INSOMNIE
Ce pansement ne doit être renouvelé que toutes les vingt-quatre heures ; et, iraprès sa description, Ton conçoit qu'il est impossible à la malade de l'exécuter plie-même d'une manière convenable ; et que , quand il est mal fait , il est nécessairement inefficace. Aussi est-il à craindre que cette méthode de traitement fui me'rite la plus grande confiance , n'obtienne pas tout le succès qu'on a le |h-oit d'en attendre. A mesure qu'on avance dans la guérison , il y a de l'avaniagc à laisser cet appareil en place pendant deux et même trois jours ; il est l'aille urs d observation que les malades ne se plaignent pas d'en être incomiaodés , et ne s'en livrent pas moins à leurs occu])ations habituelles.
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, on peut réussir dans l'usage des jiijections avec tous les liquides pourvus de qualités irritantes ou astringentes, '-.e sublimé , le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure, le sulfate de zinc, l'acélate de plomb ; des décoctions de substances astringentes , telles que la |ioix de galle, l'écorce de chêne, le cachou et l'alcool ; les acides, les alcalis :)lus ou moins étendus, ont été employés avec succès ; et aucun travail , jusqu'à i>resent, n'a constaté d'une manière précise l'efficacité supérieure de l un ou le l'autre de ces agens. Les injections avec le vin , ou avec les solutions de [ulfates de zinc, sont celles que nous avons Je plus expérimentées, et elles nous paraissent à peu près également efficaces. Nous avons coutume de les employer l'oides ; nous avons soin principalement d'abord que le liquide soit peu conentré , et qu il ne fasse sur la langue qu'une impression peu vive ; ensuite |uivant le degré de sensibilité des parties , que sa densité aille toujours crois- |inle ; et pour cela nous nous servons d'une solution concentrée dont nous faipns mettre dix, quinze , vingt , vingt-cinq , et trente gouttes dans un verre "eau destiné aux injections. (F. Ratieh et Ccllerier .)
j mOCULATION. Vojez Contagion , Vaccine , Variole. INOCULATION SYPHILITIQUE. ( Théi apeuticjue. ) L'opiniâtreté qu'ont présentée les affections dites syphilitiques , a fait naître jadis la pensée d'emjJoyer l'inoculation de la syphilis, comme un moyen de guérison. On ne peut uere découvrir le motif d une pareille pratique dans les auteurs qui ont écrit ur les maladies vénériennes ; toujours est-il qu'elle a été conseillée et suivie ar des praticiens très-distingués , et qu'encore à présent il y a des médecins ui la recommandent. Tantôt il semble qu'ils aient en vue de raviver la maladie ui s est en quelque sorte assoupie dans l'économie , tantôt ils paraissent vou- )ir mettre en évidence une syphilis larvée , comme ils l'appellent, afin d'attauerplus sûrement l'une et l'autre parle moyen du traitement considéré depuis \ long-temps comme spécifique. Les uns engagent les malades à s'exposer à infection tout simplement de la manière la plus ordinaire , et qui réussit trop len chez une foule de gens qui ne le désirent pas ; les autres ont cherché à ratiquer l'inoculation d'une façon qui ne blesse pas les moeurs , et qui est lus sûre.
Si 1 on avait besoin de preuves pour démontrer combien il y a d'incertitude n médecine, même dans les choses qui sembleraient les plus faciles à établir, n en trouverait dans l'histoire de l'inoculation syphilitique. Pendant longîmps , et encore jusqu'à ces derniers temps , est restée indécise la question e savoir si l'inoculation était possible. Si l'on examine sur ce sujet les anciens juteurs, on trouve une complète obscurité; car les uns nient qu'elle soit poslible, tandis que les autres affirment qu'elle leur a constamment réussi. Dans 5s expériences que nous avons tentées à ce sujet , et dont nous donnerons le létail à l'article Stphilis, où nous exposerons le mode de transmission de la aaladie , et l'ordre dans lequel les divers phénomènes morbides se succèdent es uns aux autres , nous avons eu des résultats divers; néanmoins nous avons lu , en opérant avec les précautions convenables, reconnaître les circonstances l|ui favorisent ou empêchent le succès.
Ainsi nous avons pu constater que la blennorrhagie peut s'inoculer très-bien en [laçant dans l'urètre, à une petite profondeur, une bougie chargée de pus pennorrhagique , qu'on laisse eu contact seulement pendant quelques instans ; ^e telle sorte qu'on ne peut, en aucun façon, attribuer l'écoulement qui se nanifeste et qui se prolonge à l'irritation mécanique , puisque l'urétrite dépendant de cette cause ne dure ordinairement que quelques jours , et ne préènte pas un phénomène bien important à considérer dans l'histoire des affecions virulentes , savoir l'incubation.
Le pus des ulcères primitifs, pris à quelque époque que ce soit de leur ;xistence, mais principalement lorsqu'ils ne sont pas très-anciens , et que le iroduit de sécrétion morbide n'a pas été altéré par le contact de l'air ou de quelques substances capables de réagir chimiquement sur lui , et porté sous épiderme ou sous l épithélium au moyen d'une lancette , ou seulement appli- ]ué sur une surface cutanée ou muqueuse privée de leur membranule protecrice , détermine i au lieu même de l'insertion, une inflammation de nature et le forme particulières, et qui nous parait caractéristique.
On n'obtient pas de résultat semblable en inoculant le pus de la Mennorrhagie au moyen de la lancette ; et il semble , quant à présent au moins, qu'il n'y a pas identité entre ce pus et celui qui est fourni par les ilcères primitifs. Le produit sécrété à la surface des membranes muqueuses rritées dans la balanite et dans l'herpès prepulialis, ne donne pas pour résultat ine ulcération telle qu'on l'observe après l'insertion du pus des ulcères primitifs.
Nous avons plusieurs fois inoculé sans succès le liquide sero-purulent exhalé » la surface des papules syphilitiques , vulgairement appelées pustules muqueuses , et nous avons été d'autant plus surpris de ne pas réussir, que celte iorme morbide nous paraît constituer le symptôme le plus constant et le moins équivoque delà syphilis générale; et que d'un autre côlé nous avons observé ïuelquefois sa transmission par le coït.
Il en est absolument de même pour les végétations , que nous avons aussi vu être propagées par le coït, et que cependant nous ne pouvons regarder, d'après notre expérience, comme un caractère pathoguomonique de la maladie vénérienne.
Quant aux excroissances que nous avons reconnu dépendre de l'irritation locale, et qui sont loin d'appartenir d'une manière exclusive à la syphilis, et de pouvoir servir en conséquence à la caractériser, les liquides sécrétés à leur surface ne nous ont pas paru de nature à être inoculés et à produire des phénomènes morbides.
Le pus formé dans les bubons qui accompagnent les ulcères primitifs ou secondaires , ou la blennorrhagie , peut être impunément introduit sous l'épiderme et sous l'épithélium, ainsi que celui que fournissent les ulcères rongeans de la gorge , et les ulcères cutanés succédant à l'ouverture des abcès produits par diverses alléralious des os communément attribuées à la maladie vénérienne.
Les résultats , soit négatifs , soit positifs de l'inoculation sont les mêmes, soit f[u'on transporte les produits de sécrétion morbide sur un autre sujet , homme ou animal , ou qu'on fasse des piqûres sur les parties saines chez luimême ; car c'est le propre des affections syphilitiques que plusieurs infections peuvent avoir lieu successivement, et sans se contrarier mutuellement dans leur marche.
En disant que le pus produit par diverses surfaces malades peut être impunément inoculé , nous ne prétendons pas nier qu'il en produit, assez souvent même, quelques lésions; mais nous disons qu'il agit alors à la manière des substances ficres et irritantes, tandis que nous entendons par inoculation la production , après une inoculation , d'un phénomène morbide constant dans sa forme et régulier dans sa marche et dans sa durée , et fournissant un pus susceptible d'être à son tour inoculé. Ainsi , dans la vaccination , il arrive bien des fois que le liquide des pustules, ayant perdu sa propriété contagieuse , conserve néanmoins une qualilé irritante, et produit une petite phlegmasie locale qui, par son développement immédiat, par la succession rapide et la terminaison prompte des phénomènes morbides , est complètement différente de la vaccine régulière , dont elle est encore distinguée par ses résultats non préservati fs.
Aussi, même en supposant qu'on voulût employer l'inoculation syphilitique comme moyen diagnostique , comme cela a déjà été pratiqué depuis long-temps en Angleterre et en Allemagne, faudrait-il bien s'assurer de la forme et du mode de développement des plilegmasies locales qui se manifesteraient aux points d'insertion , pour ne pas commettre d'erreurs. N'est-ce pas d'ailleurs un moyen bien singulier de s'éclairer sur la nature d'une affection contagieuse , que de la transmettre à un autre sujet , ce qui est peu praticable, et ce que l'on pourrait faire seulement sur les animaux , comme nous l'avons expérimenté, ou bien de multiplier chez le malade lui-même les phénomènes locaux de la maladie, et d'étendre par là les chances de l'infection générale ? Nous espérons montrer plus tard qu'on peut , par des recherches suivies et consciencieuses , arriver à quelque chose de plus innocent et d'aussi certain , etc.
D'ailleurs , il faut remarquer que c'est toujours d'après des idées préconçues qu'on a cherché à distinguer les affections syphilitiques de celles qui ne l'étaient pas , et seulement dans la vue de savoir si l'on devait ou non em])loyer le mercure ; ainsi les observateurs , enfermés dans un cercle vicieux , s'interdisaient à eux-mêmes tout progrès réel.
Considérée sous le point de vue thérapeutique , l'inoculation syphilitique présente un des résultats les plus affligeans de l'empirisme aveugle qui a tant abusé de cet axiome qu'une maladie en guérit un autre. Qu'arrivait-il, en effet? On donnait la vérole à un sujet qui ne l'avait pas , et alors le traitement mercuriel , dirigé contre la maladie nouvelle , traitement puissant , énergique, amenait la guérison de l'affection ancienne. Alors autant vaut, et le simple bon sens le dit , employer le traitement sans donner la syphilis. Ou bien on greffait une maladie vénérienne sur l'ancienne, et un traitement plus doux, qui commençait par des saignées , des bains , des purgations réparait le mal qu'avaient fait des traitemens précédens mal dirigés. C'est du moins ce qui est devenu pour nous une conviction, après avoir soigneusement dépouillé les observations bien incomplètes publiées sur ce sujet.
Nous ne pensons pas que l'inoculation de la blennorrhagie présente , comme moyen de guérison , des avantages réels sur l'introduction réitérée de bougies ou les injections stimulantes dans les blennorrhagies chroniques et opiniâlres , dans lesquelles il n'existe pas de coarctation du canal ; car la chance qu'on fait courir au malade par l'application d'une substance virulente n'est pas sans quelque gravité : et si nous devions apprécier d'une manière générale cette pratique," nous dirions que, si elle a pu être conseillée à une époque où l'empirisme dominait, elle ne saurait être regardée comme en rapport avec l'état actuel de la médecine. Elle éclaire peu le diagnostic ; et les lumières qu'elle lui procure seraient trop chèrement payées par la maladie qu'elle fait naître chez un sujet qni en est actuellement exempt , ou qu'elle aggrave chez celui qui en était précédemment affecté. Enfin , elle ne saurait être raisonnablement envisagée comme moyen de guérison ; et son effieacilc curalive , fût-elle même aussi bien prouvée qu elle est contestable , devrait encore être rejelée à raison des souffrances et des dangers parfaitement inutiles qu'elle fait courir à ceux qu'on y soumet. , ( Ctjllerier et Ratier. )
INSENSIBILITE, t'oyez Paralysie.
INSOMNIE, s. f., privation du sommeil. Le sommeil est la suspension des fonctions de relation , comme la veille est leur exercice. L'absence des scnsa-
IIÎSOMNIE. ( 131(i )
lions, (le la pensée , des mouvemens volontaires, caractérise le s^meil, comme la présence de ces phénomènes caractérise l'état de veille. Pour que le sommeil soit complet , il faut que celte absence soit entière , qu'il y ait perte absolu e de toute conscience et du moi. La cause occasionelle du sommeil est la fatigue du système nerveux. La cause efficiente ne peut être l'afllux du sang vers le cerveau , car tout ce qui détourne le sang de cet organe favorise le sommeil.
Les causes de l'insomnie sont la présence des excitans externes et internes du système nerveux : le bruit, la lumière, les préoccupations intellectuelles ou morales , etc. j l'action diflicile ou le besoin non satisfait d'un organe intérieur quelconque : une digestion pénible ou la faim, etc.
De ce qui précède il résulte que, si l'exercice des organes est utile pour amener le sommeil , puisque des organes qui ne sont pas fatigués n'ont pas besoin de repos , l'exercice outré , qui produit une grande lassitude et un sentiment douloureux , rentre dans la classe des irritans qui causent 1 insomnie : soit que cet exercice ait lieu dans les muscles, comme une marche poussée à l'excès , soit qu'il ait lieu dans le cerveau , comme un travail intellectuel immodéré, une passion portée à un haut degré.
Si le sommeil renouvelle dans les organes des sens , de la pensée , des mouvemens, l'excitabilité épuisée par la veille ; s'il dissipe leur lassitude, favorise leur restauration, leur rend toute leur énergie; si le sommeil rend plus calmes toutes les fondions de nutrition , répare les dépenses de la vie en diminuant sa rapidité, en laissant le temps aux organes nerveux de réparer les pertes que leur ont faitéprouver les mouvemens moléculaires ou de masse qui ont eu lieu pendant la veille , l'insomnie a des résultats opposés. Après un état de veille de quinze heures , plus ou moins, selon l'individu , il se manifeste dans les organes de relation un sentiment de langueur , de fatigue et d'épuisement ; le repos est prescrit ; on sent du plaisir à s'y abandonner. Si l'on méconnaît à cet égard la voix de l'organisme , on éprouve, comme lorsqu'on résiste à toute espèce de besoin , un sentiment pénible, un malaise, de la douleur , etc. ; puis, si l'on emprunte , pour s'opposer à l'invasion du sommeil , des causes excitantes quelconques venues du dehoi"s , ou prises au dedans de nous-mêmes , nos organes de relation acquièrent un surcroit d'excitation qui se réfléchit même sur les organes intérieurs. Cette excitation explique pourquoi, l'heure du sommeil une fois passée, le besoin de dormir est moins impérieux. Si le sommeil ne vient mettre un terme à cette excitation, elle monte jusqu'au degré morbide ; les organes s'enflamment. L'insomnie qui n'est point produite artificiellement ne parait point avoir ce résultat. On voit des exemples d insomnies de très-longue durée qui se terminent sans altération organique.
Si le sommeil n'est pas assez long, il ne produit qu'une réparation imparfaite ; il reste dans les organes un état d'irritabilité, dont le résultat est ou leur irritation morbide ( sous l'influence de la moindre cause déterminante ) ou au moins leur usure, leur épuisement prématurés. En effet, leur mouvement de la veille entraîne des pertes matérielles , et de plus , s'oppose au replacement dans nos tissus de nouvelles molécules organiques; il y a donc dépense et impossibilité de réparer. De tout ceci résulte une grande maigreur , ordinairement accompagnée de l'altération de quelqu'organe. Rien n'est plus propre à faire vieillir avant le temps prescrit par la nature, que l'insuffisance du sommeil. Quand cette insuffisance n'a pas les suites que nous avons signalées , elle a toujours l'inconvénient de faire marcher la vie avec rapidité, ou plutôt de la consumer sans eu laisser jouir. Ce serait une grande erreur que de prétendre doubler son existence en se retranchant sur les heures destinées au sommeil : ce serait perdre volontairement sur la somme totale de la vie , sans rien gagner sur la plénitude pour le temps présent.
Si le sommeil dure trop long-temps, il produit sur les organes de relation Teffet d'ui e trop longue privation d'exercice. La pensée ne jaillit plus du cerveau , plongé dans une espèce de torpeur; les muscles sont moins aptes à se mouvoir, les fonctions de relation semblent frappées d'engourdissement , et comme les viscères jouissent du privilège d'être infatigables et de continuer leurs travaux , toute l'existence de l'individu se réduit bientôt aux fonctions assimilatrices.
L'insomnie est un symptôme de beaucoup de maladies. Dans les affections de la peau , dans celle des muscles , des os , des viscères ; dans tous les cas enfin où il y a sensation douloureuse , que 1 impression qui y donne lieu soit physique ou morale , il y a insomnie. Le véritable sommeil, au contraire , est toujours un signe de santé ; c'est par lui que commencent les bonnes convalescences. Il est clair que nous ne nommons pas sommeil, à l'exemple de beaucoup d'auteurs , la suspension des fonctions de relation produite par une pression sanguine du cerveau , par le sang ou le pus retenus dans cet organe , etc. Nous ne donnons pas davantage le nom de sommeil à ces momeus qui y conduisent ou qui le suivent, momens indécis, intermédiaires à la veille et à l'absence de toute conscience, pendant lesquels des images chimériques et mobiles apparaissent indéterminées, se brisent, se divisent et disparaissent comme les configurations fantasmagori(]ues ; dans lesquels des idées , vingt fois commencées , restent incomplètes, reviennent avec opiniâtreté, se reproduisent avec une obstination désespérante et sont poursuivies sans résultat. Toutes ces productions sont le fruit d'un véritable travail , d'un état éminemment actif du cerveau , état opposé au sommeil. Quand elles ne sont pas l'effet d'une affection du cerveau, d'un narcotique, elles sont au moins produites par les excitans qui produisent l'insomnie ou le sommeil incomplet.
Trailement de l'insomnie. Le traitement de l'insomnie consiste à supprimer les causes qui y donnent lieu. Quand elle est un symptôme de maladie , elle disparaît avec celle-ci : quand elle est due ii une vie sédentaire, un degré
IRTERDICTION.
suffisant de lassitude des organes, principalement des organes musculaires, amène le sommeil ; et si cet étal survient à l'époque de la nuit pour les individus qui ne violent pas les lois de la nature , c'est autant parce que les organes sont las de la fatigue du jour , que parce qu'ils ne sont plus excités.
Après avoir fait disparaître les causes de l'insomnie, on remédie à cet état par les moyens snivans : 1». Suppression des excitans sensoriaux , des sons , de la lumière , etc. S'il arrive quelquefois qu'un bruit monotone amène le sommeil , c'est parce que ce bruit , qui d'abord maintient en action l'oreille et fait cesser l'attention des autres sens , finit , par sa répétition continue , par nous devenir si familier qu'il fait manquer notre attention. La fatigue des yeux par la lecture d'un livre qui n'excite ni fortes émotions , ni grands efforts intellectuels , amène aussi le besoin de dormir. — 2°. Suppression des excitans cérébraux , ou au moins emploi de tous les moyens propres à faire diversion à l'excitation cérébrale. Dans cette catégorie , se rangent naturellement la satisfaction de tous les besoins, puisque leur non satisfaction excite le cerveau. C'est de cette manière qu'agissent l'introduction d'un air frais dans les apparteraens , si la chaleur incommode ; le feu ou un surcroît de couvertures , si le froid est la cause de l'insomnie ; l'évacuation des urines ou des matières alvines , si l'on est tourmenté par ce besoin. — 3". Révulsions non douloureuses exercées sur toutes les parties du corps : ainsi, introduction des alimens dans l'estomac, quand le cas est possible; frictions sur les membres; bain de jambes, bain entier; cataplasmes chauds aux pieds ; évacuations séminale , lacrymale , sanguine , etc.
JNous ne devons pas terminer sans dire un mot des narcotiques. Ils ne produisent pas un sommeil véritable. Leurs effets ont même un résultat qui contraste avec ceux du sommeil naturel, puisqu'il consiste dans une fatigue que ne laisse pas après lui le sommeil : ses effets se rapprochent du trouble occasioné par l'ivresse. Ils peuvent néanmoins être souvent administrés avec avantage dans l'insomnie causée par les névralgies , puisque le défaut de sommeil et l'atteution (ju'on donne à ces maladies en accroissent toujours la violence , (|ui est au contraire calmée par le trouble provoqué par les narcotiques.
On pourrait encore user des narcotiques pour remédier à l'insomnie qui succéderait à une opération chirurgicale longue et douloureuse , si toutefois celle insomnie ne cédait pas à l'épuisement du malade. ( Ch. Lomde. )
INSTINCif. Voyez Appétence , Aversion et Indication. INTERDICTION. ( Médecine légale. ) Privation légale de l'exercice personnel de certains droits. D'après la législation française, l'interdiction est l'incapacité pour l'exercice personnel des droits civils dont peut être frappé , par jugement , le majeur qui est dans un état habituel d'imbécillité , de démence ou de fureur , même lorsque cet état présente des intervalles lucides. ( Code ciM , art. 489. )
« Art. 509. L'interdit est assimilé au mineur , pour sa persoime et pour ses biens.
» Art. 502. Tous actes passés postérieurement à l'interdiction par l'interdit sont nuls de droit.
» Art. 503. Les actes antérieurs à l'interdiction peuvent être annulés si la cause de l'interdiction existait notoirement à l'époque où ces actes ont été faits.
n Art. 490. Tout parent est recevable à provoquer l'interdiction. « Art. 491. Dans le cas de fureur, si l'interdiction n'est provoquée ni par l'époux ni par les parens , elle doit l'être par le procureur du roi qui , dans le cas d'imbécillité ou de démence , peut aussi la provoquer contre l'individu qui n'a ni époux, ni épouse , ni parens connus.
« Art. 493. Les faits d'imbécillité , de démence ou de fureur seront articulés par écrit; ceux qui poursuivront l'interdiction présenteront les témoins et les pièces.
« Art. 496. Après avoir reçu l'avis du conseil de famille , le tribunal interrogera le défendeur...
» Art. 497. Après le premier interrogatoire , le tribunal commettra , s'il y a lieu, un administrateur provisoire pour prendre soin de la personne et des biens du défendeur.
» Art. 498. Le jugement sur une demande en interdiction ne pourra être rendu qu'à l'audience publique , les parties entendues et appelées,
» Art. 499. En rejetant la demande en interdiction , le tribunal pourra néanmoins , si les circonstances l'exigent, ordonner que le défendeur ne pourra désormais plaider, transiger, emprunter , recevoir un capital mobilier, ni en donner décharge, aliéner ni grever ses biens d'hypothèques , sans l'assistauee d'un conseil qui lui sera nommé par le même jugement.
n Art. 501. Tout arrêt ou jugement portant interdiction ou nomination d'un conseil sera inscrit dans les dix jours sur les tableaux qui doivent être afllchés dans la salle de l'auditoire et dans les études de notaires de l'arrondissement.
1) Art. 512. L'interdiction cesse avec les causes qui l'ont déterminée. Néanmoins la main-levée ne sera provoquée qu'en observant les formalités prescrites pour parvenir à l'interdiction , et l'interdit ne pourra reprendre l'exercice de ces droits qu'après le jugement de main-levée. »
Aucun esprit raisonnable ne contestera la nécessité d'enlever à l'homme frappé d'aliénation mentale tous les droits dont il pourrait faire un usage pernicieux pour lui-même , pour sa famille, et pour la société. Aussi l'interdiclioii, qui a existé sous diirérentes formes chez toutes les nations civilisées , doit-elle être admise en principe dans toute bonne législation. Mais comme l'interdiction entraine la privation de droits auxquels sont attachés le bonheur et lu dignité de l'homme ; comme la loi en dérogeant pour l'interdit au droit