‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 153 sur 311 · NARCOTIQUES ET NAR COTI S ME · texte numérisé non relu

NARCOTIQUES ET NAR COTI S ME

Lenaphie tlistillé sert en chimie à conserver le potassium et le sodium; le jiaphte naturel cl le pétrole ont été prescrits comme vermifuges et contre le tœnia ,soit en frictions sur le bas-ventre, soit par gouttes , à l'intérieur, dans un liquide approprié. Ils sont fort peu usités aujourd'hui. ( Guibourt. )

NARCISSE DES PRES. Nnrcissus , pseuJo-narcissus , liin. ; navcissus luteus , sylueslris. Vulgairement narcisse sauvage , porlllon , aïault , fleurs de coucou , de rhexandrie monogynie de Linné et de la famille des amaryllidées de Richard. Cette plante est fort commune dans les près des environs de Pans où ses belles fleurs jaunes se font remarquer dès la fin du mois de mars. On a vanté sou emploi médical contre plusieurs affections ; mais on l'avait presque abandonnée lorsque, d'après les recherches antérieures de Cliisius ,M. I.oiseleur Deslongchamps , qui s'est occupé avec tant de succès de trouver des sucjcédanées au.'i plantes exotiques , a proposé de substituer le narcisse à lipécacuanha. Les essais que l'on a tentés à ce sujet , et que John Rumpel , professeur de Bruxelles , a répétés avec succès , n'ont pas eu entre les mains de divers ex,>érimentaleurs le même avantage , et maintenant que l'on se procure l'ipé- Icacuanha aisément, le narcisse des prés n'est plus employé comme éméliqueest surtout au bulbe de cette plante que l'on attribuait celte propriété. Les leurs desséchées sont la seule partie du narcisse des prés qui soit usitée acluetement.

Les essais que Ton a faits avec cette plante ont déterminé plusieurs chimistes à l'analyser. M. Caventou et M. Charpentier ont , chacun de leur côté, donné une analyse différente, et qui n'a révèle l'existence d'aucun principe particulier.

D'après les expériences de M. Orfila., le narcisse des prés jouirait cependant le propriétés énergiques , puisque , pris à la dose de deux à trois gros , son ex- Irait serait capable de déteruiiner la mort en quelques heures. {Méd. Lég., t. m.)

On attribue à l'odeur de la fleur de narcisse des prés une vertu anti-spasmojjique que le hasard a fait reconnaître , et que M. Dufresnoy , de "Valenciennes , i) publiée dans un mémoire qui a pour titre: Du caractère , du traitement de différentes maladies, etc. .( Paris , an vit , iii-S»). Depuis cette époque , M Du- Ifresnoy et plusieurs autres praticiens ont employé l'infusion , le sirop et l'extrait pe fleurs de narcisse contre les affections convulsives, on ])Ourrait dans le même but préparer une eau distillée de ces fleurs. On ne peut leur refuser des vertus iiUispasmodiques marquées ; nous les avons constatées dans plusieurs cas. On a ctendu l'emploi du narcisse des prés au tétanos et à l'épilepsie. Il est inutile de ire que les cas de succès ne se sont pas souvent répétés.

M. Dufresnoy et M. Veillechèse , des environs de Nantes , ont préconisé l'em- Moi de ces mêmes préparations contre la coqueluche. Ils prescrivent l'extrait iux enfaus à la dose d'un quart de grain jusqu'à un grain par jour. Cet extrait );i le sirop déterminent sans fatigue des vomissemens , et calment les quintes ie toux si cruelles que les enfans éprouvent dans cette maladie. Laennec a employé le même moyen , mais il lui préfère la belladone.

M. Loiseleur Deslongchamps et BI. Lejeuue ont prescrit avec succès la poulie de ces fleurs pour combattre la diarrhée et la dysenterie. M Lejeuue ( De Ijuarumdam indigenarum plantarum virlutibiis) rapporte de nombreux cas de iVuérison obtenus, sur 172 individus , pendant une épidémie dysentérique qui it quelques victimes parmi les malades qui n'employèrent pas ce moyen.

Ces essais ont été heureusement répétés , eu 1826 , par M. Passaguy , médein à Saint-Amour, dans le Jura , et l'on trouve quelques-uns d'entre eux relueillis et publiés avec talent dans la thèse inaugurale que M. Passagay fils a outenue à la Faculté de Paris , le 9 juillet 1S33 ; elle a pour litre : Obsetvalions ur l'emploi du narcisse des prés dans le traitement de la dysenterie. Voici [uelques-uns des caractères principaux observés pen-dant le cours de la maladie.

Cette épidémie éclata dans plusieurs villages environnant Saint-Amour, \crs le mois de septembre, après un été pluvieux; les symptômes rappelaient" Plutôt ceux de la dysenterie muqueuse de quelques auteurs que ceux de la dylenterie inflammatoire. A l'invasion : frissons , lassitude, affaissement; bouche [mère , pâteuse, dégoût , douleurs vagues abdominales , et dans les cas les plus [raves, nausées et vomissemens. La maladie survenait quelquefois sans phénobène précurseur, et s'annonçoit par de vives coliques suivies de selles sanguinolentes ou seulement muqueuses. On observait le plus souvent , pendant on cours , les symptômes suivans : langue couverte d'un enduit blanchâtre et )arfois jaune , anorexie , nausées , borborygmes , ténesme insupportable presue continuel , selles fréquentes , variant de dix à cinquante par jour, jaunâres , quelquefois brunes , tantôt glaireuses , tantôt semblables à des herbes hahées ou à de la iavure de chair , le plus souvent striées de sang quelquefois uiilleboté, d'autres fois liquide , rutilant, intimement mêlé aux autres matières, dîatlement , chute des forces, découngement ; pouls généralement petit, à leine fébrile chez la plupart des sujets , quelquefois plus lent que dans l'état lormal ; une réaction marquée s'établissait rarement. La poudre de fleurs de larcisse des prés fut employéele plus souvent à la dose d'un uros, donné en trois bis dans un quart de verre d'eau sucrée ; on joignit à ce moyen l'usage de l'eau le riz,, etc. Un seule fois sur soixante cas environ , et chez un jeune homuie le vingt ans , l'appareil fébrile prononcé força de recourir à une application de angsues ; deux ou trois fois aussi au début de l'affection on donna l'ipécauanlia.

Dès le lendemain il y avait une amélioration marquée dans les symptômes, a convalescence commencée dès le deuxième jour était complète du troisième lu quatrième. Rarement on fut obligé de donner plus de trois ou quatre gros de larcisse pour arriver h la guérison. Cette poudre ne produisit pas les voraissenens que d'autres praticiens ont observés dans des circonstances analogues.

M. Loiseleur Deslongchamps a constaté les propriétés fébrifuges de la fleur de narcisse des prés dans un assez grand nombre de cas, dont quelques-uns fort rebelles. Ce médicament pourrait donc être mis en usage à la dose d'un demigros à un gros dans le traitement des fièvres intermittentes, contre lesquelles on a déjà tant proposé de moyens. Les propriétés antispasmodiques et calmantes de ces fleurs leur donnent sans doute de la supériorité, dans les cas où le cjuinquina échoue à cause de ses qualités excitantes et toniques.

( Martin-Solok. )

KARCOTINE. Fojcz Opium.

NARCOTIQUES ET WARCOTÏSME. Il est une grande classe de médicamens , dont l'opium {l'oy. ce mot) présente le type par excellence , et qui ont reçu le nom de narcotiques ; parce que leur effet dominant consiste à produire un assoupissement plus ou moins profond. Les narcotiques sont presque tons des poisons, surtout à forte dose , et , néanmoins , il est peu de inédicameiis qui rendent plus de services à la thérapeutique , soit comme moyen de guérison radicale, soit, plus encore, en soulageant les maux qu'il est impossible de guérir.

C'est principalement parmi les solanées et les papavéracées que se trouvent les narcotiques ; car le règne minéral ne présente aucune substance pourvue de propriétés analogues : il y en a aussi quelques-uns dans la classe des ombellifères. Enfin , il y a certaines substances dont l'action est complexe , et qu'on appelle pour cette raison narcotico-âcres. Lorsque , dans le langage médical ordinaire , on parle des narcotiques , on entend , en général , l'opium, la jusquiame, la niorelle, la belladone, le stramonium , la laitue vireuse , la ciguë; etc. Il y a assez d'analogie entre l'action de ces diverses substances, pour qu'un médecin, appelé près d'une personne empoisonnée par l'une d'elles, puisse la reconnaître et la désigner d'après la seule inspection des symptômes, sans néanmoins préciser la substance ingérée.

Quelques personnes ,à raison d'une disposition particulière, sont influencées de la manière la plus violente par une faible dose de narcotiques , tandis que d'autres, soit naturellement, soit eu vertu d'une habitude contractée, se montrent jiresque insensibles à leur action et en supportent des doses énormes. Ce dernier phénoniène se montre dans quelques maladies et notamment dans le tétanos.

Quand les narcotiques sont administres tout d'un coup et à dose assez considérable , ils déterminent une série de phénomènes morbides plus ou moins fâcheux , qui peuvent même se terminer par la mort , et qu'on désigne par le nom de narcotisme. Ce n'est pas immédiatement après 1 ingestion de la substance vénéneuse que se manifestent les accidens ; mais bien seulement lorsque l'absorption l'a introiluite dans le torrent circulatoire; et d'ailleurs ces accidens sont les mêmes , quelle que soit la voie par laquelle ils se sont introduits. D'abord se manifeste un engourdissement partiel , qui va s'étendant et s'accompagne bientôt de vertiges et de propension au sommeil , et d'un assoupissement plus ou moins profond. Quelquefois il y a du délire ; mais un signe plus constant, c'est la dilatation de la pupille. A cela viennent se joindre quelques symptômes accessoires, tels que la [letitesse et la concentration du pouls qui devient , plus tard , d'une extrême lenteur; les nausées et les vomissemens , la gêne de la respiration et les mouvemens convulsifs. Après ces désordres , lorsqu'ils n'ont pas dépassé une certaine mesure , les fonctions peuvent reprendre leur ihythrac naturel , et la santé peut se rétablir complètement, même sans employer aucun moyen curatif. Au-delà de ce point , les accidens prennent un caractère de gravité qui les fait rentrer dans la classe des empoisonnemens , et qui peut se terminer par la mort.

On sait néanmoins que , dans quelques pays , l'usage émousse l'impressiou véritablement morbide des narcotiques , au point qu'ils procurent une sorte d'ivresse voluptueuse. C'est à l'article opium que se trouveront les détails relatifs à ce fait important , et qui n'a pas été peut-être étudié jusqu'ici avec toute l'attention qu'il mérite.

Dans l'empoisonnement par les narcotiques, outre l'indication la plus générale , celle qui est commune à tous les empoisonnemens , savoir d'expulser au plus tôt tout ce qu'il peut rester de substance vénéneuse dans le canal digestif, on en a cherché une autre , savoir : celle de remédier aux effets du poison absorbé. On se flatte d'y parvenir par divers moyens tour-à-tour préconisés et blâmés, savoir : le café , les acides, les liqueurs spiritueuses , et d'autres excitans. S'il faut expliquer notre pensée , ces divers agens , que le succès a souvent suivis , nous semblent peu efficaces lorsque la dose du poison a été considérable , et qu'on n'a pas pu en procurer l'expulsion. Il y a plus, les connaissances chimiques montrent que les liquides spiritueux et acides , en dissolvant les principes actifs de la plupart des narcotiques, en favorisent labsorption , et sont , par conséquent , plus nuisibles qu'utiles. Cette considération ne doit pas être perdue de vue ; indépendamment de ce que les acides et les alcooliques exercent sur l'économie une action dont l'exagération ne saurait être considérée comme indifférente.

Examinons à présent les narcotiques sous le rapport de leur action médicamenteuse et de leur emploi thérapeutique. Si l'on donne à faible dose une substance de cette classe à un individu sain , on n'observe pas d'effets bien sensibles d'abord , puis viennent une propension au sommeil , qui peut dégénérer en besoin irrésistible de dormir , sans qiVil se manifeste pour cela aucune autre altération des fonctions. Chez les sujets qui sont soumis à leur usage, se montrent encore une constipation plus ou moins opiniâtre, une diminution de l'activité digestive et de la sensibilité générale. La sueur est assez ordinairement accrue, en même temps que les autres fonctions sécrétoires sont ralenties.

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