‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource]Chapitre 22 sur 56 · TU1TEUSE. (COUTANCEAU · texte numérisé non relu

TU1TEUSE. (COUTANCEAU

ADÉNO-NERVEUSE (fièvre), adj., de «J*v, glande, de nvpn, nerf. M. Pinel a imaginé le nom de fièvre adéno-nerveuse dans l'intention do peindre d'un seul mot la nature et le siège de la

A DU 33g peste du Levant, caractérisée par des bubons ou des charbons et par une altération profonde du système nerveux ou des forces vitales. ( Voyez peste , fièvre pestilentielle. (coutanceau.)

ADÉNO-PHARYNGIEN (muscle.) [Voyez constricteur inférieur du pharynx.)

ADÉPHAGIE ou ADDÉPHAGIE , s. f., adephagia, de «<?V, ou i^fav, beaucoup, et de Çccytiv, manger; désir continuel des ulimens qui constitue un symptôme de quelques maladies, ou même une affection spéciale. (Voyez boulimie.) On a particulièrement appliqué cette dénomination à la voracité qu'on observe quelquefois chez les enfans , et qu'on a regardée comme la cause ou comme l'effet d'affections vermineuses. (r. del.)

ADHÉRENCE (Anal, et physipl. path.), s. f., de adhœrere , mot composé de ad et de liœrere, être attaché à, adhérer, se dit en médecine de l'union vicieuse ou accidentelle des parties. Les adhérences peuvent résulter d'une disposition primitive de l'organisation, ou dépendre d'une inflammation qui a établi en quelque sorte une continuité organique entre les tissus. La réuion congéniale des paupières, les imperforations congéniales des voies lacrymales du nez, de la bouche, etc. (Voyez monstruosités, i3iperforations ) , offrent des exemples des premières adhérences ; la réunion des paupières à la suite d'ulcération ou de brûlure, celle des bords d'une plaie, celle d'un sac herniaire avec les viscères qu'il renferme, de la plèvre costale avec la plèvre pulmonaire, etc. etc., offrent des exemples des secondes adhérences accidentelles. Il ne sera question dans cet article que des dernières.

Quelles que soient les parties qui présentent une adhérence accidentelle, elle est constamment le résultat d'une inflammation; d'où l'on peut conclure que l'cpiderme et la tige des poils n'offrent jamais de véritable adhérence. L'inflammation qui produit une adhérence a été appelée inflammation adhâsive. ( Voyez ce mot.) Il ne peut exister d'adhérence qu'entre des parties naturellement contig'iè's, qu'entre des parties qu'un accident, comme, par exemple, une plaie a divisées, ou enfin qu'entré des parties ulcérées et maintenues en contact. Dans les deux derniers cas, l'adhérence reçoit plus particulièrement le nom de cicatrice. ( Voyez ce mot.) Les adhérences qui doivent nous occuper ici se font dans deux circonstances différentes : ou les surfaces enflammées sont en contact immédiat, ou bien rapprochées à petite

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distance, elles exhalent une matière (lymphe coagulable de beaucoup d'auteurs) qui se place entre elles. Cette matière est d'abord albumineuse, de la nature des fausses membranes , puis elle s'organise ou tend à s'organiser; des vaisseaux s'envahissent, et elle parvient, par une suite non interrompue de modifications, à l'état dans lequel persistent les adhérences. Cette marche permet de distinguer deux périodes ou états dans la plupart des adhérences accidentelles : i° de fausse membrane (adhérence inorganique couenneuse); i° état organique (adhérence organique.) Tout ce qui se rapporte au premier état sera traité à l'article fausse membrane. ( Voyez ce mot.) Je crois devoir établir les divisions suivantes entre les adhérences accidentelles des surfaces naturelles : i° muqueuses; a° séreuses; 3° synoviales; 4° internes des vaisseaux ; 5° des cellules graisseuses et du tissu lamineux; 6° des surfaces accidentelles ayant leurs analogues dans les surfaces naturelles; 70 en suppuration ; 8° ulcérées ; g° des plaies récentes (considérées dans tous les tissus); io° des os rompus ou divisés. Nous allons jeter un coup d'ceil rapide sur elles , en suivant cet ordre :

1° Adhérence des membranes muqueuses. — > Bichat, n'ayant vu des adhérences des conduits muqueux que dans les cas où leur membrane interne avait éj>rouvé une perte de substance, et considérant que par leur destination ces conduits communiquent tous au dehors, qu'ils doivent être en contact continuel avec des substances étrangères au corps de l'animal (les fèces, l'urine, la bile, etc.), qui parcourent ces conduits; et que les fluides muqueux les garantissent, jusqu'à un certain point, de l'impression de ces substances , et forment une couche qui supplée ainsi à l'extrême ténuité ou à l'absence de leur épiderme; JJichat, dis-je,' croyait que la face libre des membranes muqueuses ne contracte jamais d'adhérence , et que jamais les cavités tapissées par ces membranes ne s'oblitèrent. Mais l'opinion de ce célèbre physiologiste n'est point- fondée : l'inflammation du vagin est quelquefois suivie de l'occlusion complète de ce canal sans que la membrane interne soit détruite; c'est un fait que MM. Dupuytren , Villermé et moi-même avons observé sur le cadavre d'une leinme. On lit dans V Essai sur Vanatomie pathologique de M. Cruveilhicr, t. 1, page 180, l'observation d'une femme qui lit appeler M. Dupuytren pour un déchirement de la cloison rectovaginale, qui avait été produit pendant un accouchement laborieux; quelque temps après on lut étonné de trouver le vagin

AD H 34i oblitéré par une adliérence de ses parois qui rendait la copulation impossible. On a remarqué aussi l'occlusion de l'orifice de l'utérus à la suite de l'accouchement ou d'un accident capable de l'enflammer. Dans les grossesses tubaires, le canal de la trompe est le plus souvent, si ce n'est toujours , oblitéré au-dessus ou audessous de l'œuf. Les trompes utérines, les ovaires et l'utérus sont parfois, dans les dernières périodes delà vie, tellement confondues, qu'on ne peut les séparer. On voit souvent les deux faces de l'utérus adhérer l'une à l'autre. Walter a trouvé fréquemment de ces adhérences chez des filles publiques , probablement à cause de la fréquente exaltation de l'activité vitale de ces organes. M. Meckel dit qu'il a observé souvent, chez les femmes prostituées , les trompes oblitérées par l'adhérence de leurs parois ou par l'accumulation d'un fluide muqueux. J'ai fréquemment fait des observations semblables à celles de MM. Walter et Fr. Meckel. Lorsqu'un calcul descend du rein dans l'uretère qu'il irrite et enflamme en s'opposant au passage de l'urine, l'oblitération de l'uretère au-dessous du calcul peut avoir lieu : c'Ést un fait que les autopsies cadavériques ont mis hors de doute pour plusieurs anatomistes. On rencontre quelquefois aussi le canal cystique réduit même avec la viscule biliaire à une sorte de ligament ou cordon plein. N'a-t-on pas observé également, par une véritable adhérence survenue à la suite de l'inflammation sans ulcération, l'occlusion persistante de la trompe d'Eustache dans une partie de sa longueur ? celle du canal nasal ou des conduits lacrymaux? MM. Th. Sœmmerring , J. Abr. Albers, Larrey , etc. , prétendent avotr trouvé des adhérences intimes entre le tissu muqueux des voies aériennes et les concrétions albumineuses sécrétées par ce tissu. Avouons cependant que les adhérences des membranes muqueuses sont rares , et que la nature semble avoir tout préparé pour les prévenir. Toutefois quel contact doit être plus fréquent qxie celui des parois de la trompe d'Eustache, pour peu que la membrane muqueuse soit gonflée par l'inflammation? Je ne connais point d'autre exemple d'adhérence de la face interne de l'œsophage ou d'une autre partie du tube alimentaire que celui qu'on trouve dans le premier volume des actes de Copenhague, chez une jeune fille affectée de variole: les parois de l'œsophage contractèrent entre elles des adhérences qui s'opposèrent à la déglutition. On doit croire que , dans presque tous les cas d'adhérence incomplète qui laisse des espèces de

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brides dans l'intérieur des conduits muqueux, il y a eu perte de substance. Ceux qui admettent que toutes les membranes mu-, queuses sont recouvertes d'épidormes doivent croire également que pour contracter une adhérence il faut qu'elles se dépouillent de cette cuticule.

2° Adhérences 'des membranes séreuses. — Elles sont dans les premiers temps très-étendues et formées par de fausses membranes ( voyez ce mot); mais plus tard elles acquièrent tout-à-fait l'organisation des membranes séreuses dont elles traversent les cavités sous forme de filamens ou de colonnes, Stoll , J. Hunter, MM. Dupuytren, Baillie, Fr.-Meckel , Ev. Home, J. Fréd. Lobstein ,Neple, Villermé, Cruveilhier, etc. , ont démontré leur organisation ; et parmi ces médecins, Dupuytren, Baillie, Lobstein , Meckel, Ev. Home et Villermé ont déterminé et décrit la distribution de leurs vaisseaux qu'ils ont injectés. J'ai eu de nombreuses occasions de vérifier ce que disent les auteurs, et de m'assurer qu'on doit en général considérer les adhérences des « rfaces séreuses, lorsqu'elles sont anciennes, comme des portions accidentelles des membranes dans les cavités desquelles on les trouve. Leur tissu ne contient jamais de graisse ; elles sont ordinairement arrondies, plus ou moins longues, à larges implantations, et souvent filiformes dans leur milieu; leur surface est lisse , polie et lubrifiée, comme celle des membranes séreuses. M. Dupuytren , et après lui M. Villermé, les ont décrites comme formant des sortes de tubes à parois très-minces dans la cavité desquels on voit des cellulosités. Ces adhérences sont d'autant plus longues, qu'il y a plus de temps que la couche couenneuse s'est transformée en tissu lamineux. Sont-elles susceptibles de se rompre à la longue? M. Villermé est le seul qui ait émis cette opinion, qu'il ne présente d'ailleurs que comme très-probable en s'appuvant sur ce qui vient d'être dit, et sur ce que M. Bibes n'a vu aucune trace d'adhérence du péritoine dans des cadavres de militaires invalides qui avaient ou, long-temps avant leur mort, des plaies pénétrantes dans l'abdomen. Mais de tous les faits, il n'en est point qui milite aussi puissamment en faveur de l'opinion de M. Villermé, qu'une observation de M. Dupuytren, publiée à la suite d'un rapport de MM. Dumeril et Guersent. « Un amis contre nature , par lequel les matières fécales ne passèrent que pendant douze jours , survint à l'aine d'une femme qui avait une hernie crurale. Cette femme mourut au bout de

AD II 343 sept mois : l'ouverture de son cadavre fit voir que toute l'anse intestinale, qui avait été le siège de l'ouverture accidentelle, et que l'on croyait trouver adhérente à la cicatrice, en était distante de quatre à cinq pouces. Une colonne celluleuse, semblable aux adhérences isolées des cavités splanchniques , large à ses extrémités , étroite, presque filiforme à son entrée, était étendue de la cicatrice à l'anse de l'intestin , avec la cavité duquel elle ne communiquait point. » Sans oser prononcer sur ce point important d'anatomie pathologique, je renverrai aux observations récemment publiées par MM. Bogros , Villermé , ainsi qu'aux miennes, sur la formation des capsules synoviales non articulaires ; et je rappellerai que M. J. Fréd. Lobstein a trouvé une portion osseuse flottant dans l'abdomen et adhérant à l'ovaire par un ligament grêle.

Si maintenant nous examinons la fréquence des adhérences dans les diverses cavités des membranes séreuses, nous voyons que c'est dans la plèvre qu'elles existent le plus souvent ; on les y observe sur près de la moitié des cadavres des personnes adultes. Après la plèvre vient le péritoine, puis le péricarde. Les adhérences de la tunique vaginale sont encore moins communes; mais l'arachnoïde est de toutes les membranes séreuses, surtout relativement à son étendue, celle où les adhérences sont les plus rares. Le rapprochement des surfaces contiguës et le manque de mobilité des unes par rapport aux autres semblent favoriser singulièrement , du moins en général , la formation des adhérences. Ainsi , dans les plèvres, le lieu qu'elles occupent le plus ordinairement est la partie supérieure, et dans le péritoine on en remarque particulièrement entre les viscères qui font hernie, entre la face convexe du foie et le diaphragme

3° Adhérences des surfaces synoviales. — On a beaucoup trop négligé de recueillir des faits sur ces adhérences ; si on en excepte les cas d'ankylose, selles ne paraissent pas être communes. M. Moffait dit avoir observé des membranes synoviales qui offraient , en raison de l'intensité et de la durée de l'inflammation , tantôt une fausse membrane, et d'autres fois une sorte de tissu cellulaire mollasse, infiltré, une véritable substance celluleuse.

A la suite d'une fracture de la tubérosité interne de l'extrémité inférieure de l'humérus , M. Dupuytren a vu la membrane synoviale de l'articulation du coude, un peu rouge, et présentant des adhérences formées par de longues laines tendues d'un point à

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