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plusieurs propriétés différentes. Les adoucissans ne forment point par conséquent une classe à part, mais peuvent être pris dan6 plusieurs sortes de médicamens et d'alimens. Les rafraîchissans , les relâchans , la plupart des caïmans , et les narcotiques en particulier [voyez ces mots), employés tour à tour, isolément ou réunis, peuvent devenir des adoucissans ,' entre les mains du médecin , dans beaucoup de maladies externes ou internes. C'est aussi dans les moyens hygiéniques convenablement administrés qu'il rencontre les adoucissans les plus recommandables et les plus certains. Un climat doux et chaud, un air frais et humide , dans le voisinage des bois, les différentes espèces de bains lièdes et émolliens, les alimens mucilagineux, huileux , les fruits succulens, mucoso-sucrés , les gelées, le lait, etc., sont souvent, dans, une foule de maladies, les seuls moyens à l'aide desquels on puisse adoucir et guérir. ( Voyez , pour éviter des répétitions inutiles, ces articles en particulier. ) ( guersent. )

ADRAGANT (gomme) auraganthe ou adragante; elle découle de Yastragalus tragacantlia , asîr. gummifgr et astr. creticus ; toutes trois originaires d'Orient, principalement de l'île de Crète, lïastragaltts tragacantha croît aussi dans les provinces méridionales de la France , mais il n'y produit point dégomme. Le genre astragale appartient à la famille des légumineuse, Juss. à la diadelphie décand. Likn.

Propriétés physiques et chimiques. — La gomme adragant est solide, en morceaux alongés ,' quelquefois aplatis en lanières, d'autrefois filiformes et irrégulièrement tordus, ou enfin en grumeaux; elle est mate, et non translucide comme la gomme arabique; elle est ordinairement blanche ou légèrement jaunâtre; elle est inodore et insipide; on la réduit difficilement en poudre , à cause d'une sorte de ductilité dont elle est douée; elle ne se dissout point en totalité dans l'eau froide. Bucholz a remarqué que sur cent parties de cette gomme , cinquante-sept seulement se dissolvaient dans" l'eau froide , et qu'il restait quarante-trois parties d'une matière insoluble , qui se dissout dans l'eau bouillante , et y forme une gelée très-épaisse. L'eau bouillante la dissout donc en totalité; avant que de s'y fondre, elle commence par se gonfler considérablement; elle donne à l'eau une viscosité incomparablement plus grande que la gomme arabique. D'après les expériences de Bucholz, une partie de gomme adragant donne à cent parties d'eau autant de viscosité que vingt-cinq parties de gomme arabique.

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Propriétés médicales et usages. — De même que toutes les autres espèces de gommes, l'adragant est adoucissante etémolliente; elle peut également servir d'aliment.

On emploie ordinairement la gomme adragant réduite en. poudre pour donner une consistance convenable aux pastilles et aux masses pilulaires. Elle entre aussi dans la préparation des looclis et potions gommeuses. Sa dose, dans ce dernier cas, est de dix à quinze grains. (a. richard.)

ADRAGANTINE, s. f. Nom donné par M. Desvaux à un principe qui fait les de la gomme adragant , et qui a été décrit pour la première fois par Bucholz. On l'obtient en délayant la gomme adragant dans l'eau froide , et en traitant le mélange au bout de plusieurs heures, par une grande quantité d'eau également froide; celle-ci dissout cinquante - sept parties d'une matière semblable à la gomme adragant , et laisse X adragantine sous forme d'une substance gélatineuse , qu'il suffit de laver à l'eau froide et de dessécher à une douce chaleur pour l'avoir pure. Dans cet état, elle est sous forme d'une masse écailleuse, d'un blanc sale, facile à réduire en poudre, insoluble dans l'eau froide qui la gonfle et lui communique un aspect gélatineux, entièrement soluble dans l'eau bouillante. Cette dissolution est précipitée par l'acétate de plomb, le proto-nitrate de mercure, et le proto-hydrpchlorate d'étain ; mêlée avec l'eau froide , elle fournit un mucilage épais , semblable à celui que donne la gomme ; mais elle ne jouit plus de la propriété de se gonfler. \J adragantine est sans action sur l'alcohol , tandis qu'elle se dissout à merveille dans la potasse, l'ammoniaque et l'acide hydrochlorique. On ne l'emploie pas en médecine; mais c'est à elle que la gomme adragant doit la propriété de former ces mucilages volumineux qui servent avec succès à la préparation des tablettes, des pastilles, etc. ( orfila. )

ADULTE , adj. , adultus. Ce mot , qui désigne en général l'état de vigueur et de consistance qui caractérise l'entier développement des corps organisés, s'applique spécialement à l'homme parvenu à sa croissance: on dit en effet l'homme adulte, la femme adulte , pour désigner cet état dans lequel l'un et l'autre sont parvenus au complément de leur organisation. Le mot adulte s'adapte encore à l'un des âges de la vie , et il devient alors synonyme de viril. L'âge adulte ou viril, que caractérise l'aptitude de l'homme à la génération , s'étend de l'adolescence à laquelle il succède , jusqu'à la vieillesse à laquelle il finit. Nous exposerons

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au mot âge les phénomènes particuliers à chacune des phases de l'état adulte ou viril. ( Voyez ace et viriritk. ) (rullikr.)

ADU LTERATION , s. f. , de adulterarc , falsifier. Ce mot , qu'on a regardé comme synonyme de falsification, sophistication , raangonisation , a une signification plus étendue que chacune de ces expressions en particulier ; car il comprend toutes les espèces d'altérations, de substitutions, de tromperies, que la cupidité peut employer dans l'administration des médicamens simples et composés. Pour donner une idée de toutes les adultérations connues , il faudrait donc passer en revue la plupart des substances médicamenteuses et des préparations pharmaceutiques officinales et magistrales, et dévoiler la série des fraudes qui se sont commises et qui se commettent chaque jour dans le commerce de la droguerie et de la pharmacie. Mais ce travail très-étendu, qui occuperait beaucoup trop de place, ne contiendrait que des répétitions inutiles et des indications qui doivent se trouver naturellement à d'autres articles. Je me bornerai donc seulement ici à quelques considérations générales.

Le professeur Fourcroy témoignait , il y a près de quarante ans, le désir de voir paraître un ouvrage bien fait sur les adultérations médicamenteuses. Que dirait-il s'il vivait maintenantjamais la cupidité n'a été plus active et plus féconde en inventions, parce que la multiplicité vraiment effrayante des pharmaciens ne permet presque plus à l'homme probe de vivre du produit de son commerce, s'il ne trouve pas moyen d'augmenter par la fraude la proportion de son bénéfice. Aussi l'art de l'adultération s'est-il perfectionné et est maintenant étendu jusqu'aux préparations les plus communes et les plus ordinaires f depuis les simples sirops de guimauve et de violette qu'on fait le plus souvent sans sucre, sans guimauve et sans violette, jusqu'aux préparations 'pharmaceutiques les plus composées et les plus importantes , on a calculé le produit net des falsifications et des substitutions les plus lucratives, sans s'embarrasser de la différence des résultats. Us intéressent cependant à la fois la vie des malades et l'honneur de la médecine; mais ils sont indifférens pour le marchand peu délicat qui ne voit que son bénéfice.

Quoique l'art de dénaturer les médicamens soit maintenant porté très-loin, et que la démoralisation sur ce point soit presque générale , cst-il aussi nécessaire que le pensait le professeur Fourcroy, de faire connaître tous les procédés honteux qui ont été imaginés par la plus coupable avidité? N'est-il pas au contraire

AD Y • 36i plus avantageux pour le public que les moyens de falsification des médicamens ne soient connus qucd'un petit nombre de gens de l'art? Lorsqu'ils seront répandus dans des écrits qui circuleront partout, la dernière classe des hommes, qui est chargée de la préparation et de la vente des médicamens dans les campagnes, apprendra à connaître tous les procédés de la fraude, dont plusieurs lui sont peut-être encore inconnus, et en abusera, de sorte que ces écrits contribueront encore à propager le mal au lieu d'en borner les progrès. C'est sans doute cette triste réflexion qui a jusqu'à ce jour empêché plusieurs auteurs de publier des ouvrages particuliers sur les adultérations médicamenteuses; et peut-être, sous le rapport moral, doit-on leur savoir gré de leur réserve.

On peut toutefois ranger leurs adultérations connues dans deux classes principales; la première renfermera la connaissance des mélanges frauduleux ou des substitutions dans les drogues simples. C'est à ce genre d'adultération que nous réservons le nom de sophistication; la seconde classe comprendra la connaissance des mélanges frauduleux et des substitutions dans les préparations pharmaceutiques, magistrales, officinales. Nous en traiterons à l'article falsification. (Fbyez ces mots.) (guersent)

ADUSTION, s. f. , adustio ; action du feu; cautérisation d'une partie du corps à l'aide du feu. ( Voyez cautère actuel, cautérisation.^

ADYNAMIE, s. f., adynamia, impotentia , de a privatif et de oûyufttç, force, puissance, signifie défaut de force, impuissance d'agir, faiblesse moibide. Le terme d'adynainie ne doit jamais être appliqué qu'à un état pathologique, et exprime toujours un affaiblissement considérable des forces vitales, mais plus particulièrement de la contractilité de la fibre musculaire. Pour que l'adynamie ait lieu réellement, il est nécessaire que l'impuissance ou l'extrême difficulté d'agir soit idiopathique et ne puisse pas être rapportée à une cause organique, soit locale, soit éloignée du lieu affecté. Ainsi, lorsqu'un homme est privé de la faculté de mouvoir le bras ou la jambe par suite de la compression de l'encéphale ou des troncs nerveux qui se distribuent à ces membres , on dit qu'il y a paralysie et non adynamie. Si une cataracte ou une taie sur la cornée s'opposent à la vision, la destruction des osselets à l'audition , l'adynamie n'existe point encore : mais l'amaurose et la surdité nerveuse sont de véritables adynamies locales.

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Les divers auteurs qui se sont servis du mot adynamie ne l'ont pas employé exactement dans le même sens, et l'ont appliqué arbitrairement à la lésion de différentes sortes d'actions vitales. Vogel a réuni sous la dénomination commune rfcidyna/nies {adynam'uc) toutes les abolitions. ou diminutions d'énergie des sensations, des mouvemens volontaires et des fonctions naturelles, et il en a fait la sixième classe de son tableau nosologique : mais un genre de celte classe a reçu spécialement le nom d'adynamie; il comprend tous les cas de faiblesse extrême dans lesquels les malades sont incapables de se mouvoir dans leur lit ou de se tenir sur leur séant : c'est, à proprement parler, la prostration des autres auteurs. Dans la Nosologie de Cullen, on trouve également un ordre de maladies sous le nom à'adynamies (adynamiœ); c'est le deuxième de sa classe des névroses. Cullen donne pour caractères de cet ordre, «la diminution ou l'affai- « blissement des mouvemens involontaires , soit des fonctions « vitales , soit des fonctions naturelles. » Il renferme quatre genres, qui sont : la, syncope, la dyspepsie, l'hypochondriacie et la eblorose.

M. Pinel a employé lé mot adynamie pour peindre l'excès de faiblesse musculaire qui s'observe dans les fièvres vulgairement appelées putrides, et il leur a ôté ce nom pour lui substituer celui de fièvres adynamiques. Cette innovation a été généralement adoptée en France, et n'est pas encore abandonnée. Je ne crois pas que dans les trois volumes de sa Nosographie M. Pinel ait parlé une seule fois de l'adynamie dans un autre sens. On peut dire ainsi qu'il a restreint la signification de ce mot, tout en lui donnant beaucoup de vogue et en l'introduisant dans le langage usuel de la médecine. Quoi qu'il en soit, l'école de ce professeur célèbre s'est en quelque sorte approprié cette expression, devenue pour elle un terme classique; et en l'appliquant exclusivement à un état fébrile particulier dont, dans ses principes, il indique la nature et le principal caractère, cette école a fait de l'adynamie dans les fièvres un point de doctrine important et l'une des principales questions qui sont aujourd'hui le sujet des controverses médicales.

Nous n'approfondirons pas en ce moment cette question délicate qui sera traitée ailleurs avec le soin et l'étendue convenable.» :

Nous nous bornerons à faire observer qu'il est de la plus grande importance de bien distinguer la vraie adynamie des symptômes fébriles qui la simulent et qui dépendent d'une phlegmasie in-

/EDO 365 terne portée à un certain degré d'intensité, mais plus particulièrement de l'état inflammatoire de l'estomac et des intestins. Dans les cas de cette nature ces symptômes pseudo-adynaniiqtics se dissipent souvent, et plus souvent encore sont prévenus par le régime anti-plilogistique : ils s'aggravent au contraire par un traitement stimulant.

Quant à l'adynamie en général, il est évident qu'on ne doit pas se borner à l'étudier dans un seul ordre de maladies, puisqu'elle présente en soi des différences essentielles et s'offre au praticien sous des formes variées. Il serait donc utile d'analyser et de classer les adynamies comme on a récemment classé les irritations; mais l'adynamie existe beaucoup plus rarement seule, de manière à constituer un état morbide primitif de l'économie animale. Elle n'est le plus souvent qu'un symptôme susceptible de se joindre à des maladies de diverse nature, et d'affecter même des organes divers. Elle peut se rencontrer partout; elle peut être également avec fièvre ou sans fièvre; mais nulle part son existence ne se manifeste davantage que dans les phénomènes du typhus et dans ceux du scorbut. Enfin, nous reconnaîtrons l'adynamie toutes les fois que nous pourrons observer, indépendamment de toute lésion organique et de toute cause accidentelle, une altération profonde et persistante de l'énergie vitale. ( Voyez asthénie,

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