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LIERRE TERRESTRE

pour obtenir la guérison, que les malades se soumissent à un régime de vie doux et régulier.

Quelle que soit la forme du lichen , que ses papules soient éparses ou disposées en groupes , s'il est récent , aigu peu considérable, un régime rafraîchissant, des boissons légèrement acidulées , l'usage des bains frais ou des bains de rivière ])endant Tétc sufiiscnt pour le faire disparaître et sans nul danger. Les bains tièdes et les bains chauds augmentent souvent les accidens produits par cette inflammation et en parliculicr par le lichen uriicatus.

Lorsque l'éruption a résisté à ce mode de traitement, il faut avoir recours à l'adminislation intérieure des limonades fortement acidulées avec l'acide nitrique, l'acide muriatique et surtout avec l'acide sulfurique. 11 convient cependant de remplacer ces acides par des acides végétaux , tels que les acides citrique et acétique , lorsque les organes digestifs sont doués d une grande irritabiUté. Enfin, lorsque les papules sont très-nombreuses, agglomérées, confluentes sur plusieurs points , comme dans le lichen agrius , si le sujet est jeune et Lien constitué, on pratiquera une ou plusieurs émissions sanguines. La saignée générale est indispensable lorsque l'éruption n'est pas bornée à une région déterminée du corps, comme à la main , à la face , etc. Lorsqu'on a recours à ^ l'application des sangsues, il faut constamment les placer hors du cercle de i l'éruption ; autrement l'irritation produite par leurs piqûres pourrait augmenter l'inflammation locale. On appliquera des topiques émolliens frais ou froids sur les parties de la peau aflTeclées. Les lotions, les fomentations adoucissantes, les bains gélatineux ou muciiagineux sont utiles lorsqu'on a soin de les administrer à une basse température. On désaltérera les malades avec des boissons fraîches et acidulées, et on leur recommandera d'éviter de couvrir la peau de linges durs , qui l'irriteraient par leur contact, ou de vclemens épais qui augmenteraient la chaleur extérieure du corps.

. L'effet de ces divers moyens doit être secondé par un régime plus ou moins sévère, suivant 1 état de la constitution. Les malades doivent s'abstenir des viandes faites et de haut goût, des mets épicés , des liqueurs alcooliques , enfin de toutes les substances qui , par l'impression stimulante q u'elles produisent sur l'estomac , déterminent plus tard un mouvement fluxionnaire vers la peau.

§ VIII. Lorsque le lichen se compose de plusieurs éruptions successives et qu'il est devenu c/i; o«i'<y£(e , si la constitution des malades est détériorée par l'âge ou par d'autres causes , le médecin doit chercher à fortifier par un régime et un traitement convenables , quelquefois même avant d'entreprendre le traitement de l'éruption.

Lorsque le lichen est très-ancien, qu'il affecte profondément les tégumens, on pratique souvent avec succès de légères fricLions sur les parties malades avec la pommade suivante (R., axonge, une once; soufre, un gros ; sous-carbonate de potasse , demi-gros ) En même temps on emploie les bains frais émolliens, et plus tard on les rend légèrement alcalins. Je me suis aussi plusieurs fois servi avec succès d'une autre pommade (R. axonge , une once ; calomel , un gros ; camphre , dix-huit grains) ; ou , enfin , d'une troisième lorsque la peau était peu excitable (R. axonge, une once; deuto-iodure de mercure, dix grains). Quelquefois aussi j'ai fait cesser le prurit en cautérisant légèrement la peau avec le nitrate d'argent.

Les bains de vapeur , nuisibles dans le lichen aigu , sont très-salutaires dans le lichen chronique , surtout lorsque la peau est très-sèche. J'ai guéri un grand nombre de ces éruptions par l'emploi combiné des bains de vapeur et de la limonade muriatique.

• Les bains sulfureux, que l'on recommande souvent d'une manière empirique dans le traitement des maladies de la peau , sont constamment nuisibles dans le lichen aigu ^ et rarement utiles dans le lichen chronique; ces bains peuvent même déterminer le développement du lichen , et il n'est pas rare de voir le lichen agrius se manifester chez des personnes c[ue l'on traite de la gale par les bains sulfureux. Cependant j'ai obtenu la guérison de plusieurs cas de lichen héréditaires , rebelles, sujets à de fréquentes récidives , en modifiant profondément la constitution par des bains sulfureux artificiels , prolongés chaque jour pendant plusieurs heures. Des résultats analogues ont été observés aux eaux de Louësche et de Schinznach.

'* Dans le lichen agrius excorié, lorsque l'état des organes digestifs ne le contre-indique pas, on doit constamment recourir à l'administration intérieure des acides minéraux étendus (un demi-gros , a deux scrupules par jour , dans une pinte d'eau sucrée) ; ils diminuent la sécrétion humide qui se fait h la surface des papules déchirées et calment le prurit.

On a aussi obtenu un certain nombre de guérisons à l'aide des purgatifs salins fréquemment répétés , du calomel à la dose de quatre à cinq grains associés à huit ou dix grains de rhubarbe ou à douze ou quinze grains de jalap ; mais, en général, les acides minéraux m'ont paru préférables aux purgatifs.

Lorsque le lichen chronique j chez un individu d'ailleurs bien constitué, exempt d'affections chroniques anciennes ou récentes , a résisté à ce traitement, lorsqu'il est héréditaire , lorsqu'il est situé à la face ou disséminé sur une grande surface du corps , et qu'il occasione une insomnie fatigante, il faut recourir aux préparations arsénicales et en continuer long-temps l'usage à doses graduées , lorsqu'elles ne produisent point d'accidens. J'ai guéri plusieurs lichens circonscrits , très-anciens , par l'usage de la liqueur de Pearson et les frictions sulfureuses alcalines. Toutefois , ces remèdes ne sont applicables c[u'au très-petit nombre de cas , dans lesquels tous les autres moyens ont échoué , et lorsque le lichen est devenu tellement insupportable que les malades, fatigués et désespérés , demandent instamment d'être débarrassés de cette éruption. Encore laut-il , avant de prescrire ces remèdes énergiques , s'enquérir soigneusement

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRURGIB PRATIQUES.

de l'étal des organes digestifs et n'arriver que graduellement à une forte dose , et surtout ne pas dépasser la quantité de quinze à vingt gouttes par jour de la solution de Fowler pour un adulte, ou d'un gros de la solution de Pearson dans une potion gommeuse. Et lorsque ces éruptions anciennes et rebelles sont devenues supportables, souvent il est pi'udent de ne pas exposer les malades aux accidens que peut provoquer l'usage des préparations arsénicales; il faut savoir ne pas vouloir guérir à tout prix ces affections rebelles quelques mois ou quelques années plus tard ; si elles se sont développées avant la puberté , elles peuvent guérir spontanément ou à l'aide de remèdes moins dangereux ; et cheis les adultes ou les individus d'un âge mûr , un régime approprié à la constitution , suivi pendant plusieurs mois, rend souvent facile des guérisons qui , jusqu'alors , avaient paru impossibles , même sous l'influence des remèdes les plus énergiques.

Hîppocrate classe \e& lichens avec le prurigo, le psoriasis et la lèpre, sans préciser leurs caractères ( Prorrh, II, p. 4?i4. e<l. Foiis. — Wipt Itse-coV, p. 1B5 ). Suivant de Gorter ( Medic'na Hippocrat,^ apli, xx, lit). 3 ) : e< In lioc loco Hîp|)Ocrat. per Uchenas inteiligit talem cutis fœdationem, in qua summa cutis pustults siccis adniodum prurienlihus exasperalur n , par pustules sèches , de Gorter désigne évidemment les papules. Gelse paraît avoir indiqué le liclien dans la description des papuîœ ( de Mcdicinâ ^ lit), v, cap. 28 ) , nom sous lequel Lorry en a indiqué clairement les principaux caractères. Les traducteurs latins des autours grecs ont mallieureusemenl rendu lichen par ;m/j(7?ioo, quoique Celse eût anciennement employé celte dénomination dans une autre acception, adoptée aujourd'hui pour désigner une iiîtlammation pustuleuse ; il importe d'êlro prévenu de celte confusion de la nomenclalure. Plaler (F.) a indiqué le lichen sous le nom de scnbies sicca. « Scahies sicca seu scabrities , quaj |iustulis siccis » e quibus, nec sanies, nec pus émanât, se prodit cutemque asperam reddit et erosam cum prurilu » plus minùsve niolesto » ( Pi-axeos,, t. n , p. 674). D'autres en ont fait mention sous le uom de scnbies agria. Willan et Baloman en ont donné les premiers une excellente description. Plusieurs observations de M. Alibert sur la dartre furfuracée volante semblent s'y rattacber; il l'a récemment décrit sous le nom de prurigo lichénoïde ou furfurant . Bertrand- Lagtésie en a rapporté une observation sous le nom très-impropre de dartre miliairc.

Bontius ( rfe Medicina Indorum, cap. xviil, ) Cleghorn ( on the Diseases of Minorca , cbap. IV ), Jolinson (John) (on the Injluencs of tropical climats on european constitutions ? in-8, London, 1821 ) , ont étudié le lichen des tropiques*

J'ai rapporté plusieurs exemples des principales variétés du lichen dans mon Traité des maladies de lu peau ; d'autres ont été publiés dans le Journ. hebdom., t. vil , p. 436, 459, dans la Befue médicale , juin 1830, p. 341 ; et dans la Lancette française , 1831 , t. V, p. 581 .

( P. Rayer. )

LIENTERIE, s. f. , lienteria, de ),f'«5 , uni , glissant, et Evtî^çv, intestin. État morbide dans lequel les aliracns glissent sur la surface de la membrane muqueuse gastro-inteslinale , sans y éprouver aucune élaboration , et sont rendus parles selles non digérés, et même assez peu dénaturés pour qu'il soit possible encore de les reconnaître. Ce n'est évidemment qu'un symptôme. On l'observe dans l'indigestion , dans l'inflammalion violente de l'estomac et des intestins, dans le cas d'ulcérations nombreuses et étendue de ces mêmes parties, et dans leurs désorganisations tuberculeuse et cancéreuse. La lienterie n'a donc pas de traitement qui lui soit propre ; on ne peut la combattre avec espoir de succès qu'en dirigeant les moyens thérapeiitic[ues contre la cause qui la produit, rojez par conséquent : CANcen de l'estomac , cancer des intesties , carreau, COMTE, diarrhée , ENTERITE ET INDIGESTION. { L. Ch. RoCHE. )

LIERRE. Hedera hélix. Pentandrie monogynîe link. caprifoliées juss. Plante qui a figuré dans la matière médicale et dont l'usage a été abandonné , sans doute à cause de la facilité avec laquelle on se la procurait; car elle ne manque pas de principes énergiques. Le bois, les feuilles , et mêmes les fruits , présentent une saveur amère, austère et nauséeuse qui dépend d'une substance gomme-résineuse connue sous le nom de lierre, auquel quelques personnes proposent de substituer celui d'hédérce ou hédérine , et qui exsude spontanément du tronc des vieux arbres de cette espèce. Cette matière dans laquelle • domine la résine contient aussi un peu d'huile volatile. On ne l'a pas expérimentée méthodiquement ; et l'on n'a sur son compte que les observations souvent vagues des anciens auteurs, desquelles résulte cependant, qu'elle jouit de quelque efficacité.

L'usage extérieur de ses feuilles est bien connu, et survit aux tentatives qu'on a faites pour leur substituer les papiers h cautères. Leur surface lisse et vernie est excellente pour maintenir de la fraîcheur à la surface de ces ulcères artificiels , et empêcher l'adhésion du linge : peut-être aussi le principe qu'elles contiennent contribue -t- il à les stimuler légèrement et à y entretenir la suppuration.

LIERRE TERRESTRE. On connaît sous ce nom vulgaire beaucoup plus que sous sa dénomination scientifique , le glechoina hederacea , plante vivace , à tige rampante , à fleurs bleues rosées , qui croit abondamment et sans culture dans les lieux ombragés et frais. Ses propriétés physiques sont très-pi ononcées ; c'est une odeur forte et même désagréable, et une saveur amère , chaude et piquante , surtout quand elle est récente ou qu'elle est desséchée avec soin ; le tout résultant de la pre'sence d'une huile volatile qui doit être abondante , bien qu'on ne l'ait pas recueillie par distillation. Le lierre terrestre jouit d'une réputation ancienne et appuyée sur des autorités bien imposantes comme spécifique de la phlhisie ; l'expérience journalière dément ces pompeuses promesses. Il en est de même de sa puissance contre les maladies tie la vessie et des reins , et contre les affections du cerveau. On comprend mieux ses qualités anthelmintiques qui ne sont pas cependant des plus énergiques , et son action excitante sur l'estomac.

C'est d'ailleurs un médicament de bonne femme que le lierre terrestre ; et il n'est pas de catarrhe pulmonaire dans lequel son infusion théiforme ne soit employée, et ne puisse être utile quand elle n est pas trop chargée , et que

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