‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 159 sur 311 · NERF · texte numérisé non relu

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e plus hardi. On cite , il est vrai , des exemples de la pratique de la néphrojoniie. Suivant Mezerai , Schenkius , Freiiul et beaucoup d autres , un f'ranc- |rcher de Bagnolct y aurait été soumis avec un succès complet ; un autre exem- Sle , rapporté par Schurigius, aurait eu le même résultat; Pierre Marchctlis i il-on, guérit un consul anglais d une colique néphrétique très intense et ebelle , par cette opération. Mais ces observations , d'une part , ne sont point ulhentiques , et ne peuvent, par conséquent , servir de règle au lit du malade ; "un autre côté , le diagnostic , relativement à la cause du mal , à son siège 'irécis , à la facilité de l'enlever par l'opération , ne saurait acquérir un degré (évidence suffisant pour lever tous les doutes.

Mais ces obstacles disparaissent en grande parlie, lorsque des collections urtdeutes ou autres , formées dans le rein , fixent les indications et détermijtnt la nature ainsi que l'étendue de la maladie. Si une tumeur fluctuante , éccdée de phénomènes inflammatoires plus ou moins violens , se développant ns la région des reins , soulève la paroi abdominale correspondante , l'oripture peut en être faite sans danger. Il importe cependant de se rappeler ors la disposition du péritoine, qui, venant de la région antérieure du vene , glisse au-devant du rein , et le recouvre sans lui fournir d'enveloppe , pour jjgner la partie latérale de la colonne lombaire. L'abcès rénal doit donc être Lvert dans sa partie la plus postérieure , le long du bord externe du faisceau Immun aux muscles sacro-lombaire et long dorsal , à l'endroit où les aponé- J-oses du muscle transverse se rejoignent , après avoir séparé les muscles posrieurs du dos du carré des lombes.

Le malade étant couché sur le côté opposé à la maladie , les extrémités pelennes légèrement fléchies sur le ventre , le chirurgien pratique le long de la gne indiquée , entre le bord inférieur de la dernière côte et la crête de l'os des ps , une incision de trois pouces environ. 11 incise successivement la peau , I tissu cellulaire , les muscles , et pénètre enfin jusque dans la cavité |)urulente. jes vaisseaux sont liés à mesure que l'instrument les divise. Si le doigt porté |n& le foyer du liquide qui s'échappe y rencontre des graviers ou d'autres irps étraugers , des pinces à pansement, dirigées sur lui , servent .à en opérer [extraction. Un pansement simple suffit ensuite , et presque toujours la plaie ;meure long-temps fistuleuse, donnant issueà du pus mélangé d'urine et parfois des fragmens de calculs urinaires. Chez beaucoup de sujets , ces fistules periteut pendant toute la vie , sans déterminer d'incommodités notables. IjCS opérations de ce genre exigent de la part du chiiurgien beaucoup de rconspection , aQn qu'il puisse éviter le péritoine , et le soulevant , s il en est ;soiii , en arrivant dans l'abcès pour ouvrir la cavité séreuse. Les fistules du rein dans lesquelles s'engagent quelquefois des calculs , qui :ca»iounent des accidens inflammatoires plus ou moins graves , ne réclament mais la pratique de la iiéplu otomie. Il suflit de les dilater ou de les agran- 1, alin d extraire les corps étrangers , pour faire cesser la douleur etTinflamallou dont elles sont le siège. ( f^oy. Fistlle. ) L.-J. Bégin.

KERF. s. m. Neri^us ^-jiupov .Coti\oas qui mettent en communication la moelle unicre, l'encéphale et les ganglions avec les diverses parties du corps , de anière à tenir celles-ci dans la dépendance de ces grands centres d'action. Il existe deux classes de nerfs : les uns émanent directement du système cébro-spinal, les autres n'ont de relation avec ce système que d une manière îtournée , et paraissent puiser en eux-mêmes leur propre activité. Depuis chat , les jjremiers sont appelés nerfs de la vie animale , et les seconds , vj's de la vie organique.

Les nerfs de la vie animale sont subdivisés en crâniens et en rachidiens , ivant qu'ils traversent les trous de la base du crâne ou ceux du rachis. Au- 'in d eux n'émane des hémisphères du cerveau ou du cervelet ; tous au conaiie , appartiennent par leur origine à la moelle épinière ou à la moelle longée , comme Bichat l'avait pressenti , sans toutefois l'avoir établi directecnt. Quoi qu'il en soit , ces nerfs ont tantôt une double racine implantée , un côté , dans la colonne antérieure , de l'autre, dans la colonne postérieure ; 1.) moelle , et tantôt une seule racine dont l'insertion peut être antérieure , )stérieure ou latérale. Les recherches de M. Magendie ont prouvé que les ;rfi à deux racines sont à-la-fois sensitifs et moteurs , et les miennes , en par- :ulier, ont montré que ces deux facultés y sont dévelo|ipces en raison directe j volume de ces racines ; tandis que d'autre part les expériences de Ch. Bell i. Shaw, expériences répétées par M. Magendie, ont mis en lumière 1 influence |ute spéciale sur les phénomènes respiratoires ,des nerfs qui n'ont qu une orine latérale sur la moelle épinière.

Les nerfs de la vie organique émanent-ils simplement des ganglions? sont- S, au contraire, des branches du système cérébro-spinal, branches interromiies un certain nombre de fois dans leur trajet par les ganglions ? Cette question irlage encore aujourd'hui les anatomistes , et il faut le dire , elle sera le sujet b leurs disputes , aussi long-temps qu'ils continueront à attacher à la forme atant d'importance qu'au fond des choses. Au fond, en effet , quelle nécessité

a-l-il k se poser cette difficulté ? 11 n'est qu'un fait sous ce rapport , fait que matomie la plus vulgaire révèle à tout le monde , savoir la continuité du sys- !me des nerfs de la vie organique avec celui des nerf cérébro-spinaux; or, 5ilà ce qu'il importe de reconnaître. Après cela, libre à chacun de soutenir uele grand sympathique naît du cerveau au moyen du nerf de la sixième paire, u bien qu'il s'isole de la moelle épinière par l'intermédiaire des nerfs rachiiens; rien ne s'y oppose, c'est une manière comme une autre de se représenter :s choses ; mais il faut se garder de croire que , de la sorte , on a donné le derier mot du système des nerfs ganglionnaires ; car ou n'a fait en réalité qu'exrimer une de ses relations de continuité , sans rien ajouter à ce que l'on savait

dès long-temps sous ce rapport, et surtout sans avoir fait avancer d'un seul pas l'histoire de son action compliquée.

Un des points les plus impoi tans de l'origine des nerfs est celui qui a trait aux connexions de ceux d'un côté avec ceux du côté opposé. On a avancé dès long-temps , et presque tout le monde répète aujourd hui que les nerf s'entrecroisent à leur origine. Cette opinion est complètement erronée. Veut on dire par là que le cerveau a une action croisée sur les nerfs ? cela est vraie, mais la cause de ce phénomène siège dans les centres nerveux , et point dans les nerfs. Ily a bien quelques nerfs, l'optique et le pathétique, qui ont un entre-croisement apparent; mais il y a loin de là à l'entre-croiseinent de tous les nerfs.

Quoi qu'il en soit de l'origine des nerfs , ces cordons prolongent réellement les centres nerveux vers la périphérie du corps ; ils se répandent d'abord dans les interstices des organes , entre les lobes , les lobules , les granulations, les faisceaux, les fascicules et les fibres de ceux-ci, et ensuite ils s'y terminent d'une manière variée : tantôt en s'épanouissant comme certains iieifs des organes des sens; et tantôt en se divisant en nombreux filets qui concourent à former les trames organiques.

Dans leur trajet, les nerfs communiquent ensemble; ces communications ou anastomoses sont établies d'un système à l'autre, ou bien entre les branches d'un même système nerveux. Il existe deux modes bien distincts de réunion , d'anastomose des nerfs : par inosculalion véritable , et par simple accolement. Les plexus et les ganglions présentent à-la-f'ois ces deux modes d'anastomoses nerveuses ; tes derniers renferment, en outre, autour des cordons nerveux tiès divisés qui y pénètrent, une substance peu connue dans sa nature, mais qui a peut-être pour usage d isoler tes iierls des centres nerveux, et de rendre leur action j usqu'à un certain point indépendante. Les anastomoses des nerfs réunissent anatomiquement tous ces cordons en un seul système, et les rendent, en quelque sorte , solidaires les uns des autres ; toutefois , il y a îles exceptions à cet égard , par exemple, les nerfs ganglionnaires sont peu influencés par les excilans qui agissent sur les nerfs de la vie animale ; cl réciproquement les nerfs de la vie animale paraissent long-temps indifférens aux excitations qui mettent en jeu les nerfs de la vie organique.

Les nerfs sont-ils pourvus d'un canal central comme Praxagoras l'avait avancé , et comme Bogros croyait, l'avoir établi par ses injections ? Ce fait anatODiique ne me parait pas tlémontré ; toutefois il est juste d'ajouter aussi que quelques-uns des résultats que fournissent les injections, donnent un assez grand poids à cette opinion.

Les nerfs sont enveloppés en-dehors par une membi'nne cellulaire continue avec la tunique vasculaire des centres nerveux, membrane appelée névrilcinnie ; et ils sont constitués intérieurement par uni; substance blanchâtre qui a la pins grande analogie avec la substance blanche des centres nerveux. Chaque nerf est formé d'un certain nombre de cordons ou filaraeus qui sont tous entourés d'un névrilemme particulier, qui est une subdivision du névrilemmc général, et qui ont tous une moelle intérieure. Dans un même nerf tous les cordons sont identiques sous le point de vue de la composition ana'omique , et tous s'anosiomosent ensemble un plus ou moins grand nombre de fois ; les filets du nerf ojUiquc sont les plus remarquables sous ce rapport; leurs anastomoses sont si tVéquentes , que lorsqu'on dépouille ce nerf de sa matière médullaire à l'aide de la macération dans une solution alcaline, lorsqu'on le souffle et qu'on le fait dessécher en cet état, son intérieur ressemble complètement à la substance spongieuse qui remplit certains roseaux. La substance intérieure des nerfs trisplanchniques est-elle semblable à celle des nerfs de la vie animale? Tous les anatomistes ne s'accordent pas à cet égard ; toutefois des recherches et des expériences qui me sont propres me portent à résoudre affirmativement cette question. Ce qui m'a paru donner aux nerfs splanchniques cette couleur grisâtre et cette dureté qui les caractérise spécialement , c'est 1 épaisseur et la densité de la couche cellulaire qui forme leur névrilemme.

Quoi qu'il en soit de la différence de structure des nerfs cérébro-spinaux et sympathiques, difi'érence qui ne me paraît pas fondamentale, les uns et lus autres reçoivent des vaisseaux qui parcourent les interstices fibriliaires de chacun d'eux , et qui se ramifient ensuite dans le névrilemme propre aux différens cordons. Du tissu cellulaire pénètre également les nerfs et peut devenir parfois le siège de certaines maladies.

Depuis Héro|)hile et Galien on a souvent cherché s'il n'existe pas des nerfs particuliers pour le sentiment et d'autres pour le mouvement ; et cette question , déjà posée et débattue par les anatomistes, a été aflirmativcment résolue, com me je l'ai dit plus haut , par les modernes recherches de Ch. Bell , Shaw et Jl. Magendie. Tous les nerfs à deux racines sont à-la-fois seuailifs et moteurs, sensitifs parles racines postérieures, moteurs par les racines antérieures. Les nerfs à une seule racine sont au contraire exclusivement sensitifs ou moteurs. 11 y a plus même, les recherches relatives à la détermination des fonctions des nerfs ont été poussées plus loin par les physiologistes que j'ai cités, car Ch. Bell nous a appris que parmi les nerfs moteurs il en existe une classe qui préside exclusivement à la motilité respiratoire et d'expression , tandis qu'aux autres appartiennent les mouvemens les plus ordinaires, si l'on peut dire ainsi ; tandis que M. Magendie, de son côté, a établi expérimentaleuient ce fait, pressenti par Bichat, que les nerfs destinés à des appareils spéciaux de sensations comme l'olfactif et l'optique , ne sont sensibles qu'aux impressions olfactives , lumineuses, etc. Aussi y a-t-il dans les fosses nasales et dans le globe de l'œil un nerf spécial pour la sensibilité spéciale de l'organe , et des nerfs ordinaires pour la sensibilité générale. Tout récemment il m'a été donné de constater directement, chez l'homme , la vérité de ces assertions : il s'agissait de l'ablation complète de l'oeil

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