A.CT
sibilité. Elles ne sont pas seulement différentes des premières, mais en opposition complète avec elles. Peut-être, à la vérité, elles ne sont que ces mêmes actions modifiées, car il est probable que ce sont les mêmes lois qui régissent tout l'univers, et il est sûr qu'il y a dans l'enseinbk; des êtres un point où se confondent les corps non vivans et les corps vivans, où il y a passage des uns aux autres. Mais cette modification des actions générales, à laquelle est due la vie, est si importante, que ces actions deviennent alors tout autres, sont même exclusives de ce qu'elles étaient d'abord, et sont, ajuste titre, l'objet d'une science spéciale, la physiologie. Lorsque même on aurait découvert en quoi consiste cette modification, ce qui serait avoir trouvé le secret de la vie, l'étude de ces actions vitales n'en devrait pas moins former une science distincte.
Ce sont ces dernières qui concernent surtout le livre dans lequel nous écrivons. On ne connaît encore d'elles que leur opposition complète avec les actions physiques générales; cependant on s'efforce aussi de remonter aux conditions matérielles de leur production. Elles sont multiples, comme les actions physiques générales : les unes font nourrir l'être, les autres le font se reproduire; il en est qui le font se mouvoir, d'autres le font sentir. Se modifiant par le fait seul de la durée du corps vivant, elles déterminent les mutations des âges. Susceptibles de variations selon les individus, elles fondent les idiosyncrasics , les tempérament. Changeant enfin selon l'état de santé et l'état de maladie, elles constituent tous les phénomènes dont traitent la physiologie et la pathologie. Jamais elles ne se montrent ainsi différentes entre elles ou variables ,en elles-mêmes, sans qu'il n'y ait des différences antécédentes dans les organes matériels qui les produisent. C'est leur histoire qui, restreinte à ce qu'elles sont dans l'homme , fonde la science de la médecine considérée dans sa généralité. Notre dictionnaire tout entier est consacré plus ou moins prochainement à leur exposition. (adelon.)
action (thérapeutique). On se sert souvent de ce mot dans deux sens différens , tantôt pour désigner la force active des médicamens et de tous les agens de ki thérapeutique ; c'est dans ce sens qu'on parle de l'action médicamenteuse en général et de l'action spéciale d'un médicament sur tel ou tel organe; tantôt, au contraire, on l'emploie pour indiquer les effets primitifs ou •secondaires d'une substance médicamenteuse, et on prend alors
A CU 335 l'effet pour la cause, en disant l'action tonique, sédative, révulsive, etc. ( Voyez curation, médication, médicament, thérapeutique.) (CUERSENT.)
ACTUEL, adj., actitalis , qui a lieu présentement, immédiatement. On joint cette épithète au mot cautère, pour désigner le calorique concentré appliqué immédiatement sur une partie du corps à l'aide d'instrumens de fer ou de tout autre métal à l'état: incandescent. ( Voyez cautère, cautérisation.) (r. del.)
ACUPUNCTURE, s. f. , acapunctura , piqûre faite avec, une aiguille. On donne particulièrement ce nom à l'introduction méthodique d'une aiguille dans diverses parties du corps, faite dans l'intention de soulager et de guérir. Cette opération, inconnue des Grecs, des Latins et des Arabes, inventée par les Chinois, transmise par eux aux Japonais et aux Coréens, connue en Europe depuis un siècle et demi , y était presque oubliée , lorsque Dujardin et Vicq-d'Azyr rappelèrent l'attention sur elle; et encore n'est-ce que depuis quelques années qu'elle paraît avoir été mise en pratique par quelques médecins.
Les cas pour lesquels elle est employée en Asie sont très-nombreux, très-divers et très-vaguement déterminés. Ce sont cependant, en général, des affections nerveuses et fluxionnaires. C'est dans des cas analogues qu'on l'a aussi employée en Europe. Les Chinois et les Japonais, qui paraissent ne point avoir de connaissances précises en anatomie , piquent à 'peu près au hasard, avec l'intention cependant d'éviter certaines parties, comme les nerfs, les tendons, les. vaisseaux, etc. Ils s'arrêtent à une petite profondeur, et cependant vont quelquefois jusqu'à pénétrer dans l'abdomen et dans les viscères abdominaux -, et même jusqu'au fœtus. Avant d'étudier les effets thérapeutiques de cette singulière opération, il convenait d'apprécier avec exactitude les effets de la piqûre sur les diverses parties du corps : c'est ce que j'ai fait, il y a quelques années, et ce que M. Bretonneau a fait depuis. Il suffira de dire ici que, quoique les piqûres les plus profondes, et celles même qui intéressent les viscères, ne produisent pas toujours des accidens, cependant elles en déterminent aussi quelquefois de très-graves, et même la mort. ( Voyez piqûre.) Il est bon d'ajouter que la piqûre par rotation est beaucoup moins douloureuse et moins souvent suivie d'accidens que les autres espèces, et que la piqûre des muscles est peu douloureuse quand ces parties sont fortement contractées.