LYCOPODE
LYMPHANG !TE.
sur laquelle oii'peul reconnaître les longueurs diflférenles de chacun de ces os ; 30 derrière elle , enl'onceraent très-prononcé, qui peut aisément loger un doigt placé en travers ; \° disparition de la concavité du pied , qui est remplacée par une surface plane, due à l'abaissement des os du tarse.
A ces signes on reconnaîtra toujours la lésion dont il s'agit, à moins qu il ne soit survenu un gonflement considérable. Lorsqu'elle est récente , son prognostic est peu grave , car la réduction n'offre pas de grandes difficultés;
; mais si elle reste abandonnée à elle-même , pendant un temps même assez court , il devient impossible de remédier au déplacement. Le second des
: malades observés par M. Dupuytren , n'entra à l'Hùtel-Dieu qu'au bout de trois semaines , et les efforts de réduction les mieux dirigés , une compression vigoureuse exercée pendant assez long-lemps sur la saillie des os restèrent sans fruit ; le malade sortit , marchant avec assez de facilité malgré sa double luxation.
Pour opérer la réduction , on doit disposer d'abord sur la partie inférieure de la jambe , préliminairement fléchie el solidement maintenue par des aides , ! un lacs dont les chefs , ramenés en arrière , sont destinés à la contre-extension. On établit ensuite, pour faire l'extension, un lacs que l'on fixe , autant que possible, sur l'extrémité antérieure du pied. Le chirurgien, pressant de ses deux mains sur les faces dorsale et plantaire du pied, repoussera les os dans leur position normale dès que les ligamens auront suffisamment cédé aux efforts d'extension.
La réduction étant faite, il suffira d'entourer le pied d'un bandage roulé , d'y appliquer souvent des topiques répercussifs , et de le mainienir dans une timinobilité parfaite pendant- tout le temps né cessaire à ia consolidation des ligamens.
I De tA LUXATION DES ORTEILS. Lcs ortcils offrent trop peu de prise aux agens jeslérieurs , et sont trop efficacement maintenus parles chaussures pour que ! les luxations n'y soient pas très - rares. Quand cet accident a lieu , il présente les mêmes caractères et réclame le même mode de traitement que lorsqu'il affecte les doigts.
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(L.-J. Sanson. )
LYCOPODE j Ijcopodium. Le lycopode est une poussière jaune , très-fine, jirès-légère, sans odeur ni saveur , et prenant feu avec la rapidité de la poudre, lorsqu'on la projette à travers la flamme d'une bougie ; elle est produite par le ijrcopodium clawaliini, plante cryptogame qui a donné son nom à la famille des îycopodiacèes , voisine des mousses et des lougères.
Cette plante croît surtout en Allemagne et en Suisse , à l'ombre des bois; ;lle pousse des liges rampantes qui se ramifient prodigieusement , et d'entre esquelles s'élèvent des pédoncules ronds et déliés , terminés par deux e'pis en iorme de massue , composés de capsules réniformes. C'est dans ces capsules que ' se trouve la poussière nommée lycopode.
i Les botanistes ne sont pas d'accord sur la nature du lycopode ; les uns le regardent comme le pollen de la plante, et d'autres comme des semicules susceptibles de se développer sur terre et de reprod lire le végétal. 1 Le lycopode jeté sur l'eau reste à sa surface; par l'agitation, une partie iombe au fond; par l'action du calorique, tout se précipite, et l'eau dissout une assez grande quantité de mucilage analogue à celui du lichen , qui lui communique la propriété de se prendre en gelée par le refroidissement. L'alcool pénètre sur-le-champ le lycopode, et forme une teinture légère que l'eau blanchit; cette teinture, concentrée et précipitée par l'eau , cède à ce men- Strue une matière extractivc sucrée. Enfin le lycopode traité par l'éther, lui cède de la cire et une matière résineuse jaune verdàtre ; cette substance est
' jtlonc composée d'un assez grand nombre de principes différens.
Le lycopode est usité en pharmacie pour rouler les pilules et empêcher ju'elles n'adhèrent entre elles. En médecine, on l'emploie surtout à l'extérieur, ;|iour guérir les excoriations qui surviennent enti e les plis de la peau , chez les tjeunes enfans et les personnes grasses. On l'a employé aussi en décoclion , 3 l'intérieur, contre les rhumatismes , la rétention d'urine , l épilepsie. Enfin 1 plante est usitée , dit -on , comme vomitive , dans les lieux où elle est intligèue.
Le lycopode est très -sujet à être altéré , soit dans le pays même oiî on le irecolte , avec le pollen des pins et des sapins , soit dans le commerce , avec du ' talc ou de l'amidon. On y reconnaît cette dernière substance , à l'aide de la lissolulioa d'iode, et le laïc en délayant dans l'eau le lycopode , qui la sur-
1 nage , tandis que le talc tombe au fond. Quant à la falsification par le pollen dts pins, elle est plus difficile à reconnaître, mais n'offre pas un grand inconvénient, tant que le lycopode n'est destiné que pour l'extérieur, ou jiour produire sur les théâtres des feux instantanés , qui sont plus effiaj'uns que dangereux.
(GUIBOUHT.')
LYMPHANGITE, C'est le nom nouveau sous lequel on désigne rinflanimatioii des vaisseaux lymphatiques.
Nous possédons à peine aujourd'hui quelques fragmens de 1 liisloire de 1 inflammation , soit aiguë, soit chronique, des vaiaseaux cl des ganglions lymphatiques. La science attend, avec impatience, une monographie de cette maladie, et de plusieurs autres dont nous avons fait mention dans l'article que nous avons consacré à un coiip-d œil général sur les ali'ections du système lymphatique. Jusqu'ici les faits avaient réellement manqué pour un travail de ce genre; mais grâce aux recherches récentes de quelques-uns de nos contemporains, réunies à telles de leurs prédécesseurs, une main éclairée , expéi imeiitée et jjatiente pourrait enrichir le trésor de notre littérature médicale d'une telle monographie, dont le défaut se fait Irès-vivement sentir. Quant aux faits qui pourraient servir à la composition d'une descrijjtion de la lymphangite en particulier, ils sont épais, isolés et comme perdus dans la description d'un grand nombre de maladies plus ou moins compliquées, et dont la lymphangite ne constituait qu'un des élémens. C'est ainsi , par exemple , (|ue M. Bi oussais , dans son Histoire des phlegmasies chroniques , s'est efforcé de rapporter aux inflammation, lymphatiques ou tuberculeuses, les altérations que l'on rencontre chez les individus qui succombent dans la période chronique des inflammations, sans prétendre néanmoins que toute inflammation chronique doive nécessairement être accompagnée de tubeicules. C'est ainsi que M. Alard , tluns ses recherches sur la maladie appelic àlèphaiiliasis des Arabes {œdème dur, nitiladie glandulaire de taihade , etc.), a traité de l' inflammation des vaisnaux absurbans-Lymplialicjiies dermoides et SDUS-cutanés , laquL-Ue inflammation ne constitue pas assurément toute la maladie dont il s'agit , comme l'a prétendu IW. Alard [vojez le mot éléphantiasis ). C'est encore ainsi que tout récemment MM. Nonat , Cruveilliier ont mêlé la description de l'inflammation des vaisseaux lymphatiques de l'utérus à celle de la métro - péritonite , ou du tjp/ius puerpéral j pour me servir de 1 expression du dernier de ces tieux observateurs. Ce qu il y aurait ilonc à faire aujourd'hui , ce serait de réunir en faisceau , de rapprocher les observations qui ont été recueillies çà et là sur la phlegmasie de chacune des principales divisions du système lym|)hatique , et d'en déduire ensuite des considérations générales sur les causes, les symptômes , la marciie, le traitement de cette maladie, après en a\oir préalablement bien déterminé les caractères anatomiques , soit à l'état aigu , soit à l'état chronique.
On senl assez que l'esprit et la forme de cet ouvrage ne uous permettent pas de nous engager dans d'aussi longues leclierches. Nous nous bornerons aux considérations suivantes, où nous examinerons successivement rinfl.iuimatioa des vaisseaux lymp!iati()ues et celle des ganglions tlu même nom.
5 I. Lymphangite proprement dite , ou iiiflanimation des vaisseaux Ijinphu-
tiijues.
I Liîs CARACTÈRES ANATOMIQUES dc cctte maladie ne diffèrent pas essentiellement de ceux des autres inflammations en général. La rou'îjeur , l'injection (hypérémie), le ramollissement, la suppuration , tels sont les caractères anatomiques de la lymphangite aigiié Lorsque cette inflammation devient chronique, les parois des vaisseaux s'épaississent, s'indurcnl , se hérissent de petites tumeurs ou granulations tuberculiformes , s'ulcèrent , etc. Par suite de ces lésions , le liquide qui parcourt les vaisseaux lymphatiques devient lui-même le siège de diverses altérations , el son cours peut être empêché , ou complètement interrompu. (L'oblitération des lymphatiques peut être, en effet, une des conséquences de la lymphangite. )
IL Les causes de la lymphangite paraissent se confondre avec celles des autres inflammations La constitution dite lymphatique ou scro'uleuse constitue une véritable prédisposition à cette inflamination. Le plus ordinairement la lymphangite se développe en même temps que l'inflammation des diverses parties, soit extérieures , soit intérieures, d'où naissent les vaisseaux lymphalitiques. Quelquefois la lymphangite est évidemment la suite et comme l'extension de l'inflammation de ces parties. C'est ainsi que la lymphangite des membres, ou des autres divisions extérieures du corps humain , accompagne ou suit les plaies , les ulcérations , les éry-->ipèles , les phlegmons , etc. ; c est ainsi que la lymphangite uttrine accompagne ou suit l'inflammation de l'utérus, que la lymphangite intestinale , la lymphangite pulmonaire, accompagnent ou suivent , l'une les inflammations des intestins , l'autre les inflammations des bronches et des poumons , etc.
HI. Les symptômes dc la lymphangite n'ont pas encore été convenablement analysés. 'Voyez , en effet, les auteurs qui ont signalé 1 existence de l'inflammation des vaisseaux lym]diutiques , dans les cas que nous venons de mentionner ci-dessus , et vous ne tarderez point 'a vous convaincre de celle vérité. Pour se faire une juste idée des symptômes exclusivement jiropres à celte inflammation, il faudrait la rencontrera l'état simple, isolée de toute autre inflammation; or, les faits de ce genre sont extrêmement rares ; et, pour ma part, je serais fort embarrassé d'en citer.
On a souvent considéré comme appartenant à l'inflammation des vaisseaux jymphatiques , des symptômes qui étaient le résultat de l'infliinmalion d'un autre tissu concourant à la composition île la partie où résidait la I^'mphangite. M. Alard a commis une erreur de ce genre , quand il a considéré L'iedème dur
LYMPHANGITE.
( élé/jhaiiti'asis des Arabes) comme un symptôme essentiel de la lymphangite des membres. Outre qu il n est pas rigoureusement démontré que la lymphangite puisse , par l'obstruction des lymphatiques qu'elle entraînerait à sa suite, donner lieu à un véritable œdème , j'ai publié , dans les Jrclwes générales de médecine , un cas d'éléphantiasis des Arabes { inflammation des l'aisseattx Ijmphatiqncs de M. Alard ), dans lequel le point de départ de la maladie semblait être dans une lésion du système veineux des membres malades , suivie de Toblitération de ce système.
Il est cependant , pour le diagnostic de la lymphangite extérieure , quelques symptômes qui peuvent nous éclairer : tels sont une rougeur , un gonflement plus ou moins douloureux , qui dessinent , décrivent en quelque sorte le trajet des vaisseaux lymphatiques enflammés.
Quant aux lymphangites intérieures ou viscérales , il faut franchement avouer que nul des observateurs qui en ont parlé, ne nous a désigné clairement et positivement les symptômes propres h faire distinguer ces phlegmasies de celles des autres élémens générateurs , ou constituans des viscères où elles siégeaient. Disons cependant ici , mais non sans prendre nos réserves h ce sujet , que, selon M. Nonat , u il est évident que l'absence de frissons irréguliers est un signe qui 11 distingue la lymphangite (utérine) de la phlébite (également utérine ) , et que » la phlébite étant souvent exempte de péritonite, a une marche moins prompte n que la lymphangite» (Dissert, sur la métro-péritonite puerpérale ; thèses de 1832 ). Si nous ne connaissons point encore les symptômes locaux propres à bien caractériser ou spécifier la lymphangite , à plus forte raison ignorons-nous quels sont ses symptômes sympathiques ou de reaction sur les autres parties du système de l'économie vivante.
IV. Le traitement de la lymphangite , dans l'état actuel de nos connaissances sur cette maladie , se confond entièrement avec celui de autres inflammations, et particulièrement celui de la phlébite.
§11. Inflammation des ganglions Lymphatiques ou gangUoiiile {adénite de quelques pathologistes ) .
Tout ce que nous venons de dire de l'inflammation des vaisseaux lymphatiques est en grande partie applicable à celle des ganglions du même nom, (|u'on l'étudié, soit sous le rappoit analomico-palhologique , soit sous le rapport étiologique, soit sous le rapport symptomafirjue, soit sous le rapport thérapeutique. Toutefois , nous devons noter que , sous presque tous les points de vue indiqués , il y a moins d'obscurité dans l'histoire de l'inflammation des ganglions lymphatiques que dans celle des vaisseaux du même nom. Aiusi , par exemple, sous le rapport du diagnostic , autant il est difficile de reconnaître l'existence de l'inflammation des lymphatiques pulmonaires , intestinaux , etc., autant, au contraire , il est aisé , dans un très grand nombre de cas au moins, de reconnaître l'existence de l'inflammation des ganglions mésentériques ou bronchiques. La ganglionite extérieure elle-même ne fait point exception à cette règle : elle est incontestablement , en efl'et , d'un diagnostic plus sûr et plus facile que la lymphangite également extérieure. Ajoutons que souvent la ganglionile externe nous éclaire sur l'existence d'une ganglionite interne. Ainsi, par exemple, on est conduit à soupçonner , chez les enfans surtout , une ganglionite chronique des ganglions bronchiques, quand les ganglions cervicaux sont affectés eux-mêmes d'une inflammation chronique. Néanmoins, quelque ordinaire qu'il soit de rencontrer la ganglionile bronchique dans les cas de ganglionite cervicale, il est des exceptions qu'il ne faut pas perdre de vue.
Au reste , autant et plus encore que les vaisseaux lymphatiques eux-mêmes , les ganglions du même noai s'alTectent, s'engorgent , s'enflamment par suite d'une irritation vive et un peu prolongée , ou d'une forte inflammation des parties avec lesquelles ils sont en communication ( l'inflammation des ganglions parait pouvoir se manifester par suite de la résorption de certaines matières nuisibles , sans inflammation préalable des vaisseaux lymphatiques ). On sait combien il est commun de voir les ganglions inguinaux s'enflammer chez les individus atteints d'une violente uréthrite , soit simple, soit syphilitique ; il en est de même des ganglions mésentériques chez les sujets en proie à cette redoutable forme d'entérite, qui a été connue sous les noms de fièvre entéiomésenlérique , typhoïde, etc. Faisons remarquer aussi que la ganglionite, dans les cas que nous examinons , revêt la forme aiguë ou chronique , selon que l inflammatiou dont elle n'est , pour ainsi dire , que l'extension , la jiropagation , est elle-même aiguc ou chronique. Je sais bien que la ganglionite n'est pas toujours consécutive à une entérite , à une bronchite, à une inflammation chronique delà peau , ou du tissu cellulaire ; mais on doit convenir que celle ganglionile sympathique est bien plus commune que la ganglionite directe ou immédiate, dont j'ai moi-même observé quelques cas.
Nous ne tracerons point ici l'histoire des diverses espèces de la ganglionite , considérée sous le point de vue de son siège et de la cause ordinaire , ou spécifique qui peut lui donner naissance. Ce serait tomber dans des doubles emplois qu'il nous importe d'éviter. En effet , à l'article bubon , il a été traité de la ganglionile externe en général , et plus particulièrement delà ganglionite vénérienne ; k l'article CAHREAU , notre savant collaborateur , M. le docteur Roche , a lait l'hisloire de la ganglionite chronique ou tuberculeuse du mésentère ; et à rarlicle entérite , on s'est occupé de celle même ganglionite à l'état aigu. Dans l'arlicle consacré Ii la phlhisie pulmonaire , on manquera d'autant moins de traiter de la ganglionile bronchique , q„il existe une espèce de phlhisie, bien décrite pour la première lois par M. le docteur Lcblond , qui provient essentiellement de « elle ganglionile chronique ou tubcrculisation des eanghons bionchiques. Enfin , quand on tracera 1 histoire des tubercules et de la scro-
fule en général , on aura l'occasion de compléter l'histoire de l'inflamniation chronique des ganglions lymphatiques.
Mais, dira-l-on, vous tranchez bien légèrement une des grandes difilcultés de la théorie de la tuberculisation des ganglions lymphatiques, en la confondant avec leur inflammation chronique. Ce n'est point ici le lieu de discuter cette grande question. Je me bornerai donc à déclarer qu'après avoirrecueilli pour ma part un nombre considérable de faits relatifs à la tuberculisation des ganglions lymphatiques ; qu'après avoir examiné avec la plus entière liberté , sans aucun esprit de parli, les faits et les doctrines des autres observateurs, il m'a été impossible, absolument impossible, de ne pas reconnaître que s'il est des cas où telle inflammation chronique des ganglions lymphatiques n'entraîne point la tuberculisation de ces ganglions, il n'en est point où une véritable et complète tuberculisation de ces mêmes ganglions ne se rattache d'une manière plus ou moins éloignée à leur inflammation chronique. Certainement, il est des conditions organiques, une prédisposition , qui favorisent le développement de la tuberculisation , mais cette tuberculisation est bien réellement une conséquence de l'inflammation, c'est-à-dire une des terminaisons que celle-ci peut quelquefois affecter. En un mot , la tuberculisation des ganglions mésentériques , pour prendre un exemple, me paraît êU-e pour ces organes chroniquement enflammés, ce qu'est pour les mêmes organes enflammés d'une manière aiguë , le. ramollissement avec rougeur, injection et cjuelquefois intillration purulente commençante. S'il en est réellement ainsi , d'après la loi que nous avons établie plus haut, savoir, que la ganglionite chronique correspond 'a la forme chronique de l'inflammation des parties externes ou internes dont elle est la suite, il s'ensuit que, dans les cas d'entérite chronique, on devra rencontrer assez souvent la tuberculisation des ganglions mésentériques , de même que c'est à la suite de l'entérite aiguë (forme typhoïde), tjue l'on devra trouver le ramollissement rouge, la suppuration commençante de ces mêmes ganglions : or, c'est là précisément ce que donne l'observation.
J'avoue qu'il est des cas où la relation entre la tuberculisation et une inflammation chronique est assez éloignée, assez obscure pour que l'oeil des esprits, les plus vulgaires ne puisse pas la saisir ( et n'en est-il pas ainsi parfois de la véritable suppuration elle-même ? ) mais pour un observateur , doué de quelque sagacité philosophique ou théorique j ces cas rentrent dans la loi commune où l'on voit manifestement la tuberculisation naître à la suite d une inflammation chronique bien constatée. On me dira , sans doute , qu'un observateur , dont j'eslime infiniment l'autorité, et à qui je ne refuserai pas assurément une grande pénétration d'esprit , ne se prononce pas d'une manière aussi formelle sur le problème de la tuberculisation. Je l'avoue : mais j'ajoute que M. Andral est pourtant un de ceux qui ont le plus concouru au triomphe de l'opinion énoncée ci-dessus , par les belles et lumineuses considérations sur les tubercules pulmonaires , qu'il a insérées dans la première édition de la Clinique médicale. Si je ne partage pas l'indécision où se trouve actuellement ce savant professeur ( voyez la deuxième édition de la Clinique médicale et le Précis d'analomie palhologique ) c'est que les faits et les raisons dont il appuyait son ancienne manière de voir , n'ont , à mon avis , rien perdu de leur importance.