‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 169 sur 311 · OBTURATEUR · texte numérisé non relu

OBTURATEUR

L'obliléralion occupe-t-elle quelqu'un ou plusieurs des troncs du système veineux? il s'ensuit des congestions séreuses dans le tissu cellulaire , ou dans les membranes séreuses qui reçoivent les dernières ramifications des troncs oblitérés (les veines collatérales se dilatent , deviennent sinueuses , et si elles remplacent complètement les troncs oblitérés , les hydropisies peuvent disparaître complètement). L'oblitération afiecte-t-elle un tronc artériel ou de nombreuses divisions d'un tronc artériel? le refroidissement, la paralysie , une sorte d'asphyxie locale et la gangrène elle-même, si toute circulation artérielle est interrompue , tels sont les symptômes que l'on voit apparaître , etc., etc.

2» Lorsque les organes oblitérés sont silués à une profondeur inaccessible à nos sens, armés ou non d'instrumens , l'art ne puise les élémens de diagnostic que dans les lésions fonctionnelles locales ou générales , dont nous venons de faire mention ; mais dans les cas assez nombreux où les organes oblitérés sont situés à la portée de nos sens et accessibles aux moyens d'exploration directe que nous possédons , une nouvelle voie est ouverte au diagnostic. Ainsi , par exemple, on s'assure par le toucher de l'oblitération de certains vaisseaux superficiellement placés; au moyen du cathétérisme , on reconnaît l'oblitération de divers canaux excréteurs , etc., etc.

Lorsque l'oblitération tient a l'introduction d'un corps étranger dans un organe creux , la connaissance de cette circonstance (l'introduction d'un corps étranger) est par elle-même une donnée de la plus haute importance pour le diagnostic. Toutefois , elle ne suffit pas , dans la plupart des cas , pour la détermination précise du siège du corps étranger.

3» L'oblitération d'un organe creux influe de diverses manières sur le reste de l'économie , selon le rôle et l'importance de l'organe oblitéré. De celte réaction de l'affection locale sur le système des autres fonctions , résulte un nouvel ordre de symptômes qui peuvent jeter des lumières plus ou moins vives sur le diagnostic. Toutefois, il est certaines oblitérations qui ne dérangent nullement le libre jeu des grandes fonctions de la vie : telles sont les oblitérations des vaisseaux d'un petit ou même d'un moyen calibre ; celles de certains conduits excréteurs du canal nasal ou d'un conduit salivaire, par exemple. Dans les cas de ce dernier genre, l'oblitération est une maladie tout-à fait locale. Mais qu'un gros vaisseau sanguin, tel que l'aorte ou la veine-cave, qu'un point du tube digestif, que les uretères, que la trachée-artère ou ses principales divisions, etc., soient le siège d'une oblitération , il surviendra, soit instantanément, soit au bout d'un temps plus ou moins long, des accidens généraux plus ou moins graves, et souvent mortels, si l'oblitération tient à une cause contre laquelletous nosmoyensde traitementrestentimpuissans. Au reste, ces accidens sont tellement variables, selon la fonction de l'organe important oblitéré, et le mode d'après lequel l'oblitération se sera opérée, que nous ne pourrions les exposer ici sans entrer dans des détails que ne comporte pas la nature de ces considérations.

§ IIL Du pronostic de l'obliléralion en général. Quelque succinctes que soient les réflexions précédentes sur les causes , le mécanisme et les symptômes de l'oblitération , elles suffisent pour montrer combien le pronostic de cet état morbide est variable selon une foule de circonstances. Tantôt , par exemple, rien n'est plus grave que le pronostic d'une oblitération , celle du tube digestif, des appareils excréteurs internes , tels que ceux de la bile et des urines, celle des conduits aériens , des principeaux vaisseaux, etc.; tantôt, au contraire, |le pronostic d'une oblitération est celui des affections locales les plus légères : ion peut donner pour exemples de ce genre d'oblitération celle des conduits excréteurs des larmes ou de la salive, celle de vaisseaux d'un calibre peu considérable , et., etc.

§ IV. Du traitement de L'oblitération en général. Il est évident que le traite- .ment de l'oblitération repose essentiellement sur la connaissance précise du jmécanisme suivant lequel s'est opéré cet état morbide. Est-il le résultat d'une icoaipression exercée sur les parois d'un organe creux ? il faut , s'il est possible , ienlever la cause comprimante. Est-ce à la présence d'un corps étranger venu du dehors ou morbidement développé qu'est due l'oblitération? l'expulsion de ce corps étranger est l'indication qu'il faut remplir. Les moyens de remplir cette indication varient, d'ailleurs, selon le siège de l'oblitération , et leur exposition nous entraînerait beaucoup trop loin.

\ Les oblitérations dont il vient d'être question reconnaissent une cause en quelque sorte purement mécanique ; il nous reste à dire un mot du traitement Je celles qu'on pourrait appeler organiques et iiitales , en ce qu'elles tirent leur origine d'un état morbide caractérisé par une lésion survenue dans les conditions organiques et vitales des parties oblitérées : telles sont , par exemple, les oblitérations que l'inflammation peut entraîner à sa suite. Lorsque ces oblitérations occupent des organes profonds , elles sont, pour la plupart, au-dessus de toutes les ressources de l'art, et se terminent au bout d'un temps plus ou moins long, d'une manière funeste, à moins que la nature, dont la puissance curatrice est quelquefois très-grande, ne parvienne à ouvrir une nouvelle voie aux matières dont l'oblitération a intercepté le cours. C'est ainsi bu'on a vu un anus dit contre-nature mettre fin aux graves accidens résultant ji'une oblitération de quelque portion du tube digestif; c'est ainsi que le dé- Jveloppement d'un système de circulation collatérale ou anaslomotique a pré- IVenu, dans quelques cas, les suites funestes d'une oblitération d'un gros vaisfseau , de l'aorte elle-même, par exemple.

I Lorsque les oblitérations de Tordre qui nous occupe actuellement siègent lans des parties moins profondes, la chirurgie est fertile en procédés opc- ■atoires propres à y remédier. Tantôt elle rétablit la cavité des canaux oblitérés,

tantôt elle en ouvre de nouveaux qui peuvent remplacer les anciens ; tantôt, enfin, elle introduit dans un canal naturel, qu'elle désobliière , un conduit artificiel , comme dans le traitement de la fistule lacrymale par l'introduction d'une sonde dans le canal nasal , etc.

Je me borne à ces considérations rapides sur l'oblitération étudiée d'une manière générale. J'aurais pu leur donner plus d'étendue, mais , dans un ouvrage pratique , les considérations générales doivent tenir peu de place ; il faut réserver l'espace pour l'histoire de chaque maladie envisagée sous son point de vue particulier. C'est donc dans les articles spéciaux de ce dictionnaire qu'il faut aller chercher les détails relatifs aux différentes espèces d'oblitération. Si j'avais dû les décrire toutes ici , il m'aurait fallu pouvoir disposer d'un volume entier.

( J. BoUILLAtD.)

OBSTACLES. (Obstétrique.) Ce mot, auquel nous avions renvoyé dans l'article Accouchement, a été complètement traité au mot dystocie. OBSTIPITÉ. frayez Tortjcoli.

OBSTRUCTION. C'est un mode d'oblitération [^oyez ce mot).

OBTURATEUR, s. m. Oblurare, boucher ^ clore. Par une singulière bizarrerie les anutomistes ont tour-à-tour ainsi désigné, les organes qui ferment le trou sous-pubien , ceux qui le traversent, et le trou lui-même , oubliant tout ce que cette qualification ex/jressife présente de choquant dans les deux derniers cas. En chirurgie on appelle obturateurs certains moyens mécaniques employés à remédier à plusieurs difformités congéniales ou accidentelles , et à fermer les communications anormales qu'elles établissent.

En anatomie, l'anneau obturateur ou sous-pubien doit seul nous occuper ici : surle squelette, l'anneau obturateurconstitue une large ouverture, ovalaire chez l'homme, triangulaire chez la femme , ouverture placée en dedans et un peu au-dessous de l'articulation coxo - fémorale , en dehors de l'arcade pubienne, au-dessous de la branche horizontale du pubis , et au-dessus de la tubérosité sciatique ; mais sur le corps entier il est réduit à un pertuis capable d'admettre seulement une grosse sonde de femme, pertuis fermé en bas et en dedans par la membrane obturatrice , en haut et en dehors par le cintre du trou obturateur osseux. Du côté du bassin, le Juscia pelvia présente à la hauteur du trou obturateur une petite arcade renversée , sur laquelle les vaisseaux et nerf obturateurs s'appuient à leur passage. En avant, le muscle obturateur externe laisse complètement libre l'anneau obturateur. Les vaisseaux et le nerf obturateurs traversent l'ouverture de ce nom d'avant en arrière , accolés à son côté externe et supérieur, de sorte que si l'on était appelé jamais à faire l'opération de la hernie sous-pubienne, on pourrait hardiment débrider en dedans et en bas, certain, d'une part, que dans cette hernie les viscères glissent en dedans des vaisseaux et du nerf obturateurs , et de l'autre, que ces parties sont placées loin du tranchant de l'instrument. C'est à dessein que je viens de poser en précepte le débridement en dedans et en bas, dans la hernie sous-pubienne; en effet, si l'on incisait en dedans , parallèlement à la branche horizontale du pubis, on couperait un petit rameau que l'artère obturatrice envoie derrière le pubis , rameau qui, dans certains cas (Voy. Anat. top., 2^ édition, pag. 392), prend un accroissement considérable, s'insinue au-dessous de la symphyse, et va remplacer l'artère honteuse interneà la partie antérieure du périnée, ou seulement sur la face dorsale du pénis.

L'anneau obturateur présente aussi des variétés anatomiques : sans parler de cette grosse artère qui peut venir de l'obturatrice, comme il a été dit précédemment, le tronc même de ce dernier vaisseau peut procéder de l'épigastrique ou de l'iliaque externe ; et dans cette circonstance , ce n'est plus en dehors du trou obturateur qu'il faut la chercher, mais à sa partie supérieure. Du reste , cette variété, plus commune qu'on le croit généralement, ne saurait gêner en rien le débridement en dedans et en bas de l'anneau, dans le cas d'une opération de hernie obturatrice.

Des fusées sanguines , purulentes et urineuses peuvent se faire à travers l'anneau obturateur à la suite de certaines amputations de la cuisse , ou dans des cas de crevasses de la vessie et d'infiltration d'urine dans le tissu cellulaire du bassin. Dans un abcès par congestion né de la face antérieure du sacrum , j'ai vu le pus s'engager par l'anneau obturateur, et se porter, par cette voie , dans les gaines des muscles adducteurs de la cuisse.

Les archives de la science renferment plusieurs exemples de hernie du trou obturateur : M. Hippolite Cloquet a même vu cette hernie s'étrangler, et déterminer les plus graves accidens. M. le professeur Dupuytren a trouvé la vessie dans une tumeur de cette espèce ; une exostose, développée sur la face postérieure du pubis, avait déplacé ce viscère , et l'avait refoulé dans l'anneau obturateur. Le col de la hernie obturatrice est côtoyé en dehors parles vaisseaux et le nerf obturateurs ; tandis que la tumeur qu'elle forme vient se placer à la partie supérieure et interne de la cuisse , entre les muscles premier adducteur, pectiné , le troisième adducteur, laissant derrière elle les vaisseaux et le nerf obturateurs. (Voyez l'article Hernie.)

Les cas dans lesquels la nécessité d'un obturateur se fait sentir sont communs ; et c'est un malheur assez grand, car ils fournissent presque toujours des exemples de lésions contre lesquelles la véritable chirurgie a été jusqu'ici impuissante. Toutefois, hâtons-nous de le proclamer, le nombre de ces cas est aujourd'hui plus restreint qu'autrefois; les heureuses applications que l'on a faites dans ces derniers temps du procédé de la rhinoplastie au traitement de diverses ouvertures fistuleuses , ont déjà reculé les bornes de l'art sous ce rapport , et permettent raisonnablement d'espérer que l'on pourra encore , par la suite , limiter davantage le champ de la prothèse des obturateurs mécaniques.

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