LOUPE
minée d'huile d'amandes douces; 4° Le looch huileux , proprement dit, formé d'huile d'amandes douces , de sirop de guimauve et d'eaux distillées de laitue et de fleur d'oranger , le tout parfaitement uni , à l'aide de deux gros de gomme arabique , pour une potion de quatre onces. A parties loochs additionnés de quelqu'une des substances actives nommées plus haut , on voit par la nature de leurs composans les plus ordinaires, que ces médicamens sont généralement adoucissans et tempérés. (Guibourt.)
LOTION j lolio , action de laver. La lotion est une opération usuelle et journalière, par laquelle, au moyen de liquides divers, on nettoie les parties saines ou malades des matières étrangères qui se soul accumulées à leur surface. C'est sur la peau et vers les ouvertures des membranes muqueuses i qu'on pratique le plus habituellement les lotions qui appartiennent plus à '; l'hygiène qu'à la thérapeutique : l'eau pnre , froide , tiède ou chaude , sert à les pratiquer. Cette dernière est généralement préférable en ce qu'elle possède à un plus haut degré la faculté de ramollir et de dissoudre les produits de l'exhalalion culanée, etc. lie savon qu'on y ajoute accroît encore son action sous ce rapport 5 et son addition est encore plus indispensable , lorsqu'on se i sert d'eau froide. Les lotions s'accompagnent nécessairement de frictions plus ! ou moins énergiques pour nettoyer la peau et en diboucher les pores, comme I aussi de l'action d'une brosse comme on le fait pour nettoyer les dents. C'est aux lotions qu'il faut rapporter les injections qu'où fait dans le vagin et qui , ne restant pas en contact avec ce conduit, ne font véritablement qu'en laver les parois. C'est aux fomentations qu'appartiennent les lotions qu'on pratique sur la peau dans les atTections cutanées où l'on a l'intention de rafraîchir la peau, par l'évaporation d'une couche mince de liquide. Il est contraire à la raison et au but qu'on se propose dans les lotions d'y employer des liquides médicamenteux. Ceux qu'on appelle émoUiens , et qui sont pourvus de mucilage ou de matières grasses , produisent un résultat nuisible , en laissant un enduit gras et visqueux, que la chaleur altère bientôt et qui devient irritant. H est rationnel dans quelques circonstances , d'employer des lotions avec les liquides I spiritueux , lorsqu'il est question de ilcbarrasser la peau de substances résineuses et conséquemment insolubles dans l'eau. On enlève facilement les emplâtres adhésifs , en frottant doucement avec un peu d'huile, après quoi l'on achève avec de l'eau de savon tiède.
Une précaution nécessaire après l'emploi des lotions , c'est d'essuyer avec un linge sec les parties qui y ont été soumises ; lorsqu'on agit sur des parties saines , une friction plus ou moins active ne peut (ju'en compléter l effet. 11 est beaucoup de circonstances oii 1 humidité qu on laisse séjourner a des inconvéniens , dont le moindre est que les parties se salissent plus vite et réclament l'emploi de nouvelles lotions.
(F. Ratier. )
LOUPEj s.f. Ltipia. On désigne sous ce nom des tumeurs très-ditrérentes les unes des autres par leur siège et par leur nature anatoœique; les unes appartenant aux follicules de la peau , et les autres au tissu cellulaire sous-jacent à cette membiane ; celles-ci formées par une véritable hypertrophie adipeuse; celles-la produites par des vices dans la sécrétion folliculaire des légumens. On conçoit dès lors qu'il est e.xtrêmement difficile , qu'il est même impossible de donner une exacte définition d'un genre d'affections aussi mal constitué que celui-ci : tout ce qu'on peut dire de plus général à cet égard , c'est que les loupes sont des tumeurs superficielles , indolentes et chroniques.
L'histoire des loupes témoigne hautement de la tendance qu'avaient les anciens, à réunir et même à confondre les maladies les plus disparates au fond, lorsqu'elles présentaient quelque analogie sous le rapport de la forme extérieure. 11 appartenait à notre époque, et aux ])rogrès de l'anatomie pathologique de ramener ce sujet à des idées plus saines. Aujourd'hui, eu effet, on réserve exclusivement le nom de loupes , à des tumeurs superficielles , folliculaires , ou graisseuses ; et personne , que je sache , ne partage l'opinion de ceux qui considèrent encore comme loupes , certaines tumeurs profondes des cavités splanchniques , ou des organes qu'elles renferment.
» Un des premiers et des plus importans caractères des loupes est tiré de la Oianière d'être de ces tumeurs, relativement aux parties voisines ; les unes, en effet, sont séparées de ces parties par une membrane ou kysLe , les autres, au contraire, ont une circonférence bien moins circonscrite, elles sont plongées dans le fissu cellulaire commun, et ne sont pas enveloppées d'un kyste comme les précédentes.
Le kyste des loupes c[ui en sont pourvues , est plus ou moins épais , plus ou moins étendu ; il'un côté il plonge dans le tissu cellulaire sous-cutané , et de l'autre il est en rapport avec la matière renfermée dans la tumeur. Récent, le kyste des loupes est souple et mou comme le tissu cellulaire; ancien au cou- Iraire, il est raide et dur, souvent il offre la structure cartilagineuse, quelquefois même des noyaux osséo-crétacés (les loupes de la tête). Quelques kystes ont une surface interne, sèche et recouverte d'épiderrae , ce qui les a fait comparer dès long-temps au tissu de la peau ; d'autres ont une apparence intérieure veloutée , ce qui leur donne plus d'aualogie avec les membranes muqueuses. Le kyste de quelques loupes (celles des sourcils) donne naissance à des poils. Enfin la cavité de certaines loupes enkystées (les tannes) se continue bien évidemment avec la surface extérieure du corps, au moyen d'une ouverture étroite, ordinairement obstruée par quelque peu de la matière intérieure de la loupe , qu'il est facile de faire disparaître.
Les loupes diffèrent singulièrement les unes des autres sous le rapport de leur substance intérieure : dans les loupes enkystées cette substance est morte^ c'est un produit de la sécrétion du kyste ; dans les loupes non enkystées, au
DlCT. DE MÉDECIKE et DE CllinURGIE PRATIQUES.
contraire, c'est un tissu vivant , c'est en un mot le tissu cellulo-graisseux plus ou moins altéré.
La matière contenue dans les loupes enkystées varie beaucoup pour la consistance et pour la couleur: tantôt elle est blanche ou jaunâtre , et consistante comme du suif (tanne et athérôme) ; tantôt elle est d'un jaune plus ou moins foncé , elle est onctueuse et liquide comme la synovie (inélicéris). Quelques loupes enkystées contiennent des poils libres , poils détachés des parois du kyste qui leur a donné naissance.
La nature des loupes non enkystées ne varie pas moins que celle des loupes précédentes : les unes sont formées par du tissu adipeux hypertrophié, mais point altéré d'une autre manière ; les autres contiennent un tissu blanchâtre , dur, lardacé, et graisseux dans quelques points ; on dirait que c'est le tissu des premières loupes altéré par une irritation chronique. Il n'est pas rare de trouver la matière des loupes enkystées, souillée par du sang; mais cette circonstance est purement accidentelle : elle est le résultat de contusions subies par la tumeur. De plus longs détails , relativement à l'anatomie pathologique des loupes , appartiennent à l'histoire particulière de ces tumeurs, {l'^oyez les art. atkérôme , lipome , mtilicéris , stéatôine et tanne.)
La division des loupes qui est généralement admise aujourd'hui, est exclusivement fondée sur l'anatomie pathologique ; on sépare ces tumeurs en deux classes, suivant qu'elles sont enkystées ou non ; la première comprend les tannes , les niélicéris et les alhérômes ; à la seconde appartiennent le lipome et le siéatôme.
Les loupes peuvent se développer dans tous les points , à la surface extérieure du corps; mais il en est pour lesquels elles afïectent une sorte de prédilection : les régions du crâne et de la face , doivent être |)lacces au premier rang sous ce rapport. Il est un rapprochement qu'il importe de ne pas omettre à cette occasion , savoir que les loupes se développent , surtout là où la peau est le plus abondamment poiirvue de follicules.
Les causes sous l'influence descpjelles naissent les loupes sont fort difficiles à apprécier : l'irritation produite par la pression continuelle des fardeaux sur les épaules, a quelquefois paru déterminer leur développement chez certains portefaix; mais les cas dans lesquels on n'a rien observé de semblable sont SI nombreux , qu'on est forcé de reconnaître qu'il règne à cet égard dans la science une incertitude désespérante. Dira-t-on, avec M. Velpeau, que ces tumeurs peuvent être produites par des contusions, parce que quelquefois on trouve du sang coagulé mêlé avec la matière qu'elles renferment? Ce serait , à mou sens , prendre l'effet pour la cause.
Mais comment certaines loupes croissent-elles entourées d'un kyste, tandis que d'autres en sont constamment privées ? Leskjstes des loupes, lorsqu'ils existent, sont-ils formés de toutes pièces par le tissu cellulaire voisin condensé, et dont les lames auraient été refoulées les unes sur les autres? Sont-ils le produit d'une formation nouvelle, aux dépens d une certaine quantité de matière pseudomembraneuse, sécrétée dans le lieu et organisée? Ou bien enfin, préexistentils, comme le pensait Bich it, et ne leur manquait-il depuis long-temps qu'une force sécrétoire particulière pour que la loupe apparût? Ces questions ont été diversement résolues ; cependant on doit convenir qu'elles ne sauraient être traitées ici d'une manière complète; le point de vue duquel elles seraient envisagées serait trop restreint. Disons seulement que 1 histoire des loupes enkystées est tout-à-fait favorable à la théorie que Bichat a faussement appliquée à la formation de tous les kystes. Les kystes des tannes , des inélicéris et des a^/iero//2e5 préexistent, en effet, au développement de ces loupes; ce sont tout simplement des follicules cutanés dont le goulot a été oblitéré , et qui ont été développés par l'accumulation de la matière qu'ils sécrètent. Les loupes des sourcils, qui contiennent souvent des poils implantés sur leur kyste, sont formées, suivant Béclard, par la dilatation de follicules surciliers, qui ont dé\'ic vers eux la peau voisine et les bulbes pilifères qui lui appartiennent. Il n'est p is possible de nier l'origine folliculaire des tannes, car presque toujours l'ouverture du goulot du follicule apparaît clairement vers leur sommet; mais il n'en est plus de même pour les mélicéris et les athérômes. Ces loupes ne diffèrent pourtant des premières que par leur ancienneté. Au reste on ne doit pas oublier que les loupes enkystées ne se développent que là où les follicules existent, et là surtout où ils sont très abondans. Les petites loupes des paupières , que M. le docteur Sichel a si bien décrites dans ces derniers temps , ont la même origine que les autres loupes enkystées; elles prennent leur source dans les follicules ciliaires, ou glandes de Meibomius.
La position superficielle des loupes, leur nature indolente, leur rapide accroissement, les caractérisent assez généralement. Quant à leurs caractères symptomatologiques spéciaux, ils appartiennent à l'histoire particulière de chacune d'elles , et doivent être renvoyés aux articles déjà cités.
Quelques tumeurs sous-cutanées présentent de l'analogie avec les loupes , et peuvent être confondues avec elles au premier abord : les ganglions synoviaux , qui se forment dans les bourses muqueuses sous-culauées , ou dans celles des tendons; les kystes séreux, et certains abcès froids. Les ganglions apparaissent dans des lieux tout à-fait spéciaux; les kystes séreux occupent ordinairement une position plus profonde que les loupes ; et enfin les abcès froids surviennent presque toujours chez des individus d'une mauvaise constitution, et ils sont le plus souvent annoncés par quelques symptômes ; tandis que les loupes naissent et grandissent sans que rien, si ce n'est la tuméfaction , indique leur formation.
Les loupes affectent une marche différente, suivant qu'elles sont ou non entourées d'un kyste. Apres avoir acquis un volume plus ou moins considérable , et s'être élevées plus ou moins , suivant la résistance que les tégumcns ont op-