MAL DE MER
premiers des noms d'une grande autorité. Au reste , quelque imposant que soit leur témoignage, ils avouent eux-mêmes qu'on ne saurait y ajouter foi : « Nous » ne réclamons pas de vous , disent MM. les commissaires de l'académie à leurs » collègues, une croyance aveugle atout ce que nous avons rapporté, nous » convenons qu'une grande partie de ces faits sont si extuaordinaires que vous » ne pouvez pas nous l'accorder; peut-être nous-mèuies oserions-nous vous » refuser la nôtre , si , changeant de rôles , vous veniez les annoncer a cette 11 tribune , à nous qui comme vous aujourd'hui, n'aurions rien vu, rien observé, » rien étudié , rien suivi, n
C'est ici le lieu de citer un passage de M. de Laplace sur la probabilité des témoignages. Cet illustre auteur tient à-la-fois compte et de l'erreur et du mensonge possibles du témoin ; nous n'avons pas besoin de dire que dnns l'application que nous faisons de ce passage , la possibilité d'un mensonge n'a pu se présenter k notre pensée, u La probabilité de l'erreur ou du mensonge du » témoin devient d'autant plus grande que le fait attesté est plus extil-ioroi- » KAiRE. Quelques auteurs ont avancé le contraire ; mais le simple bon sens » repousse une aussi étrange assertion , et le calcul des probabilités , en contir- •) maut 1 indication du sens commun , apprécie de plus l'invraisemblance des » témoignages sur les faits extraordinaires.... On peut juger par là du poids n immense de témoignages nécessaires pour admettre une suspension des lois » naturelles ; et combien il serait abusif d'appliquer à ce cas les règles ordinaires » de la pratique. Tous ceux qui, sans offrir cette immensité de témoignages, » étaient ce qu'ils avancent de récits d cvénemens contraires à ces lois, afl'ai- » blissent plutôt qu'ils n'augmentent la croyance qu'ils cherchent à inspirer; » car alors ces récits rendent très probable l'erreur ou le mensonge. Mais ce « qui diminue la croyance des hommes éclairés accroît souvent celle du vul- » gaire, toujours avide du merveilleux. [1 y a des choses tellement extraordi- » naires que rien ne peut en balancer l'invraisemblance... Un récit absurde, 11 admis unanimement dans le siècle qui lui a donné naiîsance, n oIFre au.x sic- » des suivans qu'une nouvelle preuve de l'extrême influence de 1 opinion génén raie sur les meilleurs esprits. Deux grands hommes du siècle île Louis XIV , n Racine et Pascal, en sont des cseuiples fiappans. » iluciiiv; et i-'asi.al racontent qu'une jeune personne affligée depuis trois ans et demi d une fistule lacrymale fut guérie rniraculeusemenl , après avoir touché de son œil malade une relique que l'on prétendait être une des épines de la couronne du sauveur. { Voy. VEssai philosofj/iicjue sur le calcul des probabilités ^ P-^g- )
En dernière analyse , il me semble que les faits miraculeux du uiaguctisme n'offrent pas cette immensité de preuves et de témoignages dont ils auraient besoin pour être admis. Il n'est donc pas encore temps de sacrifier le sens commun de tous les siècles à l'assertion presque gratuite de quelques magnétiseurs. C'est eux et non pas nous qu'il faut accuser d'incrédulité. Les vrais inciédules, en effet, ne sont-ils pas ceux qui ne croient pas que les yeux soient nécessaires pour voir! qui ne croient pas que, pour bien diagnostiquer les maladies les plus obscures, pour bien traiter les plus rebelles et les plus graves, il faille autre chose qu'un bienheureux sommeil, procuré par les passes ou le regard tout puissant de M. Chapelain ou de tout autre habile magnétiseur?
Je sais bien que pour dernière preuve de la réalité des faits que nous attaquons , on a essayé d'en donner une explication physiologique ; mais , de bonne foi , peut-on être satisfait d'une explication qui consiste à rendre raison des jihénomènes en discussion par la confusion de l'atmosphère nerveuse du magnétisé avec celle du magnétiseur? N'est-ce pas là une hypothèse malheureusement échappée à un homme d'un grand talent? « L'atmosphère nerveuse acliue du. » magnétisé , dit cet auteur, se mêle , se met en rapport avec l'atmosphère ner- » veuse passive de la personne magnétisée. Celle-ci en est iiifluencée au point » que l'alteution et toutes les facultés des sens externes se trouvent abolies mon menlanéinenl , et que les im|)ressions extérieures et celles que communique 1) celui qui magnétise se rendent au cerveau par une autre voie... Le mélange » de ces deux atmosphères nerveuses rend très bien raison de la communica- » lion des désirs , de la volonté, des pensées même de celui qui magnétise avec » la personne magnétisée... Les deux individus ne forment qu'un ; ils sentent » et pensent ensemble ; mais l'un est toujours sous la tiépendance de l'autre. »
Encore une fois, avant d'exjtliquer les faits, il faut s'attacher à bien en démontrer l'existence : il ne faut pas s'exposer à expliquer une nouvelle (lent d'or.
Les magnétiseurs ne se sont pas bornés à expliquer les faits merveilleux ou fabuleux de la vision sans le secours des jeux , etc. ; ils se sont encore servis de ces faits pour expliquer toute ce qu'on raconte aux bonnes femmes et aux enfans , sur les sorcières , les devins , les magiciens, etc. Quant à nous, pour complaire à ces messieurs, nous consentons volontiers à les mettre sur la même ligne que les sorciers d'autrefois ; et, bien que nous n'ayons pas reçu du saintesprit somnambuli(|ue, le don de prophétie , nous osons leur piédiie une destinée semblable à celle de leurs devanciers , sauf toutefois le gibet et le bûcher dont tout le monde n'est pas digne. Cet oracle est , pour le moins , aussi sûr que ceux de mesdemoiselles Pélronille , Sarnson et Cœiine.
Le temps des sorciers est passé ; celui des magnétiseurs et des somnambules passera. On a dit de certains remèdes, qu'il fallait s'en servir , tant (ju'ils guérissent. Nous dirons, nous , aux amateurs du magnétisme : usez des magnétiseurs et des somnambules tant qu'il en existe ; et sous combien de rapports des somnambules lucides ne peuvent-ils pas être utiles ? Avec une somnambule lucide et un bon magnétiseur, on peut, en quelque sorte , se passer do tout le reste.
Voulez-vous prévoir le beau ou le mauvais temps? laissez là vos insirumeus
de physique , vos baromètres et vos thermomètres , qui vous trompent de tetaj en temps : prenez une somnambule; c'est le meilleur des instrumens.
Voulez-vous savoir si une femme grosse aura un garçon ou une tille? vo< consulteriez vainement le meilleur tles accoucheurs ; mademoiselle Lenormati est usée : prenez une somnambule , et votre fortune est fdite.
Vous avez oublié votre bourse , ou bien votre bourse est vide et vous ayt faim : il n'est pas besoin d'entrer chez le restaurateur. Voilà de l'eau, un bci magnétiseur vous la transformera en une bavaroise au lait ou au choc* lat. f^oilà rien , faites-vous bien magnétiser, et , avec ce rien , vous ferez u ilîner splendide.
Voulez-vous savoir , avec la rapidité de l'éclair , ce qui se passe à une cir quanfaine de lieues de chez vous , au bout du monde même ? Le télégraphe c; trop lent : prenez une somnambule , et comme les somnambules de ce geni sont, je crois , fort i-ares , tâchez de vous procurer, quand vous saurez son non celle qui , du salon de M. Chapelain , où elle dormait , voyait tout ce qui ij passait à Arcis-sur-Aube. |
Voulez-vous connaître les pensées les plus intimes de quelqu'un, chose qu ] de l'aveu universel , est assez diliicile , prenez la somnambule précrdenle. Ti| personnage que je pourrais citer est, sans contredit, un grand et habi; diplomate; toutefois, son oeil exercé ne pénètre pas toujours dans la peij sée des personnages avec lesquels il est en rapport : qu'il se munisse d'une soon| nambule. j
Voulez-vous ?.... Mais je n'en finirais jamais, si je prétendais détailler tous lej cas où le ministère d'une somnambule est infiniment supérieur à tout ce qu'o peut imaginer. Faites-nous donc des somnambules à bon marché , et tout I! monde s'empressera de s'en procurer une.
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( J. BOCILLAUD. )
MAL DE CATENNE. Foyez Pian. '
MAL-DE-MER J ■jccj(Ttx, de v«u5 vaisseau , dont sans doute on a dérivé le mo\'i nausée, appliqué depuis à tous les raotivemens anlipéristaltiques de l'estomac,' bien que dus à d'autres causes que la navigation. ;
Le mal de mer est une affection ordinairement passagère , très-douloureuse . j sans fièvre, sans danger , consistant principalement en nausées , voniissemens fi cardialgies , accompagnés d'un grand abattement. !
Le mot mal de rner est impropre pour désigner ces accidens , puisqu'il!, surviennent sur un fleuve, un lac un peu agité, dans une voiture , ou pen j dant l'exercice de l'escarpolette. S'ils sont beaucoup plus intenses sur la mer j c'est parce que la cause ne pouvant être soustraite à volonté , comme clic l'csi, dans tout autre cas, les effets acquièrent nécessairement une intensités plus; grande; c'est aussi parce que cette cause est incomparablement plus prononcée.
Causes. On a donné comme causes du mal de mer le mouvement oscillaloirei du vaisseau. Tout le momie sait que ce mouvement est de deux natures : le rou lis ou inclinaison alternative du vaisseau sur un côté et sur l'autre; \e tangagi ou élévation et abaissement successifs de l'avant et Je l'arrière du bâtiment. Ot a joint à cette cause : une idiosyncrasie inappréciable , le trouble de lu vue pai
MIL DE MËR.