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RA1GE— DELORME

ACRISIE, s. f. , acrisia , de et privatif, et de ùtW'» jugement, absence de crise. Cette expression a été émployée par Hippocrate et quelques auteurs anciens pour désigner la solution de certaines maladies qui a lieu sans phénomènes critiques, ou la disposition d'une maladie qui indique qu'on ne doit s'attendre à aucune crise. Le mot acrisie , détourné de son sens étymologique, a été appll qué aussi aux crises de mauvaise nature. ( V oyez crise. ) Quelques modernes ont donné le nom d'acrisie à la période d'irritation des maladies, pendant laquelle les symptômes , augmentant en intensité ou conservant leur état de violence, indiquent que la crise ne peut pas se faire. (r. del.)

ACRITIQUE, adj., qui appartient à l'acrisie, à la période d'irritation des maladies; pouls acrilique. ( Voyez acrisie.)

ACROCHORDON, s. m., ciy.po%opê"av , acrochordum , de âxpoç sununus, extrémité, et dé xopJV, fides , corde. Les Français rendent ce mot par ceux de verrue ou porreau. C'est en effet un petit tubercule pédiculé de la peau .', p'ètisilis 'iiè'rfucà , de figure arrondie, mais dont la base est étroite. Le plus souvent celte tumeur parait avoir son siège dans les couches les plus profondes

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de la peau, ou même dans le tissu cellulaire sous- cutané. Cette production organique est dure, sensible, grêle dans une partie de son étendue, et surtout vers son extrémité adhérente. Elle affecte principalement les personnes jeunes. Ce nom d'acrochordon vient de ce que l'extrémité de cette verrue ressemble, soit par sa figure, soit par sa mobilité, au bout d'une corde.

Plusieurs auteurs latins ont considéré les mots vari, verrucœ , tumores Jîcosi, sarcomata , comme les synonymes à'acrocliordon. Ils prétendent même que ces excroissances sont des signes de force, et ils donnent pour raison qu'on les observe sur les personnes à la fleur et dans toute la vigueur de l'âge. Ils ne les ont considérées comme un défaut que lorsqu'elles sont trop multipliées. C. Celse a nommé myrmecias , /^.vf^Kius , des excroissances noirâtres, à large base, dont le tiraillement est douloureux; acrothymioji, dy.foêufttoy, des végétations verruqueuses qui dépassent le niveau de la peau, inégales à leur sommet; enfin, il appelle acrochordon , ûnfoKop^my des espèces de verrues à surface inégale, minces et étroites vers leur insertion à la peau, et s'élargissant vers leur extrémité. Willan et M. Bateman ont considéré ces petites productions organiques comme analogues à celles qu'ils décrivent sous les noms d'acné et à'ionthos. ( Voyez ces mots.) (g. breschet. )

ACRORÏIAL, adj. acromialis ; qui a rapport à l'acromion. On donne ce nom à une artère, à une veine, à une extrémité de la clavicule, à l'articulation de cette extrémité et à ses ligamens, à deux bourses muqueuses. Acromiale (artère), c'est l'une des branches thoraciques de l'artère axillaire. Acromiale (veine) , elle correspond à l'artère.

ACROMIO-CORACOIDIEN (ligament). L. Acromio-coraçoïdeum, c'est un ligament aplati de haut en bas, triangulaire, étendu entre l'apophyse coracoïde à laquelle il s'attache par sa base divisée en deux faisceaux plus ou moins distincts, et l'apophyse acromion à la pointe de laquelle il se termine par son sommet. Il concourt à former l'espèce de voûte qui couvre l'articulation scapulo-humérale.

ACROMION, s. m., acromion, acromiam ; de ùx.pes, et de àfioç, extrémité ou sommet de l'épaule; c'est une apophyse considérable qui termine l'épine de l'omoplate en haut et en dehors, qui présente une surface articulaire pour l'extrémité externe de la

ACT 3.29 clavicule, et qui donne attache aux muscles trapèze et deltoïde.

( Voyez OMOPLATE. ) ( BECLARD. )

ACROTÉRIASME , s. m. , acroteriasmus de ùicpa'TiiptccÇtn, mutiler. Ce mot, dont on ne se sert plus aujourd'hui, était employé parles anciens pour désigner les amputations des membres. (V oyez

AMPUTATION.) (j. CLOQUET.)

ACROTHYMION, s. m., acrothymion , ÙKfoêv^iov , petites tumeurs verruqueuses, dures , sillonnées , rugueuses à leur sommet , se développant sur plusieurs parties du corps., mais plus particulièrement sur les mains et les pieds, et sur quelques points du système muqueux. Celse, qui a décrit l'acrothymion , remarque que lorsque ces végétations se forment sur les organes génitaux, elles sont plus graves en ce qu'elles s'excorient fréquemment , et laissent échapper une certaine quantité de sang. Paul d'^Egine et Aëtius ont également parlé de ces tumeurs, et tout ce qu'ils en disent s'applique à ce que nous savons sur les verrues.

(Voyez EXCROISSANCE, VÉGÉTATION , VERRUES.) (bIETT.)

ACTIF, adj. activas, de agere, agir; qui agit, qui a la propriété d'agir, qui agit avec énergie. Ainsi on nomme remèdes actifs ceux qui présentent des effets prompts et énergiques. C'est dans le même sens qu'on dit qu'un traitement est actif , que l'on fait une médecine active , parce que le médecin a recours à des remèdes actifs.

Les physiologistes ont divisé les organes de la locomotion en actifs et en passifs, suivant que ces organes déterminent les mouvemens parleur action, tels sont les muscles, ou qu'ils ne concourent aux mouvemêns qui leur sont communiqués , que par les points d'appui qu'ils prêtent, l'union qu'ils établissent, la facilité, la direction qu'ils donnent aux mouvemêns, ou les bornes qu'ils leur imposent, etc.; telssont les os, les cartilages, les ligamens, etc.

L'hygiène a employé les expréssions actif et passif, et a distingué par elles les mouvemêns que le corps exécute d'avec ceux qui lui sont communiqués.

Dans ces cas, le mot actif at celui de passif, qui lui est ordinairement opposé, ont conservé leur acception naturelle; mais, dans le langage médical , ils sont pris plus souvent dans* un sens un peu détourné , et expriment plutôt des degrés ou des modifications d'action que l'existence ou l'absence même d'action. Ainsi l'on a dit que les sensations étaient actives ou passives : actives , lorsque l'attention dirige l'organe du sens vers l'objet dont

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on désire recevoir l'impression ; passives , lorsque celle impression est perçue , sans qu'il y ait eu désir et par conséquent volonté de la percevoir. C'est la différence qui existe entre regarder et voir, écouter et entendre, flairer et sentir une odeur.

Une distinction analogue a été faite entre les affections de l'âme; celle-ci est affectée involontairement de plaisir ou de peine par la présence ou l'absence des objets ou des idées capables d'exciter ces sentimens , ou bien elle s'attache à ces objets et à ces idées ou s'en éloigne, selon que l'impression qu'ils ont faite est agréable ou pénible. La joie et le chagrin appartiennent aux affections passives, l'amour et la haine aux affections actives.

Enfin Buisson a donné le nom de vie active au système d'organes qui établit une relation entre l'animal et les corps qui lui sont étrangers, et que d'autres physiologistes ont appelé-vie animale , vie de relation , etc. ».

En pathologie , les expressions actif et passif rappellent le strictum et le laxum des anciens méthodistes , et sont entièrement synonymes de sthéniqxie et d'asthénique. Mais elles ont été restreintes à un plus petit nombre de cas que ces dernières , qui appartiennent à des systèmes généraux de médecine. On a appliqué la dénomination d'activés, par opposition à celle de passives, à plusieurs classes de maladies, surtout aux hémorrhagies , dont la cause a été attribuée à une augmentation d'action dans les organes qui sont le siège des phénomènes morbides , tandis que, dans l'état opposé, cette cause était l'atonie, la faiblesse des mêmes organes. Les caractères sur lesquels on a basé la distinction de ces deux états ont été tirés plutôt de la considération de l'économie animale tout entière, que de celle de l'or gane même dont l'action a été supposée augmentée ou diminuée. Ainsi les causes et les signes d'une constitution pléthorique, l'énergie plus grande avec laquelle s'exécutent les principales fonctions , ont fait donner le nom d'activés à certaines maladies qui se développent sous l'influence de ces causes ou qui sont accompagnées de ces signes. Les mêmes maladies ont été regardées comme passives, lorsqu'elles succèdent à des causes débilitantes, lorsqu'elles sont accompagnées d'une faiblesse, d'un épuisement, s ignés du défaut d'énergie dans l'exercice des fonctions. Ce n'est pas ici le lieu de discuter les théories qui ont donné lieu à des explications diverses des dénominations d'actif el de passif; d'autant plias que ce qu'on pourrait en dire maintenant ne s'appliquerait

ACT' 33i pas à toutes les maladies qui les ont reçues. Ces développemens seront mieux placés aux articles où il sera traité de chacune d'elles. (Voyez flux, hémorruagie, hydropisie, etc. etc. ) Mais soit que ces deux conditions opposées de l'économie animale , l'augmentation et la diminution de force, soient pour les uns la cause prochaine de la maladie , soit que d'autres ne les considèrent que comme causes prédisposantes ou circonstances concomitantes , la distinction de certaiues maladies en actives et en passives peut être conservée , parce qu'elle indique des modifications d'une même affection , qui apportent des modifications nécessaires dans la manière de la traiter.

On a encore employé les expressions actif et passif pour distinguer les anévrysmes du cœur , dont l'augmentation de volume est dû tantôt à une simple dilatation de ces cavités par l'effort du fluide qui distend leurs parois, tantôt à l'épaississement de ces parois par un accroissement de nutrition , avec ou sans dilatation des cavités. Les premières lésions ont été appelées anévrysmes passifs , les secondes, anévrysmes actifs. L'on s'est efforcé de r,attacher à chacune de ces espèces d'anévrysmes les idées qu'on s'était formées sur les états actif et passif des maladies en général; mais l'observation a détruit ces rapprochemens créés par la théorie,

( Voyez ANÉVRYSME DU COEUR. ) ( RAIGE-DEL. )

ACTION, s. f. Ce motj pris dans un sens physique, désigne le résultat de l'activité de la matière, le produit de l'activité des divers corps de la nature. Quoi qu'en ait dit l'ancienne métaphysique, il est faux que la matière soit inactive; à quelque système de corps qu'elle appartienne, on la voit toujours se mouvoir : tous les corps sont actifs , c'est-à-dire agissent, exécutent des mouvemens en vertu desquels ils produisent tous les phénomènes qu'on observe dans l'univers. Les astres se meuvent dans les espaces célestes. Les fluides dits impondérables , c'est-à-dire la lumière', le calorique, le fluide électrique , etc. , produisent tous ces phénomènes si universels des couleurs , des températures , etc. Sans cesse les minéraux gravitent vers le centre de la terre'; et sans cesse aussi leurs molécules intégrantes et constituantes agissent en vertu des diverses affinités, pour maintenir ou faire varier leur état physique et leur composition. Les végétaux de leur côté exécutent de nombreux mouvemens par lesquels ils se nourrissent, se reproduisent et parcourent les phases diverses qui constituent leur vie. 11 en est de même enfin des animaux, qui, de plus,

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peuvent à leur gré se transporter d'un lieu dans un autre, et qui offrent des actes bien plus merveilleux encore , ceux de la sensibilité. Tous les corps, sans exception, agissent donc, et ce sont les divers mouvemens auxquels ils se livrent qui constituent ce qu'on appelle des actions.

Par le seid tableau que nous venons de présenter de ces actions , on voit qu'elles sont à la fois innombrables et très-diverses. Ce n'est certainement pas ici le lieu de faire l'iiistoire de ebacune d'elles ; ce serait vouloir traiter de toutes les sciences , car ce sont elles qui , avec l'étude de la structure des corps qui les produisent, fondent la somme de toutes nos connaissances et constituent l'histoire de toute la nature. Nous n'avons à présenter sur elles que quelques idées générales.

D'abord toutes sont le produit de la matière, supposent le travail d'un corps : trop long-temps on a , dans les sciences , rapporté certaines act ions à des cimes , à des esprits , parce qu'on n'en connaissait pas les agens matériels; il faut être en garde contre une pareille philosophie, qui conduit à admettre des effets sans cause, et qui se payant de mots , ne fait nullement étudier les phénomènes et les conditions de leur production.

En second lieu, puisque toutes sont le produit de la matière, jamais elles ne seront différentes sans qu'on doive concevoir des différences dans le corps matériel dont elles dérivent. C'est une proposition bien importante encore à consacrer, puisqu'elle ramène sans cesse à l'observation matérielle des corps qui produisent les actions , observation dans laquelle seule on peut découvrir les conditions de leur production, ce qui est le but unique des sciences, et qu'ainsi on évite de se perdre en de pures abstractions, comme l'ont fait si long- temps les savans.

En troisième lieu, c'est par l'observation seule, c'est-à-dire l'application de ses sens à l'examen des corps et à l'investigation de toute la nature, qu'on parvient à les connaître; mais cette connaissance se borne à apprécier leurs traits extérieurs et les conditions de leur production , ce qui s'appelle en tracer les lois, mais n'en fait nullement découvrir l'essence ni la cause. Quelle marche suivons-nous en effet dans les sciences et dans l'étude des actions des corps ? i° Si ces actions sont susceptibles d'être saisies par les sens, on les décrit et on cri recueille, par l'observation, les traits extérieurs; 2° si au contraire elles sont trop moléculaires pour être aperçues par aucun sens, on se borne à prouver

ACT 333 parleras résultats quelles ont eu lieu ; 3° observant ensuite dans quels rapports elles sont lices entre elles, dans quel ordre de subordination elles dérivent les unes des autres, on cherche à s'élever à celle qui est la plus générale, et dont toutes les autres paraissent être alors des effets ou des dépendances; 4° enfin, en étudiant les corps qui en sont les agens, on cherche à spécifier, à découvrir les conditions qui sont nécessaires pour qu'elles se produisent. C'est ainsi qu'on est parvenu à signaler chacune d'elles, à les ramener toutes malgré leur immensité à un certain nombre de groupes, à découvrir les lois de leur production, par conséquent à pouvoir concevoir, prédire, expliquer les divers phénomènes qui se produisent dans l'univers. Ainsi, les sciences dont elles constituent la partie principale ont été faites, et l'homme est parvenu à coordonner ses connaissances pour lui et la postérité.

C'est par cette comparaison des actions entre elles qu'on a été conduit à les diviser, comme la matière elle-même, comme les corps, en deux grandes classes, les actions des corps non vivons ou physiques et chimiques générales, et les actions des corps vivans ou vitales.

Les premières, c'est-à-dire les physiques, les mécaniques et les chimiques, sont les plus générales de toutes, car elles s'observent en tout corps, quel qu'il soit, dans le corps vivant lui-même, chez lequel les actions vitales peuvent seulement les contre-balancer ou les modifier. Les unes ne portent que sur la masse du corps, ou au moins sur ses molécules intégrantes; ce sont les actions physiques et mécaniques, comme la. gravitation , Y action de cohésion, celle d'élasticité , etc. Les autres se passent entre les molécules constituantes des corps, et en déterminent la nature et la composition ; ce sont les actions chimiques , comme les diverses affinités, etc. Tous les phénomènes atmosphériques, tous ceux du règne minéral, et plusieurs de ceux des corps vivans, se rapportent à celte première classe d'actions.

Les actions vitales, au contraire, sont exclusives aux corps vivans, et celles par lesquelles les corps vivans font exception à la nature universelle et générale; ce sont elles, par exemple, qui assurent à ces êtres un état physique particulier, une nature chimique spéciale, qui contre-balancent et modifient en eux la production des actions physiques générales, et qui constituent tous les phénomènes de la vie. A elles se rapportent les phénomènes les plus élevés que nous présente l'univers , ceux de la sen-

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