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SPERME

Pour ce qui est du sommeil, il se montre, durant la jeunesse, en rapport avec la période d'activité des organes dont il constitue le repos : aussi l'adolescent s'y livre avec douceur et le goûte profondément; mais l'habitude en règle les retours, et il se renouvelle moins fréquemment , et dure sensiblement moins longtemps que dans l'enfance. ( V oyez sommeil.)

3° Maladies. — a. Les maladies de X 'adolescence , qui se lient aux changemens assez brusques ou plus ou moins rapides qu'amène la puberté sévissent, comme on sait , dans les deux sexes, sur le poumon , sur les ganglions lymphatiques et sur le système osseux, ce qui coïncide d'ailleurs avec l'évolution à laquelle ces mêmes organes se trouvent alors plus particulièrement appelés dans l'ordre naturel des fonctions. C'est en effet ainsi que survienuent fréquemment la péripneumonie chronique , les tubercules pulmonaires, l'inflammation latente et la dégénérescence des glandes lympha tiques du cou, des aisselles et de l'aine,- et qu'il n'est pas rare que les scrofules manifestent leurs effets sur l'ensemble de l'économie, et- notamment sur le système osseux, de manière à en produire le ramollissement et les déviations , les tumeurs et la carie. L'activité de l'accroissement général qui signale cette époque produit souvent encore ces fièvres , dont le caractère est nerveux et la marche plus ou moins prolongée.

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( V iyez accroissement. ) L'énergie des premiers désirs et le charme de jouissances dont les rêves, le hasard ou les mauvais exemples peuvent révéler le secret à l'adolescent , le conduisent trop souvent, comme on sait, à la déplorable habitude de la masturbation; pratique funeste, tout au moins énervante, qui enlève à la jeunesse sa fraîcheur et son éclat, détériore à jamais la constitution, et flétrit l'âme en même temps qu'elle oblitère la pensée. ( V oyez masturbation.) La raucité de la voix , le gonflement des testicules, la douleur et la tuméfaction des mamelles sont les accidens particuliers qui signalent chez le jeune homme la puberté, tandis que ceux-ci , envisagés chez la jeune fille, consistent dans la dépravation du goût et de l'odorat, la suffocation hystérique, les bouffées de chaleur, la chlorose, les coliques, la leucorrhée, et quelquefois la méuorrliagie. Voyez chacun de ces mots.

b. Mais après les orages de la puberté, l'époque de l'adolescence présente encore quelques dispositions maladives parmi lesquelles on observe, relativement à l'hémorrhagie , que l'hémoptysie du jeune homme succède à l'épistaxis de l'enfant. La péripneumonie, la pleurésie, les maux degorge-surviennent également quelquefois, et tiennent un rang important dans les maladies de jeunesse. La même remarque s'étend principalement encore aux affections aiguës du cerveau et de ses membranes, à la fièvre inflammatoire et à la plupart des névroses. La marche des maladies de la jeunesse est généralement aiguë; leurs crises, souvent spontanées, ont lieu d'ordinaire par des hémorrhagies ou des sueurs. La force médicatrîce de la nature s'y montre le plus souvent efficace. Le bon état de l'économie, le tempérament sanguin de cette époque, autorisent l'emploi des moyens antiphlogistiques. C'est l'âge , en effet , dans lequel les malades peuvent supporter les saignées , la diète modérée et l'usage des simples délayans. Dans les inflammations des jeunes gens, les saignées générales remplacent les émissions partielles de sang que commandent l'âge précédent, et ces dernières ne réussissent d'ordinaire que lorsque leur emploi a été précédé du premier genre d'évacuation.

En terminant ces remarques sur l'état pathologique de l'adolescence, ajoutons que les maladies de cet âge, dans lequel l'économie marche encore vers le terme de la perfection organique, sont beaucoup moins multipliées que celles de l'enfance, mais

AGE 409 que leur nombre et leur fréquence l'emportent sensiblement encore sur les maladies de l'âge viril ou de consistance , duquel nous sommes maintenant conduits à nous occuper.

§ IV. De la virilité. — La cessation de la crue , l'entier développement de l'organisation , le complément des forces physiques et morales qui constituent l'homme, la formation définitive de son tempérament propre, la véritable aptitude à la génération , sont autant de caractères de l'âge viril. Celui-ci, le plus étendu de la vie, le plus important, voit, pendant sa durée, la destinée de l'homme s'accomplir dans ses points les plus essentiels.

i° Organisation, a. Premier état. — La taille fixe et déterminée est invariablement arrêtée , pour l'homme , entre cinq pieds et cinq pieds et demi, et pour la femme, entre quatre pieds huit pouces et cinq pieds un ou deux pouces. Le corps, moins svelte , moins élancé , et par cela même offrant moins d'élégance que dans l'âge précédent, présente avec plus d'amplitude les attributs d'une augmentation de force. La barbe, plus ou moins dure , a acquis de l'épaisseur; les diverses dépendances du système pileux se développent, et prennent dans les deux sexes une teinte plus foncée ; le teint du visage , 'les cheveux et l'iris se rembrunissent; la peau se condense et perd de sa finesse et de son éclat. La physionomie a acquis son caractère propre et distinctif , et l'homme revêt alors les traits particuliers de son tempérament spécial, et le plus fréquemment ceux du tempérament bilieux, qui domine en général dans cette période de l'âge. ( V oyez tempérament. )

Les appareils digestif , respiratoire, absorbant et circulatoire, ceux des diverses sécrétions, arrivés à leur dernier degré d'extension , se consolident, se fortifient , augmentent d'épaisseur ; les parois de leurs vaisseaux s'épaississent, et leur cellulosité se condense et diminue. Les ganglions lymphatiques ont toutefois moins de développement proportionnel que dans les âges précédens; et parmi les organes sécrétoires , les reins, le foie et la rate, qui est liée à l'action de ce dernier, ont une étendue remarquable. Les épiploons , le système veineux abdominal, et la plupart des viscères renfermés dans cette cavité et dans le bassin ,^ont tout-àfait développés, et ne sont pas éloignés d'offrir l'espèce de prédominance qui devient le caractère de la virilité confirmée. Les vaisseaux exhalans, le tissu cellulaire, la graisse et la sérosité qui baignent ou remplissent les aréoles de ce dernier, diminués

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dans leurs proportions, donnent à tous les tissus un caractère de consistance et de fermeté remarquable. Les vaisseaux capillaires , déjà resserrés, sout moins facilement perméables au sang et aux bumeurs que dans l'enfance et pendant la jeunesse. On sait que les injections pratiquées par les anatomistes réussissent bien mieux, en effet, sur les cadavres des enfans et des. jeunes gens que sur ceux des hommes faits.

Les organes sensoriaux sont entièrement développés ; le nez et les cavités nasales, ainsi que la bouche, demeurés jusqu'ici en arrière, ont alors une étendue proportionnelle plus grande; les sinus maxillaires , frontaux et etbmoïdaux se creusent et s'étendent. Les mâchoires ont acquis leur force et leur amplitude ; les dents , au nombre complet de trente-deux pour les deux mâchoires, garnissent en entier les arcades dentaires supérieure et inférieure ; et leur usure par les frottemens , produit de la mastication , se manifeste déjà pour se continuer-de plus en plus, à l'avenir, dans la partie de leur couronne sur laquelle s'établit leur contact réciproque. Ce caractère a été remarqué avec raison , notamment par M. Cbaussier, comme un de ceux sur lesquels il est assez facile d'établir approximativement, au moins, quel est l'état plus ou moins avancé de l'âge viril. La grandeur acquise par les cavités de la face enlève alors au crâne la prédominance de volume qui, le caractérisant spécialement dans l'enfance, s'était en partie maintenue pendant la jeunesse. Le cerveau et les nerfs sont, par leur masse et leu» étendue, dans une juste proportion qui les met en harmonie avec le développement des autres organes. Rappelons à ce sujet que la masse cérébrale qui était à la naissance à celle dé tout le corps comme 1:12; chez l'enfant de douze ans, comme 1 : a5 , n'est plus seulement, cbez l'adulte, que dans le rapport de 1 à 3$. La prédominance du système nerveux a donc cessé, et son état de consistance et de fermeté s'est beaucoup accru. Les organes du mouvement offrent, du côté du squelette , l'espèce d'équilibre, ou plutôt d'exacte proportion, établie entre les dimensions des grandes cavités ; l'épaisseur des os s'est accrue, leurs éminences d'insertions sont très-prononcées, et leurs cavités intérieures bien formées, sont remplies par l'organe médullaire, qui offre alors des caractères très-distincts ou qui diffèrent de ceux observés dans les autres âges de la vie. ( Voyez moelle.) Les muscles épais, forts, robustes, éminemment rouges, consistans, et surtout accrus dans leur élément fibrineux, sont presque

AGE 4H entièrement dépourvus de graisse et de sérosité. Des couches celluleuses minces les séparent les uns des autres ; leurs diverses aponévroses et leurs tendons d'insertion ont acquis toute la consistance et la force nécessaires à leur action. Les difï'érens muscles delà face, qui servent à l'expression de la physionomie, sont sensiblement développés. Le larynx est vaste , et ses muscles propres et extrinsèques participent à l'état général du système musculaire. Chez l'homme, les testicules, la verge, le scrotum, le cordon des vaisseaux spermatiques , toutes les parties de l'appareil génital indistinctement , chez la femme , les ovaires , les trompes , la matrice, le vagin, le pudendum et les mamelles sont arrivés au summum de leur développement en étendue et de leur consistance; et l'on remarque que dans les périodes de la gestation, et dans celles de l'allaitement, l'utérus et ses dépendances, ainsi que les mamelles , acquièrent un degré d'accroissement trèsconsidérable , et qui en fait en quelque sorte comme des organes nouveaux.

b. Progrès, — Tels sont les organes dans les premières périodes de l'âge adulte , ou celles qui appartiennent à la virilité croissante et à la virilité confirmée; mais vers le déclin' de l'âge adulte , à quarante ans chez les femmes , à cinquante ans chez l'homme, la peau commence à se flétrir, les rides se forment, les cheveux et la barbe grisonnent, les dents s'alongent , se, déchaussent , s'ébranlent , ou du moins commencent à tenir avec moins de fermeté dans leurs alvéoles. Le volume du ventre prédomine, le corps engraisse, et Ta constitution tend à se rapprocher du tempérament lymphatique; le foie^ les épiploons s'accroissent; les veines se dilatent et perdent de leur consistance; les artères ont moins de largeur et de souplesse; les nerfs diminuent, les muscles perdent de leur épaisseur et de leur fermeté, leur' rougeur devient moins prononcée, la graisse qui se forme entre leurs faisceaux prend plus de part à leur volume que dans la première période de l'âge adulte. Non-seulement l'équilibre s'est établi entre la quantité du sang et celle des fluides blancs, mais la prédominance de ces derniers parait sur le point de se former. Cependant, de tous les organes, ceux de la reproduction indiquent le mieux la prochaine décadence de l'âge viril. Les seins déformés et flasques , le mamelon alongé , l'auréole brunâtre ou noire , les nymphes molles et pendantes , p"lus ou moins pâlies; l'utérus et ses annexes flétris annoncent, chez la

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femme , les labeurs de Tu maternité et la nécessité du repos prochain des organes reproducteurs. Les signes du déclin de ces .derniers, moins prononcés chez l'homme , consistent toutefois dans la laxité du scrotum, l'engorgement pâteux du cordon spermatique, la mollesse du testicule, la flaccidité de la verge, et la rareté des érections.

2° Fonctions. — a. Les fonctions de la vie, envisagées dans les deux premières périodes de l'âge adulte, jouissent de toute leur plénitude. La digestion comporte toutefois une légère diminution dans la quantité des alimens; elle se fait avec facilité , sans lenteur, mais avec une vitesse sensiblement moins grande que dans l'enfance et dans la jeunesse. L'activité de la sécrétion biliaire , et l'abondance de son produit, aident beaucoup au bon état de cette fonction. C'est l'époque de la vie où l'homme a le moins besoin de s'astreindre aux règles rigoureuses du régime dans l'usage des alimens. Les écarts, toujours blâmables sans doute, auxquels il se livre, n'ont le plus souvent alors aucune influence fâcheuse, ou du moins leurs conséquences sont beaucoup moins graves que dans les autres âges de la vie. Il semble, à ce sujet , que la tolérance admise par le principe connu de Celse, modo plus justo, modo non ampliiis assumere , soit particulièrement applicable au régime de vie propre à l'âge adulte. Les diverses absorptions lymphatiques , sans languir précisément encore , sont beaucoup moins promptes et moins faciles que dans les âges précédehs. L'absorption chyleuse seule fait peut-être exception. La respiration , étendue dans ses mouvemens , mais sensiblement moins fréquente que dans la jeunesse , paraît moins complète dans son résultat, ; au moins les qualités du sang artériel paraissent-elles moins prononcées que chez l'adolescent. Le système des vaisseaux capillaires sanguins des poumons est déjà sensiblement diminué , et les cellules pulmonaires ont acquis plus de développement en diminuant de quantité. La circulation artérielle arrive à son type moyen de fréquence et de développement. Les artères et le cœur battent avec force, mais plus rarement et avec- moins de vitesse que dans la jeunesse. Le pouls est également et moins souple et moins plein. La circulation veineuse admet proportionnellement plus de sang, et les veines deviennent volumineuses , extensibles et apparentes. La circulation capillaire perd de sa vitesse et de sa facilité. Les chaugemens subits de coloration de la peau, qui sont sous sa dépendance,

AGE 4i3 sont en effet assez rares , comparativement à ceux des âges précédens. Les sécrétions particulières, biliaire, salivaire, pancréatique, celle de l'urine, jouissent de-toute leur activité: l'excrétion alvinc est rare et concentrée, très-fétide et fortement colorée; celle des membranes muqueuses, telles que le mucus nasal, la pituite de la gorge, les crachats, les mucosités intestinales, sont presque nulles, ou du moins fort peu considérables et singulièrement diminuées. La transpiration insensible s'amoindrit encore d'une manière notable. La nutrition active nourrit bien le corps, dont elle répare les pertes journalières, mais elle cesse de l'accroître en liauteur , et tend seulement à l'augmenter dans le sens de l'épaisseur; elle se montre dans chaque organe, subordonnée à son énergie d'action. L'adulte produit beaucoup de chaleur, et oppose le plus de résistance possible au froid et aux vicissitudes que peut offrir la température des milieux ambians.

Du côté des fonctions de relation, les sensations externes conservent la perfection à laquelle elles étaient parvenues, leurs organes plus forts 56e lassent moins facilement que chez le jeune homme : aussi se montrent-ils- plus capables d'application soutenue; l'adulte éprouve moins que l'adolescent le besoin de faire succéder une sensation à une autre. Il suit de là que cette sorte de constance à voir, à toucher, à sentir, à entendre, par exemple , donne des notions plus positives des objets, et prévient les erreurs du jugement qu'entraîne la précipitation connue dù jeune âge. La sensibilité nerveuse, concentrée à l'intérieur, moins facile à exciter que dans les âges précédens, produit des sensations moins vives, mais plus durables: la perception, la mémoire, reçoivent de l'âge adulte la même influence. L'attention s'éveille et se fixe avec une persévérance jusqu'alors inconnue; l'homme médite, réfléchit et compare. C'est l'époque du raisonnement, et celle qui prépare la maturité du jugement et la force de la volonté. L'imagination, moins exaltée, plus sage, perd de son charme et de sa fraîcheur. L'ambition , l'amour de la gloire , le désir des richesses et des honneurs' prennent insensiblement dans le cœur de l'homme fait la place de l'amour et des passions plus douces et plus généreuses qui remplissent le cœur du jeune homme. La sollicitude du père pour sa famille naissante l'isole des autres hommes, et lui donne des intérêts privés qui deviennent le principe de i'égoïsme auquel il tend, et contre lequel les efforts de sa.

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raison ne sauraient entièrement le prémunir. Les moyens d expression intellectuelle et affective, tirés du geste, de la physionomie, de l'accent, de la voix et de la parole, sont parvenus à leur perfection , et ne laissent à l'orateur on à l'homme qu'anime un sentiment prononcé ou quelcpie passion véhémente rien à désirer dans leur mode de manifestation. C'est sur l'homme adulte que les peintres sont appelés à saisir l'expression de la colère, de la terreur, de la menace et de la pitié, aussi bien que celle de la méditation, du jugement et de la volonté. Les mouvemens de l'homme fait ont acquis toute leur force. C'est l'âge des travaux du corps et de la marche. L'excès de ceux-ci est alors facile à supporter, et présente beaucoup moins d'inconvéniens que dans la jeunesse, où il peut nuire à l'accroissement. La marche, la course, le saut, sont fermes et assurés, et perdent de leur précipitation ou de leur vitesse antérieures; mais ils gagnent du côté de la durée ce qu'ils n'ont pu conserver du côté de la vitesse et de l'agilité.

Le besoin du sommeil se fait moins vivement sentir, et devient dès lors moins impérieux dans l'âge viril que dans l'adolescence; et cet état de repos est aussi moins profond et moins prolongé. L'homme ne dort guère plus en effet alors que le quart ou le tiers du temps , c'est-à-dire six ou sept heures au plus sur vingtquatre.

La génération, à l'exercice de laquelle l'homme adulte est convié, et par les désirs qui le pressent, et par le bien-être réel qu'il éprouve à les satisfaire, montre alors qu'il est vraiment appelé par la nature à la propagation de son espèce. Les fluides dont l'influence sur la fécondation est nécessaire ont reçu le complément de leur élaboration. L'établissement fixe et régulier des menstrues, le développement de la mamelle chez la femme, indiquent d'ailleurs la véritable aptitude de celle-ci à concevoir, ainsi que les qualités nécessaires pour nourrirson enfant. De là l'institution de l'état de mariage et l'époque fixée par le législateur pour assurer, autant que possible, les avantages que la société a le droit d'en attendre. On peut remarquer que la prématurité de ce lien, malheureusement trop fréquente chez les personnes riches, énerve les jeunes gens, abrège leur vie et préparc à leurs enfans une existence chétive et valétudinaire. L'homme en effet n'est vraiment apte à la reproduction de son espèce qu'après avoir acquis le complément de l'organisation que lui imprime l'âge adulte.

h. Après un certain laps tic temps, l'âge viril décline, et. l'homme sans être vieux ne jouit cependant plus entièrement îles préro-r gatives de l'âge viril. L'appétit décroît, les digestions sont plus lentes et commencent même à languir, la sécrétion biliaire a moins d'énergie et d'activité; la mastication est moins parfaite; les absorptions s'affaiblissent; le cours de la lymphe et du chyle se ralentit; la respiration et la circulation présentent le même caractère de lenteur; les sécrétions cxcrémentitielles , et notamment l'excrétion stercorale et celle de l'urine, augmentent, les exhalations cellulaire, séreuse et graisseuse intérieures, versent plus de graisse et de sérosité dans la plupart des tissus ; de là l'embonpoint factice que prend le corps et qui indique sa faiblesse , l'augmentation du volume du ventre et la prédominance que vont prendre les viscères abdominaux. La chaleur diminue et la véritable nutrition languit. L'influence des diverses périodes de la virilité est non moins marquée sur les fonctions de relation : c'est, en effet , ainsi que les sensations sont moins nettes et moins précises, l'attention moins facile, la mémoire moin&sûre et moins heureuse, et que les ressorts de la pensée sont manifestement moins tendus. Le jugement seul acquiert de nouvelles forces des progrès de l'âge viril. Pour l'expression des sentimens et des idées, la voix est moins forte et moins sûre, la parole moins nette, la physionomie perd de sa mobilité nerveuse, et les différences de coloration du visage sont beaucoup plus rarement produites. Les mouvemens perdent de leur étendue, l'homme adulte cheminant vers la vieillesse se fatigue facilement,^ marche avec un peu de lenteur, laisse courber son corps en avant, recourt à quelque appui étranger, cesse de sauter et ne court plus enfin qu'à bon droit. Il dort moins long-temps, mais il s'assoupit très-facilement; son sommeil est d'ailleurs peu profond. Les désirs vénériens se ralentissent, la sécrétion sperma tique diminue et perd de sa consistance; les menstrues se dérangent, elles éprouvent ou des retards, ou des alternatives de pertes, et les chances de probabilités pour la fécondation qui" naissent du rapprochement dés sexes diminuent de plus en plus.

3° Maladies. — L'âge adulte est le moins fécond en maladies. Ses premières périodes dans lesquelles les affections aiguës de la poitrine sont encore fréquentes, et qui présentent l'époque du quatrième au cinquième septénaire comme celle dans laquelle se développe assez souvent la phthisie pulmonaire héréditaire, n'offrent

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d'ailleurs guère en particulier que la prédisposition aux maladies gastriques, telles que la fièvre bilieuse, l'ictère, le choléra-morbus et l'hépatite; et chez la femme, la métrite, la fièvre puerpuérale et l'engorgement aigu des mamelles. Mais le déclin de l'âge viril semble appeler le déluge d'infirmités qui menacent l'existence. Telles sont les affections catarrhales, l'expuition des mucosités nommées glaires et pituite, le rhumatisme, la goutte, la diarrhée, le catarrhe de la vessie, la gravelle, les iiémorrhoïdes, et la plupart des affections organiques des viscères abdominaux. On connaît pour les personnes du sexe tous les inconvéniens attachés à celte période de l'âge nommée, pour cette raison, âge critique et qui dérivent de l'état de pléthore sanguine produit par la cessation naturelle des menstrues. L'utérus, jusque-là le siège ordinaire d'une véritable irritation sécrétoire périodique, tend à rentrer dans le sommeil de la première enfance. Ses vaisseaux se flétrissent, il tend à s'atrophier, mais ce n'est qu'après bien des oscillations ou des alternatives de repos et d'exaltation d'action qu'il parvient enfin au calme désirable. Or, pendant toute cette période l'économie entière de la femme, associée à cette grande révolution, tour à tour affaiblie par les pertes excessives et sur-excitée par l'état de pléthore qui dérive de la rétention plus ou moins prolongée du sang menstruel, est en proie à la plupart des maladies, parmi lesquelles nous citerons particulièrement les spasmes, les convulsions, les dépravations du goût et de l'odorat, les bouffées de chaleur, les sueurs générales ou partielles, la dyspepsie, le vomissement, les coliques , les maux de reins, l'anémie, l'ana- ♦ sarque, le squire des mamelles, et le cancer de l'utérus.

§ IV. De la vieillesse. — La vieillesse , ou Te quatrième âge de la vie, est caractérisée par l'abolition de la faculté reproductrice, la diminution de tous les genres de forces , h> détérioration des organes , l'affaiblissement de la pensée et l'imperfection plus ou moins marquée des diverses fonctions de l'économie. Les infirmités qui l'accompagnent inévitablement la rendent encore comme le moyen de transition pau lequel l'homme vivant parvient au terme naturel de sa carrière.

i° Organisation. — Des nuances insensibles séparant les caractèrés physiques apparens de la verte vieillesse de ceux qui appartiennent à la virilité décroissante, que nous venons d'examiner tout à l'heure, nous* envisagerons seulement ici ceux de la vieillesse avancée, de la caducité, et même de la décripitude. Or

AGE 417 l'homme décidément vieux se courbe sous le poids des années, se rapetisse ets'émacie; son corps perd sa rectitude; toutes les parties de la peau, molles, flasques, se couvrent de rides ; les membres sont grêles, les genoux crochus; l'épine du dos et la tête sont inclinées en avant. Le visage décoloré, maigre, brunâtre, comme terreux , et couvert de rides , n'offre que l'ombre des traits qui le distinguaient durant la jeunesse. Le front vaste, et qu'augmentent le grand développement des sinus frontaux et l'état presque chauve de la tête, contraste avec la petitesse de la face produite par le rapprochement des mâchoires dû à l'absence des dents. Les joues sont creuses et la bouche enfoncée, de manière à ce que le nez et le menton paraissent se toucher. Les yeux , rentrés dans l'orbite par suite de la résorption de la graisse qui remplit le fond de ces cavités, mal défendus par les sourcils et les cils à moitié tombés et blanchis, sont larmoyans et chassieux, souvent rouges et imparfaitement recouverts par suite du renver sèment et de l'éraillement de la paupière inférieure. La barbe est rare et blanche; la plupart des productions du système pileux tombent ou se présentent sous le même aspect. La constitution du vieillard devient lymphatique, les fluides blancs prédominant beaucoup sur le sang. Elle présente souvent encore les indices évidens d'une sorte d'excitabilité nerveuse, due à l'état particulier du cerveau. On reconnaît à peine alors, les traits du tempérament bilieux ou sanguin qui a pu exister dans l'âge de consistance.

Les organes digestifs sont remarquables par le mauvais état de. l'appareil de la mastication; les dents usées, ébranlées, et détruites enfin par la mort anticipée de leur organe générateur, tombent; les alévoles s'oblitèrent , et les gencives ^ qui sa durcissent et se condensent, sont appelées à les suppléer. Les glandes salivaires et le pancréas ont moins d'étendue. Le mésentère et les épiploons sont surchargés de graisse, le système veineux abdominal est distendu et gorgé de sang; l'estomac et les intestins sont vastes, mous, et comme amincis. L'intestin rectum est large, sans résistance, souvent gonflé par le résidu des digestions; sa membrane muqueuse se renverse avec facilité, et il présente le plus souvent vers l'anus des varices ou des tumeurs hémorrhoïdales. Les vaisseaux absorbans sont beaucoup moins gros, et paraissent moins nombreux; les ganglions lymphatiques atrophiés laissent quelque fois à peine des traces de leur existence : on les rencontre difficile .27

lement, même dans le trajet des vaisseaux chyleux. La thyroïde est flétrie, et le thymus, les capsules surrénales, se sont en quelque sorte évanouis. Les lames du tissu cellulaire sont rares et amincies, privées de graisse et de sérosité. Les poumons grisâtres sont comme soufflés et fondus; leur parenchyme, en partie résorbé, y montre une grande diminution dans le nombre des vaisseaux capillaires sanguins; leurs cellules sont très-élargies , et les membranes qui les forment ont acquis le plus grand degré de finesse et de ténuité. La pesanteur spécifique de ces organes est singulièrement diminuée, et l'on peut remarquer que cette diminution, portée alors à son plus haut point, a été successive et graduelle dans les âges précédens, à partir de la vie fœtale. Le cœur, rapetissé principalement dans ses ventricules , est pâle, mou, sans consistance , fréquemment entouré de graisse. Les artères sont raides, cassantes, souvent cartilagineuses, et même ossifiées; leur calibre est singulièrement diminué. Les veines sont minces, molles, flasques, roulantes, souvent variqueuses et toujours distendues par une grande quantité de sang. Celui-ci présente généralement des qualités artér ielles peu prononcées ; il est séreux , et, quel que soit le genre de vaisseaux dans lequel on l'examine, il est remarquable par son défaut de consistance et de cohésion. La plupart des organes sécrétoires , notamment le foie et les reins, sont mous, pâles, et moins essentiellement celluleux et vasculaires que dans les autres âges de la vie. La vésicule biliaire et la vessie urinaire sont vastes et amincies : cette dernière est souvent variqueuse. Les vaisseaux exhalans -deviennent de plus en plus difficiles à démontrer, et les injections poussées par les artères ne 'pénètrent guère dans les vaisseaux capillaires des membranes séreuses , muqueuses , ou de la peau. Les cryptes folbculaires de celle-ci et ceux des membranes muqueuses sont toutefois généralement assez développés.

Les organes sensoriaux sont plus ou moins détériorés par l'âge avancé. L'œil aplati a singulièrement perdu de sa force de réfraction, et la diminution de densité de ses milieux, notamment du cristallin qui a moins de sphéricité, produit le même résultat. L'iris et la choroïde sont pâles, l'enduit choroïdien est presque détruit. Le pavillon de l'oreille est sec et immobile ; le conduit auditif externe est souvent oblitéré par l'accumulation du cérumen épaissi et condensé. Les cavités labyrinthiques sont le plus souvent privées de la lymphe de Cotunni. Les sens du goût con-

AGE f,iQ serve seul ses qualités particulières, aucune modification de structure n'indique du moins la détérioration de la langue et du palais. Les agens de l'olfaction paraissent à peu près dans le même cas; cependant le nerf olfactif a généralement paru flétri et comme condensé. La membrane piluitairc, très-vaste comme les cavités qu'elle tapisse, est fort amincie; sa pâleur décèle la diminution marquée de ses vaisseaux capillaires sanguins. Quant aux agens du tact et du toucher, la sécheresse et l'état écailleux de la peau, la consistance comme cornée qu'elle revêt dans diverses régions, et notamment dans celles qui éprouvent une compression habituelle, la raideur enfin et le défaut d'humectation des articulations des doigts et de la main , deviennent leurs caractères remarquables dahs l'âge avancé.

Le cerveau du vieillard est très-ferme; son système veineux particulier, très- développé, s'y trouve gorgé de sang; ses membranes, et particulièrement la dure-mère, présentent assez fréquemment dans leur trajet ou leurs replis des plaques cartilagineuses ou des points d'ossification. Les nerfs sont durs, resserrés; leur névrilème a acquis de la consistance, leur volume est sensiblement diminué. Les muscles pâles, mous, flasques, sont sensiblement amincis, leurs tendons d'insertion, condensés, s'encroûtent quelquefois de phosphate calcaire vers leurs points d'insertion ; les gaines qui les reçoivent sont remarquables par la sécheresse de leurs membranes synoviales. Les os des vieillards sont gros, toutes leurs aspérités s'y dessinent avec rudesse; leur tissu est trèscompacte et d'une densité supérieure à celle qu'il a jamais eue. Us sont cassans, attendu que leur élément terreux l'emporte ou domine sur leur parenchyme organisé. Mais les cavités intérieures de ces organes sont alors très-étendues; les os longs présentent des cylindres presque entièrement creux d'une de leurs extrémités à l'autre; l'organe médullaire y est devenu de plus en plus liquide et presque huileux; les cellules des os courts ont acquis de trèsgrandes dimensions , et le tissu lamelleux qui les forme s'est singulièrement atténué et aminci. Cette disposition rend, comme nous nous en sommes convaincus par nos propres recherches, la pesanteur spécifique d'un os donné en particulier, ainsi que celle du squelette entier du vieillard, sensiblement inférieure à ce qu'elle est dans aucun autre âge de la vie; bien toutefois que la densité réelle du tissu osseux conserve alors même sa supériorité. De là sans doute l'incertitude mal fondée où nous laissent

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quelques auteurs sur le véritable état des os. pendant la vieillesse. Les liens articulaires perdent de leur souplesse et de leur élasticité naturelles; les cartilages de prolongement s'amincissent ou s'ossifient; ceux des côtes ne forment avec ces os qu'un seul et même tout parfaitement solide; les sutures disparaissent, les os du crâne ne forment plus qu'une seule pièce, les symphyses, envahies par l'ossification, réunissent également les os contigus. C'est ainsi que le bassin se trouve formé d'un seul os, et que les vertèbres qui constituent la colonne vertébrale s'unissent solidement entre elles, de manière à réduire toute la colonne épinière en une, deux, et le plus communément trois parties seulement. Les articulations diarthrodiales dont les mouvemens ont le moins d'étendue, contractent encore des ankiloses qui les rendent immobiles. C'est ainsi que les articulations costo-vertébrales, coslo transversaires , et celles des cartilages costaux avec le sternum ne laissent plus de traces de leur existence, et que celle des os, du carpe , du tarse et des phalanges des doigts présentent le plus ordinairement le même résultat. L'ossification insolite envahit encore chez le vieillard diverses membranes, notamment les plèvres costales , ainsi que les lames fibro-cartilagineuses qui entrent dans la structure de la trachée -artère et des divisions bronchiques.

Le larynx, très- vaste et presque tout osseux, présente une cavité dont les diverses pièces, soudées entre elles, sont entièrement immobiles. Le cerceau hyoïdien ne forme non plus qu'une pièce unique par la soudure de ses diverses parties.

Les organes génitaux, enfin, n'offrent plus en quelque sorte que l'ombre d'eux-mêmes. Chez la femme , la matrice est atrophiée et ressemble à celle d'une jeune fille avant l'âge nubile; les ovaires, resserrés, sont denses et comme squirreux; les .parties extérieures qui forment le pudendum sont déformées et flétries. Les mamelles ont disparu. Chez l'homme, les testicules, les vésicules séminales, le cordon testiculaire, la verge, sont rapetisses, flasques et mous. Les follicules sébacés particuliers à la membrane muqueuse du gland et du prépuce, ainsi que ceux qui appartiennent aux nymphes et au clitoris, sont si petits qu'ils paraissent en quelque sorte évanouis.

2° Fonctions. — La série de changemens organiques qui appartiennent à la vieillesse , et que nous venons d'examiner, coïncident avec la diminution progressive de tous les genres de force

amenée par le temps; la sensibilité cérébrale s'émousse, l'irritabilité musculaire , les forces toniques décroissent , et l'affinité vitale n'imprime pluslemême caractère d'élaboration aux fluides destinés à l'entretien de la vie. Or toutes les fonctions ressentent bientôt l'effet immédiat et nécessaire de cette sorte de décadence dans les sources mêmes de la vie.

Les digestions , en effet , entachées du vice d'une mastication imparfaite ou nulle , et du défaut d'insalivation convenable qui s'ensuit comme une conséquence nécessaire , sont lentes ou difficiles, s'accompagnent de malaise et de pituite. L'appétit du vieillard diminue et suit le peu d'énergie du besoin de réparation. Cependant, la plupart des vieillards, enclins par gourmandise au plaisir de la table, dépassent la limite de ce besoin et éprouvent dès lors les inconvéniens attachés à la surcharge de l'estomac; de là les éructations, les flatuosités et la diarrhée, qui sont des accidens si communs à cet âge. Les garde-robes deviennent une véritable affaire pour les vieillards ; la paresse naturelle de leui' ventre attire vivement leur attention sur elles , et l'habitude de la constipation les expose souvent aux accidens de la véritable rétention des matières fécales. Toutes les absorptions liées au mouvement de composition nutritive languissent; celles qui se passent sur les surfaces des organes digestifs n'échappent pas à cette loi et correspondent à l'état particulier, déjà noté, du système absorbant de l'abdomen. La respiration, singulièrement ralentie dans ses mouvemens , presque exclusivement diaphramatique par suite de l'immobilité des côtes, et par conséquent très-peu étendue est rendue de plus en plus imparfaite par la lenteur de Ja circulation du sang à travers les poumons, et par la grande diminution apportée dans la quantité des vaisseaux capillaires sanguins de cet organe. L'atonie des bronches et l'espèce d'état catarrhal habituel dans lequel elles se trouvent, laissent les cellules aériennes surchargées de mucosités, s'opposent manifestement encore aux combinaisons qui résultent du contact plus ou moins immédiat de l'air et 'du sang. Les mouvemens du cœur, singulièrement lents et sans forcé, projettent le sang avec mollesse dans toutes les parties , à l'aide d'artères raides , étroites et sans souplesse ; de là , la langueur de la circulation générale et capillaire; les veines, dilatées, amincies, presque sans ressort, gorgées de sang et variqueuses, retiennent ce fluide en stagnation et ne le rendent au cœur qu'avec lenteur et difficulté. La même

disposition appartient au système veineux abdominal ; ce qui cause l'espèce de pléthore ad vires qu'on remarque dans toutes les dépendances du système veineux, et plus particulièrement vers les parues dans lesquelles le sang tend à se diriger contre sa propre pesanteur. La circulation lymphatique présente des difficultés analogues, et la stagnation facile de la lymphe qui en résulte engorge fréquemment les parties du corps qui conservent , pendant un certain temps, une position déclive : aussi la plupart des vieillards ont- ils le soir les jambes plus ou inoins infiltrées. Les sécrétions excrémentitielles étrangères à la peau , dont les fonctions ont alors très-peu d'activité, sont, par leur abondance, en rapport avec le mouvement de décomposition nutritive ou d'absorption interstitielle qui produit l'atrophie sénile des différens organes. C'est ainsi que l'urine, riche en excrément azoté, la pituite, les mucosités des membranes de la gorge, du larynx et de la trachée artère, la matière de l'expectoration et des crachats, les mucosités intestinales , les glaires de la vessie , entraînés par l'urine , deviennent tous remarquables par leur abondance. La bile et la salive sont en petite quantité, le sperme presqne nul et la sécrétion de la prostate très- diminuée. Les exhalations ont peu d'activité , la perspiration pulmonaire continue toutefois , mais la transpiration cutanée, très-réduite , laisse la peau dans un état de sécheresse remarquable. A l'intérieur, les exhalations séreuses , synoviales et graisseuses languissent et donnent très -peu d'humectation aux parties qui en sont le siège. La nutrition souffre ; et la prédominance du mouvement de désassimilation sur celui d'assimilation conduit le corps à ce degré d'amaigrissement et d'atrophie qu'on nomme sénile. Les os eux-mêmes ne sont point étrangers à ce mouvement ; mais celui-ci, seulement borné à leur intérieur, y produit l'agrandissement de leurs cavités. La chaleur abandonne le corps du vie^lard , la génération de son principe languit, les extrémités demeurent plus ou moins froides, et le corps comme transi, résiste très- difficilement aux vicissitudes atmosphériques. Les vieillards- craignent les températures extrêmes, et l'on remarque qu'ils succombent fréquemment dans les saisons froides et pendant les hivers rigoureux.

Les sensations du vieillard qui s'approche de la caducité s'affaiblissent, s'émoussent et s'oblitèrent successivement. La vue devient presbyte ou longue ; elle exige l'éclat d'une vive lumière ; les hallucinations, l'héméralopie, conduisent à l'amaurose sénile.

L'opacité du cristallin, produit de l'âge , entraîne encore la cécité d'un grand nombre de vieillards; et ceux qui échappent à ces accidens trouvent le plus souvent dans l'épiphora et l'ophthalmic chronique une cause non moins fréquente des vices de la vision. L'ouïe perd de sa finesse; le vieillard, d'abord dur d'oreille ou sourdàtre, finit le plus souvent par devenir entièrement sourd. L'imperfection ou la perte de la vue enlève une multitude d'occasions à l'exercice du toucher, et celui-ci, placé sous la dépendance des mouvemens de la main , trouve dans le peu de mobilité de cet organe , dans la densité de ses tégumens et la diminution de sa sensibilité , les causes de l'état d'oblitération sous lequel il se montre. Le vieillard ne touche plus, en effet, que dans le seul but d'assurer sa position et ses mouvemens. Les sensations olfactive et du goût survivent , dans la vieillesse , à l'espèce d'anéantissement des autres sensations ; leur liaison avec la digestion, qui dure nécessairement autant que la vie, rend raison de ce privilège. Les perceptions, lentes et de plus en plus difficiles , finissent à la longue par se borner à l'impression produite par les besoins immédiats et à celle qui suit l'application des moyens de les satisfaire. La mémoire de la vieillesse devient extrêmement infidèle , à l'égard de tou§ les faits nouveaux; mais, elle rappelle le plus souvent, avec une grande précision , tous les faits anciens ; et le vieillard, qui les rapporte sans cesse, oublie aussitôt qu'il vient d'en faire le récit; de là le rabâchage continuel et sans fin qui forme le caractère de cet âge. L'attention du vieillard, étrangère à ce qui l'entoure, ou si légère que les impressions actuelles glissent sur lui sans l'atteindre, se concentre intérieurement et le fait beaucoup vivre en lui. Les vieillards sont en effet réfléchis et méditatifs; leur jugement est sûr et leur conseil précieux à recueillir. On sait que le grand atge rend à bon droit sentencieux. Le vieillard revenu des illusions de la vie , dégagé des passions , voué au culte de la philosophie , juge d'autant plus sainement, que son imagination éteinte ou refroidie, lui montre les objets tels qu'ils sont : aussi le jugement persiste-t-il eu lui jusqu'au moment où l'oblitération graduelle et successive de la pensée amène l'état d'enfance ou la démence sénile. Du côté des sentimens, les vieillards, comme étrangers à ce qui les environne et de plus en plus exclusifs , rapportent tout à eux , et se séparant de ceux qu'ils ont aimés, ils tendent au plus entier égoïsme. Le sentiment de leur faiblesse et la crainte de manquer

motivent l'avarice qui les caractérise. Exigeans , impérieux , durs à eux-mêmes, durs aux autres, les hommes perdent d'ordinaire en vieillissant la plupart des qualités morales qui les ont rendus, chers à leurs amis. Les déterminations de la vieillesse se rapprochent d'ailleurs de celles de l'enfance; elles sont absolues, mais changeantes; ses manies remplacent les caprices du jeune âge; le vieillard se montre inconstant, s'emporte et s'attendrit, gronde et caresse tour à tour. Tel est, en général, l'état intellectuel et moral de cette époque; il persiste durant la caducité, et l'idiotisme de la décrépitude le remplace enfin aux approches du tombeau.

Les vieillards, bornés dans leurs moyens d'expression intellectuelle et affective par leur voix basse , rauque et tremblante , les vices de l'articulation des sons dus à la perte des dents, et le peu d'étendue de la respiration , parlent généralement peu ; leur aspect imposant et grave borne singulièrement leur physionomie, dont le caractère est à la fois généralement sérieux et monotone. Le geste devient presque nul dans cet âge de la vie ; les mouvemens généraux perdent de leur force et de leur précision; l'homme qui passe de l'état de verte vieillesse à la caducité affecte un mode de station particulier, se courbe sur lui-même, s'arme d'un bâton, dans lequel jl trouve en avant un point d'appui propre à prévenir la chute dans ce sens. Ses membres tremblans donnent de l'incertitude à sa marche , et celle-ci, de moins en moins facile et sûre, l'oblige peu à peu à un état de repos presque absolu.

Le vieillard, de plus en plus affaibli par le progrès des années, s'endort encore à la manière des enfans; et bien qu'il dorme réellement peu et beaucoup moins que l'adulte , il est cependant sans cesse assoupi; mais son sommeil léger est alors mille fois interrompu; on l'en retire facilement, mais il y retombe le moment d'après, de sorte qu'il semble, en se rapprochant de l'enfant, ne plus réellement vivre que pour boire , manger et dormir.

Dès la première vieillesse, l'homme que des habitudes vicieuses n'ont point dépravé, et qui ne prend point les désirs de son imagination pour des besoins réels, devient naturellement continent. Sans désirs spontanés, sans érection, et désormais sans aucun but dans les plaisirs , dont la pensée seule lui reste, il trouve tout simple de fermer la porte du temple dans lequel il les goiita. Si méconnaissant, toutefois, le véritable état de ses forces, l'homme abusé sur sa position par la stimulation indirecte ou immédiate

AGE 4*S des organes de la reproduction, cherche encore dans le rapprochement des sexes les jouissances de l'amour, il ne tarde pas à ressentir la punition de son erreur; ce qui lui reste de forces organiques se dissipe bientôt dans l'ébranlement causé par les efforts prolongés qui le mènent à la jouissance. L'hébétude de son esprit, l'étonnement de sa tête, les vertiges, la langueur des fonctions digestives , le tremblement paralytique, et souvent même l'apoplexie foudroyante , sont là pour le frapper et l'avertir trop sévèrement des dangers inséparables d'un plaisir qui n'est plus de son âge , et qui excite une commotion dont la violence est incompatible avec sa faiblesse.

3° Maladies. -- La première époque de la vieillesse est ordinairement saine, et beaucoup de personnes n'ont jamais joui , pendant leur vie, d'une meilleure santé que pendant la verdeur de cet âge; mais cet état heureux, plus ou moins prolongé , cesse enfin , et lé vieillard, successivement caduque et décrépit, battu de toutes parts par les infirmités, qui sont comme l'apanage nécessaire de l'espèce humaine, obéit enfin à la commune loi. La mort le frappe à. une époque variable, que retardent ou qu'accélèrent plusieurs circonstances dans le détail desquelles nous entrerons lorsque nous traiterons de la longévité. {V oyez longévité.)

Les maladies de la vieillesse, caractérisées par la teinte adynamique qu'elles revêtent avec facilité, se rapprochent de celles de la constitution lymphatique qui prédomine de nouveau à cet âge, et qui s'allie , soit avec une excitation temporaire du système nerveux "cérébral, soit avec l'état de détérioration chronique et permanent des nerfs. Ces maladies trouvent également leur principe dans la pléthore veineuse particulière à l'âge avancé, ainsi que dans la sorte d'excitation nutritive donf jouissent les viscères abdominaux. Une revue sommaire des affections de la vieillesse est propre en effet à confirmer ces données.

Parmi les maladies qui dénotent. la faiblesse de la vieillesse , se rangent naturellement l'adynamie essentielle, la fièvre de ce genre, et tous les cas dans lesquels celle-ci se montre comme une complication en quelque sorte inévitable. Tels sont encore le scorbut, la gangrène et ces ulcères spontanés de cause interne qui déterminent si promptement de larges solutions de continuité dans les parties sur lesquelles ils se manifestent. La mollesse et la flaccidité de l'organisation, le défaut de résistance des solides explique encore, dans l'âge qui nous occupe, la fré-

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qaence des hernies abdominales, le collapsus et la descente de matrice , la chiite du fondement , les varices des jambes , l'anévrysme passif des cavités du cœur, les dilatations anévrysmales des artères , l'énorme ampliation de la vessie et celle du rectum, qui permet l'accumulation , le séjour et l'extrême concentration des matières stercorales.

C'est à la disposition lymphatique de cet âge qu'il faut rapporter l'abondance des glaires, des crachats, de la pituite, le catarrhe pulmonaire chronique, le catarrhe vésical, l'anasarque essentielle et symptomatique ; et chez la femme, la leucorrhée. Les dartres, si rebelles alors, le rhumatisme chronique, la goutte asthénique , les concrétions articulaires , le squirrhe et le cancer de la plupart des organes, sont encore autant de maladies familières aux vieillards, et qui tiennent à l'état particulier de leur système lymphatique.

L'excitabilité temporaire du cerveau produit chez les vieillards ces accès de fièvres qui les prennent avec tant de violence , et qui cèdent le plus souvent comme par enchantement et d'euxmêmes, au bout de vingt-quatre ou de trente-six heures, à l'aide d'un sommeil tranquille et prolongé. Le carus, la fièvre cérébrale et l'apoplexie, qui moissonne tant de vieillards aux approches de soixante ans , dérivent encore de la même source. Mais il faut l'apporter, soit à l'anomalie, soit à la diminution constante et plus ou moins marquée de l'action nerveuse générale , l'asthme , la dyspepsie flatulente , les vertiges, l'héméralopie , l'amaurose, la dureté de l'ouïe, le tintement d'oreille, la surdité, les absences, le radotage, l'état d'enfance ou de démence sénile. Le tremblement des membres et de la tête, la paralysie incomplète des muscles , la paralysie véritable j l'hémiplégie , la paresse du rectum et la paralysie de la vessie, rentrent encore, enfin, dans la catégorié.

De la pléthore veineuse des vieillards résultent les hémorrhoïdes, les varices de la vessie, le varicocèle, et la plupart des hémorrhagies passives, particulièrement l'hématurie, le mélœna, l'hématémèse, les ecchymoses et les pétéchies.

L'espèce de prédominance, enfin, dans laquelle se trouve le système entier des viscères abdominaux, dans l'âge avancé, rend raison des maladies aiguës et chroniques de l'estomac, des affections organiques du foie, des maladies des reins, de la gravelle, des engorgemens de la rate , des tumeurs du mésentère , du

AGE 427 squirrhe des ovaires, de l'ulcère de la matrice, et enfin de la fréquence de la péritonite chronique chez les vieillards des deux sexes.

Les maladies des vieillards sonj; généralement remarquables par la lenteur de leur marche : plusieurs ( les dartres , le» hémorrhoïdes, par exemple, ) ne pourraient guérir sans inconvéniens.Un plus grand nombre se montrent décidément incurables. Les moyens de la médecine, dès lors très-bornés, et qui se tirent principalement des secours du régime et des médications toniques, en deviennent d'utiles préservatifs, ou sinon d'impuissans palliatifs. L'homme, comme tout ce qui a vie, tend en effet inévitablement à sa fin; et lorsque sa dernière heure a sonné, les cordiaux , les alexipharmaques , les élixirs de propriété , ceux de longue vie , la panacée , la transfusion , et tous les moyens imaginés pour en reculer le terme, viennent inévitablement échouer. Pour ne pas mourir il faudrait pouvoir rajeunir; mais la médecine ir'à point encore appris, comme on sait, à renouveler les merveilles de la fontaine de Jouvence.

Bornant ici cet aperçu général sur les différens âges de l'homme, nous ferons remarquer que le complément de leur histoire trouve naturellement sa place aux articles Accroissement , Longévité , Mort, Naissance, Puberté et Sexe, auxquels nous renvoyons. ( Voyez chacun de ces mots.) (bullier.)

AGENESIE, s. f. , agenesis, de « privatif, et de yiVerts, génération ; impossibilité d'engendrer, stérilité. Cette impuissance, que quelques auteurs ont confondue avec l'anaphrodisie ou absence de l'appétit vénérien , n'exclut pas l'aptitude à l'acte de la génération. {Voyez impuissance.) (a. del.)

AGENT (physique), s. m., agens , de ago, qui vient lui-même, de uyûù , qui signifie j'agis. Rien n'est plus général que la signification de ce mot. Tout changement qui survient dans les corps est produit par un agent , et dans ce sens il est synonyme de puissance , jorce. {Voyez ces mots.) Les changemens survenus dans les. corps sont en effet le résultat du mouvement opéré en eux, dans leur masse ou dans leurs molécules. La puissance qui imprime ces mouvemens ét détermine ces changemens et ces effets est un agent.

Considérés hygiéniquement , tous les objets de la nature qui peuvent avoir sur notre organisme une influence quelconque sont des agens. Rien n'est plus vague, plus général que cette expression.

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Il n'en est pas de même en thérapeutique. On a restreint la signification de ce mot à désigner les corps qui, introduits dans l'intérieur du corps ou appliqués à sa surface, déterminent des cliangemens qui peuvent devenir favorables à l'individu malade. Ces agens ne sont pas ordinairement des matières alimentaires, et sont fournis par le règne organique et par le règne inorganique. La plupart sont des substances toxiques. (rostan.)

AGEUSTIE , s. f. , agustia , de « privatif, et de yfj<rrn, goût. Privation du goût, abolition ou diminution de la faculté de percevoir les saveurs. Plusieurs nosologistes ont fait de cet état un genre de maladie; mais ce n'est qu'un symptôme. [Voyez coût.)

AGGLUTINATIF, adj. et s. m. , agglutinans , du verbe latin agglutinare , aggluliner, coller ensemble. On donne ce nom aux substances emplastiques qui ont la propriété d'adhérer fortement à la peau, et qu'on emploie pour maintenir les lèvres des plaies en contact, jusqu'à ce qu'elles soient réunies par la 'cicatrisation. Les agglutinatifs dont on se sert le plus souvent sont l'emplâtre de diachylon gommé, l'emplâtre d'André de Lacroix, celui qu'on connaît généralement sous le nom de taffetas d'Angleterre, et qui n'est autre chose qu'une pièce de taffetas qu'on a recouverte d'une couche mince de colle de poisson à laquelle on a ajouté une petite quantité de teinture de benjoin. La gomme ammoniaque, dissoute dans le vinaigre et étendue sur de la toile, fournit encore un bon agglutinatif, qui se colle fort bien sur les parties légèrement humides; circonstance tout-à-fait avantageuse dans quelques cas , où l'humidité de la peau rend peu solide l'adhérence des emplâtres agglutinatifs ordinaires.

On prépare les emplâtres agglutinatifs en étendant une couche mince de la substance emplastique sur de longs morceaux de toile, au moyen d'un instrument particulier, sorte de spatule de fer que les pharmaciens nomment sparadrapicr. [Voyez spauidrap.)

. La toile dont on se sert pour étendre l'emplâtre agglutinatif doit offrir de la résistance, n'être ni trop fine ni trop grosse, et surtout être exempte d'ourlets et' de coutures ; il faut aussi qu'elle soit coupée à droit fil Trop fine, elle se laisserait pénétrer des deux côtés par la substance emplastique, et n'offrirait pas assez de force; trop grosse, elle n'aurait pas assez de souplesse, et n'adhérerait que difficilement aux parties. 11 faut éviter de se servir de toile calandrée, comme le font quelques pharma-

AGG 429 ciens , parce que la surface lisse d'une toile ainsi préparée ne permet pas à l'emplâtre d'y adhérer assez intimement, et fait qu'il s'en détache facilement par écailles. La toile de coton, à raison des filamens nombreux qui , sous forme de duvet , hérissent sa surface, est très-bonne pour recevoir les préparations agglutinatives, et les retient très-fortement.

Il faut que la couche emplastique , épaisse d'un quart de ligne au plus, soit partout d'une égale épaisseur et bien unie à sa surface; si elle était trop mince, l'emplâtre n'aurait pas assez de ténacité ; si, au contraire, elle avait trop d'épaisseur, elle se fendrait par écailles étant froide , et, lorsque l'emplâtre serait appliqué , en se fondant par la chaleur du corps , elle permettrait à la toile de glisser sur la peau, et pourrait ainsi faire manquer la réunion de la plaie , comme je l'ai observé plusieurs fois. 11 est nécessaire que les substances emplastiques agglutinatives aient de la souplesse, qu'elles se ramollissent facilement à une douce chaleur, sans se fondre cependant avec trop de facilité. Il serait convenable, je pense, de modifier aussi un peu leur composition, suivant qu'on en emploie pendant l'été ou pendant l'hiver.

Les emplâtres agglutinatifs n'agissent qu'en attachant solidement à la peau la toile qui les supporte, et au moyen de laquelle les parties sont maintenues en contact. Comme ils n'adhèrent qu'à l'épiderme, ils n'agissent que superficiellement, et n'ont que peu ou pas d'action sur les parties profondes : aussi ne conviennentils guère, en général, que pour réunir les plaies superficielles, dont les lèvres ont peu de tendance à s'éloigner, et sont soutenues par des plans sous-jacens plus ou moins solides. On les emploie maintenant très-fréquemment après les amputations des membres et l'ablation des tumeurs, celle d'un sein cancéreux, par exemple, pour obtenir la réunion immédiate de la plaie qui résulte de ces opérations. On s'en sert encore comme moyen d'accélérer la cicatrisation des plaies qui suppurent et des vieux ulcères.

Lorsqu'on veut faire usage des emplâtres agglutinatifs, on commence par les couper en bandelettes, dont la longueur, la largeur doivent être en rapport avec l'étendue, la profondeur de la plaie, et la force de rétraction de ses lèvres. Ces bandelettes , qu'on nomme agglutinatives , doivent être coupées à droit fil, ou bien en biaisant de telle sorte que leur partie moyenne se trouve un peu plus étroite que leurs extrémités; ayant cette dernière forme, elles offrent une grande force d'adhésion à leurs extrémités élar-

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gies , et ne couvrent la plaie que dans une petite étendue à leur partie moyenne.

Avant d'appliquer les bandelettes agglutinatives, il faut avoir soin, i° de raser exactement les poils des environs de la plaie, parce qu'en adhérant à l'emplâtre, ils rendraient le décollement des bandelettes long et fort douloureux; 2° de laver avec soin le sang, le pus, qui pourraient se trouver sur les parties voisines et s'opposer à l'adhérence des bandelettes. On essuiera aussi ces mêmes parties avec un linge sec, afin de bien enlever toute l'humidité. Il faut ensuite mettre et faire maintenir la partie dans une situation telle que les lèvres de la plaie soient dans le plus grand relâchement possible. On affronte exactement ces lèvres de manière que chaque tissu se corresponde exactement de l'un et de l'autre côté ; on les fait tenir dans ce rapport par un aide intelligent qui les pousse l'une vers l'autre avec les mains convenablement appliquées , l'une au-dessus , l'autre au-dessous de la plaie. Le chirurgien saisit alors, entre le pouce et le doigt indicateur de chaque main, les deux extrémités d'une bandelette agglutinative , qu'il a eu soin de faire chauffer légèrement en la présentant devant un foyer. Il applique une de ses extrémités sur la lèvre la moins mobile de la plaie , et l'y colle en appuyant dessus avec la pulpe des doigts de la main qui la tenait. Cela fait, un aide pose la main à plat sur la portion de bandelette appliquée, afin qu'elle ne se décolle pas , et le chirurgien se sert de sa main devenue libre pour pousser la lèvre la plus mobile vers l'autre, et les réunir exaclement l'une avec l'autre ; puis il couche le reste de la bandelette sur la lèvre la plus mobile , et l'y fixe comme il l'avait fait pour la première extrémité. A côté de cette première bandelette il en place une seconde, une troisième, et ainsi de suite , suivant l'étendue de la plaie , jusqu'à ce que les bords de celle-ci soient exactement rapprochés. Il faut laisser entre les bandelettes de légers espaces par lesquels puissent s'échapper la sérosité sanguinolente qui suinte des bords de la plaie , le liquide séro-purulent qui se forme fréquemment au-dessous , et dont la rétention peut donner lieu à des douleurs très-vives et à un" gonflement inflammatoire considérable. Si c'est une plaie résultant d'une amputation que l'on réunit avec des emplâtres agglutinatifs, il faut avoir soin surtout de laisser un certain intervalle entre la dernière bandelette et l'angle inférieur par lequel passent les liga- Jures, parce qu'il se forme presque constamment dans cette région

AGG /,> une quantité plus ou moins grande de pus , qu'il faut bien se donner de garde de retenir en réunissant trop exactement. Nous avons vu plusieurs fois, dans les hôpitaux, des abcès volumineux se former après diverses amputations dans des moignons que l'on avait réunis avec trop d'exactitude , et donner lieu à des accidens qui ont prolongé la guérison des malades.

Quand on applique des bandelettes agglutinatives, il faut avoir soin de les placer dans une direction parfaitement perpendiculaire à celle de la plaie ; faute de cette précaution , les bandelettes exercanf une traction en sens inverse sur les deux lèvres de la plaie , les feraient glisser l'une sur l'autre, les affronteraient dans une fausse position, et deviendraient la cause d'une cicatrice difforme. Il faut donc, dans les plaies qui ont plusieurs directions, donner aux bandelettes une direction accommodée à chacun des points de la division; ainsi, dans une plaie demi-circulaire, par exemple, il faudrait que les bandelettes fussent disposées comme des demi-rayons ; que , rapprochées les unes des autres par leur extrémité qui repose sur la lèvre convexe, elles fussent éloignées par leur extrémité collée sur la lèvre concave, etc.

Doit-on placer la première bandelette agglutinative sur le milieu de la plaie, et poser ensuite les autres au-dessus et au-dessous vers les angles, comme le recommandent quelques auteurs; ou bien, au contraire, ne convient il pas mieux de l'appliquer d'abord vers l'un des angles, comme d'autres l'indiqueut ? La chose est à peu près indifférente en elle-même ; cependant il est plus commode et plus avantageux, dans la plupart des cas, de commencer à réunir les lèvres de la plaie , en plaçant la première bandelette à leur partie moyenne , parce qu'ordinairement ces lèvres sont plus mobiles et plus faciles à affronter vers leur milieu que vers leurs extrémités. Quand la plaie présente un grand lambeau , il faut placer la première et la principale bandelette sur sa partie moyenne, et d'autres bandelettes secondaires sur ses côtés. Quelquefois même on est obligé de maintenir le lambeau en contact, au moyen d'un point de suture. Les bandelettes agglutinatives ne sont alors qu'un moyen accessoire de réunion.

Le chirurgien doit , autant que possible , faire chauffer luimême ses bandelettes agglutinatives, et s'assurer de leur degré de ramollissement avant de les appliquer. Si, en effet, elles ne sont point assez ramollies par la chaleur, elles collent mal, se détachent facilement, et ne maintiennent qu'imparfaitement les bords

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de la* plaie. Cet inconvénient se remarque surtout pendant les saisons froides : si on les a fait trop chauffer , elles brûlent les parties sur lesquelles on les applique, ou bien, dans d'autres cas, la substance emplastique, fondue par le feu , est absorbée par le tissu de la toile, et la bandelette ne colle plus.

Les anciens donnaient à la réunion des plaies avec des baodelettes agglutinatives le nom de suture sèche , pour la distinguer de la réunion au moyen de points de suture, qu'ils appelaient suture sanglante. [Voyez suture.) Ils employaient plusieurs espèces d'emplâtres qui ne sont plus usités aujourd'hui, à cause de la difficulté de leur emploi et de leurs inconvéniens ; tels étaient les emplâtres agglutinatifs fenêtres, les agglutinatifs qui servaient à fixer, sur chaque côté de la plaie, des fils que l'on nouait ensuite les uns avec les autres, de manière à rapprocher les morceaux d'emplâtres qui les retenaient, et par conséquent les lèvres de la plaie sur lesquelles ils étaient collés , etc.

Lorsqu'une plaie a été réunie par des bandelettes agglutinatives, il faut soutenir et favoriser l'action de ces dernières en donnant à la partie une position convenable , et en l'enveloppant d'un appareil extérieur approprié au cas. Ordinairement on se contente d'appliquer par-dessus les bandelettes des plumasseaux de charpie, et des compresses que l'on, maintient par un simple bandage contentif.

Combien de temps les bandelettes agglutinatives doivent -elles rester appliquées ? Ce temps varie dans la plupart des cas ; le plus souvent on les laisse pendant quatre ou cinq jours; d'autres fois on ne les lève que le neuvième ou le dixième jour. Si les bandelettes avaient glissé , s'étaient relâchées, ou bien si on les avait appliquées trop serrées, de sorte qu'elles déterminassent un gonflement inflammatoire inquiétant, ce qui est assez rare, il faudrait lever l'appareil plus tôt, pour les resserrer dans un cas, pour les relâcher au. contraire dans l'autre.

Lorsqu'on veut lever les bandelettes agglutinatives, il est quelques précautions indispensables à prendre, et auxquelles le chirurgien doit faire la plus grande attention. 11 faut, après avoir soigneusement enlevé les pièces extérieures de l'appareil, et placé convenablement la partie, faire appliquer la main ou les doigts d'un aide sur les lèvres de la plaie , afin de les soutenir et de s'opposer à leur rétraction lorsque les bandelettes seront enlevées. Le chirurgien décolle alors l'extrémité de l'une des bandelettes

AGG 435 (celle qui est la plus superficiellement placée, si ces bandelettes se recouvrent), la saisit entre le pouce et le doigt indicateur, la renverse du côté de la plaie et la détache lentement , d'une manière douce et uniforme, en ayant soin de soutenir les chairs avec l'autre main , afin d'éviter toute traction douloureuse. Lorsque cette extrémité de la bandelette est décollée jusqu'à un demipouce de la plaie, le chirurgien détache de la même manière l'autre extrémité; et lorsqu'il l'a séparée de ce côté jusqu'à pareille distance, il réunit ces deux extrémités, et les soulève perpendiculairement à la surface de la plaie, dont il maintient les bords avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche. Il parvient de la sorte à détacher entièrement la bandelette sans secousse, et sansopérer sur la plaie de ces tiraillemens douloureux qui pourraient en écarter les bords. Le chirurgien doit observer , en levant les autres bandelettes, les règles que je viens d'indiquer, et qui sont beaucoup plus longues à décrire qu'à exécuter.

Quand, à la levée des bandelettes, on trouve au-dessous la plaie parfaitement cicatrisée , on ne doit pas les réappliquer ; mais lorsque la cicatrieè n'est point effectuée ou n'est qu'incomplète, il faut simplement changer les bandelettes , c'est-à-dire remplacer celles qu'on vient d'enlever par d'autres neuves. On réapplique ces bandelettes au fur et à mesure qu'on les retire , en suivant les règles que nous avons présentées pour leur application. Quelquefois on ne change qu'une ou deux de ces bandelettes , les autres n'étant point relâchées ni salies par le pus ; dans d'autres cas on en replace un nombre moindre que celui qu'on avait d'abord employé ; c'est lorsque la plaie ne demande plus à être soutenue que dans certains points , etc.

Lorsqu'on change les bandelettes de diachylon gommé , on les trouve souvent toutes noires au niveau de la plaie , qui en est elle-même noircie. Il est facile de se rendre raison de ce phénomène, en. faisant attention à la composition de l'emplâtre diachylon , qui renferme une certaine quantité d'oxyde de plomb , lequel, se combinant avec l'hydrogène sulfuré qui sort de la plaie , forme un sulfure de plomb noir.

Les emplâtres agglutinatifs donnent quelquefois lieu à des accidens qu'il est bon de signaler ici. Il arrive assez fréquemment qu'ils déterminent , surtout chez les enfans et les femmes dont la peau est fine et très-sensible, une éruption boutonneuse, sorte d'érysipèle partiel, qui ne s'étend guère au delà de l'en- 1. 28

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droit qui était recouvert par les bandelettes ; des lotions avec de l'eau de guimauve, des compresses fines enduites de cérat, appliquées sur ces parties , suffisent pour dissiper cette légère irritation. J'ai vu deux cas où la compression exercée par des bandelettes agglutinatives détermina la formation de petites escarres gangréneuses. Dans le premier cas, on avait réuni par première intention le plaie résultante de l'amputation de la jambe chez un jeune homme de quinze ans. La peau avait formé un léger pli sous l'une des bandelettes. Il se manifesta en cet endroit une escarre de la largeur d'une pièce de vingt sous ; elle se détacha , et le jeune enfant n'en guérit pas moins. Dans le second cas , il s'agissait d'un homme auquel on avait amputé le doigt indicateur. La bandelette que l'on avait appliquée pour maintenir la plaie réunie ne fut pas levée , bien qu'elle eût occasioné de trèsvives douleurs. Le troisième jour, à la levée de l'appareil, on trouva qu'elle avait déterminé la sphacèle du lambeau de peau conservé. Il sera facile d'éviter ces inconvéniens que peuvent produire les bandelettes agglutinatives, en ayant soin, dans le premier cas, que la peau ne forme aucun pli au-dessous^, et dans le second, en les appliquant un peu moins serrées.

Dans quelques circonstances, rares à la vérité, les bandelettes agglutinatives produisent l'étranglement des parties sur lesquelles on les a appliquées; il survient alors de la douleur, du gonflement, et tous les autres symptômes d'une violente inflammation. Il faut alors, sinon lever entièrement, au moins relâcher les bandelettes , et appliquer sur les parties un large cataplasme émollient. Ce n'est que lorsqu'on a combattu les symptômes inflammatoires qu'on peut réunir plus exactement la plaie et resserrer les emplâtres agglutinatifs.

L'emplâtre agglutinatif qu'on connaît sous le nom de taffetas d'Angleterre ne peut être employé que pour les petites plaies , pour celles qui n'intéressent que les tégumens, à raison de la faiblesse du tissu que supporte la substance emplastique. Il faut, avant de l'appliquer, le faire ramollir dans la bouche, on le tremper pendant quelques secondes dans l'eau tiède. Pour lever les bandelettes de ce taffetas, on est obligé de les faire d'abord ramollir, en les humectant avec une éponge imbibée d'eau tiède. Cet agglutinatif a l'inconvénient de durcir beaucoup en séchant, et de produire souvent une gêne plus ou moins grande dans la partie sur laquelle il est appliqué.

AGI 435 On se sert encore, en chirurgie , des emplâtres agglutinatifs dans une foule de cas : aussi On les applique quelquefois sur les plaies pénétrantes des articulations , des cavités splanchniques , pour empêcher l'air d'y pénétrer; sur l'ouverture de certains foyers purulens dans la même intention. On s'en sert pour maintenir sur le tronc plusieurs pièces d'appareil, comme des vésic.ttoires, des sinapismes, des cautères, des plumasseaux , ou on les emploie aussi pour rapprocher les bords et comprimer la surface des plaies suppurantes, des vieux ulcères; mais alors ils agissent plutôt comme moyens compressifs que comme agglutinatifs.

[Voyez COMPRESSION, ULCÈRES.) (j. CLOQUET.)

AGGLUTINATION, s. f. , agglutinatio. On a donné ce nom à la première période d'adhésion des plaies. C'est un recollement d'abord purement physique, qui à lieu à l'aide d'une lymphe plastique, coagulable, demi-transparente, véritable fausse membrane albumineuse , qui se dépose entre les tissus vivans divisés , dont elle exsude, s'organise ensuite comme eux, et devient leur moyen d'union. [Voyez cicatrisation.) On appelle encore agglutination l'action des remèdes agglutinatifs. [Voyez ce mot.) (j. cloquet.)

AGISSANTE (médecine). On a donné le nom de médecine agissante à celle qui emploie les remèdes énergiques , par opposition à la médecine dite expectante , dans laquelle on ne fait usage que de moyens peu actifs. [Voyez thérapeutique et traitement), articles dans lesquels seront réunies les considérations relatives aux diverses méthodes curatives. (r. del.)

AGITATION, s. f. , agitatio , désir continuel de changer de situation dans l'espoir d'en trouver une plus commode ; mouvemens répétés, et souvent brusques , pour changer de position, sollicités par la gêne qu'éprouve le malade. Cet état est accompagné ordinairement d'inquiétude morale , de réponses brusques et pi'écipitées. Il se manifeste en général dans les maladies aiguës, et surtout dans les phlegmasies de la peau. Dans le début , il est en général moins grave qu'à une époque plus avancée de la maladie. L'agitation s'observe plus particulièrement dans la péiicardite, où elle est tellement prononcée , que M. le professeur Corvisart a cru devoir lui donner le nom de jactitation. ( V oyez ce mot.) Lorsque les affections organiques du cœur sont très-avancées , les malades ne savent quelle position tenir ; ils sont alors dans une extrême agitation. Le mot agitation a été employé par quelques auteurs , pour désigner certains mouve-

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