MAXILLAIRE
surplus conslamraeiil ulile de distraire le maslurbaleur des idées qui entreticnuent son habitude , en favorisant les aptitudes , les goûts légitimes qu'il pourrait avoir, en excitant son ambition et en le faisant voyager.
Les suites de la masturbation , quand elles ne consistent pas dans des maladies décidément incurables, disparaissent , ou au moins s'atténuent avec plus ou moins de rapidité, par le seul lait de l'anéanlissement de leur cause. On peut donc dire que le premier moyen de remédier aux désordres produits par cette habitude est de la faire cesser. Mais comme trop souvent il arrive que l'on n'y parvient pas , on se trouve alors dans celte position mauvaise où il laut combattre un mal sans avoir pris sur le fait qui l'a causé et l'entretient. Dans ce cas , et aussi quand le mal survit aux excès qui l'ont amené , que faut-il faire ? On conçoit qu'il est impossible de répondre h cette question il'uiie manière absolue , et que les elFets de la masturbation étant infiniment -variés , les moyens d y porter remède doivent être variés comme eux. Toutefois quelques règles générales peuvent être posées. D abord il en est une à laquelle toutes les autres sont subordonnées : elle consiste à écarter du traitement des afl'ectious diverses que le malade peut présenter toute substance médicamenteuse , tout moyeu qui pourrait , soit par son action sur la sensibilité, soit par les occasions qu'il offrirait, entri-teiiir ou réveiller le penchant à l'onanisme. Deux autres règles dérivent des effets les plus généraux de cette habitude. Elles consistent, la première à réparer Jes pertes en forces et en substance qui en résultent ; la seconde à modérer l'excessive susceptibilité qu'elle entraine. Cette double nécessité s'accorde parfaitement avec ce que nous avons dcjii dit de la manière de vivre qui convient aux masturbateurs : seulement la première, celle de réparer les pertes du sujet, impose souvent des bornes a l'emploi des ageus anti-phlogisliques et plus ou moins débilitans que l'on voudrait employer, tandis que la seconde oblige à prendre les moyens de réjiaration parmi ceux qui sont le moins capables d'exciter. Surtout que les règles diététiques [iropres à éviter les mauvaises digestions soient prescrites au malade avec le plus grand soin. Ce précepte est capital chez les masturbateurs, d'abord à cause de la facilité avec laquelle leurs fonctions digestives se dérangent, et aussi parce que ce n'est pas ce qu'ils mangeront, mais ce qu'ils digéreront bien et complètement qui pourra les réparer. Quelques toniques , des amers , des ferrugineux , l'habitation de la campagne, quand elle peut s'accorder avec la surveillance indispensable , pourraient aussi être utiles. Quant aux exercices gymnastiques et autres si nécessaires à tant d'égards aux masturbateurs , que l'on évite, surtout quand la détérioration des sujets est avancée , de les laisser aller jusqu'à la fatigue. 11 pourrait en résulter, comme je l'ai vu , de graves inconvéïiiens.
(LÉop. Deslakdks.)
MAXILLAIRE [Maladie de L'appareil).
L'appareil maxillaire comprend deux ordres principaux d'organes , des os et des glandes.
I. Les os sont exposés à des fractures , à des luxations , à des caries, à des dégénérescences cancéreuses. La cavité du maxillaire supérieur est de plus assez fréquemment le siège , soit de collections de liquides séromuqueux , connues sous le nom d'hydropisies du sinus maxillaire, soif de tumeurs fibreuses, fongeuses ou carcinomateuses , tantôt pédiculées , et tantôt prenant naissance de tous les points de la membrane qui tapisse l'intérieur de ce sinus.
Lorsque du gonflement, aigu ou chronique, et persévérant soulève la joue, et que des douleurs d'abord aiguës, puis sourdes, pongitives, constantes , se manifestent, on peut soupçonner que le sinus maxillaire est le siège de quelque collection purulente ou séreuse , il laquelle il importe de donner issue. Presque toujours alors la nature a devancé les procédés de l'art et préparé la voie par laquelle le liquide tendra h sortir. Chez quelques sujets , une ou plusieurs dents molaires sont saillantes, ébranlés, doidoureuses ; chez d'autres la voûte palatine est ramollie, usée, et forme dans la boiicbe une tumeur arrondie, plus ou moins fluctuante^ chez plusieurs encore , la région externe de l'os , vers la fosse canine ou à la partie moyenne de la joue , est le siège de ce travail éliminateur , qui plus rarement se dirige aussi vers la narine,
Dans tous les cas de ce genre , le chirurgien doit d'abord explorer avec la ]ilus grande attention les divers points du contour de la cavité maxillaire. Des dents molaires sont-elles douloureuses , ébranlées ou cariées? c'est constamment par leur arrachement qu'il convient de commencer l'opération. La seconde et la troisième molaires doivent être préférées à la première , comme correspondant mieux à la partie plus déclive du sinus. 11 faut ensuite, ainsi que le conseillait Desanit, et que le prescrit encore M. Boyer, cerner la gencive correspondante, puis porter dans le fond des alvéoles un trépan perforatif ou un fort scalpel , el en agrandir l'ouverture jusqu'à ce que le doigt puisse aisément pénétrer dans le foyer purulent. Si d'autres points étaient ramollis , tuméfiés , ûuctuans, c'est sur eux qu'il conviendrait d'agir , en y pratiquant des perforations, suffisantes pour livrer au liquide un écoulement facile. Dans un cas, où tieux dents étaient cariées et mobiles , en même temps que de la fluctuation se faisait sentir au palais et dans la fosse canine, j'ai enlevé la dent , et plus tard, les parties distendues ont repris leur situation ainsi que leur consistance normales. Il importe de ménager les tissus extérieurs , et, lorsque l'on doit pénétrer par la partie inférieure de la paroi externe du sinus, c'est en soulevant la lèvre supérieure , en incisant la membrane muqueuse . et en glissant les insirumens perforateurs , sous la joue, dans la fosse canine , qu'il faut opérer.
Dans beaucoup de cas, la plaie que I on a faite aux parois du sinus se resserre trop rapidement, el devient insunisante pour livrer i)assagc au liquide encore abondamment sécrété. La maladie alors se perpétue ou tend à se repoduire. On évite cet .nconven.ent eu introduisant dans la plaie osseuse une canule de plomb
tellement disposée qu'elle se maintient d'elle-même en place , et par laquelle ou pratique, au besoin, dans la cavité morbide, des injections chlorurées ou détersives. J'ai emi)loyé avec avantage cette canule, qui a été conseillée par plusieurs praticiens , et dont ]M. A. Talma , de Bruxelles, entre autres, a plusieurs fois constaté les bons effets.
Les tumeurs sarcomateuses du sinus maxillaire ont été attaquées directement, | h l'aide d'instrumens portés dans la cavité d'où elles prenaient naissance. A l'aide de scalpels et de bistouris on enleva ces tumeurs , en disséquant jusqu'à l'os les parois osseuses elles-mêmes ; à l'aide du feu on arrêta les liémorrhagies , et l'on s'efforça de détruire jusqu'aux racines les plus profondes de la production morbide. Mais ces procédés hardis n'ont eu que de rares succès , parce que sans doute le lissude l'os maxillaire lui-même est alors malade, et que la disposition à la répullulation delà tumeur se conserve en lui. M Gensoul, de Lyon, a pensé que I on procurerait une guérison plus sûre , et achetée par moins de douleurs eu enlevant la totalité de l'os maxillaiie avec la tumeur qu'il recèle. Ce procédé d'ailleurs offre , en outre , l'avantage d'être applicable aux cas les plus graves, à ceux que l'on considère , par le développement excessif des parties, comme audessus des ressources de l'art.
Tel était le cas de l'homme dont nous allons rapporter à titre d'exemple l'observation
La tumeur maxillaire occupait tout le côté gauche de la face, avait dévié la bouche, s'étendait de haut en bas depuis le plancher de l'orbite jusqu'à deux lignes au-dessus du menton; d'avant en arrière, depuis le nez, qui était dévié à droite, jusqu'aux environs de l'angle maxillaire inférieur. Elle avait dans son diamètre vertical sept pouces neuf lignes; d'arrière en avant et de haut en bas , sept pouces six lignes , et de circonférence seize pouces quatre lignes.
Le malade fut assis sur une chaise, la tête inclinée en arrière et soutenue j contre la poitrine d'un aide. Le chirurgien pratiqua une incision verticale 1 depuis le grand angle de l'œil jusqu'à la lèvre supérieure , au niveau de la dent ! canine gauche ; du milieu de cette incision , ou plutôt à-peu-près à la hauteur delà base du nez une seconde fut prolongée en arrière jusqu'à quatre lignes audevant du lobule de l'oreille ; enfin une troisième descendit de six lignes au- ! dessous de l'angle externe des paupières jusqu'à le terminaison postérieure de ■ la seconde. Le lambeau ainsi tracé fut relevé vers le front. Pour achever de ' découvrir la tumeur , il fallut diviser encore la face depuis l'angle de réunion de | la seconde incision avec la troisième, le long du muscle masséter jusqu'au rebord inférieur du maxillaire inférieur. Ce lambeau fut détaché et renversé en bas , j sur le cou.
A l'aide du ciseau et du maillet . on coupa l'arcade orbitairc externe, près de. la suture qui unit l'os maiaire à l'apophyse orbitaire externe du eoronal ; le ciseau pénétra jusqu'à la fente sphéno-maxillaire. Un ciseau très-large , appliqué au-dessous de l'angle interne de l'œil, traversa la partie inférieure de l'os unguis et de la face orbitaire de l'elhmo'ide. On sépara de la même manière l'apophyse montante d'avec l'os du nez correspondant. Ajjrès'avoir coupé ensuite , avec le bistouri , les parties molles qui unissent l'aile du nez avec l'os maxillaire supérieur , le chirurgien arracha la première dent incisive gauche , et introduisit un ciseau entre les deux os maxillaires , de manière à les disjoindre , ce qui ne fut ni long ni diflicile. Enfin, pour séparer le maxillaire de l'apophyse ptérygoïde et de quelques adhérences qui auraient pu le retenir encore en arriére , le oi' seau fut porté par l'orbite, ea coupant le nerf maxillaire supérieur , jusque dans la masse morbide, et on le fit pénétrer assez profondément , pour ((u'il pût servir de levier , afin de faire basculer la tumeur dans la bouche. Ce moyeiv réussit et il ne resta plus qu'à couper, avec des ciseaux courbes ou avec le bistouri , les attaches de l'os palatin au voile du palais , de manière à laisser celuici tendu entre l'apophjse ptérygoieie el la partie droite qui était restée intacte, L'opération ne fut suivie d'aucune hémorrhagie grave. Les lambeaux, rapprochés , et réunis au moyen de la suture entortillée , s'agglutinèrent , et la gué-, rison s'acheva de la manière la plus heureuse. Depuis cette première opératior (mai 1827) , M. Gensoul a pratiqué plusieurs fois l'ablation complète de Toi maxillaire supérieur; et cette opération, répétée à Paris , ne doit pluii effrayer les chirurgiens, ni cire considérée comme insolite : elle est acquisi, désormais au domaine usuel de l'art. .
Un procédé fort simple a été suivi par M. Gensoul , pour désarticuler la inâ j choire inférieure d'un côté. Après avoir mis cet os à découvert dans toute sij moitié droite , par l'incision des parties molles, il le divisa au point de la sym j pliyse en deux portions égales; saisissant ensuite la moitié malade de l'os , i porta le bistouri alternativement en dedans de la bouche et au-dessous du bon maxillaire, de manière à diviser toutes les parties qui l'unissaient à la langue i à l'hyoide et à l'apophyse ptérygoïde. Il eut grand soin de comprendre dans ce i incisions le nerf maxillaire inférieur. De forts ciseaux courbes servirent à coupe ; l'attache du temporal à l'apophyse coronoide. La portion malade de la mâclioir i put alors être renversée en dehors ; il devint facile de couper l'attache du mus cle ptérygidien externe au col du condyle , et l'articulation étant ouverte ; l'opération fut ))ientôt achevée.
Il est manifeste que si la désarticulation devait être double , il faudrait encoi' | diviser l'os maxillaire inféiieur dans sou milieu, de manière à agir successive i ment sur ses deux moitiés, comme M. Gensoul l'a fait pour une seule. Mais cet! i opération ne sera sans doute pratiquée que dans des circonstances fort rares.
II. Les glandes sous-maxillaires comme les parotides sont rarement atteinte j d'engorgement chroni(|ue ou de désorganisations cancéreuses qui nécessiter , leur extirpation. Dans la plupart des cas , la tumeur affecte fpiclques-uns d( ganglions lymphatiques du voisinage, et si profondes que soient ses adhérence
MÉCONIUM.