‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource]Chapitre 43 sur 56 · ALB · texte numérisé non relu

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lien, de cordon, de bande, je les désigne sous le nom générât de tissu dcsmcux. (To/ez ce mot.) (a. béclaud.)

ALBUGO , s. m. Mot latin qu'on a fait; passer dans la langue française, pour désigner une tache blanche, opaque, placée entre les lames de la cornée transparente ; c'est une espèce de taie. ( Voyez taie.)

L'albugo est presque toujours la suite d'une inflammation violente de l'œil, et dépend de l'épanchement d'une lymphe dense, concrescible dans le tissu de la cornée. Dans quelques circonstances, rares à la vérité, il se développe lentement, sans aucune cause occasionelle appréciable chez des individus affectés de scrofules, de syphilis ou de dartres.

L'albugo se présente sous la forme d'une tache irrégulière , peu ou point saillante, plus ou moins étendue, blanche, opaque , présentant parfois un reflet bleuâtre ou nacré. Sa partie moyenne est en général très-opaque; sa circonférence, sans l'être également dans tous ses points, présente cependant une couleur qui contraste fortement avec celle de la cornée. L'albugo est en général d'autant plus opaque, qu'il est plus ancien. Souvent il parait ne plus avoir aucune relation avec le système vasculaire de la cornée, et se trouve isolé dans le centre de cette membrane, sans causer au malade ni ardeur ni sensation incommode, et sans que le reste de l'œil en paraisse nullement vicié. Assez fréquemment on voit des vaisseaux sanguins volumineux, injectés, qui rampent audevant de l'albugo, ou s'enfoncent même dans son épaisseur, sans qu'on puisse souvent suivre leur continuité avec les autres vaisseaux de la conjonctive.

L'albugo produit toujours une difformité désagréable : quand il est fort large et occupe le centre de la cornée, il intercepte entièrement le passage des rayons lumineux et produit la cécité. Quand il est placé seulement au-devant d'une portion de la pupille , le malade peut encore apercevoir les objets à travers la partie diaphane de la cornée; mais il est obligé de les regarder obliquement dans tel ou tel sens, suivant que la taie, se trouve en haut , en bas, en dedans ou en dehors. Quand la tache est petite et située au centre de la cornée, la vue est plus nette dans un lieu obscur qu'au grand jour, parce que la pupille est alors dilatée, et que les rayons lumineux peuvent entrer en plus grand nombre dans le fond de l'œil, comme cela s'observe, au reste, dans beaucoup de cas de cataractes commençantes.

A.LB /,()() L'albugo se distingue du nuage par son opacité, sa profondeur, et parce qu'il n'est pas toujours, comme ce dernier, accompagné de veines variqueuses, ni produit, comme lui, par l'effusion d'une sérosité lactescente dans le tissu de la lame mince de la conjonctive qui recouvre la cornée. Il diffère du leucoma ou cicatrice opaque de la cornée par sa cause , et parce que cette dernière tache offre toujours une dépression sensible et une couleur lisse et luisante, qui tran>che fortement avec celle de la cornée trans-» parente.

L'albugo récent se dissipe le plus souvent à l'aide des moyens usités dans le premier et dans le second temps de l'ophtlialmie aiguë, c'est-à-dire d'abord par les saignées générales et locales, par l'usage des boissons délayantes, légèrement laxatives, et par l'application de collyres ou d'autres topiques émolliens; dans le second temps", par l'emploi des topiques astringens, légèrement irritans et fortifians. On peut espérer d'heureux résultats de ces moyens , tant que la lymphe concrescible épanchée n'a point désorganisé la texture intime de la cornée. On parvient plus facilement à dissiper l'albugo chez les enfans que chez les adultes , parce que chez eux le système lympatique qui absorbe l'humeur opaque épanchée agit avec promptitude , et parce que son action peut être facilement accrue , comme le fait remarquer Scarpa , à l'aide des stimulans externes. Il n'est point de praticiens qui n'aient eu occasion de voir, avec ce célèbre chirurgien, des albugo survenus chez des enfans, à la suite d'ophthalmies graves, se dissiper en peu de temps, et quelquefois même sans aucun topique, et d'une manière spontanée.

De tous les remèdes locaux propres à provoquer l'absorption de la lymphe opaque épanchée dans l'albugo , lorsque cette maladie est récente , n'est plus compliquée d'inflammation du globe de l'œil, ou même lorsqu'elle est invétérée, ceux qui ont paru les plus avantageux à Sarpa sont le collyre Saphyrin ; l'onguent fait avec l'oxyde de zinc, une drachme; aloè's, muriate de mercure doux, de chaque, deux grains ; beurre frais , une demi-once; la pommade de .Tanin; le fiel de bœuf, de brebis, de brochet, de barbeau, qu'à l'aide d'un petit pinceau on porte sur la cornée trois ou quatre fois le jour, afin qu'il n'irrite pas trop. J'ai , dans plusieurs cas, employé avec beaucoup d'avantage, sur des enfans affectés d'albugo , de l'oxyde de bismuth réduit en poudre impalpable et soufflé entre les paupières et sur la cornée transpa*

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rente; le selon à la nuque et le calomélas administré à l'intérieur comme purgatif.

Pour obtenir la guérison de l'albugo , il convient d'insister, avec toute l'exactitude possible, pendant au moins trois ou quatre mois, dans l'usage des remèdes locaux et généraux qu'on a jugés les plus convenables , avant de perdre tout espoir de guérison.

M. Demours a retiré de fort bons effets de lotions faites sur les ,yeux avec de l'eau de balaruc, de l'eau de mer. Lorsqu'il existe sur la conjonctive des vaisseaux variqueux qui semblent entretenir la maladie, ce praticien conseille d'appliquer une ou deux sangsues à la face interne de la paupière inférieure , de faire sur les vaisseaux engorgés des scarifications avec la pointe d'une lancette, ou même d'en faire l'excision d'un seul coup de ciseaux courbes sur leur plat, après les avoir saisis et soulevés avec des pinces à disséquer. Lorsque l'albugo est placé entre les lames moyennes de la cornée transparente, et fait une légère saillie à l'extérieur, il faut, suivant le même chirurgien, introduire obliquement la pointe d'une lancette aiguë dans trois ou quatre points de la tacbe. Quand l'albugo s'est développé lentement, et sans cause connue, on dirige le traitement d'après la disposition générale de l'individu et la cause prématurée de la maladie. Ainsi on emploie les remèdes propres à combattre les scrofules , la syphilis , les dartres , si on a lieu de soupçonner que l'albugo dépend de l'une de ces affections ; quant à la raclure des lames de la cornée, conseillée par Taylor, à la perforation de cette membrane, à l'établissement d'un ulcère artificiel sur l'albugo, et autres moyens semblables , que l'on a proposés pour guérir cette maladie, ils sont non-seulement inutiles, mais offrent de graves inconvéniens , et ne peuvent avoir été inventés que par l'ignorance, et vantés par le charlatanisme. Lorsque l'albugo existe sur les deux yeux, au centre de la cornée, et qu'il produit une cécité complète, il ne reste d'autre moyen de rendre la vue au malade que d'ouvrir une pupille artificielle au niveau d'une portion de la cornée qui a conservé sa diaphanéité. ( / 'oyez pupille

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