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espèce d'étuve. On peut aussi se contenter de diriger sur l'organe affecté de l'eau à l'état de vapeur. S'il s'agissait du traitement d'une maladie chronique, il faudrait conseiller au malade l'habitation d'un lieu où régneraient habituellement ces qualités de l'air. Il n'est pas aussi facile de corriger l'humidité chaude que de la produire. On le pourrait à l'aide du feu , mais on augmenterait singulièrement la chaleur , ce qui serait un autre inconvénient. Quant aux substances qui absorbent l'humidité de l'air, je doute qu'on pût les employer pour de grandes opérations, comme celles dont il s'agit ici. Si donc on était consulté par des individus auxquels l'air dont nous parlons fût nuisible, on n'aurait rien de mieux à faire que de leur conseiller une habitation plus sèche et plus élevée.

L'action de l'humidité froide diffère, avons-nous dit, de celle de l'humidité chaude; en effet, bien que l'influence de celle-ci soit essentiellement délétère, l'influence de celle-là est plus pernicieuse encore. L'une est encore utile dans quelques cas, l'autre est constamment nuisible. Elle trouble l'organisme, dérange l'harmonie des fonctions et conséquemment altère la santé. L'impression du froid, que l'air dont nous parlons exerce sur la peau, est plus vive que celle d'un froid sec au même degré , parce que l'eau lui communique sa faculté conductrice du calorique, et qu'il semble dans ce cas s'appliquer plus exactement sur la surface du corps. Cependant on serait dans l'erreur, si l'on pensait que cette impression du froid produisît un effet tonique sur nous; cet effet est annulé par l'action relâchante de la vapeur. Aucune température ne s'oppose davantage à la transpiration cutanée que l'humidité froide. La perspiration est alors presque nulle. Le tissu capillaire est dans un état de resserrement remarquable, produit par l'impression offensante du froid humide. Une plus grande quantité de fluide est. refoulée de la périphérie vers le centre. On a prétendu que l'absorption cutanée conservait son activité au milieu de l'air froid et humide. Telle est l'opinion de MM. Hallé et Barbier; mais ce que nous avons déjà dit, et surtout ce que le lecteur aura déjà lu à l'article absorption, nous dispense d'entrer à cet égard dans de plus grands développemens. Pendant la durée de cette constitution de l'air, les digestions languissent; l'appétit diminue; les viscères abdominaux remplissent mal leurs fonctions; les selles sont abondantes ; les urines sont rendues en quantité considérable. La circulation est troublée; le

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cœur doit pousser dans l'aorte et dans l'artère pulmonaire une plus forte colonne de sang, dont la niasse est augmentée par celui des vaisseaux capillaires de la circonférence; mais la conlractilité de ce viscère est elle-même diminuée; d'une autre part, un sang peu oxygéné ^revicut du poumon, et stimule peu le principal organe de la circulation ; ses .contractions sont donc faibles, et ne peuvent vaincre les obstacles qui lui sont opposés. Le sang doit alors stagner dans les viscères intérieurs et surtout dans le poumon ; de là , la fréquence des actes respiratoires , déjà nécessités par le peu d'oxygène que contient l'air humide et froid. Les conséquences d'une pareille disposition sont faciles à tirer. La circu^ lation languit, le pouls est faible, quelquefois irrégulier. Les phlegmasies des membranes muqueuses, surtout celles du poumon, les accès d'asthme doivent, en être le résultat, et d'autant plus que les organes de la circulation seront eux-mêmes altérés : ce qui arrive ordinairement cbez les vieillards. Le poids du corps augmente pendant l'iiumidité froide; et, bien que la sanguification se fasse d'une manière imparfaite, cependant l'embonpoint augmente, sans doute à raison du peu de pertes que nous subissons alors. Aussi cet état de l'air favorise-t-il d'une manière remarquable le développement du tempérament lymphatique» D'après le rapport de Barthélémy, qui s'appuie de l'autorité des historiens grecs, les Béotiens, qui vivaient dans un air épais, crasso in acre nati, étaient gras, lourds et d'une intelligence peu développée; ce qu'on observe encore chez quelques peuples modernes soumis aux mêmes intluences. Aussi dans cette atmosphère les sensations sont peu vives, les passions faibles; les habitans sont peu propres aux grandes entreprises, et moins encore aux travaux de l'esprit. S'ils peuvent réussir quelquefois dans ceux qui n'exigent que de la patience, ils sont incapables de ceux où l'imagination est nécessaire. La contractilité des muscles est affaiblie, mais moins que sous un air humide et chaud. Cette disposition de l'atmosphère est surtout nuisible aux individus auxquels l'humidité chaude ne convient pas. Elle prédispose aux fièvres intermittentes, aux affections vermineuses ,' aux inflammations des membranes muqueuses, aux rhumatismes, au scorbut, aux engorgemens des glandes lymphatiques, aux -hydropisies. Elle est , favorable aux épidémies et aux contagions. Elle ne peut devenir utile dans aucune circonstance; c'est donc à l'éviter qu'il faut mettre toute son attention. On y parvient aisément au moyen d'une combustion

active , qui a l'avantage d'élever la température et de donner à l'air une force dissolvante plus énergique. Des vûtemens chauds , des alimens sains, nourrissans et même légèrement excitans; un vin généreux, chaud et sucré, un punch léger et quelquefois de faibles doses de liqueurs alcoholiques, peuvent combattre avec beaucoup d'avantages les effets pernicieux de l'air froid et humide, en établissant une heureuse réaction.

Indépendamment des qualités de l'air que nous venons d'examiner, ce fluide exerce encore sur l'économie animale une influence marquée, par divers fluides dont il est le véhicule. C'est ainsi que le fluide électrique , qu'il contient à divers états , imprime à notre organisme des modifications importantes. Celles que nous devons à la lumière ne sont pas moins dignes d'attention; mais ce serait faire un double emploi que d'en parler ici, et ces sujets seront plus convenablement placés aux articles Électricité et Lumière. Ce n'est pas tout encore. Une foule de substances de diverses natures se mêlent incessamment à l'air, s'y dissolvent , l'altèrent et agissent sur nous d'une manière puissante. La respiration des animaux vicie l'air autant en lui enlevant l'oxygène, qu'en lui restituant de l'acide carbonique et une partie de vapeufs animales; ce qui justifie en partie cette expression éloquente de Rousseau : « L'haleine de l'homme est mortelle pour l'homme, au physique comme au moral. » La combustion semble produire des effets analogues; la végétation modifie l'air atmosphérique. Les fermentations de toute espèce, la décomposition des madères animales et végétales, les miasmes qui se dégagent des marais chargent l'air de matières étrangères plus ou moins dangereuses ; les arômes des végétaux, les émanations animales, l'odeur de la terre humectée, agissent à leur manière. Mais ces objets seront amplement traités en leur lieu. [Voyez asphyxies, caz, miasmes,

ODEURS, CONTAGION, etc. )

Cependant l'action de l'air ne se fait pas également sentir sur tous les individus. Ceux qui sont fortement constitués bravent impunément les différentes intempéries des saisons sans en être affectés. Peu importe aux gens ainsi favorisés de la nature que l'air soit chaud ou froid, humide ou sec, lourd ou léger, ils réagissent également contre toutes les qualités de l'air. Si la constitution donne la faculté de résister à l'action destructive des diverses températures, l'habitude de vivre dans ces températures produit aussi le même résultat. Ne voyons-nous pas les liabitans

des pays les plus insalubres, jouir d'une santé brillante au milieu de leur atmosphère impure, tandis que le voyageur vient y chercher une mort presque assurée ? Les naturels de certains pays sont à l'abri des contagions ou des épidémies qui dévorent les étrangers; et, sans chercher des exemples si extrêmes, ne voyonsnous pas les habitans des campagnes , lorsqu'ils viennent chercher leur séjour dans nos grandes villes , payer ce qu'on appelle leur tribut «a. changement d'air? Les constitutions faibles sont soumises d'une manière plus rigoureuse aux diverses impressions atmosphériques ; les femmes délicates, les enfans et les vieillards y seront bien plus sensibles. L'état de santé de l'individu influera aussi sur le genre d'impression de l'air; s'il est frappé d'une maladie aiguë , ou d'une maladie chronique , s'il est convalescent , cette impression sera, certes, bien différente. Enfin , elle sera loin d'être la même, si l'air présente pendant long-temps la même propriété , ou s'il ne la conserve que peu de temps ; si cette qualité de l'air est survenue tout à coup ou si elle a été graduelle. Lorsque l'air est long-temps le même, il produit alors une constitution organique particulière, il modifie tout l'individu, il produit ce qu'on nomme des prédispositions ; il peut donc, dans ce cas , être considéré comme cause prédisposante. Si le changement d'air s'est fait d'une manière graduelle , et qu'il soit de peu de durée , son effet sur l'organisme est alors presque nul , et même il est plus avantageux que nuisible. L'inconstance de l'air, dont on se plaint si amèrement et si injustement, est, sans contredit, une chose utile et même nécessaire ; on ne pourrait pas vivre sons une même température. Indépendamment qu'elle nous priverai1 infailliblement des moyens d'exister, nul doute qu'elle ne développât chez nous une constitution exagérée , source de maladies mortelles. Aussi voyons-nous que, dans les pays où la température est la plus constante, cependant le changement de saisons s'y fait encore sentir; il y a même des variations quotidiennes ne fut-ce que celle de la nuit au jour. Lorsque les changcmens d'air ne sont pas trop brusques, ils sont donc nécessaires, même lorsque le changement est en apparence désavantageux , comme le passage du chaud au froid, du sec à l'humide. Dans ce dernier cas, par exemple, on peut considérer l'humidité qui va imprimer une langueur générale à toutes les fonctions, comme une cause de repos pour les organes, et par conséquent comme une cause éloignée d'une nouvelle énergie; mais, nous le répétons, il

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ne faut pas que la m<hne constitution règne trop long-temps , fût-ce même la plus favorable. Si le changement s'opère d'une manière brusque, alors l'air occasione des maladies nombreuses, selon l'espèce de changement qu'il éprouve ; il devient alors cause occasionclle.

Le passage subit du chaud au froid peut faire naître la plupart des maladies. Nous avons vu que l'impression de l'air froid irritait la peau, y déterminait un sentiment de douleur et un resserrement particulier. Ces effets sont d'autant plus marqués, que le changement est plus prompt; alors le sang contenu dans les capillaires extérieurs est refoulé vers le centre ; la transpiration cutanée n'a plus lieu ; il faut que les membranes muqueuses suppléent à cette fonction; mais celles-ci, surprises par l'abord inattendu de ces nouveaux fluides , fatiguées par l'excès de travail auquel elles sont soumises, s'irritent et s'enflamment. Ce que je dis des membranes muqueuses doit s'entendre aussi des membranes séreuses, et même des organes pharenchym^ateux; d'où vous conclurez que l'abord des fluides vers le centre détermine des congestions, et même des inflammations. On a dit ubi stimulus, ibi Jluxus ; on aurait pu dire, à tout aussi juste titre, ubijluxus , ibi stimulus; car, si la fluxion dure un certain temps , elle détermine une véritable phlogose-; c'est ce que l'on voit souvent dans les affections organiques du cœur. Elles commencent par déterminer une congestion de sang purement mécanique dans les membranes muqueuses gastro-intestinales ; bientôt cependant ces membranes rougissent davantage ; elles se boursouflent et finissent par suppurer. Le même effet est produit par la concentration de tous les fluides déterminée par l'impression subite du froid ; les effets sont seulement plus prompts. C'est au sortir des spectacles, des bals, etc., que nos dames contractent des pleurésies, des catarrhes, des péripneumonies , des gastro-entérites , etc. etc. C'est ainsi que je conçois l'action du froid.

Nous ne parlerons pas des effets du passage du froid au chaud, par rapport aux individus gelés; nous' dirons seulement que, si la température s'élève tout à coup d'un grand nombre de degrés , la circulation étant augmentée d'énergie, il peut survenir dos hémorrhagies, des apoplexies et des inflammations, surtout celles de la peau.

Le changement d'un air sec à un air humide est différent, si l'humidité est chaude ou si elle est froide. Ce changement pro-

AIS 49i duit surtout des effets profonds lorsque l'humidité est en même temps froide. On est certain alors de voir se produire toutes les inflammations , mais surtout celles des membranes mucpieuses , celles des muscles et des articulations. Lorsque le temps humide passe au sec, il n'en peut résulter aucune espèce de désavantage.

(rostan.)

AIRELLE myrtille {yaccinium myrtillus , L.) Ericinées, Decand. Octandrie monogynie, Lin. Ses fruits, de la grosseur d'une merise, d'une couleur noire violacée, sont aigrelets; ils sont mangés sans inconvénient par les enfans. Le myrtille croit dans les bois couverts : on le trouve aux environs de Paris.

airelle ponctuée [vaccinium vitis idœa , L.) : même famille , même classe. Ses feuilles sont mélangées, dans le commerce, avec celles de la busserole (arbutus ma ursi, L.) [Voyez busserole.) (a- richard.)

AISSELLE, s. f., axilla; creux situé au-dessous de l'épaule, entre le bras et la poitrine. Il est dû à l'intervalle que laissent entre eux les muscles grand pectoral et grand dorsal, avant que de s'attacher à l'humérus, et à la saillie que forment ces muscles au- dessous du niveau de l'articulation scapulo-humérale. Profond et anguleux lorsque le bras est l'approché du tronc, ce creux s'efface et devient presque triangulaire dans l'élévation de ce membre. En général sa forme, ainsi que son étendue, varient à chaque instant par les mouvemens du bras, l'état de contraction ou de relâchement des muscles, etc. Plus étroit en dehors, où il commence à la partie supérieure et interne du bras, il s'élargit en dedans , et se perd insensiblement sur les parties latérales de la poitrine. Le fond en est arrondi; la peau qui le revêt, plus fine, plus molle et souvent plus colorée que celle des parties voisines, offre des poils qui poussent à l'époque de la pubeaté en plus ou moins grand nombre, et des follicules sébacées sous-cutanées qui sécrètent une matière très-odorante {voyez peau) qui décolore et déiruit les vêtemens. On y trouve sous les tégumens : i° en devant la saillie des muscles grand et petit pectoral qui forment ce qu'on appelle le bord antérieur de l'aisselle ; 1° en arrière celle du grand dorsal et grand rond qui en forment le bord postérieur; 3° au milieu des glandes lymphatiques, et profondément l'artère axillaire , les cordons nerveux du plexus brachial, et enfin la partie inférieure de la tête de l'humérus. Chez les sujets trèsgras, le creux, moins profond, ne présente pas tous ces objets bien distincts.

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