ORANGER
uvû"rùlà modération extrême du froUement, il faut recourir h l'administration intérieure du médicament, ou à des frictions à la plante des pieds, autour du gland, chez Ihomme, à la face interne des grandes lèvres, et sur les petites lèvres de la vulve, chez la femme.
4o. Après le premier grain, le médicament n'a-t-il produit aucun effet appréciable, et le sujet semble-t-il doué d'une susceptibilité moindre qu'on ne l'avait supposé , on peut franchir une ou plusieurs doses intermédiaires en augmentant brusquement de beaucoup la dose du médicament. Ainsi , l'on est souvent passé d'un grain administré par i/,6 à un second grain employé par '/.o ou même '/s. Dans quelques cas , assez rares à la vérité , et chez des sujets très-peu sensibles, il a été permis d'arriver en peu de temps à '/4 de grain d hydro-chlorate triple, pris en deux fois dans la journée.
50. Lorsque, par ce rapide accroissement de doses des préparations d'or, on est arrivé à émouvoir les organes , à exciter l'appareil nerveux et le système sanguin, et à développer une réaction notable , il convient de diminuer promptcment les quantités exagérées du remède qui ont produit ces effets. En les continuant, on outrepasserait le but, et des accidens ne tarderaient pas à se manifester. Il ne s'agit plus que de soutenir les effets produits et de laisser l'excitation se continuer jusqu'à l'apparition des évacuations. Est-on allé jusqu'à '/4 de grain, par exemple? il faut rétrograder à '/a ; de '/s ou redescendrait à '/lo, et Ion continuerait jusqu'à la fin du traitement, en suivant dès-lors les lois ordinaires de la progression des doses.
Mais il importe au praticien d'avoir une mesure du degré d'excitation qu'il doit provoquer et soutenir , et de pouvoir distinguer l'instant où cette excit.ition devient trop forte. Or, l'agitation du pouls , ou le développement de l'artère et la fréquence dans les pulsations , qui ont toujours lieu sous l'influence des préparations d'or, et surtout de l'hydro-chlorate ; cette excitation , que l'on doit regarder comme nécessaire pour la guérison des malades , est restreinte dans de justes bornes , lorsqu'elle ne s'accompagne pas de lésion notable des fonctions : la bouche doit rester bonne , la langue humectée , la peau médiocrement chaude, et il ne doit y avoir qu'une augmentation de la sécrétion urinaire, de la transpiration, ou de la salivation. Cette stiuiulation devient trop intense et nuisible toutes les fois qu'elle entraine un éréthisme général , la sécheresse de la bouche , la chaleur acre destégumens, et l'inflammation d'organes intérieurs , variés selon la constitution des sujets. En un mot, ainsi que l'a établi M. Chreslieu , on doit s'imposer pour règle de la modification ou de la suspension du remède , l'état de fièvre imminente , annoncé par la chaleur insolite et soutenue de la peau, ainsi que par la fréquence, la dureté et la plénitude du pouls.
G". Pendant le traitement, des boissons délayantes , telles que la décoction d'orge, les solutions gommées, le petit-iait, etc. , seront utiles, afin de modérer l'excitation gastro-intestinale, provoquée par l'or. Un régime doux , mais suffisant pour ne pas imposer de trop pénibles privations , sera accordé au malade ; celui-ci devra d'ailleurs être bien couvert, et se livrer, pendant le jour, à un exercice suffisant pour entretenir la force et favoriser l'action des organes.
7°. Dans les affections aiguës et récentes , le traitement peut être poussé avec assez de rapidité , et quatre à cinq, ou six grains d'hydro-chlorate , par exemple, suffisent ordinairement pour achever la guérison. En les divisant par '/i 4 , '/i 3 , 2 5 '/'" 5 '/^ '^^ grain la durée du traitement est , terme moyen, de cinquante à soixante-cinq jours. Mais, dans les affections anciennes , chroniques , rebelles , dans les scroj^hules^ et lorsque la constitution du sujet a subi de profondes atteintes, la guérison ne pouvant être promptement obtenue , et la modification thérapeutique ayant besoin d être continuée pendant plus longtemps , il convient d'administrer le remède avec plus de lenteur , de choisir des préparations moins vivement excitantes , et de les prescrire par les voies qui se prêtent le mieux à leur pénétration. C'est dans ce cas que l'or limé est spécialement supérieur à l'iiydro- chlorate , parce qu'il est plus facile de prolonger pendant six , huit ou dix mois et même davantage sou emploi , sans inconvénient pour l'organisme.
8°. Il est très-ordinaire de voir, au début du traitement par les préparations d'or, les symptômes de la maladie s'aggraver, les blennorrhagies et les leucorrhées devenir plus abondantes et plus acres, les chancres s'enflammer, les bubons rougir , devenir douloureux et s'ulcérer. Ces résultats sont la conséquence de la nature excitante du remède. Mais un soulagement graduel succède à ce premier instant d'orage , et la guéi'ison ne tarde guère à faire de sensibles progrès.
9". Aucun traitement local n'est ordinairement nécessaire contre les symptômes récens de la syphilis. Des soins de propreté, des pansemens simples, suffisent , sous l'influence du traitement interne, pour les faire disparaître. Lorsqu'ils sont rebelles ou anciens , des lotions avec la dissolution d'Iiydi'O-chlorate triple ou des applications de pommade, rendues actives par la présence de l'or , sont souvent utiles. Quelquefois , le traitement interne ayant fait cesser la cause générale de la maladie , les symptômes locaux restent seuls et cèdent à la cautérisation , à l'excision et aux autres procédés analogues. Enfin , des frictions aurifères seront faites avec avantage en beaucoup de cas, sur les tumeurs indolentes, les esostoses inertes , etc.
10". Lor sque 1 excitation organique a été soutenue assez long-temps pour que les évacuations critiques se soient établies avec abondance , il est, en général , indiqué de cesser en peu de jours l'emploi du remède, et d'abandonner le reste du travail éliminateur à la nature. Assez souvent , il se prolonge durant plusieurs semaines encore, et achève ainsi la guérison. Quelquefois, l'or semble séjourner, latent, dans l'organisme, et ce n'est que vingt jours, un mois après,
ou même plus, que l'on voit, sans cause connue, et alors que l'on avait cessé de compter sur elles , survenir les évacuations critiques urinaires ou autres , qui] avaient çté jusque-là vainement attendues et sollicitées.
I [o. Parmi les évacuations critiques , la sueur est la plus fréquente et peut-j être la plus désirable. Elle survient , en général , vers la fin de la nuit , et s'accompagne d'un sentiment intérieur de soulagement et de bien-être. Le flux urinaire ne semble guère moins favorable ; l'excrétion se fait avec facilité , sans; douleurs ; le liquide est peu coloré et exempt de matière sédiraenteuse. La salivation se montre sur le plus petit nombre des sujets. Elle ne présente , Ait-., on, aucun des inconvéniens ou des dangers attachés à la salivation mercurielle;' la salive s'écoule limpide , sans douleurs , sans excitation de la membrane muqueuse buccale, sans ébranlement des dents, sans érosion des gencives, ou l'intérieur de la bouche. Elle cède naturellement à la suspension de l'administration du remède qui l'avait provoquée, et n'occasionne ni difficultés dans l'exercice de la mastication, ni interruption dans l'accomplissement des fonctions digestives , ni émaciation des sujets.
II résulte de tout ce qui prdcède que le traitement de la vérole , des scrophules, et des altérations locales, placées sous la dépendance de ces deux états, à l'aide des préparations d'or, doit, actuellement surtout que l'on recherche des agens thérapeutiques doués d'une puissance incontestable, acquérir une j grande importance. L'or, comparé au mercure, présente des différences remarquables : son administration est suivie de phénomènes d'excitation organi-i que très-manifestes , quelquefois dangereux , toujours nécessaires pour la production des effets curatifs que l'on en attend ; le mercure, au contraire, peut être administré à de hautes doses , pendant long-temps , sans que l'organisme s'en émeuve d'une manière violente et aiguë ; et jamais la réaction n'est indis-l' " pensable ou même utile pour l'accomplissement de ses effets curatifs. La sali-l! ' vation , dans le traitement mercuriel , est une complication défavorable, sou-'' vent embarrassante , et même grave chez beaucoup de sujets , tandis que le^ même flux , provoqué par les préparations d'or, est un fait désirable , utile , ' ordinairement salutaire. Après l'administration de l'or , les accidens aigus et immédiats étant dissipés , on n'observe pas généralement, ou du moins lesob-' ' servaleurs n'ont pas noté que l'organisme conservât des traces désastreuses du ' " traitement ; tout le monde s'accorde , au contraire, depuis fort long-temps, à I attribuer au mercure, administré à diverses reprises , et à doses prolongées ,'| une influence nuisible sur la constitution des hommes , soit qu'il y développe! un état analogue aux scrophules ou au scorbut , soit qu'il y provoque des irri-' tations lentes du système osseux, soit, enfin, qu'il entretienne des accidens'' analogues à ceux de la syphilis , et qui sont désignés, par cela même , sous le nom de syphilis mercurielle.
Il ne faut certainement pas ajouter une foi entière et aveugle aux partisans exagérés des traitemens aurifères. Ils ont sans doute observé tout ce qu'ils rap- jî portent ; mais on peut les soupçonner d'avoir laissé des insuccès s échapper de leur mémoire, et ce serait s'exposer à de cruels mécomptes, que de croire obtenir toujours des guéiisons aussi faciles et aussi complètes que celles dont j ^ ils ont rempli leurs écrits. Mais aussi , et les esprits sages ne sauraient le nier, „ les traitemens par l'or ont été attaqués avec passion , décriés d'après des faits j incomplets , d'après des essais dirigés sans méthode. Un de nous , surtout , a pu |, maintes fois s'en assurer : l'or, et surtout l'or limé , réussit peut-être moins stamment que ne l'établissent les travaux de MM. Chrestien , Niel , Destoucbe, Legrand , Gozzi , et tout récemment M. Bourquenod ; mais il mérite plus de ' ' confiance que l'on ne serait tenté de lui en accorder d'après le travail de Percy, ' d'après les expérimentations de MM. Cullerier oncle et neveu. I "'
En définitive , l'or est un agent énergique d'excitation pour l'organisme j il j J provoque des mouvemeiis de réaction très-intenses; des évacuations diverses, ^ souvent copieuses, résultent de son emploi; il augmente l'activité de l'appareil ^ j nerveux et du système sanguin , stimule les viscères digestifs et les organes sè- ^ créteurs , et provoque enfin une fièvre artificielle plus ou moins violente. A ces i ^ titres divers , il peut être employé avec succès toutes les fois qu'il semble utile i 'j de produire dans l'organisme des perturbations de ce genre ; mais alors , sou ^ ^ action doit être attentivement suivie , afin de l'empêcher de devenir nuisible. | ^ Lorsque les maladies vénériennes guérissent par les traitemens antiphiogisli- , ^ ques simples et directs , nul doute qu'il ne soit inutile de recourir à l'or, non ^ ^ plus qu'au mercure ; mais lorsque ces affections résistent , et avec plus de raison ^ ^ encore , lorsqu'elles récidivent, s'il faut leur opposer des moyens internes per- 1 turbateurs, l'or peut entrer , avec avantage, en concurrence avec les inercu- j riaux ; car si son administration doit être l'objet d une grande surveillance, du ^ ^ moins ne semble-t-elle ni provoquer immédiatement , ni préparer pour l'ave- ^ ^ iiir dans l'organisme, aucune des altérations secondaires et profondes attribuées ^ ^ au mercure. ( Lallemand et Bégin. ) , ,
ORANGER. Ciliiis Aurantium de Risso. Cet arbre , originaire de la Chine, j » a été apporté pour la première fois en Portugal par Jean de Castro , vers l'an- 1 j uée 1520. De là il s'est répandu dans tout le midi de l'Europe , où ses fruits , mûrissent facilement; mais , sous notre latitude , on ne peut le cultiver que | dans des caisses que l'on renfermedans des serres, pendant l'hiver ; néaninoius,j il y fleurit bien, et y porte souvent des fruits.
Toutes les parties de l'oranger sont utiles : ses feuilles , qui sont douées duncj amertume douce et d'une odeur agréable , sont usitées en infusion , comme lé- 1 I gcremcnt stomachiques et sudorifiques ; ses fleurs, qui sont blanches , belles | | et odorantes , servent à faire une eau distillée très-suave , devenue d'un usagi ! i presque général ( \>oy. eaux distillées ), On en relire également par la distil- I
ORCHITE.
ORCHITE.
ation une huile volatile qui porte le nom vulgaire de néroLi. Celle eau et celte uile sont très-usitées en pharm;»eie.
Dans les pays où les orangers sont communs , on ramasse toutes les peliles ranges qui tombent après la floraison, et on eu retire par la distillation une uile" volatile qui porte le nom de petit-s'ain. Les mêmes fruits , recueillis vant qu'ils n'aient atteint la grosseur d'une cerise , prennent le nom d'ora/ieues et servent à faire une teinture anîère ,trcs-aromatique et très-stomachique ; lais leur plus grand usage en France est de servir k fabriquer des pois à caures, étant arrondis au tour. Enfin , les oranges , non encore parvenues à leur rnier point de malurité , sont enfermées dans des caisses , et distribuées par ute l'Europe. Ce fruit , un des plus beaux et des plus agréables que l'on coulisse, est recouvert d'une ccorce jaune qui fournit encore, par l'expression, le grande quanlité d huile volatile qui porte le nom à'esieiice de PorluLiul. La Ipe intérieure du fruit est acide et sucrée , ordinairement jaunâtre , mais lelquefois rouge.
Les détails piéccdens appartiennent à Voranger à fruits doux , ou oranger oprementdit, et ne conviennent qu'en partie à Voranger amer ou bigaradier. slui-ci , qui est le czVrai vulgaris de Risso , se dislingue du premier par ses tioles munis de deux ailes beaucoup plus larges et cordiformes , par ses feuili plus manifestement crénelées , par ses fleurs plus odorantes et par son Iruit nt l'écorce et la chair sont pourvues d'une amertume très-marquée. Cet arbre t connu en Europe depuis plus long-temps que l'oranger de la Chine, et se Itive de préférence dans les contrées septentrionales, soit parce qu'il est moins lisible au froid, soit parce que ses fleurs , plus suaves et plus odorantes , sont éférées pour la distillation. C'est l'écorce de son fruit , et non celle du preer , qui est connue sous le nom de curaçao , et ([ui doit faire partie du sirop icorce d'oranges amères , de Vélixir sloinachique de Slougluon, de la teinture machique amère du Cofi^cx , et d'autres médicamens recommandés comme |iiques ou vermifuges.
Les autres espèces du genre citrus qui fournissent les fruits les plus usités , ; it : 1° le citronnier-limonier {citrus limonuni R.), produisent les fruits connus iiLis les noms de citrons ou' de limons ; 2°. le cédiaiicr ( cili-us niedica R. ), le ketlier {citrus Limetta) ^rodmsAni ies limettes et les beigamoltes. Tous cms : jres sont originaires de la Médie et de la Perse et n'ont précédé que de quel- ( es siècles l'introduction de l'oranger en Europe ; les Grecs ne les ont connus le par les guerres d'Alexandre , et Virgile est le premier des Latins qui en i se mention ; enfin personne ne croit plus aujourd hui que les pommes d'or I jardin des Hespérides fussent des oranges , et l'on sait, à n'en presque ]]s douter, que ces fruits si vantés n'étaient autre chose que des coings.
( GuiBOCRT. )
ORCHITE. Orchitis. Nom donné à l'inflammation du testicule, appelée sUi didj-mile , engorgement inflammatoire des testicules et testicule i'énérien
J'iis un cas particulier. Celle phlegmasie, dont l'histoire a été esquissée au ;ft BLENNOREHAGiE , est en effet principalement observée à la suite ou plutôt i is le cours de l'urétrite ; néanmoins elle se manifeste aussi dans plusieurs ;j .1 es circonstances. C'est d'ailleurs une maladie assez peu commune, si l'on consère la sensibilité toute particulière des organes sécréteurs de la semence , et 1 nombreuses lésions extérieures auxquelles ils sont sujets. Il'esl plutôt rationnellement que d'après l'expérience qu'on admet l'orchite casioiinée par la rétention de la liqueur séminale. Encore même la physiolot et la pathologie montrent-elles que les liqueurs sécrétées s'accumulent non \i dans les organes sécréteurs , niais bien dans les réservoirs qui leur sont «jiexés , et qui s'enflamment quelquefois alors. Dans le plus grand nombre des cl, neuf fois au moins sur dis, l'inflammation testiculaire est métaslatique, c'est- ; ire produite par une phlegmasie d'un autre organe, qui se dissipe, ou du r ins diminue sensiblement lorsqu'elle se manifeste. On pense cependant que 1 flammalion se propage plutôt qu'elle ne se transporte; et quelques nialailus observé que la douleur s'étend vers la racine de la verge, en même temps lelle diminue à son extrémité libre.
)n voit les oreillons , maladie elle-même assez rare et quelquefois épidéijue,être suivis de l'engorgement testiculaire. Mais, comparés à l'orchite, site de la bleunorrhagie , ces cas sont dans une proportion infiniment petite, lifin , les plus rares de tous sont ceux où l'orchite dépend uniquement de lésis extérieures , comme les coups , les froisseniens , les secousses dont letest lie peut être affecté. Ces causes, souvent insuflisanles pour déterminer à :s seules l'inflammation dont il s'agit, sont très -efficaces lorsqu'il existe une nnorrhagie peu aiguë. Alors l'équitatioii , la danse, la marche forcée , la islipation et les efforts qu'elle entraîne , produisent presque inévitablement 1 maladie , qu'on voit survenir aussi d'antres fois sans qu'on sache à ijuoi l'atl )aer , et malgré le soin qu'on a pris de porter un suspeiisoir. C'est ainsi que I is avons observé chez le même sujet trois orchites successives affectant le icule droit , puis le gauche , puis revenant au premier, sans que , pour les c^s dernières au moins , il ait été possible de trouver une cause tant soit peu isemblable. C'est avec beaucoup de raison qu'on a signalé, comme une cause i-puissaïUe , les érections occasionnées par la présence des femmes, chez sujets atteints de blennorrhagie peu inflammatoire. Les excès vénériens ivent avoir le même résultat. L'introduction d'une sonde dans l'urètre l'a si produit, surtout lorsqu'il y a eu dilatation. Aussi l'a-t-on vu plusieurs survenir à la suite de l'introduction de bougies volumineuses destinées k Fjfparer la voie aux instrumens litholriteurs.
DUS les praticiens exercés savent que la phlegmasie testiculaire ne se maeste presque jamais quand la blennorrhagie est k l'étal aigu et dans les pre-
miers jours; nous l'avons cependant constatée au dixième jour de la maladie ; mais c'est pour l'ordinaire dans la période décroissante , et surtout à l'état chronique de l'urétrite, qu'elle se lie.
Comment se fait-il que jamais les deux testicules ne se prennent k-la-fois , tandis qu'au contraire il est extrêmement commun de voir l'inflammation passer de l'un à l'autre ? Pourquoi le testicule di oit et gauche se prennent-ils à-peu près indistinctement? Ce sont de ces questions dont la solution est encore impossible, et serait peut-être sans résultat utile.
Une particularité remarquable de cette maladie, c'est la rapidité avec laquelle elle se développe, et qui se conçoit mieux dans le cas où elle dépend d une violence extérieure , que dans celui où elle est métaslatique. En efl'et , dans le premier cas, on voit, après la vive douleur qui se manifeste , le testicule doubler et tripler de volume. Dans le second , à peine le malade est-il averti de l'accident qui le menace par un peu de pesanteur douloureuse dans le testicule , que déjà le gonflement, la chaleur et même la rougeur s'y sont développés à un degré qui présente peu d'analogues dans l'économie. La douleur aussi marche avec une gran.Je célérité; elle est gravative et poignante tout à-la-fois , et réduit le sujet à l'iinniobilité complète. Presque toujours un état fébrile plus ou moins aigu accompagne cette affection, qui va augmentant sans cesse , et qui réclame plus que beaucoup d'autres les secours de l'art.
Lorsqu'on examine les parties alTectées , on trouve la peau des bourses ordinairement rouge et chaude; une tumeur ovo'ide pesante, un peu aplatie latéralement, plus dure eu arrière, à la région de l'épididyme , douloureuse à la pression , se fait alors remarquer. Souvent on peut constater que l'engorgement se prolonge le long du cordon testiculaire, sur lequel l'anneau inguinal exerce une compression douloureuse et une sorte d'étranglement. En pareil cas même, on a quelquefois observé des accidens sympathiques, tels que des hoquets, des vomissemens , des secousses convulsives. C'est là le maximum de la maladie à l'état aigu, et il est rare qu'on l'y voie parvenir , si ce n'est dans les cas où le malade a été mal traité. Alors surviennent des abcès dans l'épaisseur du tissu cellulaire qui environne le testicule, et quelquefois , quoique bien rarement, dans la substance même de cet organe.
D'ailleurs on observe des nuances nombreuses. L'inflammation occupe d'une manière plus marquée, tantôt le canal déférent , tantôt l'épididyme, tantôt le testicule lui-même. La tunique vaginale , affectée en même temps , peut se remplir de sérosité d'une manière plus ou moins rapide (liydrocèle aigu ou chronique), et lépanchemenl peut se résorber promptement ou persister après même que l'orchite aura disparu.
L'orchite présente fréquemment une marche différente : après les phénomènes inflammatoires qui durent deux ou trois jours, elle subsiste à un faible degré qui permet aux malades de vaquer à leurs occupations , et dure trèslong-temps dans cet étal avec des alternalivesplusou moins multipliées d'exacerbation et de rémission : l'organe alors reste engorgé et plus ou moins dur, faisant éprouver de temps en temps de la douleur ; la dégénératiou cancéreuse peut s'en emparer { voj. Sarcocèle ). Mais ce n'est là qu'une des causes du carcinome du testicule, car on l'observe chez dessujets qui n'onljamais eu d'orcliite.
11 est très commun de voir l'inflammation, lorsqu'elle a presque totalement quitté l'un des testicules , s'emparer de l'autre et y parcourir foutes ses périodes. On doit remarquer que , pendant ce temps, la blennorrhagie, bien que diminnée , n'a pas cessé de donner des preuves de son existence , et qu'elle peut cesser avant l'orchite, de même que souvent elle lui survit pendant des semaines entières ; cependant on peut dire que la réapparition de l'écoulement est une circonstance favorable. La durée moyenne de l'orchite est de quinze à vingt jours, et l'on peut voir que le traitement employé, quel qu'il soit, l'abrège rarement, si ce n'est lorsqu'il peut être appliqué énergiquement dès le début. On a obtenu alors la guérison en huit jours , mais c'est un cas rare , parce que les malades ne se présentent pas assez tôt. Tous les observateurs ont également signalé ce fait , que la tumeur diminue rapidement d'abord, surtout après une saignée générale accompagnée de bains, d'applications émoUienles et principalement du repos , taudis que la résolution complète ne s'opère que plus lentement; longtemps encore après la guérison , l'épididyme , par lequel l'inflammation commence toujours , conserve un peu de gonflement et de dureté. La durée de l'orchite chronique ne peut être fixée. Sous l'influence d'irritations tant internes qu'externes, cette phlegmasie peut se prolonger indéfiniment; des douleurs lancinantes peuvent s'y développer et faire croire à l'existence d'un cancer, tandis qu'il n'y a pas effectivement de désorganisation irrémédiable.
De toutes les terminaisons de l'orchite, la plus favorable et la plus commune à-la-fois, c'est la résolution , qui peut se faire attendre plus ou moins longtemps. L'organe alors reprend toute l'intégrité de sa structure et de ses fonctions; il ne conserve aucune trace de la maladie. Ce qu'on appelle induration, loin d'être une terminaison de l'inflammation , n'eu est au contraire que la prolongation indéfinie. Elle a lieu fréquemment parla négligence du malade et du médecin qui suspendent trop tôt l'emploi des moyens curatifs. Enfin , la suppuration est excessivement rare , surtout , lorsque, précisant bien les faits , on ne confond pas avec l'abcès du testicule lùi-même les abcès du scrotum ou même de la tunique vaginale. Les premiers sont bien reconnaissables en ce qu'il s'en échappe de petits filamens jaunâtres , qui ne sout pas autre chose que la substance propre du testicule , dont la coque se vide ainsi en détail et jusqu'à destruction complète de l'organe.
11 est facile de distinguer l'orchite d'avec les autres maladies qui lui ressemblent ; mais c'est principalement quand elle est à l'état aigu , et au moyen des circonstances qui en ont précédé et accompagné le développement. Ainsi la pré-
ORCHITE.
OREILLE
sence de la blennorrhagie et les irritations , tant directes que sympathiques du testicule , suffisent pour éclairer le praticien. Mais il n'en est pas de même dans rorchite chronique. Lorsqu'elle date de loin et qu'elle a eu plusieurs recrudescences , que la tumeur est volumineuse, dure, et qu'elle est le siège de douleurs lancinantes, elle peut être confondue avec le sarcocèle, et l'on a vu plusieurs fois des testicules non squirrheux être enlevés à la suite d'une semblable méprise. On a remarqué que, dans l'orchite, rinflammation , commençant par l'épididyme et de là s'élevant vers le cordon spermalique , la tumeur était pyriforrae et assez égale , tandis que, dans les diverses altérations connues sous le nom collectif et très insignifiant de sarcocèle , la tumeur est bosselée et fort inégale, tant pour la forme que pour la consistance de ses diverses parties.
Un point du diagnostic de l'orchite qui n'est pas moins important, c'est celui des abcès. Souvent, cri efTet, la tumeur dure vient à se ramollir partiellement et à présenter une fluctuation non équivoque ; et cependant , en plongeant l'instrument tranchant , on n'obtient pas la sortie de pus , mais on s'aperçoit qu'on a blessé le testicule. De là résulte ce précepte de pratique d'attendre la rupture spontanée de l'abcès ; d'autant mieux que , dans tous les cas , s'il siège dans le testicule même, l'organe est perdu.
L'hydrocèle n'est pas difficile à distinguer de l'orchite aiguë; mais à l'état chronique, ces deux maladies coïncident souvent, et dans quelques opérations d'hydrocèle, le teslicule, développé par l'inflammation, a pu être blessé par les instrumens.
Il est absolument faux que l'orchite caractérise la blennorrhagie syphiliiique, bien qu'en aient pu dire des écrivains prévenus. Nous avons bien des fois constaté que des urétrites , évidemment indépendantes de toute cause contagieuse, présentaient cet accident , tandis qu'il ne se montrait pas dans des gonorrhées positivement virulentes ; et de même que rien ne distingue d'une manière certaine ces deux espèces d'écoulement , de même il est impossible de distinguer sous ce rapport les diverses espèces d'orchite ; et le succès même du traitement mercuriel ne suffit pas logiquement pour établir le diagnostic.
L'anatomie pathologique apprend peu de chose sur les lésions que le teslicule présente dans l'inflammation aiguë ou chronique , et surtout dans le premier cas, où la mort n'est peut-être jamais survenue directement. Pour notre part, nous n'avons pas eu , dans une longue pratique , une seule occasion de constater les lésions que l'inflammation , soit aiguë , soit chronique, développe dans le testicule; nous n'avons même rien trouvé de satisfaisant dans les auteurs que nous avons consultés h ce sujet. Lorsque, après une opération, ou est à même d'examiner l'organe atTecté, on n'y trouve plus que les lésions propres au sarcocèle, dont il est alors impossible de distinguer celles qui appartiennent expressément à l'inflammation tant aiguë que chronique. On en est donc sur ce point réduit aux conjectures que font naître l'exploration de l'organe à travers les enveloppes qui le contiennent , et la comparaison des divers degrés de la maladie et de son évolution successive. Quoiqu'on ait prétendu que le testicule ne s'enflamme pas , et que c'est à l épanchement dans la tunique vaginale qu'est dû l'accroissement de volume, l'observation montre : 1° que l'inflammation (dans l'orchite blennorrhagique ) se propage le long de l'urètre jusqu'aux canaux éjaculateurs , et. qu'ensuite l'épididyme devient douloureux et se gonfle; 2» que , dans les cas les plus simples , l'épididyme est seul afi"ectc ; et que , dans des cas plus graves , on peut suivre l'extension de la phlegmasie jusqu'au corps même du testicule. Qu'il se fasse en même temps épanchemeut séro-purulent dans la tunique vaginale , c'est ce qui arrive quelquefois. Qu'il y ait aussi phlegmon du tissu cellulaire ambiant , c'est ce qui est plus fréquent encore. Quant à la suppuration du testicule , quoiqu'elle soit rare , elle a néanmoins été constatée plusieurs fois , et l'on a vu distinctement s'échapper avec le pus la substance même de l'organe , qui est sortie jusqu'à sa destruction totale par les plaies restées fistuleuses. Quoi qu'il en soit, ce point intéressant d'anatomie pathologique reste tout entier à éclaircir , et l'on doit y appeler l'attention des praticiens et des observateurs.
L'orchite est une afiTection qui , malgré les formes assez graves cju'elle présente , et les souff'rances quelquefois cruelles dont elle s'accompagne , ne compromet jamais la vie des malades. Le pronostic ne porte donc que sur sa durée , et sur la question de savoir ( dans l'orchite blennorrhagique ) si elle constitue un simple épiphénomène , ou si elle ajoute aux chances de syphilis constitutionnelle.
En général , la maladie qui nous occupe présente d'autant plus de probabilités de giiérison qu'on l'attaque plus tôt après son invasion. Elle est fort difficile à guérir lorsqu'elle est aticienne , et lorsqu'elle a éprouvé de fréquentes alternatives d'exacerbation et de rémission. La présence d'un abcès est toujours fâcheuse, et doit faire craindre la perte de l'organe; mais rien ne peut faire prévoir que l'inflammation envahira l'autre testicule.
L'expérience montre que , nonobstant ce qu'ont pu écrire quelques auteurs, la blennorrhagie avec orchite n'est pas plus souvent qu'une autre suivie de symptômes constitutionnels. Aussi cette maladie accidentelle ne doit-elle en aucune façon motiver à elle seule l'emploi du traitement mercuriel.
Quelle cjue soit la cause de l'orchite, le traitement antiphlogistique esta coup sûr celui qui compte le plus de succès incontestables , tant à l'état aigu qu'à l'état chronique. Pratiquée au débutde l'inflammation, la saignée générale, qu'il est parfois besoin de renouveler, amène un dégorgement rapide de la partie malade. Elle est surtout infiniment préférable aux sangsues, dont les piqûres sur une peau molle et doublée d'un tissu cellulaire lâche produisent des phlegmons et souvent des érysipèles oedémateux de toutes les parties sexuelles. Ce n'est pas cependant que les sangsues ne soient un moyen utile , et même
qu'on ne doive leur donner la préférence dans quelques cas , tels que la faiJ blesse générale, l'ancienneté de la maladie, etc. A ce moyen se joignent les cataplasmes émolliens et narcotiques , les bains, les boissons tempérantes les laxatifs doux, le régime sévère et surtout le repos du lit , et le soin d'éviter tout tiraillement du cordon , en soutenant les bourses avec un suspensoir bien fait.l
Après que, par la saignée , on a mis la tumeur en voie de résolution , il esti d'usage de chercher à la favoriser par des onctions mercurielles bydriodatées i ammoniacales ou autres. Ces médicamens peuvent être avantageux, mais il faut les employer avec modération, sous peine de voir la peau devenir le siège de. phlegmasies érylhémateuses ou vésiculeuses, qui obligent de les suspendre, et qui retardent la guérison. Dans ces derniers temps , on a vanté les merveilles des frictions mercurielles, qui guérissaient en vingt jours les orchiles aiguës; ce qui cesse d'être surprenant pour ceux qui savent que c'est là le terme ordinaire de cette affection , lorsqu'il ne s'y est joint aucune cause étrangère propre à exaspérer l'inflammation , comme la marche, l'équilation, ou l'emploi de médications locales intempestives. |
Les frictions résolutives (mercurielles ou bydriodatées, car il n'y a pas de ' raison bien positive de préférer les unes aux autres) sont plus applicables au traitement de l'orchite chronique, dans laquelle cependant les antiphlogisti- I ques bien dirigés sont encore très- efficaces ; alors les applications de sangsues multipliées ont amené des guérisons inespérées. C'est dans ces phlegmasies opiniàtres du testicule , que le traitement mercuriel par les frictions a produit des succès qui peuvent, selon nous , s'expliquer autrement que par la spécificité. Dans l'orchite clironique, un emplâtre résolutif ou simple, celui de Vigo ou de diachylon, est utilement appliqué sur les bourses. Il est quelquefois bon ! alors d'engager les malades à faire un peu d'exercice. I
Nous ne sommes pas d'avis que le traitement spécifique soit nécessaire danskj le cas d'orchite tant aiguë que chronique. Nous n'avons pas vu , en effet , que ' les malades qui en avaient été atteints à la suite de blennorrhaaie aient été plus souvent que d'autres atteints de syphilis constitutionnelle , ni que le traitement spécifique ait été une garantie iiositive contre 1 infection générale. Aussi pensons-nous que l'affection est toute locale, et doit être principalement attaquée» comme telle. . j
Nous nous sommes expliqué déjà sur la pratique qui consiste à rappeler l'é-l coulement en irritant le canal en même temps qu'on emploie des astringens sut le testicule. ( Foy. Blekkorrhagie ). Nous rappellerons seulement ici que,' l'inflammation testiculaire n'étant que l'extension de celle de l'urètre , les deux ' maladies guérissent simultanément et par les mêmes moyens.
( CCLLERIER et RaTIER. )
Il y a encore une méthode thérapeutique peu connue et peu employée surtout à cause des préjugés qui dominent dans l'étude des maladies syphilitiques ou réputées telles , c'est l'emploi du baume de copahu et du poivre cubèbe ( voy. ces mots ) , médicament dont nous ne parlerons ici que d'une manière incidente. Quelle que soit la difiiculté de donner des faits une théorie satisfaisante, il est indispensable de les consigner dans un ouvrage essentiellemeni i pratique. Le baume de copahu et le poivre cubèbe, convenablement administrés , suppriment comme on sait les blennorrhagies tant aiguës que chroniques et cela dans un délai assez court pour ne laisser aucun doute sur leur e/ïicacité. ''^ Quelquefois il est arrivé des orchites chez les malades soumis à ce traitement, et c'est là même ce qui l'a fait proscrire par la foule des praticiens. Cependani il aurait été facile de constater que , non-seulement l'orchite n'est pas plus commune dans les cas où la blennorrhagie a été supprimée au moyen du baume di ' copahu, mais que même la continuation de ce médicament n'a pas augmeuti les accidens , et a au contraire sensiblement favorisé la guérison. Il y a plus,e ' cela nous l'avons plusieurs fois expérimenté , le baume de copahu , administn chez des malades affectés d'orchite blennorrhagique, existant déjà depuis plu- j sieurs jours , a procuré la résolution de la tumeur testiculaire en mêmi temps qu'elle remédiait à l'écoulement. L'emploi du poivre cubèbe dan: les mêmes cii constances , et avec les précautions convenables , n'a pas moin^l de succès.
Cette opinion , que ne partage pas M. Cullerier , résulte pour moi d'expé ^ riences nombreuses. Elle est celle de M. Ribes, de Delpech et d'autres prati ; ciens. Je ne l'ai adoptée qu'après l'avoir vérifiée et bien qu'elle fût contraire i mon idée première. ( F. Ratier. )
OREILLE, s. f. Àuris , o-j; cures. Appareil de l'audition , région importante , placée sur les parties latérales de la tête , et jusque dans la profondeur des pa rois du crâne. ^
L'oreille résulte essentiellement de trois parties qu'il importe autant au pa thologiste qu à l'anatomiste de distinguer avec soin : l'oreille externe, véritabl cornet acoustique, destiné à recueillir, à rassembler les rayons sonores l'oreille moyenne , qui isole en dedans la membrane du tympan , niembraii dont les vibrations , affaiblies ou rendues plus sensibles par un appareil parlicu lier, doivent faire impression d'une manière médiate sur le nerf auditif; enfi l'oreille interne dont les cavités anfraclueuses renferment et |)rolègcnt l épa nouissement du nerf auditif.
1°. Composée du pavillon et du conduit auditif externe, la première partie d j l'oreille est bornée en haut à la tempe , en avant à la région parotidienne , ei arrière et en bas à la région mastoïdienne. Sans parler des enlonceinens et de saillies qui signalent la surface du pavillon de l'oreille , disons qu'il est forni j d'élémens peu nombreux et d une nature assez serrée. 1" un cartilage membra : neux qui présente quelques incisures remplies par du tissu fibreux; 2" quelque muscles , soit e.\trinsèques , soit intrinsèques, peu développés chez l'homoïc
1 u I i|ni
OREILLE
OREILLE
0 une peau fine, un peu velue et Irès-foUiculeuse; un tissu cellulaire trèserréj 5" peu de tissu adipeux , si ce n'est dans le lobule 5 6" des vaisseaux qui manent des temporaux et auriculaires postérieurs ; 7» des nerfs qui sont fouris par le temporal superficiel du maxillaire inférieur, par les filaraens auriulaire et mastoïdien ilu plexus cervical superficiel, et par le filet auriculaire u nerf facial.
ILong de dix à douze lignes, dirigé en dedans et en avant, courbé de maère que son axe est convexe supérieurement, le conduit auditif externe est us étroit à ses exliémilés qu'au milieu, et plus étendu suivant son diamètre îrtical que suivant le transversal ; il commence en dehors au fond de la con- ;ie, et il est terminé en dedans par une cloison qui le sépare du tympan , et ne l'on a appelée Ij'm/jano-aur-iculaire. Cette cloison empêche toute commucation dans l'état normal entre l'oreille externe et l'oreille moyenne ; elle suite de la réunion de trois lames : au milieu, la membrane du tympan qui ■ésente un trou décrit par Rivinus et Scarpa; en dehors, la peau mince du nd du conduit auditif externe; et en dedans , la muqueuse de la caisse du mpan. Entre cette dernière lame et celle qui est constituée par la membrane
1 tympan, la cloison tympario-auriculaire présente supérieurement le manche 1 marteau et le filet nerveux appelé corde du tympan. Osseux en dedans , le nduit auditif externe est cartilagino-membraiieux en dehors ; il est cartilagi- !ux en avant et en bas , et membraneux en haut et en arrière. La partie cartigineuse présente deux ou trois incisurei dites de Sancorini ^ remplies par du (SU cellulaire dont la destruction a plus d'une fois permis l'ouverture dans
conduit auditif d'abccs du voisinage. Tout le conduit auditif est tapissé ir un prolongement de la peau de la conque ; celte peau , de plus en us fine à mesure qu'elle pénètre plus protondément , forme en dehors , s follicules ccrumineux qui sécrètent la matière jaunâtre du conduit auriilaire.
2". Intermédiaire au conduit auditif et à l'oreille interne, la seconde partie : l'oreille communique avec le pharynx au moyen du conduit gutturo-tympaque , trompe d'Euslache,; elle est traversée de dehors en dedans par une laine d'osselets dont le premier anneau appuie sur la cloison tympano-auriilaire, et dont le dernier est en rapport avec l'ouverture tj-mpano-veslibuire fjenéire ofale ; elle est parcourue de haut en bas et d'arrière en avant par j corde du tympan; et enfin elle est revêtue de tous côtés par une membrane iro-mucjueuse.
L'oreille moyenne s'abouche par une large ouverture avec les cellules de apophyse înastoïde ;de sorte que les altérationsde cette partie du crâne ont une ;rtaine influence sur l'audition , et que des opérations ont quelquefois été pra- :]uces sur l'apophyse mastoïde pour remédier aux accidens produits par des i'ections auriculaires.
,11 n'est aucune des parties de l'oreille moyenne qui présente autant d imbrtance sous le rapjiort chirurgical, que la trompe d'Eustache; un certain limbre de surdités, reconnaissent pour cause une lésion de ce conduit; et lelqucs opérations doivent être tentées sur cette partie pour faire cesser sous ; rajjport l'état anormal. Placée , comme je l'ai dit plus haut, entre le tympan le pharynx , la trompe d'îiu.stache commence à la partie antérieure du tymin , au-dessous de la production osseuse qui constitue le bec de cuiller, et se :rmine à la partie supérieure et latérale du pharynx , en dehors de l'ouverture ostérieure de la fosse nasale correspondante, et à dislance égale des parties iférieure et supérieure de celte ouverture; elle est dirigée de dehors en deins , d arrière en avant et un peu de haut en bas; su cavité est étroite au lilieu et dilatée vers les extrémités , mais surtout vers le pharynx , où se renijntre le pavillon; ses parois sont osseuses du côté du tympan, et cartilaginolembraneuses vers le pharynx. A l'aide de ce canal l'oreille et le pharynx sont jntinus l'un à l'autre, elles membranes muqueuses qui appartiennent à ces avités 'ne forment (|u'un seul et même système.
Des vaisseaux émissaires peu nombreux , mais assez importans sous le point e vue pathologique , passent de la dure-mère à la membrane muqueuse du fmpan , à travers quelques pertuis de la paroi supérieure de cette partie. Suiint Béclard , ce sont surtout ces vaisseaux qui se rompent dans les secousses nprimées au crâne lorsque le malade rend du sang par les oreilles après la upture de la membrane tympanique.
io. Enfin , la dernière partie de l'oreille , le labyrinthe , est essentiellement estinée à loger les productions nerveuses les plus déliées et les plus importantes e l'appareil de l'audition. Beaucoup des plus graves maladies de l'oreille ont ;ur sicge dans celte région profonde ; mais comme jusqu'ici l'anatomie n'a jeté resque aucune lumière sur cette partie de la pathologie , il me suilira de dire ans cet article que l'oreille interne résulte de la réunion du vestibule , des anaux demi-circulaires et du limaçon, qu'elle est tapissée de tous côtés par un t rioste très-fin et très-vasculaire , et que les principaux vaisseaux qui s'y distriuent sont des rameaux de l'artère basilaire.
L'oreille se développe de dedans en dehors, du labyrinthe vers l'oreille xteine; et on le conçoit d'autant plus facilement que la première partie est la eule qui soit essentiellement nécessaire , la seule qui constitue réellement appareil auditif; tandis que l'oreille externe et la moyenne sont des moyens de )erfectionnemens. Dès le troisième mois de la vie intra-utérine commence la ormation osseuse du labyrinthe , et peu de temps après celte époque elle est complètement achevée.
Les états pathologiques de l'oreille sont fort nombreux; mais malheureuseoent la délicatesse et la profondeur des dernières parties de cet appareil ne Jermettent pas toujours au pathologiste d'en bien apprécier toutes les cir-
DlCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PKATIQUES.
constances , et par conséquent d'y porter un remède efficace. Du reste , l'oreille est également le siège de phénomènes sympathiques très-remarquables dans les alFeclions cérébrales, tels que pesanteur , bourdonnemens , etc. , sans que des lésions véritables s'y rencontrent; les rapports vasculaires du crâne et de l oreille sont tels, en effet, qu'il est impossible que la circulation cérébrale soit modifiée, sans qu'un abord plus grand de sang ail lieu vers l'oreille, et sans que cette partie éprouve quelques modifications dans sa manière d'être. On conçoit combien il importe de bien distinguer ces |ihenoménes sympathiques de ceux qui résultent des lésions de l'oreille elle-même.
Continue avec le pharynx par la trompe d'Eustache , l'oreille moyenne subit constamment quelques modifications dans les diverses maladies de la gorge et des fosses nasales : ainsi les polypes gênent l'introduction de l'air dans la trompe et déterminent un peu de gène dans l'audition ; ainsi l'inflammation produit le gonflement de la muqueuse du pavillon de la trompe , un rétrécissement de celle partie, et des phénomènes semblables à ceux que je viens de signaler pour les polypes. Le coryza violent fournit des occasions presque journalières de vérifier la dernière assertion.
De même aussi les rapports immédiats de l'oreille externe avec les régions temporale , mastoïdienne et parotidienne ont permis souvent à des abcès de ces régions de se porter vers elle, à tel point que dans les écoulemens purulens du conduit auditif, c'est toujours une question de savoir si le pus est fourni par le conduit , par la caisse du tympan , ou s'il ne vient pas des parties indiquées à travers les incisures de Santorini.
L'oreille externe est sujette à un certain nombre de vices de développement , tels que l'aplatissement du pavillon, la saillie considérable de l'une de ses éniinences, l'absence du lobule ou son adhérence avec la peau voisine, 1.1 brièveté, l'étroitesse et l'obliléralion du conduit auditif, la direction trèsoblique de la cloison tympauo-auriculaire, etc. Tous ces états peuvent être considérés comme des arrêts dans le développement de cette partie, cartons reproduisent des circonstances de forme exlérieure que revêt l'oreille externe dans les premiers temps de son évolution ; mais il n'en est pas de même d'un vice de conformation que j'ai eu occasion d'observer avec mon ami le docteur Bernard , de Toulouse , vice caractérisé par l'existence de deux conduits auriculaires , l'un occupant la position ordinaire , et l'auire placé dans la région mastoïdienne.
Les plaies du pavillon de l'oreille sont foit communes; aujourdliui on est revenu entièrement de l'opinion qui représentait ces lésions comme trèsgraves ; on sait en effet que le cartilage de cette partie est dépourvu de sensibilité , et que son périchondre se prête très-bien à la formation d une cicatrice solide; la perle complète du pavillon de l'oreille dans certaines plaies rend l'ouïe dure pendant les premiers temps ; mais bientôt la gêne qui en résulte diminue beaucoup ; ce sont les plaies par instrument Iranchant du cartilage de l'oreille externe que l'on a faussement qualifiées de Jj-actures de cette partie ; je dis faussement, parce que pour quiconque connaît l'extrêaie flexibilité do te cartilage , il est impossible d'admettre qu'il soit susceptible de fractures véritables.
L'inflammation de l'oreille externe {otite externe , voyez ce mot) est trèsdouloureuse en raison de l'intime union de la peau du conduit auditif et des parois osséo-cattilagino-merabraneuses de celui-ci.
Des corps étrangers plus ou moins durs, plus ou moins arrondis, des balles , des billes d'ivoire, de pierre, des morceaux de papier, etc., ont quelquefois été introduits dans le conduit auditif ; ces corps gênent l'audition et déterminent une vive inflammation des parties avec lesquelles ils se trouvent en contact ; il est urgent de reconnaître leur présence et d'en faire l'extraction ; leur séjour long temps prolongé a quelquefois déterminé de graves accidens. Fabrice de Hilden a vu un enfant chez lequel la cause qui nous occupe avait produit des symptômes cérébraux graves : engourdissemens , convulsions, épilepsie. Sabalier rapporte l'observation d'un enfant qui mourut à la suite d'accidens occasionnés par le séjour d'une boule de papier dans le conduit auditif; l'existence de ce corps avait été méconnue; la partie du cerveau qui repose sur le rocher adhérait à la dure-mère ; du pus s'était formé en ce point du crâne et tombait dans la caisse du tympan par une ouverture du temporal. Pour explorer le conduit auilitif , en cette circonstance comme en toute autre , il faut faire asseoir le malade sur une chaise basse, près d'une croisée bien éclairée ; un aide placé derrière le malade doit élever fortement le pavillon , de façon à cfl'acer la courbure externe du conduit auditif, tandis que le chirurgien porte dans cette partie une pince à pansement ordinaire , dont il écarte les deux mors pour en dilater les parois. Lorsque le corps étranger a été reconnu, si l'on emploie les pinces pour l'extraction , il faut placer l'un des mors en haut et l'autre en bas , parce que le conduit auditif est plus étendu dâns le sens vertical que dans le sens transversal , et qu'en supposant une forme arrondie au corps à extraire , il est moins fortement pressé dans la direction indiquée que de toute autre façon; si au conlraire , on avait fait choix de la curette, on devrait la glisser sur la paroi inférieure du conduit , paroi que l'instrument peut suivre dans une plus grande étendue que les autres avant d'atteindre la membrane du tympan qui e^t oblique de haut en bas et de dehors en dedans.
Des polypes naissent quelquefois de la peau presque muqueuse du conduit auditif ( voj-ez Polypes. )
La cloison lympano auriculaire est quelquefois percée dans les secousses violeiites qui lui sont imprimées , chez les canonniers, par exemple ; celte perforation peut-elle être produite par l'endurcissement de la matière céiumineuse, par la pression du manche du maiteau? c'est l'opinion de M. Ribes.
OREILLE
OREILLON.
Le cérumen peut s'accumuler en quantité considérable dans le conduit auditif, l obturer et déterminer la surdité; lorsque celte circonstance aura été bien reconnue, il faudra extraire la plus grande partie de la matière cérumineuse avec une curette; et de peur de léser la membrane du tympan, emporter les dernières portions de cette substance à l'aide d'injections alcalines pratiquées dans le conduit auditif.
Chez les femmes on perce le lobule de l'oreille pour y suspendre des anneaux; pour cela , il suffit d'appuyer le lobule sur un bouchon de Liège , et de le traverser de dehors en dedans et légèrement d'avant en arrière avec un poinçon ; cette petite opération n'est grave ni douloureuse.
Plus importante est la perforation de la membrane du tympan instituée par Cheselden , et mise en pratique pour la première fois par M. Astley Cooper, pour les cas d'oblitération de la trompe d'Eustache. Le but de cette perforation est l'introduction de l'air dans la caisse du tympan , introduction rendue impossible par l'oblitération indiquée. Deux circonstances anatomiques obligent à choisir la partie inférieure du tympan pour en pratiquer la ponction : la présence, en haut de celte partie, du manche du marteau et de la corde du tympan. Rien n'est simple comme cette opération ; le malade étant dans la position indiquée plus haut pour l'exploration du conduit auditif, portez le long de la paroi inférieure de cette partie le tube d'un petit trois quarts , appuyez son bec taillé en flûte sur le tympan , introduisez-y le poinçon , poussez un peu , et bientôt vous sentirez un petit déchirement , indice infaillible que vous avez obtenu le résultat que vous cherchiez. La perforation de la membrane du tympan, dit-on, a quelquefois réussi; toutefois il faut convenir qu'elle a contre elle la nécessité d'attaquer une partie assez importante de l'appareil de l'audition, et que, sous ce rapport, elle est bien inférieure à l'opération qui consiste à dilater la trompe d'Eustache elle-même.
Pour dilater la trompe d'Eustache, il faut en pratiquer le cathétérisme , y faire des injections , et y placer des sondes de volume gradué ; si l'on en croit Garangeot, ce serait un maître de postes de "Versailles , qui, le premier, aurait imaginé cette opération , et les instrumens nécessaires pour y procéder. Sans dire ce qu'il y a de peu probable dans cette assertion; sans montrer que pour avoir l'idée de semblables tentatives, il faut avoir des notions, et même des nolions minutieuses sur l'oreille moyenne; sans discuter la question de savoir si le cathétérisme delà trompe d'Eustache, assez diiiicile même pour l'homme de l'art, a bien pu être pratiqué par un homme du monde , et sur lui-même , ce qui augmente encore beaucoup les diflicultés , remarquons que cette opération a été considérablement simplifiée dans ces derniers temps par iVlM.Deleau et Itard. Elle paraît indiquée toutes les fois que la trompe d Eustache est obstruée par des mucosités ou rétrécie par le gonflement de la membrane muqueuse qui la tapisse; les surdités qui surviennent à la suite de l'otite interne , celles qui se développent chez des personnes habituées dès long-temps aux phlegmasies nasales et pharyngées, peuvent être considérées comme reconnaissant pour cause une oblitération de la trompe d'Eustache ; l'action de soufller fortement en fermant hermétiquement la bouche et les narines , peut jeter quelque lumière sur cette question : lorsque dans celte expérience on éprouve un bruissement particulier dans 1 oreille, c'est nn signe que l'air y pénètre par la trompe , et qu'ainsi ce canal n'est pas oblitéré ; tandis que l'absence de cette sensation met en droit de porter un diagnostic opposé. Quoi qu'il en soit , l'erreur ici n'est point dangereuse, et l'opération peut toujours être pratiquée. Or, voici comment on y procède : le malade étant assis sur une chaise un peu basse , l.-i tête appuyée contre la poitrine d'un aide placé derrière lui, le chirurgien saisit une petite sonde longue de 7 à 8 pouces , et courbée vers son extrémité suivant un angle de 135 degrés; il l'introduit , le bec dirigé en bas, le long du plancher de la fosse nasale correspondant ; il la fait glisser ainsi jusqu'au pharynx; et lorsque la sonde y est parvenue, ce dont le chirurgien est averti par la chute de cet instrument derrière le voile du palais, il lui imprime un mouvement de rotation d'un quart de cercle en dehors , il fait basculer son pavillon en bas et en dedans , et bientôt la fixité de toute la sonde vient témoigner du succès de l'opération.
Le cathétérisme de la trompe d'Eustache est mille fois préférable à la perforation des cellules mastoïdiennes proposée en 1793 par Jasser. D'abord cette perforation n'est pas applicable à l'enfant , dont les cellules mastoïdiennes sont trop peu développées; et en second lieu, elle expose à divers accidens, tels que la carie , la nécrose de l'apophyse mastoide, l'érysipèle de la tête, etc.
Dans les coups violens portés sur la tête, souvent la membrane tympanique est rompue, les vaisseaux qui passent de la dure-mère dans la caisse du tympan, à travers les pertuis de cette caisse, sont déchirés, du sang est rejeté parle conduit auditif, et vient souiller le pavillon; ce symptôme est toujours grave, il est fréquemment en rapport avec une fracture de la face supérieure du rocher.
La membrane muqueuse de la caisse du tympan peut être le siège d'une vive inflammation, dans l'otite interne {voyez Otite.)
Le carie, la nécrose frappent souvent les osselets de l'ouïe, ou les parois du tympan, à la suite des otites internes , chez les enfans surtout. Ces afi'cctions sont diflîciles à guérir autrement que par l'emploi des moyens généraux propres à combattre les dialhèses scrophuleuses ou syphilitiques qui les produisent presque toujours ; et malheureusement ce traitement n'empêche pas , chez certains sujets , le mal de s'étendre vers les membranes du cerveau, vers le cerveau luimême, et de déterminer les jilus graves accidens. Les exuloires à la nuque, les injections détersives doivent promptement être associés, dans ces cas, aux moyens dépuratifs précédemment indiqués.
Sans doute l'oreille interne est souvent alfectce dans les maladies del'oreille;
mais la science est si peu avancée sous ce rapport, qu'on peut la considère comme tout-à-fait au berceau ; aussi terminerai-je là cet article, quia bien plutôt pour but de|donner le cadre des affections de l'organe de l'ouïe que de les décrire. Toutefois, je ne finirai pas sans appeler l'attention des médecins sut cette importante et difficile partie de la pathologie. Ph. Fréd. Blandin.
OREILLON. s. m. Parolite , parotidite , parolis j cynanche parolidea , angina maxillaris , angina externa. On désigne ainsi un gonflement douloureus qui se manifeste au-dessous des oreilles, qu'un état fébrile précède et accom-i pagne presque constamment, beaucoup plus commun chez les enfans et les! j adolescens que dans les autres âges , presque exclusif même à l'enfance, régnauli 'i presque toujours épidémiquement , et n'affectant en général qu'une fois les i mêmes individus. '<
On ignore complètement les causes de cette maladie ; on a seulement remarH.i qué qu'elle se montrait habituellement dans les saisons froides et humides ; maisi ' il est évident qu'il faut l'intervention d'une autre cause, à nous inconnue, pour la I produire , puisqu'elle est rare, tandis que le froid humide règne fréquemment | dans nos contrées. Comme celle de la plupart des épidémies , cette cause nous '. échappe. Sa recherche offre peu d'importance en raison du peu de gravité delà i maladie. j
Quelques frissons, suivis de chaleur générale, de fréquence du pouls, d'agi- I tation et d'un sentiment de courbature dans tous les membres , précèdent ordi- i nairement de quelques heures et quelquefois d'un à deux jours l'invasion du 1 gonflement sous-auriculaire qui forme le caractère principal de la maladie, 1 Quelquefois cependant ce gonflement apparaît presque en même temps que | l'état fébrile ; dans quelques cas rares, il le précède; enfin la maladie se montre jj si légère chez quelques sujets qu'aucune fièvre ne la précède , ne l'accompagne .1 ni ne la suit. Dans tous les cas, l'oreillon commence ordinairement par unejj douleur plus ou moins vive dans la région parotidienne de l'un ou des deujj] côtés , et cette douleur est surtout rendue manifeste par les mouvemens dela^j mâchoire ; bientôt la tuméfaction apparaît : elle fait des progrès ; la douleur s'y^| accroît; la peau qui la recouvre se tend, devient brûlante tout en conservant! i sa couleur naturelle , ou bien elle prend une teinte légèrement rosée et luisanteni i et quelquefois même elle se colore d'un rouge vif ou d'un rouge foncé. Ce gon';! flement , qui participe davantage , par son aspect et son peu de dureté , de l'œii j dème ou plutôt du phlegmon léger que de l'inflammation glandulaire, s'étencli de l'angle de la mâchoire inférieure aux parties latérales du cou et de la face 1] il envahit parfois les glandes sous-maxillaires et sub-linguales et jusqu'au; 1 1 amygdales elles-mêmes , il s'oppose alors à tous les mouvemens de la mâchoire i I rend la déglutition très-difficile et quelquefois même impossible, menace le. I' malades de suffocation , et, s'il existe sur les deux régions parotidiennes à-la ' fois, il donne à la figure un aspect monstrueux. Dans ce cas , les tumeurs son I très-dures. Tout cet appareil de symptômes augmente ordinairement jusqu'ai I quatrième ou au cinquième jour; puis les phénomènes de réaction, s'ils onii persisté , s'effacent; la tumeur diminue , et se résout complètement en quelque ' j jours.
C'est en effet par résolution que se termineut le plus communément les oreil i Ions , et tantôt cette résolution s'opère d'une manière insensible et sans phéno^ ' I mène extérieur appréciable ; tantôt elle est annoncée par un suintement qu M s'établit derrière les oreilles , ou par une sueur douce et bornée à la peau qu i ) recouvre les tumeurs, ou bien par une sueur générale; mais quelquefois, ai ' ^ lieu de se résoudre , l'inflammation persiste et se termine par suppuration 1 1 Cette terminaison est heureusement assez rare. Dans d'autres cas , plus rare ! J encore , toute la masse qui formait la tumeur s'indure , et la guérison en de' ( vient alors longue et difficile. Enfin il arrive parfois qu'une impression vive di ' i froid , un traitement répercussif ou une cause inconnue , font disparaître subite ; | ment les oreillons. On voit alors survenir un gonflement inflammatoire d'uni j j ou des deux mamelles chez les femmes , d'un ou des deux testicules che: ' , l'homme, et cette métastase entraîne souvent des suites graves, dont la priuci i pale est l'atrophie du testicule sur lequel elle s'est opérée.
Nous ne demanderons pas à l'anatomie pathologique des lumières sur le siég ' ! précis et la nature des oreillons. Cette maladie n'ayant presque jamais une issU' ' I funeste , n'a fourni que de très-rares occasions d'éclairer ces deux points desoi ' * étude parla dissection, et ces occasions ont probablement été négligées ; mais ' \ à défaut de recherches anatomiques, la question ne se peut-elle donc décide ! I par une autre voie 1 Cela nous semble au contraire facile. Et d'abord , pour 1 ' ( siège de la maladie , tout nous dit qu'il faut le placer dans la parotide principa i ( lement , et par extension dans les glandes sub-linguales et sous-maxillaires ' I S'ils occupaient le tissu cellulaire, on verrait les oreillons se terminer le plu j communément par suppuration , taudis que , ainsi que nous l'avons dit , ceit ■ i terminaison est très-rare. S'ils n'occupaient pas le système glandulaire du cou ' i on ne concevrait pas que la métastase s'en fît presque constamment surd'aulrt ; ' organes glandulaires , les mamelles et les testicules. Admettez au contraire q" ' < le siège (jue nous leur assignons soit bien le véritable , et celte métastase de pn ) j dileclion , si je puis m'exprimer ainsi, s'explique tout naturellement par il ! grande analogie de texture et de fonctions des glandes salivaires , mamoiairf i et sperinatiqnes , et par le rapport physiologique, le lien syuipathique qi \ associe chaque organe à la souffrance des organes analogues plus inlimemer| I qu'à celle de tous les autres. Quant à la nature de la maladie, elle est pli I 1 évidente encore. Tous les caractères de l'inflammation s'y trouvent réunis : 1 i douleur, la tuméfaction , la rougeur et la chaleur. C'est donc avec raison qi: I l'on désigne aujourd'hui celte affection sous la dénomination de parolUe o\ ' parotidite ; elle s'étend sans doute fréquemment aux autres glandes salivairc: | i
OREILLOW.