‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 15 sur 311 · FALSIFICATION · texte numérisé non relu

FALSIFICATION

FAVUS,

rîté dans les maladies apyrétiques de cet organe. Le médecin doit tenir compte de ces appétences particulières, eu distinguant toutefois avec soin ce qui peut appartenir à l'imaginalion ou au sens du goût de ce qui est véritablement i indice d'une opposition spéciale de l'estomac. Nous ne pensons pas que l'on puisse, comme on l a fait, rapporter ces désirs ou ces aversions uniquement au cerveau , par la seule raison qu'en lui réside toute perception. Autant vaudraitil placer dans cet organe le siège de toutes les modifications organiques qui causent la douleur, parce que c'est lui qui la perçoit. An reste, les appétits dépravés qui remplacent la faim dans certains cas morbides , sont une preuve que les sensations instinctives de l'estomac peuvent être contraires à ses besoins réels. ( J^oy. Malacia , Pica. )

La faim, donnant en général la mesure de l'activité des organes digestifs , doit varier par les mêmes causes que cette activité elle-même. Ainsi l'âge, le sexe , les constitutions , les habitudes , le mode d'activité des autres fonctions , les causes extérieures, comme les saisons, les climats, les habitations , 1 action de tous les modificateurs externes et internes, en plaçant l'estomac dans des conditions diverses , impriment à cette sensation un caractère différent. Le médecin puise dans ces influences les moyens de diriger, d'entretenir, de réveiller l'action digestive , et le premier effet de ces moyens est de modifier ou d exciter le sentiment de l'appétit. C'est en quelque sorte à cette sensation qu'il s'adresse, car d'elle dépend l'accomplissement des actes ultérieurs de l'alimentation.

Nous nous abstenons h dessein de présenter ici aucune considération sur l'état anatomique des organes digestifs dans la faim , ainsi que sur la cause prochaine de cette sensation, si diversement expliquée par les physiologistes ; ces objets sont étrangers au titre comme au but de cet ouvrage. Les phénomènes généraux que la faim développe, lorsqu'elle n'est pas satisfaite, ont été exposés à l'art. Abstinence. (Bouvier.)

FALSIFICATION, adultéralion , sophisliqucrie des mêdicamens. La falsification des drogues simples et des mêdicamens composés est une chose qui n'est que trop commune , et à laquelle j'ose dire qu'il serait facile de se soustraire si le public ne prenait ses mêdicamens que chez les pharmaciens. On objectera sans doute que plusieurs de ceux-ci ne choisissent pas les meilleures sortes de drogues simples, et livrent au public des mêdicamens de médiocre qualité ; mais peut-être la principale cause de ce déplorable abus vient-elle de ce que beaucoup de médecins laissent leurs malades, pour céder à leur désir de bon marché , prendre leurs médii ameus simples et beaucoup de composés , chez les herboristes, épiciers, droguistes, confiseurs; ou même, ainsi que je lai vu plusieurs fois, chez des buralistes de loterie, des mercières, des concierges d'établissemens de voitures publiques, etc. Il est cependant notoire que ces mêdicamens sont, pour la plupart, de très-mauvaise qualité; néanmoins, le grand nombre de personnes qui les emploient, surtout tlans les quartiers populeux, force quelques pharmaciens à recourir aux mêmes sources ou aux mêmes procédés, alin de vendre aux mêmes prix et de pouvoir vivre. Je ne crains pas de dire qu'un aussi pénible abus cesserait , si le public et les médecins surtout , accordant aux pharuiaciens le bénéfice légitime qui leur est dû , ne prenaient ou ne faisaient prendre de mêdicamens que chez eu.x.

Le nombre des substances que l'on falsifie dans le commerce est très considérable , soit que l'on iloniie une qualité pour une autre . soit qu'on y ajoute, par mélange , une certaine quantité d une drogue étrangère , soit même ((u'il y ait substitution complète de matière. C'est ainsi qu'on a vu donner une racine inconnue , analogue à celle de gentiane , pour la racine de Colombo;

Du raponlic ou de la rhubarbe de France pour de la rhubarbe de Chine ou d Moscovie ;

De la racine d'aialie pour de la salsepareille;

Be la cannelle blanche pour de l écorce de Winter ;

De la fausse angusture pour de la vraie, ce qui n'est rien moins que de substituer un poison ii une substance salutaire;

Du quiiupiina de la Colombie pour du quinquina calisaya ; et ce qui est encore plus blâmable , du quinquina nova pour du quinquina rouge ;

De la tcuille d airelle ponctuée pour de la busseiole ou raisin d'ours ; De la feuille de redoul pour du séné : ce qui est encore substituer une substance vénincuse à une qui ne l'est pas ; De la fleur de 1 auroiie des champs pour du semen-contrà ; De la scammonée de Smyriie ou de Montpellier pour celle d'.\lep ; De la térébenthine ilu Canada pour du baume de la Mecque , etc., etc. C est encoie ainsi que l'on ajoute souvent : De la fécule ou du talc au lycopode;

Des pois ou des haricots i)iilvérisés à la farine de moutarde;

Du son il la farine de lin ;

De l'huile de pavots à celle d'olives ;

De la graisse de veau au beurre de cacao ;

Difftreiiles huiles au baume de copahu ;

De I alcchol aux huiles volatiles , ou des huiles volatiles communes k celles qui sont d un prix plus tlevê ;

Enfin , c est ainsi que l'on falsifie le cachou , l'opium, le castoreum, le musc, l'ambe gris , etc. , etc.

Si plusieurs des fraudes que je viens seulement d'énoncer sont quelquefois assez bien déguisées pour embarrasser les pharmaciens, comment veut-on que s'en préserve un public eiitièiement ignorant en ces sortes de matières ? et à plus forte raison comment pourrait-on lui conseiller de prendre chez des commerçans étrangers à la pharmacie des mêdicamens composés dont il n'y a peut-

être pas un qui soit convenablement prépare'? Y prendra- t-il des poudres faites non-seulement avec ces substances pourvues de toute la poussière et des débris occasionés par le transport ; mais encore avec une addition de poussière et de débris provenant d'autres parties de marchandise qui ont été vendues mondées ? ou bien des sirops de salsepareille ou de Cuisinier, dans lesquels la couleur brune foncée due à la matière extractive de la salse|iareille se trouve remplacée par celle qui provient de la mauvaise qualité du miel et du sucre employés ? Que dire du sirop antiscorbutique fait en ajoutant une petite dose d'esprit de coclilêaria à du sirop de sucre impur? Du sirop de violettes sans violettes ; de celui de groseilles sans groseilles; de l'onguent populéum sans bourgeons de peuplier et sans plantes narcotiques? et du nitrate d'argent fondu avec du nitrate de potasse ; du kermès minéral mêlé tie santal rouge ou d'oxide de fer, etc. , elc. ? Que l'on accorde donc quelque chose aux hommes qui se font un devoir de préparer consciencieusement les mêdicamens; à moins qu'on ne croie à leur complète inutilité, et qu on ne regarde par conséquent comme indifférent qu ils soient ou ne soient pas administrés. (Guibodrt.)

FAVUS, s. m. Mot par lequel les Latins désignaient la cellule, le rayon , le gâteau , où les abeilles déposent le miel , et que , d'après une certaine analogie de forme, on a appliijué à une maladie cutanée chronique , essentiellement contagieuse, principalement caractérisée par des croûtes d'un jaune clair, très-sèches, très-adliérciites , circulaires, déprimées en godet, isolées, ou agglomérées en larges inscrustations , à bords saillans et relevés , dont la surface présente plusieurs dépressions caractéristiques.

Le favus {,Tei^ne faveuse , Alibert : Porrigo lupinosa , Willan ) se déclare spécialement sur les régions de l'enveloppe extérieure du corps qui correspondent à un tissu cellulaire dense, serré, et abondamment pourvu de follicules pileux II se développe ordinairement sur le cuir chevelu , d'où il s'étend quelquefois sur les tempes et les sourcils . sur le front, plus rarement sur les épaules, à la partie inférieure des omoplates , aux coudes et aux avant-bras. Je l'ai vu occuper toule la partie postérieure du tronc jusqu'au sacrum, les genoux et la partie interne et supérieure des jambes , chez un enfant de douze ans, dont le cuir chevelu n'en était point atteint. Les mains et les avant-bras peuvent en être aussi exclusivement affectes ; mais alors cette maladie provient presque toujours de l'inoculaliim accidentelle du favus sur ces parties.

Suivant Willan et Baleman , le favus débute par de très-petites pustules, peu distinctes à l'œil nu, qui dépassent à peine le niveau delà peau, et dont le sommet est déjà couvert d'une petite croûte jaune , dès les premiers jours de leur formation. Ces pustules ne contiennent qu'une goutlelelte d'une humeur jaunâtre, qui ne s'échappe point au dehors, et qui se dessèche dans leur intérieur. J 'ai moi même observé ces petites pustules jaunes, dans plusieurs cas de favus ; leur existence , admise par M. Biett comme lésion élémentaire , est contestée par MM. Malion et Baudelocque. Suivant ce dernier , la matière faveuse serait cependant déposée liquide dans les follicules pilifères. Quoi qu'il en soit, riuinieur du favus ne tarde pas à se montrer à l'extérieur, sous forme de croûtes, qui présentent, dès le premier temps de leur apparition, une dépression centrale en goict. Les dimensions de ces croûtes augmentent, en conservant toujours la forme circulaire et déprimée qui leur est propre ; elles peuvent acquérir jusqu'à cinq ou six lignes de diamètre. Quelque temps après l'apparition des premières , il s'en élève ordinairement d'autres , dans leur voisinage ou sur d'autres régions du corps. Lorsque les croûtes faveuses sont nombreuses et conflueutes , elles se confondent par leur bords correspondans , et forment par leur agrégation de /arifci incrustations d'une étendue considérable, sur lesquelles on peut souvent reconnaître la disposition en godet des croûtes individuelles. Et si, après un temps plus ou moins long, l'humeur du favus sécrétée en grande abondance, altère la forme de ces croûtes , en les enlevant avec soin on retrouve chat|ue favus déprimé à son centre, isolé et bien distinct. Ces godets du favus ont été comparés au rayon des ruches à miel (J'avus), aux dépressions qu'on observe sur les semences du lupin (d'où la dénomination de poj-rigo lu/nnosa , Willan), ou aux cupules des lichens qui couvrent certains arbres. Lorsque les ci-oùtes laveuses ne sont pas très-anciennes , elles sont jaunes ou d une couleur fauve. A mesure qu'elles vieillissent et se dessèchent, elles deviennent d'un jaune clair et blanchâtre, s'éclatent , se brisent, se détachent sous la forme d'une poussière qui ressemble à du soufre pulvérisé. Elles cessent alors d'affecter une forme régulière. Ces croûtes sont profondément enchàjsées dans la peau , à laquelle elles n'adhèrent fortement que par leur circoniérence.

Suivant M. Baudelocque, qui a décrit avec beaucoup d exactitude leur disposition , elles sont primilivemeiit placées au dessous de l'épiderme. Ainsi, lorsqu'on détache avec soin et de manière à prévenir l'écoulement du sang, une croûte de favus récemment formée, on voit qu'elle présente un mamelon arrondi , surmonté d une portion relrécie , comme étranglée , qui s'élargit en se terminant à la surface de la peau. Sur un autre point de la circonférence de ce mamelon , il y a quelquefois un petit prolongement mince, conique, en forme de cheville, enduit d'une légère humidité. Dans le point correspondant, la peau présente une petite dépression , lisse , proportionnée au volume de la croûte, laissant suinter un liquide séreux, jaunâtre et Iranoparent. Si la croûte ainsi détachée pendant la vie est ancienne , sa face profonde ne présente plus de mamelon , et son épaisseur est à peu près égale au milieu et vers ses bords : sa dépression centrale extérieure correspond à une légère convexité de sa surface interne; au dessous , la peau offre une dépression circulaire , plus large que dans les croûtes récentes , et généralement moins profonde : dans tous les cas, la peau déprimée et amincie reprend bientôt son épaisseur naturelle , et

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l'épiderme se régénère sans cicatrice , lorsqu'une nouvelle croûte n'est pas reproduite. Les croûtes faveuses, volumineuses, formées par l'aggloméralion de plusieurs autres, n'affeclent le plus ordinairement aucune disposition régulière. Leur face profonde présente de petites saillies , séparées par des dépressions linéaires , indices des limites de cliaque favus. La peau offre de petites pressions lenticulaires, rougeâtres, superficielles , séparées des lignes et des inégalités correspondant aux enfonccmens observés sur la face interne de ces incrustations. Sur les jjoints déprimés, l'épaisseur de la peau est quelquefois réduite à une demi-ligne ; les papilles sont rouges tt dénudées , mais non ulcérées, même là où les croûtes paraissent comme enfoncées dans la peau. Sur chacune de ces dépressions on voit un petit point rouge central , souvent traversé par un poil, et un petit cercle rouge qui correspond au bord de chaque croûte ; enfin , sous queliiues-unes , j'ai trouvé la peau d'un rouge violacé et ramollie.

L'odeur des croûtes du favus , aussi dégoûtante que son aspect, se rapproche singulièrement de celle de l'urine de chat. Lorsqu'on les ramollit avec des cataplasmes émollicns, cette odeur change de nature, devient fade et nauséabonde, et analogue à celle des os qu on a fait bouillir avec leurs ligamens. Ces croûtes ainsi détachées repullulent bientôt avec les caractères qui leur sont propres. D'après MM. Thenard et Chcvilliot, elles contiennent sur 100 parties : 70 d'albumine coagulée , 17 de gélatine, 5 de phosphate de chaux ; eau et perte 8 parties.

La peau située entre les croûtes faveuses est quelquefois saine ; mais lorsque les groupes sont nombreux et très-rappi ochés , souvent elle présente une rougeur morbide accompagnée d'une desquamation furfuracée.

Dans le plus grand nombre des cas , et lorsque le favus est convenablement traité, après la chute des croûtes , les dépressions disparaissent; on n'aperçoit à la place qu elles occupaient que de petites taches violacées , qui finissent elles-mêmes par s'évanouir. Toutefois la peau peut présenter des ulcérations plus profondes dans des teignes faveuses très-anciennes. De petits ulcères de deux à trois lignes de diamètre peuvent succéder aux dépressions primitives. Au dessous des larges incrustations , la peau offre quelquefois ces petits ulcères agglomérés et séparés par des gerçures plus ou moins profondes.

L'altération et la chute des jjoils sont les conséquences ordinaires du favus, lorsqu'il se développe sur des parties qui en sont pourvues ; les cheveux reproduits par les bulbes affectés . sont rares, blanchâtres , minces et lanugineux. Si la teigne faveuse dure depuis plusieurs années l'alopccie peut être générale et permanente. Sur les points où la chute des cheveux s'est opérée , la peau reste long-temps lisse et luisante ; enfin on a vu la peau altérée ou détruite dans toute son épaisseur, les bulbes des poils et le tissu cellulaire sous-cutané être le siège de petits dépôts , et l inflammation se propager au périoste et aux os du crâne qu'on a trouvés plus ou moins altérés. (Gallot, Recherches sur la Teigne. — Autopsie première. )

Le favus du ci/j'r <7iei'e/a entraîne souvent une inflammation chronique des ganglions lymphatiques du col et de l'occiput : toutefois celte ganglionile n'est pas constante, et j'ai vu des individus atteints de lavus anciens qui n'en étaient pas affectés. Il ne faut pas confondre ces inflammations secondaires des ganglions lymphatiques avec celle dont les individus scrophuleux peuvent être atteints , avant le développement de la teigne faveuse.

Les pous pullulent ordinairement en très-grand nombre entre les croûtes du favus. Alors les enfans trouvent une sorte de jouissance à écorcher le cuir chevelu avec leurs ongles. Le sang et 1 humeur que fournit la teigne faveuse forment , en se desséchant , des incrustations d'une teinte différente de celle des croûtes faveuses ordinaires.

Lorsque le favus se montre sur A'autrfs régions du corps , il peut y faire des progrès plus ou moins graves. Toutefois l'Inflammation pénètre moins profondément ; lorsqu'elle est ancienne , elle se termine bien plus rarement par ulcération , et on en obtient aussi plus facilement la guérison. La teigne faveuse du tronc ou des membres n'est presque j amais accompagnée d une autre inflammation de la peau ; et , à moins qu elle ne soit accidentellement inoculée , elle vient rarement compliquer les autres phlegmasies cutanées. Cependant j'ai soigné un homme atteint d'un impétigo sparsn des membres inférieurs , qui présentait à la partie externe d une de ses jambes une seule croûte de favus, trèsbien caractérisée , au dessous de laquelle on voyait le point central et le petit cercle rouge qu'on remarque souvent au centre et à la circonférence de semblables croûtes.

Le favus, et les croûtes en godet qui le caractérisent, sont quelquefois disposés de manière à former sur le cuir chevelu des cerclest ou des anneaux réguliers. Celte variété du favus a été décrite par 'Willan comme une es])èce particulière de porrigo ( Porrigo scu'ulata; Eingworni de quelque autres pathologisles ). Aujourd'hui son histoire ne peut plus être séjjarée du favus.

Le porrigo scutuLata , ordinairement développé sur le cuir chevelu , existe souvent en même temps sur le front et sur le cou. Il est caractérisé par des taches rouges circulaires , sur lesquelles se montrent de petits points jaunâtres (pustules , "Willan ) enfoncés dans la peau , non proéminens, et dont le centre est ordinairement traversé par un poil. Ces petits points jaunes aggloniérés , et beaucoup plus nombreux vers la circonférence qu'au centre de la plaque , sont bientôt remplacés par des croûtes qui s'unissent de manière à former des incrustations plus ou moins larges. Le plus souvent bornées par une ligne circulaire, sèches , friables, elles se détachent par petites portions , et ressemblent à du mortier grossièrement brisé, ou à du plâtre tombé des murs salis par Thumidilé de la poussière. Les cheveux, dont les bulbes sont affectés dès le commen-

) FAVUS.

cément de la maladie , ne tardent pas à être moins nombreux, deviennent secs et se détachent par le plus léger effort.

Si le favus en anneau et con/luenCest abandonné à lui-même, non-seulement les aires des premiers groupes s'étendent ; mais il s'en forme de nouveaux , soit d'une manière spontanée , soit à la suite d'inoculations successives de l'humeur ou de la poùssière du favus. Ces groupes devenus très-nombreux peuvent se confondre par leurs bords correspondans et former des surfaces plus ou moins irrégulières. Cependant la disposition circulaire des groupes primitifs est encore indiquée par les arcs de cercle qu'on distingue à la circontéreuce des aires de ces larges incrustations. Les cheveux se rompent, se détachent de la peau, et sont bientôt remplacés par d'autres, qui tombent comme les premiers : si les follicules pileux plus tard sont détruits , l'alopécie est permanente.

Le favus en anneaux jieut dénuder successivement plusieurs points de la surface du cuir chevelu. De la rougeur ou une desquamation furfuracée sur les points entièrement affectés doivent faire craindre le développement de nouvelles croûtes. La guérison est plus ou moins prochaine , au contraire, lorsqu'après leur chute la peau dénudée devient de moins en moins enflammée et n'olTre que de légères éruptions de plus en plus éloignées.

J'ai remarqué que les facultés morales et physiques étaient faiblement développées chez plusieurs individus affectés de teigne faveuse; d'autres paraissaient frappés d'une vieillesse prématurée, he favus du cuir chevelu peut être accidentellement compliqué avec l'otite, l'ophthaimie et le coryza ; mais une de ses complications la plus grave est sans contredit celle des inflammations chroniques de l'estomac et de l'intestin. Bayle a constaté l'engorgement chronique des ganglions du mésentère (Gallot, autopsie 11") et queUjues autres lésions , qui ne paraissent pas être plus fréquentes chez les individus aflectés du favus que chez d'autres malatles. Dans les favus anciens qui se sont prolongés au delà de la puberté, les ongles des pieds et des mains présentent quelquefois des altérations particulières; ils augmentent d'épaisseur, s'allongent d'une manière insolite, deviennent rugueux, et prennent une teinte jaune analogue à celle du favus.

^ 11. Duncan et Underwood ont placé le siège de la teigne faveuse dans les bulbes des cheveux. Elle affecte spécialement les glandes sébacées de la pean suivant Sauges , dont l opiniou adoptée par Murray ( poltorem sedem mali in Jhlliculis diclis.pinguedinosis , vel ijjsu textu celluloio quœrendum arbitrer ) a été reproduite h peu près dans ces termes par M. Mahon : un follicule enflammé fournit une humeur morbide qui se concrète, remplit, distend sa cavité et en amène la rupture et la destruction; la dépression du favus n'est autre chose que l'orifice du follicule devenu apparent ; la récitlive de la maladie a lieu pour le développement d'un nouveau favus dans un des follicules voisins qui, comprimé par la dilatation du premier, n'a pu se remplir, se distendre , se rompre , se détruire qu'après la disparition de celui-ci ; enfin , le principe faveux a povir mission de détruire la bulbe des poils ; aussitôt cette detruction opérée, il s'évanouit...

La fréquence du favus là où les poils sont le plus nombreux (cuir chevelu) , et la présence constante d'un ou plusieurs poils dans les croûtes faveuses, ont fait penser à M Baudelocque que cette maladie se développait dans les follicules pilifères. J'adopte aujourtl hui son opinion. M. Baudelocque pense que la matière du favus, déposée dans la cavité de ces follicules , s'y concrète, et y forme un petit noyau qu'il désigne sous le nom de tubercule : la sécrétion continuant à se faire, le liquide se dessèche au'our du noyau, augmente son volume, et bientôt la cavité du follicule se trouve remplie et distendue La matière faveuse cherchant à s'écha|iper au dehors , pénètre dans le col du follicule , et , retenue à son orifice par l'épiderme , s'y dessèche en faisant corps avec lui. A mesure qu'une nouvelle quantité de l humeur du favus est dirigée vers l'extérieur, elle dilate le col et le l'orifice du follicule , s unit à l'épiderme en se concrétant autour de la portion déjà solide; celle-ci, d'abord coni(|ufe, s'élargit et finit par se convertir en un corps cylindrique, puis en une surface légèrement convexe , à mesure que 1 orifice , s'agrandissant de plus en plus, vient se placer pres([ue au niveau du fond du follicule dont la cavité se trouve ainsi transformée en une excavation superficielle. Cependant le col et l'orifice du follicule ne peuvent s'élargir sans que la peau qui les entoure , relouUe sur elle-même , ne subisse une légère augmentation d'épaisseur , toujours j)roportionnée à l'évasement du follicule. La dépression centrale des croûtes du iavus n est point due au hasard; sou invariabilité prouverait contre une pareille assertion. Sa formation dépend , suivant M. Baudelocque , delà réunion des circonstances suivantes : |o noyau central , cylindrique, maintenu en place de manière à ue pouvoir être soulevé par l'épiderme avec lequel il est confondu extérieurement; 2" séjour fol'cé du liquide faveux dans un espace formé par le noyau central, la cavité du follicule et l'épiderme; 3" enfin soulèvement graduel de l'épiderme décollé , et par conséquent augmentation en hauteur de l'espace dans lequel le liquide faveux est retenu.

Les progrès de la maladie font successivement disparaître toutes ces conditions. Lorsque, par la dilatation du col et de l'orifice du follicule, la cavité de ce dernier se trouve convertie en une surface légèrement concave , si la sécrétion du liquide continue , si elle est abondante , en s'amoncelant au dessous de la croûte, il la pousse en dehors, et refoule la peau vers les parties sousjacentes. Alors, la rupture de l'épiderme a lieu dans toute la circonférence de la croûte , et elle se détache, à moin.s qu'elle ne soit retenue par les cheveux ; le follicule reprend sa forme ordinaire , l'épiderme se renouvelle , et la guérison pourrait être spontanée , si un nouveau favus ne se reproduisait. Lorsque la rupture de l'épiderme est partielle , la croûte faveuse reste adhérente ù

F A vus.

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