NITRATES
me bornerai aux extraits suivans , bien dignes sans doute d'être profondément médités.
Deux gros bull-dogs, de même taille et de même force, furent placés face à face sur une table, s'embrassant l'un l'autre de manière que leur poitrail et leur cou étaient en contact.
La carotide droile de l'un des chiens et lâ carotide gauche de l'autre chien furent mises à découvert , divisées en travers et abouchées l une à l'autre au moyen d'un tube, de manière que la circulation du sang avait lieu entre ces deux artères, c'est-à-dire de la carotide droite d'un chien à la carotide gauche de l'autre chien.
Ainsi le sang partant du coeur d'un de ces chiens au cerveau de l'autre, il était raisonnable de supposer, en adoptant la théorie de l'absorption veineuse, que le chien qui fournissait du sang h son voisin lui fournirait du sang empoisonné s'il venait à subir l'inoculation d'un poison, et qu'alors ce sang empoisonné , transporté au cerveau , devait nécessairement produire les mêmes effets dans l'un et dans l'autre animal. Tel ne fut pourtant pas le résultat observé ; car en introduisant le poison de la noix vomiqne ilans le dos de l'animal dont la carotide envoyait du sang au vaisseau abouché de l'autre chien , on vit les effets violens de la substance se manifester chez l'animal inoculé , et quoique ces effets durassent quatorze minutes , pendant lesquelles la libre circulation du sang ne cessa pas d'un chien à l'autre , cependant la plus légère apparence de l'action du poison ne put être observée sur l'autre animal
Dans une autre expérience deux forts chiens courans furent placés comme les précédens, et la division et la reconnexion des veines jugulaires effectuée d'une manière analogue au cas de double circulation à travers les carotides.
Dans cette expérience le sang veineux de la tête d'un chien passait dans le cœur de l'aulre chien.
L'animal qui envoyait son sang à l'autre fut alors inoculé sur le côté de sa face avec la noix vomique, et au bout de l'espace de temps ordinaire, offrit les signes d'empoisonnement par cette substance. <^es signes durèrent sans interruption pendant l'espace de sept minutes , la circulation pendant cet espace de temps fut parfaitement libre à travers les jugulaires artificiellement abouchées; mais à la fin de cette période, la circulation commençant à devenir embarrassée par suite de la formation d'un petit caillot dans le tube d'union, ou termina l'expérience en achevant l'animal empoisonné , l'autre n'ayant pas un instant offert le plus léger symptôme d'empoisonnement.
Dans ce cas , si le poison avait été pris par les veines en quantité sufEsante pour affecter les organes éloignés auxquels il eût été porté par la circulation , il semble impossible qu'un des chiens ait échappé; en tout cas celui des deux chiens qui courait le moins de risque , en admettant le passage du poison dans la circulation , était l'animal empoisonné dont les veines étaient mises en connexion .ivec celles de l'autre animal.
Dans une autre expérience, une circulation complètement double fut établie entre les carotides d'un chien empoisonné et d'un chien qui ne l'était pas, en abouchant les extrémités supérieure et inférieure des artères divisées dans les deux animaux. De cette manière chacun d'eux fournissait au cerveau de l'autre le sang que précédemment la même artère portait à son propre cerveau ; et conséquemment le chien empoisonné recevait dans ce cas du chien non empoisonné une quantité de sang artériel égale à celle qu'il lui envoyait.
Tout étant ainsi préparé , l'un des chiens fut inoculé sur le dos avec une ])réparation concentré de strichnine que , dans d'autres occasions , on avait vu tuer des chiens dans l'espace de trois minutes et demie.
Au bout de trois minutes et demie , l'animal inoculé présenta les symptômes tétaniques qui résultent ordinairement de l'action de ce poison, et mourut en moins de quatre minutes après , c'est-à-dire sept minutes après l'insertion du poison. Pendant tout ce temps, un libre et mutuel échange de sang eut lieu d'un chien à l'autre , et cependant rien de particulier ne parut chez le chien sur lequel on n'avait pas inséré le poison.
De ces expériences et de plusieurs semblables, les auteurs auxquels j'emprunte ces détails, concluent que tous les poisons , et peut-être tous les agens , influencent le cerveau et le système nerveux au moyen d'une impression exercée aux extrémités sentantes des nerfs et non par absorption.
A des expériences aussi parfaites ajouterai-je le résultat de quelques essais que j'ai tentés moi-même dans le même but que les auteurs anglais.
Dirai-je que l'acide prussique déposé sur les chairs de la pate d'un lapin , après qu'on a fait soigneusement la ligature de la veine principale du aiembre, tue l'animal aussi vite que dans le cas où aucune ligature n'a été faite, et qu'il faut par conséquent concevoir dans ce cas une autre voie de transmission du poison que le système circulatoire.
Sans doute ce sujet n'est pas épuisé; mais de pareils résultats méritent une grande importance, et en nous portant à attribuer au système nerveux des fonctions généralement attribuées au système ciculatoire , ils nous permettent de concevoir que le même échange doit être fait dans un grand nombre d'autres cas , et que beaucoup de maladies, que nous ne faisons aucune difficulté de rapporter au système circulatoire, ne soient vraiment dépendantes du système nerveux, et ne constituent des névroses.
Mais il faut avoir le courage d'en convenir, tout est pour ainsi dire à créer dans ce département de la médecine ; et pour s'entendre, d'abord il faut rigoureusement déterminer ce qu'on veut dire par névrose.
Dire qu'une névrose est une maladie signalée par des manifestations symptomatiques qui annoncent un trouble du système nerveux, en même temps que les recherches analomiques ne montrent rien dans la matière de ce système, me
semble trop exclusif. En effet, d'après les connexions que j'ai signalées dans l'activité des extrémités nerveuses et sanguines, il est impossible que l'une d'elles reste isolément affectée. Mais on conçoit très bien l'affection primitive et principale d'un nerf.
Je crois donc qu'il est rationnel de définir la névrose une maladie, dont le siège évident, à en juger par les symptômes, réside dans quelque partie du Jsystème nerveux, sans altération visible primitive de ce système.
Mais il faut ajouter qu'à la longue les névroses déterminent dans les organes qui en sont le siège des altérations étrangères à leurs manifestations.
C'est ainsi que l'épilepsie me parait être une névrose qui, lorsqu'elle n'a duré' que peu de temps , ne laisse dans les organes affectés de la névrose, aucun désordre appréciable , comme d'ailleurs on n'observe alors dans les intervalles des attaques de cette maladie aucun symptôme persistant, et différant de l'attaque convulsive.
Mais quand l'épilepsie dure, l'afflux de sang au cerveau aussi souvent renouvelé que la souffrance inconnue de sa substance qui constitue la névrose, amène dans cette substance des modifications permanentes auxquelles correspondent aussi des désordres permanens qui portent sur les principales fonctions de l'organe.
D'après cet exemple, on conçoit comment ceux qui, ne se livrant pas à um\ analyse assez profonde de tous les symptômes et de tous les états offerts! par les organes dans cette maladie, peuvent être conduits à en faire une phlegmasie toute simple.
Leur erreur tiendra à ce défaut d'appréciation de l'action combinée des appa reils vasculaires et nerveux, et à la réaction indispensable des uns sur les autres, j Quand on conçoit autrement cette action, on en déduit aisément l'existence d{ quelques altérations visibles dans le cas de névrose, comme on conçoit d'ailleurs que toute autre affection, la phlegmasie la plus tranchée, comprend nécessairement un désordre nerveux plus ou moins intense dont il serait facile d'abu-' ser avec une théorie exclusive dans un autre sens.
Oui, la plupart des épilepsies me paraissent se rapporter très bien à la définition que j'ai donnée précédemment des névroses, et dans les cas même où une' tumeur du crâne, un tubercule du cerveau est la cause excitante de la maladie.' on peut encore appeler névrose l'affection nerveuse qui préside immédiatement à l'attaque.
La nature de cette modification ne doit pas être plus changée dans ce cas qut i le travail inflammatoire qui se développe sous l'influence d'une tumeur du même genre, ne différera nécessairement d'un travail inflammatoire produit par toute autre cause. '•
Mais le nombre des maladies qui sont bien positivement des névroses es'; bien difiicile à déterminer. Le nombre des affections qui, commençant par une modification morbide de quelque partie du système nerveux, restent longtemps exemptes de complications qui obscurcissent leur origine, est sans doute bien plus rare encore.
Je n'essaierai pas de faire une liste de ces affections, j'ajouterai seulement que, s'il est important et convenable de reconnaître des névroses, parce que leui existence est réelle, il ne l'est pas moins de comprendre la part que l'altéi-ation propre aux nerfs a dans toutes les affections composées.
Souvent on ne tient compte, en pathologie, que de ce qui frappe le plus vive ment les sens. Trop souvent, en thérapeutique, on ne cherche à combattre qii( le désordre qu'on a bien vu.
Il en résulte que l'élément inflammatoire fourni par les vaisseaux sanguins si visible , si frappant dans la plupart des phlegmasies , est trop souvent le seu i contre lequel s'arme notre thérapeutique , et pourtant d'assez nombreux essai; j montrent que des moyens d'un autre ordre jouissent quelquefois d'une incon-i testable efficacité.
Les névroses, quelque variées, quelque obscures qu'elles puissent être,' constituent une classe de maladies dont la cure est en général fort difficile, e f le plus souvent ne peut être obtenue que par l'usage de moyens entre le mod<; d'action desquels et la nature du mal on ne saisit aucune analogie. (
Je n'énumérerai pas ici la liste de ces médicamens indiqués dans toutes les j pharmacopées , mais je ne puis manquer de signaler aux praticiens l'efficacilé? de la térébenthine dans une multitude d'affections du système nerveux. i
Depuis l'époque à laquelle , sous l'influence de ce moyen , j'ai vu guérir soli-l dément quelques épileptiques, dont j'ai parlé article épilepsie de ce Dictionnaire. ' j'ai donné l'huile essentielle de térébenthine à un grand nombre d'épileptiques et souvent j'ai vu guérir la maladie , qui , dans d'autres cas , était notablemeii mitigée : dans un seul cas j'ai vu les accès plus fréquens chez un de nos ma la des.
J'ai donné la térébenthine avec des avantages marqués dans plusieurs ca d'hallucinations, dans des cas de paralysie, succédant à l'influence d'émanation de préparations de plomb. Enfin, chez plusieurs personnes qui éprouvaien , dans les viscères des désordres bien évidemment liés dans leur nature à de:j troubles d'innervation viscérale, j'ai donné la térébenthine, et, chez plusieurs i la guérison a été très prompte et durable.
Les observations particulières de ces différens cas seraient sans doute plus ni . structives que les simples indications des succès qu'elles constatent ; mais nopou i vaut rapporter ici ces observations , je dois me borner à exprimer forlemen , que , de tous les moyens empiriques, employés dans le traitement des névroses i aucun ne m'a réussi mieux et plus souvent que la térébenthine. Foville.
NICOTIANE. Fojez Tabac .
NITRATES. ( Chimie ). Les nitrates sont des sels qui résultent de la combi