‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 154 sur 311 · NARD · texte numérisé non relu

NARD

Chez i'homme malaile , les iiarcoUques , sauf quelques circonstances qui seront mentionnées plus tard , produisent des effets analogues. Mais il est ua résultat plus remarquable encore et plus intéressant , c'est celui de calmer la douleur , au moins pour un certain temps , et d'amener un sommeil bienfaisant. On en a joui long-temjjs avant d'avoir cherché à l'expliquer; et l'action sur le système nerveux par laquelle on prétend l'interpréter de nos jours , n'a pas indiqué d'applications plus salutaires que celles dont la simple observation avait ouvert la voie. De tout temps les narcotiques ont joué un rôle important dans la matière médicale , où les anciens , trop jaloux de multiplier les distinctions, les avaient fait figurer sous des dénominations différentes , qui n'exprimaient d'ailleurs que des degrés différens de la même action. Ainsi , les anodins , les caïmans , les parégoriques , les hypnotiques , n'étaient que des narcotiques donnés pour remplir l'indication, de calmer lu douleur , ou de provoquer le sommeil.

Telle est l'utilité de cette classe de médicamens , que sans elle la médecine serait bien souvent désarmée. En effet, comme la douleur est un élément fréquent des maladies dont elle est la conséquence et qu'elle tend à son tour à entretenir, il est facile de concevoir combien est applicable un moyen qui la fait cesser dans un grand nombre de cas , et qui presque toujours la mitigé ou du moins en émousse le sentiment. On n'a pas même encore tiré de ces médicamens tous les avantages qu'ils procureraient peut-êire, si, dans certains cas , on les administrait à des doses assez considérables pour produire de légers accidens. Quelques expériences porteraient à croire que, dans les alfections nerveuses et dans les ûèvres d'accès , ce procédé serait eflicace.

D'ailleurs , il ne faut pas croire que les narcoliques puissent être donnés sans préparation , et sans qu'on observe certaines précautions qui en assurent le succès. Ainsi , il est bien reconnu des praticiens que la pléthore sanguine est une contre-indication à celte médication ; et que , quand on s'obstine à l'employer malgré cela , loin de pi'oduire de bons résultats , elle détermine, au contraire , de l'agitation, des spasmes, des congestions cérébrales, etc. ; que l'état inflammatoire aigu est encore plus propre que la pléthore à annuler et même à faire tourner à mal l'emploi des narcotiques. Au contraire, lorsqu'on l'a fait précéder des émissions sanguines, on en obtient des résultats avantageux que les saignées seules ne seraient pas capables de produire. On a dit également que la grande faiblesse ne permettait pas d'user des narcotiques , mais ce précepte n'est rien moins que suffisamment motivé; car , en pi-oporlionnant leur action h l'état du malade , on peut , à notre avis , en tirer un parti avantageu.x. Le conseil de ne les point donner , pendant la digestion, n'est pas applicable à cette classe de médicamens beaucoup plus qu'à toute autre , et c'est une règle de thérapeutique générale.

Quant aux indications qu'on peut remplir avec les médicamens de ce genre, et aux maladies dans lesquelles on peut les administrer , elles sont très-nombreuses. Tantôt on peut y chercher un moyen de remédier à un symptôme dominant , tantôt on les adresse directement à la maladie , considérée dans son ensemble. Ainsi, par exemple, il n'y a pas de meilleur moyen de calmer la toux dans les affections de poitrine : et la toux, en même temps qu'elle exprime l'altération morbide des organes , tend à l'aggraver incessamment par les secousses qu'elle occasionne. L'effet des narcotiques en pareil cas est aussi salutaire qu'il est prompt et constant; et ce n'est pas seulement dans les affeclious aiguës qu'on l'observe , c'est aussi dans les maladies chroniques et même dans celles où il y a des dégénérations irrémédiables. Dans les douleurs qui accompagnent diverses phlegmasies des membranes muqueuses et de la peau, les narcotiques favoj iseiit la guérison, en procurant aux malades du calme et du sommeil, dont la perte est une cause si active d'aggravation. A plus forte raison se montrent-ils efficaces contre ces douleurs appelées nerveuses, dont le siège positif ne peut être constaté , et dont l'intensité est telle que les malades veulent être soulagés à tout prix.

Quelquefois les narcotiques ont paru agir h la manière des astringens et faire cesser des flux sanguins ou muqueu.x ; mais ce cas n'est pas un de ceux dans lesquels il y a le plus à compter sur leur efficacité ; cependant la dysenterie et la diarrhée ont souvent été guéries rapidement par l'emploi de l'opium , et, dans le choléra-morbus , il s'est montré fort utile à 1 invasion de la maladie ; mais c'est l'opium seul qui peut être envisagé sous ce point de vue,'

On associe souvent les narcotiques à d'autres médicamens , auxquels ils doivent servir de correctif ou d'adjuvant. Cet emploi très-commun doit être examiné sévèrement. Souvent, en effet, dans ces composés médicamenteux, ce sont les narcotiques qui agissent seuls ; et , dans ces cas , il faudrait leur rapporter , à eux seuls aussi , les résultats obtenus : ou bien les médicamens qui leur sont associés , opèrent les premiers , et alors l'action des narcotiques est empêchée. Il faut donc faire justice de ces médications bâtardes et incertaines, dans lesquelles on s'imagine diriger à son gré des actions différentes et souvent mal connues ; mais on peut employer avec avantage les médications successives : ainsi, ])ar exemple, après avoir, au moyen des narcotiques, diminué la sensibilité des organes digestifs , on peut leur confier diverses substances , qu'ils auraient repoussées sans cette modification préliminaire.

(F. Ratier.)

NARD. Les anciens donnaient le nom de nai^d'a un grand nombre de substances différentes, mais toutes d'une odeur forte, et auxquelles ils altribuaient de grandes propriétés. La plus célèbre d'entre elles était le vrai spicanard ou nard indien ; c'est le bourgeon radical plutôt que la racine d'une plante du genre des valérianes nommée par Jones î;«/e?7'a;;a jalamansi ; maison lui a substitué presque de tout temps , et on a confondu avec lui une racine bien

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