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La région de l'aisselle comprend tout l'espace que mesure la distance des muscles grand pectoral et grand dorsal, depuis le lieu de leur insertion à l'humérus jusqu'à l'endroit où ils cessent d'être séparés du reste du tronc. Borné en haut par l'articulation du bras avec l'épaule , en dehors par l'humérus, les muscles biceps et coraco-brachial, en dedans par les côtes et le grand dentelé, en devant et en arrière par les muscles indiqués ci-dessus, et de plus dans le dernier sens, par une portion de l'omoplate et du muscle sous-scapulaire, cet espace est obliquement traversé par le plexus des nerfs brachiaux, par l'artère et la veine axillaires qui ont plusieurs branches importantes. Les veines souscutanées du bras se joignent à la veine axillaire, l'une en bas et l'autre en haut de cette région. On y trouve des ganglions lymphatiques moins nombreux et moins volumineux que ceux de l'aine, et beaucoup de tissu cellulaire lâche. Les ganglions de cette région reçoivent les vaisseaux lymphatiques du membre supérieur et les vaisseaux sous-cutanés de la région cervicale, des parois de la poitrine, de la mamelle et de la partie supérieure des parois de l'abdomen. Les nerfs , les vaisseaux axillaires, et le tissu cellulaire qui les entoure, se prolongent par-dessous la clavicule dans le côté du cou et dans le thorax. Les maladies les plus importantes de l'aisselle sont des bubons, des abcès et des blessures qui intéressent les nerfs brachiaux , l'artère ou la veine axillaire. (béclard.)

ALBABAS, s. m. Dénomination arabe d'une espèce de lèpre. Les auteurs l'appliquent plus spécialement à l'alphus, et regardent l'un et l'autre mot comme synonymes ; mais il est probable que les Arabes ont moins voulu désigner la couleur blanche par albaras, que la forme squammeuse de la maladie, puisque Avicennc donne souvent le nom d'albaras noir à une autre variété de lèpre.

{FoyCZ ÉLEPHANTIASIS et LÈPRE.) (bIETT.)

ALBATBE, s. m., alabastrum , nom donné à deux substances de nature différente; l'une est la chaux sulfatée connue sous le nom de gypse compacte , de gypse laminaire, ïïalabasttite : l'autre est la chaux carbonatée, concrétionnée : on la désigne plus particulièrement sous le nom d'albâtre calcaire. On faisait autrefois entrer l'albâtre dans la composition d'un onguent que l'on employait pour ramollir certaines tumeurs : il est inusité aujourd'hui. (orfila.)

ALBINOS, s. m. et f. Ce mol espagnol , mais d'origine portugaise, de l'adjectif albitio , blanc, désigne dans noire langue les

ALB 4g3 individus que nous nommons encore blafards, cliacrelas, nègres blancs; en latin, leucœtiops , œthiops-albus (Blumenbach). Cette variété singulière de l'espèce humaine présente les caractères suivans : la peau est d'une blancheur fade , sans aucune teinte de rose ou d'aucune autre couleur, bien différente de ce qu'on appelle une peau blanche; chez les Européens, on la compare à l'aspect du lait , du papier ou du linge ; les chairs sont molles et flasques; les cheveux fins, soyeux, ordinairement droits, flottans, quelquefois crépus comme ceux des nègres; ils présentent aussi une blancheur remarquable , comme celle du coton ou de la soie, et distincte de cette couleur de neige que leur donne la vieillesse ou de cette teinte jaune -dorée de ceux qu'on appelle blonds. Les sourcils , la barbe et les poils du pubis ont la même nuance. Tout le reste de la peau est couvert d'un duvet d'une blancheur et d'une mollesse particulières. L'iris offre une couleur de rose pâle , et la pupille une rougeur prononcée ; ce qui fait ressembler les yeux de ces individus à ceux des lapins blancs ou des perdrix. Leur constisution est ordinairement grêle et leur taille médiocre; la durée de leur vie est moindre que celle des autres hommes ; quelquefois leur peau est écailleuse sur toute sa surface, et la membrane rouge des lèvres est d'une couleur trèsvermeille. Leur intelligence est bornée à peu près comme celle des nègres , quoiqu'on cite quelques exemples du contraire. Leur caractère moral se rapporte à cet extérieur de faiblesse : incapables de nuire, ils sont souvent opprimés. Ceux qui habitent parmi les nègres sont habituellement en butte aux railleries et aux mauvais traitemens de leur part. Ils sont vendus comme objets de curiosité pour la cour des princes. Lors de la conquête du Mexique par les Espagnols , on en trouva dans les jardins du palais de Montézuma parmi les oiseaux et autres animaux rares. La faiblesse de leurs yeux ne leur permet pas de sortir vers le milieu du jour, à moins que le soleil ne soit couvert de nuages; c'est encore pour cela que leurs paupières sont agitées d'un clignotement continuel, que leur pupille se resserre et se dilate par des oscillations rapides et non interrompues, que les bords de leurs paupières sont souvent couverts de chassie, que les larmes coulent de leurs yeux quand le soleil les frappe directement. L'obscurité de la nuit prive de la vision ; mais le temps qui paraît être le plus favorable à l'exercice de cette fonction est celui du crépuscule ou les roomens qui le précèdent et le suivent. Alors, par

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une sorte de compensation , leur vue est plus subtile que celle du reste desliommes : aussi est-ce le temps que prennent les albinos sauvages pour chercher leur nourriture. Cet état des yeux peut donc être justement rapproché de cette affection qui leur est propre et qu'on appelle nyctalopie. La lumière de la lune parait plus favorable à leurs yeux que celle du soleil, ce qui leur a fait donner le nom d 'yeux-de-lune. Rien ne prouve mieux l'usage de ce pigmentum de la membrane choroïde que les phénomènes résultans de son absence ou de la moindre intensité de sa couleur. Dans ces cas, la vue est plus faible; les yeux noirs supportent mieux l'éclat du soleil; ceux qui sont moins colorés sont plus propres à voir pendant le crépuscule. C'est donc une prévoyance de la nature d'avoir donné ces derniers aux peuples du nord, où les crépuscules sont plus prolongés, et les premiers aux habitans du midi, que les l'ayons d'un soleil trop ardent éblouiraient.

Quelques auteurs, au nombre desquels s'est rangé Voltaire, prétendent qu'il existe des peuplades ou même de petites nations de cette variété qu'on a supposé habiter l'intérieur de l'Afrique ; et à ce sujet il met en question si elle n'établit pas une classe d'êtres intermédiaire qui remplirait la lacune qui existe entre l'homme et les animaux. Cette race, dit-il, est si faible, si peu nombreuse et si maltraitée par les nègres, qu'il est à craindre qu'elle ne subsiste pas encore long-temps. !Va-t-il pas pu arriver de même par la suite des siècles , à l'égard d'autres variétés ou animaux plus faibles? La question serait importante et l'argument assez pressant , s'U était prouvé qu'il existe des peuplades d'albinos. La plupart des auteurs s'accordent à les regarder comme une sorte d'anomalie sporadique. On révoque en doute s'ils appartiennent à l'espèce humaine : il n'est plus permis de renouveler cette question depuis qu'il est prouvé que le genre humain ne présente que des variétés et non des espèces. Je ne connais point de fait bien avéré qui constate qu'ils sont aptes à se reproduire en s'accouplant entre eux. D'après les témoignages variés des auteurs, il parait qu'ordinairement ils doivent leur origine à l'union de deux individus, dont un nègre ou nmiàtre, l'autre blanc ou albinos. Cependant il est incertain si quelquesuns ne sont pas nés de deux individus nègres. S'il en est ainsi, l'on ne peut s'empêcher de relever les dénominations d'œtfopsalbus , leucœthinps , chacrclas , qui reviennent à celle de nègre-

ALB 4g5 blanc, laquelle, au premier abord, parait si bizarre, et qui est d'ailleurs inexacte , puisqu'il est constant qu'il existe des individus de cette couleur qui ne présentent pas les caractères généraux de la race nègre. Quoique les albinos soient plus communs en Afrique et dans les autres contrées méridionales habitées par les nègres, et qu'on en ait principalement observé à l'isthme de Darien, au Brésil, dans l'Océan indien, à Sumatra, à Bali, à Amboine, à Manille, dans la nouvelle Guinée, les îles des Amis et de la Société ; on en a vu aussi chez presque tous les peuples civilisés, en Danemarck, en Angleterre, en Irlande, en France, en Suisse, en Italie, dans les îles de l'Archipel, en Hongrie; et, hors de l'Europe, chez les Arabes, les Malabares, les Cafres.

L'anatomiste doit rechercher dans quelle conformation organique réside cette variété. On sait que la coloration de la peau des nègres a son siège dans le réseau muqueux ou réticulaire de Malpighi; il était naturel de penser que la blancheur de celle des albinos est due à Une teinte différente du même tissu. Quoiqu'on ait eu rarement occasion de disséquer de ces individus, l'observation a constaté cette assertion, que l'analogie rendait plus que probable. Blumenbach nie l'existence de ce réseau muqueux chez ces individus. Comme il est difficile de la démontrer, si ce n'est au moyen de sa couleur, il serait possible qu'on n'eût pas pu le découvrir, quoique réellement existant lorsque son aspect blanchâtre se confondait avec celle du corion subjacent. N'ayant pas eu occasion de faire des observations par moi-même , je laisserai indécise la question de savoir si le tissu muqueux de Malpighi n'existe pas ou s'il est incolore.. Lecat pense que cette couleur blanche de la peau est due à la chaleur. Cette opinion me paraît dénuée de tout fondement. Il semble absurde, en effet", de prétendre que la même cause produise également la couleur brune des nègres et la blancheur des albinos. Le premier phénomène est appuyé sur un grand nombre de faits qui le rendent au moins probable : les parties du corps qui sont exposées aux rayons du soleil, comme les mains et le visage brunissent plus ou moins; la patrie des peuples nègres est toujours un pays chaud, etc. S'il était permis de conjecturer des causes qui nous sont inconnues, la privation de la lumière me paraîtrait beaucoup plus propre à produire ce phénomène, que je comparerais sous ce rapport aux plantes étoilées; à l'ombre. Le même Blumenbach ne fait pas de doute que cette singularité ne soit due à une maladie qu'il range

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