MANIE
servira la préparation du chlore. A cet elTet, on traite le suroxide de manganèse, réduit en poudre fine, par de l'acide hydrochlorique liquide, ou par un mélange de chlorure de sodium et d'acide sull'urique affaibli , propre à produire de l'acide hydrochlorique. Dans les deux cas , une partie de cet acide se Itrouve décomposée, son hydrogène réduit le suroxide de manganèse à un degré iinférieur d'oxigénation , et de manière à ce qu'il puisse se combinera l'acide hydrochlorique non décomposé; le chlore mis en liberté se dégage : lorsqu'on veut le recueillir à l'état de gaz, on le reçoit dans des flacons renversés et pleins d'une solution saturée de sel marin , qui le dissout peu ; quand, au contraire , on veut l'obtenir à l'état de dissolulion , on le reçoit dans une suite de flacons idcWoulf, contenant de l'eau.
i Le manganèse nous offre deux degrés d'oxidation inférieurs au suroxide , l'oxide manganeux et Voxide inaii ga nique , qui se produisent , comme on vient ide le voir, lorsqu'on tiaite celui-ci par les acides ; et deux degrés supérieurs, qui sont les acides maiigani/jne et oximaiiganique. Le premier se lorme lorsqu'on fond danj un creuset, à l'air libre , du peroxide de manganèse avec de la (potasse pure ou carbonatéc. I^e produit de cette opération est un nianganate de potasse vert , lequel, dissous dans l'eau , passe au violet , au rouge, et finit par devenir incolore , ce qui lui a valu le nom de caméléon minéral. On se procure l'acide oximanganique , en décomposant le caméléon vert par l'acide sul- ^urique ; il est volatil , donne une vapeur violette et communique la même couleur à l'eau.
! Le suroxide de manganèse a été essayé à l'intérieur, dans les fièvres inflammatoires , contre la diarrhée atonique et contre rci)ilepsie , mais il est à peine iiusité de cette manière. Il est employé un peu plus souvent contre différentes maladies de la peau , telles que la gale , la teigne , les dartres , étant incorporé |à mie ou deux parties d'axonge. Difi'érens sels ont aussi été essayés ; ce sont isurtout racélute , le sulfate et i hydrochlorate de manganèse. Ces sels sont d'un jhlanc rosé, d'une saveur amère et astringente, très - solubles dans l'eau ; ils forment avec les alcalis un précipité blanc passant au jaune, au brun et au noir par le contact de l'air. Pris à l'intérieur, ils ont paru exciter d'une manière toute |])articuliùre la sécrétion de la bile ; d'où résulte une forte coloration en jaune des intestins et des gros vaisseaux ; mais cet effet peut être accompagné de vomissemens , d'inflammation de l'estomac , du foie , de la rate, du cœur même, (de sorte qu'il faut ranger les sels de manganèse dans la classe des substances dangereuses , et qui doivent être administrées avec pi udence.
(GliIBOURT.)
MANIE j fj.x'jM. On désigne généralement par le mot manie un état particuilier des aliénés , dans lequel le délire est actif et général , le penchant à des iacles de violences assez commun , l'agitation physique constante , l'insomnie Opiniâtre. Avec ces symptômes spéciaux de la maladie, conicide toujours une température élevée de la tête et une accélération marquée des battemens du cœur, de l'anorexie, de la soif, de la fièvre, en un mot. Ce cju'on appelle manie, [me parait surfout offrir ce caractère commun à côlc de différences nombreuses, •qu'elle représente une période d'acuité de l'aliénation mentale. I J'ai exposé , à l'article aliénation de ce dictionnaire , les raisons qui m'emipêchaient de considérer la manie comme une espèce particulière de maladie mentale; j'ai dit sur quelles bases physiologiques me paraissent devoir être établies les divisions fondamentales de ces affections. Je n'ajoutci-ai rien à cet égard. Mais il est un point de vue pratique que je ne puis négliger en parlant de la manie.
j Si l'on veut admettre que ce mot exprime en général un état aigu de folie, on !ne trouvera pas mauvais , j'espère , que je fasse connaître à son occasion les •effets d'un moyen de traitement que j'ai indiqué trcs-sommairement tians l'article ALIÉNATION, et sur lequel, depuis la publicalion de cet article, j'ai acquis une expérience qui me permet d'en traiter aujourd hui avec plus de développement.
11 s'agit des bains d'affusion. De toutes les variétés de bains que j'ai employées pour combattre l'aliénation, aucune ne m'a paru jouir d'un degré d'ellicacité [comparable à celui que possèdent les bains d'affusion répétés plusieurs fois ■dans le jour, et même dans la nuit, si la tendance au retour du délire est très- Iprononcée.
: Je ne répéterai pas ici ce que j'ai dit au mot méningite sur le mode d'action des affusions , sur la nature des changemens presque immédiats qu'ils introduisent dans nos organes.
j Ce que je dois surtout faire ressortir, c'est que dans la très grande majorité des cas, un bain d'affusion de dis minutes, produit une sédation i)lus prononcée et plus durable qu'un bain tiède de deux ou trois heures de durée, et pendant lequel on aura soigneusement entretenu , sur la tête, une éponge imbibée d'eau à la glace, ou même de la glace pilée.
j Par suite, trois, quatre, ou cinq bains d'affusion dans les vingt-quatre heures^ [produisent une somme de bien-être plus considérable que trois, quatre, ou cinq [bains tièdes de plusieurs heures chacun.
J'ai vu , dans bien des cas , des aliénés chez lesquels l'intensité du délire persistait à un très haut degré, malgré l'action multipliée des bains tièdes à l'éponge, [comme nous les appelons, et chez lesquels le premier bain d'affusion amenait |un calme subit.
i Quelques bains du même genre, répétés pendant quelques jours seulement, étaient suivis d'une guérison complète.
C'est, jusqu'à présent, le procédé le plus actif que je connaisse pour guérir jpromptement et solidement une maladie mentale aigué.
Plusieurs fois j'ai vu ces moyens administrés en ville, triompher en quelques
jours, d'une folie que les médecins ordinaires du mahide regardaient comme exigeant son transport immédiat dans une maison de santé.
Je n'ai pas besoin de dire quelle différence pour un père ou une mère de famille, d'être rendu à la raison après avoir subi dans son domicile, un traitement de quelques jours ou de quelques semaines au plus , ou bien d'avoir été conduit dans une maison de fous.
Un service de ce genre, rendu à quelque membre utile de la grande famille humaine , est vraiment la source d'une des plus vives jouissances que nous procure l'application de notre science.
Il y a bientôt un an que je fus appelé, de quelques lieues de notre ville, auprès d'une personne chez laquelle une folie bien constatée semblait réclamer impérieusement son transport dans une maison de santé.
Il y avait plusieurs jours déjà que les désordres intellectuels existaient ; des moyens antiphlogist iquos appropriés, avaient été mis en usage par son médecin, l'un des plus solidement instruits de notre département.
L'insuccès de ces moyens avait fait croire à mon confrère que le transport de la personne malade, dans une maison spéciale , était devenu nécessaire.
Je l'invitai à tenter quelques nouveaux efforts, avant d'en venir à cette extrémité. Les évacuations sanguines nous parurent devoir être réitérées. Je conseillai concurremment |5endant huit jours , l'usage de bains tièdes prolongés avec l'éponge froide , ou la glace sur la tête ; et , enfin , si ces moyens n'amenaient pas un soulagement notable, il fut convenu que les bains d'affusion , dont je vantai à mon confrère les propriétés héroïques , seraient employés avant qu'on en vînt à la dernière ressource, le transport dans une maison de fous. De retour à Rouen , je reçus de fréquentes nouvelles de mon confrère; tant que les bains tièdes , avec applications froides sur la tête , furent seuls administrés , aucun soulagement notable n'en fut la suite; il fallut donc lecourir aux bains d'affusion. Immédiatement après le premier de ces bains , le calme commença à renaître, le souuneii reparut, la raison se rétablit; la guérison fut complète au bout de quelques jours. Je reçus alors de mon confrère une lettre dans laquelle son admiration pour ce moyen était chaudement exprimée. Bientôt après , notre malade, parfaitement rétabli, vint en personne me faire visite. Je l'ai souvent revu depuis cette époque , jamais le moindre désordre intellectuel ne s'est le.produit.
Je pourrais citer un assez grand nombre d'exemples de ce genre. Ils parlent assez haut pour me dispenser de commentaires.
Quand on peut disposer d'un grand nombre de personnes pour administrer un bain d'affusion, le malatle auquel il est destiné , placé dans une baignoire vide, doit être, s'il résiste, maintenu dans sa baignoire par ceux qui l'assistent. A côté, une autre baignoire est remplie d'eau à une température déterminée qu'on doit faire descendre en quelques cas de 18 à 14 degrés tout au plus ; c'est dans cette baignoire (ju'on puise l'eau qui doit être versée lentement et assez largement toutefois sur la tête et les épaules du malade , jusqu'à ce que tout son corps soit immergé , ou , ce qui revient au même, sa baignoire pleine. 'Mais dans un hôpital, on ne peut toujours disposer, sans laisser en souffrance quelques parties du service, d'un grand nombre de serviteurs.
Les bains d'affusion dans un hôpital demandaient donc pour le mécanisme de leur administration quelques modifications qui permissent de les pouvoir donner avec peu de personnes. Je vais faire connaître le moyeu simjile auquel nous avons eu recours.
Les baignoires des aliénés sont munies d'un couvercle solide , invariablement fixé par des espèces de gonds sur les côtés de la baignoire ; une échancrure existe au milieu d une extrémité de ces couvercles pour le passage de la tête du malade. Cette échancrure, trop petite pour que la tète puisse la traverser, est, comme le couvercle , lentement poussée vers le malade en même temps que les gonds latéraux entrent dans les cavités destinées à les recevoir. On conçoit très bien comment , par le mécanisme que je décris , un aliéné est enfermé dans une baignoire de manière à n'en pouvoir sortir et à ne pouvoir davantage y introduire la tête.
Voici quelles particularités, ajoutées à ce mécanisme, permettent l'emploi facile des affusions.
Au-devant de l'échancrure destinée à la tête, est pratiquée, dans le couvercle, une ouverture quadrilatère qui occupe presque toute sa largeur et s'étend dans une longueur de deux pieds à-peu-près d'avant en arrière.
Cette grande échancrure est bouchée par des tiingles de fer, assez solides pour résister aux efforts du malade, assez espacées pour laisser librement passer 1 eau des affusions. Le bord du couvercle de chaque côté de la tête , et aussi en dehors de la grille, est garni d'un plan incliné dont la pente est dirigée vers la grille de fer.
Derrière la tête du malade une planche forme un autre plan incliné dirigé vers l'échancrure destinée au cou. Ces particularités du couvercle de nos baignoires une fois entendues, il est facile de comprendre qu'un homme monté sur la partie solide de la baignoire en arrière de la grille, puisse commodément vider sur la tête du malade un seau que lui passe un autre homme, après l avoir empli dans la baignoire voisine.
Cette eau, coulant sur la tête dans toutes les directions , tombe en avant sur la grille, à travers laquelle elle passe directement et rencontre en arrière et sur les côtés les plans inclinés qui la ramènent toujours dans la baignoire.
Ainsi s'emplit graduellement la baignoire à mesure qu'on pratique les affusions sur la tête; et ce moyen , qui dispense un grand nombre de personnes d'un service pénible et malsain , n'a pas l'inconvénient d'irriter l'aliéné comme le font toujours des efforts de bras employés à le contenir. ( Foville. )
MANNITÈ.
MÂRRtBE.
Manne. Manna. Produit immédiat (les végétaux , qui est J'une nature particulière , et qui , de temps presque immémorial, est employé comme médicament. On le recueille sur divers végétaux tant exotique qu'indigènes, dont la simple énumération serait déjà trop longue et ilont plusieurs n'en fournissent que des qiiantile's trop peu considérables. Il ne parait ]ias d'ailleurs que les petites différences qu'elle peut présenter dans sa composition chimique . suivant les végétaux d'où elle provient , modifient d'une manière sensible son action sur l'économie animale. La plus usitée est celle que produisent les diverses espèces de frêne, qui la laissent échapper soit par exsudation spontanée , soit à la suite d'incisions pratiquées sur les troncs et les branches, et qu'on récolte sur un lit de feuilles placé au pied de l'arbre. On trouve la manne dans le commerce sous trois formes, qui s'expliquent bien par la manière dont elle est produite et recueillie.
10 La iiianne en. larmes , ainsi nommée, parce qu'elle se concrète en sortant de l'arbre sur l'écorce clie-niêrae, ou sur des tuyaux de paille placés dans les incisions , est en morceaux allongés , creux , et remplis , quand ils sont récons, d'une espèce de siiop. Elle est blanche, cassante, et d'un goût sucré qui n'est pas du tout désagréable.
2° La manne en sorte , composée de petits morceaux en grains et d'une substance sirupeuse qui les agglomère entre eux, parait être le résidu du premier choix et n'en dillère que jiar un aspect moins agréable ; en outre elle est plus sujette à s'aigrir.
3o EuTiu La manne grasse ; espèce de rebut souvent mêlé de substances étrangères et altéré par des additions frauduleuses, forme une pâ(e molle, visqueuse et de consistance de miel. Elle est de mauvais goût et n'est guère employée que pour des lavemens.
Ces distinctions sont réellement plus commerciales que médicales , et nous devons ici examiner la manne d'une manière générale, entendant pai ler, comniC cela se doit, de celle qui est de la meilleure qualité possible.
Les chimistes se sont exercés sur celte substance dans laquelle ils ont trouvé divers principes, et notamment la mannile dont nous parlerons ci-après. Ils ont reconnu que la manne difl'érait , par ses propriétés, du sucre, du miel et des gommes, matières avec lesquelles elle présente au premier abord beaucoup d'analogie. D'ailleurs elle se dissout bien dans l'eau chaude , véhicule qui est le ]ilus ordinairement employé, comme aussi dans l'alcool.
La peu d'aclivité médicamenteuse de la manne n'a pas dû engager à tenter des essais bien suivis pour comparer les propriétés des diverses espèces. Ou sait (jue c'est un purgatif faible, un laxatif, suivant l'expression consacrée, lequel n'étant pas digéré quand il est administré en certaine quanlilé à-la lois, traverse le tube intestinal d'un bout à l'autre , eu sollicitant sur son passage une sécrétion mufiucuse. Les personnes dont les organes digestits sont en bon état et jiourvus d'une certaine activité, ne sont pas purgées ])ar la manue, bien (lu'clles en prennent quelquefois des doses assez considérables. Ausbi est-ce moins un médicament, à proprement parler, cju'un aliment qui devient médicamenteux dans quehjues circonstances faciles à imaginer. On comprend sans peine qu'on doit lui accorder la préférence sur les purgatifs plus énergiiiucs , dans les cas où l'on a lieu de craindre (|ue des matières irritantes ne soient absorbées et portées dans le torrent de la circidation. Mais elle ne doit pas être conseillée comme pourvue de propriétés particulières, puisque le miel, les fruits mucoso-sucrés et acidulés remplissent parfaitement bien l'indication qui vient d'être exposée. Il est donc tout-à-fait surperflu d'énuméi'er les maladies dans lesquelles on peut l'employer avec avantage.
On doit peu compter sur la manue lorsqu'on a besoin de porter sur les inlestins une irritation énergique, et même son association avec des purgatifs drastiques parait peu propre à rendre leur effet plus sûr, plus étendu. U y a lieu de croire tout le contraire, et c'est une opinion généralement adopite qui a fait restieindre beaucoup l'enqiloi de celle substance.
11 n'y a plus guère qu'une manière d'admiiiislrer la manne : c'est de la faire fondre dans l'eau à la dose de deux ou trois onces, pour un verre. On préfère la manne eu larmes comme plus agréable au gout,et quelques personnes la font dissoudre dans du lait chaud. L.i manne grasse, souvent altérée par la fermentation et , dit-on aussi , mêlée de jalap , est usitée chez les pauvres gens, parce qu'elle est d'un prix très-intérieur j mais , dans ce cas, ce n'est plus de la manne que l'on prend. Quant aux préparations , tant officinales ipie magistrales , dans lesquelles on la faisait entrer jadis , elles sont tombées dans le plus complet discrédit deiiuis qu'on a réfléchi da\antage sur leur mode d'action; et , de nos jours, la marmelade de Tronchin serait, pour celui qui l'aurait inventée , un pauvre moyen de célébrité. Il faut reconiiaitre néanmoins (pie ce mélange d huile et de manne était un peu plus laxatif que les éleraens qui le composaient pris séparément ; mais il faut voir eu même temps que, donné à faible dose, comme il était prescrit, ce composé médicamenteux devait avoir une action bien f.iible, et pouvait tout au plus contribuer à entretenir la liberté du ventre. (F. Ratiee.)
MAPilNITE. Substance pr.riiculière , découverte par M. ïiiénanl tians la manne en laimes,qui la présente en proportion plus considérable que les autres c.-pèccs de manne: elle se trouve également dans d'autres substances végétales. Sa couleur est blanche, sa saveur Iraiche et sucrée, son odeur nulle. Elle forme des cristaux en aiguilles , un peu fransparens. L'alcool la dissout parfaitement, et c'est le menstrue qu'on emploie jiour son extraction : mais, quelle que soit son analogie avec le sucre , elle s'en distingue par un caractère essentiel , c'est qu'elle ne subit pas la fermentation vineuse.
Nous ne reproduirons pas ici les conjectures émises par les chimistes , sur
l'origine de la mannite , qui n'est que d'un médiocre intérêt , sous le rapport pratique , et dont on n'a pas coutume de se servir après l'avoir séparée de la . manne. Nous devons seulement dire qu'elle n'est pas purgative , et , dans ce cas, elle n'a aucune importance, puis({u'elle rentre dans la classe des matières sucrées qui sont purement alimentaires. Qu'importe, après cela, qu'on en fasse des pastilles , des pâtes, des marmelades ? Toutes ces compositions devront trouver place dans la boutique du confiseur , et non dans l'officine du jiharmacien. (F.Ratier.) MANIXIIVE. Voyez Baix.
MARRONNIER D'iWDEj œ-sc^/ifi /j//>y7oe/7ii«/ju/n (Linn.). L'écorce est la seule partie de cet arbre que l'on ait employée. Suivant quelques auteurs cetteécorce a \nie grande analogie de composition avec celle du quinquina. Les expériences de 'Vauqueliii, Planche et Henry ont prouvé qu'il n'en est rien. MM. Pelletier et Caventou ont trouvé dans cette écorce une matière astringente lougeàlre, une huile vertlàtre, une matière colorante jaune, un acide, de la gomme et du ligneux : elle ne contient ni alcali ni amidon.
L'écorce de marronnier a très-souvent été expérimentée. On a sur elle , et en grand nombre, des travaux intéressaus : aussi est-elle de ce- petit nombre de médicainens dont la valeur jieul être fixée.
C'est comme anii périodique , et dans des cas de fièvres intermittentes , que cette écorce a été presque exclusivement essayée. La première publication à cet égard date de I72U. C'est une note que le président lion lut à l'académie des sciences. Plus tard , en 1733, un apothicaire de N'enise , J.-J. Zanichelli, publia sur les vertus l'ébri ugcs de l'écorce du marronnier une dissertation que I on peut regarder comme le point de départ des travaux postérieurs. Depuis celle époque des applications nombreuses ont été faites de ce méiiicament dans divers pays. Enli.i, en 1807, alors que, par suite du blocus continental , il y avait dans la plus grande parlie de 1 Europe pénurie de niédicamens exoli- > ques, le ministre de l'intérieur provo(|ua des expériences sur I écorce do i marronnier , qui avait été présentée comme un succédané puissant du quin- ■ (|uina.
Aujourd'hui il résulte , comme fait incontestable, des expériences de Bon, Zanichelli , Peiper, Sabarot , Cusson , Bucholz, Junghans, Cosle de Willemet, Tiirra, Desbois de Roehefort , Ilufeland; de BIM. Ranque , d'Orléans; La- croix , de Laferté -Bernard ; etc. , etc. , ((ue l'on peut souvent guérir avec l'écorce de marronnier (.les fièvres intermittentes (juotidiennes , tierces et même : quartes.
D'autre part, il n'est pas moins constant, d'après les essais de iiloerhing, de MM. Gasc, Bourdier, Bourges, Zulatii et autres, que celte écorce est loin d'avoir une efficacité constante , el qu elle échoue très-souvent.
L'écorce de marronnier est doue, eomaie fébriliige , inférieure au quinquina. C'est un lait sur lec|uel il n y a jamais eu de doute. i
Mais quel est le rang (pie cette substance doit occuper parmi les moyens qu'à ' défaut de quinquina on peut em)doyer jjour coinbatire les fièvres d'accès? doit- | elle être mise avant ou après les autres amers ; le fer . la salicine, la ligature { des membres , etc., etc. ? Celte question n'a pas été suflisamment examinée, de : sorte que l'on peut dire seulement aujourd'hui que, lor3(|u'on manque de (juin- } quina ou lorsqu'il a échoué, l écorce de marronnier est un des moyens auxquels on peut avoir recours.
Cette écorce doit être récoltée au printemps sur de jeunes branches que l'on dépouille de leur épiderme extérieur : on la fait sécher , puis on k pulvérise. ' Zanichelli la donnait à la dose de deux gros, réduite en poudre, infusée dans ; quatre onces d'eau de chai don-bénit , imuiédiatement avant l'accès , et eonti- I nuait ce remède trois fois de suite. Peiper, qui avait reconnu que ce moyeu causait 1 de la constipation, y joignait des laxatifs. Coste et Willemet faisaient bouillir I line once de poudre de marronnier dans une pinte d'eau , jusqu'à réduction ! d (111 tiers , et administraient le tout en (|uatre verres dans l'intervalle de l'accès ; ou bien, quand cette boisson répugnait , ils composaient , avec une once de cette poudre , deux scrujniles de graliole préparée, un gros de sel fixe de Cabaret et du sirop de fleurs de pêcher , un électuaire dont ils donnaient gros ^ comme une muscade de trois heures en trois heures. M. Lacroix composait aussi uuopiat avec trois onces de poudre de m.irronuier, une once de crème de tartre et quanlilé snfliîante de miel. Il donnait une demi-once de cet opiat par ; jour. M. Ranque donnait la poudre à la dose de trois à (piatre gros par jour. IM. Bourges en a fait prendre sans inconvénient jusqu'à trentiî onces au même ! malade. Il arrive souvent que cette poudre , comme celle de quinquina , pèse ' sur l'estomac et produit la constipation ou la diarrhée. On a aussi préparé avec ^ l'écorce de marronnier un e,\trait et un prétendu sel (pie Peiper a donné comme ' analogue à celui de La Garaye. ( Léop. Deslandes.)
MARRUBE. On eu distingue deux espèces : le marrube blanc , marrubiuna vulgare (Linn ), et le marrube noir, ou ballole , ballota nigra (Linn.). Ces plantes appartiennent à la famille des Labiées.
Marrube blanc. Cette plante , aujourd'hui presque abandonnée , ne doit pas être sans vertu. Une odeur forte et une saveur particulière très-prononcée, le fer que, dit-on, elle contient et surtout le crédit dont elle a joui long-temps , sont des litres qui pourront attirer de nouveau sur elle l'attention des médecins.
Ou a dit du marrube qu'il est tonique et excitant. C'est à son odeur et sa faveur qu'il doit probablement ces qualilications. Ou a dit encore de lui, comme de toutes les substances excitantes et toniques, qu'il provoque les urines et L transpiration. La plupart des auteui\s lui ont aussi attribué une action spécial* sur l'utérus. Il serait susceptible de provoquer et de rappeler la menstruation
MASTOITE.
MASTOITE.
;l aurait la faculté Je lemcdier à cei lairies maladies de l'appareil génital des emmes ou raltachces à cet appareil , comme l'hystérie , la chlorose et la Icii- ;onhée. Ces assertions , répétées par tous les auteurs, n'ont au plus de valeur ]iie comme données expérimentales : c'est à ce tilre seulement que nous les ■eprodiiisons.
Les autres propriétés allribuées au marrube n'ont pas un caractère decerli- ;iide plus marqué. Celte plante est un béchique incisif. Elle atténue les mucosités bronchiques, provoque et facilite leur expulsion. Losecke , Haller , Lange, lie Hacn , etc. , etc. , l'ont employée avec succès dans l asthmc humide. Elle 'l'est pas moins vantée pour le catarrhe pulmonaire chronique. C'est particuliè- -eraent , dit M. Alibcrt , quand il existe dans cette maladie un mouvement j'ébrile qui redouble vers le soir , et que des sueurs nocturnes épuisent le niaade, que le mariube pourrait être employé. Il peut même, suivant Alexandre !eTraller,et après lui beaucoup d'autres , guérir la phthisie pulmonaire. On 'a préconisé encore contre la dyspepsie , le scorbut, l'anasarque , la cacochynie , l'ictère , certains cngorgemcns abdominaux, certaines fièvres inlermitlenes , les salivations mercurielles, les affections vermineuses , l'hypocondrie, etc. \ l'appui de toutes ces pro|)riétés , on ne trouve dans les livi'es que des asserions qui se répètent et qu'im petit nombre de faits indiqués plutôt que rapporés. Oa aurait tort cependant de n'en tenir aucun compte , et de condamner out ce qu'on a dit du marrube sans un nouvel examen.
Le marrube blanc se donne en poudre , à la dose de deux gros. Cette dose est double , quand on l'administre en inlusion. On donne son extrait qui , dit-on , 3st foi t actif depuis trois jusqu'à six grains. Le marrube entre dans la tliéria- |ue, lo dj'colocynthidon, le sirop de marrube de Mésue et quelques autres préparations anciennes tombées maintenant dans l'oubli.
Mnvruhe noir ou hatlole. Suivant Pcriihe , cette plante a beaucoup d'analogie avec le marrube blanc pour les propriétés. Hay et la plupart des auteurs qui en ont pai lé la vantent contre l'hystérie et 1 hyj)OCondrie. Elle a été recommandée par le docteur Teizner contre la phthisie pulmonaire ( Ballet, de Ferussac , V. 50 ). Dans le Gotliland, elle passe pour une sorte de panacée universelle contre les maladies des animaux. Elle se donne en infusion.
( LÉop. Deslandes. )
MASTOITE. Inflammation des mamelles. Nous avons dit ailleurs quelque chose lie l'inflammation chronique des vaisseaux galactophores ( voyez le mot Galactikrhée ). Ailleurs encore nous avons p.n lé des ulcérations de la peau du mamelon ( crevasses ); c'est seulement de l'inflammation de la partie glanduleuse ilu sein et de son tissu cellulaire interlobulaire qu'il doit être question ici.
A, La masloïLe pourrait être distinguée en aiguë et en chronique ; celle-ci , vulgairement connue sous le nom d'engorgement , d'induration , de glande au sein , est fréquemment confondue avec le squirrlie ; et il est effectivement diflicile dédire , dans bien des cas , pour la mamelle comme pour d'autres glandes , là où finit l'induration simple et où commence la dégénérescence concéreuse. On peut même croire que toute induration qui survient spontanément est squirrhcuse , pour ain«i dire, d'emblée; toutefois, nous avons vu plus d'une femme portant au sein de ces glandes plus ou moins roulantes, dures, indolentes, ipour l'ordinaire, mais qui , lors de l éruplion des règles ou dans d'autres circonstances , devenaient plus grosses et douloureuses, et offraient en un mot tous jles signes d'une véritable recrudescence inflammatoire, que les saignées locales I seules pouvaient calmer. L'inflammation chronique est encore plus évidente dans la majeure partie des cas où l'engorgement a reconnu pour cause unecon- {tusion ; c'est alors sans doute qu'on a gue'ri par l'emploi réitéré des sangsues ,
par les catpplasmes animés de substances résolutives , par les pommades camphrées , mercurielles , savonneuses , de prétendus squirrhes. Aussi doit-on toujours tenter ce mode de traitement , lorsqu'une induration du sein est survenue accidentellement et par cause locale , surtout si elle est peu ancienne encore , si la tumeur n'est pas bosselée , adhérente à la peau, si le mamelon n'est pas rétracté , s'il n'y a pas des douleurs lancinantes , en un mot si la dégénérescence squirrheuse ne s'est pas encore clairement prononcée.
B. La mastoite aiguë des femmes en couches et des nourrices peut bien succéder aussi à une contusion , à l'imjiression du froid sur le sein , à l'excessive irritation causée par les crevases du mamelon, mais ce ne sont guère là que des causes occasionnelles ; le plus souvent, un état fluxionnaire ou fébrile général précède et amène l'engorgement inflammatoire , et bien souvent ce mouvement fluxionnaire n'est antre que celui qu'on nomme ordinairement fièvre de lait. Ce
I mouvement peut trouver sa crise dans les effets même qu'il produit ; ainsi un \ écoulement de lait abondant, soit spontané, soit provocjué par la succion, j dissipe l'engorgement des mamelles : mais si cet engorgement n'est pas dissipé ainsi , soit que la femme ne nourrisse pas et que le lait ne sorte point spontané- ( ment , soit que les vaisseaux galactophores soient en partie oblitérés par l'atrophie du mamelon chez des primipares, si enfin cet engorgement est plus décidément inflammatoire que sécréloire , la mastoite se développe. Sans doute le vulgaire exagère beaucoup une étiologie vraie , quand il attribue tout, dans ces' circonstances , à la rétention du lait dont il fait quelquefois consister la cause dans quelque obstruction mécanique ( poil). Toutefois on ne peut nier qu'il n'y ait là aussi quelque chose de physique, puisque c'est ordinairement la |i mamelle du côté où la femme se couche qui est le plus fortement engorgée , et [| qui devient plus aisément le siège d'une phlegmasie.
Pour qu'il y ait masto'ite , il ne suffit pas que le sein soit volumineux et ferme , que la malade y sente des picotemens ou de la distension , ce sont des phénomènes normaux lorsque la sécrétion du lait s'établit; l'inflammation vraie
DiCT. nE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQl'ES.
s'annonce le plus souvent par un frisson suivi de chaleur fébrile ; la douleur est vive dans l'une des mamelles , et plus particulièrement sur un des points de son étendue. Là aussi le gonflement est plus manifeste qu'ailleurs , là bientôt se montre de la rougeur. Le chirurgien , en jialpant avec précaution l'organe douloureux , reconnaît que , dans le point le plus sensible, siège une dureté considérable , solide et non granulée, mal circonscrite et s'étendant par degrés du centre à la circonférence. C'est en dehors du mamelon que ces inflammations nous ont paru avoir plus fréquemment leur siège , et un peu plus souvent en dessus qu'en dessous.
Un engorgement inflammatoire peut se résoudre spontanément après deux à trois jours de durée; plus souvent il augmente graduellement, la douleur devient plus vive , la dureté plus étendue, la rougeur plus intense , la fièvre plus forte ; les douleurs sont surtout bien violentes, quand la suppuration se forme; ce n'est guère qu'après quinze jours de durée que la fluctuation devient bien manifeste, et que la peau est amincie ; quelques jours plus lard, un de ses points se soulève davantage , l'épiderme s'en détache, puis la rougeur se change en une teinte jaunâtre; elle se perfore enfin pour donner issue au pus. Quelquefois plusieurs ouvertures se forment simultanément ou successivement pour un même abcès. Après une à deux semaines, la suppuration tarit , et la petite plaie ne tarde pas à guérir ; mais il reste souvent de la dureté , et les recrudescences , les reproductions d'abcès sont loin d'être rares. Il est des femmes qui passent dans ces alternatives une année entière.
A part les soufl'iances qu'ils occasionnent et les dérangemens qu'ils causent dans l'allaitement , ces abcès sont rarement bien fâcheux ; la dureté qui reste à leur suite se dissipe d'ordinaire complètement, et il est bien rare que le squirrhe lui succède. Nous avons vu seulement , dans quelques cas , la cicatrice dure d'un ancien abcès devenir la source d'abcès nouveaux clans les couches subséquentes, surtout si la femme s'obstinait à nourrir , et par conséquent à irriter un organe déjà malade. En effet , si l'allaitement dégorge des seins trop reraiilis , il irrite aussi ceux dont les mamelons sont crevassés , ceux qui sont trop profondément enflammés. Les idées mécaniques, dont il a été question plus haut , ont souvent amené l'effet qu'on voulait prévenir; on a forcé la succion du côté malade, et l'on a ainsi accru le mal et amené un abcès qui n'était pas inévitable; la succion ne convient que quand l'engorgement est à peiue ou point du tout inflammatoire. Il faut la défendre dans le cas contraire , au moins du côté malade ; alors, il est vrai , le sein se remplira de lait, mais la résorption s'en opérera bientôt, comme elle s'opère, après une distension plus ou moins considérable, chez la femme qui ne nourrit point ou (bez celle qui cesse de nourrir. Il faut également bien distinguer les cas d'engorgement mécanique et ceux d'engorgement inflammatoire, dans l'emploi de certains médicamens; une inflammation déclarée ne pourrait être qu'accrue par l'application des linimens savonneux ou ammoniacaux, qui réussissent fort bien au contraire, quand il n'y a qu'accumulation de lait dans la glande ; nous ne pensons pas qu'alors il y ait dissolution d'un lait auparavant coagulé, mais bien C[ue ces linimens hâtent la résorption, qu'ils agissent comme les résolutifs sur le sang d'un ihrombus.
Dans la vraie mastoite , on pourra faire avorter le mal par une abondante saignée locale; les sangsues seront appliquées autour du lieu malade, et non sur le point douloureux même , et l'on favorisera l'écoulement du sang après leur chute. Les cataplasmes émolliens sont ici d'un usage pour ainsi dire populaire, et il faut les continuer encore, lors même que la suppuration est inévitable , qu'elle est déjà établie.
Ici se présente une question d un assez haut intérêt; faut-il ouvrir ces abcès de bonne heure ou tardivement , ou bien en abandonner l'ouverture à la marche naturelle ? Il est certain qu'en ouvrant l'abcès dès que la fluctuation est manifeste, on épargne beaucoup de douleur à la femnio, on la soulage instantanément ; mais l'expérience a démontré qu'alors la récidive était; presque inévitable, et nous avons vu le mal se reproduire neuf à dix fois de suite , en suivant cette pratique; d'un autre côté, c'est souvent prolonger inutilement les souffrances, que d'attendre la perforation spontanée delà peau; un coup de lancette la procure sans inconvéniens et a\ec un avantage réel , quand la peau est fort amincie et le pus bien réuni en foyer. Dans tous les cas , l'usage ultérieur des cataplasmes est encore nécessaire après Técoulement du pus , jusqu'à ce que les duretés aient presque complètement disparu. On en hâte la résolution par l'emploi de la farine de fèves, de l'eau de sureau, de l'acétate do plomb, dès que la douleur est notablement amoindrie ou dissipée totalement; quelques pommades résolutives peuvent même devenir , à cet effet , nécessaires , et c'est un soin qu il ne faut pas négliger que de combattre jusqu'aux derniers restes de l'engorgement.
C. La mastoite aiguë des nouveau-nés est une affection assez commune , et tjui prend souvent naissance dans le préjugé des bonnes femmes qui croient ne pouvoir faire trop exactement sortir des mamelles I humeur lactiforme qu'elles contiennent chez tous les enfans, lors de leurnaissance. Les glandes mammaires, alors rouges et grosses comme le bout du petit doigt chez les deux sexes, s'engorgent assez aisément ; cet engorgement peut être spontané, mais il se dissipe alors de lui-même , pour l'ordinaire; comprimée, irritée , la glande peut au contraire devenir le siège d'une inflammation considérable , et nous en avons vu résulter d'énormes abcès. Les émolliens suffiront souvent pour prévenir une semblable terminaison; mais si , la suppuration déclarée, le mal semblait faire encore des progrès, il ne faudrait pas attendre davantage, et une simple ponction avec la lancette dissiperait les accidens.
Nous noterons, en terminant , que cet engoi gement des mamelles a été quel-
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MASTURBATION
MASTURBATION
rjuefois pris pour un signe de puberté précoce, erreur facile à éviter , dès (|u on est prévenu de sa nature lu plus ordinaire , et qui n'aurait d'ailleurs <fuc des inconvéniens peu graves.
( Ant. DciGÈs. )
MASTURBATION, Cniin.utus main el de stu/iro js corromps, je déshonore. Souvent on se sert du mot Onanisme j)onr désigner le uiùnie fait. Quant aux mois masiupi ation ct riKtnustupnUion , ils ne sont plus usités.
Les excès vénériens, qu'ils aient lieu par le coït ou par la masturbation, ]iroduisent géncraltnieut des maux semblables. Aussi , la plupart des auteurs (lut-ils ccnfomlu ces maux dans une meuie descrij)tiûu . Cependant il est inconti slable que la masturbation conduit devant les médecins bien plus de malades que le coit. Pourquoi ceile dilTéi ence ? l-lle ne vient ni du mécanisme de ( bacua de ces actes, ni de ce que l'un est iiornial , lantlis que l'autre ne l est ])as. C'est à d'autres circonstances qu'il faut la rajiporter.
Cette ditTcrence lient d'abord à ce qu'il e^t moins facile tl'abuser du coït que de se livrer avec excès ii l'onanisme. Le masluibafeur, en effet, na besoin du concours de personne pour obéir à son penchant , il se suffit. Comment pourrait-il être arrêté ? Par des conseils ? Il se cache et les é\ ite . Par la honte? Avec un peu d'adresse , il pourra presque toujours l éviter. Par des scrupules .■" (h) se persuade si vite que ce qui plait est permis. Par la crainte de perdre sa s.into . de risquer sa vie i Mais d'autres se masturbent et n'en meurent pas. Et d'ailleurs, que peut la prévoyance à un âge où elle est sans lumières et sans ibrce , tlevant un désir brûlant , actuel , et qu'il est si facile de satisfaire ? C'est ainsi qu'on se laisse aller à rapprocher de plus en plus un acte dont on ne comprend pas les dimgeis , et dont on ressent de plus en plus le besoin.
Ajoutez que cet acte cause, toutes choses égales d'ailleurs, [dus de fatigue que la copulation. Le masturbatcur, et ici je n'entends parler que de celui qui a déjà quelques idées de sexe et d'amour, ne trouve pas tlans un objet matériel , comme l'individu qui se livre au coit , le principe et la fin de ses plaisirs : cet objet, il fautqu'U l'invente, ct qu'après s'être échauiïë à lui donner un corps, il se fatigue à prolonger son existence jusqu'à un dénouaient qu'il se plaît à retarder. Aussi ce dénouaient , qui dans le coit est presque tout , n est ordinairement dans l'onanisme qu'une partie, et souvent que la moindre partie du tout. Ses secousses trouvent ici une iuiagination en feu , et des sens préparés à les ressentir dans toute leur énergie. La masturbation , par cette cause, produit sur l'organisme une impression plus profonde que le coït, lequel s'accomplit sous d'autres conditions. Encore donc une circonstance qui doit faire que l une ait plus fréquemment des suites fâcheuses que l'autre.
Cc|)endant les dangers relatifs de la masturbation viennent moins encore du ])eu d obstacles qu'elle rencontre, et de 1 exaltation qui l'accompagne, que des époques de la vie où le plus souvent on s'y livre Les irapossibiiilcs diverses qui mterdisent la copulation avant un certain âge, n'existent pas pour I onanisme. Aussi le rencontre- t-ou chez les plus jeunes enfans. L'adolescence surtout s j livre avec fureur. Or, que l'on rtiléciusae aux coiiséqueiices d'un tel abus. Le sens génital qui, dans l'ordre normal , attend pour se montrer que le dcveloppeuient physique des organes soit achevé , ou au moins ioi t avancé , que leur modificabilué ait déjii pris ce caractère spécial que 1 on nomme tempérament, (jui attend enlin que l'on puisse le satialaire légitimement, sans danger; ce sens , dis-je , prématurément provoijué , intervient au milieu de tous les elforts de l'accroissement avec son cortège oblige d'exaltation morale , de secousses sensuelles et de pollutions. Un système il organes , qui n'aurait dû arriver à la Me que plus tard, est jeté violeauueiit au milieu de ceux dont le développement tievait précéder le sien ; il vient demander en iorce et en substance une part qui ne lui est pas laite, et ajouter par son iiiiluence une cause de désordre a celles, déjà si nombreuses , qui entourent 1 âge de l'accroissement. Pour com|ireiidre cette perturbation, (jueJ'oii compare au masturbatcur le jeune homme dont les os oC sont trop rapiileiuent allongés. État général, aspect, tout est semblable ; el cependant il ne s'agit ici que d'organes dont le développement s'opore tacitement, sans secousses et à l'époque marquée par la nature. Qu'on juge d'après cela ce qui doit arriver, quand l onanisme vient cumuler ses maux avec ceux d'une croissance trop précipitée.
Le tableau qu'on trouve dans les livres dos efTcls de la masturbation manque fiéiiéralement de vérité , ainsi- que Georget en a fait la remarque. Cela tient surtout à ce qu'on ne l'a tracé ((ue d'après les exemples les plus saillans , et conséquemmenl les moins nombreux. 11 n'en faut pas conclure , comme on l'a fait, «lue la masturbation est |dus fréquemment innocente (ju'on ne le croit. On peut afiirmer sans crainte, que si les inconvéniens de cette pratique ne sont pas remarqués plus souvent, c'est c|ue l'on méconnaît leur origine. Combien de circonstances , en clfet , se réunissent pour obscurcir la vérité sur ce point ! C'est le médecin qui, préoccupé tie ses lectures, attend la consomption dorsale, l'cpilepsie , la paralysie , la perte de la vue , etc., etc. , pour soupçonner l'onanisme ; ou bien qui par négligence , par découragement peut-être , s'est habitué a ne plus se livrer à des recherches étiologiqucs ; ou bien il attribue les faits qu'il observe à des causes qui leur sont étrangères ; ou encore il hésite à faire à des sujets , peut être fort innoccns, les questions qui pourraient l'éclairer ; c'est l'art avecictpiel Icsenlans, même les plus jeunes, dissimulent leur habitude, et savent donner le change sur le [irincipe de ce (pi'ils éprouvent; c'est l'empressement que les parcns mettent presque toujours à repousser les soupçons du médecin ; c'est enfui le caractère peu déterminé, fugace, sans gravité, des symptômes ofl'erts par les sujets qui ne se masturbent que depuis peu de temps , que rarement , ou dont la corsiilution peut résister à cette sorte d'excès. Je le dis avec conviction, alors même que l'cxiiéricncc de chaque jour ne parlerait pas, Ja
facilité avec laquelle on tombe dans l'abus de la masturbation , l'état dés sens et de l esprit qui l'accompagne , l'époque de la vie où l'on s'y abandonne le plus, suilisent seuls pour faire décider à priori qu'on doit la considérer comme une. des causes les plus fiéquentes et les plus actives de maladies.
Le plus constant des effets de la masturbation est l'amaigrissement. Moins marqué chez les sujets dont le régime est d'ailleurs bon, dont la constitution est lymphatique , et surtout chez ceux qui n'abusent d eux-mêmes c[u 'avec une' sorte de modération, il va souvent chez d'autres jusqu'au marasme le plus hideux. L'aii'iiblissement marche avec la maigreur; d'abord il ne se fait sentir qu'après la pollution, mais peu-à-|)eu il se prononce ct se ])rolonge davantage : alors le sujet devient indolent, paresseux, lent dans son allure, s'essoulïlant etse fatiguant au moindre exercice. La pâleur ilu visage , la teinte violacée des pauj)ières , la faiblesse du pouls, et généralement de tous les mouveuiens organiques , montrent que l'appareil musculaire n'est pas le seul qui soit frappé d atonie ; c'est pour cela qu'on se sert si souvent du mot épuisement, pour qiiali- )>er l'état que présentent ordinairement les masturbateurs.
En même temps que l'ciuboiipoint disparaît ct que Its forces diminuent , l'iminessionnabilité s'accroit de plus en plus. Le masturbatcur devient chaque jour plus sensible aux influences qui agissent sur lui : il s'émeut pour la moindre cause : tout , pour lui, les variations atmosphériques , le boire , le manger, et à plus forte raison l'acte vénérien est la source de sensalions diverses , d'incommodités et d'affections de toutes sortes. Ce sont des palpitations , de l'oppression , des vertiges , de la céphalalgie, des douleurs et des fourmilicmens le long de la cofonne vertébrale , des eugourdissemeiis , des crampes , des lassitudes, des tremblcmens , des douleurs vagues dans les membres, etc., elc, Chez ces individus les maladies deviennent promptement graves ou présentent, une marche, des symptômes tout-à- fait insolites. Cette excessive susccptibihté leur rcite , même après qu'ils ont abandonné l'onanisme , on la voit s'attacher à eux pendant le reste de leur existence , et en être le tourment. L'épilepsie, I hystérie, l'hypocondrie, lacliorée , etc., doivent se développer plus aisément chez de pareils sujets ; aussi tous les auteurs qui ont écrit sur ces maladies s'ac- ( ordenl-ils à ranger la masturbation parmi leurs causes les plus fréquentes. Toutefois il nelaut pas s y trouiper , ces affections à forme arrêtée et nomiuce ne sont pas les résultats les plus ordinaires de l'onanisme , c'est le plus souvent à produire des troubles nerveux plus ou moins bizarres , variables ou fugitifs qu'd borne son action.
J'en dirai autant de son influence sur les facultés intellectuelles. Quand l'onanisme est rare. lient pratiqué, ces facultés n'en soeiffrciit pas (fune manière appréciable. Souvent il ne les entrave dans lears [)rogrès que par la direction: vicieuse qu'il tloune à l'esprit. Chez beaucoup de sujets , ces lacullés et parlicubèrement la mémoire s alfaiblissent. Le trouble de l'intelligence peut allei? chez quelques-uns jusqu'à constituer une véritable aliénation mentale. Ce fait, que beaucoup d'.uiteurs ont avancé, a été confirmé par diverses statistiques ptin bliées dans ces derniers temps par le docteur Holst et iVI. Esquirol. Ce dernier auteur (Ann. d'hjg. décembre 183U ) a remarqué que la masturbation produit plus souvent la folie chez les hommes que chez les femmes. Ainsi, sur vingttrois individus prives de leur raison par cette cause , il n'y avait que trois femmes Mon savant ami , M. le docteur Faliet, m'a dit avoir remarqué que l'afl'aiblissement des facultés intellectuelles et surtout de la mémoire caractérise particulièrement l'aliénation mentale des masturbateurs. M. Esquirol signale la dt mcnce, la mélancolie , la tendance au suicide comme résultats de la masturbation : selon lui, elle est une des causes de cette funeste paralysie qui compliiiue si fréquemment ces alTectious.
Chez quelques masturbateurs l'appareil digestif est comme dans un état de surexcitation. L'appétit est insatiable, les digestions s'opèrent avec rapidité , ct ces circonstances frappent d'autant plus que la maigreur va toujours croissant. Dans la plupart des cas les lonctions digestives se détériorent promptement , et le malaile présente les symptômes divers attribués à la dyspepsie , à la gastraU gie, la gastrite et la gastro-entérite , etc. Ces états sont particulièieraent excités chez les femmes par le fl.ux leuchorroïque qui , chez elles , est l'elFet le plua constant de l'onanisme : j'ai lieu de croire d'après un grand nombre de faits que la pratique m'a présentés , que sur vingt cas de leucorrhée ou d inflamma^ tion , soit aiguè , soit chroni(|ue de la vulve et du vagin chez les enfans et les jeunes filles, il y en a quinze ou dix-huit au moins qui résultent de la masturbation. Des aveux répétés m'ont aussi donné la certitude que les leucorrhées et les mètrites chroniques , si fréquentes chez les femmes de nos villes, doivent le plus souvent leur origine à des excès anciens et quelquelbis récens de mastuibation. S'il était monis délicat d'adresser des questions à ce sujet, et si les femmes étaient moins intéressées a l'envelopper du mystère , on serait surpris, j'en suis sûr, de la ])artque l'onanisme a ilans la production des maladies, qui leur sont spéciales. Chez les hommes , diverses adèclions des oi gancs génitaux peuvent aussi provenii' de cette cause. Les uns ont <les flux blcnorrhéiques , des espèces de goiiorrhées ; d'autres sont tourmentés d'érections fréquentes et douloureuses ; ou bien chez eux les érections sont incomplètes et se terminent j)romptcmeut par l'évacuatiou d'un sperme séreux , et quelquefois, comme W. Delanileterie en a rapporté un exemple [Journal de Coivisartf elc. t. xxiv), teint de sang. Chez d'autres le sommeil est troublé par des pollutions involontaires qui souvent continuent h les épuiser , après qu'ils ont renoncé à l'onanisme. 3'ai vu plus d'une fois des douleurs dans les testicules, des dilatations variqueuses du cordon et des déformations de la verge avoir la même origine.
On conçoit qu'une inllucnce qui alfeclc de tant de manières les organes géni-
MASTURBATION
MASTURBATION
aux de ruii el de l'autre sexe doive amener assez souvent ! infécondité el Timluissauce : c'est en effet ce que lu plupart des auteurs ont attesté.
Il est peu de maladies dont la maslurbalion ne puisse provoijuer, favoriser, )U hâter le développement. A celles que nous avons déjà citées , nous ajouterons es maladies du coeur, depuis les affections de cet organe qui ne s'annoncent [ue par des palpitations et une gène passagère de la respiration , jusqu'aux lélions les mieux caractérisées : la plithisie pulmonaire, ce qui a peut-être conîribué à accréditer l'opinion que les phthisiqucs sont remarquables par leur alacitc; les scrofules , le rachitisme, les luxations spontanées du lémur, la :arie vertébrale, etc., etc. M. Bojer a particulièrement signalé )'on;inisme comme une cause fréquente de cette dernière maladie. Si tant d'affeclions résulent de l'influence de cette prali(|ue , combien, à plus forte raison , doit-elle uodiQer dans leur forme, aggraver, prolonger celles qui coïncident avec elle. l'Ius d'une fois il m'est arrivé , après avoir cherclié en vain à m'expliquer les 'licnomènes bizarres, inaccoutumés, que me présentaient certaines maladies , 'opiniâtreté avec laquelle elles résistaient à tous les moyens , de découvrir que a masturbation les causait et les entretenait , et de les voir céder par la seule iiterruption de cette habitude. M. Falret m'a parlé d'une femme atteinte de nélancolie, et qui est actuellement à la Salpélrière, dont l'affection mentale a té plusieurs fois réveillée par l'onanisme , alors qu on pouvait la croire disipce.
L'élat général il'un individu et les affections morbides qu il présente, peu ent faire soupçonner qu'il se livre à la masturbation ; on peut encore le leconlaître h d'autres intlices.
I Généralement, les maslurbateurs ont un faciès qui leur est propre et qu'on l e peut guère méconnaître quand on l a plusieurs fois observé. Leur figure est iâle et amaigrie , ils ont les yeux cernés, leur physionomie est triste et lion- Seuse. Les signes d'une puberté précoce viennent aussi les dénoncer. Hartiis jueiquefois jusqu'au cynisme, avec les jeunes gens de leur âge, ils sont, dans le monde, embarrassés , taciturnes , et leur réserve pourrait passer jiour de la limidilé , je dirais presque de l'innocence , s'ils ne changeaient lout-à-fait d'al- {ure quand la conversation les ramène aux idées, aux illusions qui les occupent Ijujours. Le goût qu'ils montrent pour l'isolement, leur séjour prolongé dans jertains lieux où ils se trouvent seuls , comme dans les latrines ; leur prompti-
iude à comprendre ce qu'on veut leur dire quand on leur parle de leurs habiudes , bien qu'on ne leur en parle qu'à demi-mot, sont encore des indices u'on ])eut utiliser. Le masturbateur aime à s'enfoncer dans son lit , et à se courir la tèle de ses couvertures. S'approclie-l-on de lui, il feint d être plongé tans un soinmeil profond, et, on le trouve ayant la face rouge, la respiration Précipitée et la peau couverte de sueur. Souvent , alors , il sulhl de le découvrir brusquement pour le prendre en flagrant dclit , et aciiucrir une preuve irrécu- |able d'onanisme. Les traces de pollutions peuvent aussi tournir une semblable jreuve ; mais il en est une que le médecin doit désirer bien plus encore , à cause le la liberté d aclion qu'elle lui donne : c'est l'avtu du masturbateur.
L'art de l'obtenir est délicat et diflicile. Ou doit crainili e , en laissant paraître e doute qu'on éprouve, dose compromettre dans l'esprit du nialatle, et de l'enlardir à nier l'abus auquel il se livre. On doit craindre encore d'apprendre à lin jeune sujet, ce que, peut-être , il ignore j ou bien de s'exposer a une méprise, ihisi que je l'ai vu , en posant des questions trop peu explicites. Aussi ne doit- >n pousser à l'aveu, que lorsqu'on a des présomptions très fortes , ou que le ujet est de ceux avec lesquels on peut s'expliquer sans réserve. Que l'on se i;arde bien surtout de le demander, cet aveu : U faut paraître instruit, arrêté ur le principal, et ne le questionner que sur l'accessoire. Un jeune homme résoudra plutôt à cette question : « vous masturbiez-vous déjà à telle époque? » l[u'à celle-ci : « vous masturbez-vous ? » Et sa réponse n'aura pas moins de faleur. Plus d'une fois il m'est arrivé d'obtenir l'équivalent d'un aveu , en donnant un simple conseil. Je voyais aisément à la manière dont il était compris , rue je n'avais plus besoin de questionner.
\ Certains sujets sont marqués par leur organisation , pour être un pieu plus tôt i)u un peu plus tard, victimes des excès vénériens. La saillie de la partie postéjieure du crâne , si l'on adopte les erremens de Gall, peut fournir à cet égard jin indice précieux : cette saillie est développée à l'excès chez un garçou de huit ins, auquel je donne en ce moment des seins, qui se livre, depuis plusieurs innées , à la masturbation, et dont la verge est dans un état presque continuel jrérection. Chez d autres sujets, c'est d une éducation trop sensuelle, ou d'une ibontinence forcée, à un âge où la coutiaeuce est un état contre nature, ou, enjore, de certaines affeclious de l'appareil génital , que la prédisposition a 1 onanisme est venue. La moindre occasion, un attoncliemeut accidentel, une démangeaison aux parties sexuelles, des pressions destinées h retenir 1 urine, etc., etc., suliisent , chez des sujets ainsi prétlisposés, pour ilcvelopper cette habitude. Mais , de toutes ces causes, celles dont il iaul le plus se mciier, sont 1 enseignement , la provocation et l'exemple.
1 C'est surtout là où un grand nombre de jeunes gens sont habituellement réujnis , comme dans les collèges , les séuiinaires , les chambrées d ouvriers , que ée fléau tend à se propager. Aussi , la vigilance la plus soupçonneuse doit-elle y régner toujours. Si un élève devient suspect, qu'il soit l'objet d'une surveillance spéciale. Si on a lieu de croire qu'il en provoque d'autres ou leur demande de honteux services , qu'on se liàte de le chasser. Les chambres particulières se prêtent mal à la surveillance : aussi , partout où on le peut , les grantls dortoirs doivent-ils leur être préférés. 11 faut qu'une discipline sévère y maintienne une décence rigoureuse, en bannisse toute conversation , et s'oppose à ce que deux élèves [missent sous un prétexte quelconque partager le même lit. Il faut en-
core qu'une lumière faible, mais suiTisantc, y soit entretenue pendant toute la nuit , et que par des inspections silencieuses , mais dont il importe île dissimuler le vrai but, on s'assure de la manière dont chaque élève se comporte dans son lit. Dans les maisons particulières, les jeunes sujets trouvent aussi des provocations. (Je sont des camarades, des amis de cœur, des domesliques, etc., etc. L'expérience montre que , parmi ces derniers , les do.mestiques femmes sont ceux dont il faut se méfier le plus. On ne voudrait croire souvent à ce qu'elles imaginent, pour trouver, dans les eufans qu'on leur confie, des iiistrumens de plaisir. Je tiens de M. le docteur Andrieux qu'une nourrice, dont l'élève offrait un dépérissement qu'on ne pouvait s'expliquer, lut convaincue de s êue fait de Ja succion de ce petit malheureux un moyen d'onanisme.
Les moyens propres à prévenir l'habitude de la masturbation servent aussi à éloigner, à empêcher les répétitions de celte pratique. Mais ce dont il faut surtout se pénétrer bien , quand on veut réformer un masturbaleur, c'est qu'il trouvera toujours les moyens de satisfaire son jienchaiit, si on ne parvient à lui créer des obstacles dans sa propre volonté. C'est donc à se faire un auxiliaire de celle-ci qu'il faut surtout s'attacher, et on ne le peut qu'en inspirant au sujet la crainte de Dieu, ou celle de la mort, ou celle encore des cliàtimens. Ceci montre combien il est essentiel de prendre le coupable sur le fait, et d'obtenir de lui un aveu. Le moyen , en effet , de lui tenir un langage convenable , si on ne s'est mis dans une position à le faire sans hésiter. La crainte de Dieu peut avoir quelque puissance sur certains sujets , particulièrement quand elle est excitée par un prêtre, un confesseur. Celle des chàiimens est moins efficace. Le masturbateur se rit d'eux , sachant bien qu'il lui est facile de trouver de l'ombre pour ses excès. Cependant les châtiuiens peuvent êire ulilisés comme moyen de discipline , comme moyen de faire observer les défenses qui ont pour objet d entourer la maslurbalion d'enlraves. Que surtout le flagrant délit soit puni avec rigueur : c'est le moyen de faire reculer le mas'urbateur devant quelques - unes des occasions qu'il aurait pu saisir. La crainte d'une opération m'a plusieurs fois été utile, mais alors il faut que celle-ci soit pré>entée non comme une uienace , mais comme moyen de débarrasser le jeune homme d'une liabilude contre laquelle il lutterait en vain. La crainte des inlirtnités ou tle la mort exploitée habilement, je dirais presque brutalement, a sauvé jjIus d'un masturbateur, bien que dans la jeunesse on se préoccupe peu du lendemain. A ces mots dits froidement : « Dans deux mois vous n'existerez » plus, si vous vous masturbez encore, » j'ai vu des jeunes gens pâlir, tomber en défaillance et se réibrmer aussitôt. La lecture du livre deTissot, malgré ses imperfections , et en général des écrits sur l'onanisme , a été souvent suivie d'un pareil résultat.
Les lien.ï , les caleçons lacés par derrière , les appareils imaginis pour préserver les organes génitaux des attouchemens [irovocateurs , ceux qui ont pour objet d'empêcher les cuisses de se serrer fortement l'une contre l'autre . ne peuvent être employés ([ue chez de très jeuncs sujets, ou lorsque eux-mêmes les demandent , ainsi <|ue je l'ai vu. l'iusieurs fois j'ai conseillé , moins comme moyen topique que comme obstacle aux attouchemens , l'ajiplicalion sans iniermétliaire , d un cataplasme de farine de lin sur les parties génilales externes. L'ablation du clitoris , recommandée par Levret , a été pratiquée avec succès j)ar M. Dubois. La cautérisation de cet organe fut em|iioyée en vain chez une femme , dont M. Serres a ra|)porté l'observation. Ajoutons que l'on trouva , quand on ouvrit le cadavre de cette femme, une maladie du cervelet. {Anal, de L'encéphale^ t. ii, p. 605.)
Le précepte d'obliger le masturbateur à se fatiguer pendant le jour, à se coucher tard , à être matinal , afin que , pour lui , le temps du repos soit entièrement consacré au sommeil , est la conséquence du précepte général d'ôter à celui qui abuse de lui-même les occasions ti en abuser. C'est aussi en vertu de ce même préceiile qu'on recommande de le surveiller toujours , particulièrement là où il doit être seul , dépouillé de ses vèteiuens, comme au bain , aux lalrines , etc., et que, si la chose se peut, on lui fait partager le lit de la personne qui doit le surveiller.
Il n'importe pas moins d'éloigner de lui tout ce qui pourrait échauffer ses sens et son imagination : ce sont les bals, les spectacles, les réunions nombreuses, les repas splendides , les lectures, les images et les conversations licencieuses ; les boissons alcooliques, les alimens excitans , même les soins de propreté qui l'exposent aux attouchemens ou aux regards d'autrui. Assez généralement , l'imagination du masturbateur s'attache à une personne de l'autre sexe, et la fait intervenir dans toutes ses illusions. C'est chose importante de découvrir quelle est cette personne, et de l'éloigner de ses regards. En même temps qu'on le prive de tout ce qui pourrait l'exciter, il faut le soumettre à l'action des moyens qui agissent dans un sens contraire; c'est un coucher frais , même un peu dur, tloiit la plume est exclue ; ce sont des boissons rahaichis- .santes, des alimens doux et légers , des bains frais, des lavemens frais, des lotions Iraîches sur les parties génitales , de petites saignées , des applications de sangsues ou des ventouses scarifiées à la région des lombes ; ce sont des occupations corporelles, des exercices gj'mnattiques , la natation , etc., etc. Il est bien entendu que ces moyens ne devraient être em[)loyés qu'autant qu'ils ne rencontreraient aucune contre-indication dans l'état du sujet. On a conseillé aussi de faire des applications de glace sur la région du cervelet- M. Gensoul , chirurgien lie l'Hôtel-Dieu de Lyon, a guéri , comme par enchantement, un homme atteint île pollutions opiniâtres, en lui faisant appliquer des sangsues et de la glace pilce à la nuque. (Serres , loc. cit., p. 603.)
Enfin , il est des cas où le seul moyen à employer est de donner une satisfaction légitime et moins dangereuse au sens génital, par le mariage. Il est au