‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 179 sur 311 · ORGELET · texte numérisé non relu

ORGELET

ans doute aussi le tissu cellulaire de toute la région parolidienne et sous-maxilaire participe souvent à l'inflammation; mais son point de départie plus constant, ou siège principal et souvent exclusif, existent évidemment dans la parotide , 'est donc bien une parotidite.

Si telle esl la nature des oreillons , le traitement s'en trouve tout tracé par la héorie , il doit être antiphlogistique ; mais l'expérience apprend que dans la rès-grande majorité des cas , cette maladie guérit par de simples précautions ygiéniques; elle apprend aussi que tout ce qui tend à accélérer la résolution du onflement inflammatoire parotidien , en favorise , en provoque même la méjstase. De celte double source, les déductions de la théorie et les enseignemens e la pratique , découlent en conséquence les préceptes thérapeutiques suivans. Lorsque l'inflammation est peu intense, elle se dissipe ordinairement d'elieême en quatre a cinq jours ; ou aide cependant à sa résolution en faisant irder le repos aux malades, en provoquant une légère diaphorèse par des bois- )ns chaudes et sudorifiques , comme les infusions de bourrache et de fleurs de ireau , en prescrivant quelques lavemens émolliens , faisant prendre des bains B pieds sinapisés , diminuant beaucoup la quantité des alimens , et imposant ême la diète absolue, si l'état fébrile continue après l'apparition des tumeurs, lOn en couvrant les parties enflammées , avec de la flanelle ou de la ouate de )ton si elles sont à peine douloureuses et sans rougeur, avec des cataplasmes noUiens si la rougeur est vive et la douleur intense.

Lorsque l'inflammation est très-forte , la douleur violente , la rougeur vive , chaleur brûlante , et la tuméfaction considérable, lorsqu'à ces symptômes cauY se joignent la fréquence et la plénitude du pouls , de la céphalalgie , de soif, etc. , il faut sans hésiter avoir recours h la saignée du bras , et auxapications de sangsues. Mais on ne doit employer ces évacuations sanguines que ans la mesure convenable pour diminuer l'intensité des accidens , et il ne faut mais se proposer pour but de les dissiper complètement , l'expérience ayant jpris que les saignées étaient la cause la plus fréquente des métastases. Cepennt, si l'inflammation locale semblait ne pas perdre de son intensité , s'il surnait des frissons irréguliers , si la tumeur devenait le siège de battemens , et \e la douleur y prît ce caractère que l'on désigne par l'épithète de grai'ative ,

I devrait insister plus que jamais sur les évacuations sanguines locales , afin î prévenir, s'il est possible, le développement d'un abcès déjà imminent. Mais , l'on s'aperçoit que malgré les évacuations sanguines la terminaison parsuppution devient inévitable , on cesse de les employer, et l'on s'en tient à l'applition des cataplasmes émolliens, puis maturatifs , jusqu'à l'ouverture de ibcès , à laquelle on procède dans les conditions et en suivant les règles qui it été tracées à l'article abcès.

II serait inutile de chercher à provoquer la transpiration dans l'état aigu de maladie, on n'y réussirait pas ; les boissons gommeuses, délayantes, acidulés, nviennent mieux alors , et plaisent davantage aux malades que les tisanes urétiques. On prescrit en même temps les cataplasmes émolliens sur les tueurs , la diète et le repos absolu.

Dans quelques cas , les tumeurs s'aff'aissent lentement et ne se résolvent l'incomplètement ; la portion de l'engorgement qui persiste cesse d'être luloureuse ; elle semble acquérir plus de dureté , et ne tarde pas à rester itionnaire; la maladie s'est terminée par induration. On essaie alors dedissoue cette masse indurée par les douches de vapeur, par les frictions avec l'onlent mercuriel, avec le Uniment volatil , avec l'huile camphrée , avec une sotion de savon dans l'alcool , avec les pommades iodées , et par l'application s emplâtres fondans , tels que ceux de ciguë , de vigo cum mercurio , etc. jand ces moyens demeurent impuissans , il ne reste de ressource que dans xtirpation de la glande indurée , opération grave , dont la possibilité est sme contestée par quelques chirurgiens, à laquelle par conséquent on ne doit courir que dans le cas d'indispensable nécessité. ( Foy. Cancer. ) La métastase des oreillons, alors même qu'elle a lieu sur un testicule, n'est uvent qu'un accident sans gravité ; on voit très-fréquemment l'engorgement résoudre dans ce nouveau siège avec la même facilité qu'il le fait en général ,ns les parotides ; on y aide par des bains et des cataplasmes émolliens. Mais ns quelques cas, qui bien que rares sont malheureusement trop communs core , l'inflammation du testicule acquiert rapidement une haute intensité, et rsque ensuite elle vient à se résoudre, elle entraîne souvent l'atrophie de cet gane. On sent dès-lors combien il est important de la détruire de bonne ure , et l'on ne peut espérer d'y parvenir que par le traitement antiphlogis- ^ue le plus énergique ( i'oy. Orchite). Mais il y a encore mieux à faire que la combattre dans le cas qui nous occupe , c'est de la rappeler , s'il se peut, ins sou siège primitif. A cet eff"et, on recommande d'appliquer des cataplasmes lapisés ou un vésicatoire sur la parotid"; que l'inflammation a désertée , et en ême temps de recouvrir le testicule malade de cataplasmes rendus résolutifs ir la fleur de sureau et par l'acétate de plomb liquide. On conseille aussi , mme moyens propres à favoriser le retour de l'inflammation dans la parotide, emploi, à l'intérieur, de quelques diaphorétiques stimulans, tels que les insiens de serpentaire de Virginie , de menthe , d'arnica , auxquelles on ajoute l'acétate d'ammoniaque.

Il est à peine mention dans les auteurs de la métastase des oreillons sur les armelles , ce qui prouve que cet accident n'a jamais la même gravité que le écédent. Nous avons eu , en efl"et , plus d'une fois l'occasion de l'observer , et us l'avons toujours vu se dissiper avec la plus grande facilité. Mais on y parle métastases sur le cerveau et sur les autres organes importans de l'économie, s déplacemens , fort rares , que nous n'avons jamais eu l'occasion d'observer, enacent du plus grand danger. Toute leur thérapeutique se réduit aux deux

préceptes suivans : combattre l'inflammation dans le nouveau siège qu'elle s'est choisi , tenter de la rappeler dans celui qu'elle a abandonné ; les moyens de les remplir ne diffèrent pas de ceux que nous avons indiqués précédemment.

( L. Ch. Roche. )

ORGE, llordeum. Triandrie digynie. Linn. Graminées Juss. Plante alimentaire plutôt que médicamenteuse , mais qui cependant est employée en médecine depuis Hippocratc , dont la tisane n'était autre chose qu'une décoction plus ou moins chargée d'orge mondée ; et par conséquent une boisson qui , grâce à la fécule qu'elle contenait avec un peu de mucilage , était en même temps adoucissante et un peu nutritive. L'orge figure en outre comme le principal élément de la bière , boisson dans laquelle ses propriétés sont totalement changées. Elle fait aussi la base de la nourriture de plusieurs peuples qui la préparent en bouillie, ou qui en fabriquent un pain d'une qualité fort inférieure, sans doute à cause de sa mauvaise fabrication.

Pour l'usage médical et même économique on fait passer l'orge entre deux meules peu serrées, qui dépouillent le grain de son enveloppe : c'est alors l'orge mondée. En rapprochant un peu plus les meules le grain est arrondi , ce qui lui vaut le nom d'orge perlée. Le gruau n'est autre chose que l'orge mondée et grossièrement concassée. On voit que ces formes diverses n'influent en rien sur la composition réelle de la substance qui nous occupe. Le malt est l'orge telle que l'emploient les brasseurs , lorsque après y avoir développé le principe sucré par la germination , ils arrêtent ce phénomène en faisant sécher le grain dans une étuve. On attribue au malt des propriétés particulières contre le scorbut et les scrophules, propriétés qui s'expliquent ma! à moins qu'on n'admette l'utilité d'un mélange de sucre et d'amidon dans les maladies dont il est question.

La décoction d'orge est d'un usage extrêmement vulgaire ; c'est de toutes les tisanes la plus employée contre les afi'ections des organes digestifs et respiratoires. Elle peut être aussi administrée en lavemens comme adoucissante et émolliente.

On se sert également de la crème d'orge, espèce de gelée nourrissante, qui remplace souvent avec avantage les bouillons que l'estomac supporte mal dans une foule de circonstances.

A l'extérieur la farine d'orge passe pour être résolutive , et l'on ne sait vraiment pourquoi , puisqu'elle ne renferme aucun principe astringent , au moins en proportion notable.

Tout le monde sait que le sucre d'orge n'est plus préparé comme autrefois avec la décoction d'orge , qui ne lui donnait que des propriétés très-douteuses. De même le sirop d'orgeat n'est plus qu'un sirop d'amandes. Enfin on a renoncé à la préparation tout-à-fait irrégulière connue sous le nom d'eau distillée de canelle orgée. (F. Ratier. )

ORGELET ou ORGEOLET. Hordeolum, chrjte. L'orgeolet est une sorte de furoncle du bord libre des paupières. Il diffère pourtant du furoncle ordinaire , en ce qu'il paraît siéger dans les glandes de Meibomius , au lieu d'affecter les flocons de tissu cellulaire contenus dans les mailles du derme.

Les causes qui produisent cette maladie sont quelquefois locales , comme la malpropreté habituelle du bord libre des paupières , le séjour de corps étrangers entre les paupières et le globe de l'œil ; mais, le plus souvent, elle dépend d'une cause éloignée comme , par exemple , une irritation gastrique. On la voit aussi assez souvent survenir chez les individus scrophuleux. Demours l'a vue chez une jeune personne , précéder plusieurs fois une affection pédiculaire.

L'orgelet peut être aigu ou chronique.

Dans le premier cas , il se manifeste sous forme d'une tumeur du volume d'un grain d'orge, dure , d'une couleur rouge foncé , qui détermine des clouleurs lancinantes , est accompagnée d'une tuméfaction plus ou moins considérable de la paupière, et qui, après un temps variable, se termine par suppuration , s'ouvre et laisse échapper avec le pus qu'elle renferme, un bourbillon , d'un très-petit volume , dont la chute est suivie de la cessation prompte de la douleur, de l'inflammation, et de tous les autres accidens. Asssez souvent , ce n'est qu'après plusieurs inflammations successives terminées chaque fois par une sorte d'induration, que la chute du bourbillon a lieu et que la guérison définitive s'ensuit.

Dans le second cas , surtout chez les sujets scrophuleux, la maladie se présente sous forme d'une petite tumeur dure , indolente dans laquelle l'inflammation, toujours très-obscure , a une grande tendance à passer à l'état d'induration , qui transforme la tumeur en un chalaze ou grêlon; mais , après avoir persisté à cet état pendant plusieurs mois , elle s'enflamme de nouveau , d'une manière aiguë, et suit alors la marche de l'orgeolet aigu. Lorsque l'orgeolet, enflammé ou non , fait plus de saillie vers la face cutanée que vers la face muqueuse de la paupière , il est peu incommode et ne gêne point la vision; mais quand , au contraire , il se porte vers le globe oculaire , non-seulement il peut gêner la vision, mais encore il enflamme plus ou moins la conjonctive par le frottement mécanique qu'il exerce sur elle.

Le traitement de l'orgeolet aigu consiste en application de cataplasmes faits avec les farines émollientes saupoudrés de safran, ou la pulpe de pomme de rainette cuite , et renfermée entre deux linges fins , en lotions et en bains raucilagineux.

L'orgeolet chronique ne demande que l'application d'une mouche de diachylon gommé pour faciliter la suppuration.

On tire peu d'utilité des incisions faites pour faciliter la chute du bourbillon ; et en général il vaut mieux abandonner cette opération à la nature.

L'orgeolet est une maladie qui a une grande tendance à récidiver. Il faut donc, avec beaucoup de soin, combattre la cause intérieure qui donne lieu a

ORTHOPÉDIE

ORTHOPÉDIE

celte maladie , c'est à-ilire , Tirritation gastrique, ou la constitution scrophuleuse. (L--J- Sanson.)

ORPIMENT, yoyez Arsenic.

ORTHOPEDIE , de cpSoc, droit , et nai^ , gpuit. nui-îoç,, enfant ; littéralement, art de rendre les enfans droits.

On a substitué à ce mot ceux d'orthomorphiej A'orihosomatique ; mais, quoique créé par Andry , seulement vers le milieu du siècle dernier, il est déjà d'un usage assez général pour qu'il soit difficile de le changer, et, Lien que l'art qu'il désigne s'applique aux adultes comme aux enfans , il est de lait que c'est surtout avant le terme de l'accroissement que ses procédés sont utiles.

L'orthopédie a pour but de conserver les formes naturelles du squelette, et de les rétablir lorsqu'elles sont dans un état anormal. Elle comprend donc deux parties : l'une appartient à l'hygiène, l'autre à la thérapeutique.

De L'orthopédie sous Le rapport de Vliygièiie. Conserver l'intégrité des formes du corps , c'est éviter les causes capables d'altérer la conformation , c'est rechercher les influences les plus favorables à son développement régulier.

La figure naturelle des organes résulte des lois primordiales de l'organisation, d'après lesquelles la nutrition et l'accroissement suivent les directions à-peu-près constantes chez tous les êtres de la même esjièce. Il y a une sorte de lutte entre ces actes et les influences qui tendent à détourner la marche de la nature, et à faire dévier ses produits. Selon que l'activité organique l'emporte , ou que ces influences sont plus puissantes qu'elle , les formes sont régulières ou altérées. Éloignez les causes de déviation , ou rendez suffisante la résistance à ces causes, et, dans les deux cas, la conformation restera intacte. Ou voit par là comment l'énergie vitale des organes sert à la conservation de leurs formes naturelles, et comment un état contraire les expose à se déformer avec la plus grande facilité. Tous les moyens propres à fortifier la constitution peuvent donc contribuer éfiicacement à prévenir les déformations spontanées du corps, et l'orthopédie ainsi considérée embrasse indirectement tout le domaine de l'hygiène proprement dite.

- Mais on risquerait de manquer le but, en se confiant uniquement , pour empêcher le développement des dilTormilés , aux moyens de conserveret d'augmenter la somme des forces organiques. D unepart il est des causes de déformation si actives, que l'organisation la plus forte ne peuttoujours leur résister, et le plus sûr, en pareil cas , est évidemment de ne point se soumettre h leur action. D'un autre côté , les constitutions frêles ne se modifient que lentement, et elles pourraient céder, pendant l'emploi le mieux ordonné des modificateurs hygiéniques, à des influences même légères, si l'on négligeait de les soustraire à temps aux elfets pernicieux de ces influences.

Jl faut donc pour assurer la régularité des formes, préserver à-la-fois la constitution de toute atteinte et la nutrition de toute entrave capable de gêner la marche de cette fonction. Les principales influences dont on doit diriger l'action pour atteindre ce dernier but , sont celles des altitudes du corps , des niouvemeus musculaires et des vêteniens.

Les os tendres et en partie cartilagineux de l'enfant naissant , se moulent à la longue sur les corps qui les compriment assez fortement pour empêcher leur développement naturel. De là la nécessité d'affranchir le premier âge de ces liens étroits, que les raisounemens des médecins et l'éloquence de Buffon et de J. J. Rousseau n'ont pu faire proscrire partout, et qui , lois même qu'on les appliquerait avec les précautions recommandées par Andry, sembleraient encore plutôt propres à déformer la charpente du corps qu'à en assurer la solidité, comme on le croyait naguère. Il n'y aurait pas moins d'inconvénieus à serrer fortement la tête des nouveau-nés, et l'un de nos collaborateurs , M. le docteur Foville , vient de démontrer par des faits directs les funestes efTels d'une compression circulaire appliquée de bonne heure autour du crâne. On évitera par un motif semblable , la pression constante des mêmes parties, lorsque l'on porte l'enfant au bras, et on le changera souvent de côté, (în soutenant la partie postérieure du tronc , sans le serrer fortement contre la poitrine.

La position presque toujours couchée de l'enfant au maillot l'expose peu à se déformer par le seul effet des attitudes. Il n'en est pas de même lorsqu'il commence à s'asseoir, et surtout à se lenir debout et à marcher. Il importe alors de ne charger les parties inférieures du corps du poids des parties supérieures , qu'autant que les premières ont assez de solidité pour ne point fléchir sous ce fardeau. On ne saurait trop blâmer l'impatience des parens, qui font marcher à toute force des enfans trop faibles encore pour se tenir debout. Beaucoup de courbures des membres inférieurs, de déviations de leurs jointures, de déformations du rachis et même du bassin n'ont point d'autre origine , et eussent été facilement prévenues , si loin de devancer l'époque assignée par la nature à la station bipède, ou l'avait volontairement retardée toutes les fois que le réclamaient la mollesse des os et la faiblesse du sujet. Les lisières et les chariots ? dont ou se sert en pareil cas , ajoutent à ces désordres le déplacement et le tiraillement des épaules , et ne remédient qu'imparfaitement aux mauvais effets d'une attitude pour laquelle l'organisation n'est point assez avancée. La station assise , quoique moins nuisible, parce qu'elle exige moins d'eff'orts , ne doit être permise que lorsque l'attitude droite du tronc atteste la puissance des mus. des postérieurs du rachis. Nous avons vu une conduite contraire détermine,, une flexion antérieure de l'épine , portée au point de simuler la gibbosité par carie, et do donner lieu à l'application de cautères, quoique les vertèbres fussent dans l'état sain , comme on le reconnut après la mort de l'eufant , qui vint à succomber à une autre maladie.

A mesure que les mouvemens de l'enfance se multiplient, il faut redoubler

de soin pour prévenir une situation vicieuse. Le lit présentera un plan ass< ferme pour ne pas décrire sous le poids du corps des courbes profondes, V(ï reiller aura peu d'épaisseur, et sera même remplacé avec avantage par un sinj pie traversin; l'enfant se couchera , autant que possible , tantôt à droite, tai tôt à gauche, ou sur le dos,, afin que les inflexions de ses jointures n'aieij point constamment lieu dans le même sens. On s'attaciiera surtout pendant jour, à prévenir et à corriger les altitudes vicieuses qu'il pourrait contracte On l'habituera de bonne heure à tenir la tête haute , à porter le cou, les épaula et les coudes en arrière , en présentant la poitrine en avant, et eu redressant partie supérieure du tronc. On veillera à ne que, dans la station , tout le cor) repose également d'aplomb sur les deux pieds , à ce que ceux-ci aient une d rection et une situation convenables, à ce que les hanches et les épaules soiei sur des lignes horizontales parallèles. Dans la station assise, les deux tubér sites sciali([ues devront porter également le poids du tronc , et elles seront pl, cées sur une ligne exactement transversale, par rapport à l'axe de ce demie] Les sièges dont on fera usage seront assez bas pour que les pieds de l'enfant p( sent à terre, ou sur im marchepied , et assez larges pour fournir au tronc ui j base assurée. On préférera ceux qui ont un dossier, au moins lorsque celte al titude devra se prolonger quelque temps. Ce dossier sera droit ou légèi'emei renversé, peu bombé ou même cintré. On se servira de fauteuils à bras pour l enfans faibles ou convalescens.

On suivra les enfans dans leurs occupations et jusque dans leurs jeux, afi d'éviter que certaines inflexions ne leur deviennent habituelles. Le corps devi dévier le moins possible de la ligne perpendiculaire dans les tlifférentes pos tious nécessiiées par l'écriture, le dessin, le jeu de divers instruments, la brij derieet les autres ouvrages d'aiguille. Les tables seront d'une hauteur propo ; tionnée à celle des sièges et à la taille des enfans, et les j)elits objets seroii assez rapprochés de leurs yeux pour qu'ils puissent facilement les dislingutj sans se pencher fortement en avant. Celte précaution sera plus nccessaii e encoi , si l'enfant a la vue basse ou l'habitude de regarder de près. On ne permettr, d'ailleurs les travaux de ce genre qu'avec de fréquens intervalles de repos cj d'exercice actif. j

L'un des plus sûrs moyens de prévenir un mauvais maintien, c'est , en efifelj de varier le plus possible les mouvemens de l'enfant, et de ne pas lui iniposu la double contrainte d'une position gênante et d'une longue immobilité. ChaCt sait, pour l'avoir éprouvé, que l'on se délasse en marchant de la fatigue d^avO| été long-temps debout ou assis, et l'enfant porté à se tenir négligemment pi | la lassitude d'une position uniforme , retrouvera par un moyen semblable , force de garder l'attitude droite (jue l'ou exige de lui. Montaigne, Locki J. J. Rousseau , et presque tous les auteurs qui ont écrit sur l'éducation, o signalé les dang'ers de l'inaction et les grands avantages de l'exercice dans jeune âge, bien qu'ils ne l'aient point considéré sous le point de vue quej'e: visage ici, et se soient uniquement attachés à faire ressortir les effets générai du mouvement musculaire. Mais sous ce rapport aussi , l'exercice contribi efficacement à prévenir les déformations osseuses , en donnant plus d'activité la nutrition, plus de résistance aux os et aux ligamens , et plus d'énergie ai | muscles qui agissent dans la station. Le régime des institutions a généralemetj besoin d'être modifié à cet égard. C'est déjà un progrès que l'introduction d | gymnases modernes , qui se multiplient dans ces établisscmens ; mais cet I création ne portera pas tous ses fruits , si , dans l'enseignement même, on r soin de faire succéder fréquemment le mouvement à l'inaction , si les heur, d'études ne sont moins prolongées , si une surveillance active n'est exercée dai tous les instans sur l'attiliule habituelle des élèves. j

Il est un choix à faire parmi les divers exercices ; on ne permettra que ràn ment ceux qui sont accompagnés d'une inclinaison permanente en avant ou A\\ seul côté , qui placent la tête ou les épaules dans une situation ii-réguliè constante, ou qui mettent les membres inférieures dans une position forcé] Les plus convenables sont les exercices qui déploient la force des extenseurs*; tronc, en même temps qu'ils donnent lieu à des mouvemens variés. Tels so j la marche militaire, l'exercice du fusil, le saut, la danse, la course, la lattij l'escrime , l'équitation , la natation, les jeux du volant, de la bague, du haWo ^ l'action de grimper et de se suspendre par les membres supérieurs, el j ( f'^oy. Gymnastique ). Les deux membres thoraciqiies seront exercés à-la-foi ^ ou successivement; on rendra l'enfant ambidextre, s'il se peut, moins dans , crainte devoir une inégalité de force s'établir entre les muscles des dei . côtés, que parce que les mêmes inflexions du tronc se répètent avec les rûo^ veraensdu même bras. Le portde fardeaux plus ou moins lourds, des efforts pli| ou moins violens, ayant lieu constamment du même côté , auraient surtout i | graves inconvénieiis. \

L'aisance des vêtemens dans le jeune âge est une condition essentielle à ^ régularité des formes. Un habillement trop serré , outre la gêne qu'il eau dans l'exercice de plusieurs fonctions , peut à la longue déplacer certains o les incliner vicieusement , s'opposer à leur développement , et devenir la sour d'autres désordres , en faisant prendre à l'enfant des attitudes nuisibles, pour soustraire à une pression incommode. On évitera particulièrement toute coi pression forte sur la mâchoire inférieure, autour des épaules, du thora des hanches , des orteils. Les chaussures seront laiges à l'exti éniité , et fait, d'une matière qui n'offre pas trop de résistance ; elles devront exercer une pr« j sion douce et uniforme. '

Faut-il chercher dans certaines pièces de l'habillement un soutien qui conti bue à la rectitude du corps , et qui épargne ainsi aux muscles une part de 1 < [ fort par lequel ils résistent au poids des parties? On n'a point trouvé d'inco

ORTHOPÉDIE

ORTHOPÉDIE

yénient à en agir ainsi pour les membres. Les chaussures prolongées à la jambe, telles que les brodequins, sont généralement employées clans ce but; elles assurent, en effet, la fixité des articulations des os du pied et de la jambe dans la station , et servent à prévenir l'inclinaison de ces os sur le côté. La solidité du tibia et des os du tarse éloigne naturellement toute craintede déformation par l'effet d'une compression d'ailleurs modérée et également répartie. Mais la question est plus complexe au tronc. La mobilité du thorax , la mollesse des viscères, leur sensibilité , leur capacité variable, rendent toute constriction pénible et même dangereuse dans celte région. Aussi a-t-on renoncé aujourd'hui au corps de baleine , sorte de cuirasse , lorica , suivant l'expression de Van-Swieten , dans lequel on a si long-temps enfermé le tronc des jeunes filles , dès le plus bas âge, malgré la vive opposition d'nn grand nombre de médecins de tous les temps, {l^oy. les écrits de Riulan, Spigel , Haller, n in slow , Portai, etc.). Le borset qu'on lui a substitué n'est plus qu'un vêtement léger, destiné à soutenir les seins et l'abdomen , et par conséquent inutile avant que ces parties aient pris le l'accroissement- 11 vaut donc mieux, jusque-là, laisser aux enfans toute la iberté de leurs mouvemens , que d'avoir recours à ce moyen artificiel d'assurer leur rectitude. Toutefois, le corset serait, à cet iige, d'une utilité réelle , i'il existait une débilité naturelle ou acquise , et que l'enfant dût rester dans ine inaction prolongée; car il deviendrait alors nécessaire de suppléer des muscles incapables de remplir complètement leurs fonctions. On aurait soin, lans ce cas, de supprimer chaque jour le corset à certains momens , pour jîxercer les muscles et les mettre peu-à peu en état de soutenir le tronc. Ai-je jtesoin d'ajouter que tout corset sera très peu serré , qu'il embrassera les hanhes, de manière à y trouver un point d'appui solide, que les baleines placées jlevant et derrière n'auront que la résistance suffisante pour le tenir en place, [u'on le rendra plus supportable en le garnissant d'élastiques qui s'accommodeonl aux variations continuelles des organes , enfin , qu'il devra se mouler exac- :ment sur la forme du tronc , afin de presser également sur tous les points .'' 'out cela est une conséquence de ce qui a été dit plus haut. Lorsqu'ils réunis- ;nt ces conditions , les corsets n'ont presque aucun des inconvéniens qu'on a outume de leur attribuer, inconvéniens qui ont été d'ailleurs visiblement exaérés, depuis que partout on a répété et amplifié , à ce sujet, quelques pages p BufTon et de l'auteur d'Émile, confondant ainsi l'usage avec l'abus contre leuel seul se sont élevés ces illustres écrivains.

Après la fin de l'accroissement , les influences que nous venons de passer en ;vue ne peident pas tout leur empire; les femmes sont particulièrement exijsées à en éprouver les effets , surtout pendant la grossesse et après l'accou- «ement. Les deux sexes n'en sont point exempts h l'âge de retour et dans la eillesse. Les règles que je viens de tracer sont donc en partie applicables aux luîtes et même aux vieillards, et l'hygiène des Jurnies s'élend à toutes les pé- 'jdes de la vie, comme l'hygiène des phénomènes fonctionnels. De t orthopédie sous le rapport thèriipeutique. L'art est bien plus souvent ap- •lé à remédier à des difformités existantes qu'à prévenir les désordres de ce •me, avant qu'ils se manifestent. Une foule de vices de conformation reconaisseut, en effet , pour cause l'oubli, malheureusement trop commun , des préutions nécessaires au développement régulier et à la conservation des formes. ;iis il est, en outre, un certain nombre de difformités apportées par l'enfant issant, qui peuvent être corrigées par l'art , ([uoiqu'il soit impuissant pour les évenir. Le domaine de l'orthopédie, considérée comme branche de la thérautique, embrasse encore les déformations qui succèdent à diverses maladies Qammatoires , lorsque ces maladies ont cessé d'exister, et que la difformité 'elles laissent à leur suite peut être effacée sans danger. Telles sont les dèfor- Uions produites par la carie , les tumeurs blanches , les luxations spontanées . rhumatisme, etc. Tant que ces affections sont douloureuses , on doit se borr à donner aux parties une situation convenable , sans exercer aucun effort ries tissus enflammés. Mais lorsque toute irritation a cessé , la difformité est mbattue avec avantage par les moyens orthopédiques. Les fractures suivies m cal difforme , les luxations anciennes non réduites, l'ankylose , les contrac- ■es, qui succèdent à une longue immobilité , réclament aussi dans bien des 'i l'emploi des mêmes moyens. Ainsi , en résumé , toute altération des formes jsistant en un simple changement mécanique des os ou de leurs annexes, is lésion de texture ni de vitalité , n'étant point l'effet immédiat d'une vio- 'ice quelconque, et pouvant céder à des efforts lents et soutenus, est du res- •f de l'orthopédie.

Les moyens de ramener les formes déviées à leur type normal se déduisent ' la nature même des causes qui produisent les difformités. Puisque les agens

■eaniques sont capables d'imprimer à la nutrition une direction irrégulière, ' seront également susceptibles de modifier cette fonction dans un sens régu- Ir, s'ils exercent une action contraire. Aussi l'orthopédie met-elle principale- I nt en jeu des influences de ce genre. Il est évident qu'il ne faut pas perdre ' vue , dans leur emploi , la vitalité dont jouissent les organes déformés , et la I sendance étroite qui les lie à tout l'organisme, qu'autrement on s'exposerait à ' sser l'application de ces principes et à arriver à des résultats précisément 'itraires à ceux qu'on se propose d'obtenir.

-.a situation, les appareils, l'action musculaire, tels sont les principaux lyens que l'orthopédie possède pour rétablir l'harmonie dérangée des formes i érieures.

1 suffit quelquefois , pour atteindre ce but, de soustraire les organes défor- 's a l'action du poids des autres parties à l'aide d'une situation convenable , ' de faire agir sur eux ce même poids , dans un sens contraire à celui de leur Urbure anormale. Le décubitus sur un plan horizontal ou incliné, la suspen-

DlCT. DE MÉDECÏKE ET DE CuiRURGIE PEATK^CES.

sion par les parties supérieures du corps , offrent des exemples de cette double influence.

On sait que , par la pression des organes les uns sur les autres, la hauteur du corps décroît le jour de quelques ligues, tandis qu'elle augmente de la même quantité par le repos de la nuit. Cette différence de la taille après la station et la position horizontale peut aller au-delà d'un pouce , si l'on passe une ou plusieurs nuits sans se coucher. Elle est plus marc[uée encore dans les déformations articulaires du tronc et des membres inférieurs , parce que l'inclinaison des pièces osseuses déviées augmente par le poids du corps , et s'efface en partie quand la pesanteur cesse d'agir à l'e.ttrémité de la courbure. Or, l'accroissement de cette dernière dans la station , tend manifestement à favoriser les progrès de la déformation , en gênant de plus en plus l'égale distribution des matériaux nutritifs. La situation horizontale, au contraire, semble devoir arrêter la marche de la difformité, en levant le principal obstacle qui nuit à la régularité de la nutrition. Aussi ce moyen est-il des plus efficaces, lorsque les os sont encore peu déformés , et que la cause de la déviation réside principalement dans les liens articulaires. Le travail nutritif, livré à lui-même , suffit alors au rétablissement des formes.

Le décubitus sur un plan incliné joint à cette action l'effort des parties inférieures sur les supérieures , effort directement opposé à celui du poids du corps dans la station , et bien propre , par conséquent , à allonger les parties raccourcies par l'effet de cette attitude , ainsi qu'à amener dans les points pressés trop fortement les uns contre les autres un écarlement favorable au retour de l'équilibre nutritif.

Le décubitus continuel aurait toutefois l'inconvénient de laisser le système musculaire inactif, et pourrait à la longue plonger l'individu dans une débilité doublement contraire au but qu'on se propose , puisque , d une part , les articulations , presque entièrement privées du soutien que leur fournissent les muscles , seraient moins en état qu'auparavant de résister au poids du corps dans la station, et que, d'autre part, la langueur de la nutrition mettrait obstacle au rétablissement des formes normales. C'est avec raison que Shaw s'est élevé contre cette méthode, très-employée en Angleterre pour les déviations du rachis. Mais le décubitus non permanent et associé au mouvement musculaire n'a point les inconvéniens que nous venons de signaler, et nous n'hésitons pas à le placer au premier rang parmi les moyens de remédier aux difformités du squelette.

La suspension par les parties supérieures du corps , agit comme le plan incliné, mais d'une manière bien plus marquée, et avec cette différence, que tout effet cesse au-dessus du point de susfjension. Cette situation ne peut , d'ailleurs, être maintenue qu'à l'aide de la contraction muscuLiire, ou avec le secours des machines. Dans les enfans très-jeunes seulement, celles-ci peuvent être remplacées par les mains d'une personne qui soulève le corps en le saisissant au-dessus du lieu occupé par la tlifformilé. Mais on conçoit que ce procédé n'est praticable que quelques instans , ce qui rend son usage très borné , bien (ju'on ne doive pas le négliger entièrement.

Suspendus au tronc par leur extrémité supérieure , les membres pendans sont soumis à un effort de traction exercé par leur propre poids , que l'on met également à profit dans le traitement de quelques difformités de ces parties.

Les appareils ou machines sont , sans contredit, de tous les moyens orthopédiques , ceux qui présentent l'application la plus étendue , et qui fournissent les résultats les plus complets : aussi l'orthopédie n'est-elle, pour bien des personnes , que l'art de construire et d'appliquer ces agens mécaniques. Leur usage est particulièrement nécessaire pour agir sur les résistances qui retiennent les parties dans une position vicieuse , soutenir les articulations relâchées, qui se dévient par le seul effet de la pesanteur, ou borner les mouvemens dans certaines limites, afin de maintenir une situation constante.

Il y a trois choses à considérer dans ces machines : le mode d'application , le point d'appui , et la force agissante.

Les points de contact de l'appareil avec la surface du corps sont établis par des pièces, de forme , de dimension et de nature variables. Les unes sont de simples bandes de toile ou de peau placées circulairement autour des parties^ et arrêtées au moyen de boucles , de boutons ou de lacets. Les autres sont constituées par des plaques ou des lames en cuir , en bois, en tôle ou en acier , planes ou courbes , qui portent des coussins recouverts d'une peau douce. Plusieurs tirent leur forme de celle des parties où on les applique, comme les colliers , les mentonnières , les ceintures , les genouillères , talonnières , semelles , étriers , etc. Certaines sont des pièces d'habillement, tels que les corsels , les brodequins, les bas lacés , qui entrent dans la composition de divers appareils orthopédiques.

La confection de toutes ces pièces , appliquées immédiatement sur la surface du corps, mérite une attention particulière. De leur disposition dépend, eu grande partie, l'utilité des machines orthopédiques. Il faut qu'elles aient une fixité telle que les parties n'échappent point à l'action de l'appareil , sans néanmoins exercer une compression capable de léser les organes , ou de nuire à l'exercice des fonctions. On assure leur position , soit en observant la même règle que pour les liens qui assujétissent les vêtemens , c'est-à-dire en les plaçant suivant la direction des lignes les plus courtes que l'on puisse tracer autour des parties (Charles Dupin) , soit en profitant des points d'arrêt naturels que fournissent les saillies osseuses et les angle» formés par la jonction des différentes parties du corps. Pour éviter les inconvéniens de la presssiou, on la fait porter principalement sur des points résistans et pourvus d'un tissu cellulaire

ORTHOPEDIE.

ORTHOPEDIE.

assez abondant pour en amortir lefTet ; on a soin parliculièreraent de n'exercer aucune compression nuisible sur les vaisseaux , les nerfs ou les viscères; on matelasse convenablement les pièces d'appareil; on repartit l'effort le plus également possible et sur une aussi grande étendue que le permettent la structure de ia partie , et le but que l'on se propose.

Le point d'appui des machines orthopédiques se trouve tantôt hors du corps, tantôt sur le corps même. La première dis])osition est celle des lits et des fauteuils orthopédiques; elle réunit à pllis de solidifé, moins de gêne pbnr les organes , mais elle s'oppose aux raouven]ens de transhition du corps, ou n'en permet que de très-bornés. Dans la seconde , le contact des machinés est plus incommode , leur efiet souvent moins sûr; mais elle est la seule applicable dans les mouvemens de locoaiotion. Il est donc fréquemment utile d'employer alternativement ces deux moyens , pour obtenir à la-fois toute l'action désirable et une liberté de mouvemens nécessaire à l'intégrité des fonctions. Les appareils dépourvus de point fixe extérieur doivent s'appuyer sur des parties immobiles, relativement à celles sur lesquelles la force doit agir , sans quoi cette dernière n'aurait ni une intensité, ni une direction constantes. La difticulté de remplir cette condition dans les parties qui ciiangent continuellement de ra|>portSj n'est pas un des moindres obstacles que l'on rencontre dans la confection de ces machines.

Les appareils orthopédiques agissent, dans beaucoup de cas, à la manière des bandages, par la simple pression des liens et dos pièces inflexibles qui continuent l'effort exerce au moment de l'application de l'appareil. Tel est généralement le mode d'action des tuteurs, dont le nom et l'usage Sont empruntés au jardinage, et qui servent au redressement des parties courbes , en les élayant et en repoussant leurs côtés vers l'axe dont ils se sont écartés. Les tuteurs placés sous les aisselles font en outre 1 oflice de supports à l'égard des parties pesantes situées au-dessus d'eux , soit qu'ils s'appuient inférieurement sur le sol (béquilles) , soit qu'ils se fixent aux sièges sur lesquels les malades sont assis (fauteuil à béquilles) , ou sur une ceinture qui entoure le bassin (ceintures, corsets à tuteurs.)

Mais le mécanisme des appareils est souvent plus compliqué. Plusieurs machines simples , le levier des dilférens genres, la vis dans ses diverses manières d'agir, la poulie, le treuil, les roues dentées, etc., peuvent entrer dans leur composition. La pesanteur ou l'élasticité concourent presque toujours h leur action. Des poids ou des ressorts diversement disposés sont, en effet, les moteurs les plus employés dans leur construction. Les ressorts surtout sont d'un usage habituel, qu'explique leur mode d'action, parfaitement approprié à la nature des organes, dont la mobilité et la sensibilité forment les caractères essentiels, sous ce point de vue.

Quelle que soit la force que l'on mette en jeu, l'effet se réduit toujours, en dernière analyse , a pousser ou à tirer. L'extension et la compression sont donc les deux grands moyens d'action qui renferment tous les autres , l'écartement et la condensation les derniers résultats qu'en définitive les machines doivent produire.

L'intensité que l'on donne à la force d'action se règle d'après la nature de la lésistance et le degré d'influence que l'appareil peut exercer sur la sensibilité et la vitalité de la partie. La puissance employée sera d'abord Irès-faible , et devra s'accroître graduellement, ù mesure que l'habitude la rendra plus supportable et que les organes céderont à son action. 11 faut donc que l'appareil soit construit de manière que sa force puisse cire graduée à volonté et mesurée , s'il se peut, par son rapport avec une force connue , telle que la pesanteur. Gardons-nouS toutefois d'exagérer l importance de cette dernière condition ; dans des machine^ appliquées aux corps vivaiis, c'est surtout par les indices tirés des phénomène^ vitaux , et par l'appréciation de la force au moyen de nos propres organes , que nous jugerons de 1 effet produit , plutôt que par les degrés d une échelle qui n'a point de rapport fixe avec la susceptibilité organique.

Le poids du corps influe d'une manière puissante sur l'effet obtenu par les machines. Son action s'ajoute à la leur, quand elle est dirigée dans le même sens, et accroît la résistance, lorsqu'elle a une direction contraire. La station met, par celle raison , un grand obstacle à l'action de divers appareils propres au redressement du tronc ou des membres déformés. Il semblerait qu'il suffit, pour parer à cet inconvénient , d'augmenter la force de l'appareil en raison du nouvel efïort qu'il supporte. Mais ce moyen n'est pas toujours praticable , parce qu'il en résulte un surcroit de pression nuisible ou môme dangereux dans beaucoup de circonstances. Qu'on joigne à cela le facile déplacement de l'appareil par une force d'action trop considérable, la nécessité de lui donner assez de légè"eté pour ne pas gêner les mouvemens de locomotion , et l'on comprendra qu'il soit impossible de contrebalancer par les appareils l'influence de la pesanteur dans la station, aussi complètement qu'on peut le faire en plaçant le corps dans la situation horizontale. Il y a donc évidemment un Irès-grand avantage , dans une foule de cas , à associer aux machines l'influence du décubitus dirigé selon les règles tracées plus haut, et l'invention des lits orthopédujues a rentlu,sous ce rapport, un véritable service à la science.

Pour être réellement eflicace , la force d'extension ou de pression doit agir immédialement sur les organes déformés , ou leur être transmise par des parties qui leur soient liées invariablement. Si celles-ci sont susceptibles de céder ou de s'étendre, la force sera affaiblie et peut-être épuisée , avant de parvenir aux parties malades. Cette condition, assez facile à observer aux membres, ne saurait être aussi parfaitement remplie au tronc. Les forces extensives du rachis. par exemple, elaut appliquées aux deux extrémités de cette lige articulée , ne parviennent à sou centre qu'après avoir perdu de leur intensité en traversant

les articulations intermédiaires. On remédie en partie à cet inconvénient c fixant le thorax et les épaules ; mais celles-ci sont aussi incapables , en raiso de leur mobilité, de transmettre un effort un peu considérable , et la nécessit de ne point comprimer fortement la poitrine prive également l'appareil, dai ce point , de la fixité nécessaire pour déployer une force suffisante. La présenc de l'abdomen permet encore moins de saisir immédiatement la colonne loni baire au-delà de son extrémité pelvienne. Les comparlimens du lit de Shaw ri lèvent nullement la difficulté, et nous ne pouvons nous dispenser de relevij ici l'erreur échappée à notre estimable confrère, le docteur Pravaz , lorsqu'il' attribué au lit brisé l'avantage de pouvoir localiser l extension à volonté, E effet, il est clair que tout le problème consiste à pouvoir saisir invariablemei l'épine dans deux points, pour les tirer en sens contraire , et que les liens en ployés dans ce but n'agiront pas autrement sur un lit en deux ou tiois pièce! que sur celui qui est formé dune seule. Considérer les frotfemens partiels ( [iremier, là où la résistance des liens manque, comme capables à eux seuls < rendre l'extension plus faible ou nulle dans ces points, et d'eu concentrer l'élF a quelques lignes de là, vis-à-vis le lieu où les deux châssis s'écartent l'un ( l'autre, est une de ces idées qui peuvent paraître ingénieuses au premier aboli mais qui tombent d elles-mêmes dans l'application, et nous ne nous arrêterons p; à la réfuter sérieusement

On ne doute plus aujourd'hui de l'utilité des machines pour effacer une fou: de difformités du squelette , et l'orthopédie mécanique a enfin pris, dans ) science , le rang qui lui appartient. Ou sentira encore mieux l'importance dè < genre de moyens , en considérant l'influence pernicieuse de ces déformations si la plupart des fonctions , et le bien-être qui suit presque toujours l'emploi di appareils. On comprendra toutefois que leur action a besùin d'être dirigée aV( un soin extrême, pour ne point devenir inutile, ou même dangereuse, et qi ce n'est que par une observation attentive de leurs effets immédiats, que l'o, échappera aux inconvéniens qu'on leur a tant de fois reprochés. Il est bitf clair, d'ailleurs , que l'on ne peut demander aux machines que la contenticdes parties, etque la réparation des organes, ouvrage de la nutrition, estsubo»; donnée à l'état général des forces et à l'activité de cette fonction eu particulie î Il n'est pas moins évident que , pour être sûre dans ses résultats , l'action de cc^ moyens doit être constante, ou au moins répétée à de courts intervalles, et pr longée un temps suffisant. On conçoit enfin que les machines ne sont pas égr' Icmeiit nécessaires dans tous les cas ; qu'il est des circonstances où on leursub : titue, avec avantage, des moyens plus simples ; que leur pouvoir a des boriii au-delà desquelles il ne faut pas même tenter de les mettre en usage ; qu'il pei exister des contre-indications à leur emploi , en raison de 1 âge , de la suscej tibilito du sujet, de ses maladies , de ses idiosyncrasies , etc. Il nous suffit t rappeler ces données, qui doivent toujours être présentes à l'esprit du médec véritablement praticien.

L'exercice musculaire concourt directement ou indirectement au traiteméi des difformités : directement, dans les circonstances assez rares où les muscl sont aptes à agir ellicacemenl sur les résistances qui maintiennent les parti courbées ; indirectement , dans le plus grand nombre des cas, soit en fortifiai le système musculaire , et en prévenant ainsi les attitudes vicieuses, soitti améliorant la constitution , et en activant la nutrition du squelette, soit enfi en plaçant le corps dans une situation où son propre poids tend à allonger et' redresser les parties déviées. Pour éviter l'influence défavorable de la static ' dans les déformations du tronc et dans quelques-unes de celles qui affectent l' membres, on choisit, de préférence, les exercices qui transportent le poids d corps aux membres supérieurs, ou qui s'exécutent dans une position analogi à celle du décubitus. Nous avons, des premiers, en 1828 , insisté sur la néce; sité exclusive de cette gymnastique spéciale, réunissant simuLianèinent l'exteii sion et l'action musculaire, alors que d'autres ne voyaient encore, après i natation, rien de plus efficace contre certaines courbures, que divers mouvi| mens exécutés régulièrement dans l'attitude de la station. Nos idées , sur <! point, exposées sommairement dès la même année dans un Traité d'/tjgièi et dans les dissertations inaugurales de deux de nos élèves, ont été développéi à l'article gymnastique. Nous retrouvons aujourd'hui, avec satisfaction , li , mêmes principes dans un mémoire publié récemment, cette conformité ne poi i vaut que donner plus de poids à des préceptes qui ne sont pas assez général ment compris.

Qu'on ne croie pas, toutefois , que les exercices musculaires doivent const tuer la base des Iraitemens orthopédiques , ni qu'ils puissent jamais suffire ■ eux seuls pour faire disparaître les déformations du système osseux ; loin del celles-ci s'accroissent souvent avec rapidité pendant l'usage le mieux dirigée ce moyen, si l'on n'y joint en même temps l'influence des appareils ou de la s tuation, et le repos continuel aurait certainement moins d'iuconvéuicns, si le si jet échappait d'ailleurs à la débilité qui en est la suite presque inévitable. Ce donc essenliellement par rapport à la conservation des forces, que le mouvemei musculaire a une importance réelle en orthopédie ; ses autres effets sont d'ui utilité secondaire et servent presque uniquement à maintenir les résultats ol tenus par la situation et les machines, qui, à un petit nombre d'exceptions prc ■ satisfont aux premières indications.

Un des moyens les plus simples et les plus commodes de suspendre le corj dans l'attitude verticale , afin de changer le mode selon lequel s'exerce l'actic de la pesanteur, consiste dans l'usage des longs tuteurs dont nous avons de parlé , et que l'on désigne ordinairement sous le nom de béquilles. A l'aide d appuis placés entre les branches de ces tuteurs, le corps prend , à chaque pa : la même position qu'aux barres parallèles et à quelques exercices semblable:

ORTIE

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