‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 146 sur 311 · MOXA · texte numérisé non relu

MOXA

Iplus ou moins saillantes, et précédées d'une vive démangeaison ; tantôt transpiration considérablement augmentée , tantôt sueurs froides; enchiffrenement ; I enfin, délire, et tous les accidens qui lui sont concomitans lorsque le malade est en danger de succomber à cet empoisonnement. »

L'autopsie cadavérique présente, dit-on (car jamais nous n'avons ni ouvert , ni même vu mourir personne pour avoir mangé des moules), des traces de phlogose de la membrane digestive.

Divers traitemens ont été préconisés contre les accidens dus aux moules : les uns, dans la vue de neutraliser la matière vénéneuse qui produit ces accidens, les autres, dans le but d'aider à la digestion. Ainsi, ihériaque, bière non encore fermenlée , vinaigre seul ou uni au poivre, eau-de-vie, rhum ; tous zes agens ont été donnés avec plus ou moins de succès. Mais, un moyen c|ui Tarait n'avoir jamais échoué, au moins dans les cas récens , est le vomitif. Nous lous rappelons, à ce sujet, entre autres maladies, un infirmier d'une salle de ;hirurgie de l'Hôtel-Dieu de Caen , appelé Lacoste, qui , après avoir été une journée et une nuit, livré à d'horribles tortures à la suite d'un repas fait avec les moules, et avoir été beaucoup médicamenté sans succès, se trouva presque lubitement , et au grand mécontentement du chirurgien en chef de l'hôpital , ;uéri par l'administration de l'émétique, conseille parle médecin du même tablisscment. Si, après l'évacuation ou la digestion des moules, des symptômes nflanimatoires ou spasmodiques subsistaient , on aurait recours , pour le prenier cas , aux émissions sanguines et aux adoucissans ; pour le second , aux ains, a l'administration de l'clher, à la dose de vingt à trente gouttes dans une otion de quatre onces ou à d'autres anti-spasmodiques analogues.

( Ch. Londe. )

MOUCHETURE^ s. f. Scanjicatio. Les mouchetures sont de petites plaies troifes et ordinairement multipliées que l'on fait à la surface de la peau ou des pembraiies muqueuses, pour remplir diverses indications thérapeutiques. Elles larticipent plus de la piqûre que de l'incision , et elles diffèrent en cela des :arifications qui , plus profondes et plus étendues, participent plus de l inciou que lie la piqûre. '

Au re.sle, la différence entre ces deux espèces d'opérations est loin d'être arfaitement tranchée. Nous dirons pourtant que l'une de ces dénominations arait avoir une acception plus étendue que l'autre , car on donne souvent inllféremment le nom de mouchetures ou de scarifications à des plaies très-peu tendues en profondeur et en surface, on appelle scurificaieurs des instrumens ui ne font que de véritables mouchetures , on nomme ventouses scarifiées des sutouses appliquées sur des mouchetures, et l'on ne nomme jamais de ce derjier nom une incision de quelque étendue.

On pratique les mouchetures avec la pointe d'un bistouri , ou mieux avec plie d'une lancette ; toute lame aiguë et bien acérée pourrait également servir |les faire.

Lu manière de pratiquer les mouchetures , et les soins ultérieurs qu'elles exiiiit varient comuie le but que l'on se propose.

iLe plus ordinairement elles sont destinées à opérer une saigne'e locale. On s les applique alors qu'à des tissus qui, tels que les conjonctives et les autres [embranes muqueuses externes , le lissu de la langue , celui des gencives, du répuce , sont pourvus d'un réseau capillaire abondant et superficiel. On les a prnièrcment employées avec avantage dans les erysipèles de la face. On se sert )ur les pratiquer de la pointe d'une lancette , avec laquelle on fait des inci-

ilons superficielles dirigées autant que possible en travers du trajet des vaisaux. Cet instrument remplace très-bien, même pour la conjonctive, celui que oolhouse avait imaginé pour scarifier cette membrane. On expose ensuite la rtie .T la vapeur de l'eau chaude ; et on la recouvre d'un cataplasme pour jvoriser l'écoulement du sang. Cette condition est de rigueur, car sans cela Irritation causée par la blessure serait plus forte que la détente apportée par pcoulement insuffisant du sang, et l'engorgement inflammatoire s'en trouverait igmenté ; il faut même dire que, malgré ces moyens auxiliaires, les moucheres pratiquées sur des tissus enflammés déterminent plus souvent le dernier ! ces effets que le premier.

D'autres fois on pratique les mouchetures de la même manière , mais sur une irtie saine , pour déterminer une dérivation. Alors il est moins important d'é- }ter l'inflammation dont elles peuvent être suivies, car elle est elle-même un oyen de révulsion ; quelquefois même on la détermine à dessein , en faisant ;u saigner les mouchetures et en lavant la partie avec une liqueur irritante. Dans d'autres circonstances les mouchetures ont pour but d'activer ! inflamation chronique dont certains tissus sont affectés , de la faire passer à un e'tat us aigu , afin de hâter la résolution de l'engorgement; c'est ainsi qu'on les bpose à certains engorgemens chroniques des amygdales , à certaines callotes qui affectent les bords de cjuelques vieux ulcères, etc. Dans ce cas , il faut ! borner à piquer les tissus affectés , à plusieurs reprises , avec la pointe de la incette.

jEnfin , on a aussi assez souvent cherché à ouvrir parle moyen des mouche- Ires , des issues aux liquides épanches dans le tissu cellulaire sous-cutané des

fijembres affectés de leucophlegmatie et d'anasarquc. On faisait alors avec la icette des piqûres multipliées qui traversaient l'épaisseur de la peau; mais plupart des praticiens rejettent aujoui-d'hui ce moyen de dégorgement, parce e l'expérience a prouvé qu'il entraînait souvent la gangrène des tégumens. ( L. J. Sanson. )

iiïIOUSSE DE CORSE. Fucus hebnintocovLon. Cette plante que l'on con- Mt également sous les noms de coralline de Corse , ou de mousse de mer, est pe espèce de fucus fort abondant sur les rochers baignés par la mer, et que

DiCT. DE MÉDECINE ET DE Ch1RDI;GIE PEATIQUES.

l'on recueille sur les côtes de Corse, quoiqu'on puisse la trouver dans beaucoup d'autres endroits. D'ailleurs en la récoltant , on la laisse presque toujours mêlée d'un nombre considérable de plantes marines , qui heureusement jouissent de propriétés assez analogues pour que le mélange soit sans inconvénient.

Ce qu'on trouve dans le commerce , sous le nom de mousse de Corse, est un amas de ])etites branches fines , rameuses , demi-transparente.s , cornées et d'un rouge brun , ayant une odeur marine assez prononcée , ainsi qu'une saveur amère et salée, se dissolvant en grande partie dans l'eau chaude, surtout quand on en a isolé les substances étrangères, et donnant à ce liquide, lorsqu'il est refroidi , une consistance gélatineuse.

On suppose par analogie que ce fucus doit contenir de l'iode, mais aucun travail spécial n'a été fait à ce sujet. L'analyse qu'on en possède et qui est déjà ancienne , y a démontré la présence de la gélatine , pour plus des trois quarts de son poids ; plus quelques sels de chaux, de magnésie et de fer, mais en proportion trop peu considérable pour qu'on puisse leur attribuer une action bien réelle.

Aussi malgré les assertions des auteurs anciens , qui la rangent au nombre des vermifuges , ne peut-elle figurer que parmi les moins efficaces ; l'expérience est la pour l'attester. Chacjue jour on voit les mères de famille administrer, à leurs enfans affectés de vers intestinaux , de la décoction ou de la gelée de mousse de Corse sans inconvénient comme sans succès. Quelquefois , il est vrai, des ascarides lombricoides ou vermiculaires sont expulsés , mais combien de fois n'en voit-on pas être rejetés par paquets, à la suite d'un simple laxatif, ou d'une indigestion simple. La gelée de lichen non dépouillée de son principe amer, serait probablement aussi efficace. Rien ne s'oppose néanmoins à ce c[ue la mousse de Corse reste dans la classe des vermifuges , pourvu qu'on sache bien que dans les cas, heureusement rares , où l'expulsion prompte des vers intestinaux, serait la condition indispensable de la guérison , il y a une foule de moyens sur lesquels on peut compter bien davantage.

Quelle que puisse être l'opinion populaire en Corse, et même celle de Napoléon , nous ne pouvons concevoir l'action curative de la plante en cjuestion dans le cancer. Les guérisons , s'il y en avait de constatées, ce qui n'est pas , s'expliqueraient autrement que par une spécificité. En supposant d'ailleurs que la vertu anti- cancéreuse dépendit de l'iode, ne serait-il pas plus raisonnable d'administrer cette substance isolément, que d'aller la prendre dans une plante où son existence et surtout sa proportion , sont tout-à-fait incertaines?

Le mode d'administration est simple ; il consiste à faire bouillir depuis un gros jusqu'à une demi-once de mousse de Corse dans une livre d'eau , à passer la décoction, et à la faire prendre par verres d'heure en heure ; on pourrait également donner la gelée par cuillerées : on la préparerait en faisant une décoction plus rapprochée. Enfin , et ce serait peut-être la meilleure méthode parce qu'au moins il n'y aurait pas d'altération des principes actifs, quels qu'ils soient, on pourrait employer la poudre de la ])lante entière à la dose d'un gros. Vu l'innocuité parfaite du médicament, on pourrait élever beaucoup plus haut les doses que nous avons indiquées. (F. Ratier.)

MOUYEMEWS. Fonction par laquelle l'action combinée des os , des muscles, des nerfs et du cerveau, a pour but de mouvoir le corps eu totalité ou en partie. Pour éludier les raouvemens, sous le triple rapport seméiologique , pathologique et thérapeutique, il convient, par conséquent et avant tout , d'analyser les élémens anatomiques et physiologiques qui les composent. Or, toute lésion du mouvement peut aussi avoir une triple source organique , savoir : 1° les instrumens immédiats de la locomotion (os et muscles); 2° les instrumens de transmission de la puissance motrice (nerfs) ; 3" les instrumens de volition et de coordination du mouvement (cerveau, moelle). Chacune de ces considérations s'applicjue également aux anomalies du mouvement, en plus ou en moins : ou sait, par exemple , que la section d'un muscle ou d'un nerf, amène nécessairement et directement la paralysie , tout comme celle-ci peut dépendre de quelque altération du centre de volonté ou de coordination des mouvemens. Il en est de même des convulsions qui peuvent naître tantôt de l'irritation d'un nerf ou d'un muscle, tantôt de la lésion du centre même de la volition et de la coordination des mouvemens. Il résulte de là que tout désordre de l'action musculaire de la vie relative ou intérieure doit être étudié sous ces différens points de vue , lorsqu'il s'agit de l'appliquer au diagnostic d'une maladie ou d'en combattre la source, {l^oy. Convi:i,sioks , mdsci.es, kerfs , paralysie).

Quant à l'étude des mouvemens, aj^pliquée à l'éducation physique, à l'hygiène et à la thérapeutique, elle constitue une branche spéciale de l'art, qui a ses principes, ses règles d'application, et dont on trouvera l'exposition détaillée aux articles gymnastique et orthopédie de cet ouvrage.

(P. JOLLT.)

' MOXA js. m. Mot dérivé, suivant Percy, du portugais, mechio , mèche, et qui sert à désiguerun cône ou cylindre de matière combustible, destiné à être brûlé sur la peau.

Quelques substances végétales telles que les duvets obtenus en pilant les feuilles et les sommités do plusieurs espèces d'armoise, ont la propriété, une fois allumées, de brûler spontanément jusqu'à leur complète incinération. Ce sont ces substances tordues ou roulées, sous la forme de cylindre, qui forment les raoxas si généralement employés à la Chine et dans l'Inde, d'où les Portugais en ont transmis l'usage en Europe. D'autres matières, comme le colon , le iin, le chanvre, l'amadou, la moelle de quelques joncs, celle, entre autres , de Vhéliajiihus annuus , peuvent servir à faire des moxas et brûlent assez bien, ■lu moyen d'une insufflation soutenue, ou peuvent être rendus combustibles, à

Page 1