OMBILIC
OMPHALOCÈLE.
les tentatives d'exfi-action, les introductions d'instrumens et les autres moyens tentés avant d'eu venir à l'opération pour vouloir pratiquer celle-ci avec un guide porté par la bouche jusqu'à l'œsophage. Sa présence déterminerait d'insurmontables convulsions dans les parties affectées et deviendrait plus nuisible qu'utile; aussi ces moyens ne sont-ils jamais sortis du domaine de la spéculation.
L'opéraliou de l'œsophagotomie , décrite dans tous les livres, était en défini-
ive demeurée étrangère à la pratique générale , lorsque je la pratiquai deux "ais successivement avec un entier succès. Dans un de ces cas, l'œsophage était [Icjà en partie perforé, du pus et des portions de tissu cellulaire frappé de mort ;ortirent par la plaie , et le corps étranger était fixé à la hauteur de la jonction
le la première pièce du sternum avec la seconde. Malgré cette situation pro-
onde et ces graves complications, l'opération a complètement réussi, et la iionvalescence était complète dès le deuxième jour. Depuis lors , Tvl. Arnoit , pliirurgien à l'hôpital de Middlesex, l'a pratiquée aussi sur un enfant de vingl-
ept mois ; l'opération n'a été immédiatement suivie d'aucun accident produit par la lésion de vaisseaux ou de nerfs imporlans ; mais il existait chez le petit liialade une pneumonie latente du côté droit; la partie inférieure de la trachée-
rlère et les bronches étaient enflammées , et la mort eut lieu cinquante-six jeures après l'extraction du corps étranger. Cette issue funeste doit être attriluée, non à l'incision des parties molles du cou et de l'œsophage , mais à des iouditions organiques occultes, telles qu'on en rencontres! souvent dans la pra-
ique, et qui viennent si malheureusement détruire, en beaucoup de cas, les
aïeuls les plus judicieux, les espérances les mieux fondées.
Guatlani. Essai sur l'œsophagotomie. (A/c'ni. de l'Académie royale da chirurgie, orne III. )
L.-J . Bc'gin. Mémoire sur l'œsophagotomie, Puiis, 1833. [Journal hebdomadaire des ciences médicales. )
(L.-J. BÉGIW. )
OLÉATE. roj-ez Savon.
OLEOSACCHARUM ou EL^OSACCHARUM. Mélange d'huile volatile t de sucre, obtenu eu frottant un morceau de sucre sur le zeste jaune et utriulaire des citrons et des oranges. On employait autrefois ce mélange pour aroaatiser quelques médicamens , et notamment les sirops de sucs de citrons ot ['oranges , qui, naturellement , participent très-peu du principe aromatique le 1' ecorce du fruit ; mais comme cette manière d'opérer troublait le sirop et 'opposait à sa conservation, on préfère aujourd hui verser le sirop chaud sur le este coupé par morceaux, et mis au fond d'un vase fermé. Quelques médecins irescrivent encore d'aromatiser des poudres magistiales avec un oleosaccharum '.'anis , de fenouil , de cannelle , etc. ; d'après le codex cet oleosaccharum doit e faire en triturant dans un mortier deux gouttes de l'huile volatile nommée, vec deux gros de sucre ; il vaut encore mieux <|ue le médecin pz-escrive chaue fois la quantité d'huile volatile et celle de sucre qu'il convient d'employer.
GuiBOURT.
OLIBAN ou ENCENS. Olibanum veL Thus. L'oliban est une gomme-résiue ui a été apportée de tout temps de l'Arabie , où elle est produite par un arbre ncore inconnu. Plusieurs auteurs modernes ont cru pouvoir l'attribuer aujunierus lycia L. ; mais presque tous les anciens se sont accordés pour comparer arbre thurifèi-e au lentisque et au térébinthe , et il est probable qu'ils avaient jaison, car la plus grande partie de l'encens du commerce vient aujourd'hui de Inde, où il est produit par le hoswellia serrata , arbre de la famille des térélinthacées; et cet encens parait bien être le même que celui qui vient encore de Arabie , mais plutôt maintenant de l'Abyssinie et de l'Éthiopie. On trouve donc aujourd'hui deux sortes d'encens ; celui de Tlnde qui est le ^lus abondant et le plus beau, et celui d'Afrique qui lui est inférieur en quaîté ; du reste l'un et l'autre sont formés de larmes et de mai-rons : les larmes ont jaunes , demi-opaques, à cassure terne et cireuse , arrondies , plus grosses ft plus abondantes dans l'oliban de l'Inde, d'une saveur parfumée et d'une idear forte et agréable; elles constituent ce qu'on nommait aurefois encens nàle. Les marrons sont rougeâtres, d'une odeur plus forte, et faciles à ramol- Sr entre les doigts , propriétés qu'ils doivent à une plus grande proportion l'huile volatile; ils .sont souvent salis par des débris d'écorce : ils forment ce ju'on nomme V encens femelle.
D'après l'analyse de M. Braconnot, 100 parties d'oliban contiennent 56 parlies de résine soluble dans l'alcool; 31 parties de gomme soluble dans l'eau ; \ parties de gomme ou de résine insoluble dans l'eau et dans l'alcool, et 8 paries d'huile volatile.
De toute antiquité, l'encens a été br 'lé dans les temples et dans les églises, ta l'honneur de la divinité ; mais on le mêle ordinairement avec des aromates »lus suaves , et surtout avec les baumes à acide benzoïque. En pharmacie on le lait entrer dans la composition de la thériaque , du baume de Fioravanti, de lifférens emplâtres , etc.
j Dans les pays pauvres le galipot, résine sèche du pin sauvage, est substitué j l'oliban, pour les cérémonies religieuses , et on le nomme, à cause de cela , |ncertj commun. A Cayenne , en Amérique , on donne le nom d'encens à quel- [ues résines très-suaves produites par plusieurs espèces A'amjris ou d'icica, [els sont surtout les icica guianensis et heptaphylla d'aublet.
GriBOURT.
OMBILIC {Maladies de V). Comme partie des parois abdominales, l'ombiic peut, chez l'adulte , participer à ses distensions , à ses déformations ; et l'on ait assez que , chez les hydropiques, chez les femmes enceintes, cette cicatrice,
malgré son apparente solidité , est quelquefois éraillée , amincie au point de laisser facilement saillir sous une peau distendue le liquide ou les viscères contenus dans l'abdomen. La rupture même de cette peau a été quelquefois observée, et nous avons vu par là s'écouler une grande abondance de sérosité purulente chez des femmes atteintes de péritonites puerpérales à l'clat chronique, et dont une au moins a pu trouver dans cet accident un moyen de guérison.
li'ombilic est quelquefois aussi chez les personnes grasses , les enfans lymphatiques surtout, affecté d'une inflammation éry thémateuse qu'entretiennent les doigts du jeune malade, et qui quelquefois suppure assez abondamment. La propreté suffit ordinairement pour guérir celte incommodité légère , surtout si l'on tient de la charpie sèche et convenablement renouvelée dans le creux de la cicatrice ombilicale. Nous avons vu une fois partir de cette cicatrice une sorte de grosse verrue fibreuse, lobulce, branchue comtne un clioufleur, mais sèche à la.lsurface , et dont l'excision eût été facile si la malade, femme fort îàgée ? maigre et peu soigneuse de sa personne , y eût voulu consentir. Enfin chez les adultes , mais surtout chez les enfans , on sait que l'ombilic peut être le siège de /icr/n'ei qui réclament des soins tout particuliers , et tlont nous ne t'.cvons pas nous occuper ici. Disons seulement que de ces hernies, les unes sont acquises, c'est-à-dire naissent chez l'adulte à l'occasion d une distension morbide , d'un effort, etc., comme chez les femmes plusieurs fois accouchées; que d'auires sont la conséquence d'un état ordinairement passager de l'ombilic chez les enfans nouveau-nés ; que d'autres enfin sont véritablement congéniales. Ajoutons que les hernies dues à la persistance de l'ouverture ombilicale , après la chute du cordon , bien qu'elle soit , surtout chez les enfans pleureurs , la source d'une véritable exomphale, peutsedissiperspontanémentaprès un laps de temps variable, après quelques semaines, plusieurs mois, plusieurs années : un appareil compressif des plus simiiles , un bandage de toile, une compresse ployée en huit aident presque toujours suflîsamment à cette guérison naturelle , et l'on ne doit recourir à la ligature du sac ( Celse , Desault), ou à toute autre opération sérieuse que quand le cas est grave et le mal opiniâtre.
Quant aux hernies congéniales, il en est beaucoup qui sont incurables ; plusieurs se lient avec d'autres difformités qui ôtent au fœtus toute chance de vie extra-utérine , comme l'encéphalie avec large et longue ouverture du canal vertébral et renversement du tronc en arrière ; plusieurs s'étant établies dans la base du cordon ombilical, cette enveloppe caduque laisse à nu , peu après la naissance , les viscères qu'elle recouvrait auparavant, d'où inflammation, suppuration , mort : c'est ce qui arrive , surtout quand parmi ces viscères , se trouve le foie qui n'est point alors susceptible de réduction dans l'abdomen et se fait reconnaître à la couleur bleuâtre , à la grande consistance de la tumeur.
Nous ne mettrons pas au nombre des vices de conformation de l'ombilic son absence apparente chez les enfans affectés d'extrophie vésicale , parce que cette apparence tient alors seulement à ce que l'insertion du cordon est cachée par la tumeur fongueuse vésicale ou confondue avec elle , la vessie et les parois ab» dominâtes étant alors ouvertes en avant , depuis le méat urinaii-e jusqu'au nombril. On se fait aisément une idée de cette disposition des organes , en admettant , pour l'étiologie de ce vice de conformation , une distension préliminaire delà vessie, une atténuation progressive et une rupture, une ulcération ou gangrène définitive de la paroi antérieure et de celle de l'abdomen , état de choses dont les fastes de l'art ont conservé tous les degrés représentés chacun par quelque observation spéciale. Sans doute une distension du même genre avait été cause de la conservation du canal de l'ouraque chez la jeune fille dont parle Cabrol et qu'il guérit en liant la caroncule ombilicale qui servait à l'émission habituelle des urines.
Je terminerai cet article par quelques mots sur une petite maladie assez commune, peu connue cependant, et qui pourrait faire commettre de graves erreurs , puisqu'on l'a quelquefois confondue avec l'exomphale épiploïque: je veux parler du fongus ombilical g dont , un des premiers peut-être , j'ai reconnu la nature.
Comme toute partie mortifiée , le cordon ombilical se détache par ulcération de la peau à laquelle il a si long-temps adhéré , et cette ulcération fournit à peine , la plupart du temps et durant la première journée , une goutte de sérosité purulente. Chez quelques enfans elle dure deux ou trois jours , et chez d'autres encore elle donne naissance à des fongosilés qui , baignées dans le pus que le repli cutané retient autour d'elles , ne tardent pas à s'accroître. Le fongus ombilical est quelquefois multiple, plus souvent unique, rouge, humide, environné de pus, arrondi ou conoïde, assez semblable à une fraise dont il acquiert quelquefois le volume ; il se montre alors tout-à-fait en dehors , ou bien on peut le faire sortir de la fossette cutanée et reconnaître qu'il ne tient à la cicatrice ombilicale que par une base rétrécie , quelquefois même par un étroit pédicule. Des semaines , des mois se passent , et il ne cesse de s'accroître , quoique avec lenteur. On peut, s'il est peu volumineux, le détruire avec le nitrate d'argent ou bien en le saupoudrant d'alun calciné , de précipité rouge ; le calomel a paru sufiîsant pour cet effet à M. Desruelles. Plus volumineux , on peut l'enlever d'un coup de ciseaux, ou mieux le lier avec un fil ciré appliqué'sur son pédicule. La seule difficulté que présente cette petite opération , c'est la profondeur à laquelle est caché ce pédicule chez les enfans dont l'embonpoint est notable; une première ligature portant sur le corps du fongus m'a servi , en pareil cas , à l'attirer au dehors et à placer plus convenablement un second fil. La récidive n'a lieu que quand on n'a pas tout enlevé ; on la préviendrait même alors en cautérisant la portion restée adhérente au fond du nombril. Akt, Dugès.
OMBILICAL. Foyez Cordos.
OMPHALOCÈLE. Voyez Herkies.