NÉPHRITE
S'il est invaginé , d'un petit volume ou divisé en plusieurs fragmens , si des jarcelies s'en détachent, s'il s'engage dans les ouvertures de l'os nouveau, on se lorne à saisir avec des pinces les parties qui se présentent successivement aux uvertures. Dans ce cas, il pourra être expulsé ou extrait en détail, ou l'absorpion se chargera de le faire disparaîire.
Enfin, si le séquestre est dur, compacte et d'un volume disproportionné avec elui des ouvertures qui peuvent lui livrer passage , et que son siège le rende ccessible aux instrumens , il faut ouvrir l'os nouveau , à l'aide du trépan ou e la gouge, et pratiquer son extraction. Pour faciliter celui-ci et ne pas trop [faiblir l'os nouveau qui l'enferme, on peut avec avantage le réduire lui-même 1 plusieurs fragmens , soit à l'aide de cisailles tranchantes , soit à l aide d un istrument imaginé par M. Charrière, et dont nous avons vu M. Dupuytren se irvir avec succès , instrument construit tout-à-fait sur le plan de ceux qui sont n usage pour pratiquer la lithotritie.
Toutefois , avant de faire celte opération, il est nécessaire que l'os nouveau t acquis une solidité suffisante pour résister à la rétraction des muscles ou au sids des parties , et pour supporter, sans se rompre, l'action des instrumens ; les efforts d'extraction. Nous ajouterons qu'il ne faut encore se décider à la ratiquer, que quand on a reconnu qu'elle est de nécessité absolue; l'expérience ^ant prouvé que , dans quelques cas , les veines du tissu osseux s'enflumment, . que les sujets succombent aux accidens de la phlébite. L. J. Sakson.
NENUPHAR. Nymphcea alha. Belle plante aquatique dont l'usage médical est issi ancien que ses propriétés anti-aphrodisiaques sont douteuses. 11 est inutile ; revenir sur ce sujet, cardepuis long-temps déjà on a cessé de chercher dans ce édicamentun remède contreles désirs immodérés delà chair, etqu'on nesonge êmeplus à l'employer contre d'autres maladies, comme la blennorrhagie , la ucorrhce , la dysenterie, qu'on traite maintenant par des moyens plus sûrs, ous devons seulement dire que les propriétés du nénuphar avaient été bien gèrement examinées, et que la connaissance de sa composition intime aurait i conduire à en faire un emploi tout différent. En effet, la racine de celte anle, partie dont on s'est servi principalement, présente dans sa composition es élémens plutôt irritans que caïmans. La fécule amylacée qui y domine , et u'on en peut extraire pour les usages économiques , s'y trouve associée noniulement à du tannin et à de l'acide gallique, mais encore à de la résine, à des ;ides végétaux et à des sels. Il paraîtrait même qu'il y a un principe âcre , liisque la pulpe de la plante fraîche, appliquée sur la peau, y détermine une rifation analogue à celle que produit la moutarde ; et quelques praticiens ont •é parti de ce fait pour traiter les fièvres intermittentes peu opiniâtres par ipplication de cataplasmes faits avec la racine fraîche du nymphœa alba. On jurrait l'employer au besoin d'après la connaissance plus exacte de ses verUis : :ais il y aurait plus d'avantage à en extraire la fécule pour la nourriture de lomme ou des animaux, ou pour les usages industriels. F. Ratier.
NEPHRALGIE. La néphralgie , que l'on trouve quelquefois décrite dans s auteurs sous les noms de colique néphréliqne , de spasmes des reins , etc. , ! se manifeste guère que comme effet de l'hystérie et de l'hypocondrie. Elle insiste en une douleur plus ou moins vive de la région lombaire , accompalée de tremblement , de refroidissement de la peau, d'urines abondantes et aires, et, dans quelques cas, de vomissemens opiniâtres. Elle diffère de la ;phrite ou inflammation des reins avec laquelle elle a élé souvent confondue, 1 ce que , dans celle-ci , il y a rougeur , rareté ou suppression de l'urine , inîpendamment des symptômes généraux , qui sont , dans le premier cas , ceux une irritation purement nerveuse; dans le second , ceux d'une réaction inflamatoire ou fébrile.
On combat la néphralgie par tous les moyens aniispasmodiques et caïmans le l'on oppose généralement aux irritations nerveuses, et notamment par les aulsions opiacées , les applications émollientes , les embrocations huileuses et ircotiques, les bains généraux, etc. ( P. Jolly.)
NEPHRITE, s. f. Nephritis , de vfs>^«s rein, inflammation du rein. On la ouve encore désignée dans les auteurs sous les noms de Jlèvre néphrétique , lique ncplirétique , néphrilie j néphrali^ie. Mais il faut être averti que, sous s dénominations , ils ont souvent décrit des affections étrangères à celle ilegmasie , telles que le lumbago , le rhumatisme musculaire de la région des mbes f et la péritonite profonde.
La néphrite peut attaquer tous les âges ; elle est cependant plus commune lez les adultes que chez les enfans et les vieillards; on l'observe aussi plus équerament chez les hommes que chez les femmes ; le tempérament sanguin ■cdispose à la contracter ; enfin les individus nés de parens goutteux, et à plus rte raison ceux qui sont affectés de la goutte , en sont souvent atteints; il en t de même des rhuinatisans.
Les climats exercent une influence marquée sur sa production. Assez rare ins les pays chauds , elle se montre au conti-aire commune dans les pays oids , et surtout dans celles de ces contrées où règne une température humide, )mme en Angleterre et en Hollande. On devine aisément la cause de cette subie particularité ; la physiologie nous en donne l'explication naturelle et cile. Il existe entre la sécrétion de la peau et celle des reins , une relation :11e, que l'une d'elles s'accroît toujours en proportion de ce que l'autre dimi- -le, en d'autres termes ces deux fonctions se suppléent constamment. Or, ans les pays froids et humides , la transpiration cutanée étant presque nulle, !s reins , pour suppléer cette sécrétion , sont forcés à une activité continuelle, t comme, de l'état physiologique exagéré d'un organe à son état morbide il n'y -qu un pas , et que l'un conduit à l'autre, il en résulte que les reins , incesamment surexcités , doivent être constamment prédisposés à s'enflammer.
DiCT. DE MÉDECIHE ET DE ChIRCRGIB PRATIQUES.
Tout au contraire dans les pays chauds , la sécrétion cutanée étant très abondante, et celle des reins ne s'élevant presque jamais au-dessus de l'état physiologique, les plilegmasies de la peau s'y doivent montrer fréquentes, et celles des reins très-rares, et c'est en effet ce qui a lieu. D'autres causes viennent en outre s'ajouter encore à celles qui précèdent, et accroître leur influence. Dans le nord, et principalement dans les deux contrées que nous avons citées, l'Angleterre et la Hollande, on fait un très-grand usage de bierre et de thé, boissons très-diurétiques, qui augmentent encore, par conséquent, l'aclion de* reins déjà accrue par le défaut de transpiration cutanée; on y abuse aussi des liqueurs spiritueuses bien davantage que dans les contrées plus chaudes , et c'est encore une cause d'irritation de plus pour les organes de la sécrétion urinaire. Dans le midi , au contraire , l'usage habituel des boissons aqueuses , abondantes , commandé d'ailleurs par la température, est certes bien plutôt de nature à diminuer l'excitation des reins qu'à l'élever au-dessus du degré physiologique.
Au premier rang des causes productrices de la néphrite, nous devons placer celles dont l'action s'exerce directement sur les reins , telles que les coups ou les chutes sur la région lombaire, et les plaies qui pénètrent jusqu'à ces organes. Ce sont là en effet les causes les plus fréquentes de cette phlegmasie à l'état aigu , et il est si rare de la voir se développer sous d'autres influences, à Paris du moins , que, dans le cours d'une pratique de quinze années assez étendue, je ne me rappelle pas l'avoir rencontrée plus d'une ou deux fois. La plupart des auteurs disent qu'elle peut être aussi produite par les violentes secousses de la danse , de l'équitation , et par les cahots d'une voiture mal suspendue ou roulant sur un terrain raboteux. J'ai peu de croyance , je l'avoue , en celte éliologie de la néphrite ; si de telles causes pouvaient provoquer l'inflammation des reins , cette phlegmasie serait infiniment moins rare : lorsqu'on l'a vue naître à leur suite , il est probable qu'il existait déjà chez les malades une très-forte prédisposition à la contracter, et , en outre , que d'autres causes avaient agi en même temps qu'elle.
Sur la même ligne que les causes extérieures, il faut ranger toutes les substances qui , ingérées ou absorbées par toute autre voie que celle de la membrane muqueuse gastrique, exercent une action irritante sur les organes sécréteurs de l'urine , telles sont les canlharides et la plupart des poisons narcoticoâcres , les médicamens diurétiques administrés à trop fortes doses , et certains miasmes , ceux par exemple qui font naître le typhus , la peste , la fièvre jaune et le choléra-morbus asiatique. L'abus des liqueurs spiritueuses peut provoquer aussi la néphrite chez les individus prédisposes. On la voit assez souvent produite par une suppression brusque de la transpiration cutanée , ce qu'expliquent très-bien les rapports de fonctions qui existent entre les reins et la peau; plus fiéquemment , et particulièrement à l'état chronique, elle est excitée et entretenue par la présence de graviers et surtout de calculs anguleux dans les reins; elle succède quelquefois à la disparition brusque d'une inflammation articulaire, goutteuse ou rhumatismale: enfin, l'inflammation des testicules, celle de l'urètre, et celle de la vessie, peuvent dans quelques cas se propager jusqu'aux reins.
On connaît la /?é/^/t;iie a/gi(è' aux symptômes suivans. Quand l'invasion en est brusque, un frisson plus ou moins violent ouvre ordinairement la scène. Bientôt une douleur vive , aiguë, lancinante , ou bien obtuse, gravalive , pongitive et profonde , se fait sentir dans la région lombaire , d'un seul ou des deu.'i côtés. Elle se propage souvent à la vessie, à la verge, dans l'aîne et au scrotum, quelquefois à la cuisse, et toujours du côté du rein enflammé, si un seul est dans cet état. La pression, le mouvement, lorsque surtout îe malade est debout , la toux, l'élcrnuement , le rire, les grandes inspirations, les effoils pour aller à la garde-robe , toutes les secousses , augmentent cette douleur. Le malade éprouve dans la partie souffrante une sensation de chaleur el de pesanteur , quelquefois i!e coustriction ou de dilacération. L'urine coule goutte à goutte ; elle est ordinairement rare , sanguinolente , et se supprime entièi ement quand les deux reins sont enflammés; d'autres fois elle est aqueuse, claire, limpide , et dépose un sédiment blanc et homogène ; enfin , dans les cas où il existe des calculs , elle laisse déposer au fond du vase de petits graviers inégaux , irréguliei's, et semblables à du sable.
Des phénomènes sympathiques s'ajoutent nécessairement à ceux que nous venons de décrire. Ils consistent dans la rétraction du testicule et l'engourdissement de la cuisse du coté du rein enflammé, des nausées , des vomissemens bilieux , des rots el des vents , un sentiment de conslriction à l'épigaslre , des douleurs vagues dans le ventre, le balonnement de cette partie , de la diarrhée avec ténesme , la sécheresse de la langue , une soif plus ou moins vive , et un pouls dur, plein et quelquefois petit et intermittent. L'état de la peau n'offre rien de constant ; ordinairement elle est sèche et brûlante , mais quelquefois elle est couverte de sueur, et si le cours de l'urine est entièrement suspendu, la sueur en contracte souvent l'odeur amm'oniacale. On observe, dans quelques cas le hoquet, une toux sèche , la gêne de la respiration , la douleur de tête el l'insomnie.
Lorsque, après des symptômes de néphrite plus ou moins aiguc, mais au milieu desquels on a pu remarquer la plénitude du pouls et la chaleur halitueuse de la peau , la douleur devient pulsative , le pouls plein et mou ; que des frissons se déclarent et alternent avec de petites sueurs, et que le malade vient à éprouver la sensation d'un poids plus considérable dans la région du rein affecté , on peut conjecturer qu'il se forme un abcès dans la substance de cet organe. Quelquefois les urines deviennent lactescentes et même déposent des flocons de pus au fond du vase, le diagnostic n'est alors plus douteux.
NEPHRITE.
N^PHROTOMIE.
Enfin si le tissu cellulaire qui environne le rein participe à l'inflammation , ce qui est le plus ordinaire, la région lombaire s'empâte, se tuméfie, bientôt une tumeur (lislincle s'y dessine , et une fluctuation profonde SQ manifeste , le diagnostic ilevient encore plus facile.
Toutes les souffrances même violentes du reiu ne sont pas des signes de néphrite. Ainsi, lorsque la douleur de l'organe est aiguë, pongitive , déchirante, qu'elle survient lout-à-coup et cesse de même, qu'elle semble suivre et dessiner les uretères, ([u'elle diminue dans certaines positions et augmente dans d'autres, il est probable qu'elle est due à la présence de calculs dans le rein et non à une néphrite, Si en même temps l'urine se supprime subitement avec la naissance de la douleur et coule de nouveau aussitôt que celle-ci s'apaise , et si surtout de petits graviers sont déposés sur les parois du vase de nuit , il n'y a plus de doute à conserver sur la nature de l'affection. Le rein peut sans doute s'enflammer en pareil cas , mais ici la néphr ite n est que 1 effet consécutif d'une autre maladie, la gravelle ( /^ojrez ce mot ) , et ne doit pas être confondue avec la néphrite dont la description précède.
Quoi quil en soit, gravelle ou néphrite, c'est principalement dans cette affection douloureuse, et lorsqu'un calcul anguleux chemine lentement dans un urètre dont il déchire les parois , ou que ses aspérités s'enfoncent dans la substance même du rein , qu'aux symptômes précédemment décrits se joignent les convulsions ou le délire, effets sympathiques de latrocilé de la douleur. C'est aussi dans ce cas que l'on observe le plus ordinairement les sueurs froides j l'inlermiltence du poids et les urines sanglantes. ( l^oy ez Gravelle. )
Les symptômes de la néphrite chionii/ue sont en général assez obscurs lorsque la maladie n'est pas entretenue par la présence de calculs dans le rein. Ils ne diffèrent au reste de ceu.t de la néphrite aiguë que par l'intensité. Us se bornent souvent à une douleur médiocre dans la région des lombes et dans l'aîne , à la rétraction du testicule , à 1 engourdissement de la cuisse, et à Témission d'urines contenant du sangj ou reconnaît que ce sang part des reins à l'absence des signes de la cjstiie et de ceux qui annoncent l'existence d'une pierre dans la vessie. Ces symptômes sont continus lorsqu'ils appartiennent à la néphrite ; ils ne se manifestent au contraire que de temps à autre et principalement après les excès de table, lorsqu'ils dépendent de la gravelle ; la présence ou l'absence de graviers dans l'urine éclaire d'ailleurs le diagnostic. Cependant ce diagnostic est parfois très-obscîir , tant les signes de la néphrite chronique sont dans quelques cas peu marqués ; il arrive quelquefois même que l'on ne peut l'établir , et l'on a rencontré sur les cadavres des reins entièrement désorganisés sans que pendant la vie on en eût soupçonné l'altération.
La marche de la néphrite est ordinairement continue ; il est très-douteux même qu'on l'ait jamais observée sous forme intermittente , à moins que I on ne veuille considérer comme des intermissions les momens de relâche que l'on observe dans la néphrite qu'entretient la présence des calculs. Sa durée moyenne à l'état aigu est de huit à vingt jours ; à l'état chronique elle se prolonge indéfiniment et dure souvent toute la vie. Elle se termine le plus ordinairement, à l'état aigu par résolution , laquelle est annoncée par un sédiment abondant, épais et roussàtre dans les urines, par une hcmorrhagic par l'anus ou par l'urètre , une diarrhée ou une sueur abondante; quelquefois, ainsi que nous l'avons dit précédemment, elle se termine par suppuration, et le pus reste emprisonné dans le rein et le désorganise si on ne lui ouvre une issue, ou il se fait jour par le colon , ou bien il s'épanche dans la cavité abdominale , ou bien encore il vient former un dépôt à l'aine ou à la marge de l anus ; enfin dans les cas lieureux il descend dans la vessie par l'urètre et s'évacue avec l'urine. Dans quelques cas , heureusement fort rares , la néphrite entraîne la gangrène de l'organe. La néphrite chronique se termine quelquefois aussi par résolution ou par suppuration ; mais elle détermine plus communément l'induration du rein ou sa désorganisation. Cette maladie est presque toujours mortelle lorqu'elle résulte de la blessure de l'organe ; elle a rarement une issue funeste au contraire dans les autres cas.
A l'ouverture des cadavres des individus qui succombent à la néphrite aiguë, on trouve le rein rouge , gorgé de sang , tuméfié , facile à déchirer ; on y rencontre parfois de petits foyers purulens, disséminés dans son parenchyme, et quelquefois des calculs libres ou implantés dans sa substance qu'ils ont déchirée par leurs angles. A la suite de la néphrite chronique , l'organe est souvent induré, squirrheux et considérablement acciu de volume ; ses rapports anatomiques sont souvent entièrement changés, et on le trouve quelquelois descendu jusque dans la fos;e iliaque, ce qui n'a pas peu contribué ])endaiit la vie à obscurcir le diagnostic. Dans quelques cas, la substance du rein a totalement disparu, et l'on ne voit plus à sa place qu'une masse de pus l enfermé dans line vaste poche formée ]iar ses propres membranes. Enfin, on le trouve encore converti en une matière cérébriforme {voyez Cakcer ), ou graisseuse, ou osseuse ( t'oyez l'RAKsronMATiONs morbides ) , ou bien rempli de vers ou d'hydalides.
Traileinent. Dans l'état aigu de la néphrite, il n'y a pas à balancer sur le choix des moyens à lui opposer. Les saignées générales répétées , les applications nombreuses de sangsues sur la région des reins, les cataplasmes émoiliens, les bains tièdes trés-prolongés , les demi-lavemens émoiliens et narcotiques, la diète absolue, les boissons mucilagineuses , émulsionnées, mais non diurétiques, voilà ceux que la nature de la maladie réclame, que la raison indique, que l'expérience justifie, et que tous les praticiens mettent en usage. Les premières saignées doivent être fortes ; il uc faut pas craindre de tirer jusqu à deux livres de sang à-la-fois , car il importe beaucoup de faire avorter s'il se peut
la phlegmasie et d'en prévenirla terminaison par suppuration ; on ne doit pas craindre non plus de les répéter autant que l'inflammation l'exige et que les forces du malade le permettent; la conduite hardie des chirurgiens dans le traitement de la néphrite qui est l'efTet d'une blessure, doit servir de guide. Il convient en même temps de n'administrer les boissons qu'avec parcimonie, suitoul si les deux reins sont enflammés , pour ne pas obliger ces organes à un travail de sécrétion qui ne ferait qu'accroître leur inflammation; il faut même eu priver complètement le malade et étancher sa soif en lui faisant sucer quelques quartiers d'orange, lorsque l'urine est entièrement supprimée , parce que ce signe annonce ou une inflammation excessive des deux reins , ou l'oblitératiçu des uretères par des calculs , et que, dans le premier cas, il importe de laisser reposer les organes de la sécrétion urinaire , et que, dans le second, il faut éviter d'accroîire la quantité du fluide sécrété.
Nous devons dire toutefois que tous les auteurs ne partagent pas cet avis de ne donner que de petites quantités de boissons aux malades atteints de néphrite aiguë. Quelques-uus pensent au contraire que l'administration de boissons mucilagineuses abondantes concourt puissamment à diminuer l'inflammation , et ils se fondent sur ce fait incontestable que plus l'urine est rare et concentrée plus elle est irritante. Ainsi la théorie semble aussi favorable à ce précepte quà celui que nous avons donné : c'est donc à l'expérience qu'il appartient de ))rononcer ; la rareté de la néphrite ne permettra probablement pas de long* temps de décider cette question.
Lorsque l'inflammation a diminué de violence , on peut ajouter aux moyens précédens l'emploi de quelques révulsifs sans cautharides , sur les extrémitéa inférieures , celui des embrocations d'huile tiède camphrée sur la région des reins, et enfin quelques légers laxatifs ; mais il ne faut en user qu'avec réserve d'abord , et en observant attentivement leurs effets , pour les suspendre immédiatement pour peu qu'ils paraissent nuire; vers le déclin de la maladie, au contraire, on y a recours en toute sécurité et avec avantage. '
Si malgré un traitement suffisamment énergique, un abcès se forme dans la substance du rein , s'il acquiert un grand développement ■ et qu'il fasse saillie dans la région lonibaire, il faut en faire l'ouverture aussitôt que l'on commence à sentir la fluctuation ; il n'est pas même besoin d'attendre qu'elle soit bien distincte, si l'on se croit bien certain de l'existence de l'abcès ; car il faut en redouter et par conséquent en prévenirla rupture, laquelle serait suivie d'un épanchement mortel de pus et d'urine dans la cavité péritonéale. La manière de procéder à cette opération ne présente rien de particulier; elle sera décrite d'ailleurs à l'article Néphrotomie.
Nous avons dit que les diurétiques devaient être bannis du traitement de la néphrite aiguë , et l'on en comprend le motif ; ils sont utiles au contraire dans la néphrite chronique et même dans celte forme de l'aiguë, qui est provoquée par des calculs. On ne doit cependant encore les employer qu'avec beaucoup de mesure. Parmi ces moyens les plus généralement employés sont les décoctions de racine ou de tige d'asperges, de racine de fraisier, d année , de chiendent , l'infusion d'ura-ursi , de saponaire, etc., auxquelles on ajoute de petitea quantités de nitrate de potasse , de sous-carbonate de soude , etc. Les eaux acii dules, les limonades de toute espèce , le petit-lait , les émulsions légères conviennent aussi dans ce cas. Mais les moyens purement antiphlogistiques conseillés pour l'état aigu sont encore ceu.x qui rendent le plus de services dans l'état chronique ; il est presque superflu d'ajouter qu'on en proportionne alors l'énergie au degré de la phlegmasie. Un régime sévère, dont le vin et toutes les liqueurs spiritueuses , les mets salés, épicés et les viandes noires seront proscrits , devient indispensable pour hàler la guérison , et plus tard pour prévenir le retour de la maladie. Le malade doit aussi s'abstenir avec sojn de tout exercice un peu rude qui pourrait fatiguer les reins , tels que celui du cheval , de la danse , etc. Il retirera de bons effets au contraire de la promenade à pied et de la natation. L'entretien de la transpiration cutanée et l'habitation de» pays chauds sont éminemment utiles.
Nous renvoyons à l'excellent article de notre savant collaborateur , M. Ma.i genilie, pour tout ce qui concerne le traitement des calculs rénaux . ( Fojrei, Gravelle.) L. Ch. Roche. .
NEPHROTOMIE. s. f. Nephrotomia, de -j;fpoi, rein , et de z;ixpo>, je coupe. Opération qui consiste dans l'incision du reiu , soit qu'il s'agisse d'extraire des calculs urinaires des cavités de cet organe, soit que l'on n'ait d'autre but que de donner issue à des collections de liquides formées dans sa substance.
Les calculs des reins constituent une maladie assez fréquente. Il se pourrait même , suivant beaucoup de praticiens , que la plus grande partie des concrétions que l'on extrait de la vessie se fussent formées d'abord dans l'organe sécréteur de l'urine, et d'où elles seraient descendues ensuite jusque dans le réservoir de ce liijuide, qui leur aurait successivement fourni les matériaux de leur accroissement. Mais cette explication ne mérite pas une entière confiance : on ne voit pas pouiquoi les élémens concrescibles de l'urine se réuniraient plutôt dans les reins , où ils sont encore en mouvement , et cfélayés par une plus grande proportion d'eau , que dans la vessie , où le liquide séjourne, reste souvent en repos , et est soumis à une absorption qui le concentre de plus en plus.
Quoi qu'il en soit , les accidens produits par la présence de corps étrangers dans les bassinets , quelque graves et alarmans qu'on les suppose , ne peuvent pas autoriser, dans l'état actuel de la chirurgie , un praticien prudent à tenter de les extraire par l'opération de la néphrotomie. Le rein est trop profondement situé , la présence des calculs dans ses cavités restera toujours , malgré la précision des signes rationnels , trop incertaine pour ne pas arrêter l'opérateur