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de l'âme simple , par conséquent est considérée par un aufre comme un produit de l'action combinée d'autres facultés, et une affection de l'âme composée. En second lieu , l'ignorance où l'on est sur la spécification certaine des facultés primitives de lame doit rendre extrêmement délicate et incertaine la distinction que nous faisons dans nos affections de celles qui sont simples et de celles qui sont composées. Enfin toutes sont susceptibles de nombreux degrés, et l'on peut s'arrêter sur chacun d'eux, les fixer par un nom particulier, et par conséquent porter jusqu'à l'infini le nombre des affections de l'âme. Aussi pourrions-nous remplir plus d'une pâge de l'énumération seule des affections de l'âme que le langage a consacrées par des noms particuliers ! ~L'amour filial, l'amour paternel, l'amour conjugal; la bonté, la pitié, la générosité, l'amitié, la philanthropie , l'émulation , l'admiration, la reconnaissance , l'amour du, travail, de l'ordre , de Y honneur, de la justiee , de la vertu; l'orgueil, la colère , la haine , la vengeance , l'envie, la méchanceté , la vanité , l'hypocrisie , le mensonge, Y ingratitude, etc. etc. Les moralistes ont cherché à les classer, et chacun l'a fait' différemment. Les uns, prenant pour base le caractère agréable ou pénible de l'émotion qui les constitue, les ont partagées en affections agréables , et en affections pénibles. D'autres ont dit que toutes étaient ou des affections d'amour, de rapprochement, ou des affections de haine, d'éloigiicment. La plupart ont placé la source et l'origine de toutes dans une affection principale qu'ils ont appelée amour de soi et amour-propre ; et ils ont dit que toutes étaient des retours de cet amour de soi sur lui-même. Ils les ont partagées en affections vertueuses , qui servent au bien-être général de la société, en affections vicieuses qui lui nuisent, et affections mixtes qui ont tour à tour l'une ou l'autre de ces influences, selon le degré dans lequel on y cède. On doit sentir de suite que toutes les affections sont dans cette dernière catégorie, que toutes nous sont utiles et bonnes, si nous les renfermons dans la mesure convenable, et'que toutes aussi peuvent être et engendrer des maux si on en abuse. On les a partagées encore eu passives et en actives, selon qu'elles ne font que constituer des sentimens, ou qu'en outre ellessollicitent riiommeàd'énergiques déterminations. Le médecin ayant à apprécier leurs effets sur la santé, les considère surtout selon qu'elles sont vives , ou douces et lentes, libres ou contraintes , opiniâtres et persistantes , ou présentant un pas-

AFF 3Gy sage subit et successif des unes aux autres. Considérées dans leur nature , c'est-à-dire sous le rapport physiologique, nous en traiterons aux mots cerveau, facultés morales, psjcologie ; considérées dans leurs effets et dans les règles de leur emploi, sous le rapport de l'hygiène et de la thérapeutique, on en traitera aux mots gestes, expressions , percepta , etc. Ici nous ne voulons que donner l'interprétation du mot.

MM. Gall et Spurzheim diffèrent ici des philosophes qui ont écrit avant eux. Selon eux il ne faut donner les noms de passions et d'affections à aucune des facultés primitives et fondamentales de l'âme. Le mot passion doit s'appliquer à tout degré extrême d'activité de ces facultés; et, à ce titre, il y a autant de passions qu'il y a de facultés primitives. Le mot affection doit s'entendre des modifications que présentent les facultés primitives en raison du mode selon lequel les affectent les influences du dehors et -celles du dedans. La passion n'est selon eux qu'un mode de quantité, si l'on peut parler ainsi; l'affection est un mode de qualité. En un mot , ni l'un ni l'autre de ces mots ne doivent désigner une faculté intellectuelle et morale primitive , mais ils peuvent s'appliquer à toutes.

Pour traiter des affections d'après cette nouvelle interprétation, il faudrait passer en revue chacune des facultés primitives de l'âme, et énumérer les diverses modifications que chacune peut présenter, et auxquelles on a donné des noms particuliers. Mais d'abord , MM. Gall et Spurzheim sont bien loin d'avoir fixé avec certitude quelles sont les facultés primitives et fondamentales de l'âme; et en second lieu, il sera toujours fort difficile de distinguer une faculté morale primitive de ce qui n'est qu'une modification de cette facnlté. La tendance que nous avons à juger toujours d'après notre sentiment intime, fait que toujours nous mettons au premier rang ce qui remplit et domine notre âme; l'avarice, par exemble, serait une faculté primitive dans l'avare, et cependant nos auteurs n'en font qu'une nuance, une modification, une affection du sentiment de la propriété. Cette distinction des facultés primitives et de leurs modifications ou des affections sera toujours très-difficile à faire, et donnera matière à de longs débats. Toutefois, les auteurs que nous avons cités disent que, parmi ces modifications qu'éprouvent les facultés primitives et qui constituent les affections, il en est quelques-unes qui sont générales et éprouvées par toutes les facultés primitives de l'âme , i. 24

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et d'autres qui sont particulières à chacune d'elles. Ainsi les affections du plaisir, de la peine , et tous les degrés, sont générales à toutes les facultés, ont lieu dans toutes; car toute faculté désire être mise en jeu, et fait éprouver du plaisir ou de la peine, selon qu'on cède convenablement ou qu'on résiste à son vœu. Au contraire, l'orgueil, la prétention, la fierté, le remords, le repentir, sont des affections particulières à quelques facultés; les trois premières des affections spéciales du sens de Y amour-propre, et les deux dernières des affections du sens du devoir. Il est si vrai qu'il y a toujours la plus grande difficulté à distinguer ce qui n'est qu'une modification d'une faculté primitive de la faculté primitive elle-même, que nos auteurs eux-mêmes ne sont pas d'accord entre eux: M. Gall, par exemple, considère la joear comme une qualité négative, tenant au peu d'activité du sens du courage, et M. Spurzheim, au contraire la regarde comme une affection du sens de la circonspection. Ce qui ajoute encore à la difficulté de l'analyse, c'est que nos auteurs admettent aussi, comme leurs devanciers, des affections composées , c'est-à-dire qui résultent de ce que plusieurs facultés primitives ont été modifiées en même temps, telle que la honte, qui, selon eux, est une affection des facultés primitives du devoir et du désir de l'approbation. Nous ne pouvons encore exposer ici toute la doctrine de ces auteurs ; elle sera mieux placée là où nous traiterons de la psycologie, aux mots cerveau , facultés , psycologie. (adelon.)

AFFÉRENT, adj. , ajjerens, qui apporte. On donne ce nom aux vaisseaux lymphatiques et chylifères qui aboutissent dans une glande lymphatique, et y conduisent le liquide qu'ils contiennent, leurs valvules étant disposées de manière que le bord fibre est tourné vers la glande. ( V . lymphatiques.) (a. béclard.)

AFFINITÉ VITALE, s. f. Le mot affinité, synonyme d'attraction moléculaire , indiquant comme on <ait l'être de raison ou le principe auquel la théorie chimique rattache les phénomènes de composition et d'agrégation qu'offrent les corps ordinaires, et qui constituent leur nature intime et leur état, nous avons cru devoir employer la même dénomination en la modifiant par l'épithète de vitale, à laquelle nous l'avons unie comme propre à en indiquer la différence essentielle, afin de désigner la force spéciale qui produit, à l'égard des corps organisés vivans, l'immense série de phénomènes du même ordre, mais auxquels l'afGnité chimique demeure entièrement étrangère.

AFF 37i L'affinité vitale, telle que nous la concevons, est donc cette force altérante propre aux corps organisés vivans, pénétrant particulièrement les fluides de l'organisation, et dont le caractère essentiel est de former et de maintenir, pendant toute la durée de la vie, des composés que jamais les affinités chimiques ne sauraient ni produire ni conserver.

La force d'affinité vitale préside à tous les changemens de nature ou de composition que subissent sans cesse les fluides et les solides de l'économie. Elle offre la raison commune ou le principe auquel se rattache immédiatement cette série d'actions moléculaires dans lesquelles consistent la fécondation, la chimification, la lyinphose, l'hématose, les sécrétions, la nutrition, la colorification et le maintien des fluides et des solides dans un degré de cohésion plus ou moins fixe, et qu'ils conservent jusqu'à la mort, au milieu des circonstances extérieures les plus propres à la modifier et à la détruire.

Nous exposerons au mot force l'ensemble des raisons qui nous paraissent motiver l'admission de l'affinité vitale : c'est là qu'il nous conviendra de montrer ses analogies avec les forces vitales communément admises, et de faire ressortir l'histoire des nombreux phénomènes de la vie qu'il convient d'y attacher spécialement, attendu qu'ils sont de toute évidence hors du domaine des forces sensitives et motrices inhérentes aux solides. ' Nous ajouterons, toutefois encore ici, comme une présomption ën faveur de l'admission de la force de combinaison vitale que nous signalons, que la plus grande partie des phénomènes organiques dont elle est comme le principe ou la cause première , ont paru nécessiter la création de plusieurs forces du même ordre. C'est ce qu'on voit, en effet, à l'égard de la force déformation de M. Blumenbach, du vis generans de Vicq-d'Azyr, de la force digestive de Grimaud, de la caloricité de M. Chaussier, des forces assimilatrice et de résistance vitale de Dumas , etc. Mais la seule force d'affinité vitale, dont nous présentons l'idée, nous paraît devoir suffire pour offrir le lien commun auquel l'esprit peut rattacher sans efforts tous les phénomènes de la vie qu'on a prétendu dériver de cette multitude de forces diverses. La différence des élaborations opérées par la vie dans le sein de chaque organe n'y suppose pas, en effet, une force altérante propre, mais bien de simples modifications particulières apportées dans les produits de celle-ci par les conditions organiques

diverses sous lesquelles elle agit. ( Voyez élaboration et force.)

(rullier.)

AFFLUX , s. m. , affluxiis , de afjluere , couler vers. On désigne par ce mot l'abord plus considérable des liquides vers une partie devenue le siège d'une irritation. ( Voyez fluxion. ) (r. del.)

AFFUSION, s. f. , affusio, de affundere, verser. On emploie cette expression en thérapeutique pour exprimer l'action par laquelle on verse une certaine quantité d'eau sur une surface quelconque du corps. Les affusions se pratiquent très-rarement avec de l'eau chaude, mais presque toujours avec de l'eau froide. Nous examinerons seulement dans cet article tout ce qui appartient aux affusions froides; les affusions chaudes, qui agissent très-différemment , doivent être examinées en parlant des bains chauds en ondée et en nappe.

De la manière d'administrer les affusions froides. — Pour faire une affusion, on verse doucement l'eau à un ou deux pieds environ de la surface du corps, à l'aide d'un vase dont l'ouverture est assez large, comme un petit seau ou une grande casserole contenant plusieurs livres d'eau, de manière à ce qu'elle tombe en nappe dans une assez grande étendue. Pour recevoir cette affusion, le malade est placé dans une baignoire vide ou contenant plus ou moins d'eau tiède ou froide, suivant les parties sur lesquelles on doit agir et l'effet qu'on veut produire. Si l'affusion doit avoir lieu sur le tronc, il faut que la baignoire soit vide; elle peut être pleine aux deux tiers si on la pratique sur la tète seulement. Lorsque c'est sur cette partie surtout qu'on se propose d'agir, et qu'on ne veut agir que sur elle, il est bon de garantir la poitrine de l'impression de l'eau froide. Je me sers, à cet effet, d'une large pèlerine de toile cirée qui s'applique immédiatement autour du cou, et qui s'étend sur la plus grande partie du tronc. On peut en outre garnir le cou d'un linge roulé en cravate audessous de la pèlerine. Ces précautions me paraissent nécessaires toutes les fois qu'il y a affection catarrhale, ou qu'on a lieu de soupçonner quelques engorgemens pulmonaires, et que cependant la gravité des symptômes cérébraux engage à ne pas reculer devant cette considération.

L'eau dont on se sert pour faire les affusions doit être à la température de douze à quinze degrés. Si le malade était trèsfaible ou très -irritable, il faudrait élever la température jusqu'à vingt au moins pour 1rs premières affusions. Dans les pays

AFF 373 chauds ou dans les chaleurs de l'été , on peut se servir d'eau dont la température soit plus basse de quelques degrés, parce que la réaction contre l'impression du froid s'opère plus promptement.

La durée des affusions doit être proportionnée à la force du sujet, et surtout à l'intensité de la fièvre, et des exacerbations ; deux minutes suffisent quelquefois pour produire un effet remarquable. Il faut, clans quelques cas, aller jusqu'à dix , quinze et même vingt minutes ; mais il ne faut jamais dépasser ce terme , dans la crainte de produire un affaissement trop considérable. Dans tous les cas, il est toujours prudent de commencer par des affusions de courte durée, et d'en observer les effets avant de les prolonger. Le nombre des affusions, dans chaque séance, doit être déterminé d'après l'état du malade et les effets qu'il éprouve ; cinq à six affusions sont souvent suffisantes ; il faut quelquefois aller jusqu'à quinze ou vingt -cinq. J'ai vu des malades raisonnables et courageux ne pouvoir pas en supporter plus de six surla tète.

Pour pratiquer l'affusion, on jette d'abord une petite quantité d'eau sur la surface du corps ou sur la face, afin d'exciter doucement le malade et par degrés. On procède ensuite aux affusions, en mettant entre chacune d'elles un intervalle seulement de quelques secondes ; en les faisant desuite, et sans interruption , on fatiguerait trop le malade : cette précaution est indispensable , surtout quand on administre les af/usions sur la tète, afin de laisser à celui qu'on affuse le temps de respirer. D'un autre côté, en mettant trop d'intervalle entre les affusions , on prolonge les fatigues sans aucun avantage.

. Après l'affusion, on sèche la tête du malade, auquel on a dû d'abord couper les cheveux par précaution , lorsqu'ils sont trèslongs. On l'enveloppe ensuite dans un drap chaud, et on le re- 1 rte dans son lit.

Des effets des affusions froides et delà médication qu'on peut obtenir à l'aide de ces effets. — Les affusions froides déterminent sur la surface du corps une impression vive et une sorte de saisissement analogue à celui que causent l'immersion dans l'eau froide et le bain de surprise. Mais cet effet de l'affusion n'est pas seulement le résultat du refroidissement subit causé par le contact d'une assez grande quantité de liquide dont la température est beaucoup au-dessous de celle du corps, elle est encore-

due à lu percussion de ce liquide tombant avec son propre poids ou lancé même avec quelque force, de sorte que l'affusion tient de la manière d'agir des applications froides et de celle de la douche. Ces deux modes d'action réunis provoquent des effets locaux et généraux différens pendant et après l'affusion et qu'on peut partager en trois séries ou périodes , qu'on a avec raison comparées aux trois périodes d'un accès de fièvre intermittente.

La première période comprend la série des changeraens qui ont lieu pendant la durée de l'affusion. On remarque alors un refroidissement considérable avec une astriction douloureuse et cuisante de la peau, analogue à celle que produit la glace, mais plus vive encore et plus durable. Cette astriction douloureuse est plus forte sur certaines parties que] sur d'autres; elle est moindre à la partie postérieure du corps et sur les membres que sur le ventre, la face , le crâne , et surtout sur la partie antérieure du thorax , où elle est plus vive que partout ailleurs ; les papilles de la peau sont hérissées de toute part, et la surface du corps présente l'aspect de la chair de poule. La décoloration de la plus grande partie de la peau, le refoulement du sang de la surface au centre accompagnent nécessairement ces horripilations et ces frissons. Le pouls se concentre , devient même quelquefois presque insensible , et dans la plupart des cas, diminue de fréquence; la température du corps s'abaisse , les inspirations et les expirations sont fréquentes , incomplètes , entrecoupées , irrégulières et comme sanglotantes, surtout chez les enfans chez lesquels la frayeur ajoute encore aux effets du froid et du saisissement. Chez quelques-uns même la frayeur est si grande, qu'on est obligé de suspendre les affusions. Lorsque les malades sont dans un état de carus ou de collapsus, l'impression douloureuse de l'affusion faite sur la tète les excite, les tire au moins momentanément de cet état; ils voient, entendent et parlent même quelquefois pour retomber plus ou moins promptement dans leur première position. Pendant tout ce temps, toutes les excrétions, mais surtout les excrétions cutanée , alvine et urinaire sont entièrement suspendues.

Après l'affusion commence la seconde période : le calme se rétablit peu à peu dans tous les organes, la chaleur revient par degrés, les inspirations s'éloignent et deviennent régulières , le pouls, qui d'abord avait diminué de fréquence pendant la période de concentration , se développe et s'accélère légèrement.

AFF 375 Cette seconde période, très-courte et quelquefois presque nulle, est bientôt suivie de la troisième, qui correspond au déclin de l'accès dans les fièvres intermittentes. Alors la chaleur est complètement rétablie; le pouls, plus large et plus régulier, tombe au-dessous de l'état dans lequel il était avant l'affusion , et diminue quelquefois de dix à douze pulsations par minute; la peau, d'une fraîcheur agréable , se couvre néanmoins d'une douce moiteur; les facultés morales reprennent leur empire; et si les malades peuvent rendre compte de ce qu'ils sentent, ils s'accordent en général à dire qu'ils éprouvent une diminution remarquable de la soif, et une sorte de fraîcheur et de bien-être qui les porte au sommeil. Ces effets sont d'autant plus remarquables , que la soif et la chaleur étaient plus considérables avant l'affusion. A tous ces changemens favorables se joint alors le retour de toutes les sécrétions , et particulièrement celle des urines qui , très-souvent dans ce cas, deviennent critiques. Il y a dans la série de ces effets la plus grande analogie avec la marche d'un accès de fièvre intermittente : on peut y reconnaître le stade du frisson, celui de la chaleur et celui du déclin de la fièvre ou de la sueur ; mais il n'en est pas toujours ainsi , et les effets des affusions froides ne suivent pas constamment cette marche régulière; les changemens favorables qui caractérisent surtout la seconde et la troisième période manquent quelquefois; alors le frisson se prolonge au delà d'une demi-heure et plus, la réaction vitale n'a pas lieu, et l'affaissement du malade augmente : dans ce cas, on pourrait presque dire que l'affusion froide a causé au malade un accès de fièvre pernicieuse algide. C'est alors qu'il faut renoncer entièrement à ce moyen et recourir à tous les toniques et les excitans qui peuvent relever les forces. Dans d'autres circonstances, la chaleur revient très-promptement après l'affusion , mais avec tous les symptômes qui caractérisent une exacerbation ; et, si alors les affusions, plus courtes et plus rapprochées, ne produisent aucun changement favorable , il est inutile et il ne serait pas sans danger d'insister sur cette médication.

Il résulte de tout ce que nous venons de dire sur les effets immédiats et consécutifs des affusions froides, qu'on obtient dans la plupart des cas, par ce moyen perturbateur, une diminution momentanée dans l'accélération du cours du sang, une légère excitation du système nerveux cérébral, et par suite de ces deux- effets , tantôt une sorte de réaction fébrile qui régu-

larise les forces vitales, les ramène dans un état d'équilibre plut naturel, et qui favorise par cette raison toutes les sécrétions et plus particulièrement les. excrétions cutanée et urinaire; tantôt, au contraire, lorsqu'on pratique l'affusion sur la tète, un collapsus qui peut rapidement accélérer la mort. Pour concevoir des effets en apparence aussi opposés, il faut considérer que l'espèce d'excitation générale qui parait avoir lieu dans le premier cas n'est pas le résultat d'un accroissemeut réel des forces, mais plutôt le produit d'une simple diminution de la chaleur, de la fréquence du pouls et de la compression cérébrale due au refoulement du sang des vaisseaux méningés et cérébraux vers le centre : ce qui semble confirmer cette opinion , c'est que la réaction vitale ne peut avoir lieu qu'autant que les forces sont plutôt opprimées que diminuées. Si le malade est dans un trop grand état de faiblesse, l'affusion est nuisible ; c'est par cette raison que le moment des exacerbations est toujours celui qu'il faut choisir pour les pratiquer; elles deviennent inutiles oumême dangereuses dans l'intervalle d'un paroxysme à l'autre ou à la fin d'un paroxysme et pendant la sueur. La médication qu'on obtient à l'aide des affusions est donc, comme toutes les médications réfrigérantes , une médication mixte sui gencris , qui n'est réellement ni débilitante , ni excitante , au moins d'une manière directe, mais qui est tour à tour débilitante ou excitante d'une manière indirecte, suivant les circonstances et la manière de l'employer, et c'est là le caractère propre de la médication controstimulante : aussi l'affusion froide doit-elle être considérée comme un des contro- stimulans les plus énergiques et les plus recommandables [voyez contro - stimulans ). On conçoit maintenant combien il est essentiel dans l'application de la médication contro-stirriulante, à l'aide des affusions froides, de faire la plus scrupuleuse attention à toutes les circonstances qui peuvent en faire varier les résultats, et combien cette médication exige de connaissances pratiques et d'habitude pour être employée avec succès !

De l'emploi thérapeutique des affusions froides. — L'usage des affusions froides remonte à la plus haute antiquité. Les médecins grecs en connaissaient les effets, comme on peut en juger par plusieurs passages des ouvrages d'Hippocrate. Les médecins arabes et latins les avaient peut-être un peu trop négligées, mais elles ont repris dans ces derniers temps le rang qu'elles doivent occuper dans la thérapeutique, surtout depuis les mémoires de llahn, de

AIT 377 Samoëlowitz , de Wright, et les ouvrages de Currie, de Giannini, et les expériences nombreuses faites en Italie, en Angleterre et en France par plusieurs praticiens distingués.

Hippocrate conseillait les affusions froides dans le causas ou fièvre ardente bilieuse et dans le typhus causodes. C'est aussi dans les lièvres continues, avec chaleur vive, sécheresse à la peau, et qui sont accompagnées d'exacerbations marquées par des symptômes cérébraux, que les médecins modernes ont employé les affusions froides avec succès. La médication par les affusions est surtout très-utile au début du typhus et de plusieurs fièvres- de l'ordre des ataxiques, après l'effet des saignées par la lancette ou par les sangsues : c'est un moyen puissant de diminuer la céphalalgie , et d'écarter les congestions et les inflammations cézébrales qui peuvent compliquer ou aggraver ces maladies. L'hydrencéphale, qui, à beaucoup d'égards, se rapproche des fièvres ataxiques et de l'ara chnitis, est une des maladies qui dans la première période réclame le plus impérieusement la médication contro-stimulante par les affusions froides. Je l'ai employée dans cette maladie avec beaucoup d'avantage immédiatement après les saignées; mais cette médication, par les raisons que nous avons données pluî haut, ne convient que dans la période d'irritation; elle produit rarement quelque amélioration momentanée dans la seconde période, lorsque le pouls est devenu lent et tombe au-dessous de l'état naturel; et, dans la troisième période, quoique le pouls redevienne ordinairement très-fréquent, les affusions froides m'ont paru nuire constamment et accélérer la perte des malades; il en est à peu près de même pour les inflammations de l'arachnoïde. MM. Parent et Martinet ont fort bien indiqué, dans leur ouvrage sur l'arachnitis, que c'est à la fin de la première période et au commencement de la deuxième qu'on peut faire un emploi utile des affusions. Le malade offre encore à cette époque assez de force pour que la réaction vitale puisse s'opérer; plus tard, ou le malade est trop faible pour fournir une réaction salutaire , ou les désordres organiques sont trop grands pour que la médication puisse parvenir à les faire cesser.

Après les fièvres et les affections cérébrales , il n'est pas de maladies dans lesquelles on ait plus vanté les affusions froides que dans les éruptions cutanées aiguës. Les médecins anglais, dans ces derniers temps, les ont surtout préconisées dans la rougeole.

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Cette médication perturbatrice est loin d'être nouvelle. Il y plus d'un siècle que Kempfer écrivait que les médecins, à Java et à Batavia , traitaient ainsi cette maladie. Il cite même l'exemple d'un chirurgien de Batavia, qui, n'ayant pas voulu adopter cette méthode, et ayant traité ses trois enfans par les moyens connus en Europe, les perdit tous les trois dans l'espace d'un mois, tandis qu'un de ses voisins sauva tous les siens par les affusions froides faites matin et soir sur la téte. Un grand nombre de faits bien constatés prouvent qu'en effet les affusions réussissent très-bien dans la rougeole; mais il est prudent, je pense, de ne pas trop généraliser cette sorte de médication, car la plupart des rougeoles simples guérissent aussi bien par la méthode expectante , qui est toujours préférable à une médication perturbatrice , lorsque les maladies tendent d'elles-mêmes à se terminer d'une manière favorable. Quant à celles qui sont très-graves et souvent mortelles , ce sont ordinairement celles qui sont compliquées de phlegmasies des organes pulmonaires; et les affusions froides, en refoulant le sang vers le cœur et le poumon, doivent nécessairement augmenter le mal. Je sais qu'on cite des exemples dans lesquels la rougeole compliquée d'inflammation a néanmoins cédé à la méthode des affusions. J'ai obtenu moi-même le plus grand succès des affusions froides dans un cas d'hydrencéphale commençant, et qui succédait à la rougeole, quoique l'affection catarrhale subsistât encore , et je n'ai pas remarqué que le catarrhe fût visiblement aggravé par ce traitement. Néanmoins, dans beaucoup de cas de catarrhe pulmonaire et de pneumonie latente, les affusions froides m'ont paru presque constamment nuisibles. Elles sont également nuisibles dans les inflammations graves du péritoine et des intestins. Si on écarte les affusions du traitement de la rougeole compliquée des phlegmasies pulmonaire et intestinale, il ne reste plus que celles qui s'accompagnent de phlegmasies des méninges ou du cerveau, ou des symptômes purement alaxiques sans qu'il y ait inflammation ; et c'est dans ces cas seulement que la méthode contro-slimulante par les affusions peut être avantageuse, et qu'il faut par conséquent en conserver l'emploi.

Les affusions ont été mises en usage dans plusieurs maladies nerveuses. Hippocratc les employait dans les affections céphaliqucs douloureuses et opiniâtres, et l*un de nos confrères a souvent combattu avec succès, par ce moyen, une migraine à

AGA 379 laquelle il est souvent exposé. On lit , dans le vingt-unième article de la cinquième section des aphorismes du père de la médecine , que les abondantes affusions d'eau froide (xxrttx.uois) conviennent dans le tétanos, lorsqu'il survient au milieu de l'été, chez des jeunes gens qui se sont exposés au froid. Il considère ce moyen comme le plus efficace pour rappeler la sueur.

La médication qu'on obtient à l'aide des affusions froides a été encore employée dans beaucoup d'autres maladies moins graves; mais je crois devoir me borner à ce tableau raccourci , qui suffit pour donner une idée de toute l'importance de cette médication et des cas principaux dans lesquels on doit surtout la mettre en pratique. (guersent.)

AGACEMENT, s. m., irritatlo , de ùkÛ^uv, aiguiser. On désigne vulgairement, par ce mot, cet état de susceptibilité extrême dans lequel les organes des sens sont excités désagréablement par la cause la plus légère. On appelle aussi agacement de nerfs les mouvemens spasmodiques peu considérables qui sont la suite de cette susceptibilité.

C'est à une affection des dents qu'on a donné plus particulièrement le nom d'agacement (stupor dentium } odontalgia hœmodia.} Cette affection consiste dans une sensation désagréable produite par le contact des substances acides et acerbes, par l'action de la lime sur ces organes; quelquefois des sons extrêmement aigus, comme ceux qui résultent du jeu d'une scie , donnent lieu axi même effet, mais moins intense et plus passager. Sauvage prétend que les rachitiques y sont particulièrement sujets. L'agacement des dents rend très-douloureuse la mastication des alimens solides : cette incommodité n'est que momentanée et se dissipe d'elle-même. La douleur qu'on ressent est augmentée par l'accès dfc l'air dans la bouche. On la modère en frictionnant les dents avec un linge chaud, en mâchant quelques substances mucilagineuses. On a recommandé le pourpier, et même l'oseille. On peut douter de la propriété attribuée à cette dernière plante, de combattre une affection dont elle est si souvent la cause.

L'agacement des dents parait être dû à l'irritation directe ou sympathique des nerfs qui pénètrent dans ces organes. Quelques auteurs l'ont attribué à la lésion des gencives. Mais l'on adoptera la première opinion , si l'on considère que les dents qui ont été exposées à l'action d'un acide perdent pendant un certain temps le poli de leur surface: que les aspérités qui s'y forment rendent

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moins facile leur glissement les unes sur les autres; et qu'enfin lemail, devenu plus blanc, n'a changé de couleur que par une •action chimique de l'acide sur celte partie non organisée ; action dont l'influence s'est étendue jusqu'aux parties douées de sensibilité, (raige-delorme.)

AGALACTIE ou agalaxie, s. f., ogalactia , lactis defectio , de ««privatif, et ycc\u, lait; manque de lait, défaut ou suppression de la sécrétion laiteuse. Diverses causes peuvent empêcher la sécrétion du lait de s'établir après l'accouchement, ou supprimer cette sécrétion lorsqu'elle est établie. Sous ces divers points de vue , l'agalaxie peut être considérée comme un obstacle à la lactation, comme cause ou comme symptôme de quelque maladie, et son histoire se rattache à celle de la lactation, et à celle des maladies des femmes en couches. ( Voyez lactation et couches.)

(uésoumeaux.)

AGARIC de chêne, ou amadouvier. On désigne sous ce nom impropre une espèce de champignon du genre bolet {boletus igniarius) , (Champignons, Juss. ; cryptogamie , Lin.), qui est sans pédicule et naît sur le tronc des vieux chênes , des tilleuls, etc. Il est dur et compacte, recouvert supérieurement d'une pellicule noirâtre et coriace. Il croit communément en France. C'est de ce champignon qu'on retire l'amadou.

Mode de préparation de l'amadou. — Pour préparer Y amadou ou agaric , on fait dessécher le champignon, on le bat fortement avec un maillet de bois, et on le coupe par tranches, que l'on bat de nouveau jusqu'à ce qu'elles soient douces et souples.

Propriétés et usages. — L'amadou n'est aujourd'hui employé que par la chirurgie dans le pansement des plaies, quand on veut arrêter ou prévenir l'hémorrhagie de quelques petits vaisseaux. L'agaric ne possède point de vertu astringente, comme le pensaient les anciens; il devient moyen hémostatique, en s'appliquant et se collant sur l'ouverture béante des vaisseaux.

agaric du mélèze ou agaric blanc Cette plante appartient également au genre bolet; c'est le boletus laricis, L. On le trouve sur le tronc du mélèze [larix europœa) , dans l'Europe méridionale, l'Asie; il croît également en France.

Sa forme est celle d'un cône arrondi; il est attaché par l'un de ses côtés sur le tronc où il croît; sa substance est dure, coriace, blanche intérieurement, recouvert à sa partie supérieure d'une pellicule dure et comme ligneuse.

AGE - 38i

Mode de préparation. — On le prive de son écorce et on le fait sécher. Le meilleur est celui qui nous vient d'Asie. Il est blanc, sec , léger, poreux, se réduit facilement en poudre; il est inodore ; sa saveur est d'abord douceâtre, mais devient bientôt acre et très-amère.

Composition çhimique, — Dans le Bulletin de Pharmacie , pour l'année 1812, pag. 3o4, M. Braconnot a donné l'analyse de cette substance. En voici le résultat :

. Matière résineuse particulière 72

Extrait amer 2

Matière fongueuse insoluble. 26

Propriétés et usages. — L'agaric blanc ou du mélèze est un médicament très-violenf , qu'on ne doit mettre en usage qu'avec beaucoup de circonspection. C'est un purgatif drastique des plus énergiques ; il est également émétique. De Haen l'a conseillé dans la pbthisie pulmonaire, pour modérer les sueurs qui fatiguent et finissent par épuiser les malades.

Préparations et doses — L'agaric blanc s'administre , i° en poudre , gr. j à v ; 20 en extrait , gr. fi à jv. On s'en sert quelquefois à l'extérieur pour saupoudrer les ulcères atoniques.

(a. RICHARD. )

AGARICS COMESTIBLES ET VENENEUX. ( Voyez CHAMPIGNONS. )

AGE, s. m., œtas. On donne le nom d'âges aux mutations diverses que présentent les 'corps organisés vivant pendant le laps de temps qui sépare l'époque de la naissance de celle de la mort naturelle. Ces changemens ou ces métamorphoses de la vie, comme les appelle Linnéus , progressivement amenés par le temps, et comme insensibles d'un jour à l'autre, partagent toutefois la durée générale de l'existence en plusieurs phases ou périodes distinctes, faciles à apprécier. C'est, en effet, ainsi qu'on voit l'enfance commencer la carrière de la vie, la jeunesse la prolonger, la virilité l'étendre encore , et la vieillesse enfin la terminer.

chapitre Ier. — Considérations générales sur les âges. — Lès âges sont un des caractères distinctifs des corps organisés vivans; les corps bruts, qui n'ont en effet ni commencement connu ni fin naturelle , ne présentent aucune de ces périodes qui conduisent de l'enfance à la mort. Ce qu'on dit de la vieillesse du monde , des âges de la nature, ne sont donc que des expressions meta-

phoriques, déduites de l'observation des phénomènes de l'organisme.

Nous envisagerons, dans cet aperçu général des âges de la vie, les rapports de ceux-ci avec le temps qui s'écoule, les phases successives et principales qu'ils présentent , les nuances insensibles qui lient ces dernières entre elles et qui en forment comme la transition, les comparaisons auxquelles les âges ont donné lieu, les rapports généraux qu'ils ont, soit avec l'accroissement du corps, soit avec l'aptitude à la génération. Nous indiquerons encore quelles sont les liaisons connues des âges avec le tempérament / les climats, l'état de santé et de maladie, et qu'elle est enfin leur influence sur l'emploi des principaux moyens thérapeutiques mis en usage dans la pratique de la médecine.

§ 1er. — Le temps qui s'écoule , les années qui se succèdent et s'accumulent , ne servent à fixer les âges que parce qu'ils coïncident avec les divers phénomènes dus à l'évolution des organes. On sait, en effet, que mille circonstances font varier dans chaque espèce la durée de la vie, l'époque où commence et finit chaque âge , mais que rien ne peut interrompre la marche des diverses mutations qui changent invariablement les traite de l'organisation entre l'époque de la naissance et celle de la mort. C'est donc une nécessité de fonder la distinction des âges plutôt sur la différence réelle des phénomènes organiques que sur la succession du temps. Qu'importe /«n effet, que l'homme, par exemple, qui meurt au terme de sa carrière, ait acquis soixante ou quatre-vingt-dix ans? Dans le premier comme dans le second cas , il a parcouru tous les âges de la vie; et ceux-ci, essentiellement les mêmes, n'ont différé que par ,1a rapidité de leur marche. En mourant à vingt-trois ans , Bébé , nain du roi de Pologne , était parvenu , comme on sait, à la vieillesse la plus avancée. Ainsi les âges, mesurant essentiellement l'intervalle qui sépare dans l'être vivant son origine de sa fin naturelle , n'ont aucune limite précise, et varient dès lors pour chaque être comme la durée même de son existence; or celle-ci, éphémère pour les uns, se trouve comme illimitée par les autres. Tel insecte, en effet, est déjà très-vieux comme on sait à la fin du jour même qui le vit naître; tandis que le cèdre du Liban et le baobad, par exemple, sont bien jeunes encore après plusieurs siècles,

§ II. — L'observation montre que les corps vivans et spécialement l'homme ont à leur origine ou à leur naissance des carac-

AGE 383 tères propres , physiques et moraux (pi 'ils conservent pendant un certain temps, et qui constituent leur enfance. A ceux-ci, on voit succéder les changemens qui forment leur jeunesse et qui persistent jusqu'à l'état de consistance ou de virilité qui se prolonge plus ou moins, mais auquel succèdent enfin les phénomènes dé la vieillesse ou de la détérioration. La durée de la vie présente donc généralement quatre âges ou périodes distincts, l'enfance, la jeunesse, la virilité et la vieillesse.

§ III. — En remarquant quelle est la succession lente et graduelle des phénomènes qui constituent chacune de ces quatre grandes époques de la vie ■■, on s'aperçoit aisément qu'il est difficile de séparer nettement les uns des autres ceux qui appartiennent aux âges contigus; de sorte qu'il n'existe que des nuances impossibles à saisir entre le terme de l'enfance et l'origine de la jeunesse, la fin de cette époque et le commencement de l'âge adulte, et qu'il est également impossible de dire précisément à quel point l'homme perdant les prérogatives de la virilité, atteint à la vieillesse. Il suit de là que les caractères différentiels et distincts des âges, ne sont bien tranchés que lorsqu'on les envisage au milieu même des diverses époques qui correspondent à chaque âge. Il n'est pas possible , en effet , de méconnaître la physionomie toute particulière qui, par exemple, sépare le faible et docile enfant du bouillant jeune homme ; celui-ci de l'homme adulte , et ce dernier plein de force et de vigueur, de l'impuissant et débile vieillard.

§ IV. — La succession des phénomènes propres aux quatre âges de la vie a fourni aùx anciens l'idée, très-ingénieuse sans doute, de comparer les âges aux diverses saisons que présente le cours de l'année. C'est d'après cette idée qu'on parle souvent, en effet, du printemps de la vie, de son été, de l'automne de l'âge et de l'hiver des ans. Mais, si l'on remarque que les changemens offerts par la végétation dans les quatre saisons de l'année ne sont point essentiellement comparables aux traits caractéristiques de l'organisation amenés par les différens âges, et que dans les pays chauds, par exemple, où les végétaux croissant continuellement sont à la fois couverts de fleurs et de fruits, on pensera peut-être que la comparaison dont nous parlons manque de justesse, et qu'il convient de l'abandonner aux poètes, en la bannissant du langage sévère de la physiologie. Les vrais naturalistes ne peuvent regarder la floraison comme la puberté des végé-

taux; c'est un acte de la génération, et rien de plus. C'est par de semblables fictions que le cours de la vie qu'embrasse les âges a paru à d'autres comparable à la durée d'un jour, comme semblent l'indiquer les expressions poétiques d'aurore de la vie^ de beauté à son midi, de femme à son déclin, etc. etc.

§ V. — Les rapports des âges avec les phénomènes généraux de l'accroissement du corps sont évidens, et montrent la vie comme partagée, sous ce rapport, en trois grandes divisions, savoir : l'âge de l'accroissement, celui de l'état stationnaire du corps, et l'âge de la détérioration ou du décroissement. Mais cette division des âges est beaucoup trop générale pour qu'elle puisse servir à classer les nombreux traits de leur histoire. On pourra voir toutefois à l'article accroissement , auquel nous renvoyons VéS rapports intimes qui lient particulièrement ce phénomène avec les différens âges. [Voyez accroissement.)

§ VI. — Un autre rapport aussi général, celui des âges avec la génération , montre que Là vie entière se partage, sous ce point de vue, en trois grandes divisions : la première, dans laquelle cette fonction n'est point encore appelée à s'exercer; la seconde, dans laquelle elle jouit de toute son activité; et la troisième, enfin, dans laquelle elle se trouve à jamais détruite ou abolie, sinon dans la possibilité du rapprochement des sexes, au moins dans le but de ce rapprochement, c'est-à-dire dans la reproduction de l'espèce.

§ VII. — Les traits physiques et moraux qui distinguent les quatre âges de la vie ont, sur ceux qui constituent le tempérament ou la constitution, une influence facile à apprécier. Durant l'enfance, le tempérament est lymphatique et nerveux; il est mou, les fluides blancs prédominent; chez les jeunes gens, il devient plus ou moins sanguin, le teint est brillant et animé, c'est l'époque de la pléthore et celle qui dispose aux hémorrhagics; dans l'âge adulte, il acquiert son caractère spécial originaire, bilieux, nerveux, athlétique, etc.; et dans la vieillesse, enfin, le tempérament propre, de moins en moins prononcé, reprend en quelque sorte la mollesse et la teinte lymphatique de l'enfance, principalement caractérisée par la prédominance des fluides blancs sur le

sang. ;

§VIII. — Toutes les circonstances qui influent sur la durée générale de la vie, soit qu'elles en étendent, soit qu'elles en resserrent les limites, exercent une action analogue sur l'étendue

AGE 385 des âges et sur la rapidité de leur succession. C'est ainsi que les climats chauds qui abrègent l'enfance en hâtant la puberté, rendent la virilité courte et amènent la vieillesse avant le temps ordinaire : que la prèmaturitc dans les plaisirs de l'amour, chez les très-jeunes gens , et les excès de tous genres auxquels l'homme se livre, au mépris des règles du régime conservatrices de la santé, produisent le même effet, en bornant la durée générale de la vie. On voit au contraire les climats tempérés et l'observance des lois de l'hygiène prolonger l'enfance, la jeunesse, et retarder l'époque de la vieillesse et de la mort. On connaît la vérité du proverbe, vin courte et bonne, mis en pratique par ceux que maîtrissent l'ardeur du plaisir et qu'entraîne la fougue du jeune âge. Mais c'est à Xhygiène des différens âges et au mot longévité qu'il convient d'exposer l'ensemble des vues qui se rattachent à cet ordre de considérations. [Voyez hygiène et longévité.)

§ IX. — Les phénomènes caractéristiques des âges modifient l'état de santé de manière à donner à chacun de ceux-ci comme une santé propre. On sait, à ce sujet, combien la santé de l'enfant diffère de celle du vieillard, et quelles différences existent jentre la santé de l'adolescent et celle de l'homme parvenu à la virilité confirmée : aussi les signes particuliers de la santé, de chaque âge , toujours présens à la mémoire du médecin , préviennent-ils les méprises auxquelles l'exposerait sans cesse la nécessité où il se trouve de distinguer ce qui peut, dans chacun de ceux-ci, se rapporter à l'état sain ou à l'état malade. Il serait superflu de rappeler à cette occasion que le poids physiologique de l'enfant serait le pouls fébrile du vieillard, et que la respiration de ce dernier serait, par exemple, incompatible avec la rapidité de la circulation pulmonaire particulière à l'adolescent, etc. etc.

§ X. — L'influence des différens âges sur la production des maladies a fait, Comme on sait, partager la vie en trois âges médicinaux qui diffèrent singulièrement entre eux par le nombre et le caractère de leurs maladies : oh sait, en effet, que la jeunesse, l'âge viril et la vieillesse se distinguent éminemment par les affections qui leur sont particulières, Aussi chaque âge entret-il successivement comme cause prédisposante des maladies, et la considération étiologique qu'on en fait devient-elle d'un grand intérêt. Combien de fois l'enfance seule nous fait-elle pressentir le développement d'une maladie-éruptive ou cérébrale ; la puberté

et le quatrième septénaire de l'âge, l'existence de la phthisie pulmonaire; l'état de vigueur de l'adulte, l'imminence de la péripneumonic , de l'hépatite , et l'âge avancé quelque affection abdominale et la congestion sanguine au cerveau? Qui ne sait encore combien la considération des âges vient modifier dans une foule de cas le pronostic qu'il convient de porter d'affections toutà-fait semblables, comme le prouve, entre autres exemples, le croup de l'enfance et l'angine laryngée qui survient dans les autres âges. La marche des maladies , si aiguë chez les jeunes gens , si lente chez les vieillards ; la facilité de leur convalescence chez les premiers, et la lenteur de ce phénomène chez les seconds; leur terminaison franche dans un cas, et leur mutation en d'autres maladies dans l'autre, ne sont-elles pas encore autant de circonstances pathologiques, liées d'une manière étroite à l'étal particulier des différens âges? Remarquons enfin que chaque âge n'offre pas le même degré de probabilité pour la durée de la vie, et que la succession des âges conduit progressivement à la mort naturelle, phénomène dans lequel le vieillard vaincu du temps, affaibli et détérioré, cesse plutôt de vivre qu'il ne parait mourir. [Voyez mort.)

§ XI. — Les phénomènes de l'organisation qui caractérisentchacun des âges apportent encore d'importantes modifications dans l'emploi particulier des moyens thérapeutiques, propres à combattre les maladies. On émétise, on saigne, ou l'on purge, en effet, avec un égal succès, dans le catarrhe pulmonaire, par exemple, suivant que cette maladie atteint un enfant, un adulte ou bien un vieillard. L'âge seul rend alors cette différence de conduite également rationnelle. Il n'est presqu'aucun grand moyen de thérapeutique, notamment les saignées, les évacuans, les opiacés, les bains, les frictions, dont l'emploi méthodique ne soit subordonné à l'âge particulier des individus malades. C'est en effet ainsi qu'on saigne fréquemment l'adulte, et que ce moyen est presque inusité dans la médecine des enfans; que l'on fait vomir fréquemment ceux-ci, et que l'on évite chez le vieillard l'influence de cette secousse sur le cerveau; que les expectorans chauds, utiles à cet âge, exaspèrent , irritent l'adolescent; que les opiacés ne conviennent guère à la disposition du cerveau propre aux deux âges extrêmes de la vie; que les bains , les frictions et les absorptions cutanées qui survent ces dernières, n'entrent guère utilement que dans la médecine» des enfans et des jeunes gens.

$ XII. — On peut encore envisager la succession des âges de la vie comme un moyen thérapeutique, un agent de guérison". Ne voit- on pas en effet , à ce sujet , la puberté dissiper seule les maladies de l'enfance, sans autres soins que ceux du régime, et la virilité ou la consistance de l'âge détruire la faiblesse et les langueurs de l'adolescence? Combien d'hommes, en prenant de l'âge, n'ont-ils pas rétabli un estomac plus ou moins mauvais, et ce que l'on dit proverbialement de la ténacité de'la vie chez les femmes plus ou moins âgées qui ont une fois surmonté les orages de l'âge critique, prouve encore que la vieillesse elle-même peut être envisagée comme un moyen spécial de guérison. Mais nous bornerons ici ces remarques tout-à-fait générales sur les âges, parce que l'examen particulier que nous allons faire de chacun d'eux nous permettra de revenir sur les considérations médicales qui s'y rattachent naturellement.

Nous ajouterons toutefois encore, comme propre à motiver tout l'intérêt qu'inspire l'histoire des âges, que les caractères physiques qui les décèlent axix yeux de l'observateur attentif, dans leurs grandes époques et dans leurs nuances intermédiaires , deviennent, pour le médecin légiste, un des élémens du jugement qu'il porte dans les rapports juridiques que peuvent nécessiter certains cas d'infanticide, de démence, de meurtre, de suicide et de naissance tardive. {Voyez les. divers articles consacrés à chacun de ces mots.) C'est encore d'après la considération. du développement plus ou moins complet des facultés physiques et morales de l'homme, aux différens âges, que le législateur a fixé certaines époques pour la jouissance des droits publics des citoyens, et qu'il a déterminé les bornes de l'autorité du père sur les enfans , prohibé le mariage avant la puberté, et déterminé des conditions respectives d'âges pour les cas d'adoption, etc. êtes Chapitre h-. Des âges en particulier. — § I. Division des âges. — L'homme, ainsi que nous l'avons déjà dit, naît enfant, il passe à l'adolescence, devient adulte, et franchit cette époque pour arriver enfin à la vieillesse. De là, la division généralement adoptée du cours de la vie en quatre âges : Y enfance, la jeunesse , la virilité et la vieillesse. Mais cette distinction , suivie jusqu'ici dans les écoles, a paru susceptible de recevoir diverses modifications, et M. le professeur Hallé a établi , dans ses cours d'hygiène , d'autres divisions qui lui ont paru plus proprès à indiquer avec précision les divers changemens notables et important de l'organi-

sation, caractéristiques des principales phases de la vie qui constituent les âges, et des divisions secondaires qui partagent chacune de celles-ci en autant de périodes distinctes. Voici le tableau des divisions établies par ce savant :

i° La première enfance {infanùa des Latins, mot dont le sens étymologique signifie privation de la parole.) Cet âge le plus tendre et qui commence à la naissance, finit à sept ans. On y distingue trois époques. La première que caractérisent les phénomènes qui signalent la naissance, la vie en quelque sorte purement organique de l'enfant, et que borne à six ou sept mois l'apparition du premier travail de la dentition. La seconde, que manifeste la première dentition, aux orages de laquelle elle participe spécialement, s'étendant de sept mois, origine de ce travail à deux ans qui en est le terme, et dans laquelle les rapports de l'enfant avec ce qui l'entoure commencent à s'établir par suite du premier développement des organes sensoriaux et locomoteurs. La troisième enfin commence à deux ans, finit à sept, prépare et achève la seconde dentition , développe de plus en plus l'appareil locomoteur, et produit un très-grand nombre de maladies spéciales.

2° La seconde enfance, puerkia, n'offre qu'une seule et même époque, s'étendant de sept ans aux premiers signes de la puberté. Elle est caractérisée par un développement général de tout le corps, lent, mais successif; une sorte de confusion des sexes, la perfection particulière des os, l'exposition au ratichisme et les dangers qui peuvent suivre l'habitude trop ordinaire de la masturbation*

3° U adolescence qui succède à la seconde enfance et que signale le développement de la puberté. Elle commence avec celleci, à une époque variable, suivant le sexe, le climat, le genre de vie, et qui est généralement chez nous, de onze ou douze ans pour les femmes, et de quatorze à quinze ans pour les hommes. Elle se termine suivant le sexe, à vingt et un ans, ou à vingt-cinq. Elle donnfe au corps le complément de son organisation.

4° L'état adulte ou la virilité , commençant à vingt et un ans chez la femme, à vingt-cinq chez l'homme, se caractérise par la perfection à laquelle toutes les parties de l'organisation sont arrivées, et par la véritable aptitude à la reproduction de l'espèce. Il finit, dans nos climats, aux approches de cinquante ans pour la femme, à soixante ans pour l'homme. Cette longue période de la vie offre trois époques distinctes. La virilité croissante.

AGE 389 qui se prolonge suivant le sexe de vingt et un à trente ans, ou de vingt-cinq à trente-cinq, et pendant laquelle la consistance, la vigueur du corps, et le système de la pensée acquièrent encore une nouvelle perfection. La virilité confirmée prolongée pour la femme de trente à quarante ans, et pour l'homme de trente-cinq à cinquante ans, et dans laquelle l'individu conserve, sans les accroître, toutes ses prérogatives acquises. La virilité décroissante , enfin, qui s'étend chez la femme de quarante à cinquante ans, et chez l'homme de cinquante à soixante , et qui est marquée , comme son nom l'indique, par l'affaiblissement de l'état viril , lequel, tout en se maintenant, montre cependant qu'il arrive à son déclin.

5° Lavieillesse , dernier âge de la vie, commençant à cinquante ans pour la femme, à soixante ans seulement pour l'homme ; prolongée de ce terme à quatre-vingts ou quatre-ving-trois ans et même au-delà, et caractérisée par la cessation'de la faculté reproductrice, le décaissement du corps et l'affaiblissement des forces physiques et morales. Ainsi que la première enfance et la virilité, la vieillesse offre trois époques distinctes : a. la verte vieillesse , qui s'étend jusqu'à soixante ou soixante-dix ans, suivant le sexe, et qui n'est encore que le préliïde des infirmités de l'âge avancé; b-. la caducité ou la vieillesse confirmée, que les Latins paraissent avoir distinguée de la précédente, en la désignant par le nom particulier de senium , et qui s'étend jusqu'à quatre-vingts ans passés, en offrant les traces les plus sensibles de la décadence physique et morale; c. ia décrépitude enfin , ou la détérioration universelle de l'économie, dans laquelle l'homme traîne le reste de sa pénible existence, depuis quatre-vingts ou quatre-vingt trois ans jusqu'à la mort.

Telle est la division des âges adoptée par M. Hallé. Nous remarquerons, qu'au milieu des observations ingénieuses et profondes qu'elle consacre, elle présente cependant quelques distinctions arbitraires , et qu'il est permis de regarder comme scholastiques ; aussi, tout, en nous en rapprochant généralement, ne nous y astreindrons-nous pas d'une manière rigoureuse. Négligeant en effet la distinction de l'enfance en deux âges , nous allons successivement tracer, suivant la division communément admise , l'histoire anatomique, physiologique et médicale de l'enfance, de l'adolescence, de là virilité et de la vieillesse.

§ 'II. De l'enfance. — La faiblesse de l'enfance, les dangers, qui

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entourent son berceau, les soins constans et prolongés qu'elle exige, les grâces naturelles qui l'accompagnent, la naïveté de son langage, et toutes les espérances qui s'y rattachent , sont autant de circonstances propre» à motiver l'intérêt qu'inspire cet âge de la vie. Offrons donc l'aperçu des principaux phénomènes qui le caractérisent.

1° Organisation, a. Au moment de la naissance , le corps de l'enfant, distinctement formé dans toutes ses parties, long de i 7 à 21 pouces, d'un poids qui varie, suivant les nombreuses recherches de M. Chaussier, entre six et neuf livres, est d'un rouge foncé ; sa peau est fine et recouverte d'un enduit butyracé- 11 est plus ou moins ramassé sur lui-même, arrondi et potelé. Le ventre et la tête sont très-gros , le bassin est fort petit, et les membres inférieurs sont beaucoup moins développés que les membres supérieurs. La ligature ou la section récente du cordon ombilical indique le lieu qui, dans la vie fœtale ( Voyez foetus), unissait l'enfant à la mère. La consistance générale est faible , le corps est mou, tous les tissus sont abreuvés de lymphe, la prédominance des* fluides blancs sur le sang rend la constitution éminemment lymphatique. Parmi les appareils des fonctions, la disposition particulière des lèvres,, celle du voile du palais et l'obliquité des arrière-narines offrent une disposition très-favorable au mécanisme de la succion. L'estomac et le canal alimentaire sont très-développés , les agens de l'absorption lymphatique sont très- prononcés , les ganglions lymphatiques du mésentère sont surtout remarquables par leur volume. Les poumons, naguère condensés, rouges - bruns , essentiellement vasculaires, viennent d'augmenter subitement leur volume et de doubler leur poids; ils sont alors rosés, mous, crépitans. Le cœur est volumineux, principalement dans ses ventricules; les artères sont larges, les oreillettes et les veines ont un développement beaucoup moins marqué. Le cœur offre des traces évidentes des dispositions propres au mode de circulation du fœtus. On voit encore à ce sujet le trou de Botal , et l'on observe d'ailleurs le canal artériel, le canal veineux, la veine et les artères ombilicales. Le foie est énorme, .la vésicule biliaire petite, et le système de la veine-porte abdominale, ainsi que la rate, peu prononcés; les épiploons sont minces et presque dépourvus de graisse. Les glandes salivaires et le pancréas ont un développement hâtif et marqué. Les reins sont volumineux, la vessie médiocrement «dé-

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veloppée , très-alongée et située hors du bassin. Le thymus et les capsules surénalcs ont une très-grande étendue. Les sens sont développés, leurs nerfs spéciaux sont fort gros, les cavités nasales seules ont des bornes étroites. Le cerveau , mou et comme diffluent, est énorme; la moelle épinière, les nerfs cérébraux ont un volume proportionnel très-considérable , et ceux des ganglions ne leur cèdent en rien. Les os ébauchés ont encore en grande partie cartilagineux et membraneux. Leurs cavités intérieures n'existent pas ou sont à peine indiquées. Les sinus sont dans le même état d'imperfection. Les grandes cavités du squelette offrent toutefois déjà assez de consistance pour protéger les organes qu'elles renferment. Les muscles sontmucilagineux, mous et pâles. Le larynx est d'une extrême petitesse, et rien n'est préparé du côté des fosses nasales et de la bouche pour l'articulation des sons. Les organes génitaux distincts sont , ainsi que les mamelles , fort petits. Le clitoris et les nymphes des filles, 'et le pénis, des garçons , présentent toutefois une exception à ce caractère. Leur développement est souvent très-marqué.

b. Progrès après la naissance. — Tels sont les principaux traits de l'organisation particulière à l'enfance, au moment de la naissance; mais le temps amène progressivement des changemens notables jusqu'à l'époque où l'enfance finit. C'est ainsi que le corps s'accroît, et que son poids augmente d'une manière continue et soumise à diverses périodes de récrudescence. ( Voyez accroissement ); que la taille s'alonge, s'élance, que la rondeur des formes se dissipe, et que les membres deviennent plus ou moins grêles, en même temps que la saillie de leurs articulations se px'ononce durement. La tête , .quoique volumineuse, diminue proportionnellement d'étendue; le bassin et les membres inférieurs, qui se développent à l'égal des autres parties, se mettent en proportion avec les membres supérieurs; le cordon ombilical, depuis long-temps détaché, laisse une cicatrice indcslructible qui devient profonde et rentrante dans le lieu marqué pour son insertion sur la ligne blanche. La mollesse universelle des tissus diminue sensiblement; le corps, en grandissant, acquiert de Là force. La graisse et la sérosité résorbées diminuent de quantité, et quoique le tempérament demeure lymphatique, cependant la prédominance des fluides blancs sur le sang devient d'autant moins marquée que l'enfance approche davantage de son terme. Quant aux appareils de fonctions, on voit les mâchoires s'armer

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de dents , et le développement de celles-ci , qui commence à six ou sept mois, produisant -vingt dents, qui poussent entre une et deux années, offre un des phénomènes les plus constans du premier âge. ( Voyez ..dentition. ) Ces premières dents, vulgairement nommées dents de lait, que quatre nouvelles complètent plus ou moins promptement, vacillent et tombent vers sept ans, et se trouvent remplacées depuis cette époque par les denjs de la seconde dentition , dont le complément provisoire , qui en porte le nombre à vingt-huit, dépasse le terme de l'enfance. Les organes digestifs, robustes, conservent leur prédominance; le système absorbant lymphatique est toujours remarquable par son étendue et l'énergie de son action. Les poumons , en se développant insensiblement après leur première évolution, conservent, durant toute l'enfance, leur caractère essentiellement vasculairej la petitesse de leurs cellules et une densité supérieure à celles qu'ils prennent dans les autres âges. Le cœur, généralement volumineux, les artères grosses et extensibles, les veines petites, les oreillettes peu distendues, sont autant de caractères qui appartiennent à toutes les époques de l'enfance. Le volume proportionnel du foie diminue progressivement , surtout dans son lobe moyen ; lus capsules surrénales et le thymus cessent de s'accroître dans les proportions de leur premier développement. Les reins et la vessie n'acquièrent qu'une grandeur médiocre : celle-ci, moins élevée dans la cavité abdominale, se plonge davantage dans le bassin.

Les progrès des organes sensoriaux sont peu marqués , vu le grand développement de ceux-ci à l'époque de la naissance: le nez et la bouche s'étendent toutefois d'une manière sensible. Le cerveau, tout en continuant de prédominer par son volume, se met cependant en harmonie avec le reste des organes, et sa masse diminue proportionnellement de près de moitié à mesure que l'enfance s'éloigne de son origine; la couleur de cet organe moins rouge, la matière blanche ou médullaire s'y accroît, et sa consistance générale va successivement en augmentant. Les nerfs suivent là même loi. Les diverses parties du squelette se perfectionnent successivement, l'ossification se prononce et s'étend; les cavités de la face, les sinus se développent; les os se creusent, leur collulosité se forme. Les liens articulaires s'affermissent, les articulations deviennent distinctes et se prononcent. Les grandes cavités se complètent et tendent de plus en plus à se

AGE 39T solidifier. Ge travail continu, qui parait s'accroître vers sept ans , reçoit encore une nouvelle activité du mouvement qui termine l'enfance. Les muscles perdent peu à peu de leur état muqueux, le tissu ftbrineux s'y développe , et leur coloration en rouge tend à se prononcer à mesure que l'enfance approche de son terme. La petitesse extrême du larynx, qui forme le caractère de l'enfance, va toutefois un peu en diminuant par les progrès de l'âge. Les organes génitaux prennent un accroissement qui, £»ms être progressif, est toutefois] marqué; et, au terme de l'enfance , la pratique de la masturbation donne fréquemment à là verge beaucoup d'étendue. On sait que le bassin des filles qui approchent de l'âge nubile n'a presque plus de progrès à faire pour acquérir les dimensions que peut exiger l'accouchement.

2° Fonctions, a. Leur état à l'époque de la naissance. — La cessation de la circulation ombilicale propre à la vie fœtale et qui suit immédiatement la naissance ( voyez naissance), appelle de nouveaux moyens de réparation et d'accroissement. Les organes digestifs , préparés au travail , entrent en action , et ils trouvent dans le lait de la nourrice une liqueur animalisée , appropriée à la faiblesse de l'organisation. L'enfant puise immédiatement cette liqueur dans la mamelle de la mère, à laquelle il se trouve ainsi uni par une sorte d'incubation prolongée ; sa digestion est rapide, et facile; ses besoins, sans cesse renouvelés, exigent qu'il soit en quelque sorte attaché au téton qui l'alimente. Les sécrétions salivaire , pancréatique et biliaire servent efficacement à l'élaboration digestive ; les vaisseaux chyléux portent pour la première fois, à travers le système absorbant, le chyle dans le torrent de la circulation veineuse, en même temps que les mouvemens et les sécrétions propres au canal alimentaire produisent d'abondantes excrétions alvines , remarquables, dans leur origine , par la présence du méconium , et, dans la suite, par leur mollesse, leur pâleur, et le peu de concentration de leurs principes. On sait d'ailleurs encore que lés absorptions extérieures cutanée et bronchique peuvent offrir à l'économie quelques moyens succédanés de réparation. Mais la respiration , qu'un mouvement instinctif et soudain établit au moment de la naissance, dilate les poumons, qui de compactes et rouges foncés qu'ils étaient, deviennent mous, crépitans, vésiculeux, se pénètrent à la fois d'air et de sang, augmentent leur étendue, et doublent leur poids Leurs mouvemens alternatifs mettent désor-

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mais et pour toujours, le sang en totalité en rapport avec Vais extérieur, et ce contact entraîne le phénomène chimique de la respiration. Le sang, enrichi par lu de principes nouveaux, perfectionné et véritablement hématose (voyez hématose et inspiration ), circule désormais dans deux ordres de vaisseaux distincts, l'un formé du système vasculaire à sang rouge, et l'autre du système vasculaire à sang noir. L'occlusion du trou de Botal ne permet plus , en effet, que le sang veineux puisse se mêler avec le sang artériel. Ce dernier, projeté par un ventricule très-robuste, et dont les mouvemens ont une prodigieuse activité, parvient dans toutes les parties à l'aide d'artères larges et souples, remarquables par la fréquence et la vitesse de leurs pulsations. L'oblitération des artères ombilicale^, qui ne tarde pas à suivre la ligature du cordon de ce nom, •coïncide bientôt avec le développement des artères pelviennes et crurales qui, recevant plus de sang que par le passé, donnent bientôt aux parties qu'elles arrosent une augmentation de développement qui les met en harmonie avec celui de la tète et des membres supérieurs. Du côté des veines, celles-ci, fort petites à cet âge de la vie, rapportent au cœur tout le sang des diverses parties, et le ventricule droit, ou à sang noir, le dirige désormais par les seules artères pulmonaires, très-pomptement accrues, à cet effet, dans leur capacité, vers l'organe respiratoire. Le canal artériel se transforme, en effet en une sorte de lien ligamenteux imperméable au sang. La veine ombilicale, dont les fonctions ont cessé, né tarde pas non plus à s'oblitérer; le foie, dans lequel c^lle répandait une grande quantité de sang , si volumineux jusqu'ici, perd bientôt de son étendue, et probablement de son importance. Aboutissant unique de la circulation veineuse abdominale établie par le système de la veine-porte, il rend désormais, par les seules -veines sus-hépatiques, au système de la circulation générale le sang résidu de sa nutrition et de la sécrétion biliaire. Le canal veineux, devenu inutile, s'oblitère en entier à son tour. Toutes les fonctions, placées sous la dépendante du mouvement circulatoire qui leur porte les matériaux sur lesquels elles s'exercent immédiatement, ont une grande activité. Les sécrétions urinairc, salivairc, celles des follicules muqueus e1 sébacés, les exhalations cutanée, pulmonaire, séreuse cl adipeuse, en deviennent autant d'exemples confuinatifs. La nutrition jouit surtout de toute son énergie,, cl le mouvement d'assi-

nidation, qui prédomine manifestement sur celui de décomposition, favorise ainsi l'accroissement successif et graduel de tous les organes. On peut remarquer à ce sujet que la digestion, la respiration et les absorptions extérieures, pulmonaires et cutanée, qui sont le principe du mouvement afférent, l'emportent de beaucoup sur les exhalations extérieures et les sécrétions excrémentitielles qui appartiennent au mouvement efférent. L'urine et la transpiration, indépendamment de leurs proportions, sont rer marquables, d'ailleurs, par leurs qualités aqueuses et la petite quantité de principes propres qu'elles contiennent. On sait que l'urine des enfans, par exemple, contient à peine de Yurée, matière excrémentielle qui, dans les autres âges, devient le plus riche et le plus abondant de ses matériaux. La çalorification enfin, dans toute son activité, entretient après la naissance une température constante et égale à celle du fœtus , et cela au milieu d'une atmosphère ambiante, avide de calorique, et qui enlève incessamment au corps une quantité de ce principe sans doute bien supérieure à celle qu'il pouvait fournir a l'eau de l'amnios.

Du côté des fonctions de relations, l'existence du nouveau-né, comme végétative, se borne à un tact obscur; son goût et son odorat, peu développés, le mettent cependant en rapport avec le lait de la nourrice; d'abord insensible aux sons, ceux-ci attirent peu à peu son attention , et, après quelques semaines, les images qui frappent son œil lui causent une sensation distincte. L'entendement, ou le système entier de la pensée, est en germe, si l'on peut s'exprimer ainsi, et les sentimens de plaisir ou de douleur sont pour ainsi dire bornés aux besoins de l'économie et à l'emploi immédiat des moyens de les satisfaire. Lcsmouvemens, comme automatiques et le plus souvent sans but apparent, se bornent à l'agitation des membres. L'imperfection des os et des membres ne permet d'ailleurs qu'une sortè de reptation. Toute Y expression se borne alors à l'attitude g.'nérale qu'affecte le corps, aux cris, à l'état tranquille ou aux grimaces du visage qu'accompagnent d'ordinaire les changemens faciles et prononcés de couleur qu'offre cette partie. Le sommeil très-profond et très-prolongé emploie les deux tiers de la journée et partage avec l'action de téter le domaine presque entier de la vie des rapports.

b. Changemens apportés dans l'exercice des fonctions par les diverses périodes de t 'enfance. — La digestion, qui conserve toute son activité, et qui semble même augmenter d'énergie, cesse, après

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les premiers mois de l'existence, de s'exercer exclusivement sur le liiit de la femme qui nourrit. Cette fonction admet quelques alimens étrangers plus ou moins mous, et des boissons. La pousse des dents et le développement hâtif de l'appareil salivaire indiquent, ' à la fin de la première année, la nécessité d'un aliment plus substantiel que celui fourni par la nourrice. La mastication s'établit peu à peu, et la déglutition d'alimens sentis r goûtés , et imprégnés de salive, succède pour toujours, dès le cours de la deuxième année, à la succion du liquide, premier aliment de l'enfance. Les excrétions alvines deviennent alors plus concentrées, plus odorantes, et proportionnellement moins considérables. La plupart des fonctions nutritives s'exécutent de la manière que nous venons de dire^ elles acquièrent seulement une plus grande énergie, mais sans changer de caractère. Cependant la chaleur vitale produit une génération de calorique qui- rend l'enfant de moins en moins sensible au froid, et la nutrition pleine d'activité continue de donner aux organes l'extension successive que nous y avons indiquée. Nous ajouterons toutefois encore que les sécrétions muqueuses du nez , dé là bouche , des cavités bronchiques et alimentaires, si-abondantes dans les premiers temps de l'existence, diminuent sensiblement et de plus en plus à mesure que les enfans deviennent plus forts.

Mais les plus grands changemens qui caractérisenf les diverses périodes de l'enfance tiennent aux progrès successifs des fonctions de la vie de rapports. Le monde extérieur s'ouvre en effet peu à peu pour l'enfant; ses sens, dont l'éducation est lente, mais continue et successive, lui apprennent à connaître ce qui l'entoure. L'organisation de son cerveau, jusqu'ici seulement dégrossie, mais qui chemine cependant quoique lentement vers son but de perfection, devient le principe de ses facultés, et coïncide avec le développement plus ou moins sensible et graduel de ses idées et de ses sentimens. On sait avec quel intérêt l'observateur vient à suivre, pour ainsi dire chaque jour, et l'agrandissement des idées de l'enfant, et le développement progressif de leurs moyens d'expression. A mesure que l'enfant grandit, ses sensations se montrent très-vives, ses perceptions promptes et faciles, sa mémoire étendue, mais peu fidèle, son attention légère et difficile à captiver. On ne trouve dans l'enfance qu'à un faible degré et comme dans leur première ébauche, la comparaison qui rapproche les idées, la réflexion qui les mûrit, le raisonnement qui

délibère, et le jugement qui prononce. C'est en effet par instinct ou par sentiment que l'enfant pense et se conduit. De là les nombreuses erreurs de cet âge, et la nécessité d'imprimer par l'éducation une direction utile et salutaire aux idées. Les sentimcns de l'%if'ant ont le même caractère d'inconstance et de légèreté qu'on remarque dans son intellect : il est tout. entier au moment présent, ne sent que le plaisir ou la peine de sa situation actuelle, se réjouit et se désespère tour à tour, et presque dans- le même instant, pour les motifs les plus frivoles. L'enfant, naturellement bon, se montre crédule, docile, ingénu, et sa faiblesse le rend plus ou moins timide et craintif.

Du côté de l'expression , aux pleurs et aux cris , premiers indices des besoins de l'enfant, succèdent les premiers traits de sa physionomie et son geste qui, tout imparfaits qu'ils sont, rendent par des images l'état de ses sentimens et de ses idées. Mais à ce langage primitif s'unit bientôt la parole : dès que l'enfant pense, il balbutie d'abord, bégaie ensuite, et il finit, après une suite d'essais, à trouver enfin dans l'articulation claire, distincte et rapide des sons, le premier moyen de rendre ce qu'il pense et ce qu'il sent. On sait combien la facilité d'imitation qui caractérise l'enfance y sert efficacement à l'établissement du langage articulé.

L'enfant chez qui la perfection successive des organes locomoteurs a une fois permis le redressement de son corps sur le sol et la marche, assure promptement celle-ci, et se rend bientôt ensuite remarquable par une extrême mobilité. Il ne saurait en effet tenir en place sans y être contraint. Ses mouvemens généraux et particuliers deviennent d'ailleurs de plus en plus prompts, et faciles : son corps est souple et ses membres fort agiles; l'enfant se montre tout -à-fait propre aux jeux, à la course, et à ceux des exercices de la gymnastique qui exigent plus d'agilité que de force et d'adresse.

L'emploi continuel que l'enfant fait, en grandissant, de sa vie de rapports, fatiguant singulièrement les divers agens de celle-ci, en rend le repos des plus nécessaires : atissi le sommeil de l'enfance qui s'y montre à la fois profond et prolongé, quoiqu'il paraisse souvent agité, devient-il un des besoins les plus impérieux de cet âge; les enfans dorment de bout, et dorment encore en mangeant; la durée totale de leur sommeil diminue cependant à mesure qu'ils s'éloignent de l'époque de la naissance.

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3° Maladies. — a. Quelques ;iffections signalent la naissance oU la première époque de l'enfance , et celles-ci paraissent liées aux grands changemens qui surviennent alors tout à coup dans l'économie. C'est ainsi qu'on voit la pléthore sanguine résulter de la ligature du cordon ombilical, et produire chez le nouveau - 9é quelque congestion de sang, et notamment l'apoplexie; que les obstacles variés qui peuvent s'opposer à l'établissement immédiat de la respiration déterminent l'asphyxie, qui moissonne un si grand nombre d'enfans à leur naissance; que l'interruption soudaine du mode particulier de circulation propre au foie dans la vie fœtale coïncide avec la fréquence de l'ictère des nouveau-nés, et le cause peut-être. La première action des alimens sur les organes digestifs, le lait trop substantiel d'une nourrice étrangère, déjà avancée dans sa nourriture, expliquent encore suffisamment sans doute les vomissemens, les coliques et la diarrhée qui signalent si fréquemment l'époque de la naissance. On observe d'autre part que le changement de température auquel le corps est soumis, l'influence des qualités particulières de l'air sur la peau et sur l'origine des membranes muqueuses, ainsi que les efforts supportés par le corps de l'enfant dans le travail de l'accouchement, deviennent autant de causes productrices de l'ophthalmie, du coryza et du catarrhe pulmonaire des petits enfans, de l'endurcissement du tissu cellulaire, des bosses sanguines à la tête, et de l'ecchymose des paupières, qu'il est, comme on sait, également fréquent de remarquer en eux.

b. Les maladies qui affectent les diverses périodes de l'enfance, de l'époque de la naissance à celle de la puberté, tiennent, soit au tempérament général de cet âge de la vie , soit aux périodes de l'accroissement, et à l'énergie des fonctions particulières à certains organes.

Les maladies de l'enfance qui dérivent de la pléthore lymphatique ou de la surabondance des fluides blancs de la constitution, consistent dans les gourmes que jettent les enfans, et qui forment les croûtes laiteuses de la tète, dans le suintement habituel des oreilles, l'état chassieux des yeux, les.écoulemcns muqueux et les croûtes du nez et du visage, dans ses exanthèmes aigus ou chroniques, ces échauffemens des diverses parties du corps, et notamment de celles qui sont soumises à des frottemens habituels. Mais la plupart de ces effets de la cause que nous indiquons sont «envisagés avec raison comme tenant à la santé des enfans, et pa-

AGE 3g9 laissent comme mie sorte d'attribut de la force qui les caractérise. '

D'autres affections, telles que les scrofules, la teigne, en quelque sorte particulière aux enfuis, la gale qu'ils contractent avec tant de facilité, l'œdème du tissu cellulaire, les diverses hydropisies auxquelles ils sont exposés, les engorgemens des ganglions lymphatiques, le développement des tubercules pulmonaires, le carreau, les abcès froids, les tumeurs blanches des articulations, la carie et le ramollissement des os, les inflammations chroniques des membranes séreuses, coïncident manifestement encore avec la prédominance marquée d'accroissement que présentent à cet âge les diverses parties du système lyanphatique. Ces maladies sévissent plus particulièrement, comme on sait, aux approches de la seconde dentition, quelques-unes à celles de la puberté, mais la plupart guérissent ou cèdent Tiaturellemet à cette dernière période de 1'enfarïce.

La prédominance marquée des systèmes nerveux cérébral et ganglionnaire dans l'enfance explique encore la fréquence des affections nerveuses de cet âge; telles que Pépilepsie connée, les convulsions, la danse de Saint-Guy, les douleurs intenses, mais fugaces et passagères des diverses parties, la somnolence et le coma. L'état habituel d'irritation nutritive, dans lequel le travail de la dentition, le développement des mâchoires , celui des sinus et des cavités de la face, tient généralement la tête, ainsi que l'activité sécrétoire des glandes salivaires et des cryptes mucipaces de l'origine supérieure des membranes muqueuses, offrent sans doute encore les causes prédisposantes de la fièvre cérébrale, de l'hydropisic aiguë, des ventricules du cerveau j delà céphalite, si funestes à l'enfance, en même temps qu'ils expliquent la fréquence de l' épis taxis, des oreillons ou parotides, et des abcès des glandes sous-maxiliaires.

L'association qui existe entre l'énergie, la vitesse et la fréquence des mouvemens du cœur, la grande activité de la circulation générale, la vive sensibilité de la peau, le grand nombre de ses vaisseaux capillaires, et l'abondance de ses diverses sécrétions nous paraissent enfin des raisons de concevoir la disposition si marquée de l'enfant à toutes les maladies éruptives aiguës, telles que la rougeole, la variole, la scarlatine, l'échauboulure, ies sudamina ou les diverses éruptions anomales que le plus léger mouvement fébrile produit dans l'enfance. Les m cm-

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brancs muqueuses de la bouche , de la gorge et même des bron- .ches, auxquelles les mômes remarques deviennent applicables, sont également lésées, soit dans la plupart des exanthèmes précèdent, soit dans les aphthes, les angines tonsillaire, trachéale, et le croup.

Rappellerons- nous encore en terminant ces considérations, combien-tas maladies chroniques de l'enfance présentent de ténacité, et que la plupart, comme identifiées à la constitution, ne guérissent que par les progrès de 1 âge, seuls capables de changer ou de modifier profondément celle-ci. Aussi, la thérapeutique de ces maladies reçoit -elle du régime de vie ses principaux avantages. ( Voyez hygiène et régime.) Les maladies aiguës de l'enfance sont, au contraire, remarquables par leur extrême acuité, la violence de leurs symptômes, l'effrayante rapidité de leur terminaison funeste et la fréqnence de leurs crises naturelles. Leur connaissance hérissée de difficultés exige toute l'attention de l'observateur le plus attentif; et, si l'incertitude connue, qui couvre leur pronostic , laisse quelquefois à leur égard le médecin dans une fausse sécurité, on voit souvent que, par une heureuse compensation, la nature, si puissante alors et si féconde dans ses ressources, produit des guérisons inespérées.

La faiblesse radicale de l'enfance, la prédominance nerveuse et lymphatique de son tempérament , l'innocuité du plus grand nombre de ses maladies, la facilité de leurs terminaisons naturelles par un sommeil tranquille et prolongé , par les sueurs , la diarrhée et l'épistaxis; la fréquence de leur métastases, et la facilité de déranger leur marche régulière par des médications actives , sont autant de considérations qui permettent d'avancer que les affections aiguës de cette époque exigent généralement beaucoup de prudence et une sage expectation dans le traitement qu'on leur oppose. Le repos , les délayans unis aux légers antispasmodiques, une diète qui n'a rien d'austère et qu'on ne peut trop prolonger sans péril , le temps qui s'écoule enfin , triomphent comme on sait du plus grand nombre. Mais les dangers connus des irritations cérébrales véhémentes, ceux des diverses sortes d'angine, et surtout du croup, la facilité avec laquelle les affections pulmonaires deviennent suffocantes., les terminaisons si prompteinent fatales de la péritonite , etc. etc. , exigent comme on sait toute l'activité d'une médic.itidn perturbatrice et incessamment persévérante. C'est alors que le médecin ,

AGE 4oi qui veille en quelque sorte au clievet du lit de l'enfant malade, recourt aux émissions sanguines que peut réclamer l'imminence du danger, et que comporte l'état des forces de cet âge; maistoutefois, en s'arrétant à temps, et en préférant les saignées locales aux saignées générales comme mieux appropriées à la faiblesse de l'enfance. Le médecin met également en usage alors les divers moyens d'excitation dérivative que lui offrent les évacuans des premières voies, soit émétiques, soit purgatifs, et les excitans variés de la peau, depuis les simples frictions et les légers rubéfians, jusqu'à l'eau boillante et au fer en incandescence. On sait que les nervins ou les antispasmodiques, quelquefois même les légers opiacés et les bains généraux sont encore associés avec une grande efficacité aux moyens précédens dans la plupart des maladies aiguës de l'enfance.

§ IIL De l'adolescence. — Ce second âge de la vie, qu'on nomme encore du nom de jeunesse, commence à la puberté, plus tôt ou plus tard, comme nous l'avons déjà dit, et se termine chez la femme à vingt et un ans, chez l'homme à vingt-trois ou vingt-cinq ans. Cette époque, qui est surtout celle de la grâce et de la beauté, est aussi l'âge des illusions de la vie. L'adolescent, dont le corps se développe, le sexe se prononce, et que de nouvelles facultés animent, livré aux plus douces espérances commence pour ainsi dire une autre existence, et le charme de celle-ci se répand et sur lui-même et sur tout ce qui l'entoure.

i° Organisation. — Le corps de l'adolescent, svelte et élancé commence à s'approcher de la taille de l'homme, la peau perd de sa finesse, la teinte des cheveux se rembrunit, le tissu cellulaire se condense, les muscles prennent un volume, de la consistance, et commencent à donner aux membres l'ampleur et la forme qu'ils doivent acquérir; les traits du visage se forment et tendent à prendre leur caractère propre; le menton, la lèvre supérieure, se couvrent d'un léger duvet; les poils poussent au pénil, et les organes génitaux deviennent remarquables par l'extension de leur volume; la tète perd de sa prédominance; le développement de la poitrine et celui du bassin, qui se manifestent alors, vont achever de mettre en harmonie l'étendue des trois cavités splanchniques; la pléthore lymphatique, successivement diminuée, s'efface, et l'équilibre s'établit dans la proportion du sang et des fluides blancs; les sexes [voyez ce mot) apportent toutefois d'importantes modifications à ces caractères généraux de l'orga- I. 26

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nisation; c'est ainsi que chez l'homme la peau se condense et se colore, la barbe pousse au menton , la saillie des muscles se prononce sensiblement à travers les tégumens; les poils recouvrent la poitrine et les membres; la glande mammaire éprouve une légère intumescence et semble poindre; la verge s'alonge, et le scrotum plus volumineux se fronce et se rembrunit; l'embonpoint est médiocre, et le tempérament sariguin l'emporte sur le -tempérament lymphatique. Chez la femme on voit, au contraire, la finesse , l'éclat et la blancheur de la peau caractériser cet âge; la puberté accroît l'embonpoint, le tissu cellulaire sous-cutané se remplit de graisse et s'abreuve de sérosité; les joues se remplissent, le cou augmente de volume, la thyroïde se développe et masque la saillie du larynx; la poitrine s'élève, les mamelles se gonflent, le mamelon s'alonge et rougit ; les hanches, les épaules et les membres offrent le même caractère d'expansion, de grâce et *de rondeur; la proportion des fluides reste, comme dans l'enfance, à l'avantage des fluides blancs sur le sang, et le tempérament s'y montre enfin à la fois également nerveux et lymphatique.

Quant aux organes des diverses fonctions, envisagés en com mun dans les deux sexes , on remarque pour l'appareil digestif que les iigens de la mastication acquièrent d'ordinaire leur complément par la pousse des quatre dernières dents nommées dents de sagesse , et que la vésicule biliaire, la rate et le système veineux particulier à l'abdomen, reçoivent un développement proportionnellement un peu moins faible que celui qu'ils avaient durant l'enfance. Les vaisseaux absorbans et les ganglions lymphatiques conservent une partie des caractères du premier àge; les glandes conglobées prennent souvent même une nouvelle expansion; les poumons s'étendent, se dilatent et suivent l'extension très-marquée acquise alors par la cavité de la poitrine; les vaisseaux pulmonaires reçoivent un nouveau développement; le cœur augmente de force; les artères sont larges et souples, les veines et les oreillettes du cœur se montrent sensiblement moins petites que dans l'enfance; les glandes sécrétoires, si l'on excepte celles de l'appareil génital , offrent un développement proportionnel à celui des autres parties du corps en général; le thymus et les capsules surrénales, singulièrement décrus, font exception à celte règle; les cryptes ou follicules sébacés de la peau se prononcent pendant l'adolescence; ceux qui appartiennent à la membrane muqueuse des organes génitaux offrent le même caraclèi r.

AGE /,o3 Les sens reçoivent dlicz l'adolescent leur entier développement. L'odorat et le goût seuls n'y ont pas toute l'extension dont ils sont susceptibles. Le cerveau, encore proportionnellement trèsvolumineux, change de couleur, blanchit sensiblement, se raffermit et s'accroit dans certaines régions , notamment vers les fosses occipitales. La moelle épinière, les nerfs et le système des ganglions suivent dans l'adolescence les proportions de l'encéphale. Cette période de l'âge est marquée par l'accroissement et la solidification des os , dont les éminences se prononcent en même temps que les épiphyses y diminuent pour disparaître entièrement, et quelquefois encore chez les personnes disposées au rachitisme , par le ramollissement et la direction vicieuse qu'acquièrent les os des membres et du tronc. Les liens articulaires prennent encore beaucoup de consistance et de solidité. Les muscles se colorent en rouge, perdent le mucilage de l'enfance , revêtent la fibrine, et , tout en se proportionnant à l'éloignement graduel de leurs points d'attaches, ils augmentent cependant d'épaisseur et de consistance. Le larynx , jusqu'ici trèspetit , acquiert en peu de mois une très-grande extension; la glotte s'ouvre, s'alonge et s'élargit d'une manière très-sensible, presque instantanément , ainsi que l'a démontré M. Richerand.

Mais ce sont les organes de la reproduction dont le mode de développement caractérise le mieux la puberté par laquelle commence l'adolescence. Chez l'homme, la verge double et triple son volume, le gland s'alonge, le prépuce se raccourcit proportionnellement , les testicules se renflent et se raffermissent , les vésicules séminales se développent et se gorgent d'humeur spermatique, la glande mammaire se gonfle un peu en acquérant un état souvent douloureux. Chez la femme, le pénil s'élève, les lèvres du pudendum s'alongent , le tissu caverneux du clitoris prend de l'extension; le vagin et l'utérus augmentent d'épaisseur et de dimension; les trompes utérines et les ovaires présentent le même phénomène; la grandeur du bassin se proportionne entièrement à celle que pourrait nécessiter l'accouchement. La mamelle , jusqu'ici semblable dans les deux sexes, prend alors son caractère propre, et devient, comme on sait, par son élévation et sa rondeur, un des attributs le plus distinefif de la femme.

Tous ces changemens organiques, qui commencent à la puberté d'une manière plus ou moins brusque et comme soudaine, s'a-

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chèvent et se continuent dans les deux sexès par un mouvement lent, mais progressif jusqu'à la fin de l'adolescence ou lage adulte, qui donne au corps le complément de ses attributs physiques.

2° Fonctions. — Les fonctions nutritives jouissent encore dans l'adolescence d'une grande activité, et celle-ci se trouve en rapport avec l'état de l'accroissement tant général que partiel qui appartient à celte époque. ( Voyez xcceoissement. ) Le jeune homme mange beaucoup, digère bien; mais sou appétit n'est pas comme celui de l'enfant, de tous les instans : ses repas, ses déjections alvines , se règlent et se soumettent avec facilité à l'influence de l'habitude. Les produits de ces dernières se montrent plus colorés et pins essentiellement excrémentitiels que dans l'âge précédent. L'acide benzoïque disparaît de l'urine, et l'urée, qu'on y remarque en plus grande abondance , donne à ce fluide ses caractères propres. Les absorptions sont faciles et promptes. La respiration jouit d'une grande étendue, et se proportionne à l'amplitude acquise par les poumons; ses mouvemens, larges et plus complets, perdent de la fréquence et delà vitesse qu'ils avaient dans l'âge précédent. La jeunesse est l'époque de toute l'activité de la circulation générale et capillaire. Le sang du jeune homme éminemment excitant, se porte avec promptitude et facilité dans tous les tissus, et les mouvemens généraux qui dominent à cet âge ont, sur l'accélération facile de la circulation de ce fluide, une influence continuelle et marquée. Les sécrétions sont plus ou moins abondantes; la transpiration cutanée et la perspiration pulmonaire conservent beaucoup d'activité : la première prend chez l'homme une odeur marquée quiJui devient propre. Les follicules sébacés de la peau versent également sur l'étendue de celle-ci, et particulièrement vers certaines régions du corps, une humeur plus abondante et plus concentrée que dans l'enfance. Les exhalations intérieures laissent tous les tissus encore abreuvés de sérosité ; mais la graisse a généralement diminué. La nutrition, active dans son double mouvement, offre encore, dans La prédominance de celui de composition sur la désassimilation , la cause de l'accroissement général du corps et de celui de quelquesunes de ses parties. Le jeune homme, dont le corps s'échauffe avec facilité, doit à l'énergie de la calorificatiou la faculté de braver le froid et de conserver plus ou moins constamment le sentiment de chaleur qui pénètre toutes ses parties.

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Les sensations de l'adolescent ont acquis toute l'étendue et toute la finesse qu'elles sont susceptibles d'atteindre : celle du goût seule reste peut - être en arrière des autres. L'appétit du jeune homme, qui lui fait trouver tous les alimens bons , le rend en effet assez mauvais juge des saveurs. Les anomalies de ce sens et de celui de l'odorat deviennent souvent chez la femme un des caractères de la puberté. Du côté de l'Intelligence et des sentimens, l'adolescence est l'âge des perceptions nettes et faciles, de l'étendue et de la sûreté de la mémoire; c'est l'époque éminemment brillante de l'imagination : les premiers désirs exaltent particulièrement cette faculté, qui embellit alors la vie en prêtant à tous les objets un charme inconnu et nouveau, et en revêtant l'avenir des plus belles couleurs. L'attention se forme, le goût s'épure; le tact ou le sentiment des convenances, qui survient comme d'inspiration , met entre l'enfant et l'adolescent une énorme distance. Le jeune homme, entraîné parla véhémence de ses sentimens , manquant de temps et d'habitude pour la réflexion , raisonne peu , juge vite , et se trompe souvent. De là la nécessité que l'expérience et la raison de ses devanciers lui servent de guide et de flambeau; ce qui rappelle et justifie l'adage connu : Si jeunesse savait, si vieil/esse pouvait. Le jeune homme, pénétré du sentiment de sa force, devient courageux et entreprenant; il ose tout, et se confie à sa fortune. En amour, il se montre confiant et tendre ; ses succès le rendent présomptueux , son amour-propre, indiscret, et son. tempérament, volage. Les volontés de la jeunesse sont énergiques, mais peu fixes ; ses amitiés, chaudes et durables , quoique très-faciles à formel-. On connaît toute leur puissance entre les amis de collège. Le jeune homme expansif et bon est bienfaisant , généreux et souvent prodigue. 11 n'a véritablement plus rien à gagner du côté des qualités du cœur.

Chez la femme , le caractère moral reçoit de la puberté une influence spéciale dont il conserve les traits, non-seulement dans l'adolescence, mais encore dans tout le reste du jeune âge ou de l'époque brillante de la vie. La finesse d'observation des personnes du sexe, la délicatesse particulière de leur tact, la grâce de leurs manières, leur dissimulation, leur coquetterie, la réserve qu'elles conservent , la pudeur spéciale qui les distingue , la ruse et la timidité qui naissent de leur faiblesse sont propres à frapper , en effet , l'attention de l'observateur le plus superficiel. Celle

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époque de la vie rend à son insu la jeune fille rêveuse et pensive elle recherche la solitude, et tomhe souvent dans les. langueurs d'une douce mélancolie. Sensible à l'excès, elle pleure quelquefois alors sans motif, et reçoit du soulagement de ses larmes.

L'expression intellectuelle .et affective distingue éminemment l'adolescent; jusque-là, point de physionomie; mais alors le visage s'ouvre en quelque sorte, et ses traits mobiles deviennent comme le miroir de l'âme. Les manières aimables, le maintien , le geste, proprement dit [voyez geste), constituent chez le jeune homme un langage spécial, plein de force et très-significatif. Ce langage est souvent pour la femme le seul qui décèle les sentimens secrets qu'elle tait ou qu'elle s'efforce de dissimuler. Mais la voix et la parole. prêtent à l'adolescent de nouveaux accens; cette fonction acquiert à la fois de la force et de l'étendue ; la puberté change, comme on sait, le timbre de la voix; celle-ci mue, prend momentanément un caractère rauque , incertain , plus ou moins désagréable, mais qui change bientôt, et qui, distinct pour chaque sexe, laisse à la jeune fille la voix douce, claire et comme argentine, qui fait un de ses plus doux charmes', et au jeune homme, la voix grave et forte, et, comme on le dit, véritablement mâle , qui devient comme l'une des prérogatives de son sexe. - On sait que le chant , qui naît de la voix, et que perfectionne la musique, est comme l'expression naturelle des sentimens de la jeunesse. C'est aux jeunes gens qu'il appartient spécialement, en effet, de chanter d'une voix sonore et gracieuse les plaisirs, la victoire et l'amour.

Mais l'adolescence est remarquable par l'agilité , la fréquence et l'étendue des mouveraens du corps ; le jeune homme se montre propre à soutenir la marche et la course ; c'est l'âge du saut , de la danse, de l'équitation , et de tous les exercices de la gymnastique qui peuvent exiger l'union de la force du corps, de la souplesse et de l'adresse. On sait que l'adolescent qui se voue à l'exercice des professions mécaniques acquiert alors très rapidement une habileté que le travail informe de son enfance ne semblait pas devoir faire espérer. Mais il est évident ici que la perfection de l'ouvrage des mains qui constitue l'industrie n'est qu'un résultat ou un effet secondaire du développement que reçoit à cette époque un instrument beaucoup plus noble, celui de la pensée.

La puberté ouvre la carrière d'un nouveau besoin ; l'attrait de l'acte reproducteur éveille l'attention des jeunes gens ; le sys-

AGE 4QJ tème nerveux cérébral reçoit une impulsion nouvelle et spéciale, les organes de la copulation s'ébranlent , se revêtent d'une sensibilité exquise, s'érigent, se gonflent; le phénomène de l'érection s'y manifeste, et s'y reproduit avec la plus grande facilité sous l'influence des moindres causes stimulantes locales , et de tout ce qui peut réveiller dans l'imagination l'apparence ou l'idée de la jouissance. Chez le jeune homme , la sécrétion spermatique qu'élaborent les testicules , et que renferment les vésicules séminales; chez la jeune fille, l'apparition des menstrues et l'établissement régulier et périodique de cet écoulement; dans les deux sexes, les rêves de plaisirs, enfans du sommeil, les pollutions nocturnes qu'ils entraînent , ainsi que les caractères particuliers que revêtent les sécrétions propres des follicules muqueux et sébacés de la vulve et du prépuce, sont autant de causes qui entretiennent constamment, ou bien à des périodes plus ou moins rapprochées, l'état particulier d'excitation des organes destinés à la prochaine union des sexes. ( Voyez menstruation , sexe et

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