes, et que vaincu par la force de la. douleur, il ne put laisser achever l'opération. Quand la varice avait un grand nombre de circonvolutions, Jes anciens préféraient l'extirpation; mais quand son trajet était droit, ils la découvraient en incisant la peau, et la cautérisaient ensuite.

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J. L. Petit, MM. Boyer et Richerand, et plusieurs autres chirurgiens, ont plusieurs fois extirpé les varices avec succès.

L'extirpation des varices n'a pas toujours pour résultat de prévenir la formation de nouvelles varices, et quelquefois son exécution est fort difficile et très - douloureuse. En effet, on ne peut apprécier que d'une manière incertaine l'étendue des tumeurs variqueuses , lorsqu'on ne les juge que d'après l'apparence qu'elles ont sous la peau. Les varice? ne sont pas toujours bornées aux veines superficielles, et lorsqu'elles s'étendent aux veines profondes, l'opération' est pour le moins inutile. On ne devrait entreprendre cette opération, comme l'observe M. Delpech , que lorsque la maladie est accompagnée de symp tomes dangereux, ou^que le malade est privé de l'usage de ses jambes. On a .cru pouvoir étendre au traitement des varices la ligature employée pour le traitement de l'anévrysme, en portant une ligature sur le tronc veineux principal, au point où l'affection variqueuse commence; on a cru pouvoir arrêter le cours du sang dans le vaisseau malade , et en conséquence déterminer sa coagulation, et plus tard l'oblitération des veines variqueuses. La ligature des veines variqueuses a été employée par Ambroise Paré et Dionis; ces auteurs appliquaient une double ligature sur la veine malade qu'ils divisaient ensuite entre cette double ligature. Everad Home rapporte plusieurs observations de veines variqueuses de la jambe, dont plusieurs mêmes étaient accompagnées d'ulcères rebelles. Dans ces cas, la ligature de la grande veine sapbène, à la partie interne du genou, non-seulement diminua la dilatation des veines de la jambe, mais encore guérit très-promptement les ulcères. Ce procédé a réussi plusieurs fois à'Bécfard, mais dans d'autres cas il n'a point eu de succès, ou même a déterminé des accidens fort graves.

Après la ligature du tronc auquel viennent se rendre les veines variqueuses , on a vu l'inflammation de la veine liée s'étendre très -loin dans ce vaisseau, se propager jusqu'à la veine cave inférieure , se compliquer d'accidens généraux , analogues à ceux de la fièvre typhoïde, et la mort survenir. J'ai été témoin de deux cas dans lesquels de semblables résultats ont suivi la ligature de la veine sapbène. Chez d'autres malades on a vu des abcès se former au-dessus et au-dessous de la veine liée , et le malade échapper à la mort après avoir éprouvé des accidens généraux plus ou moins graves. Aussi a-t-on ob-

VAR l8i jecté à la pratique de la ligature des veines variqueuses Inflammation de la membrane interne des veines , et ses suites trop souvent funestes. M. Brodie pense que pour éviter les accidens qui suivent la ligature, il conviendrait de pratiquer l'opération sur les brauches des veines variqueuses , et non sur leur tronc commun. Dans quelques cas de varices, le même chirurgien appliqua la potasse caustique de manière à perforer la peau et la veine située au dessous; mais il ne trouva dans l'avantage que les malades retirèrent de la guérison de leurs varices, qu'une compensation imparfaite pour la douleur que le caustique leur occasionna, et l'inconvénient de la guérison lente de l'ulcère qui leur resta après la séparation de l'escarre.

Dans d'autres cas , M*. Brodie fit une incision avec un bistouri à travers la varice> et la peau qui la recouvrait ; il détruisit la varice aussi complètement que par le caustique, et trouva ce moyen préférable : l'opération, en effet, fut moins douloureuse, et comme il n'y avait pas de perle de substance, la plaie se cicatrisa dans un espace de temps beaucoup plus court. M. Brodie a exécuté plusieurs fois cette opération avec avantage. Mais tout récemment il vient de trouver une manière qui la simplifie beaucoup , et la rend bien moins grave, bien que la guérison soit aussi certaine que prompte. Il est évident, comme l'observe M. Brodie , qu'une incision étendue de la peau qui recouvre la varice ne peut être avantageuse, qu'au contraire elle doit avoir l'inconvénient d'exiger un certain temps pour se cicatriser. Le pjerfectionneinent qu'il propose pour l'opération consiste à diviser complètement les vaisseaux variqueux', en conservant intacte la peau qui les recouvre, à l'exception d'une simple piqûre que nécessite l'introduction de l'instrument avec lequel on fait Ja section de la veine malade. La plaie intérieure se trouve dans les meilleures conditions possibles pour guérir, et on dispense le malade de l'ennui de la cicatrisation d'une plaie de la peau. M. Brodie se sert ordinairement, pour cette opération, d'un bistouri étroit, pointu, et légèrement recourbé sur le tranchant. Après s'être assuré exactement de la position de ' la veine ou du rameau veineux qui paraît être le siège de la douleur, il introduit la pointe du bistouri à travers la peau sur l'un des côtés du vaisseau variqueux, et la dirige à plat entre la peau et ce vaisseau, jusqu'à ce qu'elle ait atteint le côté opposé; il tourne alors le bord tranchant de l'instrument en arrière; et

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en retirant le bistouri, il effectue la sectiou. Le malade éprouve une douleur qui est quelquefois assez vive, mais qui disparaît en peu de temps ; il se fait une hémorrbagie qui pourrait devenir abondante, mais que l'on arrête facilement par une compression modérée , exécutée- au moyen d'une compresse et d'un bandage convenablement appliqué. M. Brodie conseille, après l'opération, de laisser le malade au lit pendant quatre ou cinq jours dans un repos parfait, et de n'ôter le bandage, au bout de ce temps, qu'avec beaucoup de précautions. Il recommande également de ne pas pratiquer une incision trop profonde. L'inflammation de la membrane interne des veines n'a eu lieu dans aucun des cas où ce cbirurgien a pratiqué l'opération ; cependant il dit qu'il ne faut pas l'employer toujours et indistinctement, mais qu'on doit faire attention aux circonstances individuelles. Les cas où il a employé son procédé ne sont pas céux où les veines de la jambe étaient variqueuses, et où les malades ne souffraient que peu ou point ; mais ceux où il existait une douleur considérable dans un point particulier, où l'hémorrbagie était imminente par les vaisseaux dilatés, ou lorsque ces derniers avaient occasionné un ulcère douloureux et rebelle.

La section transversale des veines variqueuses a été quelquefois suivie de symptômes graves et même funestes. On lit plusieurs observations de ce genre dans l'ouvrage de Hodgson sur les maladies des artères et des veines. Il est juste cependant de dire que , dans ces cas , on n'avait point employé le procédé de M. Brodie, qui a reçu depuis une approbation .générale , et en faveur duquel M. Carmichaël rapporte plusieurs observations intéressantes.

Quelquefois une opération pratiquée pour une autre maladie que pour les veines variqueuses guérit celles-ci, lorsque le tronc auquel elles viennent se rendre a été divisé ou emporté. Un bomme fut opéré pour une tumeur cancéreuse qu'il portait en dedans du genou droit; la grande veine sapbène fut emportée avec la tumeur, et depuis cette époque les. nombreuses varices qui couvraient la- jambe du malade ont disparu complètement. Voyez les articles Varicocèle et Hémorrhoïdes.

■ I (j. CLOQUET.)

VARICELLE, s. f . , varicella; petite vérole volante, vérolettc, verrette, variolœ pusillœ, spuricc, volaticœ, lymplwticœ, crysiallinœ ,fatuœ , chickenpox , crystals-pox , xvuter-pox, etc.

VAR *83 On désigne sous ce nom une plilegma'sie cutanée aiguë contagieuse, caractérisée par des vésicules transparentes, qui se dessèchent ordinairement quatre à cinq jours après leur apparition, et laissent après elles de très-petites taches rouges.

On ne sait rien de positif sur l'origine de cet exanthème, qui très-prohablèment n'était pas connu des anciens médecins. Suivant quelques auteurs, il aurait paru en Europe dès le vie siècle , en même temps que la petite vérole; on s'accorde .plus généralement toutefois à regarder Phil. Ingrassias et Vidus Vidius comme les premiers qui l'aient désigné d'une manière précise, l'un en i553 (de (um. prœt. nat.) , et l'autre en i5y6 (ars médicinales). Rivière parait être le premier médecin français qui en ait fait mention.

La varicelle, long-temps confondue avec la variole par la plupart des auteurs qui en ont parlé, ou regardée par d'autres comme une simple variété de cette maladie, n'en fat guère distinguée que vers le milieu du xvme siècle, d'abord- par Hattc, Debeaux et Héberden, puis un peu .plus lard par MM. Desoteux et Valentin, par Willan et quelques médecins plus medernes. Mais cette distinction , adoptée depuis la découverte de la vaccine surtout , vient tout récemment d'être • contestée par le docteur Thomson. Suivant lui, la varicelle n'est qu'une modification de la petite vérole, les deux maladies sont le produit: d'une même cause, et les variétés de laxirs symptômes dépendent de quelque influence étrangère à l'agent contagieux qui leur donne naissance. Cette opinion, partagée maintenant par plusieurs praticiens distingués, est appuyée sur quelques faits que nous allons faire connaître. Remarquons toutefois auparavant que presque tous les auteurs qui ont écrit sur la varicelle regardent comme telle toute éruption varioliforme bénigne et de courte durée, et par conséquent toutes les variétés de variole modifiée. Il est facile de se convaincre de l'exactitude de cette assertion en parcourant la plupart des observations qui ont été publiées sous le titre de varicelle, de petite vérole volante, etc. Ceci une fois posé, il nous sera moins difficile de répondra aux objections suivantes avancées par les partisans de l'identité des deux maladies : i° L'inoculation du pus variolique a quelquefois donué lieu au développement de la varicelle, surtout, lorsqu'il était encore séreux. Ce qu'on a regardé comme une. petite vérole volante n'était» .véritablement qu'une variole inQ-

difiée des plus légères. 4° Dans toutes les varioles il y a des pustules semblables à celles de quelques-unes des variétés de la varicelle ; ces variétés ne nous paraissent être autre chose que des varioloïdes. 3° La première apparition de la varicelle date précisément de la même époque que celle de la variole. Rien n'est moins prouvé que cette assertion, car les ouvrages antérieurs au xvie siècle ne font pas du tout mention de la varicelle. 4° Il n'existe pas d'épidémie de varicelle, sans variole , ni d'épidémie de variole sans varicelle. Ceci n'est pas généralement vrai ; d'ailleurs ces deux affections ne peuvent-elles pas coïncider sans qu'il existe entre elles aucun rapport de cause à effet? 5° Lorsqu'on inocule du pus varioliqueà ungVand nombre d'individus inoculés , variolés ou vaccinés , plusieurs contractent ordinairement la varicelle. Cette opération ne produit le plus communément aucun résultat , comme l'ont prouvé les nombreuses expériences tentées par l'ancien comilé de vaccine; dans un petit nombre de cas, on observe seulement alors des pustules vers le lieu d'insertion du -virus; plus rarement on donne lieu par ce moyen au développement d'une varioloïde. Mais je ne connais aucun exemple de véritable varicelle survenue dans ce cas, malgré les faits invoqués par M. le docteur Thomson.

MM. Bryce, Abercrombie et beaucoup de praticiens dont nous partageons l'opinion, croient encore à l'existence de la varicelle , comme maladie essentiellement différente de la variole. En effet ,1a varicelle, quand elle se communique, donne toujours lieu à une éruption absolument semblable qui présente les mêmes caractères ; elle affecte indistinctement les individus vaccinés ou non vaccinés, ceux qui ont eu la variole, comme ceux qui n'en.ont pas été atteins. MM. Bryce et Abercrombie citen t neuf familles 'dans lesquelles s'est manifestée une varicelle, et qui chez tous les sujets a offert absolument la même marche. Or ici, comme le dit fort bien le rédacteur du Journal d' Édimbourg , si l'on suppose que la contagion soit celle de la varicelle-, tout s'explique naturellement ; mais combien d'anomalies, si l'on veut que ce soit celle de la petite vérole. La varicelle ne s'oppose pas au développement subséquent de la vaccine, et ne donne aucune garantie contre l'infection variolique. MM. Bryce et Abercrombie citent à cet égard les exemples les plus remarquables; elle peut exister sans la variole, et n'affecte pas plutôt les individus précédemment vac-

YAR i85 cinés ou varioles que ceux qui n'ont encore eu ni la vaccine, ni la variole ; très - rarement elle est conflucnte, et dans aucun cas elle ne compromet l'existence de ceux qui en sont affectés; il est très -difficile, pour ne pas dire impossible, d'inoculer la varicelle. Je sais . qu'on rapporte quelques exemples de réussite, mais ce qu'il y a de certain, c'est que plusieurs praticiens l'ont inutilement tenté, et MM. Bryce, Abercrombie et Alison disent avoir échoué six fois dans cette tentative, malgré les précautions les plus minutieuses. Dans tous les cas de varicelle, le fluide est tout - à - fait transparent ou semi - transparent, et se trouve renfermé immédiatement au-dessous de l'épiderme dans une cavité unique; on ne trouve pas de fausse membrane adhérente d'une part à la face interne de l'épiderme, et de l'autre, à la surface du derme, comme cela s'observe dans les pustules varioliques, qui sont d'ailleurs multiloculaires. La pellicule qui recouvre les vésicules de la varicelle se rompt très-aisément, se sèche et se transforme en une croûte qui laisse en tombant, une surface plane, et point de cicatrice, à moins qu'on ne l'ait arrachée;. Il est douteux que la varicelle provienne de la même contagion que la variole, et il paraît certain que jamais la varicelle ne donne naissance à la variole, et qu'elle conserve toujours ses caractères propres, soit qu'elle se présente avant , sqit qu'elle survienne après là variole ou la vaccine , comme j'en ai vu. des exemples. La varicelle est toujours vésiculaire dès son principe: souvent, dit M. Bryce, quand on commence à les apercevoir, les vésicules sont déjà' de la grosseur d'une moitié de pois ; la variété de variole qui offre le plus d'analogie avec la varicelle, celle que M. Abercrombie appelle horn-pox , ne devient ordinairement vésiculaire que dans l'espace de trois jours, et dans les cas plus rares où elle revêt ce caractère au bout de douze à quinze heures, les vésicules sont toujours moins saillantes, et une partie de l'éruption se sèche avant même d'acquérir l'apparence vésiculaire : cette dernière circonstance n'a jamais lieu dans la varicelle. Enfin, quand il existe des vésicules dans un» variole modifiée, elles reposent sur une base solide et un peu élevée; dans la varicelle, au contraire, l'inflammation qu'on observe à la base des vésicules offre à peine une tuméfaction apparente, elle est tout - à - fait bornée à la surface du derme , au lieu qu'elle pénètre dans son épaisseur 'dans la petite vérole. En un mot, la varicelle ressemble, suivant noiij, beaucoup

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moins à la variole qu'au peruphigus avec lequel certains auteurs l'ont même confondue. Il est évident toutefois qu'elle diffère de ce dernier, dont les larges bulles, ordinairement isolées, sont tout-à-fait caractéristiques.

Nosographie de la varicelle. — Cette affection débute ordinairement sans froid initial, ou bien avec un léger frisson suivi d'une chaleur peu marquée; quelquefois on observe un peu d'accélération dans le pouls, de céphalalgie et de malaise, prodrome qui dure de quelques heures à vingt-quatre ou quarante-huit au plus, et qui est parfois si léger que le malade s'en aperçoit à peine, et que les enfans n'interrompent même point leurs jeux. Dans beaucoup de cas, il n'y a point de mouvement fébrile avant l'éruption qui est alors le premier symptôme. Cette éruption se présente d'abord sous la forme de petites taches rouges, au centre desquelles se forment rapidement de petites vésicules contenant un liquide absolument incolore ou de couleur légèrement citrine. Suivant quelques auteurs, si l'on examine à la loupe les petites taches rouges dès qu'elles commencent à se manifester, on y. reconnaît déjà l'apparence vésicuïaire. Quoi qu'il en soit, le deuxième jour, les vésicules ont environ une ligne et demie à deux ligues de diamètre; leur base est quelquefois un peu enflammée. Le troisième jour, il n'existe d'autre changement qu'une coloration jaunâtre du liquide; le quatrième jour, les vésicules qui n'ont pas été accidentellement rompues ou déchirées commencent à s'affaisser, et se rident à leur circonférence; peu d'entre elles sont intactes le cinquième jour; mais les orifices de celles qui ont été ouvertes sont fermés ou adhèrent à la peau, de manière à renfermer dans leur circonférence une petite quantité de lymphe opaque; le sixième jour, de petites croûtes brunâtres occupent partout la place des vésicules; le septième et le huitième jour, les croûtes jaunissent et se dessèchent de la circonférence au centre; enfin, le neuvième ou le dixième jour, elles «tombent et laissent de petites taches qui subsistent pendant quelque temps, mais sans offrir de dépressions à la peau.

Baleman donne, d'après Willan, le nom de varicelle lenticulaire à l'éruption que nous venons de décrire. Les deux autres variétés qu'il désigne sous les noms de varicelle conoîdc et varicelle globuleuse nous paraissent se rapporter en partie du moins à quelques-unes dos nombreuses variétés de variole

VAR 187 modifiée (voyez variolk); nous nous abstiendrons d'en donner ici la description. L'éruption de la varicelle commence en général par la poitrine et par le dos, elle gagne ensuite la face et se porte enfin aux extrémités. Les vésicules peuvent se développer sur toutes les parties de la surface de la peau, mais elles se trouvent ordinairement en petit nombre sur chacune. Elle est- quelquefois accompagnée, chez1 les enfans surtout, d'une sensation de démangeaison ou de cuisson assez désagréable qui excite à se gratter; de .sorte que, comme le dit Bateman, les vésicules caractéristiques se trouvent souvent déchirées dès leur première période; et plusieurs d'entre elles s'entourent parfois alors d'un cercle -inflammatoire , et se transforment en de véritables pustules qui laissent des cicatrices à la peau. A moins que l'éruption varicelleuse soit confluente , ce qui est rare , ou qu'elle soit compliquée d'une autre maladie , elle n'est pas ordinairement accompagnée d'un mouvement fébrile très-intense ni d'aucun trouble notable dans les fonctions. Elle peut se développer avec presque toutes les pblegmasies cutanées, et chez les enfans on la voit quelquefois avec des affections gastro-intestinales plus ou moins graves. La variole , inoculée pendant l'éruption de la varicelle, suit sa marche sans influencer celle de la première. EHe n'empêche pas non plus le développement de la vaccine.

Etiologie. — La cause première de la varicelle est tout aussi obscure que celle de la variole, de la scarlatine et de la rougeole..Ce qu'on sait, c'est qu'elle est contagieuse à un degré beaucoup plus faible que la variole. Il n'est pas absolument prouvé qu'elle puisse se transmettre par inoculation, et tous les individus qui s'exposent à la contracter sont bien loin d'en être également atteints; elle règne quelquefois d'une manière épidémique; les enfans en sont presque exclusivement affectés.

La varicelle est, dit-on, plus fréquente dans les contrées méridionales; elle n'est pas très-commune à Paris, et nous avons assez rarement l'occasion de l'observera l'hôpital des Enfans; elle n'est d'ailleurs particulière à aucune saison.

Le traitement de cette maladie consiste dans le repos , une diète légère et l'usage d'une boisson douce; les complications, s'il en existait, devraient êlre combattues par des moyens appropries. Vers la dernière période , et lors de la chute des croûtes, on peut employer quelques bains tièdes avec avantage.

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La varicelle constitue en général une affection si légère qu'il serait à peine besoin de recourir à l'isolement , si elle venait à se manifester dans une famille composéede plusieurs enfans.

( CUERSENT. )

VARICOCÈLE, s. m. ou f. ,vttr/coce/e , àc-uarix > varice , et de Kifxiï, tumeur; tumeur variqueuse, [voyez cirsocèle). Les veines du scrotum sont très-petites, et par cela même très-rarement affectées de dilatation variqueuse : et quand cette dilatation existe indépendamment d'une maladie des testicules ou du cordon spermatique, elle est ordinairement trop légère pour exiger les secours de l'art. Il n'en est pas de même de la dilatation variqueuse du cordon spermatique. Celte maladie,' plus fréquente chez les jeunes gens que chez les adultes et les vieillards, reconnaît pour causes tout ce qui peut s'opposer au retour du sang des vaisseaux testiculaires. Ainsi, l'équitation , les violences extérieures exercées sur le cordon spermatique, sa compression par la pelotte d'un bandage mal appliqué , l'existence de quelque tumeu*r dans- le bas-ventre , paraissent avoir assez souvent produit la dilatation dis veines testiculaires. Cette affection existant plus fréquemment du côté gauche que du côté droit , et surtout chez les individus habituellement constipés , on en conclut avec vraisemblance qu'elle résulte dans ce cas de la compression exercée sur le cordon spermatique gauche par le rectum rempli de matières endurcies. Chez ces individus aussi on accuse les efforts qu'ils doivent faire pour aller à la garderobe ; mais comme ces causes agissent quelquefois très-longtemps , et chez beaucoup de sujets, sans amener la maladie qui nous occupe , il ,est rationnel d'admettre chez ceux- qui en sont atteints une faiblesse particulière des parois des veines.

Les signes du varicocèle sont équivoques au début de la maladie ; des douleurs qui se prolongent du trajet du cordon jusqu'à la région des reins , un sentimenfde lassitude et de pesanteur très-incommode dans le scrotum et le cordon te>iiculaire , et quelquefois des coliques pourront cependant en faire soupçonner l'existence. Bientôt à ces signes rationnels se joignent des signes sensibles : on distingue sur le trajet du cordon spermatique une tumeur ordinairement noueuse, molle, qui semble partir des testicules , et se perd aux environs de l'anneau inguinal. Cette tumeur, constamment plus volumineuse après la longue station de la journée que le matin, diminue patin pression , par

VAR 189 la position horizontale, et par l'action da froid sur le scrotum.

Le varicocèle est une maladie plus incommode que dangereuse. Cependant on a vu le testicule comprimé par les veines dilatées, menacer de s'atrophier , se ramollir, se désorganiser. Dans d'autres cas, la tumeur acquiert un volume considérable, et condamne le malade à une inaction absolue. Parvenu à ce dernier point, le varicocèle est quelquefois aussi difficile à reconnaître qu'à son début, à cause de la confusion et de l'épaississement des parties. Pour y parvenir , il faut , après s'être enquis de toutes les circonstances commémoratives, examiner successivement le cordon et le testicule en descendant de l'un à l'autre , et s'assurer de leur volume. On reconnaît que la maladie ést simple, quand le raphé est incliné d'un côté (le côté malade ) ; elle est •double, au contraire, lorsque le raphé reste situé à la partie moyenne du scrotum. A l'aide de ces diverses données, Tvi. le professeur Boyer est parvenu à reconnaître un varicocèle sur lequel le malade appliquait depuis long-temps un bandage, croyant avoir une hernie.

Le varicocèle est une maladie fort difficile à guérir. Les bains froids, les topiques résolutifs, toniques et astringens produisent bien une diminution momentanée de la tumeur, mais elle reparaît dans tout son volume, après la cessation de ces moyens. Il faut donc conseiller au malade de garder une position horizontale , le plus long-temps qu'il le peut , et lorsqu'il devra en changer, de porter un suspensoir qui maintienne exactement les parties. Il est utile de combattre la constipation si elle existe, et d'entretenir la liberté du veiftre par un régime convenable, des lavemens et de légers minorai ifs , s'il en est besoin. Dans des cas où la tumeur variqueuse était considérable , et condamnait des malades à la perte de leur état , par l'inaction absolue qu'elle exigeait, J.-L. Petit et d'autres chirurgiens ont extirpé les veines malades avec succès; mais cette opération, assez difficile à exécuter, n'a pas eu toujours un résultat aussi heureux, et d'ailleurs la maladie peut récidiver. On ne devrait avoir recours à ta castration , que si le testicule était désorganisé ou affecté de cancer, r ( j. cloqukt. )

VARICOMPIIALE , s. m. , varicomphalus , mot hybride, composé de varix, varice , et de ô[A<paXé;, nombril ; tumeur variqueuse du nombril. Cette tumeur , que l'on dit formée par la dilatation des veines qui rampent autour du nombril , est fort

rare , si même elle a été observée. La compression serait le seul moyen à lui opposer pour diminuer son volume , ou arrêter son développement, dans le cas où l'on aurait occasion de la voir et de la traiter. Voyez varice.

VARIOLE, s. f. , variola, variolce , petite-vérole, picotte; febris variolosa, small-pox , etc.; de vari , boutons, bourgeons, ou mieux peut-être, de varius , bigarré, tacheté, à cause de l'espèce de bigarrure que présente la peau des individus affectés de variole. Cette affection exanthématique, essentiellement contagieuse de sa nature, ne paraît pas avoir été connue des Grecs ni des Romains, et ce n'est qu'à l'aide d'interprétations forcées ou de citations incomplètes qu'on prétend en retrouver des traces dans les ouvrages qu'ils nous ont laissés. Prosper Alpin s'appuiè , pour la faire naître ^'Egypte, sur ce que toutes les maladies contagieuses viennent de ce pays, où l'abaissement des eaux du canal du Caire lui parait une cause susceptible d'en produire le développement. Rien n'est moins fondé sans doute qu'une telle supposition, et l'on s'accorde bien plus généralement à regarder l'Arabie comme le lieu où la variole a pris naissance. Suivant un manuscrit arabe de la bibliothèque, de Leyde, elle y aurait paru , pour la première fois, en 572, à l'époque de la naissance de Mahomet. Portée en Egypte en 640, lors de la conquête de ce pays par le calife Omar, elle se répandit ensuite partout où les Sarrasins portèrent leurs armes. C'est ainsi qu'elle parvint en Espagne , en Sicile , à Naples et en Franee, d'où elle fut transmise dans le reste de l'Europe -et en Amérique. Néanmoins, le passage suivant extrait de la-chronique de Marius, évéque d'Avenches, tendrait à faire croire que la variole s'est manifestée en Europe bien avant l'époque à laquelle on suppose qu'elle y fut introduite. « Hoc anno (5-,o) morbus validus cum projluxio ventriset variolis , llaliarn , Galliamque valde afflixit. » Joseph Frank n'ajoute aucune foi à ce témoignage : il est bien difficile au moins de savoir au juste si le mot variolis s'applique à l'affection connue ensuite soaj; cette dénomination. Quoi qu'il en soit, la plus ancienne description que nous ayons de la variole est celle qu'en a donnée Rhazès dans le ixe siècle.

Nosogiaphie de la variole. — La variole est régulière ou irrégulière dans son développement. La variole régulière présente quatre périodes bien distinctes, qu'on a coutume de dési-

VAR 19/ gncr sous les noms de périodes d'incubation , d'invasion, de suppuration , et de dessiccation.

i° Incubation. — Il n'existe pas ordinairement de phénomènes généraux bien tranchés dans cette période, dont la durée varie de trois, quatre à sept ou huit jours.

20 Invasion. — Elle est souvent marquée par des frissons suivis dHine chaleur plus ou moins vive, avec disposition à la sueur ou sécheresse de la peau, accélération du pouls, lassitudes , douleurs dans les membres, à l'épigastre, dans le dos ou dans les lombes, céphalalgie, nausées, vomituritions ou vomissemens, assoupissemens avec réveil en sursaut ou insomnie. Dans certains cas la face est animée , il y a coryza , larmoiement, agitation , mouvemens convulsifs, bornés aux lèvres et aux autres muscles de la face, ou étendus au reste du corps; il existe des bâillemens, de la dyspnée, une anxiété et des inquiétudes inexprimables. Le début de la variole peut être annoncé par des symptômes de méningite , de pneumonie, ou de gastrite, et ce prodrome, après avoir persisté avec plus ou moins d'intensité pendant deux, trois ou quatre jours, cesse ordinairement au moment où l'éruption vient à paraître ; quelquefois il se prolonge beaucoup plus long-temps. Je l'ai vu durer près de quinze à vingt jours : dans ce cas même, ne songeant pas à la variole, parce que l'enfant portait des traces évidentes de vaccine, et voyant qu'il existait de la fièvre, de l'assoupissement et des vomissemens, je crus d'abord à l'imminence d'une inflammation vers le cerveau, et j'eus recours aux antiphlogistiques. Mais les symptômes persistant, et l'idée d'une petite - vérole m'étant venue enfin, j'employai quelques excitans, et je vis bientôt paraître une éruption variolique qui se termina d'une manière favorable.

Parmi les phénomènes précurseurs de la variole, quelques-uns ont fixé l'attention des praticiens. C'est ainsi que Rosen a regardé le larmoiement de l'œil gauche, Rhazès la douleur'dorsalc, et Sydenham les convulsions, comme des préludes en quelque sorte pathognomoniques de la variole, chez des individus qui n'auraient pas encore été affectés de cet exanthème. Mais ces divers symptômes sont loin de mériter la confiance que leur ont accordée ces auteurs. Dans un certain nombre de circonstances, il n'existe aucune espèce de prodrome, et le

développement des pustules constitue le premier symptôme de la maladie.

3° Eruption. — Elle commence ordinairement sous la forme de petites tacites ou de petits points rouges, qui bientôt présentent une légère convexité. Ils paraissent d'abord sur le menton, autour des lèvres, puis au front et aux joues, d'où ils s'étendent au cou, au tronc et aux extrémités inférieures. Quelquefois les parties génitales sont les premières sur lesquelles se développent les pustules; d'autres fois c'est sur la partie inférieure des reins et sur les fesses qu'on en observe les premières traces. Presque toujours aussi, quand il existe un vésicatoire ou quelques ulcérations à la peau, c'est à leur pourtour que se présente d'abord l'éruption. Ces petites taches s'élèvent peu à peu audessus du niveau de la peau, et dès le lendemain ou le surlendemain on aperçoit sur le sommet de chacune d'elles un point transparent qui se transforme en une vésicule superficielle et plate dans laquelle s'accumule un fluide d'abord séreux et incolore, puis trouble et d'un blanc jaunâtre. Quelquefois on observe alors des pustules développées sur les membranes muqueuses de la bouche, du pharynx, des paupières, de l'œil, du prépuce et de la vulve. Ces pustules se présentent sous la forme de petites taches blanchâtres et circulaires. Elles offrent ordinairement une petite dépression au centre , qui cependant n'existe pas toujours; celles de La conjonctive sont beaucoup moins saillantes que toutes les autres. Pendant trois à quatre jours les pustules de la peau continuent à se développer, elles s'arrondissent, deviennent dures au toucher, et leur centre offre une dépression ombilicale bien plus prononcée que celle des pustules vaccinales. Comme ces dernières, elles sont environnées d'un cercle rougeâtre assez étendu. Du quatrième au septième jour , les pustules prennent une forme hémisphérique, le pus qu'elles contiennent devient plus consistant, et l'aréole inflammatoire qui les entoure se dessine davantage. En même temps le tissu cellulaire sous-cutané se tuméfie; le gonflement occupe d'abord la face, où il est surtout très-marqué aux paupières et aux lèvres. Au huitième jour, l'éruption a ordinairement acquis son summum d'intensité, et l'on voit alors la tuméfaction se manifester aux mains et aux parties génitales. Les phénomènes fébriles qui ont précédé l'éruption de la variole

VA R 19* cessent communément ou diminuent au moins, lorsqu'elle est achevée; mais ils reparaissent en général du huitième au dixième jour. C'est à cette époque, ou un peu avant, qu'on observe quelquefois du délire, des vomissemens , de la diarrhée, de la toux, et cette fièvre secondaire improprement appelée fièvre de suppuration. Dans certains cas on voit survenir du- septième au huitième jour une salivation .qui tantôt paraît dépendre de la quantité des pustules développées dans la bouche, et d'autres fois existe sans cette circonstance. Cet appareil de symptômes s'éteint d'ailleurs par degrés au bout de quelques jours.

4° Dessiccation. — C'est ordinairement du dixième au douzième jour que survient cette période. La tuméfaction de la face commence à diminuer, et l'on aperçoit, sur un certain nombre des pustules qui recouvrent cette partie, un point noirâtre qui ; remplace la dépression centrale, et par lequel la dessiccation se ' fait d'abord : quelquefois au contraire toute la surface de la pu§tule se dessèche en même temps. D'autres pustules se fendent et laissent suinter un partie de la matière qu'elles contiennent; cette matière se durcit et forme une croûte jaune, rugueuse, qui brunit avant de se détacher. La chute des croûtes a lieu du quinzième au vingt-cinquième jour, quelquefois plus tôt, d'autres fois plus tard. Les pustules des membres et du tronc offrent absolument la même succession de phénomènes que celles du visage , mais quelques jours plus tard. L'existence d'une inflammation dans le tissu où les pustules se développent peut quelquefois en accélérer la marche. Ainsi, comme le remarque M. Rayer, lorsque des individus affectés de psoriasis, de lichen ou d'eczema chroniques, sont atteints de variole, les pustules qui naissent sur les points déjà enflammés ont ordinairement parcouru toutes leurs périodes en huit jours ; elles se rapprochent, alors de celles des membranes muqueuses qui se terminent presque toujours de très-bonne heure, et à peu près constamment par résolution : les taches d'un rouge brun qui persistent sur la peau après la chute des croûtes sont dans quelques circonstances le siège d'une desquamation furfnracée.

Caractères anatomiques des pustules varioliques , et examen cadavérique. — Si l'on examine attentivement une pustule variolique bien ombiliquée , au commencement de la période de suppuration, on trouve que la dépression centrale est produite

par un petit filament cellulaire, dont l'extrémité supérieure réponds l'épiderme, tandis que l'extrémité inférieure adhère à une espèce de fausse membrane dont l'épaisseur varie. Vers la fin de la période de suppuration ou ne trouve plus cette petite bride qui s'est rompue par suite de la distension de la pustule. Au-dessous de la fausse membrane existe le derme lui-même plus on moins rouge ou violacé , et quelquefois même assez profondément érodé ou ulcéré. Suivant Cotugno, lorsqu'on incise verticalement les pustules varioliques , de manière à les partager en deux segmens égaux, on distingue en procédant de dehors en dedans : i° une ligne blanchâtre formée par l'épiderme épaissi; 2° au-dessous une couche purulente; 3° plus inférieurement une ligne rougeâtre formée par le corps réticulaire enflammé; 4° au-dessous le corium non altéré; 5° enfin, au centre même des pustules, un petit corps blanchâtre dont l'extrémité supérieure filiforme s'implante au milieu de l'ombilic, tandis que l'inférieure est renflée et adhérente au corps réticulaire enflammé. Cette disposition, que Cotugno donne comme constante, offre quelques exceptions : en effet, M. Rayer dit avoir vu des pustules qui présentaient jusqu'à trois de ces petits corps filamenteux : un central plus court, deux excentriques et plus alongés; tandis que d'autres , quoique également ombiliquées , n'en offraient aucun. Quant à la nature de ce corps filamenteux, les uns le regardent avec M. Deslandes comme un des conduits excréteurs de la peau, les autres comme un follicule pileux, parce qu'il est renflé à son extrémité profonde, et qu'il est quelquefois traversé par un poil. Enfin, on a supposé aussi que ce petit corps n'était qu'une papille du derme, laquelle avait acquis plus de volume par suite de l'inflammation de la peau.

Suivant M. Gendrin, la peau couverte de pustules varioliques se putréfie beaucoup plus promptement que la peau saine. Dès la fin du premier mois de macération, elle est réduite en putrilage à sa surface externe; et avant la fin du deuxième, toute son épaisseur est dans le même état. Il faut, dit ce médecin , avoir injecté avec soin des cadavres d'individus morts de la variole, pour concevoir avec quelle prodigieuse facilité on parvient à colorer toute la peau, tant ses capillaires sont devenus perméables. Les pustules et la portion cutanée qui les entoure immédiatement, et qui est sur le cadavre d'un rouge brunâtre, ne

VA R iy5 se laissent pas pénétrer par l'injection ; il semble que du sang noirâtre soit incorporé dans ce tissu, et que tous ses vaisseaux soient oblitérés ou détruits , car sa couleur rougeâtre est uniforme, et l'aréole rouge qui entoure les pustules pendant la vie , et qui disparait presque complètement à la mort, se dessine parfaitement par les injections avec la térébenthine colorée. Quand on injecte avec du mercure s il se forme de petits épanchemens de métal autour et dans la cavité des pustules;- mais aucun vaisseau ne paraît pénétré dans cet endroit par le métal. On rencontre quelquefois encore des pustules sur la muqueuse buccale et pharyngienne, mais jamais on ne retrouve de liquide purulent au-dessous de l'épithélium ; dans certains cas elles se sont terminées par des ulcérations dont on observe les traces. Dans les intervalles de ces pustules, la membrane- est ordinairement fort injectée. Presque constamment aussi , dans les varioles très-graves, l'intérieur du larynx, de la trachée - artère et des bronches principales, est parsemé de petites taches blanchâtres ou grisâtres, oblongues ou arrondies , isolées ou confluentes; les unes plus pâles et légèrement déprimées au centre, où manque l'épithélium; les autres n'offrant aucune dépression centrale, et. ayant tout-à-fait l'apparence de vésicules transparentes, surtout lorsqu'on les examine à la loupe. Cette altération pénètre presque toute l'épaisseur de la membrane muqueuse, qui est d'ailleurs plus ou moins rouge dans tous les» points où ces sortes de pustules n'existent pas. Des pustules analogues se voient dans quelques circonstances dans l'œsophage, dans l'estomac, et jusqu'à la fin de l'intestin : elles sont plates et semblent formées par le boursouflement du derme muqueux. L'existence de ces dernières pustules est admise par un trèsgrand nombre d'auteurs , et révoquée en doute par beaucoup d'autres, sous prétexte qu'on a pu les confondre avec les follicules. Quant à moi, je ne nie pas la possibilité de cette erreur dans certains cas, mais je crois pouvoir affirmer que plusieurs fois j'ai eu l'occasion d'observer de ces pustules dans l'intestin gi'êle et le gros intestin. M. Rostan dit en avoir vu aussi dans le gros intestin , et jusque dans le rectum. Assez souvent dans l'estomac elles sont entremêlées de petites taches rougeâtres et comme pétéchiales. M. Tanchou dit avoir rencontré dans le plus grand nombre des cadavres qu'il a ouverts à la suite de la variole une inflammation de là membrane interne des artères;

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il est très-ordinaire en effet d'observer de la rougeur dans les grosses artères , et même dans les veines, sur les cadavres des varioles; mais dans ce cas, comme dans toutes les fièvres graves, cette rougeur, ordinairement livide, ne me parait être qu'un effet cadavérique; elle est le résultat de l'état particulier des fluides et des solides; on Vobscrve plus particulièrement dans les grandes chaleurs, et elle est d'autant plus prononcée qu'il s'est écoulé un plus long intervalle entre l'époque de la nécroscopie et celle de la mort. Toutes les autres lésions pathologiques qu'on observe sur les individus qui ont succombé à cette maladie sont dues à des complications, et n'appartiennent pas, à proprement dire, à la variole elle-même. Plusieurs fois il nous est arrivé , à l'ouverture cadavérique, de ne rien trouver pour expliquer la mort , que les traces d'une éruption cutanée des plus confluentes.

Variole irrégulière. — La variole irrégulière offre un grand nombre de variétés : les unes sont relatives à l'éruption , et les autres dépendent des symptômes généraux qui l'accompagnent, et des complications. Relativement à l'éruption, on distingue la variole en discrète et en conjluenle , suivant que les pustules sont rares et isolées , ou très-nombreuses et rapprochées les unes des autres, ou même tout-à-fait confondues. Cette distinction, admise par tous les auteurs qui ont écrit sur la variole, n'est pas sans importance sous le rapport du pronostic : il est à remarquer que c'est moins d'après le nombre des pustules qui existent sur le tronc et les membres , qu'en raison de celles de la face, qu'on distingue surtout ces deux variétés. Dans la variole confluente, les phénomènes sont ordinairement beaucoup plus graves que dans la variole discrète; le développement de l'éruption est aussi plus précoce; les pustules sont aplaties, peu élevées au-dessus du niveau de la peau, et semblent se confondre toutes par leur rapprochement en une sorte de pellicule commune, agglutinée à la face. Le gonflement de cette partie survient plus tôt, il est plus considérable : il commence en général à diminuer vers le dixième jour, époque à laquelle les pustules sont remplies d'un liquide blanchâtre ou brunâtre, quelquefois sanguinolent, qui s'écoule à leur rupture, et se convertit en croûtes brunes ou noirâtres; de larges lambeaux d'épiderme soulevés par du pus se détachent, et tout le corps •exhale une odeur d'une fétidité repoussante et presque carac-

VAK 197 téristique. Bien plus fréquemment que dans la variole discrète, l'éruption s'étend aux membranes muqueuses , et principalement à celle du larynx et delà trachée-artère; l'inflammation qui en résulte est presque toujours funeste. Elle détermine une toux sèche, aiguë, douloureuse et déchirante dans le trajet des parties affectées; la voix est enrouée, éteinte, et souvent on croit alors à l'existence du croup. Il est fort rare que la desquamation soit complète avant le vingt- cinquième ou le trentième jour; quant aux symptômes généraux , ils offrent toujours aussi dans cette variété une intensité beaucoup plus grande. La salivation chez les adultes est si fréquente que Sydenham prétend que dans le grand nombre d'individus variolés qu'il eut occasion de' voir, elle manqua chez un seul ; souvent elle est accompagnée de dysphagie , et il est fort rare , chez les enfans au moins, qu'il n'existe pas alors de la diarrhée et un assoupissement plus ou moins marqué. Ordinairement il survient chaque nuit un redoublement fébrile très-intense , accompagné de délire. Quelques praticiens désignent sous le nom de variole cohérente celle qui tient le milieu entre la variole discrète et la précédente. On a nommé variole crystalline celle dont les pustules sont remplies d'un liquide demi-opaque, ou presque transparent; venuqueuse ou cornée, celle dans laquelle les pustules se durcissent et se dessèchent sans se rompre; pernphigoïde , celle dont les pustules sont très-larges , et ressemblent aux bulles du pemphigus , jusqu'au huitième ou dixième jour, où elles se dépriment, et deviennent purulentes : la dessiccation s'en opèreau reste assez peu régulièrement; dans 'quelques-unes la matière reste fluide jus qu'à la fin, répiderme se ramollit , se crève et laisse échapper le pus sans qu'il y ait pour ainsi dire formation de croûte et excavation à la peau. On a appelé variole sanguine, celle dont les pustules contiennent du sang, ou du moins un liquide sanguinolent. Dans quelques circonstances il n'y a ni desquamation ni croûtes; les pustules varioliques se vident dans l'espace de trente-six à soixante heures, par suite de la résorption du pus, et laissent à peine de' cicatrices ; mais une chose fort importante , c'est que ce phénomène se passe sans qu'il survienne aucune espèce d'inconvénient.

Quant à ce qui est des affections désignées sous les noms de varioh'Ues, petites-véroles bâtardes , fausses varioles , etc. , elles sont des plus nombreuses , et ne me semblent être aussi que de

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simples variétés d'un inéme genre de maladies, c'est-à-dire de la variole discrète et bénigne. J'en dirai autant de la varioloïde , dénomination qu'on a proposé d'assigner à la variore qui se manifeste chez des sujets préalablement vaccinés, ou qui déjà ont été atteints une première fois de la variole naturelle ou inoculée. C'est à tort, suivant nous, que quelques praticiens ont cherché à faire de cette variété une affection particulière , et ce qui le prouve, c'est le peu d'accord qu'on remarque dans la plupart des descriptions qu'ils en ont données, descriptions qui d'ailleurs sont tout-à-fait applicables à certains cas -de (véritable variole discrète et d'une nature bénigne. D'après M. Dufresne de Genève, le prodrome de la varioloïde varie depuis un simple malaise jusqu'à celui de la maladie inflammatoire la plus grave. Chacun sait qu'il en est de même dans la variole : comme dans cette dernière, l'éruption parait sur la fin du troisième jour, elle continue le quatrième jour, mais les pustules sont moins développées que dans la petite-vérole primitive. D'autres médecins prétendent au contraire qu'elles le sont davantage. Il existe à peine d'élévation et d'induration à leur base , l'aréole est mal circonscrite et irrégulière , et dès la fin du quatrième jour le sommet des boutons prend une couleur blanc d'eau ; le cinquième ils deviennent séreux et s'arrondissent; le sixième, la fièvre et l'aréole disparaissent; la sérosité devient quelquefois rousse ou opaque, mais ne prend pas le caractère purulent; elle s'échappe du plus grand nombre des pustules , et elle est absorbée dans les autres; le septième jour, dessiccation et retour à la santé.Trèscerlainement dans beaucoup de varioles mitigées par le virus vaccin ou variolique, on peut observer ce qui précède, mais ne voit -on pas aussi souvent alors les pustules offrir absolument les mêmes caractères que celles de la variole primitive , et la maladie ne différer quelquefois que parla bénignité de sa nature et la rapidité de sa marche? Suivant M. Lùders de Copenhague, la varioloïde diffère de la variole, par l'irrégularité de sa marche, l'inconstance de ses symptômes, le mode d'apparition des pustules qui a lieu par masses successives, occupant d'abord les extrémités, puis le tronc, puis la face; par l'imperfection de la suppuration, la promptitude de la dessiccation et l'absence de fièvre secondaire. Aucun de ces caractères n'est constant dans la varioloïde, puisque, dans quelques cas, cette maladie marche avec la plus grande régularité, et que la variole elle-même est sujette

VAR *99 à des modifications infinies, suivant les dispositions individuelles. Ne voit-on pas en effet chez quelques malades les phénomènes qui la précèdent, être si légers qu'ils sont presque inaperçus , tandis que chez d'autres ils offrent une violence extrême, et tout-à-fait disproportionnée au nombre des pustules; ce nombre varie d'ailleurs, suivant les individus , depuis quelques unes jusqu'à des milliers. Chez telle personne, les pustules ombiliquées sont mêlées à d'autres qui restent conoïdes ou globuleuses; chez telle autre, elles sont entremêlées de vésicules. La fièvre secondaire, qui survient du huitième au neuvième ou dixième jour, manque quelquefois tout-à-fait. Ces différences , provenant de l'action d'une même contagion, et qui ont été notées par les observateurs de variole épidémique , ne tiennent- elles pas, comme le pensent Thomson et quelques autres , à ce que la forme de la maladie dépend plutôt du corps qui la reçoit que de celui qui la donne, comme sembleraient le prouver les exemples de variole confluente , produite par la contagion d'une variole discrète et bénigne, et vice versa.

M. Gendrin, dans un mémoire fort curieux qu'il a publié récemment sur la variole, la varioloïde et la vaccine, est amené aux conclusions suivantes : i° les sujets variolés ou vaccinés peuvent ressentir l'influence du contagium variolique , qui alors a pour effet de produire la varioloïde; 2° le principe contagieux de la variole, agissant sur des sujets peu aptes à éprouver ses effets, c'est-à-dire, n'ayant eu ni la variole ni la vaccine, peut encore faire naître la varioloïde; 3° la varioloïde, quoique tirant son origine de la variole , se propage par inoculation aux seuls sujets qui n'ont été ni variolés ni vaccinés , et conserve toujours ses caractères propres , sans tendre à se rapprocher de la variole. La première partie de celte proposition est constatée par des expériences que rapporte l'auteur; quant à la seconde , plusieurs observations prouvent qu'elle n'est pas constamment vraie. 4° La varioloïde diffère de la variole par le siège de ses pustules qui ne dépasse pas la couche papillaire. Cette pustule tuberculeuse, comme celle de la variole, se trouve sous-épidermique, et se termine toujours par résolution ; ne contenant aucun liquide, elle ne paraît pas multiloculaire.J'ai plusieurs fois examiné avec attention les pustules de la varioloïde , sans trouver aucune différence entre elles et celles de la variole primitive. Quant à l'opinion de M. Moreau de Jonnès, qui regarde la va-

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rioloïde comme une espèce de maladie variolique , distincte par ses symptômes, ses effets et son origine, de la variole ordinaire, elle ne nous parait pas appuyée sur des faits assez concluans pour qu'on puisse l'admettre; et d'ailleurs elle est en contradiction avec celle de presque tous les médecins qui ont parlé de cette affection. Il est pour nous hors de doute que la contagion variolique peut atteindre , très - rarement sans doute , les personnes variolées, inoculées ou vaccinées, et déterminer chez elles une maladie qui ne diffère pas en général par des traits essentiels de la variole primitive, si ce n'est toutefois le plus ordinairement par sa bénignité, et par la terminaison plus rapide des phénomènes qu'on observe à la peau. Parmi les individus varicJés ou vaccinés qui s'exposent à la contagion variolique, on a cru remarquer que les premiers échappent plutôt que les seconds à l'influence des miasmes ; mais que si tous les deux éprouvent les effets de la contagion , les chances de guérison sont peut-être en faveur de ceux qui ont été vaccinés. Indépendamment de toutes les variétés dépendantes de la forme de l'éruption que nous venons de signaler, on a admis sous le nom de -varioïœ sine varioles une variété particulière de cette maladie , dans laquelle le virus variolique donne lieu à tous les phénomènes généraux de la variole sans aucunes traces d'éruption : c'est particulièrement dans les épidémies varioliques, et à la suite de l'inoculation , qu'on a eu lieu d'observer cette variété sans éruption.

barioles compliquées. — La variole peut être compliquée avec la rougeole, la scarlatine, l'ecthyma, le purpura haemorrhagica, etc. L'érysipèle, les furoncles et les abcès sous-cutanés ne sont pas rares , surtout dans la dernière période de cette affection. J'ai vu plusieurs fois les cupules du favus se développer à la suite des pustules varioliques. Une complication presque toujours de fâcheux augure est l'éruption de bulles se manifestant au milieu des pustules : on la rencontre fréquemment à l'hôpital des enfans. Quelquefois les bulles ont un volume considérable ; le plus communément elles occupent les membres, très-rarement on les voit sur la face. Cette éruption ne saurait être dans ce cas attribuée à l'entassement des malades, ni à la chaleur atmosphérique; car l'année dernière, par exemple, nous avons eu occasion d'en observer dans des conditions hygiéniques absolument inverses. Les organes des sens , et l'œil en par-

VAR ï"1 ticulier , ^offrent assez souvent, des complications plus ou moins fâcheuses. Les ophthalmies se présentent en première ligne ; mais il est rare que celles qui coïncident avec le développement des pustules sur la conjonctive soient très - graves; le plus souvent elles se terminent d'une manière favorable, ces pustules étant en général de courte durée, et n'étant ças ordinairement suivies d'ulcérations. Il n'en est pas de même de ces inflammations quand elles surviennent dans la dernière période de la variole , époque à laquelle il n'existe plus de pustules. Le plus communément on voit alors en quelques jours se développer une phlegmasie profonde dans l'œil; la cornée s'ulcère et se ramollit, et alors, ouïes humeurs s'écoulent, et l'œil se vuide complètement, ou parfois l'iris vient faire hernie au dehors en obturant l'ouverture. C'est aussi dans la période de dessiccation qu'on observe assez fréquemment des otites j et même des abcès qui se forment dans le conduit auriculaire entre le tissu fibreux et la' membrane interne. Le ' coryza et les angines simples ou couenneuses viennent aussi quelquefois singulièrement aggraver la variole ; il en est de même des bronchites, des pleurésies et de la pneumonie , qui se manifestent ordinairement dans la seconde ou la troisième période. L'une des complications les plus ordinaires de la variole , surtout chez les enfans , est sans contredit l'inflammation gastro - intestinale sous toutes ses formes. Les méningites et l'encéphalite sont an contraire fort rares, chez ces derniers au moins : sur cent douze enfans / qui ont succombé à la variole dans mon service à l'hôpital des enfans , pendant l'épidémie de 1825 , nous n'avons pas eu occasion d'en trouver un seul exemple. Assez souvent, il est vrai, on observe sur les individus qui ont succombé à des varioles confluentes, une injection passive des méninges, due sans doute à la gêne qu'éprouve le retour du sang par suite du gonflement du tissu cellulaire de la face et du col ; .mais il ne faut pas confondre cette injection déterminée par une cause purement physique, avec une véritable phlegmasie. La complication de variole avec un état ataxique s'observe quelquefois. L'éruption débute alors assez souvent par des douleurs aiguës vers la tête, un violent lumbago , ou des convulsions qui persistent pendant toute la durée de la maladie , ou bien qui cèdent pour faire place à une fièvre intense, accompagnée d'un délire continuel qui emporte les enfans du cinquième au neuvième jour. La variole adyna-

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inique présente un aspect tout-à-fait particulier ; les malades sont, dès les premiers instans , plongés dans un abattement excessif; on remarque une pâleur et une décoloration des muqueuses à leur origine , les pustules sont petites, aplaties, entourées d'une aréole pâle; en peu de jours on les voit noircir, se gangréner , et dans leurs intervalles on observe des taches violacées ; des héinorrhagies passives ont lieu par diverses voies, et sont quelquefois si générales que le sang s'exhale et transsude par presque tous les points du corps où il existe des ulcérations , des déchirures, des vésicatoires, etc. ; il est d'ailleurs assez ordinaire dans ces sortes de cas de trouver après la mort, des traces de phlegmasies dans plusieurs organes.

Dans plusieurs circonstances on a remarqué que la petite vérole fait cesser d'autres maladies. Rosen et Mead rapportent des exemples de fièvres intermittentes guéries par l'apparition de cet exanthème. M. Andral fils cite le cas d'une pneumonie tort grave et. presque désespérée , dont les symptômes se dissipèrent comme par enchantement , en même temps qu'une éruption varioleuse commença à s'effectuer." On parle aussi de quelques individus serofuleux dont l'état s'est amélioré sensiblement à la suite de la variole; mais j'ai rarement eu l'occasion de vérifier ce fait à l'hôpital des enfans : une circonstance notable même, c'est que la phthisie tuberculeuse reçoit ordinairement de la variole une impression des plus défavorables ; presque toujours alors sa marche est accélérée, et sa terminaison funeste suit de près.

Etiologie de la variole. — La variole est produite par un principe contagieux, dont la formation première et la nature sont inexplicables , mais dont les effets ne sauraient être contestés. Sous l'influence de certaines conditions atmosphériques, ou autres, qu'il nous est impossible d'apprécier exactement, on voit la variole, tantôt se montrer sporadique, et n'attaquai qu'un petit nombre d'individus isolés, et tantôt se propager épidémiquement, et sévir avec une violence qui n'est pas la même dans tous les cas. Sydenham , après avoir étudié plusieurs épidémies vario'iques avec le plus grand soin , a noté que lorsqu'elles sont régulières et bénignes, elles commencent vers l'équinoxe du printemps; tandis qu'elles suivent une marche irrégulière , et qu'elles sont extrêmement graves quand elles surviennent plus tôt, c'est-à-dire vers le mois de janvier. Dans les

VAR 10i épidémies ordinaires la maladie éclate en général au printemps , domine en été , continue en automne , et cesse en partie vers la fin de cette saison, pour disparaître entièrement pendant l'hiver; mais, suivant Bucholz et quelques auteurs , la variole suit quelquefois une marclie absolument inverse. 11 s'écoule ordinairement plusieurs années entre une épidémie et l'autre ; d'autres fois, au contraire, elles se succèdent à des époques très- rapprochées. Du reste, une foule de circonstances particulières peuvent modifier singulièrement la maladie, soit qu'elle règne épidémiquement , soit qu'elle se montre d'une manière sporadique. Il est d'observation que la variole jouit communément d'une intensité plus grande dans les saisons chaudes , que dans les saisons froideî-; il en ^st de même relativement au climat. Aucun âge, aucun sexe, n'en sont exempts ; cependant elle est assez rare dans la vieillesse , se montre quelquefois dans l'âge mûr, affecte assez fréquemment la jeunesse et l'adolescence, et paraît être plus particulière à l'enfance. Le fœtus renfermé dans l'utérus peut même en être atteint : Mauriceau, Mead, Murray, Ludwig, Fernel, Smellie, Diiqsdale et d'autres auteurs en citent des exemples. Cette circonstance s'observe lorsque la mère est affectée de variole , ou même sans qu'elle le soit. Ainsi Mauriceau naquit >avec des traces non équivoques de petite vérole , quoique sa mère n'en eût pas été atteinte pendant sa grossesse, et M. Husson a rapporté un fait analogue. Certains individus ne la contractent jamais, et, chose assez remarquable, c'est que dans quelques familles cette disposition préservative se transmet des pères aux enfans : on rapporte que tous les aînés d'une même famille en furent exempts. Quelquefois cette heureuse idiosyncrasie n'existe que jusqu'à un certain âge , et on voit survenir la variole chez quelques personnes déjà septuagénaires, qui bien des fois déjà s'étaient impunément exposées à la contagion. L'un des faits les plus remarquables de ce genre est cité par M. le docteur Cross; c'est celui d'un homme qui, croyant avoir eu la variole dans son enfance , vécut pendant dix ans comme infirmier dans un établissement destiné à recevoir les personnes inoculées , et qui au bout de ce temps en fut attaqué et succomba. Il est aussi des individus qui sont aptes à ressentir plusieurs fois les effets de cette maladie. Mead avait été témoin de trois éruptions varioleuses, qui s'étaient succédé immédiatement chez la même femme; le fils de Forestus en fut attaqué deux fois , et Dehacu parle

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d'une personne qui , eh ayant été affectée six fois , succomba a la septième. Ces exemples ont été souvent révoqués en doute ; mais il nous paraît difficile de ne pas y ajouter foi, quand des faits analogues ont été observés tout récemment encore par un grand nombre de praticiens tant en Amérique qu'en Angleterre et en France.

On ignore l'époque précise à laquelle se développe le principe contagieux delà variole ; mais on suppose , avec quelque vraisemblance , que c'est au moment où le pus commence à se former dans les pustules. Il peut se conserver pendant fort longtemps , et l'on a remarqué, lors de la vogue de l'inoculation, que des croûtes varioliques, préservées du contact de l'air extérieur, avaient encore toute leur activité au boéft de trois ans : un peu plus tard elles commencent à perdre la propriété contagieuse. Les divers modes de contagion de la variole ont été l'objet des recherches de quelques médecins. Fouquet a observé, par exemple, qu'elle se propageait presque toujours dans la direction des vents; tandis que d'autres praticiens ont nié que l'air pût lui servir de véhicule. Le contact médiat ou immédiat est, quoi qu'il en soit,lemoyen de transmission le plus ordinaire. Rien n'est plus commun que de voir les vêtemens qui ont servi à des variolés , communiquer ensuite la' maladie, même après avoir été exposés à l'air. On rapporte qu'un homme contracta la variole pour avoir couché dans un lit occupé trois mois auparavant par une personne atteinte de cette affection. Des lancettes ayant servi à saigner des varioleux , ont suffi quelquefois pour inoculer la petite'vérole. Werloff dit qu'elle fut une fois transmise par une lettre. Les croûtes desséchées et réduites en poudre ont produit le même effet, mêlées au tabac et prises avec lui , ajoutées à du lait, enveloppées dans des pruneaux ou des grains de raisin et portées ensuite dans l'estomac. Enfin, le pus récent sécrété par les pustules , déposé sous l'épiderme , a été pendant long-temps, comme on sait, l'un des moyens les plus employés pour transmettre cette maladie.

La variole semble être exclusive à l'homme , bien que certains auteurs aient pensé qu'elle était commune à lui et aux animaux. Vainement , à plusieurs reprises , on a tenté de l'inoculer à la vache , au cheval et à divers autres quadrupèdes.

Thérapeutique de la variole. — Le traitement de la variole, peut être distingué en curatif et en préservatif. Le traitement

VAR ao5 curatif varie à raison de la forme qu'affecte la maladie et de ses complications. Dans la variole simple et discrète, qu'il faut considérer en quelque sorte comme une maladie inflammatoire générale , bénigne , on se contente ordinairement de prescrire l'usage des boissons adoucissantes ou acidulés , des lavemens émolliens, des pédiluves simples ou légèrement irritans , et une diète plus ou moins sévère. Au début de l'éruption, on conseille d'appliquer des cataplasmes de farine de lin seule ou mélangée avec la moutarde, aux extrémités inférieures, pour y attirer en quelque sorte l'éruption. Pendant la période d'éruption , le malade doit être astreint à une abstinence complète; on permet ensuite quelques alimens lors de la dessiccation , époque à laquelle on se trouve bien de faire prendre un ou deux bains tièdes, pour faciliter la chute des croûtes et rendre la peau plus perméable.

Quant à la variole confluente , on convient généralement du danger plus grand qui l'accompagne. Quelques médecins ont proposé, pour diminuer le nombre des pustules et la gravité de la maladie, de pratiquer, dès le début d'une variole qui s'annonce comme devant être confluente, une ou deux saignées copieuses, soit à l'aide de la lancette, soi t par les sangsues appliquées à l'épigastre. Ce moyen peut sans doute être utile dans certains cas particuliers, mais il ne saurait produire constamment l'effet qu'on en attend. Cotugno conseillait alors l'éthiops minéral , d'autres le calomel à dose laxative , etc. ; mais outre que ces médicamens sont fréquemment contre-indiqués dans cette période , ils sont loin de procurer les avantages qu'on s'en promettait. Quant aux vésicatoires placés aux jambes dès ce moment, M. Delaroche , ex-médecin de la maison royale de santé, en a souvent obtenu de fort bons effets; nous les avons employés, mais avec des résultats variables. Pendant la période d'éruption , il faut insister sur les boissons délayantes et la diète la plus sévère. Il est important de placer les malades dans une chambre assez vaste et modérément chaude, de les changer souvent de linge , et d'avoir soin de renouveler de temps en temps l'air qu'ils respirent. Sydenham rapporte un fait qui prouve le danger d'une trop grande chaleur dans cette maladie. Un jeune homme atteint de variole, chez lequel on avait cherché à provoquer la chaleur par tous les moyens possibles , tomba dans un état d'anéantissement qu'on prit pour la mort: dans celte

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persuasion, les personnes qui le veillaient l'enveloppèrent d'un linceul , et le placèrent tout nu sur une table. Ce malheureux ne tarda pas à éprouver l'heureuse influence du refroidissement , il se ranima peu à peu , et finit par guérir de sa petite vérole. Quelques personnes ont proposé de recourir aux bains froids , ou aux ablutions fraîches, pour diminuer la violence de l'éruption ; ce moyen réussit rarement lorsque la face est énormément tuméfiée et douloureuse; il est bon de recourir alors à la saignée générale , ou d'apposer un certain nombre de sangsues , soit au cou , soit derrière les oreilles. Lorsqu'il existe une vive agitation , on obtient souvent de très - bons effets du bain tiède ; les narcotiques conseillés alors par Sydenham ne conviennent pas ordinairement chez les enfans : c'est chez ces derniers surtout qu'il faut alors employer les soins les plus minutieux; leur laver fréquemment les yeux avec des décoctions émollientes , telles que l'eau de laitue, ou l'eau végéto- minérale tiède et affaiblie ; déboucher les narines en y introduisant des liquides doux ; diminuer la chaleur qui existe dans l'intérieur de la bouche, à l'aide de gargarismes et d'injections, et en les faisant boire souvent; s'opposer autant que possible à ce qu'ils se grattent , et si on n'a pu l'empêcher , ou que les pustules soient ulcérées , saupoudrer exactement avec la poudre d'amidon toutes les parties qui sont au vif. Pendant la période de dessiccation , on a recours aux bains tièdes simples ou émolliens , et plus ou moins répétés. En général , lorsque la fièvre persiste à cette époque , et qu'elle ne cède pas à l'usage de quelques bains, il faut rechercher si elle n'est pas entretenue par une phlegmasie latente des organes thoraciques ou abdominaux , qu'on devra se hâter de combattre si elle existe. Ceci nous mène naturellement à parler des complications de la variole qui , lorsqu'elles sont graves, appellent en quelque sorte à elles seules l'emploi des moyens thérapeutiques les plus énergiques. Les laryngites sont, combattues quelquefois avec avantage par l'application des sangsues d'abord , des cataplasmes émolliens, et ensuite par un vésicatoire au devant du cou. Les inflammations thoraciques et gastro intestinales réclament les saignées locales et générales, qu'on doit pratiquer alors aussi hardiment que s'il n'existait pas d'éruption cutanée , en n'oubliant pas néanmoins que, chez les enfans et les vieillards, ces émissions sangxiines un peu abondantes amènent assez fré-

VAR 2°7 quemment un affaissement très-rapide, et qu'il n'est pas rare d'observer après elles la plupart des symptômes rattachés par les auteurs aux fièvres adynamiques. La dyssenterie surtout revêt souvent alors ce caractère fâcheux , et résiste avec une opiniâtreté désespérante à toute espèce de traitement. Lorsque la; variole débute par des convulsions , il suffit ordinairement , pour les faire cesser , de l'application de quelques sangsues , ou d'une, saignée générale, suivies parfois d'un vomitif, qui agit en même temps en révulsant l'affection cérébrale, et en produisant une douce diaphorèse. Les convulsions qui surviennent après l'éruption ou pendant sa durée , peuvent être le résultat d'une phlegmasie cérébrale , et cèdent quelquefois assez promptement à l'usage des antiphlogistiques un peu actifs. Pour celles qui semblent étrangères à cette cause , et qu'on ne peut en quelque sorte rapporter à aucune lésion inflammatoire , on leur oppose dans certains cas , avec succès , les bains tièdes long-temps prolongés , l'oxyde de zinc , les lavëmens de camphre, de valériane, ou d'assa fœtida , etc. La complication ataxique réclame à peu près les mêmes moyens, et de plus les affusions fraîches ou froides. En cas d'adynamie bien évidente , on a recours aux vésicatoires et aux toniques , tels que le quinquina , le vin pur, etc. Quant aux hémorrhagies passives , c'est biefcsouvent en vain qu'on cherche à s'en rendre maître à l'aide des astringens de toute espèce , même les plus énergiques ; il est important de . s'abstenir en pareille circonstance des révulsifs à l'extérieur , afin de ne pas ouvrir de nouvelles voies à l'écoulement du sang.

On s'est d'autant plus occupé du traitement local de la variole , qu'on espérait par là s'opposer plus efficacement à la difformité des traits du visage. Cotugno , persuadé que l'humidité des parties s'oppose au développement complet des pustules, conseillait de laver fréquemment la face pour accélérer leur marche , et rendre leurs traces moins apparentes. D'autres personnes ont recommandé d'ouvrir les pustules de bonne heure avec la pointe d'une aiguille, afin de donner issue au pus qu'elles renferment ; mais comme il est évident que cette excavation ne tient pas à la présence du pus , mais à l'altération du derme , on conçoit l'infidélité d'un tel moyen. M. Bretonneau, toujours rempli d'idées ingénieuses, a proposé de cautériser les pustules variol iques le troisième jour au plus tard de leur éruption, dans le double but de les faire avorter et de prévenir les ci-

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catrices qu'elles laissent après elles. Le procédé qu'il emploie consiste à traverser le sommet des pustules , à les épointer avec une aiguille d'or ou d'argent , cliargée d'une solution de nitrate d'argent. Il a observé qu'il était souvent plus sûr pour réussir d'enlever la pointe des pustules, et de les toucher ensuite avec un crayon de pierre infernale plus ou moins aigu, on bien avec un stylet chargé du même corps en poudre. M. Velpeau a répété et confirmé toutes les expériences de M. Brelonneau. J'ai de mon côté réussi , par ces moyens , à arrêter complètement la marche d'an certain nombre de pustules isolées, et je pense qu'on pourrait s'en servir avec avantage pour prévenir les cicatrices du visage, dans les cas de variole discrète.

Sous le nom de méthode ectrotique , M. Serres a fait une application beaucoup plus étendue de l'emploi du nitrate d'argent dans le traitement de la variole. Non-seulement, en effet, il le propose pour éviter la difformité des cicatrices, mais il pense que c'est le remède le plus efficace qu'on puisse mettre en usage pour s'opposer à l'encéphalite , aux otites et à l'ophthalmie, complications si terribles de la maladie qui nous occupe. Le mode de cautérisation qu'il emploie varie suivant qu'il veut agir sur des pustules isolées , ou sur des masses de pustules plus ou moins étendues. Dans le premier cas, il se sert d'un crayon de nitrate d'argent qu'il porte sur les pustules isolées , mais sans les ouvrir , comme le fait M. Bretonneau. Pour la cautérisation en masse, il fait usage d'une dissolution aqueuse de nitrate d'argent, à un, deux ou trois degrés de concentration : le degré le plus faible se prépare avec quinze grains du sel qu'on fait dissoudre dans une once environ d'eau distillée ; pour le deuxième degré, la dose du sel pour la même quantité d'eau est de trente grains; elle est de quarante-cinq pour le troisième. On trempe un petit pinceau de charpie dans la solution, et on enduit, à deux reprises différentes , toute la surface que l'on veut cautériser. Au moment même où la cuisson qui succède à cette cautérisation superficielle se fait sentir, on arrose la partie d'eau froide , ou on la recouvre de compresses imbibées de décoctions émollientes; un peu plus tard, on y fait des embrocations avec l'huile d'olive. Dix à douze heures après la cautérisation, il est quelquefois nécessaire d'appliquer des sangsues au cou , en assez grand nombre,. et d'y revenir même plusieurs fois, s'il existe de la tuméfaction. Lorsque la cautérisation en masse des pus-

VA R notules est superficielle, elle s'oppose au développement des pustules, mais elle n'arrête pas la marche de la maladie ; il exisle toujours, au-dessous de la croûte noire qui s'est formée , un suintement séreux; et quand celle-ci vient à tomber, on remarque fréquemment les traces des pustules qui ont continué à parcourir leurs périodes. Mais si la solution saline est très - concentrée , elle agit comme caustique; l'épiderme et les pustules sont desséchés et transformés en une simple brûlure au second degré , ordinairement fort douloureuse ; mais les malades n'en succombent pas moins si la variole confluente est très-grave. Quant aux encéphalites que M. Serres se propose principalement de prévenir par ce genre de cautérisation, cette complication est excessivement rare chez les enfans et les adolescens, quoique les méningites soient d'ailleurs assez communes à cét âge ; et pour les adultes, n'est-ce pas une question de savoir si la cautérisation d'un grand nombre de pustules à la face ne serait pas plus propre à provoquer chez eux les affections cérébrales qu'à les prévenir, à cause de la douleur qui l'accompagne et de la réaction qui la suit. De nombreuses observations comparatives peuvent seules décider ce point de thérapeutique. M. Damiron, dans un mémoire sur cet objet, conclut en disant que la cautérisation de la foce dans la variole n'empêche pas le développement des encéphalites , attendu que celles-ci ne résultent pas du gonflement de la face, qui, presque toujours, a disparu lorsqu'elles se manifestent; mais il trouve , avec M. Serres, cet avantage à la cautérisation de prévenir les grandes cicatrices , d'empêcher que les yeux ne se ferment, et de laisser un moyen de faire avorter les boutons de la conjonctive et de la cornée. C'est aussi l'opinion de M. Noble. Cependant, relativement à cette cautérisation des pustules de la conjonctive, il faut observer qu'elle est le plus souvent inutile, parce que ce n'est ordinairement qu'après la disparition de ces pustules qu'on voit survenir les ophthalmies les plus graves, celles d'où résulte le ramollissement de la cornée et la perte de l'œil. A cela j'ajouterai que je n'ai jamais vu les pustules de la conjonctive suppurer ; que, dans tous les cas, elles m'ont paru se terminer par résolution, et que ce n'est pas seulement au disque inférieur delà cornée qu'elles siègent , puisqu'on en observe tout autant à sa partie supérieure et dans le reste de soaétendue. Ne pourrait-on pas craindre d'ailleurs que la cautérisation du bord libre des

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paupières ne nuise en provoquant l'ophftialmie qu'on cherche à prévenir ?

Traitement prophylactique de la variole. — Le temps et l'expérience ont fait justice de tous les moyens médicamenteux mis anciennement en usage pour s'opposer au développement de la variole. Nous nous abstiendrons d'en parler , et nous terminerons par quelques mots sur l'inoculation. Cette méthode , à l'aide de laquelle on dépouillait en quelque sorte la variole de ses effets les plus funestes , en la communiquant dans des circonstances favorables , a été généralement abandonnée depuis qu'on a trouvé dans la vaccine l'heureux préservatif de celte cruelle maladie.

Pratiquée de temps immémorial en Afrique et en Asie, pour modérer la violence de la variole spontanée, l'inoculation fut introduite à Constantinople par Timoni et Pilarino, lors d'une épidémie variolique qui ravagea cette ville en 1673. Importée de là en Angleterre par lady Montaigue, cette méthode ne tarda pa3 long - temps à se répandre dans le reste de l'Europe. Il est à remarquer toutefois que la France fut encore une des dernières à admettre l'inoculation : en 1764, la Faculté de médecine de Paris, consultée par le parlement à ce sujet, rendit un arrêt à la majorité de cinquante - deux voix contre vingt -six, en faveur de la pratique de l'inoculation dans le royaume.

C'était ordinairement après l'usage de quelques bains tièdes destinés à assouplir la peau, qu'on avait coutume de procéder à cette opération. Elle était pratiquée avec succès à presque tous les âges et dans toutes les saisons, chez des sujets bien portails; la dentition , l'époque des règles , la grossesse, les maladies épidémiques et les phlegmasies aiguës, étaient généralement regardées comme devant la contre-indiquer. Diverses méthodes étaient employées pour communiquer artificiellement la variole ; le simple contact de la matière variolique, fraîche ou desséchée, avec la peau «couverte ou privée d epiderme, ou bien avec les membranes muqueuses; le séton, le vésicatoire, les incisions, et enfin les piqûres. Ce dernier procédé, originairement usité dans le Levant, était aussi depuis long-temps celui dont on se servait en Angleterre et en France. La partie interne des bras était choisie de préférence par les inoculateurs , qui d'ailleurs procédaient absolument comme nous l'avons dit pour la vaccination. Le

VAR %is lendemain du jour de l'insertion du virus , un léger prurit se faisait sentir dans le lieu où la piqûre avait été faite, et on y distinguait , à l'aide d'une loupe , une petite tache d'un rouge orangé, visible à l'œil nu le troisième jour, et de la largeur alors d'une lentille environ. Le quatrième jour, augmentation de la rougeur sur laquelle existait un. peu d'élévation et de picotement. Le cinquième jour , démangeaison plus vive; progrès des symptômes inflammatoires ; on découvrait à la loupe une petite vésicule transparente. Le sixième jour, gêne dans les mouvemens du bras qui était douloureux ; la pustule commençait à blanchir à son centre , qui se déprimait; nn cercle rougeâtre se voyait au pourtour. Le septième jour, la douleur se propageait le long de la partie interne du bras jusqu'à l'aisselle et au cou; la pustule formait une espèce de phlegmon , quelquefois entouré de pustules très-petites, et déjà se déclarait la fièvre d'invasion , m,arquée le huitième jour par de légers frissons , de la chaleur, une céphalalgie plus ou moins forte, de Tassoupissement, delà tristesse, des nausées, et même des vomissemens; phénomènes qui précédaient ordinairement de vingt-quatre heures une éruption tout-à-fait semblable à celle de la variole naturelle la plus simple et la plus discrète.

Cette maladie offrait néanmoins , dans quelques circonstances, la plupart des variétés que nous avons notées en parlant de la petite - vérole primitive. Elle pouvait être aussi, quoique plus rarement , compliquée de certaines affections qui en rendaient le pronostic beaucoup plus grave. Son traitement ne différait d'ailleurs en rien de celui que nous avons précédemment fait connaître.

Nous ne dirons rien ici des préjugés et des argumens que l'inoculation eut à combattre avant d'être adoptée. Ses avantages étaient d'atténuer la violence des phénomènes fébriles, de diminuer le nombre des pustules, d'abréger la durée de la maladie, d'en améliorer le caractère, en un mot, de la rendre comparativement bénigne et sans danger. D'un autre côté, pratiquée presque toujours partiellement, elle avait l'inconvénient d'entretenir en quelque sorte un foyer contagieux , qui parfois se répandait au loin d'une manière épidémique, et donnait lieu, dans quelques cas, chez les inocules eux-mêmes, aux accidens les plus fâcheux de la variole confluente primitive ou spontanée. C'était à Jenner qu'il était réservé de nous offrir un préservatif sinon

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