‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 11 sur 311 · EXPECTORANT · texte numérisé non relu

EXPECTORANT

out des caractères qui leur sont propres , la dureté, l'immobilité, ainsi que l'absence de changement de couleur à la peau. Elles occupent les parties les plus compactes des os , dont elles attaquent très-rarement les parties spongieuses. Le diagnostic est moins facile lorsqu'il s'agit de distinguer si une exostose est ancienne ou récente. Cependant on peut généralement conclure qu'elle n'existe pas depuis long-temps , lorsqu'elle est très-douloureuse et qu'au toucher elle fait sentir une fluctuation obscure : c'est cet état qu'on appelle Pé- RiosTOSE (vojez ce mot). On peut affirmer quelle est ancienne ou du moins que le travail d'ossification y est complètement achevé , lorsqu'elle est dure et tout-à'fait indolente. I^e point qui présente le plus de difficulté est celui de savoir à quelle cause on doit rapporter cette maladie. Cette considération est d'une haute importance pour ceux qui en font la base de leut choix pour les moyens spécifiques ; elle est, au contraire, d'un intérêt bien moindre pour ceux qui ont appris à considérer l 'exostose comme une affection toute locale , et à la traiter en conséquence. D'ailleurs , même parmi ceux qui admettent exclusivement la spécificité delà syphilis et de son traitement, les praticiens exercés savent bien que la nature syphilitique de l'exostose ne doit pas empêcher de traiter cette affection ainsi qu'il sera exposé plus bas.

L'exostose est une affection peu grave en elle-même , et qui n'entraîne , dans la plupart des cas , qu'une difformité plus ou moins incommode. Il est fort rare, surtout maintenant et dans les mains des praticiens qui la traitent simplement, et sans opinion arrêtée d'avance sur une cause et un traitement spécifique, qu'elle atteigne un haut degré de développement, et surtout qu'elle subisse des dégénérations fâcheuses. Elle est d'autant plus curable qu'elle est plus récente, et qu'elle s'est manifestée d'une manière plus aiguë et plus rapide. Dans les conditions opposées , les chances de guérison sont infiniment moindres ; et l'on doit se résoudre à l'abandonner; à moins que , par son volume ou sa position , elle ne nuise au libre exercice de quek[ue fonction importante , ou qu'elle ne constitue une difformité trop désagréable.

D'ailleurs , ce qui vient d'être dit est relatif seulement au pronostic de l'exostose considérée en elle-même , et indépendamment des accidens auxquels sa présence peut donner lieu. Ainsi , par exemple , il est à peine nécessaire de dire qu'une exostose développée à la face interne du crâne ou de la colonne vertébrale, constitue une affection des plus dangereuses, par la compression qu'elle exerce sur le cerveau ou sur la moelle de l'épine.

Mais ces exostoses ne sauraient être reconnues pendant la vie, et ce sont de ces cas rares qui mettent la médecine eu défaut , et pour lequels il ne saurait y avoir ni règle ni précepte. Les exostoses extérieures sont les plus communes ; elles affectent les os du crâne, la clavicule , le sternum, les os du bras , de 1 avant-bras , ceux des cuisses , mais principalement ceux de la jambe , surtout le tibia , et, généralement, d'autant plus que les os sont plus exposés aux violences extérieures. On en observe aussi dans l'intérieur du bassin, qui peuvent devenir un obstacle insurmontable à l'accouchement.

Le traitement de l'exostose ne présente rien de particulier , à part l'idée d'une cause particulière et spécifique. Lorsqu'elle se présente avec une forme aiguë et inflammatoire , les saignées générales et locales , les applications émollientes , le traitement interne débilitant et le l'epos y produisent une amélioration sensible; et l'on voit souvent, en peu de jours , la tumeur disparaître complètement. Les mêmes moyens sont applicables tant qu'il y a de la douleur ; lors même que la maladie est déjà ancienne , quand ce ne serait que pour arrêter ses progrès ultérieurs. Une fois l'ossification commencée, les émollieus sont peu avantageux et le traitement débilitant n'a plus d'iuflueuce marquée. Alors quelques frictions excitantes, les vésicatoires , peuvent être avantageux en activant l'absorption des parties encore cartilagineuses. Mais alors, ainsi que nous l'avons dît , l'os reste bosselé et inégal. C'est en pareil cas qu'on a vu le traitement général , par les frictions mercurielles , poussé jusqu'à la salivation , produire de bons effets. Mais ce traitement, lorsqu'il est bien fait , est essentiellement débilitant, et propre à favoriser l'absorption insterstitielle ; on sait que ceux qui y sont soumis y perdent leur embonpoint. D'ailleurs , on a vu plus d'une fois des exostoses déjà anciennes se dissiper pendant le cours d'une affection aiguë , durant laquelle les malades avaient été soumis à une abstinence plus ou moins sévère, et avaient subi des évacuations sanguines , muqueuses , etc. C'est une folie que de vouloir s'obstiner à résoudre une exostose ancienne et sans douleur. Alors il est plus que probable que l'ossification cburnée s'y est établie ; et dans ce cas , il faut se décider ou à l'abandonner , ou à l'enlever. On ne saurait tracer de règles pour une opération qui peut se pratiquer sur des parties différentes par leur forme, leur situation, leurs rapports ; il suffit de dire qu'après avoir mis à découvert l'exostose par des incisions et une dissection convenablement étendues, on l'enlève en détail au moyen d'une gôuge et d'un maillet ; ou bien , lorsqu'elle est très-épaisse , au moyen de quelques traits de scie qui la divisent du sommet à la base; on fait ensuite sauter les tranches avec le ciseau. Quelquefois on a eu recours au cautère actuel pour détruire la production morbide ; mais cette méthode est peu usitée.

Après avoir exposé ce qui , d'après nos recherches et nos observations , se rapproche le plus de la vérité, nous devons revenir sur quelques points de l'histoire des exostoses , relativement auxquelles des auteurs recommandables professent des opinions fort différentes, et qu'il est fort difficile non-seulement d'accorder entre elles , mais même de soutenir par quelques faits positifs.

Ainsi , par exemple , la plupart des auteurs , lorsqu'ils attribuent l'exostose à la syphilis , se contentent d'une simple assertion ; ou bien motivent leur opinion sur la coïncidence de ce phénomène avec d'autres phénomènes également

attribués à la syphilis , et qui reçoivent de l'exostose , comme l'exostose reçoit d'eux la confirmation de leur commune origine. D'ailleurs , tous s'accordeiit à considérer l'exostose comme un symptôme évident de syphilis constitutionnelle ; c'est-à-dire pour substituer à une théorie l'expression pure et simple des faits , ils n'ont observé ce symptôme que chez des sujets chez lesquels une syphilis ancienne avait amené des accidens successifs , et nécessité des traitemens propres eux-mêmes à en produire de nouveaux. Aussi , reconnaissent-ils, pour la plupart, que le traitement par les mercuriaux , loin de réussir en pareil cas , est au contraire nuisible , et qu'on obtient de bous résultats des sudorifiques ; c'est à-dire , d'abord de la suspension des préparations mercurielles , dont 1 abus augmentait chaque jour le mal. Nous avons eu fréquemment l'occasion de rencontrer et de signaler des faits de ce genre. Nous avons vu des exostoses se développer pendant le cours du traitement mercuriel , ainsi que la plupart des observateurs ; taudis que nous n'en avons pa.s vu se manifester durant les traitemens non mercuricls.

N'est-ce pas une opinion bien singulière que d'attribuer l'exostose à la syphylis , tandis que l'on regarde la carie comme n'étant jamais vénérienne ? Cette assertion, nous ne l'aurions pas mentionnée si elle n'appartenait à un praticien célèbre; et nous la livrons sans réflexion à l'examen des lecteurs.

On a également avancé, sans aucune preuve , que l'exostose vénérienne attaquait de préférence certains os ; de même qu'on a prétendu que les douleurs qui les accompagnent augmentent la nuit , lorsqu'elles procèdent d'une cause syphilitique. Tout le monde sait maintenant que l'exacerbation nocturne des douleurs est loin de caractériser essentiellement les maladies vénériennes ; outre qu'elle se manifeste dans les affections du système fibreux , elle se présente encore dans diverses maladies , et notamment dans celles du foie. On peut cependant tirer de la forme des douleurs, des inductions qui ne sont pas à négliger : des douleurs aiguës, distensives, qui se manifestent dans la région d'un os, indiquent un épanchement sous le périoste, membrane fibreuse peu sensible à tout mode d'excitation autre que le tiraillement, ou dans les aréoles du tissu osseux ramolli. En effet, l épanchement croissant amène une augmentation de la douleur, puis celle-ci diminue lorsque l'absorption a enlevé une partie du liquide , et lorsque le travail de formation a commencé pour produire un cartilage.

Les partisans exclusifs de la spécificité de la syphilis, et conséquemment des remèdes spécifiques , accordent peu de confiance aux médications locales employées contre l'exostose ; ils les négligent même presque totalement , comptant sur l'énergie curative du médicament auquel ils ont accordé la préférence. Il est au moins singulier que les échecs assez fVéquens qu'ils éprouvent ne leur ouvrent pas les yeux , et ne leur fassent pas voir que dans celte circonstance 1 affection est souvent toute locale , et qu'on fatiguerait long-temps les malades j en vain , surtout par l'administration des mercuriaux , sans en rien obtenir ; tandis que par un traitement dirigé sur les parties affectées elles-mêmes , on arrive à des résultats plus satisfaisans , et sans courir des chances à beaucoup près aussi fâcheuses. Il faut dire, d'ailleurs, que le nombre des praticiens invariablement attachés aux anciennes doctrines, diminue chaque jour ; les opinions se nuancent et se modifient d'une manière insensible , qui laissent à chacun les honneurs d'une inflexible persévérance. (Cullerier et Ratier.)

EXPECTORANT, adjectif et substantif ; expectorons , ^[ui fait expectorer. On donne ce nom aux médicamens qui possèdent ou que l'on suppose posséder la propriété d'accroître la sécrétion de la membranne muqueuse pulmonaire , et défavoriser l'expulsion des matières contenues dans les voies aériennes. Ces médicamens sont peu nombreux. Je ne vois guère qui mérilenl réellement ce nom, que les plantes labiées en infusion, le kermès, l'émétique à hautes doses, la gomme arabique, la gomme ammoniaque, l'ipécacuanha à doses fractionnées, les préparations scillitiques , l'oximel , le soufre et les sulfures alcalins.

Mais la liste en est bien plus grande dans la plupart de nos traités de thérapeutique. On y admet : des expeclorans émoUiens qui comprennent toutes les boissons mucilagineuses et adoucissantes , les plantes pectorales , et même la diète et la saignée ; des expeclorans toniques , parmi lesquels on range le quinquina, les sucs de viande, les gelées , etc. ; des expeclorans exciians auxquels appartiennent , outre les substances indiquées au commencement de cet article , les baumes, les vésicatoires, les cautères, le calomélas, le musc , le castoréum; àts expectorans vomitifs , l'émétique , l'ipécacuanha , le zinc , etc. ; enfin des expeclorans narcotiques , tels que l'opium et la belladone. D'où il suit que la majeure partie des médicamens jouit de la propriété de faire expectorer.

Qui donc a le premier introduit dans la thérapeutique cette étrange confusion , de laquelle il résulte que le même médicament se trouve classé, ici parmi les antiphlogistiques, là parmi les diurétiques, ailleurs parmi le fébrifuges, autre part parmi les toniques , parmi les expectorans , etc. ? Eh quoi ! parce que l'on voit des malades expectorer avec plus de facilité , l'un après une saignée , l'autre après l'emploi du quinquina , celui-ci sous l'influence de la diète, celui-là quand il a bien mangé , un cinquième par l'usage des excitans, un sixième par celui des narcotiques , faut-il rassembler sous une dénomination commune des moyens thérapeutiques doués de propriétés aussi diverses? Eu procédant de cette manière 'a l'occasion de chaque symptôme morbide, et de chacun des agens qui peut le faire cesser, il arriverait infailliblement que tous les médicamens se représenteraient dans toutes les classes de la matière médicale. Quel chaos inextricable n'en résulterait-il pas?

Il est évident que l'on ne doit admettre au nombre des expectorans que les substances dont la principale propriété consiste réellement à accroître la sécrétion pulmonaire et à favoriser l'expectoration, et dont l'action surtout paraît

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