‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 128 sur 311 · LUI FAIRE DU BIEN · texte numérisé non relu

LUI FAIRE DU BIEN

Celte belle, celle iniaiorlelle consultalioii, suivie de quelques autres pareilles que l'espace ne m'a pas permis d'offrir à l'admiration du lecteur, ne pouvait manquer , et ne manqua point, en effet, de guérir l'enfanl dont M. Jadelot avait désespéré. Il n'en eût pas désespéré, si , comme madame H..., il eût pu deviner que la peau des tuyaux et des poches par lesquels l'enfant respirait et mangeait , était très rouge et couverte de matières gluantes, épaisses ; que le cerveau était sain et blanc , mais très pâle et très irritable, et s'il eût été assez jîrofondément expériinenlé pour prescrire un lavement do son, un bain, des talajdasmes , au lieu de ce laial look qui s'ajoutait aux glaires de l'estomac et lies boyaux et endormait l'enl'ant ! !

Humilious-uous doue devant la supréuie puissance des magnétiseurs et des magtiélisés surtout! et n'oublions jamais les modestes et sages réflexions par lesquelles M. Fillassier termine le récit de la guérison delà fille demadaine H... a Je laisse , dit-il, à des médecins , j'entends des médecins instiuils, à qui la « bonne thérapeutique des maladies des eiitans est familière, le soin d'appré- » cier dans ses détails et son ensemble tout ce qu'a de profondément ingénieux » et d'opportun le traitement révélé par son instinct à cette mère somnambule; >i ils avoueront , je pense , qu'il contient île ces inspirations secrètes que l'in- » lelligence la plus heureuse , éclairée par une longue expérience, n'aurait pu )i jamais saisir. «

Le lecteur est certainement pressé de savoir si madame de H... a été convertie par la guérison de sa tiile, qui lui doit ainsi deux fois la vie. 11 est assez disposé à penser que cette dame croit maintenant au magnétisme, ne fût-ce que par tendresse maternelle. Eh bien! le lecteur se trompe: madame H.., est encore incrédule au moment où je parle, et je crains qu'elle ne meure dans rimpéuitencc finale... O caprice, o mystère inconcevable du magnétisme! M. Chapelain peut, à son gré , paralyser madame II... ; il transforme pour ses bienheureux somnambules l'eau en bavaroises au lait ou au chocolat , et il ne peut pas transformer l'incrédulité de madame H... en foi ! Fanitas vaiiitatuin ! et omnifi vanilas J

De tout ce qu'il a raconté , M. Fillassier tire les conséquences suivantes , que l'on peut considérer comme son credo nuignélitjue :

1° Quelque extraordinaires c/ue paraissent les Jails magnétiques , {et unj'ait , quel qu'il soit , en général ) , l'Iioinme dont le cœur est prube et l'esprit droit et juste , ne peut ni les rejeter , ni Us adopter d avance ; mais U doit en douter et désirer de les vérifier , s'il les juge importuns pour i humanité. Croire d'avance à un fait extraordinaire est d'un enthousiaste iinbécille ; la nier sans examen est toujour s d'un esprit mal fait et souvent d'une âme sans conscience.

2° Pour déterminer soi-même les phénomènes magnétiques , il n'est pas nécessaire d'y Cl oire , d'avoir ce qu'on nomme la foi ; il suffit de vouloir ( condition du reste indispensable pour la manifeslaliun d'un effet, quel qu'il soit ); mais pour faire naître ceux-ci , il J'aut une volonté énergique et durable Le magnétiseur le plus puissant sera celui dont une -volonté calme , faculté principale, prend son appui dans une grande Jermeté , une conscience pure , un respect religieux de la nature de l'homme, une grande bienveillance , de l'amitié et

une BELLE SANTÉ PHYSIQUE.

Les gestes décrils par les magnétiseurs , sous le nom de passes, n'étant que les instrumens de la volonté et des autres Jucuités cérébrales , sont ce ipiils veulent qu'ils soient.

3° De la part du magnétisé , la condition indispensable est non pas lafbi tnix phénomènes magnétiques , mais LA faculté innée de les Éprouver. Cette faculté existc-t-elle ? un magnétiseur habile les déterminera chez le ma-^nétisé , quelque opiniâtre que soit son incrédulité , malgré toute sa volonté... Celte J'aculté manque-t-clle ? toute la puissance du magnétiseur , toute la force d' imagination du magnétisé , la foi lu plus vive, sont impuissantes à les J'aire nailre. Quand on observe ces phénomènes produits par un autre , il faut se placer dans ce calme de cœur, d'esprit et de corps , que j'appellerai philosophique ou scientifique , qui n'incline ni pour ni contre. En effet , une disposition hienveillanle de la part de l'observateur aide à lu puissance de l expérimentateur, pour la production de ces phénomènes , mais elle peut égarer l'observateur. Une attitude ennemie s'oppose à leur développement, si son génie est plus grand que celui de l'expérimentateur ; les rend plus lents ou à-peu-prés nuis s'il balance le sien ; les dénature s'il lui est inférieur. Dans quelques cas, elle fat plus , elle produit pour le patient une véritable douleur.

Ao Les phénomènes produits sont des crises affreuses , si l'action du magnétiseur est énergique, mais dure, impérieuse, dépouillée de sympathie ; si le magnétise est incrédule et résiste , si les circonstances sont favorables des deux côtés , la nature des phénomènes est différente. Parmi eux , les plus sniPL^s sont: un engourdissement plus ou moins profond, durant lequel on jouit dun b.en-eu e délicieux, peuplé d'idées riantes et douces, puis le sommeil magnétique

I complet. Ce dernier est caractérisé par l'abolition complète des cinq sens, une j sorte de turgescence éreclile de tout l'individu , une expression générale de calme et de béatitude, l'oubli de toutes les peines quelles quelles soient, et la jouissance consciencieuse de son bonheur; par l'isolement du malade de toutes les choses et personnes environnantes , la conservation de ses rapports avec le magnétiseur, et quelquefois avec ceux qui lui portent une affection très-vive. Le fuit le plus compliqué et le plus intéressant est. sans contredit , le somnambulisme, dont les facultés remarquables sont les suivantes : 1° l'insensibilité extérieure ; 2° la vue, sans le secours des yeux , par le front, l occiput, iépigastre , etc. , 3" l'exaltation des facultés morales , intellectuelles et physiques ; 4o l'appréciation du temps actuel ; 5° la vue dans le passé , dans, l'' avenir ( rétrovision , prévision ) ; 6" la vue dans l espace ; 7» la faculté de lire dans la pensée du magnétiseur on des personnes en rapport , de saisir leur caractère , et , en un mot , les particularités les plus intimes de leur organisation individuelle ; 8" la faculté de percevoir l'état sain ou malade de ses organes ou des organes d'un autre, d'appliquer à leurs maladies les remèdes convenables; 9° la faculté de prendre les sj mptômes des maladies étrangères ; 10» l'oubli complet au réveil ; II" une soumission ti ès grande , le plus souvent entière aux volontés du magnétiseur. Celui-ci peut , par sa volonté , mentale ou exprimée, s'isoler ou non du somnambule ; établir entre ce dernier et d'autres personnes un rapport plus ou moins complet , l'en iioler entièrement , si ce rapport existe ; faire disparaître , chez lui , toutes les impressions morales , intellectuelles ou physiques déterminées sur lui ou nées en lui , leur en substituer d'autres ; paralyser chez lui la sensibilité , le convulser ; changer pour lui les liquides , faire pour lui que l eau soit du vin , et produire en lui la vue de certains objets et de certains êtres éloignés ; faire qu'à son réveil il conserve le souvenir d un ou de plusieurs faits de sa vie magnétique; (Pourquoi donc a-t-on dit i>lus haut que l'oubli corn" plet au réveil était un des caractères du somnambulisme ? ce n'est pas d'ailleurs la seule contradiction que l'on pourrait relever ) ; // peut même reproduire sur le somnambule, rendu à l'état de veille , la plupart des effets qu'il détermine pendant son sommeil.

5° Les crises magnétiques graves , comme celles que j'ai rapportées et que produisait si souvent mesmer , sont dangereuses dans la plupart des cas , surtout chez les sujets failles et épuisés par de longues maladies ; néanmoins dans quelques circonstances rares, chez des individus ilifficiles à émouvoir et qui auraient besoin de fortes secousses , il serait avantageux peut-être de les provoquer ; elles pourraient alors être employées et agir à l'instar tle ces médicamens perturbateurs auxquels nous devons de si bons résultats dans la médecine ordinaire. Ces crises, d'ailleurs, ne sont vraiment eff'rayanles que pour un magnétiseur novice, ou pour des personnes étrangers aux expériences magnétiques. Un magnétiseur habile et sur de lui-même les craint peu , car il sait qu'il a la vertu de les calmer. Je le l épète, dans les mains d'un tel homme ces crises, bien appliquées , peuvent quelque/ois être utiles , et n'offrent jamais de danger réel. ( Encore une fois , je n'ai pas 1 habitude de relever toutes les contradictions des magnétiseurs , j'aurais trop a faire ; mais eu voici une un peu trop forte pour ne pas la signaler. Quoi ! M. Fillassier commence cet alinéa par nous dire que les crises magnétiques graves sont dangei euses dans la plupart des cas, et il termine ce même alinéa en aflirmant qu'elles n'offrent jamais de danger réel ! En vérité , ou pense donc avoir magnétisé toutes les personnes qui i lisent de pareilles choses , et exercer sur elles le pouvoir de leur faire prendre des contradictions pour des démonstrations ! )

Co Je passerai sous silence ce que contient l'alinéa 6° , attendu que M. Fillassier se borne à y faire ressortir les effets avantageux d u sommeil magnétique ; se fondant sur ce point, que s'il est un proverbe vrai , c'est le suivant : qui dort dIke. On conçoit , au reste , que l'un des moindres avantages du magnétisme , c'est de faire dîner à si bon marché. Je laisse aux restaurateurs et aux cuisiniers le soin de répondre à cet article ; les limonadiers n'oublieront pas, je l'espère, de se joindre à eux , car on sait que le magnélisoie change l'eau en bavaroise , etc. Comme j'ai fait connaître, au commencement de cet article , les autres conclusions par lesquelles M. Fillassier termine le résumé de ses croyances magnétiques, je crois pouvoir me dispenser de les rapporter ici.

Je me garderai bien déjuger la profession de foi de M. le docteur Fillassier. En effet , s'il m'arrivait par hasard de croire à des faits si extraordinaires dont je n'ai pas été témoin, je serais , suivant l'auteur, un enthousiaste imbécdle ; et si , au contraire , je me permettais de les nier sans examen , j'aurais , toujours suivant M. Fillassier , un esprit mal fait et peut-être une cime sans conscience. C'est pourtant une bien triste position que de ne pouvoir pas dire ce qu'on pense de ceux qui nous affirment tout ce qu'on a lu plus haut , sans courir le risque d'être taxé , je ne dis pas d'enthousiaste imbécille , mais d'es- • prit mal fait , et peut-être d'àme sans conscience. Je l'avoue , si j'en crois M. Fillassier, j'ai bien peur d'avoir l'esprit mal fait et peut-être une âme sans conscience.

C'est peu que de vous convaincre par la force de l'évidence des faits , IM. Fillassier ne néglige pas la puissance de l'autorité. « Ma thèse était finie, dit-il , 11 quand j'ai pu lire le dernier rapport sur le magnétisme animal , fait à l'aca- 11 démie royale de médecine , par MM. Bourdois de Lamothe , Fouquier , j 1) Guéneau de Mussy , Guersen , Husson , llard, J.-J. Leroux, Marc, Thillaye. I « Dans ce rapport sont consignés des faits de somnambulisme analogues à beau- | » coup de ceux que j'ai cités , et tout aussi extraordinaires qu'eux. Parmi les 1) hommes qui les attestent , les uns sont, comme MM. J.-J. Leroux et Fouquier , « professeurs à la facultc.de médecine de Paris , et placés à la tête de services 1) importans des hôpitaux; les autres, comme MM. Husson, Guéneau de Mus.sy, ,

MAGNÉTISME

MAGNÉTISME

» Guersent, sont des médecins célèbres de rHôtel-Dieu et des enfans malades.

0 M. Marc est le premier médecin du roi; M. Itard , médecin-directeur de Tin- » stitution des gourds-muets ; MM. Bourdois de Lamolhe, Thiilaye sont con- I) nus. Tous ces hommes sont remarquables par leur bonne foi , leur moralité , ) leurs lumières , et des travaux scientifiques estimes. Leur rapport , qui un

> jour sera éclatant dans I histoire du magnélisrae animal , fait donc autorité. ) Aussi, après l'avoir lu, ma première pensée avait été de le faire imprimer

> à la suite de ma llièse , et de le donner à ceux à qui cette thèse sera offerte. » En plaçant ainsi sous son patronage , sous son égide amie , ce faible essai ,

> jeune homme , je défendais les faits extraordinaires que je raconte par des

> faits semblables attestés par des hommes graves, et me^ maîtres en la science;

> mais ne pouvant faire imprimer ce rapport , j'y renvoie néanmoins tous ceux ï qui liront ma thèse. «.

De son coté, lauteur de cet article qui s'est précédemment occupé du rapport lontil s'agit, renvoie les honorables académiciens à la thèse de M. Fillassier, dans a ferme espérance que c'est le meilleur moyen de les convertir à la foi de ceux [iii osent professer que l'on serait bien exposé à perdre la vue, si l'on perdait ses 'eux , et que l'on ne compromet pas gravement le salut de son intelligence en le croyant pas avec MM. Chapelain et Fillassier que mademoiselle Clarice, oyait ou devinait à Paris, dans le salon du premier de ces magnétiseurs, ce qui e passait à Arcis-sur-Aube , tant dans les rues de cette ville que dans les âmes le ses habitans , etc.

' Il est bien temps d'en finir avec M. Fillassier; toutefois ,je me fais un véritaile plaisir de citer avant de terminer, le passage suivant , qui fait honneur à sa aoialitc et à celle de ses confrères les vrais magnétiseurs, u Si des magnétiseurs immoraux ou charlatans, dit-il, pour des plaisirs infâmes ou un vil intérêt, peuvent abuser du magnétisme, des somnambules mal dirigés ou abandonnés à eux-mêmes peuvent employer d'une manièic funeste pour eux et poui' ceux qui les consultent , les facultés que leur a données la nature. Les grandes villes renferm.ent beaucoup de ces consultantes ou sibylles, car ce sont presque toujours des femmes. Leur charlatanisme s'affiche comme bien d'autres. Si d'abord elles étaient douées d'une belle lucidité, elle se détériore et se perd bientôt par l'appùt du gain , seul mol^ile qui remplisse leur âme (car la soif de l'or tue les facultés des somnambules comme la puissance du magnétiseur, qui s'exalte au contraire par le dcsintéressemenl). Elles continuent néanmoins leur commerce trompeur; et leurs divinations . ' fabuleuses, suivies par des êtres crédules, deviennent fatales. Ce charlatanisme menteur et funeste sous tant de rapports ne peut aller que croissant dans un ! siècle de liberté générale en tout, et où la licence n'est malheureusement que I trop voisine de la liberté. Et cependant, si la liberté ne doit être donnée qu'à V ceux qui en sont dignes , cela est vrai surtout de celle de pratiquer le magné- »i j tisme animal. »

rt I Malades de corps, et vous surtout malades d'esprit, qui n'attendez votre salut jue du magnétisme animal , vous l'entendez , il est de vrais et de faux magnélieurs, comme il est de vrais et de faux prophètes. Heureusement, rien n'est plus acile que de les distinguer les uns des autres. Quand un magnétiseur vous aura ;uéri, offrez-lui de l'argent : s'il accepte , c'était évidemment un faux magnétieur ; s'il refuse, au contraire, assurément vous devez le considérer comme un rai magnétiseur. M. Fillassier a bien raison : il faut restreindre la liberté de a magnétisation. En attendant qu'une loi ait été votée par nos Chambres, je iropose de ne faire jouir de cette liberté que les personnes qui magnétisent pour jien. Alors on ne se plaindra plus , comme le fait M. Fillassier, d'une concurrence funeste , et tout le monde croira au magnétisme, s'il en existe encore Somme on croit à l'âge d'or, à Cérès, aux arus]jices ou aux prédictions de Nostra- |amus et du docteur Atakia.

■ ^ECTION IV. := Ari'RÉCIATlON PilIl.0SOPHIQt!E DES FAITS ET DES CROÎAKCES

MAGNiiTlQDES.

Maintenant que nous avons exposé avec détail les phénomènes et les croyances dont l'ensemble constitue le magnétisme animal , il s'agit d'exprimer notre ugement sur ce système. Or, pour bien juger un système, quel qu'il soit, il j'aut d'abord examiner quelle est lu valeur des faits qui lui servent de base; en ;econd lieu rechercher si les conclusions qui résument et formulent en quelque iorte le système ont été logiquement déduites des faits ; on peut enfin, en troiiicme lieu, compter et peser, pour ainsi dire, les voix pour ou contre ce système, Jrocédé de jugement, à la vérité, fort délicat.

1 lo. Quelle est la valeur des faits que l'on désigne sous le nom de magnétiques? .1 importe beaucoup ici d'établir une distinction. En effet , parmi les phénonènes signalés par les magnétiseurs, il ^ n est un grand nombre dont on ne peut pontester la réalité , tandis qu'il en est 'd'autres auxquels on ne peut accorder lucuu caractère de certitude.

Les phénomènes du premier ordre sont , entre autres , les paudiculations, les baillemens, les mouvemens convulsifs, le sommeil , le somnambulisme avec jinsensibilité plus ou moins marquée, des cris , des rires, etc. La seule obser- Ijvation que nous ferons relativement à ces phénomènes, c'est qu ils ne méritent pas , à parler rigoureusement, le nom de magnétiques , puisqu'il est bien reconnu que tous les phénomènes dont il s'agit peuvent se manifester chez divers [individus qui n'ont point été soumis à l'épreuve des procédés magnétiques , soit ipar l'effet de certaines lésions du système nerveux , soit simplement sous l'in- Jîuence de certaines impressions ou affections morales. On peut vérifier, en quelque sorte à volonté et journellement , les faits de ce premier ordre.

Mais il y a un second ordre de faits ou de phénomènes qui ne peuvent se

ranger aucunement dans la sphère des faits et des phénomènes physiologiques jusqu'ici admis , ou plutôt qui sont entièrement contradictoires aux faits physiologiques les plus évidens et les plus universellement démontrés. Parmi les faits de ce second ordre, qu'en raison de ce que nous venons de dire , nous avons désignes , dans le cours de cet article , sous le nom de miracles ou de prodiges , parmi ces faits, dis-je , nous devons signaler la vue sams le secocrs

DES TEL'X , LA VUE PAR l'ePIGASTRE , LE BOUT DES DOIGTS , l'oCCIPUT , LE FROST

(lequel , d'après ce qui a été noté précédemment , serait toutefois moins clairvoyant que l'occiput), LA PROPHÉTISATION , LA DIVINATION, LA DÉTERMIIJ ATION DU SIÈGE , DE LA NATURE ET DU TRAITEMENT DES MALADIES PAR DES INDIVIDUS QUI k'oNT POINT ÉTL'DIÉ la médecine , LA CO.MMUKICATION DES PENSEES SANS AL'CUME ESPECE DE SIGNE , LA COMMUNICATION IMMEDIATE DES SYMPTOMES DES .MALADIES DE l'iNDI- VIDU MALADE AU MAGNETISE AVEC LEQUEL IL A ÉTÉ MIS EN RAPPORT.

J'ai dit que les faits de cette catégorie n'étaient pas marqués au coin de la certitude , et j'ajoute qu'au contraire de ceux de l'ordre précédent , ils ne se présentent que très-rarement de l'aveu des magnétiseurs eux-mêmes. M. Rostan convient qu'il est assez commun de trouver en défaut les somnambules magnétiques, quand il s'agit des actes que nous avons énumérés tout à-l'lieure. D'un autre côté , la plupart des vrais observateurs qui ont assisté assidûment aux expériences magnétiques, déclarent hautement qu'ils ont eu de fréquentes occasions de constater les erreurs , lu friponnerie , les fraudes pieuses , pour parler le langage de M. de Laplace, des magnétisés lucides. Plus les faits s'éloignent de l'ordre normal, plus il importe de leur donner de l'authenticité et de les répéter. On peut à bon droit, ce me semble, appliquer à ceux dont nous nous occupons en ce moment, ce qu'a dit 'Voltaire des conditions nécessaires pour qu un miracle soit bien constaté : « On souhaiterait , pour ([u'un miracle «1 fût bien constaté , qu'il fût fait en présence de l'académie des sciences de

» Paris , ou de la société royale de Londres et de la faculté de médecine

» Pour croire un miracle , ce n'est pas assez de l'avoir vu , car on peut se trom- » per. >) On dira sans doute qu'il ne s'agit point ici de miracle. Je le veux bien, mais qu'on m'explique donc alors ce qu'on entend par ce mot. Si , comme le dit Rousseau (lettres sur les miracles), « un miracle est un changement sensible » dans l'ordre de la nature , une exception réelle et visible à ses lois » , certes , on ne refusera pas le nom de miracles aux faits dont nous nous occupons ; car je le demande, y a-t-il rien au monde qui mérite mieux d'être regardé comme im changement sensible dans l'ordre de la nature , comme une exception réelle et visible à ses lois, que l'acte de voir par l'épigastre, etc. ? N'est-il pas, en effet, dans l'ordre de la nature, n'est-il pas dans les lois de cette même nature de voir avec ses yeux et d'entendre avec ses oreilles ? Que dis-je ! les vrais miracles eux-mêmes pâlissent , en quelque sorte, et deviennent des faits presque naturels, en comparaison de quelques-uns des miracles magnétiques. Qu'est ce, en effet, que le miracle de la multiplication des pains , en présence de celui de donner de splendides diuers avec rien , comme le fait M. Fillassier? Découverte économique des plus précieuses , qui mènera fort loin son auteur, s'il est vrai , comme le dit très-bien le grand poète auquel M. Fillassier a dédié sa thèse, <7?^e c'est par les dîners quon gouferne les hommes. Puisqu'il est bien évident , pour quiconque ne veut pas disputer sur les mots, que la vue sans le secours des yeux , la vue par l'épigastre, et quelques autres actes magnétiques indiqués plus haut , seraient de véritables miracles, autrement dit des faits pour l'accomplissement desquels ceux qui les admettent ont fait intervenir la puissance divine , voyez où nous concluirait la croyance de semblables faits. Une faudrait rien moins qu'admettre la divinité de MM. les magnétiseurs : e''est là sans doute qu'ils veulent en venir, puisqu'ils classent les faits de l'évangile parmi les faits magnétiques. Nous verrons ce que nous devrons croire quand ces messieurs auront été crucifiés. Malheureusement, et j'ai honte de le répéter, les miracles magnétiques ont été mal observés , et n'ont point été suflisamment constatés. Rappelez-vous ceux que j'ai rapportés dans le cours de cet article, et vous serez convaincus , ainsi que moi, qu'ils manquent des preuves qu'on a droit d'exiger en pareille matière.

Eu résumé, puisque d'une part les faits magnétiques de notre second ordre auraient dû , par cela même qu'ils violent pour ainsi dire toutes les lois de l'ordre physiologique naturel, être environnés des preuves les [dus nombreuses et les plus irréfragables , condition dont ils manquent , et que, d'ailleurs, parmi les personnes qui en ont été témoins, les unes les admettent, les autres les rejettent , on peut, tout au moins, les considérer comme n'ayant aucune espèce de valeur scientifique.

2°. Les conclusions des magnétiseurs ont-elles été logiquement déduites des faits qu'ils prétendent avoir observés ? Ces conclusions , du moins pour la plupart, sont effectivement conformes aux préceptes d'une saine logique. Mais les conclusions qu'ils ont tirées des faits magnétiques du second ordre sont nulles de plein droit , par cela même que ces faits ne remplissent pas toutes les conditions de faits bien observes. Nos honorables confrères , MM. les docteurs Gasc et Espiaud , nous ont tout récemment encore communiqué des faits qui ne sont rien moins que favorables à la lucidité de mademoiselle Coeline.

3°. Il s'agirait actuellement d'apprécier les témoignages qui déposent pour ou contre la vérité des faits magnétiques ( il n'est question que des faits du second ordre, puisque, comme nous l'avons déjà dit, ceux du premier ordre ne sont l'objet d'aucun doute). C'est là , comme nous l'avons dit plus haut , un problème fort délicat , sous le double rapport de la science et de la morale. Nous ferons d'abord remarquer que l'on compte le nombre de ceux qui croient aux phénomènes de la vision sans le secours des yeux , etc. , tandis que le nombre de ceux qui n'y croient pas est vraiment infini. Mais nous avouons qu'il y a parmi les

MAGNÉTISME

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