ATONIE, FAIBLESSE.) ( COUTANCEAU
AD YN A.MYQUE , adj., état adynamique, fièvre adynamique; c'est le nom donné par M. Pinel à la fièvre appelée vulgairement putride. Elle forme un des six ordres de fièvres essentielles dans la nosographie de ce professeur, et consiste principalement, suivant lui, dans la diminution très-notable de l'action vitale des muscles. Ses caractères extérieurs sont un pouls faible, chaleur acre au toucher, élat de stupeur, prostration des forces, langue noire, fuligineuse. M. Pinel en distingue trois genres, suivant leur type continu, rémittent ou intermittent, et plusieurs espèces soit simples,, soit compliquées. [Voyez auymanie, fièvre adynamique.) m (COUTANCEAU.)
jEDOI A- GRAPHIE et aidoiagrapliie , -logic , -tomie, s. f. , description, traité, dissection des organes de la génération. Peu usités.
jEDOPSOPHIE, s. f. , œdopsoplùa, de cùàoi*, les organes génitaux, et de i|/a<p£?y, faire du bruit. On donne ce nom à l'émission sonore de garqui a lieu par les organes extérieurs de la génération chez l'homme et chez, la femme. Chez celle-ci, les gaz qui s'échappent par le vagin peuvent être le résultat d'une sé-
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crétion morbide, ou provenir de la décomposition de quelques matières solides où. liquides retenues dans l'utérus; ils peuvent avoir été introduits dans le vagin lors du coït, ou par toute autre cause qui en aura écarté les parois. Chez l'homme, l'émission de gaz par l'urètre est presque toujours liée à l'existence d'une communication entre la vessie et le canal digestif : une sonde pourrait aussi servir de voie à l'air extérieur, et le conduire dans la vessie. Il est ordinairement poussé au dehors avec l'urine. La femme n'est pas à l'abri de cette espèce d'œdopsophie. ( Voyez
I'NEUMATOSE.) (CHOMEL.)
jEGILOPS, s. m., ùîylha-fy , dérivé de eayis, une chèvre, et de œil. Les médecins grecs ont donné ce nom à un ulcère qui se forme dans le grand angle de l'œil, et qui dépend. souvent de l'ouverture d'un anchilops ou abcès de cette partie. ( Voyez anchilops.) Cette affection a été ainsi nommée, suivant les uns, parce que les chèvres y sont fort sujettes, et suivant d'autres, parce que les personnes qui en sont atteintes tournent les yeux comme le font ces animaux. L'aegilops ne pénètre pas dans le sac lacrymal , mais se trouve seulement placé au-devant de lui. Lorsque par les progrès de l'ulcération les parois de ce réservoir sont détruites, alors la maladie change de caractère, et se convertit en une fistule lacrymale, par laquelle les larmes s'échappent mêlées avec le pus. ( V oyez fistule lacrymale.)
L'aegilops est une maladie assez rare, qu'il importe de ne pas confondre avec la fistule lacrymale, parce que le traitement de ces deux affections est tout-à-fait différent; dans l'aegilops, les voies lacrymales exercent librement leurs fonctions; et, s'il y a quelquefois un léger épipUora, il est produit par le gonflement des paupières et la compression qu'en éprouvent les conduits lacrymaux. Un stylet porté au fond de l'ulcère ne pénètre pas dans le sac lacrymal; des injections poussées par les points lacrymaux ne sortent pas par l'aegilops, non plus que les larmes, comme cela arrive dans la fistule lacrymale. L'état antérieur de la maladie, la manière dont s'est établie l'ulcération, la nature de la suppuration , etc. servent encore à éclairer le diagnostic de ces deux affections. ( V oyez ancitilops. )
II faut traiter l'aegilops comme les ulcères qui se rencontrent dans les autres régions du corps; le couvrir avec dos plumasseaux de charpie , exercer à sa surface une légère compression , exciser ses bords s'ils sont minces et décollés, brider avec de légers cathéréfiques les chairs fongueuses qui peuvent s'élever de sa sur-
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face, en ayant grandsoin de ménager les parois du saç lacrymal qui se trouvent au-dessous, etc. Si on soupçonne qu'une maladie générale, comme la syphilis, les dartres, les scrofules, est la cause de l'jegilops , on doit administrer au malade les remèdes internes propres à combattre chacune de ces affections, en même temps qu'on emploie à l'extérieur les topiques les plus convenables pour conduire l'ulcère à une parfaite cicatrisation. Lorsque l'œgilops dépend de l'ouverture d'une tumeur enkystée et développée en dedans du grand angle des paupières, il convient, pour obtenir promptement sa cicatrisation, de faireTextirpation ' de la totalité du kyste , ou du moins de la plus grande partie de ses parois. (j. cloquet.)
AÉRIEN, adj. , aereus , qui appartient à l'air. En anatomie on donne ce nom aux parties dans lesquelles pénètre l'air. On donne le nom de voies aériennes au larynx , à la trachée et aux bronches. Les fosses nasales, les sinus, la partie supérieure du pharynx et la cavité du tympan, sont aussi des cavités aériennes. On donne le nom de cellules, vésicules, saccules aériens du poumon aux terminaisons des bronches. (a. béclard.)
AÉRIFERE, adj., aeriferus , qui porte, qui conduit l'air. On donne ce nom au vaisseau ou conduit qui porte l'air dans le poumon. [Koyez trachée-artère et bronches.) (a. n.) > .
AEROPHOBIE, s. m., aerophobia. Horreur de l'air ou de la lumière suivant Cœlius Aurelianus. Ce phénomène constitue un symptôme assez fréquent de la rage et de quelques affections nerveuses. Les sens de la vue, de l'ouïe, et l'organe du tact, acquièrent un tel degré d'excitabilité , que la plus légère impression devient pénible : aussi l'on voit les malades être irrités de l'éclat du jour, du bruit le plus léger, et même de l'action de l'air sur la peau. Le mot aérophobie est très-peu usité. (r. del.)
jESTHESEIO-GRAPHIE et aistheseiographie ,- logie,- tomie , s. f., description, traité, dissection des organes des sens. Peu usités.
AFFAIBLISSEMENT, s. m., débilitutio , diminution des forces. L'affaiblissement ne doit pas être confondu avec la faiblesse, et autre chose est qu'un individu soit faible, autre chose qu'il s'affaiblisse. La faiblesse peut être liée à la constitution; elle existe même dans la convalescence , chez le sujet qui reprend de jour en jour des forces; l'affaiblissement , au contraire , est toujoxirs dû*, à une maladie ou à des causes morbifiques; il accompagne presque toutes les affections, il précède même le développement de quelques-unes, et fait craindre , lorsqu'il e?t
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porté à un degré considérable, une terminaison fâcheuse. L'affaiblissement se montre sous des formes très-variées : il peut survenir avec lenteur ou rapidité, porter sur toute l'économie, ou être borné à quelques fonctions, et spécialement aux fonctions locomotrices. ( Voyez forces.) (chomel.) i AFFAISSEMENT, s. m. Augmentation notable de la faiblesse et de la maigreur qui suivent rapidement chez un malade déjà affaibli et maigre, lorsque l'affection s'aggrave beaucoup, et surtout lorsqu'elle doit se terminer prochainement par la mort.
[VojeZ ABATTEMENT.) (cHOMEL.)
AFFECTION, affectio, affectas. Ce mot, dans le langage médical, est pris en deux sens différens. Dans l'un, il est synonyme du mot maladie, et désigne une lésion quelconque du corps humain; on dit une af/ection inflammatoire , goutteuse , rhumatismale, nerveuse, psorique , dartreuse, etc. Cependant quelques médecins veulent mettre quelques différences entre ces deux mots : ils n'appellent affection que les phénomènes apparens , les symptômes qui font reconnaître une lésion , et réservent le nom de maladie à la lésion elle-même; ou bien ils restreignent la dénomination d 'affection à des états particuliers de l'économie, qui, quoique constituant des souffrances, sont devenues désormais utiles à la conservation de la santé et de la vie , comme l'affection hémorrhoïdaire, par exemple, faisant ainsi du mot affection un équivalent de celui de manière détre. Nous ne croyons pas ces distinctions dignes d'être conservées.
Dans l'autre sens , le mot affection exprime quelques-uns* des phénomènes de la psycologie, tels que la joie, la tristesse, le chagrin, l'envie, la jalousie, la colère, etc.; on dit les affections de l'âme. Pris dans cette dernière acception , le sens précis de ce mot se ressent un peu du vague qui a régné et qui règne encore dans l'analyse des facultés intellectuelles et morales. Quand on étudie l'homme dans cette belle partie de lui-même, on voit bientôt que ses facultés sous ce rapport sont de deux sortes : celles par lesquelles il connaît, il acquiert une notion, et celles par lesquelles il sent, et qui consistent en de purs senlimens. Les premières fondent dans leur ensemble ce qu'on appelle l'esprit, Y intelligence , et les secondes, les facultés affectives , les senlimens du cœur. Les unes et les autres dictent nos volontés, décident nos déterminations; les premières, par un jugement de la raison; les secondes, par l'entraînement du sentiment. Or, la plupart des
AFF 36médecins philosophes et moralistes ont appelé indistinctement affections de l'âme tous ces actes derniers de notre psycologie, qui, étrangers à toute faculté de connaître et de raisonner,, consistent seulement en de purs sentimens, en des émotions de l'âme. Ainsi, la perception, la mémoire , le jugement -et toutes les facultés par lesquelles nous nous représentons les corps et leurs qualités, se rapportent à l'intelligence; et, au contraire, les sentimens de Y amour physique, de Y amour maternel, de Yorgucil, de la haine, de Y amitié, de la sympathie , de Y antipathie, etc., sont des affections de l'âme. On les a appelées aussi passions, parce que le propre de ces actes est d'arracher l'âme à son indifférence , et de constituer pour elle des plaisirs ou des douleurs, selon qu'on cède ou qu'on résiste à leurs vceu7î.
En admettant celte signification du mot affection, on sent que l'histoire des affections considérées sous ce rapport est un des sujets les plus intéressaiis , mais aussi des plus difficiles; elle constitue une science à part , la morale, dans laquelle on se propose d'indiquer la nature, le nombre des affections de l'âme, leurs divers degrés, leurs diverses combinaisons, et les moyens de les renfermer dans la mesure convenable , pour qu'elles rendent l'homme le plus heureux possible. Nous ne pouvons ici développer ce noble sujet. Les affections de l'âme, quoique constituant les actes les plus élevés de notre être, n'en ont pas moins leur source dans notre organisation , dans le système nerveux cérébral; leur nombre, leur noblesse, sont en raison de la structure plus ou moins composée du cerveau; et chez l'homme, elles sont telles , que non-seulement elles lient cet être à ses semblables et en font l'être social par excellence, mais encore l'unissent à son Créateur, dont il est le plus beau produit. Leur énumération seule est un des problèmes les plus difficiles de la philosophie; car les unes sont simples, c'est-à-dire de véritables facultés primitives de l'âme; les autres sont composées , c'est-àdire résultent de l'action combinée de plusieurs facultés primitives ; et enfin toutes élant susceptibles de mille 'degrés , on conçoit qu'il n'est aucune nuance qu'on ne puisse spécifier par un nom particulier, et dont on ne puisse faire une affection de l'âme spéciale. Comment se fixer dès-lors dans une telle immensité ? En premier lieu, on n'est pas d'accord sur les facultés primitives ét fondamentales de l'âme ; tel sentiment que l'on considère comme une de ces facultés primitives, comme une alfection