‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 166 sur 311 · NYMPHOMANIE · texte numérisé non relu

NYMPHOMANIE

;ice qu'on a désigné sous îe nom de tablier. Les femmes mauresques , au raplorlde Tfaévenin , ont également les nymphes très-prolongées , et la coutume st consacrée , chez elles , de faire pratiquer de bonne heure l'excision de ces eplis.

Les nymphes ne manquent jamais complèlement , mais il arrive quelquefois u'on les trouve extrêmement petites. A-t-on observé plus de deux nymphes ? [orgagni assure avoir vu trois fois deux nymphes supplémentaires à l'entrée du agin. D'autres auteurs , moins graves que Morgagni, ont cité des faits du même enre ; mais il me paraît extrêuiement probable que tous , Morgagni lui-même, lit pris pour de secondes nym|ihes l'hymen très-développé des petite filles. Placées au-dessous du clitoris, depuis son extrémité jusqu'à sa base , les ymphes sont la représentation, chez la femme , des parois de la portion péienne de l'urètre de l'homme. Cette opinion acquiert surtout un grand poids uand on étudie, chez l'homme, la formation embryonnaire du canal excréur de l'urine ; en effet, à une époque voisine de la conception , ce canal est iprésenté , au-dessous du pénis , par une rigole limitée par deux lames , qui îssemblent très-exactement aux nymphes. Au reste, semblables aux parois •élrales, les nymphes dirigent le jet de l'urine, de sorte que leur dénominam, consacrée dès long-temps, était fondée sur un examen bien ajiprofondi !s usages de ces parties, j'allais pres(jue ajouter de leur analogie avec l'extréité de l'urètre de l'homme.

Dans les derniers temps de la grossesse , lorsque l'utérus tiraille le vagin en mt, les nymphes , en se développant, favorisent l'allongement du vagin. a les voit même quelquefois s'elfacer et disparaître complètement sous cette fluence. •

Lorsque les nymphes sont très-développées , qu'elles sont pendantes au-deslus des lèvres delà vulve , que cette hypertrophie soit congéniale ou acquise , i en pratique cjuelquefois Vexcision ; cet état, en effet, peut déterminer une (ne et des douleurs assez grandes pour qu'une opération devienne nécessaire, ai dit plus haut que cette excision [nympholomie) est en usage chez certains îuples des pays orientaux , chez lesquels les femmes présentent le vice de «formation indiqué. Rien n'est plus simple que cette petite ablation : on saisit bord libre des nymphes avec une pince à çlisséquer, puis avec de forts ciaux recourbés sur le plat, on les coupe d'une extrémité à l'autre en conserknl un moignon qui retient la forme de nymphes bien conformées. Quelques jtions froides suffisent pour arrêter l'écoulement de sang peu abondant qui suit Opération.

Les nymjjhes s'enflamment avec le reste de la vulve dans la blennorrhagie : issi lorsque, dans l'émission de l'urine , ce fluide glisse sur leur face interne , s malades ressentent de vives douleurs, qu'on ne saurait mieux comparer qu'à illes qui résultent du contact de l'urine sur les parois uréirales de l'homme , ms la blennorrhagie qui lui appartient. [Foy. Bleknouehagie. )

Les nymphes diminuent de volume dans les derniers mois delà grossesse, irarae je l'ai dit précédemment; mais tout-à-fait vers les approches de l'accouiement, il n'en est plus ainsi: elles deviennent œdémateuses , reprennent et >-delàle volume qu'elles avaient perdu ; pendant l'accouchement , elles se gon- }nt encore, surtout lorsque la tête de l'enfant reste long-temps engagée dans îxcavation du bassin.

Les nymphes peuvent être conluseset mêmes déchirées à la suite d'accoucheens laborieux, ou de violences d'une autre nature exercées sur la vulve ; le édecin légiste est quelquefois appelé h constater de semblables lésions , dans ;s cas d attentats à la pudeur commis sur des enfans.

Des ulcérations , des pustules , des végétations syphilitiques de diverses fores , peuvent se développer sur les nymphes ; quelquefois même , sous l'inuence du vice qui produit les affections précédentes , ces replis muqueux ibissent une énorme tuméfaction , et deviennnent comme squirrheux.

Des excroissances fongueuses et érectiles naissent fréquemment des nymnes: Saucerotte, Vicq-d'Azir, Poulletier de la Salle en ont rapporté des iservations. L'ablation de ces tumeurs , celle même des nymphes , lorsque le al y a pris de profondes racines, tel est le moyen convenalile dans ces cas.

Riolan dit avoir trouvé les nymphes adhérentes entre elles dans une cerline étendue , de sorte que cette circonstance rétrécissait beaucoup l'orifice ela vulve; M. Champion a fait de semblables remarques sur des enfans en as âge qui avaient eu des inflammations ulcéreuses de ces parties.

Les nymphes sont quelquefois frappées de gangrène avec le reste de la vulve, ans le charbon ; malheureusement cette maladie est peu susceptible de céder l'influence des moyens thérapeutiques que nous lui opposons. ( Voyez Charos.) . { Ph. FnÉD. Blakdin. )

NYMPHOMANIE. On a désigné sou? ce titre comme sous celui de J'ureur térine , d^éroComanie , de mélramanie , à'andromanie , de lypalhie, A'hystéomanie , etc. , l'exagération morbide de l'appétit vénérien, portée au point de onstituer une véritable folie. Les auteurs qui ont écrit sur la nymphomanie ont loin d'être d'accord sur le siège , la nature et le traitement de cette affecion. Les uns l'ont placée dans l'utérus ou ses dépendances { lîippocrate , palien, Arètée, Aëlius, Paul d'Egine, Sennert, Louyer-Villermay) ; d'autres, lans l'encéphale (Pison, Thomas Willis , Sydenham , Boerhaave, Georget); |t ce qu'il y a de remarquable , c'est que tous ont été exclusifs dans l'une ou l'autre opinion. Tous ont oublié ou méeonnn cette grande loi physiologique |u"il n'est aucune sensation naturelle ou accidentelle, affaiblie ou augmentée, ormale ou pervertie , qui ne suppose nécessairement le concours du cerveau omme condition de perception, et de l'organe même auquel se rapporte la jensalion; or, la nymphomanie, c'est-à-dire l'exagération de la sensation de

Dicr. DE M jÉPEClW E ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

l'amour ou du besoin du co'it , ne souffre pas plus d'exception à cet égard qu'aucune autre sensation morbide. Elle peut avoir ses causes , son siège dans l'un ou l'autre des élémens anatomiques ou physiologiques de toute sensation, et exiger par cela même des moyens de traitement différens dans l'un ou l'autre cas.

1" Étiologie. Causes qui agissent snr Vencéphale. Tout ce qui porte sur le centre sensifif un surcroît d'excitation, rentre dans celte première série de causes de la nymphomanie; tel est surtout l'effet d'un tempérament nerveux , d'une imagination ardente, de l'exallation naturelle des sens et des idées, d'un amour malheureux, d'une affection morale profonde et concentrée ; telle est encore l'influence non moins funeste de lectures érotiques , de conversations romanesques, de la culture trop assidue des beaux-arts, de la fréquentation des sociétés mondaines, des bals, des danses, etc. , chez les personnes qui vivent dans une continence forcée, surtout après avoir goûté les jouissances d'un heuieux hymen. L'abus des parfums , des alimens excitans, des liqueurs spiritueuses , des aromates , de certains médicamens , dits aphrodisiaques , en excitant le cerveau et les sens peuvent eucore éveiller, exalter la sensibilité génitale au point de produire la nymphomanie. LTue affection du cerveau , avec ou sans autre dérangement de l'intelligence, en est souvent la cause, et il suffit d'avoir suivi quelque temps une maison de santé ou un hospice d'aliénés, pour s'être convaincu de la fréquente coexistence des maladies mentales avec la nymphomanie. On sait que Gall et son école, qui rapportent au cervelet le siège de l'amour physique , ont attribué à cet organe une influence exclusive dans la production de la nymphomanie. Quelques faits pathologiques ont d'ailleurs prêté à cette opinion quelque appui. Ajoutons enfin , comme complément de cette série de causes , l'empire de riinitation , c{ui , dans ce cas, comme dans la plupart des maladies nerveuses, a des efl'ets aussi remarquables que constans.

2" Causes qui agissent sur l'ulérus. Le développement physiologique de 1 utérus , par conséquent l'âge de la puberté et celui du retour, le moment des règles, comme étant les époques auxquelles la fluxion et l'excitation utérines acquièrent plus d'activité et d'énergie , sont les circonstances les plus favorables à la nymphomanie. Néanmoins cette affection a été observée à tous les âges , à toutes les époques de la vie; il suflît, pour la produire , que des causes d'excitation physiologique ou pathologique impriment à l'appareil utérin un surcroît de sensibilité morbide. Tel est l'effet de l'onanisme ou de l'abus du co'it. Aucune cause n'agit plus puissamment encore que les maladies de peau , notamment celles qui s'accompagnent de démangeaisons plus ou moins vives, telles que le prurigo et le lichen. I,es effets de ce genre de causes sont d'autant plus sensibles et plus violens qu'ils ont leur source ou leur siège au voisinage de l'appareil sexuel. C'est alors que l'on voit assez souvent la nymphomanie triompher de tous les efforts que lui ojiposent la raison et la pudeur , et éclater en actes ou en propos indécens , en délire ou fureur érotique.

Une autre cause non moins puissante et non moins ordinaire de la nymphomanie, est la présence des vers ascarides qui en titillant le rectum, l'anus , les grandes lèvres, le vagin et le clitoris, produisent sur l'appareil sexuel une excitation et une démangeaison qui forcent les malades à s'abandonner au besoin impérieux de se gratter sans mesure; de là toute l'exaltation, tous les désordres d'une sensibilité morbide, qui provoquent encore très-souvent des accès de nymphomanie. On sait aussi que quelques femmes éprouvent à la fin de chaque évacuation menstruelle une sensation prurigineuse qui exalte l'appétit vénérien au point d'amener une véritable nymphomanie. Des fluxions hémorroidales ont quelquefois donné lieu à celte maladie. On l'a vu écalement survenir après l'emploi de purgatifs drastiques. Mais de tous les agens pharmaceuticjues capables de la provoquer , il n'en est pas de plus actifs que les canlliarides. On trouve dans les auteurs une foule d'exemples de fureur utérine dus à l'action de cette substance prise à l'intérieur ou appliquée à l'extérieur. On conçoit aussi qu'une affection chronique , avec ou sans dégénération organique de quelques dépendances de l'appareil sexuel, ait pu, dans quelques cas, exciter la sensibilité génitale au point de produire des symptômes de nymphomanie. Il existe du moins des faits assez nombreux de coexistence de nymphomanie et d'affections organiques des ovaires, de l'utérus et de ses dépendances ( Blancard , Gesner, Morgagni , etc. ); ce qui a fait dire à quelques auteurs que la maladie dont il s'agit avait nécessairement son siège dans l'appareil génital , mais ce qui prouve seulement, pour nous, que la nymphomanie ne peut exclure les lésions de l'utérus , qu'elle peut les admettre, comme causes, comme effets, jamais comme constituant seules la maladie.

Stmptomatologie. Outre l'exaltation plus ou moins déréglée de l'appétit vénérien , qui constitue le symptôme dominant , essentiel et caractéristique de la maladie , il y a souvent délire partiel roulant sur l'objet de la passion actuelle, état spasmodique général ou local, lassitude des membres, chaleur des lombes , de i'hypogastre et des seins ; sécrétion plus ou moins abondante d'urines claires et de mucosités vaginales; respiration et circulation accélérées, palpitations violentes , soif ardente , grincement de dents, spasme de l'œsophage accompagné d'un sentiment de strangulation , et quelquefois d'une sorte d'hydrophobie.

Tous ces symptômes qu'accompagnent souvent des gestes, des propos licencieux , des actes d'extravagance et de véritable folie , varient d'ailleurs dans leur intensité , comme dans leur marche et leur durée. Souvent il y a rémission ou intermission complète de la maladie , jusqu'à ce que de nouvelles causes la rappellent. On a vu les accès de la nymphomanie se succéder aussi régulièrement, affecter la même marche, et se terminer dune manière aussi funeste cfu'une fièvre intermittente pernicieuse. (Observ. de M. Jauzion. )

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