OUVERTURE DES CORPS
existerait un écoulement par l'oreille , qui ne dépendrait que de rhyperdiaci'isie de la membrane inlerne du conduit auditif ou de la caisse. Mais comme une i telle irritation sécrétoire n'a jamais été observée , et que toujours l'écoulement ■de l'oreille a été vu accompagnant l'otite, nous avons dû confondre son étude avec celle de cette phlegmasie. ( L. Ch. Roche. )
OUVERTURE JURIDIQUE DES CORPS. Nous avons retracé au mot cadavre, les règles générales à suivre dans les ouvertures des corps , mais sans tenir compte des modiScations à apporter pour chacun des cas spéciaux qui peuvent se présenter. Nous n'avons pas ici la prétention de supposer toutes les circonstances qui pourront s'offriraux recherches des experts; mais notre inten- Itionest de tracer dans cet article les modifications qu'il faut apporter à ces ouvertures , suivant le genre et la cause de la mort. Nous indiquerons donc , dans chacun €les paragraphes suivans, les points sur lesquels doivent principalement porter l'attention des médecins légistes.
Mort par empoisonnement. L'exploration doit porter principalement sur les ioigts, les lèvres et toute la cavité de la bouche; 1 œsophage doit être mis à nu laus toute sa longueur; lié à son extrémité stomacale, incisé pour constater 'état de sa membrane inlerne. Des doubles ligatures seront mises à l'origine du luodénum, à l'insertion de l'intestin grêle , dans le cœcuni , et une ligature impie, au rectum. On examinera avec soin l'éiat des annexes du tube digestif |t celui de sa surface extérieure. Le tube digestif sera enlevé dans toute son ^tendue; trois bocaux ou cols droits à large ouverture auront été préparés. Dans ihacun d'eux on fera écouler les liquides contenus dans chaque partie du tube igestif; on notera l'aspect de ces liquides ; on fendra largement l'estomac et p intestins; on examinera la surface interne de ces organes ; on décrira les Itérations pathologiques qu'ils présentent ; on se gardera bien de les laver ou 'y ajouter aucun liquide , et on les placera dans chacun des bocaux avec les queurs qu'ils contiennent, de manière à ce que les experts puissent procéder la-fois ou séparément, à leur gré, sur l'estomac et son liquide , ou les inistins et leur liquide. Lorsque le poison aura déterminé une perforation de ;stomac, et qu'il se sera répandu dans la cavité du péritoine, on devra recueil- , r avec soin la matière épanchée pour être soumise à l'analyse. Quel que soit ■ r produit Tecueilli dans ces divers cas , il faut ajouter dans chacun des bocaux I mélange fait d'un tiers d'alcool et de deux tiers d'eau , en quantité suffisante •ur que les organes soient immergés. Chaque bocal est ensuite fermé hermépiement et scellé.
Quoiqu'en matière d'empoisonnement, le canal digestif soit le point principal examiner , il est des cas où l'expert devra fixer son attention sur d'autres ints. Ainài , lorsque l'on soupçonne que la personne a succombé sous l'inence d'une préparation d opium , il faut toujours recueillir l'urine, qui con- ' nt souvent cette préparation. C'est aussi dans ces sorles de cas que I on doit iplorer avec soin le cerveau sous le rapport de la plénitude de ses vaisseaux et 1 son injection.
Mort par asphyxie ou par le charbon. L'état de la peau doit en premier lieu 1er l'attention de l'expert sous le rapport de sa coloration et de son injection; ifaut qu'il précise tous les points colorés , en ayant soin de faire remarquer 4 6 celte coloration s'observe précisément dans les endroits les plus opposés à < IX sur lesquels portait le poids du corps au moment ou peu de temps après la 1 rt , de manière à ce que l'on ne puisse pas prendre cette coloration pour des jidités cadavériques. Il en sera de même de l'état des yeux , des paupières , <i lèvres. On ne doit pas se contenter d'observer la couleur de la peau; il faut Ifeudre, l'inciser et noter l'état de l'injection du derme. On procède ensuite ^inspection de la base de la langue pour en décrire la lividité; à celle du larix, en indiquant la tuméfaction de sa membrane muqueuse ; de la trachée et t! bronches. Si l'on trouve de l écume dans ces conduits , il ne faut pas se 1 ner à l'indiquer, on doit faire connaître si elle est aqueuse, muqueuse ou sangnolenle; si les poumons sont fortement colorés en noir, remplis de sang. Mais a ntde procéder à l'examen de ces organes, on aura dû disséquer avec soin tous l' gros vaisseaux veineux du cou et les troncs vasculaires qui se rendent aucœur ejui en partent, afin d'indiquer la quantité et la qualité du sang qu'ils renfinent; on examinera sous ce double rapport les cavités droites et gauches du frir , de manière à faire ressortir la différence qui existe entre les deux cotés. € devra prendre aussi en considération l'engorgement du foie et des reins, * mes dont l 'état co'incide ordinairement avec celui des poumons et du cœur. Cjiienous venons de dire de l'asphyxie par le charbon peut s'appliquer à t<i les cas d'asphyxie par les autres gaz.
■Asphfxie par suspension. Si l'on est appelé alors que l'individu est encore «kndu , on notera avec soin l'étal des vêtemens du cadavre, leur désordre , laasposition de tous les objets qui l'entourent; on recherchera si la réunion Atoutes ces circonstances tend à établir les présomptions en faveur du sui- Ci ou de l'homicide; ou examinera si la disposition du lien appliqué autour d'pou permet de croire qu'il ait été appliqué par la personne suspendue. On *i vera ensuite le lien, on le décrira sous le rapport de sa forme, de sa nature, «l<f» longueur , de sa disposition autour du cou ; on décrira avec le même soin Itjjpreinte qu'il a laissée sur le cou, l'aspect de la surface de celte empreinte , Wjbloration dans ses divers points, la densité de la peau, sa sécheresse , les ; "ifctions ou ecchymoses de ses bords, quoique ces dernières ne se présentent 1 <lHfort rarement. On recherchera si l'union de la tête avec la colonne verté- * l>'jfe ne présente pas une mobilité contre-nalure qui puisse donner lieu de sojçonner une lu.^alion de la première vertèbre sur la seconde , ou même des "Ifïrdres plus grands encore. On examinera encore la verge, afin de voir si e'I répand une odeur spermali((ue ; la chemise pour les taches de sperme qu'elle
Dif.T. PE MÉDECIKE ET DE CHIRURGIE PKATIQIES.
pourrait offrir. On tiendra compte de l'état de la face sous le rapport de son injection ; de celui des oreilles, sous le même point de vue ; de la saillie des yeux, et de la position de la langue en avant, entre, ou derrière les dents. Enfin , on complétera l'examen extérieur du corps par la position des doigts, qui, dans quelques cas, ofl'rent une contraction tellement prononcée, qu'une fois les doigts ouverts , on aperçoit , non-seulement la marque des ongles dans la paume de la main, mais encore l'épiderme et une partie du derme coupés par la pression des ongles.
La dissection du cou ne doit pas être toujours faite ainsi que nous l'avons indiquée à l'article cadavre. Ici il est très-important d'isoler complètement lu peau du tissu cellulaire, afin de constater l'état de ce dernier. A cet effet on pratiquei-a une incision perpendiculaire à la direction du sillon , dans le point où il présente une pression moins profonde , et ce point est presque toujours placé en arrière du cou. Deux autres incisions parallèles à la direction du sillon , sont ensuite faites au-dessus et au-dessous de celui-ci , en sorte qu'il devra en résulter, après la dissection , un lambeau de peau ayant ua pouce et demi à deux pouces de largeur , et qui comprendra un ou plusieurs sillons. On isole avec soin le tissu cellulaire d'avec la peau, et on détache cette dernière toutà-Jait seule. Alors il est possible de constater la dessiccation du tissu cellulaire qui a été indiquée par M. Esquirol , et qui ne consiste réellement, comme nous l'avons fait connaître dans les Annales d'hjgiène et de médecine légale , qu'en une application les unes sur les autres de lames celluleuses , dépourvues de graisse dans les points où la pression du lien a été la plus forte.
On suit pour la dissection du reste du cou les règles ordinaires ; mais il faudra fixer son attention sur l'état des diverses parties du larynx; disséquer les cartilages afin de voir s'ils ne présentent pas de trace de fracture ; il faut aussi isoler les artères carotides primitives depuis la clavicule juiqu'à leur division en carotides externe et interne, les couper plus haut que leur division et aussi bas que possible, saisir alors leur extrémité inférieure et les fendre suivant leur longueur. Pendant cette opération on ne doit jamais appliquer de pinces à disséquer sur le trajet de l'artère , mais saisir le tissu cellulaire qui l'environne et isoler le vaisseau sans toucher à ses parois ; il faut tenir l'artère entre les doigts quand on l'ouvre. Toutes ces précautions ont pour objet de ne pas opérer de section de la membrane moyenne avec les pinces , section qui se produit avec la plus grande facilité et qui peut très-bien être prise pour le fait de la pression du lien. On se rappelle que M. Amussat a , le premier, reconnu chez un pendu la section de la tunique moyenne de l'artère avec injection de vaisseaux e!. ecchymoses autour de l'endroit déchiré ; ce qui indique que la suspension ou la strangulation ont eu lieu pendant la vie, et quoique nous ayons fait voir dans le mémoire déjà cité que ce phénomène était trèsrare , puisque nous ne l'avons observé qu'une seule fois. Malgré l'examen d'un grand nombre de pendus, il n'en est pas moins vrai qu'il est très-concluant alors qu'il existe. 11 ne faudra pas prendre pour une section des membranes moyenne et interne de l'artère l'espèce d éperon que forme la division de la carotide et qui simule cette disposition ; il peut devenir une source d'erreurs d'autant plus grande que c'est au voisinage de celte division que la section a été rencontrée dans les deux cas que M. Amussat et moi avons observés isolément.
Il est bien entendu que , comme dans tous les cas d'asphyxie , il faudra examiner la base de la langue, la trachée, les poumons, les cavités du cœur et les gros vaisseaux, ainsi que nous l'avons dit à l'occasion de l'asphyxie par le charbon.
L'asphyxie par strangulation exige absolument les mêmes recherches.
Asphyxie par submersion. L'état extérieur du cadavre doit d'abord fixer l'attention de l'expert , parce que c'est principalement dans les changemens que la peau a subis sous le rapport de la putréfaction, qu'il trouvera des indices propres à déterminer approximativement le temps depuis lequel l'individu a été noyé : les mains , les pieds, la présence ou l'absence des ongles, la coloration verte ou brune de la peau du sternum, des mamelles , des aines , du cou , la saponification, l'incrustation calcaire , les érosions, les corrosions et destructions de peau, les destructions d'une partie ou de la totalité d'un membre, l'état du tissu cellulaire sous-cutané, celui des vaisseaux, l'existence ou l'absence du sang dans leur cavité : telles sont les principales modifications qu'il faut faire connaître. Il est surtout bien important de ne pas confondre les phénomènes de la putréfaction qui se manifestent à l'air avec ceux qui se produisent dans l'eau. Si la submersion a eu lieu tout récemment, il faut constater l'injection cutanée qui est rare , en général ; la présence ou l'absence d'écume à la bouche; la contraction des doigts ; l'existence de sable dans la concavité des ongles ; les excoriations sur diverses parties du corps et principalement au dos de la main et des doigts et sur la crête du tibia. Il faut rechercher surtout s'il n'existerait pas à la surface du corps quelques traces de blessures mortelles ; car pour donner le change, des assassins peuvent avoir jeté dans une rivière le corps d'un homme qu'ils auraient tué auparavant. On procédera ensuite à l'autopsie comme à l'ordinaire; mais on fixera principalement son attention sur la trachée-artère et les poumons. Toutes ces parties doivent être mio>es h nu avec soin, disséquées, examinées et ouvertes sur place. C'est un très-mauvais procédé que celui qui consiste à détacher le larynx , la trachée et les poumons , et à les examiner après les avoir retirés du cadavre. Cn déplace l'écume ou on la refoule des poumons dans la trachée, ou de la trachée dans les poumons. La nature, l'aspect, la consistance, la couleur et la quanlilé de celte écume; le point où elle s'arrête dans la division des bronches, voilà ce qui doit être noté. L'existence dèau, de corps solides, d'aliraens dans la trachée