‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 161 sur 311 · NÉVROSE · texte numérisé non relu

NÉVROSE

! d'inflammaHoii , c'esl-à-ilire que la névritcest assez rare ; celui qui en estle plus I souvent alteint parait êlrc le sciaiique ; toutei'ois aucun n'en est exempt. Ainsi 1 Reil et Poi taU'ont rencontrée clans Jes nerfs cérébraux ; Martinet l'a vue

dans le médian et le cubital ; WM. Breschet et Labstein dans le pneumo-gastriï que et le trisplanchnique.

Les caractères anatoniiques de la névrite sont les suivans : le nerf est rouge ,

quelquefois gonfle , induré ou ramolli ; son névrilcme est injecté ou rempli î d'une sérosité tantôt limpide, tantôt purulente; sa pulpe a été trouvée d'un t gris sale, ayant perdu sa consistance et son élasticité, ou bien présentant

de distance en distance des grains durs , llbro-celluleux , à la manière d'un

chapelet.

I Le traitement de la névrite consiste principalement en saignées locales plus ji ou moins abondantes et souvent répétées , suivant la violence et la persistance \de la douleur; en bains et cataplasmes émolliens, et autres moyens antipliloi gisti((ues généraux et locaux. Quand l'irritation a perdu de son acuité par le

temps ou l'emploi énergique des antiphlogistiques , on a recours avec queljque avantage aux ventouses scarifiées, aux sudorfiques , aux bains sulfureux , I précédés de douches dirigées sur le trajet de la douleur , puis aux vésicatoires ,

aux cautères , aux moxas , etc.

j S'il existe une complication d'élémens névralgiques et inflammatoires , comme on l'otiS^-ve quelquefois , on met successivement ou simultanément en usage ■les aiaJiphlogisliques et les antispasmodiques. (Voyez ]\évralgie. )

Soerhaave . Prcelectiones de moi bis nervorum , torn , I, p. 61. Nasse. Disserl. de neurilîde. Halle, 1781.

îtescot. Disserl. sur les afFetlions locales des nerfs, in-8", 1822.

Martinet, Mémoire sur l'inflammulioii dos nerfs . ( Ref rte médicale, caliier de juin 1824.)

(P. JOLL-ï.)

ISEVROSE. Nfu^wa-fj. Maladie nerveuse , de Vsu^oci nerf. Ce nom est consacré par les nosologistes à désigner une classe de maladies inconnues dans leur Inatare organique , et signalées par des manilestations symptoinaliques que le iraasonnement conduit à rapportera quelque dérangement du système nerveux ou d'une partie de ce système.

Rien de plus rationnel que l'adraissioTi en principe des névroses ; et néanmoins , la plupart des écrits publiés sur ce sujet n'ofTicnt presque lien de satisfaisant pour l'esprit.

Cela me parait tenir h ce que la grande question des névroses , question essentiellemieut physiologique dans sa nature, n'a pas été généralement comprise, et que sous le titre nuvrose on a confusément rassemblé toutes les alfeclions de cause matérielle inconnue.

On est forcé de reconnaître celte vérité en jetant un coup-d'œil sur le tableau es névroses donné par le plus grand nombre des auteurs. Dans un de ces tableaux , publié en 1819, nous voyons figurer les maladies Jientales, les paralysies du mouvement, l'aniaurose , l'asthme, la cotjueluphe, etc., maladies de la plupart desquelles , dans un grand nombre de cas , nous pouvons démontrer la cause matérielle dans nos organes , et qui peuvent ilifférer autant l'une de l'autre que difTère une simple phlegmasie superficielle du cerveau , un caillot sanguin, un ramollissement, une tumeur quelconque [dans le cerveau , un tubercule dans les nerl's optiques , une hypertrophie idu ventricule gauche avec un rétrécissement de l'aorte , d'une bronchite, etc. I Je sais bien que, dans un certain nombre de cas , les symptômes de quel- |qu'un€des alfections que j'énumère auront existé sans que la cause organique jjcarrespondante soit bien aisément démontrable pour tout le monde; et ces cas bourrent être des névroses ; mais c'est pi écisément celte importance de distin- [guer des autres maladies les cas véritables de névrose , qui fait mieux comprendre la nécessité de bien s'entendre sur les caractères génériques physiologiques de ces dernières atTeclions , puisqu'on ne peut déterminer leurs propriétés matérielles comme on le fait généralement pour l'inflammation , le cancer, les tubercules , etc. Si je ne me trompe, l'obscurité si profonde qui enveloppe encore la théorie des névroses tient à ce que , fort avancés en anatomie pathologique, habitués à voir dans le cadavre des desordres matériels auxquels Qousnousen prenons pour c^spliquer les symptômes morbidesobservés pendant la yie, nous trou\ons entre les uns et les autres une correspondance dont noire esprit se contente ; et nous négligeons, dans tous ces cas, la part qu'a pu prendre ^ la production des sym|itômes et même à la production des dérangemens niutcriels le système nerveux qu'alors nous voyons presque toujours le même dans ses appa- ^■ences. On sait combien est grand, à côté des exemples contraii es, le nombre de CM dans lesquels il existe dans nos organes quelque dérangement matériel, lorsqu'ils ont été .troublés dans leurs actions. Que ce désordre soit appréciable par le simple secours de nos sens; qu'il exige , pour être démontré , l'auxiliaire île nos réactifs , nous k poursuivons avec ardeur , et quand nous l'avons saisi , notre tache semble accomplie; c'est à l'altéralTOn déleritiinée que nous rapportons tous les désordres symptomatiqucs.

En agissant ainsi, 'nous suivons une méthodedontaucunne contestera les avanjtages, et moins que personne je n'élèverai de doutes sur les services rendus à la [science parles éludes d'anatomie pathologique. Il sufTit pour apprécier ce qu'on Seurtloit de se repoiier à ce qu'était la médecine avant Morgagni , à ce qu'elle |était redevenue après ce grand homme ; et de considérer ce qu elle est aujourjd'hui entre les mains des modernes, animés dans leurs poursuites d une ardeur et [d'une émulation dont jamais, jusqu'à nos jours , on n'avait vu tant d'exemples à-la-fois.

Mais pour comprendre à côlé des avantages de celte méthode ce qu'elle

DlCT. DE MÉDECIKB ET BE CHIRURGIE PRATIQUES.

ofTre encore de dcfeclueux , il faut opposer à la liste nombreuse des maladies connues à la-fois dans leurs symptômes et dans leurs altérations organiques , il faut ojiposer auv richesses de nos musées , de nos bibliothèques sur cette matière , la liste pauvre et timide des névroses , notre misère sur tout ce c[ui est purement physiologique en pathologie.

S'il est bien vrai que nous sommes trop exclusivement attachés à l'examen de la matière dans ses modifications physiques, on comprendra que c'est à la physiologie pathologique qu'il faut demander qu'elle éclaire la Ihéoric des névroses ; mais comme cette physiologie pathologique n'est elle-même qu'une modification de la physiologie normale , et ne peut en être séparée , c'est à la physiologie qu'il faut recourir pour sortir du chaos des névroses.

Consultons donc la physiologie.

Pour quiconque veut se rendre un compte sévère des conditions élémentaires fondamentales d'aclivité vitale dans les animaux supérieurs, ces conililions se trouvent dans les actions réciproques du sang et de l'agent nerveux.

Et ce n'est pas dans la longueur des nerfs , dans celle des vaisseaux que se passent ces phénomènes essentiels et rayst érieux île la vie, c'est aux extrémités capillaires des uns et des autres , extrémités réunies et perdues , en quelque sorte , dans la profondeur des organes. C'est dans une grande masse de ces extj-émités périphériques, dans les capillaires du corps et sous l'influence des cïtrémitts nerveuses correspondantes que tous les phénomènes de sécrétion, de nutrition, de locomotion se produisent. C'est , d'un autre côté, dans les capillaires des poumons animés par leurs nerfs que le sang se vilalise. Enfin , c'est aux extrémités vasculaires et nerveuses, combinées dans la substance corticale du cerveau , que s'opèrent les fonctions les plus admirables de cet organe.

Coupez les nerfs spéciaux d'un membre , coupez sur les principaux vaisseaux en divisant leurs tuniqnes , les prolongcmens nerveux d'un autre ordre et soudain tous les phénomènes de la vie se trouvent abolis; ils le seront bientôt de même si , respectant les nerfs , vous interrompez complètement les vaisseaux sanguins. En un mot la cessation complète des phénomènes de la vie est la conséquence inévitable tle la suspension d'action nerveuse ou de la suspension de circulation sanguine : c'est une vérité que la physiologie expérimentale et la pathologie s'accordent à prouver. Notez bien que ce qui reste de vie dans un membre paralysé, par afTection cérébrale , par exemple, est encore en relation avec les nerfs viscéraux qui suivent les vaisseaux sanguinsj et ne contrarie pas celte proposition.

C'est donc de l'action combinée et réciproque des vaisseaux sanguins et des nerfs , ou pour mieux dire , de l'action de l'agent nerveux sur le sang , et réciproquement du sang sur l'agent nerveux , que toutes les manifestations d'activité vitale , normale ou morbide dépendent.

Je ferais voir si cet article comportait de tels développemens , comment ces phénomènes mystérieux de nos fonctions s'opcrant aux extrémités nerveuses et vasculaiies , les cordons nerveux et les vaisseaux , autres que les capillaires , sont de simples conducteurs du sang cl de l'agent nerveux ; je montrerais aussi comment ces deux systèmes principaux de l'économie, étant accouplés dans leurs extrémités , se correspondent , d'ailleurs , dans toute leur longueur, de manière à ofiTiir une analogie admirable .

Ce qui est suffisant pour mon sujet, c'est d'avoir fait comprendre la combirii'.ison , l'unilé, en quelque sorte des systèmes circulatoires et nerveux qui , s'ils sont isolés, ne montrent plus que des insfrumens plus ou moins admirables dans leurs formes , mais tout-à-fait nuls dans leurs actions; tandis que lie leur réunion ressortent tous les phénomènes d'activité vitale que nous connaissons. De même , à-peu-près , de l'assemblage des élémens de deux genres d'une pile ressortent des manifestations d'activité qui confondent notre esprit , tandis que le zinc ou le cuivre séparés ne présentent plus à notre obsei vation d'autre intérêt que celui d'un morceau de métal.

Si j'en ai dit assez pour faire concevoir que toute action vitale dépend de l'aclion combinée des extrémités nerveuses et vasculaires réunies, ou mieux de l'action réciproque de l'agent nerveux et du sang dans les extrémités vasculonerveuses , on c(>mprcndia quelle lacune ont laissé à remplir les pathologistes qui, dans leurs travaux, n'ont considéré que les phénomènes matériels immédiatement coordonnés aux phénomènes circulatoires. Ils ont laissé de côté ractiou nerveuie sans laquelle rien de tous les phénomènes qu'ils décrivent sur le cadavre qu'ils ont observé pendant la vie n'aurait pu s'accomplir.

Or, cette lacune à combler, c'est précisément l'histoire de l'action nerveuse à faire dans tous les phénomènes pathologiques , action inséparable de fout travail inflammatoire , dé toute irritation sécrétoire , hémorrhagique , etc. ; action qui , lorsqu'elle est primitive et s'exerce avec le moins de com{)lication , constitue ce qu'on appelle les névroses.

Et rien n'empêche de croire que , malgré la difficulté du sujet, la science ne doive réaliser de grands progrès dans cette direction. Déjà même des expériences non moins remarquables par leur savanle conception que pir le soin avec lequel elles ont été exécutées doivent ébranler bien des idées regardées comme des plus positives en physiologie. Un essai sur les opérations des agens vénéneux dans le corps vivant , publié à Londres en 1829 par les docteurs Thomas Addison, médecin-adjoint , et John Morgan , chirurgien de l'hôpital de Guy , mérite sous ce rapport la plus grande attention.

Le but du travail de ces deux hommes était de déterminer si les poisons agissent en passant par absorption dans le sang , ou si leurs effets résultent du simple contact de ces agens sur les extrémités nerveuses. Je ne rapporterai pas toutes les expériences ingénieuses exécutées pour l'étude de cette question ; je

NEVROSE.

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