ONGLE
ONCTION. Unctio , de uiigere. Action d'enduire le corps entier ou quelqu'une de ses parties d'une substance grasse, huileuse , savonneuse, mucilagineuse, etc. Cette opération, qui chez les anciens, était dun usage journalier, tant comme moyen hygiénique que comme agent thérapeutique , est de nos jours tombée en désuétude ou du moins singulièrement restreinte dans son application. C'est à l'article huiles qu'il faut chercher les efl'ets que les onctions peuvent avoir sur la peau. Nous ne pouvons faire que des conjectures sur les résultats qu'obtenaient les anciens qui y joignaient des frictions et des bains presque inconnus parmi nous; de même que leur costume , leurs habitudes , leur régime devaient entrer pour beaucoup dans les causes de leur état sanitaire.
En général les onctions huileuses simples , en même temps qu'elles assouplissent la peau, la protègent contre le froid; et c'est une pratique salutaire et bonne à renouveler que de faire une onction huileuse avant de se plonger dans le bain fi-oid , surtout lorsqu'on est faible et peu pourvu d'embonpoint.
On pense également que les onctions en couvrant les orifices des vaisseaux * absorbans empêchent l'introduction des miasmes et des principes contagieux, se fondant sur ce qu'on a vu dans les épidémies contagieuses la maladie respecter presque constamment les personnes qui , par suite de leur profession, ont la peau habituellement enduite d'huile ou de graisse.
Il est facile de concevoir que les onctions huileuses ou grasses faites avec des substances de bonne qualité peuvent calmer le prurit dans les maladies de la peau , comme aussi favoriser les mouvemens d'articulations frappées de rigidité.
Quant aux onctions avec les graisses ou les huiles médicamenteuses , on en fait une classe à part, et l'on doit rapporter leurs effets au médicament employé. Faisons remarquer néanmoins que les huiles et les graisses sont des substances de leur nature difficiles à absorber, et qui pénètrent mal dans les voies circulatoires. 11 est donc peu rationnel de choisir ce mode d'administration; et il peut être permis de penser que souvent l'huile ou la graisse, chargées de médicamens , agissent à-peu-près comme celles qui n'en contiennent point.
Quoi qu'il en soit, on continuera d'employer les onctions tant simples que médicamenteuses dans une foule de maladies. Il est vrai que fou y joint généralement les frictions qui peuvent ajouter à leur efficacité. On doit éviter il'eniployer des graisses et des huiles rances qui produisent souvent des inflammations érythémateuses ou vésiculeuses de la peau.
Il n'entre pas dans notre sujet de parler des onctions puantes dont certaines peuplades se servent pour écarter d'elles les insectes, non plus que de celles employées par les paysans et les soldats pour prévenir l'excoriation des pieds dans les longues marches. I'. Ratier.
ONGLE, s. m. cwj v/c: unguis. Lame de substance cornée qui occupe la face dorsale et l'extrémité des doigts et des orteils. Les ongles varient sijigulièrement de forme et de développement dans les ditférens animaux : ils constituent en particulier le sabot du cheval , de l'éléphant , les griffes du lion , les serres des oiseaux , etc.
Les ongles de l'homme sont minces , aplatis, convexes transversalement et de haut en bas: une de leurs faces , la dorsale, est libre dans la plus grande partie de son étendue , et présente supérieurement la lunule ; l'autre est sillonnée par une foule de dépressions parallèles les unes aux autres , dépressions longitudinales dans lesquelles viennent se loger les papilles du derme. Les ongles sont plus minces en arrière qu'en avant : dans le premier sens , ils sont reçus dans un sillon cutané peu profond ; dans le second , il présentent une extrémité libre et tranchante , quand elle n'a été coupée ni usée par le frottement, extrémité qui se recourbe de plus en plus à mesure que l'ongle s'allonge, et qui tend, comme celle des griffes des animaux , à embrasser la pulpe du doigt ; l'incurie des gens du peuple fournit fréquemment des exemples de cette disposition sur les ongles des orteils. Enfin l'e.xtrémilé adhérente des ongles , molle, très-mince et comme tranchante, est reçue dans un sillon spécial de la peau du doigt.
Cette lame cornée qui constitue l'ongle , et à laquelle on fait seulement allusion dans le langage ordinaire , n'est pas la partie la plus importante parmi celles qui doivent nous occuper ici ; la matrice onjollicule dans lequel cette lame est placée et qui la produit par une véritable sécrétion , offre au pathologiste un intérêt bien autrement puissant : seule , cette partie de l'ongle est réellement vivante ; seule elle est sujette aux affections morbides; et toutesles altérations que l'on a attribuées h la partie cornée de l'ongle sont purement mécaniques , connue celles de l'épiderme.
La matrice des ongles i.'est pas seulement constituée , comme une foule de chirurgiens inclinent à le croire , par le sillon dans lequel sont reçus les bords et l'extrémité adhérente de ces productions cornées ; elle comprend encore toute la peau sur laquelle elles appuient par leur face adhérente ; c'est un large follicule dont le goulot est taillé obliquement ou en bec de flûte , de haut en Las , et d'arrière en avant , et dont le fond est représenté par le sillon qui renferme l'extrémité adhérente de l'ongle. Pour former cette matrice , la peau de la face dorsale des doigts ou des orteils se retourne , rentre sur elle-même vers la racine de l'ongle ; puis , après un trajet fort limité dans ce sens rétrograde, elle se retourne de nouveau , se place au-dessous de l'ongle , et vient se continuer vers la pointe de celui-ci avec la peau de la pulpe des doigs. Néanmoins foutes les couches de la peau ne se comportent pas de la même manière dans la formation de la matrice de l'ongle : le derme offre seul le trajet qui vient d'être indiqué; tandis que l'épiderme , après avoir pénétré avec lui dans le sillon de l'extrémité supérieure de cette matrice, se réfléchit vers la face libre de l'ongle, sur laquelle bientcjl il est usé par les frottemens. Ainsi c'est le derme de la ppau