LARYNX
LAURIER-CEPaSE.
pendant lesquels rinspiratioii devient extrêmement pénible , tellement sibilante que lorsque la poi le de sa chambre était ouverte , j'entendais celte malheureuse depuis le milieu de l'escalier, à un étage au-dessous. La voix et la toux ressemblaient à celles du croup porté au plus haut degré; la face était décolorée , couleur de cire ; froid , iuimobilité , sueur, pouls petit, inégal, misérable. Je crus vingt lois quelle ne résisterait pas aux accès. Les vomitifs, la gomme ammoniaque, les sangsues, les sinapismes , les vcsicatoires paraissaient avoir quelque influence sur leur cessation. Le 24 octobre , elle eut un accès qui ne paraissait pas plus fort que les précédons , et pourtant , elle mourut pendant la nuit avec toute sa connaissance. Ouvcrlure du cadcune. A mon grand étonnejaent , l'obstacle n'existait pas dans la région sus-glottique, mais bien dans la région sous-glotlique , et au niveau de la glotte. La cavité du cartilage cricoïde était presque entièrement remplie par un tissu induré , tout-afait analogue au tissu des callosités; d'une part, ce tissu induré l<(isait corps avec la muqueuse ulcérée dans un point , et d'une autre part il adhérait au cartilage. L'induration avait envahi les cordes vocales inférieures qui étaient méconnaissables. Les ventricules avaient subi également l'induration avec épaississement , la corde vocale supérieure était intacte. Un perluis pour le passage de l'air , peu considérable, existait au centre des callosités. Cruveilhibr.
LARYPiX, s. m. Larjnx , )i«^yï ; organe situé à la partie supérieure de la trachée-artère , et servant au passage de l'air qui doit entrer dans le poumon ou en sortir, ainsi qu'a la formation de la voi.x. Composé de cartilages, qui constituent sa charpente solide, de ligamcns et de capsules s)'noviales destinées à unir ces cartilages entre eux , de muscles qui les font mouvoir, et d'une membrane muqueuse, continuation de celle des voies aériennes, qui tapisse sa cavité, et se replie à sa partie supérieure, le larynx est un des organes extérieurs dont les sympathies sont le plus actives, et dont les lésions offrent le plus de gravité. Il est plus développé, plus saillant, plus robuste chez l'homme qne chez la femme ; et, ce qui est remarquable, son développement ainsi que l'énergie de ses fonctions s'accroissent presque loul-à-coup , alors que les organes géuitau.\ entrent eu exercice. Cet accroissement fournit ainsi un dos signes les moins équivoques de la puberté. L'ablation des testicules dans le jeune âge , a pour effet de perpétuer chez les individus mâles , les qualités du larynx propres à l'adolescence , et même de détruire le timbre di jà formé de la voix , lorsqu'elle est opéiée peu de temps après l époque de la puberté.
1" Les plaies du larynx par instrument tranchaut sont assez rarement portées fort loin ', à raison de la solidité des cartilages tyroide et cricoide. Celles qui ont lieu entre ces deux parties protectrices, dans la membrane crico-tyroidienue , présentent seules quelque profondeur ; mais l'inclinaison de la tèle en avant suliit presque toujours pour en faciliter la réunion. Un point de suture est toutefois assez fréquemment nécessaire pour maintenir en rapport les lèvres de la solution de continuité , qui tendent a se replier vers la cavité de l'organe.
2o Les fistules du larynx , lorsqu'elles résistent à 1 avivement de leurs bords, ainsi qu'aux moyens destinés à les alfionter, peuvent être soumises avec succès à cette méthode ojjératoiie, qui consiste à prendre sur les parties voisines îles lambeaux , dont 1 application et le maintien servent utilement à les oblitérer. Ce procédé a été mis récemment en usage avec succès , par M. Velpeau.
'i° Les corps étrangers introduits dans les voies aériennes, trouvent souvent dans l'ctroitesse de la glotte , un obstacle invincible à leur sortie spontanée , malgré les accès convulsifs de la toux et la violence des efforts auxquels se livre le malade. Les ventricules du larynx offrent à ces corps tles points de retraite où ils s'arrêtent en beaucoup de cas, et où il importe d aller les chercher. Cette circonstance , unie à la facilité avec laquelle le larynx peut être ouvert, font généralement préférer la laryngotomie à la trachéotomie , pour extraire ces corps étrangers.
4" Exposé au contact continuel de l'air, ressentant le premier l'influence de ses qualités irritantes, ou de celles non moins nuisibles que lui communiquent le froid, la chaleur ou 1 humidité, et agissant presque cuntinuellemeut avec iuteusité sur ce fluide, pour produire la voix, le larynx est, à raison de ces deux circonstances, exposé à un grand nombre de maladies. Sa membrane muqueuse , douée d'une exquise sensibilité , est d'ailleurs le siège le plus ordinaire de cette sensation de chatouillement et de malaise qui provoque la toux. Parmi les membranes de ce genre, il n'en est pas qui soit , plus que celle du larynx , disposée à se couvrir de mucosités concrètes , étendues en Limes plus ou moins épaisses et adhérentes à leur surlace. Les inllauimations couenneuses , partout accompagnées de phénomènes graves , sont surtout redoutables lursqu elles affectent l'organe qui nous occupe , à raison île l'obstruction de l'ouverture déjà étroite de la glotte et de l'obstatie qui en résulte pour l'exéculion de la respiration. Prévenir à l'aide d un traitement local et révulsif énergique la faruiution des fausses membranes , favoriser leur expulsion lorsqu'elles sont formées et qu'elles se détachent; enfin , dans quelques cas rares, suppléer à l'ouverture obstruée de la glotte , à l'aide de la trachéotomie , ou bien encore extraire ou attaquer directement les fausses membranes, ainsi qu'on l'a proposé et exécuté récemment, telles sont les indications que fout naitre ces maladies- ^'oj-. Croup , Larysgite.
Dans une l'orme insidieuse , l'irritation du larynx donne lieu à ungonflemeus presque indolent, à une infiltration manifeste des lèvres de la glotte. Les replis que lorràe la membrane muqueuse sur les bords de celte ouverture , s'infiltrent légèrement, se rapprochent, et une asphyxie mortelle se produit par des gradations d'une lenteur quelquefois remarquable, f^oj-ez Laryugite sous-muqueuse.
5° Enfin soumis à des mouvemens pénibles efforcés, tels que ceux qu'entraine l'exercice de quelques professions , le larynx est exposé à des lésions chroniques dont la gravité contraste avec le peu d'étendue et la faible importance apparente de l'organe. Produites par des fatigues trop considérables ou trop fréquemment répétées , les affections de ce genre débutent tantôt par la surface muqueuse , tantôt par les tissus fibreux extérieurs qui environnent les muscles et les attachent ; tantôt par les articulations qui unissent les cartilages entre eux, et quelquclbis, enfin, par ces derniers organes eux-mêmes. Le début et la marche de la maladie des parties superficielles vers les parties profondes , sont beaucoup plus fréquens que ceux qui offrent une disposition inverse. C'est à la suite de ces irritations prolongées que l'on a rencontré les altérations , plus ou moins curieuses et rares, que l'anatomie pathologique a signalées dans le larynx. Des endurcis-semens lardacés ou fibreux, des cpanchemens purulens dans les capsules synoviales , des ramollisemens ou des caries des tissus cartilagineux, des destructions souvent étendues et complètes des lèvres de la glotte, des ventricules , de la muqueuse , et des pièces solides les plus importantes du larynx , se sont offertes , isolées ou réunies, chez la plupart des sujets qui ont succombé aux progrès de la phthisie laryngée, L. J. Biîgin.
LARYNGOTOMIE. Foj. Brobchotomie.
LAUDANUM, f^oj. Opium.
LAURIER-CERISE. Prunus lauro-cerasus. Laurier amande icosandrie' monogynie LI^N. , rosacées Juss. Cet arbre originaire de l'Asie mineure et naturalisé en Europe où il est cultivé cofnme objet d agrément surtout, a figuré dans la matière médicale pendant long-temps à causes des propriétés remarquables qu'il présente, et qui sont dues à l'acide prussique qu'il renferme en grande proportion. Son histoire a donc beaucoup moins d'importance depuis que l'on a mieux étudié cet acide , et cpi'oii l'a administré directement dans les cas où l'on a cru pouvoir en espérer quelque action salutaire. Car, bien que quelques personnes prétendent que la combinaison des principes médicamenteux , dans les substances qui les renferment primitivement, soit nécessaire au succès , l'expérience a montré que ces principes isolés par l'analyse et administrés séparément ne sont pas moins efficaces, ni moins certains dans leurs résultats.
Les feuilles du laurier-cerise ont été d'abord employées en infusion contre une foule de maladies toutes différentes, parmi lesquelles il suffit de citer la phthisie pulmonaire , le rhumatisme et la gonorrhée, par des praticiens recommandabtes, dont d'autres praticiens également estimés ont démenti les assertions. Plus tard on employa l'eau distillée , préparation évidemment plus énergique que l'infusion, et dont on observa, sinon des effets curatifs, au moins des effets toxiques , tellement analogues à ceux de l'acide prussique, que l'huile volatile à laquelle divers auteurs attribuent une grande énergie, n'agirail que dans le même sens. C'est à l'article Hïdroctanique qu'on trouvera le tableau des phénomènes morbides produits par cet acide , quels que soient son véhicule et son origine. La facilité avec laquelle cet acide s'altère rend parfaitement compte des contradictions qu'on trouve dans les auteurs relativement à l'eau distillée du laurier-cerise. Tantôt, en effet, on voit une faible dose produire la mort, tantôt on voit des malades la boire à plein verre , ainsi que je l'ai vu moi-même , sans en éprouver rien de particulier. C'est donc un mauvais médicament que celui dont l'action est aussi incertaine et aussi variable. Ou sait néanmoins qu'on a d'autant plus de probabilité de la trouver eflicace qu'elle est préparée avec les feuilles très-fraîches; qu'on a fait passer plusieurs fois la même quantité d'eau sur les nouvelles feuilles; qu'elle a passé la première k la distillation et qu'elle n'a pas été filtrée. Celte dernière cii'constance est très-importante, car la filtration ôte à cette eau une grande partie de ses propriétés, en la privant de son huile \olalile avec laquelle il est probable que l'acide prussique a une grande aliinitc.
Cette huile essentielle , dont l'activité est si grande, est en proportion extrêmement faible , puisque cent livres de feuilles n'en fournissent qu'un gros ; les expériences ont démontré qu'elle agit sur les animaux d'une manière aussi funeste et aussi rapide que l'acide prussique , en déterminant des phénomènes morbides tout à fait analogues. On en a fait dans ces derniers temps quelques applications thérapeutiques, dont les résuhats sont bien vagues. C'est à l'extérieur seulement qu'on l'a essayée , sous forme de Uniment pour calmer les douleurs du cancer, de la goutte , de cerlaines darlres qui ne laissent point de repos aux malades. Ce n'est qu'à une dose très-faible qu'on a osé administrer celte dangereuse substance dont une seule goutte sufiit pour produire des effets fâcheux , et pourrait même amener la mort chez un enfant. D'ailleurs le soulagement qu'elle produit n'est pas en rapport avec les dangers qu'elle fait courir, car il n'est rien moins qu'établi qu'elle ait jamais opéré de guérison.
Si , malgré ce que la raison et l'observation conseillent , quelques personnes veulent encore avoir recours à l'emploi des préparations de laurier-cerise , elles doivent se rappeler que l'infusion des feuilles sèches et même fraîches est une p.éparation essentiellement vicieuse et dont on ne peut attendre aucun résultat ; que l'eau distillée préparée avec les précautions qui ont été indiquées , jouit dune plus grande énergie, il est vrai, mais qu'elle présente toujours 1 inconvénient d'une incertitude presque inévitable dans ses propriétés ; qu'enfin l'huile volatile est la seule partie sur laquelle on puisse réellement compter, parce qu'elle est identique dans sa composition et constante dans sa manière d'agir.
L'eau distillée et filtrée peut , ainsi que nous l'avons dit , être donnée à forte dose sans inconvénient ; on peut en faire la base de potions calmantes. Il n'en est pas de même de celle qui est trouble : il faut en commencer l'adniinislratiou