MEL^NA
ou ses expansions , elle a plutôt refoulé, atrophié, fait disparaître , en partie , | la olancle elle-mcrae , que pris naissance dans le tissu de cet organe.
Quoi qu'il en soit, si l'on devait procéder à l'extirpation de la glande sous- | maxillaire, le malade devrait être as^is , la tète renversée du côté opposé et en | arrière, contre la poitrine d'un aide. Une incision i)arallcle ou h la base de 1 os maxillaire inlerieur , et au plus gnaul diamètre de la tumeur , sera faite aux tégumens , au muscle peaucicr et au tissu cellulaire; si le besoin l'exige, cette incision peut être rendue cruciale. La glande étant mise à découvert par l'incision de son enveloppe immédiate , une double érigne doit être enfoncée dans sa substance , près de sa partie antérieure. Un aide la tire alors successivement en dehors , puis , eu haut et en bas, pendant que le chirurgien, avec les doigts, le manche d'un scalpel ou de petits coups d'un bislouri à lame mousse détruit les adhérences qui la fixent à l'os maxillaire , et aux muscles hyoglosses et nivlohyoïdiens. Si , lorsque , renversée en arrière et en deliors , la tumeur ne tient plus que par un péilicule assez peu épais , ce pédicule renferme l'artère maxillaire externe , il convient de le lier avec un lil solide, au-devant duquel on achève de la séparer. J'ai plusieurs fois enlevé avec succès , suivant ce procédé , des ganglions sushyoidiens très volumineux, et aucune hémorragie n'a succède à ces opéralions.
■4. yidal. ( De Cassis ) Rôseclion du niasillaiie inférieur { Journal iiniv. liebdom . de médecine , 1833 , lonie xiii, page 2'i9.) . ^
</. Gensoiil. Lcitre cliii urgicale sur quelques maladies graves du sinus maxillaire et de l'os maxillaire inférieur, Paris, 1833 , in-S", allas in-fol.
( L.-J. BÉGIN
MATRICî;. yoyez UxÉnus.
MAl]"VE j mali'ci. On emploie, sous le nom de mauve, plusieurs espèces apparlenant au même genre , et dont les propriétés sont assez analogues pour qu'il n'y ait aucun incoiivcuieul à h's employer l'une pour l'autre. Leurs caractères botaniques sont connus de tout le monde, tant elles sont communes dans nos contrées , ou elles croissent spontanément , et sans culture. Les mauves rentcrmtnt en aboudance un mucilage accompagné de fécule , qui exphque comment les anciens les ont èraployées comme substances alimentaires , et qui rend égaleuient raison des propriétés adoucissantes , émoUientes et calmantes , qu'on leur a depuis reconnues. Peu de plantes sont d'un usage aussi vulgaire, en infusion , pour l'usage intérieur , et surlout en décoction , pour l'usage externe , en bains , lolions, fomentations , lavemens , etc. , qu'on peut varier à l'infini. Ou peut facilement comprendie quelles sont les affections dans lesquelles ce médicament peut être employé , et en juger qu'il n'est préférable à aucun de ceux du même genre. On donne les fleurs en infusion à la dose d une demi-once par pinte; pour les feuilles: c'est une once , et au-delà, pour une plus grande quantité d eau. F. Ratier.
MECHOACAN. Convolvulus mechoacan. On désigne par ce nom une substance médicamenleuse exotique, et beaucoup moins employée de nos jours qu elle ne I était jadis , parce qu'on a reconnu qu'elle n'était prélérable en rien à divers mé<licamens tant exotiques qu'indigènes. Il n'est pas même certain que cette racine appartienne à la lamille des convolvulacées , si riche en purgatifs. Quoi qu'il en soit , ce qu'on trouve dans le commerce sous le nom de mechoacan consiste en des rouelles blanc hes et sansécorce , plus ou moins épaisses et larges , dont l'oileur est presque nulle et dont la saveur, d abord douce et mucilagineuse , devient bientôt âcreetamere. L'analyse qu'en ont faite plusieurs chimistes n'a pas toujours donne les mêmes proportions ; mais tous y ont reconnu la présence d'une résine purgative analogue à celle de jalap. C'est comme purgative que la racine de méchoacan est depuis long-temps employée, et l'expérience avait montre que l'infusion vineuse et alcoolique était la forme la pins efficace ; ce qui s'explique bien puisque la résine est son principe actif. Outre l'action purgative qui est bien constatée , on lui en prêtait une toute spéciale dags diverses maladies telles que le carreau , 1 asthme , etc. Il faudrait , si l'on voulait se servir de ce médicament , extraire la résine au moyen de l'alcool et l'administrer ainsi séparément comme on fait pour le jalap.
F. Ratmîr.
MECONIUM. C'est le nom qu'on donne aux matières excrémenlitielles amassées dans les intestins du fœtus ; elles se présentent sous la forme d'une pulpe visqueuse, d'un brun verdàire très-foncé, et paraissent contenir, surtout en grande proportion, les élémens de la bile, des mucosités digérées et peut-être le résidu des eaux de l'amnios, également dénaturées par l'action de l'estomac et des intesl ins grêles. Formé d'abord dans ceux-ci, le méconium passe, durant les derniers mois de la vie intra-ulériiie, dans les gros intestins, et il remplit le colon et le rectum aux approches de la naissance. Aussi n'est-il |)as rare qu'il soit évacué même durant le travail de la parturifion , et celte évacuation peut fournir à la pratique quelques données importantes. \° Dans certains cas, il semble qu'elle ait précétié même le travail ; les eaux de l'amnios s'échappent bom beuses et quelquefois fétides , colorées parle méconium ; bien souvent l'enfant est alors ou mort ou très faible , et cependant on en a vu parfois de forts et vigoureux précédés ainsi de l'eau salie , ilans laquelle ils avaient séjourné assez long-temps quelquefois pour que la peau fût imprégnée de la même couleur. On àoil croire qu'alors il y a eu quelque maladie chez le fœtus , une sorte de diarrhée ou des coliques , comme il en existe si souvent après la naissance. 2° Durant le travail et après la rupture des membranes, le méconium s'écoule quelquefois pur ou presque pur; c'est une circonstance d'un mauvais augure, toutes les lois que le fœtus présente la tête ou l'épaule; elle dénote en lui un affaiblissement extrême, un relâchement des sphincters , signe actuel ou avant-coureur prochain de la mort. Il n'en est pas ainsi quand l'extrémité postérieure du fœtus se pré-
DlCT. DE MlÎDEClUE ET DS CulllDRGIE PRiTlIjUES.
sente à l'orifice ulérin , surfout si les pieds sont relevés devanU'abdomen ; l'anus est alors exposé en pleine liberté aux passages naturels , la pression de l'utérus sur tout le corps , et sur l'abdomen en parliculier, force la résistance de ses sphincters que rien ne soutient, et le méconium s'échappe ; on le voit quelquefois sortir alors de la vulve en forme de ruban continu, surtout quand déjà le pelvis du fœtus descend dans l'excavation pelvienne de la mère et que l'abdomen est conséquemment comprimé avec force. On conçoit bien qu'alors le pronostic est peu fâcheux , et que le diagnostic en devient ]dus clair en ce qui concerne la position de l'enfant.
Après la naissance , le méconium ne tarde pas à être spontanément évacué, dans le cas même oii l'enfant n'a point avalé ce colostrum qu'on dit lui être à cet effet si uliie ; si douze ou vingt-quatre heures se passent sans cette évacuation, le cas devient n;orbide et réclame l utlention du praticien ; il faut alors qu'il s assure s'il n'existe point quelque impeuforation de l'anus (voyez ce mot). Si lanus est bien conformé , il suffira d'ordinaire de quelques cuillerées d'eau miellée , ou d'eau chargée de sirop de rhubarbe ou de fleurs de pêcher , à doses moilérées , pour déterminer l'évacuation nécessaire ; parfois un lavement produit plus sûrement et plus commodément le même efiét, et plus souvent encore on 1 obtient sans tant d'appareils et sans risquer de déranger l'estomac, en plaçant dans l'anus un petit suppositoire de savon ou de beurre de cacao. Que la rétention du méconium soit cause ou effet d'une plilegmasie de l'abdomen reconnaissable à la tuméfaction du ventre, à la chaleur de la peau , etc. , les bains et les cataplasmes devront être employés en même temps que les médications susdites; mais s'il existait , comme nous l'avons vu, quelque étranglement inléricur , quelque autre vice de conformation dans 1 inlestin , une interruption de son calibre , etc. , il est clair qu'alors il n'y aur.Jt rien à attendre de ces secours , et le plus souvent même l'opération de Littre et de Callisen ne serait point applicable , le vice tie conformation siégeant plus haut que 1 S iliacjue ou la portion lombaire gauche du colon que ces médecins ont proposé d'ouvrir.
Il est des vices de conformation d'une autre nature , dans lesquels le méconium fournit des signes caracléristiques , comme quand le rectum communique avec le vagin chez les petites filles , avec la vessie chez les garçons ; c'est alors par ces dernières voies qu'il est rendu ; il y a ordinairement en même temps imperfiiration de l'anus , et l'on a pu quelquefois ( Dieffenbach ) remédier par une opération à ces conformations anormales; nous avons vu un garçon , bien constitué du reste, dont l'anus imperforé fut ouvert par une incision profonde, mais trop étroite; l'écoulement des malières fécales devint bientôt presque impossible, et alors .seulement elles commencèrent à sortir par la vergeavec les urines. Ou eut certainement guéri la fistule recto-vésicale , en élargissant l'anus àrtificiel ; les parens se sont refusés à cette seconde opération , et l'enfant a péri quelques mois après la naissance.
Deux ou trois jours après que l'enfant a vu le jour , les matières fécales cessent pour l'ordinaire de présenter les caractères du méconium ; ces matières , d'abord brunes , s'éclaircissent et deviennent jaunâtres ; au lieu d'une consistance visqueuse et pareille à celle de certains extraits mous ou du savon noir, elles deviennent grumeleuses et comparables aux œufs brouillés. Elles prennent alors une odeur aigre et plus ou moins fétide qu'elles n'avaient pas auparavant. Il est bon de connaître ce changement , et de ne pas prendre pour des restes de méconium les matières vertes que rendent les enfans atteints de coliques et le plus souvent en raison d'une alimentation peu convenable ; mais il faut savoir aussi que la durée des évacuations du méconium et leur abondance varie beaucoup chez divers individus; il ne faudrait pas s'effrayer d'en voir des traces encore au quatrième ou cinquième jour , ni s'efforcer d'en obtenir une émission plus abondante, après trois ou quatre évacuations même médiocres, même non immédiatement suivies de défécations ordinaires. On ne doit agir que quand l'existence des coliques, ou bien l'écoulement d'un laps de temps assez considérable , de plus d'un jour, par exemple, dénote une véritable conslipation. En gènécal, on ne saurait se montrer trop circonspect dans l'emploi des médicamens chez les nouveau-nés, car l'abus est ici , plus que partout ailleurs , bien voisin de l'usage.
( Ant. Dugès. )
MEDICAMENS. Foyez Formbles.
MEDICATION , s. f. M, dicatio. On entend par médication , l'effet qui résulte de l'action de moyens thérapeutiques jouissant de propriétés analogues et concourant au même but. C'est ainsi que l'on dit en médecine, médicaiion sLimulanle , médication aslhcnique , pour exprimer l'action et l'effet de tous les agens qui irritent ou débilitent les tissus ; et en chirurgie , médication exérélique pour exprimer l'action et l'effet des moyens par lesquels on enlève une partie ou un organe malade. Il y a donc autant d'espèces de médications que d'actions et d'effets thérapeutiques généraux.
Chaque médicaiion ayant ses règles particulières , nous renvoyons aux principaux articles de thérapeutique de ce dictionnaire.
MELjENA. On désigne sous ce nom le flux sanguin noirâtre provenant de l'appareil digestif et qui s'échappe par l'anus. Cette maladie a été ainsi dénommée du mot grec fj.ô.x; , noir, à cause de la couleur noire du sang cjui en forme le caractère principal.
Les anciens ont long-temps attribué cette maladie à l'atrabile, à la lésion des vaisseaux courts , et à d'autres causes tout aussi incertaines. L'aiiafomie pathologique et les recherches particulières de M. Rlérat nous ont mieux fait connaître la nature de cette affection. On sait nuinteuant qu'elle consiste tantôt
MELAKOSE.