‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 155 sur 311 · NARINES · texte numérisé non relu

NARINES

moins aromatique, attribuée généralement à Yandiopogon nardus,L., et qui est plutôt la racine d'un souchet (cjperus stolnoiferus de Koenig).

Venait ensuite le nard ceUiquc , petite racine brune, grisâtre , écailleuse , produite par le valeriana cellica , L. ; puis le nard de Crète ou nard de mon- \ tagne , racine %rise , grosse comme le doigt, d'une odeur de valériane , pro- j duite par le phu ou grande valériane ; valeriana phu L. ; de sorte que trois des substances qui portaient autrefois le nom de nai d, et qui étaient si estimées par leur odeur et leur qualité aphrodisiaque, étaient produites par trois valéria- ■ nés. Les deux autres substances qui ont également porté ce nom appartien- a nent à des familles toutes différentes ; l'une est le nard sauvage , racine de Vusamm europœum ; l'autre , nommée par quelques auteurs nard d'Italie , est la grande lavande ou le spic , lavandula spica , L. (Guibourt.)

NARINES, (maladies des), s. f. de naris. Cavités anfractueuses , destinées ; à rassembler et à recueillir les impressions olfactives des corps. \ Souvent on désigne simplement , par cette dénomination , les ouvertures an- , térieure et postérieure des cavités olfactives d'où les expressions de narines an- \ térieures et posiériewes ; mais aujourd'hui , il est généralement reçu de prendre ce mot dans le sens plus large que je lui ai assigné tout d'abord.

Placées à la partie inférieure du canal aérien dont elles ne sont qu'une modification, les narines sont limitées, en haut, parle crâne, en bas, par la bouche , en dehors , par les joues , les orbites et les fosses zygômatiques ; en avant, elles s'ouvrent à l'extérieur, et en arriére, elles communiquent avec le j S pharynx. ( Les narines font, sur le plan antérieur de la face , une saillie qui constitue f le nez , tandis que , plus profondément , elles forment les fosses nasales. Quoi ') qu il en soit de cette division , qui n'est tranchée qu'à l'extérieur, et que rien || n indique , au contraire, à l'intérieur, ces cavités ne doivent être envisagées ■!; ici que d'une manière très-générale.

La surface des narines est très-étendue, plus étendue même qu'il semble au ' j premier abord; cette disposition dépend de deux circonstances remarquables ij de la structure de ces parties : |o des cornets plus ou moins contournés sur ifî lesquels se déploie la membrane olfactive ; 2° des sinus à l'aide desquels cette k; membane pénètre dans les régions surcilière , génienne , etc. ; les cornets des rjj narines concourent surtout à rendre anfractueuse leur cavité, mais en outre, en 4| même temps ils la rétrécissent singulièrement dans les points qui leur corres- \' pondent. La partie antérieure et inférieure des narines est celle qui offre le ' plus de capacité.

L'enceinte de la cavité des narines est formée par des parties oséo-cartilagineuses plus ou moins résistantes ; les os constituent les fosses nasales propre- < ment dites , et les cartilages ajjparliennent uniquement au nez ; mais c'est , à vrai dire , la membrane piluitaire qui forme les parois de ces cavités. Du genre i des muqueuses , cette membrane est continue en avant avec la peau , en arrière avec les muqueuses du pharynx et du tympan , avec la dernière spécialement, au moyen de la trompe d'Eustache. Elle est très-épaisse au niveau des cornets, surtout près de leur bord libre , mais elle s'atténue considérablement dans les, sinus. En avant elle est revêtue d'un épithélium sec et très-prononcé ; en ar- ' rière , elle est dépourvue de cette couche protectrice, ou plutôt elle est tapissée par un épiihélium non desséché , véritable mucus qui adhère intimement à cette membrane et qui lui appartient en propre , comme l'épithélium desséché ap- ; ii partient aux autres points. i

Les artères des narines émanent des branches éthmoi'dale , sphéno-palatine, ptéry go-palatine , palatine postérieure et faciale. Leurs veines sont presque toutes satellites des artères ; quelques-unes seulement traversent les pertuis du i corps du sphénoïde et le trou fronto-ethmoïdal, pour se rendre dans les sinus de \ la dure-mère. Ces dernières sont des veines émissaires, qui n'ont rien d'analogue j aux artères dans leur disposition , et qui établissent, entre les narines et les vei- ; nés crâniennes une liaison intime , d'autant plus importante à connaître pour le praticien, qu'elle rend doublement raison des épistaxis qui apparaissent si fréquemment dans les céphalalgies opiniâtres , et de l'efficacité de certaines saignées dérivatives des narines dans la même circonstance. Les vaisseau.x lym- ; phatiques des narines sont à-peu-près inconnus, si ce n'est antérieurement. Les nerfs appartiennent à l'olfactif et à la cinquième paire. Les filets olfactifs proprement dits se répandent dans les parties supérieures de la membrane pituitaire , tandis que ceux de la cinquième paire appartiennent aux trois ; quarts inférieurs au moins île cette membrane.

Les narines se développent par plusieurs points, dont la réunion s'opèrci sur la ligne médiane ; la cloison ne fait même pas exception à cette règle ; mais ' la régularité de cette formation est subordonnée à celle du nerf olfactif. L'imperfection , ou l'absence de ce nerf, entraîne une imperfection correspondante , des narines. Je possède la téte d'un fœtus qui manquait de nerfs olfaclirs , et chez lequel la cloison et le plancher des narines manquaient complètement.

Les narines sont étroites chez l'enfant et chez le vieillard, mais pour une raison inverse : le peu de développement chez le premier, et la saillie considérable des cornets chez le second. Quelquefois la cloison des narines est percée d'une ouverture , sans que cette circonstance soit le résultat d'une opération ou d'une maladie. Presque toujours cette cloison est déjetée à gauche , ce qui donne à la narine droite une ampleur plus considérable qu'à celle du côti opposé.

Les narines manquent quelquefois complètement, tandis que, dans d'autre: cas, elles offrent un tléveloppemenl incomplet. L'absence des narines implique l'une des deux dispositions suivantes : la séparation des deux orbites par uik simple cloison , ou bien la fusion des deux orbites, et souvent des deux yeu; ,

Wl^CROSE.

WÉCROSE.

en un seul , et prodiiclion de ce curieux vice de conformalion , qui a sans doute donné naissance h la fable des cjclopes, et que I on a désigné sous !e nom àecjclopie. L'impeifection de développement des narines présente plusieurs degrés , depuis la plus simple bifidité de la voûte palatine, jusqu'à l'absence entière de cetle voûte, de la cloison qui appuie sur elle, et de la lame criblée de l'ethmoide. J'ai décrit des vices à l'article Bec de lièvre. (Foy. cet article.)

Les portions antérieure et postérieure des narines n'ont pas la même tendance à disparaître par suite d'un vice de conformation ; en effet, le nez manque très-rarement. Dans les cas d'absence complète des narines et de fusion des deux orbites en un seul, le nez existe, réduit à la condition d'un mamelon informe , sorte de trompe , placée au-dessus de la cavité oculaire . à la partie inférieure du front.

Le squelette des narines peut être fracturé à l'aide de violences exercées sur la face, ou sur leurs parties inférieures et latéi-ales. Une balle qui traverse l'orbile ou la bouche, a souvent produit ces solutions de continuité. 11 est inujtile d'insister pour monlrer toute la gravité des fractures qui afïeclent la partie {supérieure du squelette des narines, partie qui forme un des élémens de la base du crâne ; en effet elles peuvent être suivies d éjjanchemens , ou d inflammation du cerveau et de ses membranes ; or , dans l'un ou dans l'autre cas, 'encéphale est affecté là où son intégrité est le plus nécessaire à la vie.

Les polypes et les tumeurs fibreuses voisines dépriment le squelette des narines , rétrécissent leur cavité ou lui donnent plus d'ampleur; quelquefois ils en déterminent l'atrophie , et font communiquer ensemble les deux narines ou même celles-ci avec le crâne. J'ai été témoin de cette dernièie circonstance , chez un malade qui portait un polype fibreux dans la partie postérieure de la narine droite.

Les corjjs étrangers qui viennent du dehors s"euclavent avec facilité dans la partie supérieure des narines , lorsqu'ils sont poussés de ce côté; tandis qu'au contraire ils glissent facilement vers la gorge , s'ils sont portés sur le plancher [le ces cavités. La différence de capacité de ces points explique suffisamment ces résultats différens.

Dans le coryza les narines s'enflamment, leur membrane se gonfle, et il résulte de cette circonstance un rétrécissement considérable de ces cavités de à difficulté de la respiration par le nez , et larmoiement. Le coryza , repété iQ certain nombre de fois , dispose à l'épiphora et à la fistule lacrymale, parce :|u'il détermine un gonflement de la valvule muqueuse , qui occupe l'extrémité nférieure du canal nasal.

Les narines sont quelquefois le siège d'une héraorrhagie, epistaxis [voyez :e mol).

Des ulcérations font quelquefois communiquer ensemble la bouche et les larines ; le plus souvent elles sont ducs à une cause syphilitique , et coinmenl'cnt par la nécrose des os. Le vice vénéiùen et le scrophuleux sont les causes iiorbides qui portent sur les narines les plus fréquentes et les plus funestes iteintes : le vice vénérien détermine souvent la destruction de la cloison de es cavités cl la déformation du nez ; le vice scrophuleux produit fréquemment es ulcérations qui affectent surtout les narines antérieures, et qui bornent arement leur action avant d'avoir détruit presque toute cette partie. Des abcès se forment quelquefois au-dessous de la membrane muqueuse des arines , refoulent cette membrane et forment une tumeur qui offre une frapaute analogie avec celle de certains polypes : j'ai observé plusieurs méprises le cette espèce. Ces abcès, au reste, guérissent promptement, lorsque louerture en a été pratiquée, à moins qu'ils ne soient symptomaliques d'une iffeetion des os ou des cartilages.

C'est parles narines que Ton introduit les instrumeiis nécessaires au caihécrisme du canal nasal et de la trompe d'Eustache.

( Ph. Friîd. Blakdik. )

WATATIOrî. Fojrez Gymnastique.

NAYET. Bvassica napns. Plante bien plus alimentaire que médicinale qui ippartient à la grande famille des crucifères. Tel qu'il devient parla culture, e navet ( c'est de la racine qu'il s'agit) a perdu une grande partie de ses projriétés primitives ; il s'est dépouillé de son huile volatile âcre , en même temps jue le sucre et la fécule se sont développés en plus grande proportion. D'aiieurs , la cuisson favorise encore ce changement de principes, et le navet cuit le peut être considéré que comme un aliment doux , d'assez facile digestion, nais trop peu nourrissant , à moins cju'il ne soit associé à d'autres substances; ;t surtout à des substances animales. Ses propriétés adoucissantes pouvaient être utilisées en thérapeutique, et en effet elles l'ont été : mais par une exagération trop commune , on a prétendu leur donner une application spéciale que expérience et le raisonnement réprou» ent également. Ainsi , par exemple, on lie saurait admettre que dans les maladies de la poitrine, c[uelles qu'elles soient, :eUe substance puisse agir autrement que toutes celles dans lesquelles dominent le sucre , la fécule et le mucilage. On prescrivait beaucoup le bouillon de navets, de même cjue le sirop de chou rouge et de mou de veau , qui sont maintepaut tombés en désuétude.

Les semences du navet sont oléagineuses et ne sont susceptibles d'aucune application médicale réelle , bien qu'elles aient figuré comme alexipharmaques dans la thériaque d'Andromaque.

Il est à peine nécessaire de dire que la pulpe de navet crue ou cuite peut faire de fort bons cataplasmes émolliens. ( F. Ratier.)

NECROSE, s. f. Necrosis, de vcx^o;, mort. La nécrose est la mortification du |tissu osseux.

Causes. Les causes de cette affection sont locales ou générales. Elles agissent

DiCT. DE MÉDECINE ET DE ChIRDRGIE PRATK^UES.

de deux manières essentiellement différentes sur le tissu des os ; les unes y étouffent subitement les propriétés vitales, les autres n'y éteignent la vie qu'après y avoir préalablement développé l'inflammation. Cette distinction est d'une haute importance.

Dans la première classe, se trouvent : 1° tous les agens physiques qui désorganisent immédiatement la substance des os; 2» toutes les causes qui, n'agissant que sur le périoste ou la membrane vasculaire interne, ont pour résultat de détruire les communications qui existent entre ces membranes et le tissu osseux , et de déterminer la mort de celui - ci en le privant de ses éle'meiis nutritifs.

Dans la deuxième classe, se trouvent quelques agens physiques , mais surtout la plupart des causes générales dont la nature est inconnue, mais qui agissent en développant dans l'os un travail préalable d'inflammation.

Causes locales. Ce sont : l'action du calorique concentré, qu'il ait ou n'ait pas le degré nécessaire à la combustion ; l'action d'un froid trcs-iutcnse.

2°. L'application de substances acres , irritantes , caustiques à la surface des os.

3". L'action des corps contondans, les pressions fortes et prolongées exercées contre le tissu osseux ou plutôt sur le périoste; Bromfield cite l'observation d'une nécrose de la partie supérieure du tibia , causée par le pois d'un cautère que l'on avait trop fortement comprimé ; mais dans ce cas, la nécrose n'a-t-elle pas été l'effet de la vivo inflammation propagée du périoste au tissu de l'os , plutôt que celui d'une pression directe ?

4o. La dénudation des os par une cause vulnérante simple; on a cru pendant long -temps que cette condition seule était une cause nécessaire de nécrose ; mais les expériences de Weidmann , de Troja et autres , ont prouvé qu'il n'en est ainsi que lorsque l'os est resté long-temps exposé à l'air, qu'il a été irrité par des applications intempestives , et que le sujet est âgé ou cachectique.

5°. Les plaies compliquées des os , celles surtout qui sont produites par les armes à feu ; les fractures comminulives, compliquées de division aux tégumens et d'inflammation consécutive du foyer de la fracture, et surtout d'esquilles complètement détachées des parties molles.

6°. A la suite des amputations, les moignons osseux sont quelquefois frappés de mort dans une étendue variable ; cet accident fâcheux survient quand l'os n'a point été recouvert par les chairs , ou quand la plaie ne s'étant point réunie par première intention , l'os a été baigné par le pus , le périoste enflammé , ou la membrane médullaire, ou l'un et l'autre en même temps.

1°. Les lésions du périoste qui ont pour résultat l'inflammation de cette membrane , la formation il'un abcès entre elle et la surface de I os.

8». Les lésions de la moelle. On a vu une nécrose du tibia succéder à une chute sur les pieds , et l'on a expliqué ce fait en admettant la commotion, le décollement de la membrane métluUairc. Enfin, les expérimentateurs ont eu fréquemment recours , pour déterminer des nécroses sur les animaux , à la destruction de la membrane médullaire.

Causes générales. CeWts dont l'influence est \jx plus évidente sont les scrophules, la syphilis, le scorbut. Le mercure administré en trop grande quantité, a quelquefois produit la nécrose de l'os maxillaire intérieur ; mais dans ce cas , elle est ordinairement le résultat de l'inflammation des gencives c[ui s'est prcpagée au périoste. Weidmann dit avoir vu plusieurs nécroses succéder à la répercussion d'une affection- chronique de la peau. M. le professeur Cloquet a vu un jeune ramoneur, dont la presque totalité de la clavicule s'est néciosée à la suite d'un abcès survenu durant le cours de la variole.

Les causes de la gangrène des parties molles peuvent aussi exercer leur influence sur le tissu osseux : c'est ainsi que, dans la gangrène dite sénile , dans celle par le seigle ergoté , etc., les os , aussi bien que les chairs , sont privés de vie. J'ai vu , pendant que j'étais élève, un vieillard chez lequel une gangrène sénile avait clétruit toutes les parties molles des pieds et des jambes , jusqu'auprès des genoux. Les os étaient noirs, sphacelés et complèleraent dénudes ; le malade présentait l'aspect hideux d'un homme vivant , ayant des jambes de squelette. La maladie abandonnée à elle - même fut suivie de Sa séparation spontanée du corps du tibia d'avec ses condyles , à l'une des jambes. Mais le malade mourut avant qu'une séparation analogue i)ût être achevée du côté opposé.

Siégs. Toutes les parties du squelette peuvent être affectées de nécrose. Cependant on l'observe plus souvent dans les os placés superficiellement, que dans ceux que protège une grande épaisseur de parties molles; plus souvent dans les os des membres , que dans ceux de la tête et du tronc. Elle peut détruire un cal , même ancien. Elle attaque plus fréquemment aussi la substance compacte que la substance spongieuse; d'où il résulte que la diaphyse des os lon^s , celle du tibia surtout, et les os plats y sont plus exposés que les extrémités articulaires et les os courts. Les observateurs modernes ont cependant prouvé que la nécrose du tissu spongieux est plus commune qu'on ne l'a pensé généralement pendaut long-temps. Un certain nombre de prétendues caries du calcanéum , des autres os du tarse, de l'olécrane, etc., sont de véritables nécroses.

Caractères anatoiniques. Pour étudier complètement les caractères analomiques de la nécrose, il faut d'abord examiner ceux que présente l'os nécrosé, puis étudier les changemens qui s'opèrent dans les parties vivantes qui l'avoisinent.

lo. Distinguons d'abord les cas où la mort a été primitive de ceux où elle a été précédée de phénomènes inflammatoires dans le tissu osseux.

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