MÉTASTASE
jans l'alcool ; et que l'emploi de pilules dans lesquelles il enU'e a le grand inonvénient d'intliiire en erreur , d'une part a cause de la décomposition que subit isei, de l'autre parce que souvent ces pilules, trop denses et trop sèches, [•aversent le canal intestinal sans se dissoudre.
Bien qu'on ait voulu dire que le cyanure de mercure offrait tous les avantages u deuto-chîorure sans en avoir les inconvéniens , il est pourtant clair , pour )us les observateurs de bonne foi, qu'il n'y a pas de différence réelle entre ces lédicamens ; mêmes effets physiologiques , mè.iie action thérapeutique, en un lot , il serait extrêmement difficile de motiver d'une manière satisfaisante la référence qu'on accorderait à l'un d'eux à l'exclusion de l'autre. Seulement le panure est moins décomposable.
I Laissons aux partisans de l'iode à soutenir cette opinion , que les complica- |ons syphilitico-scrophuleuses sont très-avantageusement combattues par les ^dures mercuriels , attendu la double spécificité de l'iode et du mercure. Disons ux praticiens qui pourront le vérifier que, dans les guérisons citées , souvent 1 nature syphilitique de l'affection n'est rien moins que constatée; etcjue, dans is sypliilides bien reconnues , les iodures ne se montrent pas plus efficaces que is autres préparations mercurieiles.
Nous nous sommes précédemment exprimés sur les nitrates et sulfates , ainsi ne sur les autres sels mercuriels qui out été successivement proposés dans le aitement de la maladie vénérienne, comme préférables au sublimé , aux fricons ou à telle autre méthode; d'après nos observations, il n'en est aucun qui , al administré ou donné intcmpestivement , ne puisse produire beaucoup de lal ; de même qu'il n'en est aucun avec lequel , dans les conditions opposées , a ne puisse parfaitement guérir. En un mot, nous sommes convaincus que, our un médecin éclairé , une fois qu'il est fixé sur la méthode thérapeutique, I choix du procédé est presque sans importance.
Si nous voulions faire la bibliographie de cet article suivant la méthode l'dinaire, nous serions obligés de citer, outre les ouvrages publiés pour ou )ntre le mercure, l'immense quantité de livres écrits sur la syphilis. Nous nous ornerons ici à quelques ouvrages. C'est ii l urticle syphilis que nous comptons idiquer les écrits les plus remarquables, tant pour la description cjue pour le raitemeiit de cette maladie.
J. Bona, Hislorîa aliqiiol cuialioniim mercurîo sulil imalo coi rosivo perfcclai uin, "N'^erone, 758 , in-4o.
A.'Gt Le Bègue de Presle. Mémoires cl ol)servalions sur l'usage ÎDleroe du mercure, La Haye, 1763, in-12.
J}f,-D, I^^al/ï. Ou llie médicinal '(ualiiles of rnercury, Loiidon , 1776, îa-18. Ji.-G. Baldinger, IlisLuria meicuiii et nieicuriatiuru tnedicamenLurutn , Goliiii;^ue , 1783, n-12.
yl, J^^'ilson, Otjservations on tiie u>e aiid abuse uf niercury, Loudon , 1810, in-8". A- MatiJiias. Tlie mercurial disea&es , Lontlon , 1816 , in 8°. D. Datâtes. Au essay on rnercury. Bristol, 1820, in- 8".
J. Swan. An inquiry into tlie action ol rnercury on tlie living body, London, 1823, in-S". Carmichael. Essay on venereal diseases and ihe uses and abuses of rnercury in lUeîr IreallenL, Lfindon , 1824, iu-8", fig.
J. Hicftond Dcsbriis. Delà non-existence du viius vénérien, prouvée par le raisonnement bb.servalion et l'expérience, Paris, 1826, 3 vol. iii-8o.
A.'J.-L. Jourdan. Traité complet de la maladie vénérienne, Paris, 1826, 2 vol. in-8*^. M. N. Defergie. Clini'jue de la maladie sypbililique, Paris, 1826-1833, iu-4<>, fig. col. H. Desrtielles. Mémoire sur le traitement sans mercure employé à l'Iiopital militaire du 'al-de-Grâce , Paris, 1827, in-8".
A. Co/iow. Coup-d'œil sur les maladies produites par le njercure. ( Journal hebdomadaire \e médecine , 1830, t. vm.)
>i. Legrand. De l'or, de son emploi; du mercure, de son inefficacité, et dangers de l'adlinistrer dans les maladies syphilitiques, Paris, 1832, in-S».
( Cbllerier et Ratier. )
MERCURIALE. Mercuvialis. Plante appartenant à la famille des euphoriacées si riche en espèces purgatives , et qui présente, bien qu'à un degré peu levé , la propriété d'agir sur la seconde portion du canal digestif. Toules les spèces ont une qualité acre , mais celle qui la présente davantage est la meruriale annuelle , plante vulgaire qui croît dans les lieux cultivés et qui a le aérite d'être sans valeur. Au principe purgatif qu'elle renferme et que la chipie n'eu a pas encore extrait , elle joint des matériaux propres à agir comme jmoUiens. Aussi a-t elle été recommandée sous ce double rapport. A parties erlus spéciales et mal constatées qui lui ont été prêtées par les auteurs , elle est l'un emploi général dans les pays où elle est abondante Ou se sert de la pulpe le la plante récente ; on en fait une décoction dans l'eau ou dans le vin ; enfin ?n en prépare un extrait , qui , à la dose de deux gros , agit comme purgatif. Mais le médicament le plus connu qui en résulte c'est le miel mercurial que jjuelques personnes , trompées par le nom , prennent pour une préparation |nercurielle , et qui est simplement un mellite préparé avec une décoction de nercuriale, et plus souvent encore avec une décoction de séné. Ce miel n'est usité qu'en lavement à, la dose de deu.\ ou de quatre onces. Il est à remarquer jue le principe actif de la mercuriale est trés-soluble dans l'eau , et qu'il se perd par la dessiccation. iP. Ratier.)
MÈSENTERITE, s. f. Mesenterius. Indammation du mésentère. On a donné be nom à l'inflammation de cette portion du péritoine , dont les feuillets adossés Contiennent les vaisseaux artériels qui se rendent aux intestins , les vaisseaux l'eineux , lymphatiques et chiliféres qui en partent, et un assez grand notnbie de ganglions que l'on connaît généralement sous les noms de glandes ou ganglions niésentériques. Il se peut qu'en raison de la présence de tous ces organes, Ja pdritonite prenne dans le mésentère des caractères un peu différens de ceux qu'elle revêt lorsqu'elle occupe le feuillet intestinal ou le leuillet abdominal du
péritoine ; mais ces différences , si elles existent, ne suffiraient pas pour justifier la dénomination de mésentérile qtii ne fait que surcharger sans utilité le vocabulaire médical ; il vaudrait mietix, ce nous semble , se borner h distinguer alors cette péritonite par 1 épilhète de profonde.
Ou s'est servi encore de l'expression de mésenfériie pour désigner l'engorgement des ganglions du mésentère; mais lorsque cet engorgement est inflammatoire , seul cas dans lequel il serait permis de le dénommer ainsi , il accompagne toujours l'inflammation intestinale , il en est l'eiret , il on dépend : nous ne voyons donc pas la nécessité d'eu faite une maladie particulière. Il arrive fréquemment sans doute , que l'inflammatioa persiste dans ces organes après sa disparition complète de la surface muqueuse des intestins; mais elle s'y éteint promptement , parce que les ganglions ont peu de vitalité , et surtout parce que, ne recevant de stimulation que par l'intermédiaire de la membrane mtiqueuse intestinale , ils doivent rentrer promptement dans leur état d'indolence et d'inertie habituelles , dès que cette membrane elle-même a repris son état normal et cesse par conséquent de lês exciter. Enfin , à moins qu'ils n'aient acquis un volume assez considérable pour pouvoir être sentis à travers les parois de l'abdomen , leur gonflement inflammatoire ne se révèle par aucun signe. On peut tout au plus le soupçonner, lorsqu'après une entérite grave le ventre reste bouffi et comme empâté, et que la convalescence n'est pas franche et marche avec lenteur. En pareil cas , il faut tenir le malade à un régime sévère, le couvrir de flanelle, lui prescrire des la\emens et des bains émolliens , et pratifpier sur le ventre quelques embrocatioiis huileuses, que l'on peut rendre résolutives par l'addition du camphre, (f^oy. EriTÉtiiTE.)
Enfin , quelques auteurs modernes , dans la croyance que les tubercules naissentsous l'influence nécessaire de l'inflammation, out désigné l'affc^ction tuberculeuse du mésentère sous le nom de mdsenicriie Ce n'est pas ici le lieu de disculer 1 opinion cjui les a conduits à adopter pour cette maladie une dénomination qui en exprime si mal la nature : nous nous bornerons a dire que nous ne saurions l'adopter , renvoyant aux mots phthisie et tubercules, l'examen de celte question importante. ( P^oy. aussi l'article Carreau. )
, ( L.-Ch. Roche.)
METASTASE , s. f. Méiastasis , de ^;tx7T!<co , je transporte ; transport d'une maladie, ou de sa cause, ou d un produit morbide, ou d'un fluide sécrétoire, d un organe sur un autre. Ce n'est pas tout-à-fait dans ce sens que les anciens employaient cette expression ; pour qu'il y eiit métastase , il fallait qu'en se déplaçant, la maladie ne changeât pas de nature : ainsi c'en était une , par exemple , quanti une hémoptysie succédait à la ilisparilion d'tiii flux hémorrhoidal ; lorsque, au contraire , l'affection nouvelle différait de nature avec la première , (juand , par exemple , l hémoptysie se déclarait à l'occasion de la suppression brusque d'une dartre et réciproquement, cette transformation d'une maladie en une autre prenait le nom tle diadocke , dict-Jk-y^-,; , S'ixô'i^oij.M , succéder. Auj'ourd hui le mot métastase est seul usité , et s'etuploie dans les deux acceptions que nous venons de rappeler ; nous verrons bientôt si c'est à tort ou à raison.
Des faits nombreux mais divers , incontestables mais mystérieux, se rattachent aux métastases. lia goutte abandonne tout-à-coup l'articulation qu'elle enflammait , et des symptômes alannans éclatent vers le cerveau , le cœur , l'estomac ou les reins ; un érysipèle brûlant de la face s'éteint, et l'aracluioide s'enflamme; la rougeole disparait , et une pneumonie ou une entérite chronique lui succèdent; les boutons de la variole se flétrissent subitement, et une péripneunomie aigueet bientôt mortelle se déclare ; la teigne est répercutée et survient une hydrocéphale; la gale ou une dartre s'effacent brusquement, et une pneumonie chronique, uue cystite, ou toute autre affection les remplacent ; un gonflement inflammatoire de la parotide s'affaisse, et les accidens du typhus qu'il avait suspendus , se raniment avec une nouvelle violence : tous ces faits et beaucoup d'autres analogues sont autant d'exemples de métastases. D'autres faits un peu différens de ceux qui précèdent, rentrent encore dans la même catégorie : ainsi qu'une ophthalmie purulente et rapidement désorganisatrice succède à la disparition d'un écoulement blennorrhagique, que des abcès se développent dans le poumon ou dans le foie à l'occasion d une opération grave , ou du tarissement subit de la suppuration d une plaie ou d'un ulcère ; qu'une hépatite ou une hypertrophie du cœur se déclarent après la suppression d'un flux hémorrhoidal : ce sont encore là des métastases. Mais ce n'est pas tout : si une péritonite éclate après la suppression de la sécrction laiteuse ; si la plèvre s'en flamme à la suite d'un arrêt de la transpiration , ce sont aussi des métastases. Enfin , si le pus d'uu abcès est résorbé et bientôt évacué par les selles ou par les uriues; si la sérosité d'une hydropisie s'échappe tout-à-coup parl une de ces deux voies, ou par la transpiration cutanée; si un vomissement ou un flux bilieux guérissent une phlegmasie du foie ; si une diarrhée muqueuse fait cesser les accidens d'un catarrhe pulmonaire; si une hémorrhagie nasale dissipe des symptômes d'inflammation des méninges ou d'apoplexie, tous ces faits appartiennent encore aux métastases.
Malgré la grande analogie qui existe entre ces faits, on ne peut s'empêcher d'y remarquer de nombreuses différences. La première, celle qui frappe d abord , c'estque plusieurs métastases donnent lieu à de nouvelles maladies, tandis que d'autres deviennent des moyens de guérison ; celles-ci sont appelées [lar les auteurs des métastases favorables ou des crises : celles-la se partagent encore en métastases favorables , et en métastases funestes , selon que la maladie qui resuite du déplacement de la première, est moins ou plus grave qu'elle. Comme il a déjà été question des crises dans un autre article de ce dictionnaire , nous y renvoyons le lecteur { voy. Crises) ; nous ne nous occuperons ici que des métastases'qui sont suivies de développement d uu état morbide.