PANARIS, PLAIES DES ARTICULATIONS, RHUMATISME ARTICU- LA1RE. ) (ROUX
ABDOMEN, s. in. Abdomen; de abderc , cacher. C'est la partie inférieure du tronc; l'uue des trois grandes cavités splanetattiques, qui contient les principaux organes de la digestion, ceux de la sécrétion urinaire et une partie de ceux de la génération.
Cette grande région du tronc est située au-dessous de la poi-
trinc, dont elle est séparée par le diaphragme, et terminée en bas 1 par le bassin , qui sert d'appui aux membres inférieurs. Sa forme est oblongue de haut en bas , et comprimée d'arrière en avant. On doit considérer dans l'abdomen les parois, la cavité et les viscères.
Les parois de l'abdomen sont en arrière les lombes, en bas le bassin, en haut le diaphragme, en avant et en côtés la région abdominale et les flancs. Considérées dans leur ensemble, ces parois présentent deux surfaces, l'une extérieure et l'autre intérieure. La surface extérieure se divise elle-même en six faces : la face antérieure est convexe, surtout dans la partie inférieure; elle présente en haut un petit enfoncement qu'on appelle le creux de l'estomac, dans lequel on peut sentir l'appendice xyphoïde du sternum; au milieu de sa hauteur se trouve l'ombilic; en bas elle se termine au pubis au milieu, et de chaque côté au pli de l'aine qui la sépare de la cuisse. La face postérieure est concave de haut en bas, et présente au milieu les apophyses épineuses lombaires, et de chaque côté une saillie large et plus ou moins maquée, formée par les muscles spinaux. La face supérieure formée par la face thoracique du diaphragme, est cachée dans la base de la poitrine où elle fait une convexité très-marquée. En arrière et en côtés, cette face, est appliquée devant la colonne vertébrale et à l'intérieur des dernières côtes. La face inférieure, formée par le bassin, présente elle-même une partie postérieure, ou sacrée, qui fait suite à la région lombaire, et où l'on trouve les fesses séparées l'une de l'autre par un sillon médian; deux parties latérales, ou les hanches qui présentent l'articulation de la cuisse; et une partie inférieure proprement dite, ou périnéale, comprise entre les extrémités supérieures des cuisses, et dans laquelle se trouvent en arrière l'anus et en avant les organes de la copulation. Les faces latérales se continuent par en haut avec les côtés de la poitrine, par en bas avec les hanches; entre ces deux parties les flancs sont un peu resserrés ou concaves de haut en bas.
La surface intérieure des parois de l'abdomen a beaucoup moins d'étendue que l'extérieure; elle présente comme celle-ci six faces. La face postérienre, convexe de haut en bas, présente au milieu la saillie des vertèbres lombaires, en côtés celle des muscles psoas, et plus en dehors une surface plane formée par le carré lombaire; en haut et en bas cette face appartient au
ABD 89 diaphragme et au bassin. La face supérieure ou diaphragmatique est concave : peu au milieu et davantage dans les deux côtés. Sa concavité est dirigée en bas et en devant. Elle s'incline en arrière ef en côtés, de manière à faire partie des faces postérieures et latérales. La face inférieure, ou pelvienne, présente une excavation profonde qui forme comme un appendice à la cavité abdominale. En bas elle répond au périnée; en arrière elle fait suite à la face postérieure, en côtés elle présente la fosse iliaque remplie en partie par les muscles psoas et iliaque, et qui fait partie des faces latérales. Les faces latérales, formées en haut par les côtés du diaphragme, et en bas par la fosse iliaque du bassin , sont très - étroites entre ces deux parties. Enfin la face antérieure est concave, elle présente au milieu l'ombilic, et à partir de ce point quatre lignes ou replis péritonéaux saillans qui s'écartent en rayonnant. L'un, très large, se dirige en haut et en arrière dans la cavité, et aboutit au foie et au diaphragme. Il contient dans son bord inférieur la veine ombilicale oblitérée. Les trois autres replis se dirigent en bas : l'un médian, et trèspeu saillant, aboutit au sommet de la vessie et contient l'ouraque; les deux autres un peu plus saillans se portent en bas en divergeant un peu, et se terminent dans le bassin sur les côtés de la vessie; ils contiennent les artères ombilicales oblitérées. Ces deux derniers replis forment derrière la partie inférieure de la paroi antérieure une saillie assez marquée, qui sépare de chaque côté deux fossettes inguinales, l'une externe plus grande et l'autre interne. Dans le fond de la fossette externe le péritoine présente un petit enfoncement infundibuliforme qui s'engage dans l'anneau inguinal dont la paroi est percée.
Les parois de l'abdomen n'ont point toutes la même épaisseur ni la même composition; la paroi postérieure, qui est la plus épaisse, et formée par les lombes. Il entre dans sa composition : les vertèbres lombaires, leurs ligamens, les muscles inter-transversaires et carrés, les piliers du diaphragme, les muscles psoas, les trois feuillets de l'aponévrose lombaire du transverse, les muscles spinaux, l'aponévrose lombaire du petit oblique et le grand dorsal, est dans les intervalles de ces muscles les nerfs et les vaisseaux lombaires. La paroi supérieure , qui est la -plus mince, ' «1 formée par le diaphragme. Ce muscle de plus, appliqué en arrière sur les dernières vertèbres dorsales et sur les premiers lombaires, forme avec elles la partie supérieure de la paroi posté -,
neure; et appliqué en côtés à l'intérieur des dernières côtes et de leurs cartilages, il forme, conjointement avec ces parties et les muscles qui les recouvrent, la partie supérieure des parois latérales. Cette paroi supérieure présente trois grandes ouvertures , qui sont d'arrière en avant les ouvertures aortique, œsophagienne , et celle de la veine cave, qui est un peu à droite.
La paroi inférieure est formée par le bassin, dont la région sacrée fait suite à la paroi postérieure, dont les régions iliaques forment la partie inférieure des parois latérales, tandis que l'excavation constitue une sorte d'appendice. Le périnée, ou la paroi inférieure proprement dite, est principalement formé parle coccyx, les muscles ischio-coccygiens et releveurs de l'anus et une aponévrose qui ferme l'arcade du pubis. Il contient d'ailleurs, dans son épaisseur, les muscles de l'anus et des organes génitaux, des nerfs et des vaisseaux, et présente des ouvertures pour le rectum, l'urètre et le vagin. Le bassin présente en outre de chaque côté une ouverture sous-pubienne et deux ischiatiques qui donnent passage à des nerfs et à des vaisseaux pour les membres inférieurs et pour les organes génitaux externes.
Les parois latérales sont formées, comme il a déjà été dit, en haut par le diaphragme et les dernières côtes, en bas par la région iliaque du bassin. La paroi antérieure, en y comprenant les parois latérales entre les dernières côtes et les hanches, c'est-à-dire les flancs, est formée par cinq paires de muscles et par des aponévroses. Ce sont en côtés les muscles grand oblique, petit oblique et transverse appliqués l'un sur l'autre, en avant le muscle droit et la gaine qui lui fournissent les aponévroses des trois muscles précédens, et en bas le muscle pyramidal; de plus, en avant de ces muscles le fascia superficiel de Camper, et en arrière le fascia transversal de A. Cooper. Toutes ces parties forment, par leur superposition et leur réunion, un plan charnu et aponevrotique très -compliqué qui s'étend de haut en bas, depuis la base de la poitrine jusqu'à celle du bassin, et depuis les côtés de la colonne lombaire jusqu'à la ligne médiane antérieure. Ce plan, à peu près également épais partout, présente des fibres longitudinales, des fibres obliques en deux sens opposés et des fibres transversales. On a comparé cet arrangement des fibres musculaires à la texture de l'intestin. Les deux moitiés de cette paroi musculaire se réunissent en devant par un entrecroisement aponévrotique qu'on appelle ligne blanche , et qui représente une sorte de corde ten-
ABD (ji dîneuse fixée d'une part au pubis, et de l'autre à l'appendice xyphoïdc du sternum, qui fait aussi partie de la paroi antérieure. Cette paroi reçoit des nerfs et des vaisseaux des derniers intercostaux et des lombaires; les deux branches de terminaison des vaisseaux mammaires internes, les vaisseaux épigastriques et les iliaques antérieurs lui appartiennent aussi. Cette paroi présente divers anneaux ou ouvertures qui sont l'ombilic, et de chaque côté l'anneau abdominal ou inguinal : en outre, cette paroi, en se fixant au bassin dans l'aine, laisse au-dessous d'elle un espace appelé arcade crurale, dans lequel se trouve un anneau qui porte également le nom de crural
Toutes les parois de l'abdomen, excepté la supérieure et une partie de l'inférieure, sont recouvertes à l'extérieur par la peau et le tissu cellulaire et adipeux sous-cutané. La peau dans la région lombaire est plus épaisse et plus ferme que dans les autres régions; elle est garnie de poils au pubis et plus ou moius haut au dessus de cette région. Le tissu adipeux sous-cutané est parsemé de fibres denses dans les régions des lombes et des fesses. A la ligne médiane de la paroi antérieure, les molécules adipeuses sont oblongues. Les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés de la moitié sous-ombilicale de l'abdomen aboutissent aux glandes lymphatiques de l'aine ; ceux de la moitié sus-ombilicale aboutissent à l'aisselle. Toutes les parois de l'abdomen, excepté le périnée, sont tapissées plus ou moins complètement à l'intérieur par le péritoine et par son tissu cellulaire et adipeux extérieur. Le tissu adipeux sous-péritonéal abonde particulièrement à la région lombaire et dans le bassin. Partout où les parois osseuses musculaires ou aponévrotiques présentent des ouvertures, ce tissu cellulaire et adipeux s'y prolonge seul ou avec d'autres parties qui traversent ces ouvertures; ce qui constitue, quand ces prolongemens sont un peu volumineux, des appendices graisseux du péritoine, ou improprement des hernies graisseuses.
La cavité de l'abdomen n'existe point, à proprement parler : on ne doit l'admettre que dans le cas où l'on en aurait enlevé les viscères, ou bien en les supposant enlevés; elle est alors ovoïde, irréguliere, quoique symétrique, divisée incomplètement en deux parties latérales par la saillie des vertèbres lombaires, et elle présente au-dessous du détroit supérieur du bassin une espèce d'appendice ou une autre cavité formée par l'excavation pelvienne. Ces deux parties de la cavité n'ont point la même direction :
l'axe de la cavité supérieure ou principale aboutit inférieurcment entre l'ombilic et le pubis environ, et celui de la cavité inférieure aboutit en haut aux environs de l'ombilic, de sorte que ces deux axes se croisent au-dessous de l'ombilic , du moins dans la station verticale. Cette cavité se divise en trois régions principales : une supérieure qu'on appelle cpigastrique , et qui s'étend depuis la paroi supérieure jusqu'à un plan horizontal que l'on suppose passer au-dessous des dernières côtes; une inférieure appelée hypogastrique , et qui s'étend depuis la paroi inférieure jusqu'à un autre plan imaginaire qui passerait au-dessus des hanches; et enfin une région moyenne ou mésogastrique comprise entre les deux plans horizontaux. On donne aussi le nom à' excavation pelvienne à la partie de l'hypogastre qui est au-des sous du détroit supérieur du bassin. L'épigastre a sa paroi supérieure formée par le diaphragme, la postérieure formée par ce même muscle appliqué sur les dernières vertèbres dorsales et les premières lombaires, l'antérieure par la paroi antérieure de l'abdomen, et les latérales par le diaphragme appliqué à l'intérieur des dernières côtes et de leurs cartilages. Le mésogastre a sa paroi postérieure formée par les lombes, et ses parois latérales et antérieure par la paroi abdominale proprement dite; l'hypogastre est entouré en devant par cette même paroi, en côtés et en arrière par le bassin; enfin, l'excavation pelvienne est bornée tout autour par cette cavité, et en bas par le périnée. On divise encore chacune de ces trois régions de l'abdomen en une partie moyenne et deux parties latérales, comme elles le seraient par deux autres plans verticaux, qui couperaient les premiers à angle droit, et qui en avant répondraient au milieu du contour cartilagineux des côtes et au milieu du pli de l'aine. La partie moyenne retient le nom de la région; et les parties latérales s'appellent hypocondres dans la région supérieure, flancs dans la région moyenne, et fosses iliaques dans la région hypogastrique. La cavité de l'abdomen est remplie par un grand nombre de viscères dont la plupart, revêtus par le péritoine, sont contigus à la paroi antérieure, également tapissée par cette membrane : de sorte que la cavité de l'abdomen se trouve réduite à celle du péritoine , qui en santé est une cavité possible dont les parois sont dans un contact mutuel exact. Cotte cavité à parois continués n'existe guère même qu'en haut en devant.
Les viscères abdominaux ont été distingués en intra et en cxli ..-
ABD é)3 ; péritonéaux. Cette distinction n'est pas rigoureuse, car il n'y a i aucun viscère qui soit réellement contenu dans la cavité du péritoine; seulement quelques-uns n'y font point ou presque point de ! saillie, tandis que d'autres sont enveloppés presque tout-à-fait par ( cette membrane. Ce sont les organes urinaires et génitaux qu'on appelait extra-pcritonéoux , et cependant la vessie, et surtout l'utérus , forment une saillie plus marquée que plusieurs des organes digestifs. Les viscères contenus dans l'abdomen sont : i° ceux de la i digestion : l'estomac, les intestins grêle et gros, le mésentère et le i mésocolon, l'épiploon , le foie et les voies biliaires, la rate et le pancréas; 2°" ceux de la sécrétion urinaire : les reins, les uretères i et la vessie; on y joint les capsules surrénales, à cause de leur i rapport de situation avec les reins; 3° ceux de la génération : dans la femme, l'ovaire, la trompe utérine , l'utérus et le vagin: dans l'homme, les conduits déférens, les vésicules spermatiques , les conduits éjaculateurs et la pi-ostate. L'abdomen contient èn outre les nerfs et les vaisseaux de ces organes, et nommément la fin des nerfs pneumo gas!riques, des nerfs splanchniques , les ganglions semi-lunaires, le plexus solaire et la portion abdominale du nerf grand sympathique, les vaisseaux chylifères et leurs ganglions mésentériqnes , et le commencement du canal thoracique. Cette cavité est traversée aussi par l'aorte, par la veine cave, par les vaisseaux iliaques, par les nerfs des membres inférieurs et divers autres, tous ces troncs nerveux et vasculaires sont appliqués contre la paroi postérieure et derrière le péritoine. Parmi les viscères, les uns sont appliqués contre la paroi postérieure , comme le foie, le pancréas, le duodénum, les reins, une partie du colon; contre la paroi latérale, comme le cœcum et l'S du colon, contre l'inférieure, comme le rectum, la vessie; quelquesuns, fixés aux parois par une partie de leur étendue, sont libres par l'autre, comme l'estomac, la rate, l'utérus; d'autres, enfin, lâchement attachés à la paroi postérieure, flottent librement contre l'antérieure, comme l'intestin grêle, l'épiploon, l'arc du colon.
L'abdomen, en tant qu'il contient les organes de la digestion, existe dans tous les animaux. Dans les zoophytes, ces organes occupent le centre du corps, et sont souvent les seuls qu'ils aient. De sorte que le corps de ces animaux est réduit à l'abdomen.
Dans les fœtus, c'est la première partie qui se forme. L'embryon n est d'abord qu'un abdomen. La vessie ombilicale etl'allantoïde ,
ou l'intestin et la vessie, forment primitivement tout le germe. Aussi dans les monstres par défaut on peut voir manquer la tête, le cou, le thorax et les membres, mais jamais l'abdomen entier, ou jamais du moins quelques parties de l'intestin , des organes urinaires et génitaux. Dans le .commencement l'abdomen est trèsvolumineux relativement à la poitrine, et le bassin est extrême- • ment étroit. Dans le fœtus jusqu'à trois mois, la paroi de l'abdomen se confond avec la base du cordon ombilical par un gros prolongement tapissé par le péritoine et contenant une partie du canal intestinal. A trois mois le péritoine passe tout droit derrière l'ombilic. Dans le principe la gaine du cordon et les tégumens ne sont pas distincts entre eux ; la distinction s'établit par le développement de la peau qui forme alors un petit prolongement cylindrique plus long et plus distinct à droite. L'ombilic est d'autant plus large et plus inférieur que le fœtus est plus jeune. A la maturité cet anneau est rempli par les vaisseaux ombilicaux , les artères tenant beaucoup plus étroitement à son contour que la veine. A cette époque il y a des fibres distinctes autour de l'ombilic et non encore dans la ligne blanche. A cette époque aussi le cordon se détache, et il se forme une cicatrice qui adhère au tissu fibreux de l'ombilic et aux vaisseaux oblitérés. Dans les trois derniers mois du fœtus , le péritoine a un prolongement qui traverse l'anneau inguinal (diverticulitm de nue/;): dans le mâle il persiste quelque temps après la naissance; dans la femelle, où il n'est point traversé comme dans le premier par le testicule, il est déjà fermé vers cette époque. Dans l'enfant naissant l'étroitesse et l'obliquité du bassin font que les viscères sont tous situés au-dessus de lui; ce qui, joint au grand volume du foie, fait paraître la face antérieure de l'abdomen comme hémisphérique. Peu à peu cette cavité s'allonge et diminue de largeur; aussi les jeunes gens ont-ils en général la taille svelte. Vers l'âge adulte la graisse s'accumule dans les parois et autour des viscères, et augmente l'abdomen dans sa circonférence. Dans les I vieillards ordinairement le bas-ventre diminue de volume.
Chez la femme, l'abdomen a une capacité plus grande que chez l'homme. Sa hauteur est plus grande relativement à celle du I
tronc : de là une plus grande distance entre les côtes et les I hanches. Sa largeur est plus grande en bas et moindre en haut que dans l'homme , ce qui lui donne la forme d'un ovoïde renversé; tandis que c'est l'inverse dans l'homme. La paroi anté-
A K I ) g5 rieure éprouve des changemens remarquables dans la grossesse, de même que la cavité et les viscères qui y sont contenus. Cette paroi reste plus lâche, et la cavité plus ample , chez les femmes qui ont e i des enfans. Cependant dans cette circonstance où la lierne blanche est élargie et amincie, l'ombilic reste fermé comme il l'est quelque temps après la naissance.
L'abdomen présente aussi quelques variétés individuelles rejatives à sa forme et à son volume. Elles portent en général sur la paroi antérieure, qui est tantôt très-saillante, et tantôt plate et même enfoncée. Ces variétés s'observent aussi dans des cas de maladie. Ainsi, dans les cas de polysarcie, d'hydropisie , de tuméfaction de quelqu'un des viscères abdominaux, la paroi antérieure et les flancs se laissent distendre, la paroi supérieure est également soulevée et refoulée dans la poitrine. Dans le marasme, au contraire, la paroi antérieure est déprimée.
L'abdomen présente des changement de forme momentanés dans diverses attitudes et dans quelques autres circonstances. Dans les mouvemens de la respiration , le diaphragme, en -s'i» baissant, pousse les viscères abdominaux contre la paroi antérieure, qui devient saillante pendant l'inspiration; pendant l'expiration au contraire elle revient sur elle-même en même temps que le diaphragme remonte. Dans la station sur les genoux, la courbure des lombes, naturelle à la station verticale, augmente, et la paroi antérieure est tiraillée. Dans la station assise, les cuisses et les jambes étant fléchies à angle droit, la courbure des lombes diminue et la tension de la paroi antérieure devient moindre. Dans le coucher sur un plan horizontal, la courbure des lombes, la saillie et la tension de la paroi antérieure diminuent encore davantage, et les flancs s'élargissent : si le bassin et les jarrets sont soutenus plus élevés que les lombes, celles-ci se redressent et la paroi antérieure devient plus lâche encore : si en même temps la tête et la poitrine sont aussi soutenues sur un plan plus élevé que les lombes, la paroi antérieure devient extrêmement lâche; ce qui permet de palper aisément les viscères abdominaux. Toutes les fois que les lombes sont redressées, et mieux encore si elles sont fléchies en avant, les deux axes de la cavité abdominale se confondent, et les efforts peuvent se diriger alors sur le périnée.
C'est dans l'abdomen que s'exécutent la chymification, la chyhfication, la sécrétion de la bile et du fluide pancréatique, la dépuration urinaire, la sécrétion du sperme, la fécondation et le
développement du fœtus. Les parois de cette cavité préservent les viscères : la paroi antérieure, qui est la moins résistante, est garantie par la position des organes des sens, par les mains et par la flexion de la colonne vertébrale. Les muscles des parois concourent en outre à diverses fonctions par la pression qu'ils peuvent exercer sur les viscères. Ainsi leur pression alternative sert à la circulation de la veine porte; leur contraction plus forte, jointe à celle des muscles de la respiration, concourt puissamment au vomissement et à la défécation, à l'excrétion de l'urine et à l'accouchement; leur contraction concourt en général à tous les efforts. Dans les cas d'efforts pour les excrétions abdominales , la paroi antérieure de l'abdomen durcit, change déforme, tandis que la région lombaire change de direction suivant que l'excrétion doit avoir lieu par en haut ou par en bas. Enfin, les muscles abdominaux et ceux de la région lombaire servent aussi à la station et aux mouvemens de la colonne vertébrale, des côtes et du bassin.
L'abdomen est sujet à beaucoup d'altérations anatomiquei ; les unes affectent sa forme, comme la privation partielle observée dans quelques acéphales, les courbures de la colonne vertébrale, les éventrations congénitales, les hernies extérieures, les étranglemens internes; les autres altérations portent sur la texture, et affectent le péritoine ou les viscères abdominaux; d'autres enfin consistent dans la présence de corps étrangers animés ou inanimés dans cette cavité.' (a. béclard. )
ABDOMINAL, adj. Abdominalis. Ce qui appartient à l'abdomen ; ce qui a des rapports avec cette partie.
abdominal (anneau). C'est l'anneau inguinal.
abdominal (ganglion ou cerveau). Ce sont les ganglions sémilunaires et le plexus solaire.
abdominal (système veineux). C'est la veine porte.
abdominale (aorte). Portion de l'aorte descendante, située au-dessous du diaphragme.
abdominale (aponévrose). Aponévrose des muscles obliques et transverses, réunis pour former la gaine du muscle droit et la ligne blanche.
abdominale (cavité). [Voyez abdomen.)
abdominale (hernie). C'est la hernie ventrale de la plupart des pathologistes.
abdominale (veine cave). C'est la veine cave inférieure.
ABD 97 abdominales (côtes). Ce sont les cinq dernières paires de côtes.
ABDOMINALES ( pAl'Ois ). VoyCZ ABDOMEN, LOMBES, DIAPHRAGME et BASSIN.
abdominales (régions). Voyez abdomen.
abdominales (verlèbres). Ce sont les vertèbres lombaires.
abdominaux ( membres ). Ce sont les membres inférieurs.
abdominaux (muscles). Ce sont les muscles grand oblique, petit oblique, trausverse , droit et pyramidal.
abdominaux (nerfs et plexus). Ce sont les divisions du plexus solaire et les branches antérieures des nerfs lombaires.
abdominaux (-viscères et organes). Voyez abdomen.
ABDUCTEURS (muscles), musculi abductores ; nom générique des muscles qui produisent le mouvement d'abduction. V oyez ce mot.
abducteur ( nerf). Voyez oculo-musculaire externe.
abducteur de l'aile du nez. Voyez élévateur commun.
ABDUCTEUR DE LA BOUCHE. Voyez ZYGOMATIQUE.
ABDUCTEURS DES DOIGTS ET DES ORTEILS.- Voyez INTEROSSEUX DU MÉTACARPE ET DU MÉTATARSE.
ABDUCTEUR DES LEVRES. Voj'eZ ÉLÉVATEUR DE l'aNGLE DES LÈVRES.
ABDUCTEUR DE l'oEIL. Voyez DROIT EXTERNE DE l'oEIL.
abducteur dé l'oreille. Voyez AURICULAIRE postérieur.
abducteur du gros orteil, abductor pollicis pedis, métatarso-sous-plialangien du premier orteil (Chaus. ) ; muscle court et épais, situé profondément à la plante du pied. Il naît par des fibres aponévrotiques de la partie inférieure de l'extrémité postérieure des troisième et second os du métatarse, de la gaine fibreuse du tendon du long péronier .atéral, et quelquefois aussi de ce tendon; il se porte en avant et un peu plus obliquement en dedans, s'unit à la portion externe du court fléchisseur et ensuite à l'abducteur transverse; il se termine avec eux par un tendon qui s'attache à l'os sésamoïde externe de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil, et au-delà à la partie inférieure et externe de la base de la phalange. Il produit l'abduction et concourt à la flexion du gros orteil.
abducteur transversal du gros orteil, abductor transversale pollicis pedis , mélatarso-sous-phalangien transverse du pre~ mier orteil (Chaus.); muscle aplati et grêle , situé transversalement x- 7
fltf ABI)
dans la plante du pied. 11 est attaché sous les quatre dernières articulations métatarso sous- phalangien nés, et se termine en dedans, en se confondant avec le précédent et en s'attachant comme lui à la partie externe de la base de la phalange du premier orteil. Il produit l'abduction de cette partie et rapproche les os du métatarse les uns des autres. J'ai quelquefois trouve à la main un muscle analogue ou abducteur transversal du pouce.
abducteur nu petit orteil, abductor digiti niinimi pedis , calcanéo-sous-plialar/gien du petit orteil ( Chaus. ); muscle alongé et mince, situé superficiellement à la partie exterrfe de la plante du pied. Il naît de la partie externe de la tubérosité inférieure et postérieure du calcanéum , de l'aponévrose plantaire depuis cette tubérosité jusqu'à l'extrémité postérieure du cinquième, os du métatarse, et d'une cloison apohévrotique qui le sépare du court fléchisseur des orteils; il se dirige en devant et un peu en dehors, s'amincil successivement et se termine par un tendon qui s'attache à la partie externe de la base de la phalange du cinquième orteil. Il produit l'abduction et la flexion de cet orteil.
abducteur du pouce (court), (ibduotor brans pollicis manûs , carpo-sus-phalangie.n du pouce. (Chaus.); muscle court, aplati et triangulaire, situé dans l'éminence du thénar. Il naît du scaphoïde, du trapèze, du ligament annulaire du carpe, de l'aponévrose palmaire, et quelquefois du long abducteur; il se porte de là en bas, en dehors, s'unit avec la portion externe du court fléchisseur, et se termine par un petit tendon au côté externe de l'extrémité supérieure de la phalange du pouce. Il porte ce doigt dans l'abduction, et le fléchit.
abducteur du pouce (long), abductor longus pollicis manus , cubito-sus-metacarpien du pouce (Chaus.); muscle alongé et grêle, situé profondément à la partie postérieure et superficiellement à la partie externe de l'avant-bras. Il est attaché à la partie externe de la face postérieure du cubitus, immédiatement au-dessous du court supinateur, et à la face postérieure du ligament interosseux; il se porte de là en bas et en dehors, appliqué sur le radius et sur les tendons des radiaux externes^ devenu tendineux, il s'engage avec le tendon du court extenseur du pouce dans une coulisse creusée sur le côté externe de l'extrémité inférieure du radius, couvre plus bas l'artère radiale suite côté externe du carpe, et se termine en s'attachant au côt<
ABE 99 externe de l'extrémité supérieure du premier os du métacarpe. Il produit l'abduction et l'extension de cet os, et concourt à k supination. ( kiîclard.)
ABDUCTION, s. f. abductio, mouvement dans lequel une partie est éloignée du plan médian du corps ; tels sont les mouvemens. dans lesquels le devant de l'œil est porté en dehors , les membres supérieurs ou inférieurs sont écartés l'un de l'autre. Quant à la main et au pied, les anatomistes y ont en général admis une ligne médiane particulière et ont appelé abduction le mouvement dans lequel les autres doigts s'écartent de celui du milieu. Desault et les anatomistes français qui ont écrit depuis lui, dans l'intention, sans doute de mettre plus de précision dans la langue , ont admis une position anatomique telle , que les pieds sont supposés parallèles et les palmes des mains tournées en devant, et ont appelé abduction le mouvement par lequel un doigt quelconque est éloigné du plan médian général du corps. Il résulte de là que pour le gros orteil et le suivant, pour le petit doigt et le doigt annulaire, ce que MM. Gavard, Boyer, Bichat et Cloquet appellent -abduction, les autres écrivains l'appellent adduction, et vice versa. Par une singulière contradiction, les auteurs anonymes d'un ouvrage alphabétique adoptent le sens général des mots abduction , abducteur, et nomment les muscles abducteurs d'après le sens nouveau introduit par Desault. .
(a. béclard. )
ABEILLE, s. f. apis. Les naturalistes ont donné ce nom à un genre d'insectes de l'ordre des hyménoptères et de la famille des mellites, genre dont les caractères sont d'avoir la lèvre supérieure courte , le corps velu, les antennes moins longues que la tête et le corselet réunis, le premier article des tarses aplati. Mais, dans le langage vulgaire, on appelle plus particulièrement. abeille une des espèces de ce genre, l'abeille domestique, qpis mellijîca, unit. C^est cette espèce qui vit en républiques nombreuses, que nous avons, appris à gouverner pour notre «utilité, et qui fournit à nos besoins la cire , le miel et la prnpolis. ( Voyez ces mots. ) C'est elle aussi qui, conjointement avec les autres espèces du même genre, mérite l'attention du médecin, par les accidens qui sont la suite des piqûres de son aiguillon.
Nous abandonnons aux naturalistes et. aux philosophes les brillantes considérations auxquelles on est conduit par l'examen ordre merveilleux qui règne dans les cités que peuplent ces
ïoo ABE
insectes. Mais il je^t indispensable ici de faire connaître , avec quelques détails, l'appareil à l'aide duquel ils distillent un venin brûlant et souvent meurtrier pour les faibles animaux qu'ils attaquent.
Tout rassemblement d'abeilles est composé de trois sortes d'individus, les femelles, les mâles, et les ouvrières qui sont privées de sexe. L'arme dont nous parlons n'existe que dans les femelles et dans les ouvrières; les mâles en sont constamment dépourvus. Elle porte habituellement le nom d'aiguillon.
La base de l'aiguillon de l'abeille est un assemblage de neuf écailles cartilagineuses ou cornées, dont huit paraissent destinées, au moyen des muscles qui s'y insèrent, à porter au dehors la pointe de l'instrument, fandis que la neuvième en forme de V, et dont la partie la plus large est tournée en avant, semble propre à en opérer la rétraction.
Le corps de l'aiguillon lui-même est arrondi et alongé. Il est composé d'un étui formé par deux portions semi-cylindriques accolées l'une contre l'autre, et de deux lames aiguës qui sont mobiles dans l'intérieur de cette sorte de fourreau , et qui laissent entre elles inférieurement une petite rainure. Chacune de ces lames est garnie d'une douzaine de petites dentelures crochues dirigées vers la base.
En raison de celte structure, l'aiguillon de l'abeille, quoique séparé du corps de l'insecte, peut encore pénétrer dans la peau, lorsqu'il n'est point isolé de. la partie charnue qui en fait la base. On peut s'en convaincre facilement en répétant une expérience de Réaumur, qui consiste à faire piquer par une abeille un morceau de peau de chamois. Le point d'appui, qu'on croirait naturellement devoir exister dans l'intérieur des anneaux de l'abdomen, se trouve donc dans la base même de l'organe.
Ce n'est point seulement, au reste, par piqûre mécanique que l'aiguillon des abeilles produit la douleur que l'on ressent au moment où l'on est blessé par elles. Il n'est que le conducteur d'un venin qui est introduit dans la plaie en même temps que lui.
Ce venin coule par la rainure pratiquée au-dessous des deux lames du dard, et il est préparc par des canaux tortueux qui viennent se rendre à une petite vésicule, dont le conduit excréteur aboutit à la base de l'aiguillon, entre les deux portions de l'étui, et qui jouit de la faculté de se contracter et de faire
ABE mi jaillir elle-même la liqueur lorsqu'elle est séparée du corps de l'animal et arrachée avec l'aiguillon.
Le venin de l'abeille se coagule-ct se dessèche par l'effet du contact de l'air; mis sur la langue, il est d'abord un peu acerbe et d'une saveur styptique; il ne rougit ni ne verdit les couleurs bleues végétales. Introduit sous la peau, avec la pointe d'une aiguille, il cause les mêmes accidens que ceux qui dépendent de la piqûre même de l'abeille.
Ce serait jusqu'à un certain point ici le lieu de parler de ces accidens et de la nature des moyens curatifs dont ils nécessitent l'emploi. Mais, comme la guêpe commune, vespa vulgaris, la guêpe des arbustes, vespa gallica, le frelon, vespa crabro, le xylocope violet, apis violacea, Linn. , et plusieurs autres inr sectes hyménoptères, font des piqûres suivies des mêmes symptômes, et à l'aide d'un mécanisme analogue : nous traiterons ce sujet d'une manièrg générale aux articles insectes venimeux et
PIQURES D'iNSECTES.
Nous rappellerons seulement encore deux faits avant de terminer. Ils ont un rapport immédiat avec l'art de guérir.
Chaque espèce d'abeilles a probablement un venin d'une activité différente, en raison de la force et du genre de vie de l'insecte. Dans nos climats, par exemple, les piqûres des grosses abeilles velues et des xylocopes sont plus redoutables que celles de l'abeille domestique. Les grandes abeilles des tropiques sont encore beaucoup plus à craindre. On a remarqué aussi que la vésicule à venin des femelles est bien plus volumineuse que celle des ouvrières; cé qui doit rendre plus graves nécessairement les suites des blessures qu'elles font.
A une époque où le système des compensations jouissait d'une faveur presque générale, on a prétendu faire faire à l'abeille quelque bien , en réparation du mal que causent ses piqûres. Le miel et la cire qu'elle produit auraient dû suffire pour cela; mais il n'en a point été ainsi, et les médecins du moyen âge ont administré contre l'alopécie cet insecte impitoyablement réduit en poudre et mêlé avec du miel. On n'oserait plus de nos jours proposer un semblable remède; et, quoique la matière médicale ait encore besoin d'une grande réforme dans ses moyens et dans son langage, il n'est plus permis de s'arrêter à de telles absurdités, (h. cloquet)
ABELMOSCH, s. m. ce nom parait dérivé de deux mois
ioa ABI
arabes, habb él misk , qui signifient graine musquée. Ce sont les semences de Y Hibiscus abelmoschus , L. Famille des malvacées, Juss. ; monadelphie, polyandrie, Linn. Originaire d'Asie, cet arbrisseau est aujourd'hui cultivé en Egypte et dans l'Amérique méridionale. Le plus estimé nous vient de la Martinique.
Ces graines, qui portent également les noms à'ambrette , jle grdines de musc, ont en effet un odeur ambrée très- agréable. Elles sont réniformes et de la grosseur d'un grain de millet. Elles entrent dans la composition de la poudre de Chypre, usitée comme parfum dans le Levant. Elles ne sont aujourd'hui d'aucun usage en médecine ; on les regardait autrefois comme excitantes et antispasmodiques. (a richard).
. ABERRATION, s. f. aberratio , de abcrrare , s'écarter, s'égarer; anomalie dans la conformation, la disposition des organes, ou dans l'exercice de leurs fonctions. Ce mot, qu'on trouve fréquemment dans les théories médicales, s'appliquait autrefois aux changemens arrivés dans le cours des humeurs. Boerhaave s'en servait pour exprimer le passage d'un fluide dans des vaisseaux qu'il n'a pas coutume de parcourir. On désigne quelquefois par le mot aberration l'action insolite d'un organe, qui par là supplée à celle d'un autre organe dont les fonctions ont cesssé ou diminué; comme lorsque l'évacuation menstruelle est remplacée par une hémorrhagie du nez , des poumons, etc. Quand l'humorisme dominait, ces phénomènes étaient attribués à l'aberration des humeurs; les solidistes les expliquent maintenant par l'aberration des propriétés vitales. On dit encore aberration des sens , aberration du jugement , lorsqu'il y a erreu* dans là perception des images ou incohérence dans l'association des idées. Forez
ANATOM1E PATHOLOGIQUE, MONSTRE, DEPLACEMENT, DÉVIATION, HALLUCINATION, etc. (RA1GE-DELORME ).
AB- IRRITATION, terme composé de ab privatif, et de irrita do ; par conséquent sa véritable signification serait absence d'irritation, défaut d'irritation. Néanmoins quelques élèves de M. le professeur Broussais se servent du mot ab- irritation pour désigner l'état opposé à celui d'irritation, c'est-à-dire la diminution d'énergie des phénomènes vitaux, ou la faiblesse. ( Leçons du docteur Broussais sur les phlcgmasies gastriques , par Caignou et Quémont, page7- — Principes généraux de physiologie pathologique, par I,. J. Bégin, page 126). Le choix qu'ont fait ces médecins du mot ab-it ritation , et le sens qu'ils
ABL iol lui ont donné, ont sans doute pour objet d'éviter l'emploi de-, termes asthénie et adynamie , qui expriment mieux la même idée, mais qui appartiennent plus spécialement à d'antres systèmes de médecine. Voyez adïnamie et astiiénie. (coutanceau.)
ABL ACTATION , s. f. ablactatio , d'ablactarc, h lacté remo- Pèrej sevrer, cesser d'allaiter. Ce mot a été employé dans ces derniers temps, par quelques auteurs , pour désigner la cessation de la lactation, considérée par rapport à la mère, tandis que les auteurs latins, dont on l'a emprunté, ne s'en servent que pour exprimer l'idée que nous rendons par le mot sevrage , et ne l'appliquent qu'à l'enfant. Il ne nous paraît pas nécessaire d'introduire dans le langage médical ce mot ainsi détourné de sa signification primitive. Les phénomènes qui se «manifestent chez la femme qui cesse d'allaiter son enfant seront exposés, avec ceux qui accompagnent la sécrétion et l'excrétion du lait, au mot lactation. (Voyez ce mot.)
Quant aux maladies auxquelles les femmes sont exposées à cette époque, et aux précautions hygiéniques qu'elles doivent mettre en usage pour les éviter, letir exposition trouvera plus naturellement sa place, lorsqu'il sera question de la santé et des maladies des nourrices. (Voyez ce mot ) (desormeaux.)
ABLATION, ablatio , de aiiferre, ablatum , ôter, enlever. Ce mot pris dans le sens le plus général* exprime l'action d'emporter, d'extraire du corps une partie quelconque. C'est dans celte acception que l'a employé Hippocrate , qui l'appliquait à toute sorte d'évacuation , à l'émission même du sang par la section de la veine. Le même auteur fit , par extension , signifier à ce mot le retranchement d'une partie de la nourriture journalière ordonné relativement à la santé. Enfin Galien , suivant Castelli. , a donné le nom d'ablation à la rémission qui survient après un paroxysme, soit que cette rémission soit suivie ou non du retour complet à la santé. (r. del.)
En médecine opératoire , l'ablation , prise dans un sens plus restreint que précédemment, peut être considérée comme un des trois genres de V exérèse. (Voyez ce mot.) On comprend sous la dénomination d'ablation les opérations dont le but est le retranchement d'une partie naturelle du corps ou d'une partie qui s'y est développée accidentellement. Sous ce point de vue, les ablations peuvent se rapporter à trois ordres distincts : i° ablation des membres, soit en partie, soit en totalité, dans leur conti-
io4 ABL
imité ou dans leurs articulations ; 'i" ablation d'une partie ou de la totalité de quelques organes particuliers, tels que l'œil, la; langue, les amygdales, les mamelles, etc.; 3° ablation des tumeurs, telles que les polypes, les loupes, diverses excroissances de la peau, les tumeurs des os, etc.
L'ablation d'une partie quelconque du corps comporte deux modes généraux, Y amputation et l'extirpation. Les raisons sur lesquelles est basée cette distinction seront mieux placées à chacun de ces mots. Mais, sans être faite autrement que de l'une de ces deux manières principales, l'ablation d'une partie est désignée, dans diverses circonstances, par des expressions particulières. Quelques-unes indiquent moins le mode même que le résultat de l'opération ; tel est le terme de castration pour l'amputation ou l'extirpation des testicules ; celui de circoncision pour l'excision de l'extrémité du prépuce. D'autres ont chacune en particulier un sens plus étendu, et s'appliquent à plusieurs opérations différentes dont elles expriment le mode même d'exécution; tels sont les mots excision, rescision, éradication , évulsion , résection, etc. [Voyez ces mots.) Enfin le terme d! ablation, que nous avons employé comme terme générique de toutes les amputations et extirpations , est presque le seul qui soit consacré pour désigner quelques opérations de ce genre, notamment celles qu'on pratique sur les os ; ainsi l'on dit : Y ablation d'une exostose, d'une portion dos cariée ou nécrosée. (roux.)
ABLUANS, adj. abluentia ; expression maintenant inusitée, mais dont se servaient les anciens pour désigner les médicamens aqueux avec lesquels on nettoyait la surface des tissus malades , et on enlevait les matières étrangères qui y adhéraient. D'après ces idées, toutes les boissons délayantes et tempérantes appartenaient aux abluans internes; et on considérait comme abluans externes tous les liquides principalement aqueux qu'on employait sous forme de bains, de douches, d'injections, de lotions, de gargarismes, de collyres, de lavemens. Dès que les liquides jouissaient de propriétés plus actives que celles de l'eau, ces moyens médicamenteux prenaient alors le nom à'abstergens. [Voyez .ce mot.) > (guersent.)
ABLUTION, s. f. ablutio; de abluere , pratique religieuse qui consiste à nettoyer la surface du corps par des lotions réitérées. Entretenir la propreté et par conséquent favoriser les fonctions de la peau, donner du ressort, du ton aux chairs, tels sont