‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 165 sur 311 · NYMPHES · texte numérisé non relu

NYMPHES

B. Le régime des nourrices , en ce qu'il offrirait de spécial pour obtenir, par exemple , une auginenlation dans la sécrétion laiteuse, a déjà été effleuré au mot Agalactie : aux substances réputées galaclo-poiéliqucs qui y sont mentionnées, nous aurions pu en ajouter quelques autres, comme la raiponce, suivant Linnée ; mais leur eflicacilé n'est pas assez bien démontrée pour mériter qu'on y insiste. Les nourrices ont en général un appétit qui s'explique assez par la double dépense qu'elles font des principes nalritit's fournis par 1 alimentation ; celle-ci sera donc substantielle sans être indigeste, aliondante sans aller jusqu'aux excès. Il vaut mieux faire cinq à six repas ])ar jour que des repas peu nombreux, mais copieux et ialigans pour l'estomac ; il taut y éviter l'excès des épices, comme dans les boissons l'excès du vin, du calé , etc. Un mélange de substances animales et végétales, de viandes et de légumes, des potages surtout où la matière féculente est jointe à des principes azotés, voilà ce qu'il y a de plus convenable. Elles évitent en général les acides , les végétaux crus, comme salades, oranges et autres fruits plus ou moius aigres ; on ne peut les en blâmer en général, mais il ne faut pas cioire qu'il en résulterait, comme elles le disent, du moins bien constamment , des flatulences et des coliques pour le nourrisson. Il ne faut prendre la nuit que des alimens plus légers que dans le jour, un bouillon, un lait de poule, du lait de vache ; car c'est une erreur que de croire avec le vulgaire que le luit chasse le lait ; cela n'est vrai que quand il se digère mal. Est-il besoin de dire que la nourrice doit éviter le froid pour se préserver des mastoïles, tenir son moral dansie calme le plus complet possible, pour éviter l'agalactic et ne pas nuire à son élève? Sous ce dernier rapport , nous avons toujours laisse faire les nourrices qui , après une émotion vive, ont voulu traire leur lait et attendre cjuelques heures avant de donner la mamelle à l'entant; toutefois cette dernièi e précaution aurait peut-être toujours suffi à elle seule.

Lorsqu'une nourrice a ses règles , elle ne doit pas pour cela cesser d'allaiter, mais se ménager davantage pour le régime; prendre quelques boissons délayantes ( tisane d'orge ), si l état d'orgasme qui accompagne celte Ibnction semble se communiquer à l'enfant en lui donnant des insomnies , des rougears , etc. La même précaution peut être avantageuse quand l'enfant offre, par toute autre cause, les mêmes signes d'irritation, (.Véchauffement , comme on dit journellement à l'imminence de la dentition par exemple. On sait d'ailleurs que, dans quelques cas, il est nécessaire de faire passer par la nourrice les médicameus qu'on veut administrer à l'enfant, dans le cas de syphilis en i)articulier.

Pour'les soins que réclame l'époque du sevrage, voyez le mot Ablactation.

C. JNous avons peu de choses à dire des maladies propres aux nourrices, plusieurs ayant e'té l'objet d'articles spéciaux dans ce dictionnaire; telles Vagnlactie, la gulaclirrhée , les crevasses, la masLoïle : un seul mot de la.syphdis. Nul doute que cette affection ne puisse être transmise du nouveau-né à la nourrice, et Ion en a des preuves journalières ; delà la répugnance que montrent beaucoup de femmes à se charger d'un enfant suspect, et la dillicullé de recruter par exemple un nombre suffisant de nourrices sédentaires dans bien des hospices d'enfans trouvés. Nous croyons, sous ce rapport, qu'un homme atlenlit et instruit peut combattre en conscience ces scrupules , du reste bien naturels ; si le nouveau-né ne présente aucun symptôme extérieur et caractéristique de la syphilis, si surtout sa bouche est parfaitement saine, nous pensons que la femme ne court aucun risque. 11 n'en est pas en effet ici de l'enfant à la nourrice , comme de la nourrice à l'enfant; une maladie constitutionnelle passe aisément dans le dernier sens et non dans le premier d'un sujet à l'autre; la transfusion n'est pas récipro(|ue, et quelques soins de propreté peuvent mettre complètement la femme à l'abri de toute intussusception de virus de la part d'un enfant qui n'aurait qu'une syphilis latente.

Quant aux maladies dont, comme toute autre personne, une nourrice peut être atteinte , il n'y a ici rien a en dire de spécial si ce n'est que , 1° le nourrisson pourra continuer à prendre le sein si d'une part la maladie n'a pas complèleraent tari la source du lait, et si d'autre part le mal n'a aucun caractère contagieux; 2» le traitement devra être proportionné dans son énergie à la gravité dessymptômes ; mais qu'on évitera, autant que possible, toute débilitation , qu'on n'insistera que dans le cas d'absolue nécessité sur les émissions sanguines générales et sur l'emploi des purgatifs. Ant. Ddgès.

NOYES. Fojez Asphyxiés.

NYCTALOPIE. s. f., de vu;, nuit, et de co^, œil, ou de oizto/xm, voir. Nyctalopia , Visus nocturnus , Cécile diurne , f^ue de hibou. La nyctalopie est une affection dans laquelle le malade ne voit que confusément les objets pendant le jour, ou quand ils sont fortement éclairés, tandis qu'il les distingue bien le soir, quand ils sont placés dans l'obscurité ou pendant la nuit , lorsque toutefois celle-ci ne consiste pas dans l'absence complète de la lumière.

Cette maladie a par conséquent différens degrés d'intensité.

Elle peut être le résultat d'obstacles physiques à l'arrivée des rayons lumineux au fond de l'œil.

Lorsque, par exemple , il existe une taie au centre de la cornée, les rayons lumineux ne peuvent plus pénétrer dans l'œil que par la circonférence de la pupille, et si la taie a une certaine largeur, il faut que celte ouvertuie soit dilatée ; car, lorsqu'elle est léliécie par l'influence d'une lumière vive, elle ne correspond plus qu'à la taie, et les rayons lumineux qui traversent la cornée autour de celle-ci , ne tombent plus que sur la surface de l'iris, (|ui les réfléchit sans les laisser pénétrer.

Le même effet résulte de l'opacité centrale du crystallin ou de sa capsule. Quand la pupille est ressetiée, le mince faisceau lumineux qui la traverse rencontre les points opacpies de l'appareil réfracteur, et est réfléchi : quand , au contraire, la pupille est dilatée, les rayons qui pénétrent par sa eiiconférence

traversent aussi la circonférence du cristallin et arrivent sur la rétine. Une sensibilité trop vive de la rétine ou de l'iris à la lumière, et toutes les irritations ! des tissus de l'ceil qui sont accompagnées de photophobie , sont encore des j causes jjuissantes de nyctalo))ie, en déterminant le resserrement de l'ouverture I pupillaii-e. La nyctalopie dépendante de la première de ces causes est surtout commune chez les sujets qui ont fait de grands excès dans les plaisirs vénériens, ou qui sont adonnés à la masturbation.

On a auisi observé qu'un état tout différent de la pupille , c'est-à-dire u.ae dilatation trop considérable, en permettant à une trop grande quantité de lumière de pciiéirer en même temps au fond de l'œil, pouvait occasionner pendant le jour un éblouissement, un trouble de la vision, qui cessent au moment du crépuscule , ou dans l'obscurité.

Enfin , il paï aît que I on a encore observé une nyctalopie en quelque sorte essentielle , tout opposée à l'héméralopie véritable , mais beaucoup plus rare, et qui présenterait ce caractère remarquable de périodicité , qu'elle commence le matin et finit le soir , de telle sorte que le malade est plongé, pendant tout le temps que le soleil est au-dessus de l'horizon , dans une cécité à-peu-près j complète, qui cesse aussi complètement au moment du crépuscule. Suivant le docteur Hillary , cité par S. Cooper , ou rencontre à Siam et dans les Indes Orientales, ainsi qu'en Afrique, un assez grand nombre d individus affectes de cette espèce de nyctalopie.

Les Albinos en sont tous atteints, ainsi que les personnes chez lesquelles, par une cause quelconque , ou par suite d une sorte de vice de conformation, la choroïde est privée de son pigmenlum.

Lassus pense que dans nos climats elle reconnaît toujours pour cause éloignée un embal l as saburral des premières voies.

Le diagnostic et le pronostic de la niyclalopie vai ient en général comme la cause à laquelle elle est due. Il en est de même du traitement. C'est en détruisant les opacités de la cornée, du cristallin ou de sa membrane , en combattant la rétinile , l'irilis et les autres inflammations aigués ou chroniques du globe oculaire, en faisant cesser l'embarras saburral des [iremières voies , etc., que l'on fera cesser la nyctalopie dans tous les cas où elle paraît dépendre de ces causes.

Quant à celle qui est essentielle , l'usage des vésicatoires volans autour de la lête , et celui du quinquina à l'intérieur , sont les moyens qui ont été le plus préconisés. La nyctalopie dépendante d'un défaut de pigmentum de la choroïde est incurable. L.-J. Sanson.

NYMPHES, s, f. Nj-mphœ, vjfj.ui, petites lèures. Replis muqueux filacés à l'o-l rifice de la vuh e, en de dans des lèvres de cette partie, en dehors de V/i rmen ou di caroncules myrtiformes. [,es anciens, au rapport de lîiolan, ont souvent désigfli par l'expression de nymphes tantôt le clitoris , et tantôt les nymphes véritables mais aujourd hui le langage anatomique a été justement redressé sous ce rap port, et une semblable confusion est désormais impossible.

Les nymphes occupent la partie antérieure delà vulve; réunies en avantsui le dos et à l'extrémité du clitoris , elles s'écarlent l'une de l'autie en arrière et s'effacent insensiblement sur la face interne de la lèvre correspondante de I vulve. En avant les nymphes se bifurquent pour embrasser l'organe excilateu» et pour former son petit prépuce particulier. Leur face externe est séparée'^ la grande lèvre par un sillon angulaire dans lequel ou rencontre ordinal^ ment une matière folliculaire blanchâtre fort odorante ; leur face internet continue avec la surface de l'ouverture fulvo-vaginale ; leur bord libre est plu ou moins prolongé , suivant les individus : dans l'état de bonne conformatÎQi il n'atteint pas le sommet des lèvres de la vulve , et est caché par elles.

A leur partie moyenne , les nymphes sont plus longues que partout ailleurs! ce qui leur donne assez exactement la figure d'une crête de coq. Elles ont un» couleur rose chez la jeune fille; tandis que leur teinte devient brunâtre chezlj femme adulte, et surtout à un âge plus avancé. Leur épaisseur, à peine de deul ou trois lignes à la base, va en diminuant graduellement de ce point vers bord libre. j

Deux feuillets de la membrane muqueuse de la vulve, un tissu cellulaire laJ melleux , très lâche , jamais adipeux et rempli de vaisseaux qui ont une dispM sition semi-érectile : tels senties élémens des nymphes.

De bonne heure les nymphes ont un développement considérable ; pendanjj la vie intra-utérine , à la naissance , et jusqu'à la puberté , elles sont plus Ion gues et plus fortes que les lèvres de la vulve , à tel point même que souveil elles ont été confondues avec celles-ci par des médecins peu versés dans réj lude de l'anatomie , en même temps qu'ils prenaient pour les nymphes l'hymej très-développé et saillant au dehois; et, pour le dire en passant, c'est c^l méprise qui a fait émettre l'opinion erronée , que 1 hymen manque cLe^ fœtus femelles et chez les petites filles. A l'époque de la puberté , les nympUJ se développent proportionnellement beaucoup moins que les lèvres de la vulvel et ces diverses parties prennent la position relative que je leur ai assignéeprJ cédemment ; en revanche, plus tard, l'abus du coït les grossesses multipliéJ leur font prendre quelquefois un accroissement considérable.

Les nymphes oOfrent de fréquentes variétés sous le rapport de la longuei et du volume , chez les femmes de la même race ; mais ces différences ne soi! 1 ien en comparaison de celles qui apparaissent lorsqu'on examine ces partlil d'une race à l'autre. En général , ce sont les femmes des pays chauds qui 0 fi ent l'hypertrophie des nymphes que je veux signaler ici. Suivant 'Vésale , h Indiennes et les Africaines sont les plus remarquables sous ce rapport. Li négresses ont les nym])lios très-longues ; chez les Hottentoles en particulier ces replis muqueux constituent , par leur énorme développement , cet appei

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