‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 141 sur 311 · MIEL · texte numérisé non relu

MIEL

40 La grossesse commençante %e signale par la suppression des menstrues, runiformité , la mollesse du corps utérin gonflé , son indolence et bientôt par le isallottement.

! 50 EnGn les dêplacemens de la matrice, qui sont souvent Teffet ou la complibation de l'engorgement, n'empêchent pas d'apprécier dans ce viscère les allé- ^•ations dont il a été' question plus haut; ce sont seulement des circonstances qui Peuvent modifier les indications, et c'est là que le médecin a surtout besoin de Sagacité pour bien distinguer ce qui est primitif ou consécutif, et les rapports Je causalité ou de coïncidence.

Pronostic. Il est des cas où la métrite chronique se prolonge presque indéfiiiiment sans graves conséquences , ce sont ceux surtout où l affection est très- 'udolente, où l'engorgement est presque passif ; le col utérin seul affecté estalors nou, pâle , se laissant déprimer par le doigt, et comme œdémateux. Cette disposition n'est pas la plus ordinaire ; il n'est que trop commun de voir la mariée s'indurer de plus en plus et arriver à de fâcheuses dégénérescences. Parjois encore des recrudescences fréquentes ont pu amener des désordres graves lans les parties voisines, des adhérences , des abcès , et devenir ainsi cause lie mort ; ou bien , gênant le développement du foetus , donnant lieu à l'avorteînent , amener ainsi des accidens sérieux , mortels même.

D'ailleurs, en elle-même elle est d'un pronostic fâcheux à cause des incompodités qu'elle occasionne, des alarmes dans lesquelles elle tient les malades , i t de sa résistance opiniâtre à une guérison radicale , ou du moins de la prédisjosilion extrême qu'elle laisse encore aux récidives, lors même qu'on a obtenu me guérison réelle et non un soulagement passager.

! Traitement. Aussi le traitement, même le mieux combiné, n'esl-il souvent iu'un palliatif. 11 faut d'ailleurs en général le baser sur les indications prédobinantes , et tâtonner un peu dans l'application des moyens hétérogènes dont I se compose.

jj En effet, si la nature phlegmasique du mal réclame des anti-phlogistiques, la ihronicité prescrit souvent l'usage des résolutifs , et le traitement doit souvent sciller des uns aux autres .

I Parmi les premiers , nous comptons le repos ,et s'il le faut, le décubitus dor- Lil long-temps prolongé, l'application des sangsues aux aines ou à la vulve, peuttre même dans l'intérieur du vagin , bien rarement sur le museau de tanche , uoiqu'ou ait parfois procédé avec succès à cette opération que nous avons vu Iroduire une fâcheuse recrudescence. Nous y joignons les lavemens et les laxafs comme prévenant les efforts et la congestion vers le bas, que la constipaon détermine, les cataplasmes, les demi-baius , les injections émollientes et arcotiques , ou mieux les bains locaux , les douches île même nature, c"est-àae le séjour prolongé d'un liquide ou d'une pulpe très coulante, introduite [ans le vagin au moyen du spéculum, ou bien un courant permanent durant llusieurs heures de ce liquide injecté par son propre poids , et conduit par un lyuu flexible à partir d'un réservoir plus ou moins élevé. Ces derniers moyens euvent aisément être convertis en résolutifs, si la matière des injections est liargée d'une solution d'acétate de plomb, de sulfure de potasse, etc. C'est brame telles qu'agiront la plupart des eaux minérales qu'on emploie avec sucîs , en choisissant celles qui ne sont pas trop énergiques parmi les sulfureuses Liles salines , et même les ferrugineuses thermales. On y supplée par des bains ictices , par l'emploi des savonneux, des mercuriaux , de l'iode même , si l'enbrgement est indolent. La salsepareille à haute dose a aussi plusieurs fois pussi , et l'on a également cité des succès bien remarquables après l'emploi ji'une méthode particulière destinée à affamer les vaisseaux absorbans , c'est-àire la diète forcée, le ci/ra famis des Allemands.

[Les narcotiques, la ciguë en particulier, soit à l'intérieur, soit en topiques , pavent être d'un grand avantage dans certains cas où il est utile d'amortir les buleurs et de procurer du sommeil ; mais ce ne sont pas là de vrais résolutifs. DUS pensons qu'il faut compter surtout sur les bains et les sangsues en appliitions réitérées. Il est aussi nécessaire d'essayer, du moins dans les cas les lus opiniâtres, de l'apposition d'un exutoire à Tune des cuisses ou à toutes deux, |i bas de la région lombaire , peut-être à l'hypogastre ; on choisira , selon l oen'rence , entre le séton , le cautère ou le moxa.

§n. Ulcérations de l'utérus. Le plus grand nombre des ulcérations qui se forient dans l'intérieur de la matrice est assurément de nature cancéreuse , et il s'en déclare là quelquefois d'un autre genre , ils .sont si difficiles à reconnaî- 'e durant la vie , que leur histoire pathologique est jusqu'à présent tout-à-fait ulle. La métrite ulcéreuse se réduit donc à ce qu'on peut observer sur le mujau de tanche. C'est seulement depuis que M. Récamier a popularisé l'emploi .1 spéculum , qu'on a reconnu à la surface des lèvres et jusque dans l'orifice ême de cette partie , des ulcérations autres que celles du cancer.

l" Les plus communes sont celles qui dépendent de la syphilis ; ce sont tantôt

[véritables chancres, tantôt des érosions superficielles avec prurit, chaleur, uleur , écoulement mucoso-puruleut par la vulve. Il est important d'en tenir mpte , pour ne pas croire à la nullité ou à la guérison d'une affection syphi- [tiquequi serait ensuite propagée à l'infini, chez les filles publiques, par exeme. Quoiqu'on en ait traité quelques-unes; avec succès par des applications ou îs injections mercurielles , c'est surtout à la cautérisation qu'on a recours alors ke avantage. Pour l'opérer, on place d'abord le spéculum, on essuie avec 1 bourdonnel supporté par de longues pinces la partie malade , puis le nitrate argent en crayon ou en poudre , ou mieux le nitrate de mercure en dissolu- 3n , sont portés sur chaque ulcère et retirés ensuite ; un bourdonnet sert de ïhicule aux poudres ou au.x liquides caustiques.

2o C'est aussi parla cautérisation qu'on a guéri des ulcères de nature scro-

phuleuse, darfrcuse, ou qui paraissent idiopathiques ; ulcères manifestés par des flucurs blanches , de la cuisson à l'intérieur , et d'autres signes de métrite qu'il est inutile de rappeler en détail. Reconnusà l'aide du spéculum , rarement par le loucher seul , quoique , dans certains cas , ils acquièrent assez de profondeur pour f.iire craindre une lésion de nature plus grave. On dit même que quelques malades ont pu succomber aux suites de ces ulcérations simples. Elles se distinguent des chancres par une couleur plus rouge , une étendue plus considérable en superficie et souvent aussi en profondeur. Peut-être suffirait-il quelquefois de les traiter par les injections, les pommades adoucissantes ou astringentes, sulfureuses même, etc. La cautérisation est plus expcditive et plus sûre.

§ m. Granulations du museau de tanche. Madame Boivin a plusieurs fois observé une sorte de métrite chronique accompagnée de prurit aux organes génitaux, d'écoulement blanc par la vulve , caractérisée surtout parla présence de nombreuses élevnres à la surface du museau de tanche, qui d'ailleurs était le plus souvent engorgé. Ces élevures étaient quelquefois assez grosses . rouges, mollasses , peu nombreuses, tantôt aplaties et à peine perceptibles au loucher, tantôt comme pédiculées et plus ou moins semblables aux végétations syphilitiques , qui parfois aussi occupent le même siège.

D'autres fois c'était un semis de petits grains durs, blanchâtres et n'occupant que la superficie extrême de l'organe. Ce sont des dispositions à noter parce qu'elles indiquent un état maladif de l'organe qui les offre. Dans la première forme surtout, il y a évidemment d'autres signes de métrite chronique ou subaiguë , et la maladie doit être traitée comme telle; dans le deuxième, il n'existe souvent aucune incommodité notable, et le hasard seul a fait plus d'une fois découvrir une lésion de ce genre qui n'était même pas soupçonnée : dans tous les cas , les granulations en elles-mêmes n'offrent, comme on voit , que des considérations d'un ordre très-secondaire au praticien instruit. Des observations nouvelles pourront seules décider la question de savoir si ces élevures ne servent pas quelquefois d'origine au cancer en grappe. Ce serait là un objet de haute importance pour le pronostic et le traitement même dont il faudrait alors redoubler l'énergie.

Sans donner ici des détails aussi longs qu'inutiles, nous nous contenterons de renvoyer nos lecteurs aux deuxième volume du Traité pratique des maladies de l'utérus et de ses annexes , par madame Boivin et M. Dugès , Paris , 1833 , 2 vol. in-8». Nous y avons cité les travaux les plus recommandables qui ont été publiés surtout de nos jours sur la métrite chronique ou aiguë , et notamment sur la métrite puerpérale. Nommons seulement encore les traités de MM. Nauche et Duparcque, celui de M. A. C. Baudelocque; les thèses de MM. Luroih, Danyau, Nonat ; les chapitres de MM. Cruveilhier et Boër ; les articles de dictionnaire ou de journaux de MM. Murât , Monlault , Duplay, Tonnellé et les nôtres même ; ceux enfin de MM. Delmas , Ricard ,. Tobcrt, etc., etc. (Akt. Dugès.)

MÉTRORRIÎAGIE. Foyez Hémorbhagies btékihes.

MIASMES. Fojez Émanations.

MIEL. Mel. Substance d'origine animale, qui figure à-la-fois parmi les aiimens et parmi les médicamens, c[uoiqu'eile appartienne bien plus positivement à la première division. C'est une matière sucrée plus ou moins odorante , molle quelquefois jusqu'à la fluidité , et fournie par les différentes espèces d'abèilles dont nous n'avons pas à faire ici l'histoire. Les différences qu'il présente sous le rapport de la consistance , du parfum , de la couleur , ne nous intéressent que faiblement ; car elles n'influent guère sur ses propriétés tant alimentaires que médicinales. On regarde comme le meilleur le miel qui est d'un blanc jaunâtre , grenu , consistant, dune saveur sucrée sans arrière-goût âcre , et d'une odeur agréable jjIus ou moins aromatique, qui se présente surtout dans les miels des contrées méridionales.

Les propriétés chimiques de celte substance sont assez analogues à celles du sucre , avec lequel il a cependant cette notable différence qu'il ne cristallise pas aussi facilement : mais comme lui il se dissout tr'cs-bien dans l'eau bouillante , moins bien dans l'eau froide et dans l'alcool faible; mis dans les conditions convenables il subit la fermentation vineuse, et par l'action de l'acide nitrique il se convertit en acide oxalique. D'ailleurs au moyen de certains procédés , et surtout par l'action du froid on peut l'amener à cristalliser, au moins en partie.

Les analyses qu'on en a faites et qui ont dû être variables comme la matière sur laquelle on opérait, y ont fait trouver du sucre cristallisable , du sucre incristallisable , une matière extractive , quelques acides végétaux, et une substance qu'on a dit être de la mannite , sans le prouver suffisamment.

Toutes ces recherches intéressantes pour le commerce de même que celles dont le but est de constater les altérations frauduleuses dont le miel peut être l'objet, importent moins au médecin hygiéniste et thérapeutisle. 11 y aurait plus d'avantage à pouvoir constater , sans en faire la fâcheuse expérience , les qualités délétères du miel recueilli sur diverses plantes vénéneuses, de manière à s'en garantu'.

Les usages économiques du miel sont très-connus : bien que le sucre soit venu le suppléer largement , il est encore employé dans les pays où il est abondant . soit comme aliment, soit plutôt comme condiment. Lorsqu'il est pris en grande quantité , surtout par des personnes qui n'y sont pas habituées, il agit sur les or-janes digestifs à la manière des substances mucoso-sncrées et produit un dévoiement qui n'est jamais de longue durée, et qui est presque toujours sans inconvénient. Nous n'avons pas à parler de l'hydromel vineux, boisson alcoolique dont l'origine ne modifie pas les propriétés , et qu'on obtient en fai-

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