‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource]Chapitre 12 sur 56 · A.BC · texte numérisé non relu

A.BC

liclles, la vésiiule biliaire, l'eslomac ou quelque partie de l'intestin grêle ou du gros intestin ayant contracté adhérence avec les parois de l'abdomen , et l'un de ces organes creux ayant éprouvé une crevasse ou quelque ulcération. Puisqu'il en est ainsi, distinguons de prime abord les abcès de l'abdomen, selon qu'ils sont ou superficiels ou plus ou moins profondément situés, et cette distinction embrassera aussi les différences qu'ils présentent sous le rapport des parties qui en sont le siège immédiat.

Il s'en forme dans l'épaisseur même des parois de l'abdomen plu6 ou moins près du péritoine, tantôt immédiatement sous la peau, tantôt sous le muscle grand oblique ou sous le petit oblique, ou bien enfin entre la triple couche des muscles larges de l'abdomen et le péritoine. Mais dans ce dernier cas même) il est ordinaire que le pus écarte les fibres des muscles sous lesquels il a été formé, et que l'abcès, pour peu qu'on tarde à l'ouvrir, devienne bientôt plus superficiel qu'il ne l'était d'abord. Il faut ouvrir tous ces abcès aussitôt que la fluctuation se fait sentir, surtout quand ils sont très-voisins du péritoine : et quand on doit pénétrer au delà des muscles, on doit avoir le soin d'inciser parallèlement aux fibres aponévrotiques ou aux fibres charnues. C'est la seule remarque qu'il y ait à faire sur les abcès qui se développent dans l'épaisseur même des parois de l'abdomen. Il est un genre d'abcès particuliers à l'homme, qu'il faiit ranger parmi ceux-là , et que je ne sache pas avoir été indiqués jusqu'à présent par les observateurs; ils se forment dans l'épaisseur de la portion du cordon spermatique que renferme le canal inguinal, et sans affection antécédente du testicule. J'ai déjà recueilli plusieurs faits à cet égard; en ce moment j'en ai encore un exemple sous les yeux à l'hôpital de la Chanté, et dans ce dernier cas, c'a été un abcès froid précédé d'un engorgement chronique, avec induration très-marquée là où l'abcès a eu lieu. L'indication des abcès de cette sorte me conduit à faire remarquer que d'autres abcès, formés près de la fosse iliaque ou vers l'hypogastre hors du péritoine, tendent à se propager à travers le canal inguinal jusq e sous les tégumens et dans la partie voisine du pubis ou de la région inguinale.

Après les abcès de l'abdomen dont il vient d'être parlé, viennent les épanchemens qui résultent d'une suppuration établie dans la cavité même du péritoine. Comme c'est de l'inflammation de

ABC 85 cette membrane qu'ils dépendent immédiatement, nous ne pouvons mieux faire que d'en renvoyer l'examen à l'article péritonite. Voyez aussi plaies de l'abdomen , pour les épanchemens sanguins qui se convertissent quelquefois en abcès ou dépôts sanguins dans le péritoine.

D'autres abçès de l'abdomen sont encore plus profondément situés au moins dans les premiers temps de leur formation; et quelques-uns même le sont trop pour jamais s'étendre jusque près des parois de cette cavité, et pour qu'il soit possible d'en constater l'existence pendant la vie. Dans cette série se rangent les abcès du foie, si tant est que des abcès puissent se former dans cet organe, ceux de la rate, du pancréas, du rein, de l'épiploon, delà matrice, de l'ovaire. (Pour tous ces abcès, Voyez

HÉPATITE, SPLÉNITE, METR1TE, etC )

§ VI. Abcès des parties extérieures de la génération dans l'un et dans l'autre sexe. — Abcès du périnée et des parties voisines de l'anus. — Divers abcès, quelques-uns fort peu graves, d'autres exposant à des suites fâcheuses , et presque tous remarquables par des circonstances particulières, se développent dans cette région si peu étendue du corps, circonscrite par le détroit inférieur du bassin. Ceux des parties voisines de l'anus, et qui ont des rapports plus ou moins immédiats avec le rectum , sont communs aux deux sexes : ceux des organes de la génération sont particuliers à l'un ou à l'autre : et d'autres enfin qui sont liés à quelque état contre nature des voies urinaires, et dont la cause est presque toujours l'urine elle-même infiltrée ou épanchée dans le tissu cellulaire , sont incomparablement plus communs chez l'homme que chez la femme; on pourrait presque dire qu'ils appartiennent au premier presque exclusivement.

Ceux-ci portent le nom d'abcès urineux. C'est pour eux principalement, c'est pour les désigner, que cette expression a été introduite dans le langage pathologique. C'est à ce mot que nous renvoyons l'exposition de tout ce qui y a rapport. Alors, d'ailleurs, auront été décrits des états divers auxquels leur existence se lie; alors seront connues toutes les circonstances qui peuvent y donner lieu.

Généralement les abcès à l'anus, autrement appelés abcès du fondement, qu'ils soient stercoraux ou non stercoraux, avec perforation aux parois du rectum ou avec simple dénudation de ces parois, qu'ils s'ouvrent d'eux-mêmes ou qu'en les ou-

vrant on se soit borné à faire une simple incision à la pean, ces abcès, dis-je, sont suivis de fistules; et quand , pour aller audevant de cette dernière, on incise l'anus et l'intestin rectum, après avoir fait une première ouverture extérieure, l'opération qu'on pratique alors diffère à peine de celle que nécessite une fistule à l'anus établie depuis long-temps. Nous trouvons dans cette double considération un motif suffisant pour réunir sous un même point de vue l'histoire des abcès à l'anus et celle des fistules qui leur succèdent si communément. [Voyez anus, fistules.)

Parmi les abcès des organes génitaux de l'homme autres que les abcès urineux , ceux du testicule sont les seuls qui présentent quelque chose de particulier dans leur manière d'être et dans les circonstances qui les accompagnent; de plus, les soins consécutifs à leur ouverture et cette ouverture elle-même exigent quelque attention : il sera plus convenable d'insister sur ces détails en décrivant l'inflammation du testicule et les terminaisons diverses dont est susceptible cette inflammation.

Mais nous devons ici dire un mot des abcès qui, chez les femmes, se forment assez souvent dans l'épaisseur de l'une des grandes lèvres. On les observe surtout chez les jeunes femmes? peu de temps après qu'elles ont été déflorées. Ils résultent de la meurtrissure, de l'espèce de contusion qu'a éprouvée le tissu comme caverneux qui est sous-jacent à la membrane muqueuse des grandes lèvres; et la matière qu'ils contiennent est du sang décomposé plutôt qu'un véritable pus : c'est ce qu'on voit du moins dans les circonstances rares oii l'on est à même d'ouvrir un abcès de cette sorte. En effet , que peu de femmes , parmi celles qui éprouvent l'accident dont il s'agit à la suite des premières jouissances de l'amour , réclament les secours de l'art! Retenues par un sentiment de pudeur, presque toutes confient à la nature le soin de leur guérison : presque toutes aussi sont trompées dans leur attente. Il y a bien ouverture spontanée de l'abcès; mais cette ouverture se fait ordinairement au-dessus de la partie la plus déclive du foyer, tantôt à la surface interne de la grande lèvre, tantôt sur le bord libre, et presque toujours il s'établit une fistule dont le fond est un petit sinus, qui alternativement se remplit de pus et se vide jusqu'à ce qu'on se décide à l'ouvrir dans toute sa longueur. Quand on en vient là, il faut étendre l'incision jusqu'aux parties

ABD 87 saines vers l'une et vers l'autre extrémité de la grande lèvre, et lutter long-temps contre la tendance des bords de la plaie à se rapprocher et à se réunir trop prompteinent, en les tenant écartés l'un de l'autre avec de la charpie. Ce qu'on fait pour guérir l'ulcère listuleux de la grande lèvre qui succède à l'ouverture spontanée d'un abcès de cette partie, il faut le faire pour le prévenir quand on a à traiter J'abcès lui-même : c'est assez dire qu'on doit l'ouvrir, et l'ouvrir grandement : le mieux serait peutêtre de terminer par l'excision d'une partie des lèvres de la plaie; on s'épargnerait les soins qu'il faut prendre pour empêcher que cette plaie ne guérisse trop promptement, et l'on préviendrait plus sûrement la formation d'une fistule.

§ VII Abcès des membres. — • Après ce qui a été dit sur les abcès en général, nous n'avons rien à dire en particulier des abcès des membres. A ces abcès plus qu'à ceux d'aucune autre région du corps se rapportent les remarques purement pathologiques et les considérations pratiques que nous avons présentées dans la première partie de cet article. On pourrait cependant s'occuper ici , sous ce titre d'abcès des membres, des épanchemens de pus consécutifs à l'inflammation des membranes synoviales articulaires , et des abcès dans les gaines synoviales des tendons : en effet , c'est dans les membranes principalement que se trouvent placés ces deux systèmes membraneux; c'est aux membres presque exclusivement qu'on voit des abcès succéder à leur inflammation : mais il est plus convenable de renvoyer au mot panaris, consacré pour désigner les inflammations diverses des doigts, les abcès des gaines synoviales des tendons : d'un autre côté , c'est en traitant des plaies des articulations que séra exposé tout ce qui a rapport aux abcès des membranes synoviales articulaires : en effet une plaie pénétrante dans une articulation en est la cause la plus ordinaire; dans aucune autre circonstance l'inflammation des membranes synoviales ne se termine plus souvent par suppuration. ( Voyez GAÎNES SYNOVIALES, membranes synoviales,

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