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mique par Sylvius Dclcboë, pour désigner les granulations des glandes conglomérées.

ACINIFORME (tunique), tunica acinolis , s. aciniformis , s. acinosa; synonyme de uvée. (béclard.)

ACNÉ , s. f. , ÙKpiî , maladie de la peau caractérisée par une éruption de tubercules peu étendus, séparés les uns des autres ou rassemblés en groupes, durs, plus ou moins rouges à leur base, d'une durée incertaine, mais toujours très-longue, ayant leur siège ordinaire sur le front , le nez , les joues , les tempes, etc. S'il faut en croire Cassius (probl. 33) , le mot acné dériverait de dx-pt, cix.p.u.1, vigores , parce que cette éruption a lieu le plus communément dans l'âge adulte, et que souvent elle semble s'allier à une sorte de vigueur. Employé anciennement par Aè'tius, et dans ces derniers temps par Sauvages, ce terme a été définitivement adopté par Willan et Bateman dans leur classification.

Uacné des pathologistes anglais correspond à la dartre pustuleuse couperose, herpès pustalosus gutta rosea, de M. Alibert; au genre gutta rosea de Darwin (zoonomia); aux vari des anciens (Celse). C'est la même maladie qu'on trouve désignée dans quelques auteurs grecs, sous le nom de tovêos (Aëtius). Le genre acné se compose de quatre espèces, Yacne simplex, a. punctata, a. indurata , et a. rosacea. La dénomination de couperose étant généralement consacrée en France, c'est à ce mot que nous nous réservons de parler de ce qui est relatif à cette maladie de la peau. ( Voyez couperose.) (biett.J

ACOLOGIE, ou akologie, s. f. , cdologia, de uxos, remède, et de xôyos, discours. Nom que quelques auteurs ont donné à la matière médicale. Inusité.

ACONIT napel (aconitum napellus. L.) Renonculacées , Juss.; polyandrie trigynie, Lin. Les caractères botaniques du genre aconit sont les suivans : calice colore, irrégulier, sépale supérieur en forme de casque; corolle formée de deux pétales (nectaires de Lin.) longuement pédicuîés à la base, terminés par une sorte de petit capuchon dont l'ouverture inférieure offre une petite languette alongée : ces deux pétales sont contenus et cachés sous le sépale supérieur. Les capsules sont au nombre de trois ou de cinq.

L'aconit napel est une grande et belle plante vivace , qui croit dans les pâturages des montagnes, dont la tige, haute de deux à trois pieds, porte des feuilles alternes, pétiolées, découpées en

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lobes digités, et se termine par un long épi de fleurs d'un beau bleu violet, et dont les capsules sont au nombre de trois seulement.

Analyse chimique. — Elle laisse encore beaucoup à* désirer. Brandes y a découvert un principe immédiat nouveau, auquel il a donné le nom d'aconàin.

Propriétés et usages. — On n'a long-temps vu dans le napel qu'une plante dangereuse et délétère, qui plus d'une fois avait donné lieu à des accidens graves et souvent même mortels. Mais de même que la plupart des autres poisons, le napel est devenu, entre les mains de quelqnes expérimentateurs habiles, un médicament efficace dans lequel la thérapeutique a trouvé une nouvelle ressource. Storck , qui s'est spécialement occupé de l'emploi médical des plantes vireuses , a le premier appelé l'attention des praticiens sur l'aconit napel. Il tenta sur lui-même ses premières expériences. Le seul résultat positif qu'il obtint fut de reconnaître dans ce végétal la propriété d'augmenter d'une manière sensible la perspiration cutanée. Depuis cette époque, l'aconit napel a tour à tour été repris et abandonné par les médecins. Nous n'entrerons point ici dans le détail de toutes les tentatives que l'on a faites avec ce médicament; nous nous contenterons de faire connaître ses effets physiologiques et les inductions thérapeutiques que l'on peut raisonnablement en tirer.

Lorsque l'on mâche une petite quantité de feuilles fraîches de napel, sans même en avaler le suc, il se manifeste bientôt un sentiment d'ardeur profonde dans toutes les parties de la bouche , auquel succède une sensation de froid et d'engourdissement. Ces phénomènes sont encore bien plus remarquables et ont une activité bien plus grande, quand on eu avale le suc, ou que l'on a introduit dans l'estomac une petite quantité d'extrait bien préparé de cette plante. L'on ne tarde pas à en ressentir les effets lesplusmarqués. Le vomissement ou des déjections alvines annoncent l'irritation imprimée au canal alimentaire; un pouls irrégulier, une sueur plus o;i moins abondante , suivie et accompagnée quelquefois d'éruptions cutanées, se manifestent bientôt; enfin la sécrétion de l'urine éprouve une augmentation notable. Au milieu de ces phénomènes variés, le cerveau et les nerfs participent également à l'excitation générale; une inquiétude vague se fait sentir, des vertiges ont lieu, les membres sont agités de mouvemens involontaires. Enfin si la dose du médicament est trop

ACI 3ar

considérable , il agit à la manière des poisons narcotico-âcres. ( V oyez poisoks.)

Nous venons de présenter réunis et rapprochés les divers phénomènes auxquels donne lieu l'administration de l'aconit; mais ces différens phénomènes sont loin d'être constans, et surtout ne se présentent presque jamais ensemble sur le même individu. Le plus souvent, au contraire, ils ne se montrent qu'un à un. Tantôt l'augmentation de la sécrétion urinaire est le seul effet marqué occasioné par l'extrait d'aconit; d'autrefois, au contraire, il ne se manifeste d'autre phénomène qu'une perspiration plus active et une sueur plus abondante.

Quoi qu'il en soit, l'aconit a été essayé et préconisé contre une foule de maladies tout-à-fait différentes. Ainsi on s'en est servi contre les douleurs de rhumatisme et de goutte , contre les névralgies chroniques. Sa vertu sudorifique rend assez bien raison des succès que l'on a obtenus dans ces différens cas. L'aconit a été mis en usage pour guérir l'épilepsie , les convulsions et la paralysie, surtout celle qui est la suite des attaques d'apoplexie. M. le docteur Rappeler, médecin de l'hôpital 'Saint- Antoine de Paris, l'emploie fréquemment dans cette dernière circonstance, et en a obtenu des succès souvent répétés. On a cherché dans l'extrait d'aconit un remède contre les affections asthmatiques, et quelques cures ont en quelque sorte justifié les essais tentés à cet égard. La secousse générale qu'occasione quelquefois ce médicament dans toute l'économie, autorise à penser que l'on a pu assez souvent s'en servir avec avantage pour guérir certaines fièvres intermittentes. Cependant le grand nombre d'expériences tentées par M. le professeur Fouquier, à l'hôpital de la Charité, pour reconnaître les propriétés médicales de l'extrait d'aconit, n'ont point confirmé toutes les vertus que l'on a cru reconnaître dans cette plante. Il résulte des essais nombreux faits par cet habile praticien, que le seul phénomène constant auquel l'administration de ce médicament donne lieu, est l'augmentation de la sécrétion urinaire; tous les autres sont extrêmement variables , et il est impossible de fonder sur eux une méthode rationnelle de traitement. C'est surtout pour combattre l'hydropisie que M. Fouquier a employé ce médicament avec le plus de succès, et c'est dans le traitement seul de cette maladie qu'il lui a reconnu une action curative réelle.

Mode d 'administration. — L'aconit s'administre en extrait que i. ai

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l'on doit préparer avec le suc exprimé de l'herbe fraîche et lentement évaporé au bain-marie. On commence par un demi-grain ou un grain, et l'on augmente successivement la dose, que l'on peut porter à un scrupule et plus. (a. richard.)

ACOPE, acopeux, adj., de « privatif, et xoVoî, fatigue : dénomination appliquée d'abord parles médecins grecs, et ensuite par les latins, à tous les moyens thérapeutiques et hygéniques qui tendent à combattre d'une manière générale la lassitude On a ensuite étendu cette dénomination à tous ceux qui soulagent les douleurs profondes et journalières, et les diaphorétiques ont été par cette raison considérés comme des médicamens acopeux. Enfin , comme beaucoup de linimens et de remèdes emplastiques avaient également été employés dans ces mêmes circonstances, on a fini par appliquer à cette forme de médicamens même le nom à' acopeux. Celse admet ainsi quatre sortes de topiques acopeux, qu'il regarde comme très-utiles aux nerfs. (guersent.)

ACORE vrai, racine de Yacorus cala/nus, Lin. Aroïdes, Juss. Hexandrie monogynie, Lin. Elle croit en Europe , en Alsace, en Normandie, au Japon, etc.

Caractère physique. — Cette racine , grosse comme le doigt , est, dans son état de dessiccation, spongieuse, brunâtre à l'extérieur, rosée intérieurement, d'une saveur aromatique et piquante, d'une odenr très-agréable. La plus estimée nous est apportée des Grandes-Indes.

Analyse chymique. — M. Trommsdorff en a retiré : i° une huile volatile plus légère que l'eau; 2° de l'inuline; 3° de la gomme; 4° une matière extractive; 5° de la résine; 6° beaucoup de ligneux et d'eau.

Propriétés et usages. — L'acore vrai, ou calamus aromaticus , doit être rangé au nombre des médicamens stimulans.

Mode d'administration. — On peut administrer cette racine en infusion à la dose de deux gros à demi-once pour une livre d'eau. On la réduit quelquefois en poudre, et l'on en donne depuis un scrupule jusqu'à un gros, soit dans un véhicule convenable, soit en électuaire; enfin, son eau distillée peut être administrée à la dose d'une à deux onces. Ce médicament est peu employé. (a. richard.)

ACOUSTICO-MALLÉEN (muscle) , M. acustico-mallcaris, scu Laxator tympani minor. On a donné ce nom au muscle externe du marteau , parce que ce petit muscle, dont l'existence n'est pas

ACR 3a3 constante, s'attache à la paroi supérieure du conduit auditif externe et se termine au col du marteau. Il relâche la membrane du tympan. (béclard.)

ACOUSTIQUE (physique), s. f., de ùnova, audio , j'entends, j'écoute. On désigne par ce nom la partie de la physique où l'on traite des diverses propriétés des sons. Les principaux phénomènes que l'on y examine sont : les milieux qui les transmettent, tels que l'air, l'eau, les corps solides; la vitesse du son, sa réflexion , ses effets dans la courbe elliptique d'un édifice; les échos , la manière dont le son se propage, la mesure des sons, la théorie de l'échelle musicale, etc. etc. ; les effets du son sur l'organe de l'ouïe (voyez audition), ceux de la musique sur l'économie (voyez musique). Les détails des diverses propriétés que nous venons d'énumérer seront donnés , autant que le comporte notre plan, à l'article «Son. (rostan.)

acoustique, adj., acusticus; qui a rapport à l'ouïe. On à donné cette épithète à plusieurs parties : aux conduits auditifs internes et externes et à leur orifice, à la trompe d'Eustache, au nerf auditif. (béclard*)

ACRASIE, s. f. , acrasia, de a privatif, et de xputru, tempérament, modération. Ce mot offre, dans les écrits des auteurs anciens, plusieurs acceptions : tantôt il exprime l'intempérance dans l'usage des alimens, des boissons et des autres choses de , l'hygiène; tantôt il désigne la débilité de tout le corps ou de quelque partie. Dans ce dernier cas, il a été probablement confondu avec le mot acratie. (Voyez acratie.) (r. del.)

ACRATIE, s. f. , acratia , de a. privatif, et de «pe^aj, force. Défaut de forces, faiblesse.

ACRE, adj. de âx.pos, sommet, ou de àa-j, pointe. Les théories chimiques et mécaniques, qui avaient successivement envahi le domaine de la pathologie et de la thérapeutique, avaient prodigieusement agrandi la classe des substances âcres, et avaient même entièrement dénaturé la véritable signification de ce mot. On donnait le nom d'âcres à toutes les substances qui étaient supposées , par leur action , devoir changer la figure des molécules des corps : aussi admettait-on des âcres de toutes les figures. La douleur, suivant Roerhaave, n'était autre chose que la division des fibrilles nerveuses par la force des molécules des âcres. On distinguait, en conséquence, des âcres chimiques et mécaniques. On rangeait dans la première division toutes les subs-

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tances acerbes, et l'on admettait dans la seconde toutes les poudres insolubles comme celle des métaux, des cristaux, du verre. Ces hypothèses ayant été mises de côté, on ne reconnaît plus maintenant comme substances âcres que toutes celles qui exercent sur les organes du goût une sensation brûlante et irritante, dont l'impression se fixe principalement à la gorge. Ces substances sont minérales, végétales ou animales. Parmi les premières on remarque surtout l'arsenic, le sublimé, les alcalis) les acides concentrés; dans les secondes, on observe les sucs d'euphorbe, les racines de scille, de bryone , de jalap, d'ellébore, les tiges de garou, etc. etc. La troisième section est la moins nombreuse; elle ne renferme que la poudre de cantharides. Toutes ces substances jouissent de propriétés très-différentes; et la saveur âcre qui leur est commune n'est point due à un principe particulier : aussi ne se ressemblent-elles aucunement par leur manière d'agir, et c'est dans les articles qui les concernent en particulier qu'on doit traiter de leurs propriétés. (guersent.)

ACRETE, s. f. , acritas. Mot par lequel on désigne la propriété des corps âcres. (Voyez ce mot.) Les humeurs animales ont été considérées comme susceptibles d'éprouver, dans les vaisseaux où elles circulent, une altération qui leur imprime une propriété âcre ou irritante. { Voyez acrimonie, mot qui est presque uniquement appliqué à l'âcreté des humeurs.)

ACRIMONIE, s. f. , acritnonia. Ce mot a joué, dans la pathologie humorale, un rôle aussi important que celui qu'accordent maintenant à l'irritation les solidistes de notre époque. Il exprimait une propriété âcre, irritante, supposée dans les humeurs, et attribuée, soit à un mouvement spontané qui faisait prédominer quelques-uns de leurs élémens chimiques, soit au mélange de substances étrangères douées d'àcreté.

Le fond de ces idées se trouve en partie dans Hippocrate, qui lui-même les avait reçues de ses prédécesseurs. Avant Hippocrate , on admettait dans les humeurs certaines qualités amère, salée, douce, aigre, âpre, etc., qui ne s'aperçoivent pas et ne s.ont point nuisibles, tant que les humeurs sont mêlées, et que par ce mélange elles se tempèrent l'une par l'autre, mais qui deviennent sensibles et incommodes dès que ces mêmes humeurs se divisent (Hipp. De priscâ nrcdicinâ). Galien, qui s'est livré beaucoup plus qu'Hippocrate à la théorie spéculative, et qui la fonda particulièrement sur la dépravation des humeurs,

ACR 3a5 adopta, en la développant, une opinion presque entièrement semblable.

Jusqu'à Sylvius , qui professait à Leyde dans le 1 7e siècle, l'âcreté des humeurs n'avait été admise que d'une manière très-vague. Ce médecin en fit la base d'un système dont tous les traits furent pris dans son imagination. Le mélange des humeurs , leur fermentation et leur effervescence constituaient toute sa physiologie; il en appliqua les principes à la théorie des maladies. Chacune d'elles eut pour cause prochaine l'acrimonie de l'un des fluides de l'économie animale. Cette acrimonie, dont le développement était expliqué par les théories chimiques existantes alors, était acide ou alcaline. La thérapeutique fut entièrement dirigée dans des vues chimiques. On ne vit dans les médicamens que des moyens de neutraliser l'acidité et l'alcalescence , ou de les corn-* battre l'une par l'autre. Les erreurs les plus déplorables furent la conséquence de l'absurdité et de la téméraire application de ce système.

Quoique dans la suite les principes chimiques n'aient, pas eu une influence aussi exclusive et aussi funeste sur le traitement des maladies, le mot acrimonie, se conserva dans la pathologie humorale. Boè'rhaave, qui composa sa doctrine d'élémens divers puisés dans celles de ses prédécesseurs ou de ses contemporains, distingua cinq espèces d'acrimonie : i° une acrimonie mécanique consistant dans le changement des molécules des fluides devenus des angles solides et aigus; 20 une acrimonie saline,' qui est muriatique, ammoniacale, acide, alcaline, fixe et volatile, simple et composée; 3° une acrimonie huileuse, produit d'une huile atténuée, comme brûlée, saline et acre; 4° une acrimonie savonneuse, analogue aux venins animaux et végétaux; 5° une acrimonie composée des quatre précédentes, ou produite par les acres introduits dans le corps. (Boè'rh., Institut.) Mais dans ses aphorismes, Boè'rhaave restreignit à deux le nombre de ces espèces , et ne reconnut que l'acrimonie acide et l'acrimonie alcaline. C'est à cet auteur que nous emprunterons les caractères auxquels on reconnaissait ces prétendus vices des humeurs et les effets qui leur étaient attribués : l'acrimonie acide, pensait-on , provient de l'usage de certains alimens végétaux , et occasione la ténacité des humeurs ; elle se développe chez les sujets qui manquent d'un sang de bonne nature, chez lesquels U y a faiblesse de la fibre, des vaisseaux et des viscères , et défaut.

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du mouvement vital. Son siège principal est dans les premières voies de la digestion, où elle prend naissance; elle passe de là dans le sang et dans le reste des humeurs. Ses effets sont : des rapports acides, la faim, des pincemens d'estomac, des flatuosités, des spasmes, diverses altérations de la bile et du sang. Les matières des excrétions exhalent une odeur acide. De là naissent des prurits, des pustules, des ulcères. Le cerveau, les nerfs sont irrités. Des convulsions , différens troubles de la circulation se manifestent.

Suivant le même auteur, l'acrimonie alcaline, au contraire, reconnaît pour cause l'usage d'alimens animaux ou de quelques végétaux alcalescens, l'abondance d'un sang riche en matériaux nutritifs , l'énergie des vaisseaux et des viscères, la prédominance des principes actifs de la bile, un repos absolu comme un exercice immodéré qui engourdit ou stimule le mouvement vital, une chaleur excessive. Cet état des humeurs abolit l'appétit, occasion e la soif, des rapports nidoreux. Il s'exhale une odeur fétide; l'intérieur de la'bouche, la langue, le palais, etc. , sont couverts d'un enduit sale , amer et putride : il y a dégoût général, si ce n'est des substances aqueuses et acides. Les- humeurs sont composées de matériaux non assimilés et putrides. De là des diarrhées bilieuses, des coliques spasmodiques et inflammatoires , et le sentiment d'une chaleur incommode. Une dissolution putride s'empare du sang. Il s'y développe une acrimonie alcaline, huileuse, volatile, qui le rend impropre au travail de la nutrition. L'action des solides et des fluides est troublée, pervertie, abolie, ce qui donne lieu à la putridité des matières des excrétions, au développement de fièvres ardentes, d'inflammations, etc.

On voit, d'après cet exposé, que des altérations qui existent réellement dans les humeurs durant le cours de la plupart des maladies, ont servi de fondement aux hypothèses par lesquelles on en expliquait l'origine. On a établi une analogie vicieuse entre l'effet et la cause, ou plutôt on a pris l'un pour l'autre. Il est certain que, dans une foule de circonstances, les produits des sécrétions acquièrent une âcreté qui les rend susceptibles d'irriter, d'enflammer les parties sur lesquelles ils séjournent : tels sont le fluide sécrété par la membrane nasale dans le coryza, les larmes dans l'ophtlialmic, les matières alvines , l'urine dans les phlegmasics des voies digestiv es ou des reins, etc.; mais celle propriété irritante des fluides ne petit être observée

ACR 327 et n'existe probablement que hors des organes qui les ont sécrétés.

Cependant d'autres médecins, appartenant également à la classe des humoristes, persistèrent à attribuer certaines affections à une propriété acre des humeurs. Mais pensant qu'on ne pouvait pas en déterminer la nature chimique, ils distinguèrent les espèces d'acrimonie par le nom des maladies qu'elles étaient supposé produire i ainsi il y eut des acrimonies scorbutique, vénérienne, arthritique, cancéreuse, etc. Dans ces derniers temps, on a remplacé l'expression acrimonie par celle de vice, de diatlièse. Elles ne sont peut-être préférables à la première que parce qu'elles sont plus vagues encore.

Quelque peu importans que paraissent à notre époque les développemens donnés au mot acrimonie, nous avons dû les présenter, parce qu'ils appartiennent à l'histoire de la science. Nous ne discuterons pas dans cet article jusqu'à quel point les humeurs peuvent être composées naturellement de principes acres, ou les acquérir accidentellement; dans quels cas leur altération primitive peut être regardée comme la cause de maladies. ( Voyez, pour la solution de ces questions, les mots humeurs, humorisme. )

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