ONGLE
qui forme spécialement la matrice de l'ongle , seulement ce derme est remar quable par le grand développement de son corps papillaire.
Il résulte de ce qui vient d'être dit touchant l'organisation de la matrice dess ongles , que ceux-ci sont placés à leur origine entre le derme et l'épiderme i comme les poils , les plumes , etc. , et que , si plus tard ils se dégagent de toute' adhérence en dehors, comme les poils et les plumes , cela tient seulement à leuri accroissement successif et aux frottemens, qui déterminent l'usure de l'épiderme.!
Le développement ou la formation des ongles est un point qui intéresse à un égal degré le palhologiste et l'anatomiste : à la suite des plaies , des contusions» des doigs , après certaines inflammations , toutes les fois en un mot que la chute de l'ongle a eu lieu sans que sa matrice ait été détruite ou profondément altérée le chirurgien a souvent occasion d'observer les phénomènes qui caractérisent ce développement. D'abord on voit se former une lame mince de substance cornée dans toute l'étendue de la matrice de l'ongle, depuis le sillon qui est destiné à loger l'extrémité adhérente de celui-ci , jusqu'à la pulpe du doigt ; bientôt une deuxième lame, sécrétée comme la première par les papilles de la matrice de l'ongle , se forme au-dessous de celle-ci, s'emboite dans son extrémité inférieure un peu recourbée, et la projette en bas et en haut; une troisième, une qualrième lames, etc., développées sous les autres, les refoulent de la même manière; et de la sorte, d'une part l'ongle acquiert une épaisseur de plus en plus considérable, et, de l autre, il s'allonge de haut en bas, ou d'avant en arrière. Aussi long-tcraps que dure la sécrétion cornée qui s'opère à la surface de la matrice, et rien ne saurait y mettre un termependanl la vie normale de chaque individu, rongles'allouge en se recourbant de plus en plus à son extrémité libre ; tandis qu'au contraire l'accroissement en épaisseur a son terme marqué , au-delà duquel l'ongle ne fait plus de progrès sous ce rapport; ce terme est arrivé lorsque l'extrémité adhé- ' I rente de la première lame cornée qui a été produite par la matrice, est parvenuer] i à la hauteur de l'extrémité antérieure ou inférieure de cette matrice. Il en esti' des ongles sous ce rapport, comme des poils , comme des cornes des bœufs, etc. i; I Les ongles se reproduisent souvent d'une manière fort irrégidière , chez les '. individus chez lesquels ilsont été détruits par certaines maladies des doigts : cette :H circonstance dépend toujours de l'altération qu'a subie la matrice de 1 ongle ; • en effet, cette partie est l'organe générateur de l'ongle, c'est sa cause, si l'on ' ; peut ainsi dire ; or il est évident que toutes les modifications apportées à cette'! ! cause, impliquent des modilîcations exactement semblables dans l'effet qu'elle^' î produit. La reproduction régulière des ongles , après certaines maladies, n'a ; i jamais lieu, comme je l'ai dit précédemment , qu'à la condition de l'intégrité j de la matrice; dans quelques cas la matrice a été ulcérée dans toute son étendue, ' et l'ongle ne reparaît pas ; dans d'autres circonstances la matrice n'est restée ' i intacte qu'au niveau du sillon qui représente le fond de son follicule , et l'ongle ';] ne se reproduit qu'en ce point , sous la forme de filamens ou de lames cornées plus ou moins molles; chez certains sujets enfin , la matiice ayant été détruite latéralement, l'ongle n'est reproduit ([ue du côté opposé. 11 existe sous ces divers rapports une foule de variétés ; qu'il me suffise d'avoir ind!(jué leur principe , c'est là seulement ce que me permettent les bornes de cet article.
Beaucoup d'auteurs ont parlé des maladies des ongles , et quelques-uns oubliant que l'ongle lui-même n'est pas vivant , ont donné à entendre que ces maladies pouvaient l'atteindre aussi bien que la peau qui l'entoure; c'est une erreur qu'il suffit de relever en ce moment, et sur laquelle il serait superflu de discuter davantage. Sans doute les ongles sont susceptibles de se ramollir, tout le monde a observé ces phénomènes dans certains cas ; mais ils se ramollissent par macération dans la matière purulente sécrétée par leur matrice , comme il arrive à l'épiderme dans des circonstances analogues. Du reste , il importe de ne pas confondre le ramollissement rare des ongles qui survient comme je l'ai indiqué, avec cet état de mollesse que présentent certains ongles qui ont été sécrétés par une matrice altérée; dans le premier cas , en effet, il y a ramollissement véritable ; tandis que, dans le second, l'ongle a seulement été sécrété moins dur que de coutume, et s'il est mou, c'est congénialemeut , si l'on jieut ainsi dire.
Toutes les inflammations de la peau qui constituent la matrice de l'ongle opèrent la chute de celui-ci , en altéi-ant la sécrétion des papilles onguéales : ces papilles produisent une matière purulente qui s'accumule sous l'ongle, et qui le détache d'une manière plus ou moins complète. Il n'est pas rare de voir la séparation de l'ongle avoir lieu seulement vers un de ses bords ; alors les lames de substance cornée, qui se développent pour reproduire l'ongle, chassent de plus en plus la portion libre, portion qui fait corps avec celle qui n'a point été altérée par la maladie; et l'ongle ne reprend qu'à la longue ses caractères normaux, lorsque toute la partie détachée est parvenue jusqu'à l'extrémité du doigt.
La matrice de l'ongle s'enCamme vivement dans cette variété du panaris qu'on appelle tourniole. Des plaies , des contusions peuvent aussi l affecter de mille , manières ; dans le dernier cas , du sang s'épanche sous l'ongle, opère la sépara- ^ tion de celui-ci , et donne lieu aux phénomènes que j'ai précédemment in- j diqués.
Le bord de la peau qui forme la dépression dans laquelle sont comme enchâssés les bords et l'extrémité adhérente de l'ongle , se déchire quelquefois, surtout latéralement, et pour peu que cette fissure s'étende, elle cause une ^ douleur et une irritation très vives.
Chez les individus affectés de syphilis constitutionnelle , il se développe parfois des ulcérations à la base des ongles , ulcérations qui peuvent envahir toul^; leur matrice; les ongles des orteils sont plus sujets à cette affection que ceux des mains. | Chez les phthisiques , les ongles se recourbent souvent beaucoup p lus que de