FAIM
consigné dans l'arlicle Habitude extéeiedre , du professeur Chomel {Dict de Méd.) et dans le discours préliminaire que M. Eusèbe Desalle a placé au comrnencement de la tiailuction du livre d'Underwood sur les nnaladies des enfaus. Ces signes, rcconnaissables à tous les âges de la vie , sont cependant plus marqués pendant l'enfance qu'aux époques qui la suivent. Ils consistent en trois traits principaux qui se rapportent à chacune des trois cavités splanchniques , et que M. Jadelot appelle: 1" oculo-zy gomatique ; 2» naso-labial ; S» labial. Le premier part du grand angle de l'oeil et va se perdre un peu au-dessous de la saillie formée par l'os de la pommette. Il indii[ue les affections du cerveau et des nerfs. Le second commence a la partie supérieure de l'aile du nez , et embrasse, dans un ilemi-cercle plus ou moins complet, la ligne externe de la commissure des lèvres. Quelquefois un autre trait, que l'on nomme génal , et qui vient du milieu de la joue , arrive sur celui-ci. Ces deux Iraits se réunissent liabituellement , et ils signalent les mêmes affections , les maladies de l'appareil digestif et de tout le système abdominal. Le troisième commence à l'angle des lèvres et se perd sur le bas du visage. Il est rarement profond , et désigne les maladies du cœur et de l'appareil respiratoire. Ces signes coexistent dans les maladies composées ; s'ajoutent l'un à l'autre lorsqu'une maladie d'abord simple vient à se compliquer ; enfin ils se succèdent lorsqu'une affection fait place à une autre. Ainsi dans une gastro-céphalite , on retrouvera sur la face le premier et le second trait ; dans un catarrhe pulmonaire , le trait labial contribuera à faire reconnaître la maladie, mais si la coqueluche survient , le trait oculozygomalique se développera et indiquera le changement arrivé dans l'affection. C'est du moins ce que l'on trouve annoncé dans I écrit de M. Desalle.
Sans en limiter la connaissance à de simples traits , tous les praticiens reconnaissent en effet que les maladies céphaliques , thoraciques et abdominales impriment souvent à la face des caractères particuliers dont nous avons tenu compte dans cet article N'ayant point suffisamment étudié les résultats annoncés par M. Jadelot, il ne nous appartient pas de les juger. Nous dirons seulement que la réunion des divers signes qui constituent le faciès abdominal, par exemple , nous semble offiir plus de garanties , que l'indication d'un signe unique dont l'existence peut être modifiée par une foule de circonstances. Testis unus j testis nulljus ^ dit-ori en jurisprudence ; combien plus, en médecine , ne devons. nous pas nous méfier d'un témoignage unique , lorsqu'il s'agit d'intérêts non moins importuns !
§ VII. D'après ce que nous avons exposé dans le cours de cet article , on a pu voir qu'à l'aide d'un examen attentif de la face on arrive à la connaissance d'un grand nombre de maladies. Sa stupeur annonce l'ébranlement du système nerveux, les convulsions son irritation idiopathique ou symptomatique , la paralysie la cessation de son influence. Dans quelques cas , les lésions cérébrales se traduisent encore par l'activité delà circulation de la face, le brillant et l'injection des yeux; nous avons vu que ces signes présageaient ordinairement le délire.
La Jace vultueuse dénonce fort souvent une congestion ou une inflammation encéphali((ue , mais elle est bien plus ordinairement le signe d'une phlegmasie intense des organes thoraciques , d'un état pléthorique , et d'une disposition inflammatoire générale. L'injection des vaisseaux capillaires du nez, des joues et des lèvres, indique l'existence d'une maladie du cœur; d'autres signes en établiront le diagnostic différentiel.
Lejaciès gri/j/jc est un des signes les plus constans des phlegmasies et des maladies abdominales. L'amaigrissement rapide, le refroidissement et l'état instantanément cadavéreux du visage font aisément reconnaître le choléramorbus, maladie dans laquelle l'appareil sécrétoire des organes digestifs est si singulièrement modifié , et dans laquelle surtout le système nerveux et toute l'éconoraie semblent avoir reçu une atteinte toxique aussi soudaine que dangereuse.
Nous ne rappellerons le faciès pâle et transparent des malades affectés d'hémorrhagies abondantes, le faciès jaune-paille des cancéreux, le faciès jauneverdàtre des chlorotiques , etc., que pour démontrer de nouveau l'importance de l'examen du visage dans le diagnostic des maladies. Au reste, c'est plutôt en voyant ces expressions de la face , qu'en lisant leur description que l'on apprendra à les reconnaître. En effet, beaucoup de traits qui caractérisent ces divers faciès, échappent à la description et sont habilement saisis par la vue, qui en confie le souvenir à la mémoire. C'est l'application juste et facile de ces souvenirs qui distingue le praticien éclairé, l'empêche de faire des questions oiseuses, et le conduit directement?! la recherche du mal, en lui évitant des tâtonnemens inutiles. C'est là ce qui constitue le tact et le coup-d'œil médical. Il faut cependant bien se garder de s'en laisser imposer par ce seul élément de diagnostic; on serait trop souvent induit en erreur, et nous en pourrions citer plus d'un exemple. On évitera ce grave inconvénient en se rappelant ce passage du livre d'Hippocrate sur le pronostic : In morbis sic insliluenda est faciei consideratio , ut inielligas sit-ne hene\'olentium et sui similis nec-ne , et en s'occupant de l'examen du pouls et des autres modes d'exploration , qui ne doivent pas être négligés pour l'inspection de la face. Les moyens exclusifs sont souvent dangereux. Ainsi donc, la prosoposcopie précédera tout autre examen, dirigera les questions que l'on adressera aux malades et les diverses recherches qui seront nécessaires ; mais le diagnostic définitif devra surgir seulement de l'ensemble de ces recherches et des résultats qu'elles donneront.
( Martih-Solon.)
FAIM. Sensation interne, indéfinissable, en général pénible , perçue dans l'estomac, et faisant désirer ou appâter les alimens. De là le nom d'APPÉTix, qui a déjà donné lieu dans cet ouvrage à quelques considérations. Dict. de Médecibe et de CniRunciE pratiques.
Chacun sait que cette sensation se renouvelle périodiquement, avec plus ou moins de force, à des époques variables chez les divers individus, et qui coïncident ordinairement avec la fin de chaque digestion ; qu'elle cesse ou se modère après l'ingestion de quelquealiment, et n'est plus alors qu'un sentiment vague, qui, joint à l impression éprouvée par les organes du goût , porte à introduire de nouvelles quantités de substance alibile; que ce sentiment lui-même diminue à mesure que ces quantités augmentent, et est enfin remplace par la satiété, ou même le dégoàt.
La sentiment de la faim est donc lié avec l'aptitude de l'estomac à entrer en exercice ou à digérer ; lorsque l'activité de ce viscère est en partie occupée , la faim s'évanouit en partie , et elle cesse entièrement quand son travail est porté au plus haut degré. Admirable effet du rapport qui unit les sensations instinctives et les besoins des organes , et qui , en subordonnant les unes aux autres , assure la marche régulière des rouages de l'organisme !
Le même rapport existe , en général , dans l'état de maladie , et devient pour le médecin la source de renseignemnns précieux. La perte de l'appétit lui indiquera l'inaptitude de l'estomac à recevoir et à élaborer les alimens , que cet effet dépende d'une modification générale ou éloignée du système nerveux , de l'état fébrile , ou d'une lésion bornée à l'estomac lui-même. De là découlera , dans la plupart des cas , la nécessité de l'abstinence totale, ou d'une alimentation légère (uoy. Anorexie). La persistance de la faim dans les maladies indiquant, au contraire , un moindre trouble de l'action de l'estomac , permet un régime moins sévère, s'il n'y a pas d'ailleurs de contre-indication formelle à l'ingestion des alimens. Le retour de cette sensation dans les convalescences marque le rétablissement des fonctions digestives, et le premier cri de l'estomac , à la suite des maladies aiguës, sera enten<lu du médecin expérimenté, qui saura accorder des alimens, même lorsque la persistance de quelque symptôme le porterait à les refuser. Il importe seulement, dans ces diift'rens cas, de bien déterminer la nature des impressions perçues. Des sensations morbides, un sentiment de faiblesse générale, étranger au besoin d'alimentation , peuvent tromper le malade et le médecin lui-même, et en imposer pour une véritable faim , ou réciproquement celle-ci peut être méconnue et prise pour un phénomène morbide, de sorte que l'on serait exposé , dans l'un ou l'autre cas, à toutes les suites d'un écart de régime ou d'une abstinence forcée. Ces deux sortes d'erreur ont été commises. La première est fréquente chez les malades , qui, dans la vue de soutenir ou de réparer plus promptement leurs forces , se jettent, par une alimentation inconsidérée, dans tous les dangers d'une affection grave ou d'une convalescence dillicile. La seconde est plus commune chez les médecins , portés plutôt par leur prévision à outrer les rigueurs de la diète : on l'observe aussi chez certains malades , que retient une crainte excessive de maux réels ou imaginaires. Aujourd'hui surtout que les affections de l'estomac tiennent une place si importante en pathologie , il n'est pas très-rare de voir des sujets qui n'ont d'autre maladie que la conséquence nécessaire d une diète rigoureuse et prolongée. Ce n'est qu'en observant attentivement , et l'esprit dégagé de toute prévention , en s'éclairant, dans le doute , par des essais bien dirigés, que l'on évitera de semblables méprises, (l^oyez Régime.)
Dans quelques circonstances , la faim subsiste, quoique l'estomac ne soit pas convenablement disposé pour recevoir des alimens ; c'est ce qui a lieu dans beaucoup d'affections apyrétiques de ce viscère , dans ses lésions sympathiques, comme celles qui accompagnent souvent la grossesse. On se conduit alors diversement, selon le plus ou moins d inconvéniens attaches à l'ingestion ou à la privation des alimens. Mais l'indication de satisfaire la faim ne sera pas même dans ce cas entièrement rejetée ; on y mettra seulement la réserve commandée par la nature des accidens.
Les retours de la faim doivent régler, en santé comme en maladie, les époques de l'alimentation. On sait, en effet, que, lorsque la faim se prolonge sans être satisfaite , l'estomac ne conserve pas la même aptitude à digérer que lorsque ce besoin commençait à se faire sentir, soit que cela tienne à l'irritation causée par la douleur dont cet organe devient le siège, ou à quelcpie autre cause.
Le sentiment de la faim est peut-être un régulateur moins sûr de la quantité d'alimens qui doit être ingérée dans le même moment. Diverses causes peuvent donner à cette sensation une intensité qui n'est pas toujours en rapport avec le besoin de l'organisme ou la force digestive de l'estomac. ( ^'o^. Boulimie.) Les sensations appartenant à l'organe du goût, quoiqu'en partie subordonnés à l'état des organes digestifs, créent bien souvent un appétit et une satiété factices , dans lesquels l'estomac ne joue aucun rôle. L'abstinence forcée est suivie d'une avidité pour les alimens , tout-à-fait hors de proportion avec les aptitudes des organes digestifs , comme le montrent les accidens qu'entraîne dans ce cas la surcharge de l'estomac. Les convalescences qui succèdent au.x maladies aiguës en offrent journellement des exemples. Qui n'a vu l'un de ces malheureux , épuisés par les suites d'une gastro-entérite typhoïde , se ranimant à la seule idée des alimens , et présentant l'aspect étrange d'une expression passionnée sur les traits d'une face cadavéreuse, se jeter à la dérobée sur tout ce qu'il peut saisir, et terminer par une indigestion mortelle des jours que l'on croyait sauvés ? C'est donc au médecin qu'il appartient de mesurer l'aliraentation à l'état des forces digestives , suivant les règles exposées à l'article Réoime.
Le choix des alimens , quoique plus particulièrement confié aux organes du goût , est manifestement, en partie, sous la dépendance de l'estomac, dont la sensibilité diversement affectée donne lieu à des appétits ou à des dégoûts exclusifs , qui s'accordent le plus souvent avec les aptitudes des organes de la digestion. Ainsi, dans la grossesse, l'estomac sympalhiquement affecté repousse certains alimens , et en appète d'autres. On observe souvent la même particiila-