OVAIRES (MALADIES DES
OVAIRES (MALADIES DËS).
sera précisée avec soin; et dans le cas où l'on constaterait la présence de ces corps , on devrait rechercher avec soin si l'estomac en contient d'analogues. Ce dernier organe doit être exploré avec soin à l'effet de savoir s'il renferme de l'eau; non pas que ce soit une preuve concluante que la submersion ait eu lieu pendant la vie , parce que le plus souvent il est impossible de prouver que l'individu ne l'a pas avalée peu de temps avant la mort ; mais parce que c'est une présomption de plus quand elle vient s'ajouter à d'autres observations.
Mort par blessures. A l'article cadavre nous sommes entré dans des détails assez circonstanciés sur les moyens de distinguer les blessures qui ont été faites pendant la vie , d'avec celles qui ont eu lieu après la mort; nous n'y reviendrons pas, et nous nous bornerons à donner des préceptes généraux sur le moyen de procéder à la dissection des blessures. On doit d abord décrire minutieusement les dimensions de la plaie , sa direction par rapport à l'axe du corps, sa profondeur^ l'écartement de ses lèvres, l'aspect et la couleur de la peau, la netteté ou l'inégalité des bords de la blessure, leur tuméfaction et leur engorgement. On circonscrit alors la plaie à l'aide d'incisions pratiquées à deux ou trois pouces en dehors, et l'on dissèque la peau dans toute la circonférence en procédant des parties saines aux parties intéressées. C'est une très-mauvaise habitude que celle qui consiste à agrandir la plaie et h inciser sur les parties intéressées par elle. La première dissection doit avoir pour but de mettre à nu h) couche superficielle des muscles ; si la plaie est plus profonde on met à nu tous les muscles superficiels voisins, on les coupe à une certaine distance de la plaie, et on les enlève de manière à arriver aux vaisseaux profonds; ceux-ci doivent être isolés avec le même soin afin de bien déterminer quels ont été les vaisseaux lésés, et d'apprécier si I hémorrhagie qui a dû résulter de leur ouverture a été suffisante pour déterminer la mort, et dans quel temps la mort a dû survenir. Toutes ces jirécautions doivent être prises, non-seulement quand il s'agit de plaies ayant leur siège sur les parties molles du cou et des membres , mais encore lorsqu'elles pénètrent dans leurs cavités. S'agit-il de la tête, on appréciera beaucoup mieux le décollement du périoste et l'état des os en procédant comme nous l'avons indiqué. Il ne faudra jamais casser le crâne avec un marteau , car on pourrait produire des fêlures ou des fractures des os que I on attribuerait plus tard à la blessure , ou bien agrandir des fêlures ou fractures déjà faites. La scie devient un instrument dont l'emploi est indispensable. C'est une très-mauvaise habitude que celle de sonder les plaies pénétrantes avec des stylets ou tout autre instrument ; on détruit le rapport des parties, on intéresse des organes auparavant intacts , et l'on perd tout le fruit de son exploration.
Dans les plaies de poitrine et de ventre , on doit adopter la même méthode, et avoir soin de maintenir les organes dans leur position respective.
Lorsque les vètemens ont été tachés par du sang , on doit les faire conserver avec soin, parce qu'ils peuvent devenir par suite l'objet de recherches chimiques.
A l'occasion de la mort de plusieurs personnes à-la-fois , il s'élève souvent des questions de survie. Ces questions pourront être fréquemment éclairoes par l'inspection particulière des trois organes principaux de 1 économie , le cerveau, les poumons et le cœur , en les examinant sous le point de vue de la quantité de sang qu'ils contiennent respectivement ; nous sommes entré à ce sujet, à l'article MOUT, dans des détails qui pourront faire sentir l'importance de ces observations à cet égard.
En6n , dans la mort par brûlure , lorsque cette lésion a une étendue considérable , tant en surface qu'en profondeur , l'expert ne doit jamais perdre de vue qu'il existe des cas de combustion humaine spontanée, qui expliquent alors les désordres considérables que l'on est à même d'observer. ( f^oyez co.mbcs-
TIONS SPONTAkÉES. )
Tels sont les points principaux sur lesquels nous avons cru devoir appeler l'attention du lecteur , pour compléter ce que nous avons dit sur le même sujet à l'article cadavre. Ici nous n'avons pas fait mention de tout ce qu'il est nécessaire d'observer, lorsqu'il s'agit de l'autopsie d'un enfant nouveau-né , parce que nous avons consacré un chapitre particulier à ce sujet dans notre article infamticide. ( Alph. Devergie. )
OVAIRES ( Maladies des ). Organes essentiels à la génération ( testes inuliebres ) , composés d'une coque fibreuse , inégale et comme crevassée à sa surface, contenant un nombre indéterminé de petites vésicules disséminées au milieu d'un tissu spongieux et vasculaire , les ovaires sont susceptibles d'un grand nombre de lésions dont les unes ont trait à leurs formes et à leurs connexions , dont les autres tiennent à leur structure , enfin , un certain nombre à la nature de leurs fonctions.
Dèplaccmens. Situés de chaque coté de l'utérus, dans l'épaisseur de l'aileron postérieur des ligamens larges , en arrière de la trompe, maintenus dans leur position , et par le ligament large qui leur forme une espèce de mésentère , et par un ligament particulier, le ligament de l'ovaire, dont la longueur inégale chez les différens sujets, et quelquefois inégale d'un coté à l'autre peut influer sur leur situation , les ovaires sont sujets à des déplacemens qui peuvent être rapportés aux chefs suivans.
1°. Déplacemens consécutifs à ceux de l'utérus. Ainsi pendant la grossesse, les ovaires s'élèvent dans l'abdomen avec l'utérus , sur les côtés duquel ils sont appli((ué3. Immédiatement après l'accouchement, ils occupent les fosses iliaques, où on les rencontre quelquefois , môme en l'absence de tout développement de l'utérus. Dans le cas de polypes , de tumeurs fibreuses développées dans l'épaisseur de l'utérus , les ovaires subissent des déplacemens qui sont en rapport avec le développement de l'utérus, et servent, sous le point de vue de î'anatomie
pathologique, à faire reconnaître la véritable situation de cet organe. Danslej chutes de l'utérus, les ovaires sont contenus dans l'espèce de poche formée pa: le vagin. Ils ont été extirpés avec l'utérus dans l'opération hardie que fit ave succès M. Récamier sur une femme affectée de prolapsus utérin avec végétatioi cancéreuse du museau de tanche.
2°. Déplacemens avec adhérence. Il n''est pas rare de voir les ovaires maintei nus par des adhérences soit dans les fosses iliaques , soit sur la face postérieur dei'ute'rus , au devant du rectum.
3o. Hernies de L'ovaire. Les hernies de l'ovaire, moins rares qu'qn ne le cro ordinairement , peuvent être congéniales , et alors il semble que ces organes qui sont placés chez le fœtus sur les côtés de la région lombaire , comme le testicules , subissent les mêmes migrations que ces derniers organes , à travet le canal de Nuck. J'ai rencontré plusieurs fois chez des vieilles femmes des hei nies inguinales de l'ovaire ; et sans rejeter l'idée que beaucoup de ces hernie pouvaient bien être congéniales , la persistance du canal de Nuck, même che les sujets les plus avancés en âge, fait anatomique que j'ai constaté plusieut fois, me parait établir que les hernies inguinales de l'ovaire peuvent se manifeste dans tous les âges : qu'il me soit permis de faire remarquer , à cette occasion que la présence du canal de Nuck à toutes les époques de la vie de la femme e: pour elle une cause prédisposante à la hernie inguinale , tout-à-fait étrangère l'homme , ce qui explique la fréquence de la hernie inguinale chez les femmei Il résulte , en effet , de faits nombreux que j'ai recueillis à la Salpêlrière , que 1 hernie inguinale est bien plus fréquente chez les femmes que la hernie crurale plusieurs de mes prédécesseurs , dans cet établissement , paraissent avoir fait! même observation. Les hernies de l'ovaire s'accompagnent presque toujours d< hernies de la trompe. Quelquefois l'angle correspondant de l'utérus est altii! j jusqu'à l'anneau. Le déplacement de l'ovaire peut co'incider avec le déplacemeiii jj de l'intestin qui est alors placé au-devant de lui. ! "
Les hernies de l'ovaire sont presque toujours inguinales, plus rarement elW:^ ont lieu par l'anneau crural ; plus rarement encore , par l'échancrure sciatiquii ^ L'ovaire, descendu dans les grandes lèvres, peut simuler la présence des test? i cules. (Consulter la monographie de M. Deneux qui a recueilli tous les faiji connus de déplacemens de l'ovaire. i \
Grossesses ovariques. Les grossesses ovariques sont une preuve irrécusat» f de la présence des germes dans l'ovaire et de leur fécondation dans ce mên i organe. Les grossesses ovariques présentent quatre terminaisons bien distincteiti
1». La terminaison par rupture du kyste, rupture qui peut avoir lieu àuij' époque plus ou moins avancée de la grossesse, mais qu'on observe généralemeij du troisième au quatrième mois ; dans ce cas, la mort est presque inévitable produite par hémorrhagie. Dans un cas extrêmement intéressant que j'ai eue casion d'observer à la Maternité avec MM. Moreau etPaul Dubois, la mort a c la suite , non de l'hémorrhagie déterminée par la rupture du kyste , mais d'u péritonite chronique : le fœtus à terme était contenu dans la cavité du péritoi au milieu d'une grande quantité de pus. 11 tenait par le cordon ombilical à u tumeur sphéroïdale volumineuse formée par le kyste ovarique renversé , et do les couches extérieures étaient formées par le placenta. Dans ce cas , une gr( sesse ovarique était parvenue à une période avancée , le kyste et lesmembran de l'œuf s'étaient ouvertes sans hémorrhagie : une grossesse abdominale avi^ succédé à une grossesse ovarique, et le fœtus avait continué à vivre, penda un temps assez long , au milieu du pus dont sa présence avait provoqué las crétion ; le péritoine était revêtu par une pseudo-membrane épaisse et trc! dense.
2". Dans d'autres cas , le fœtus agit à la manière d'un corps étranger et pr^ voque , au milieu d'accidens plus ou moins graves et souvent mortels , une i ; flammation qui a pour effet l'élimination des débris du fœtus à travers les par<j, de l'abdomen , la vessie , le rectum , etc. |
3o. Une troisième termmaison consiste dans la momification du fœtus qui j dessèche , s'encroûte de phosphate calcaire et contenu dans un kyste inert.! ne donne aucun signe de sa présence autrement que par son volume. ( Voy Jnat. palhol. xviiie livr. pl. v, fœtus momifié.) i
4o. Une quatrième terminaison consiste dans la formation d'un kyste pileu. |
Kjstes pileux de V ovaire. Les kystes pileux de l'ovaire , dont j'ai rappoi, \ ailleurs les principaux caractères, contiennent eu même temps que des po, une matière grasse, souvent des dents, lesquelles sont implantées dans d. i fragmens osseux qu'on a pu reconnaître pour des fragmens d'os maxillaire] t souvent des débris de squelette ; enfin, dans un certain nombre de kystes pile \ pourvus de dents, j'ai trouvé la surface interne du kyste formée dans un esps; limité par un tissa cutané parfaitement distinct. Je crois avoir prouvé ( Ana \ mie pathologique , xviii" liv. ) que les kystes pileux des ovaires sont le résul constant d une grossesse ovarique ; voici comment je pense que les cbo;; doivent se passer : une conception ovarique a lieu ; une adhérence s'établit da les piemiers temps , peut-être dans les premiers jours de la conception entre parois du kyste et l'embryon ; cette adhérence est accompagnée de la destri tion plus ou moins complète de l'embryon lui-même : or , tantôt il ne reste j | l'embryon que la peau qui concourt à former les parois du kyste et qui se Ira) i forme plus ou moins complètement elle-même en tissu fibreux, alors le ky < est simplement pileux; tantôt une portion plus ou moins considérable de la pe: i quelques fragmens de mâchoire ou d'autres portions du squelette ont échapp: < la destruction , et alors on trouve des dents , des os, du tissu cellulaire sous- , , tané , des ongles , etc. |
Je ne saurais admettre avec Meckel que les kystes pileux peuvent être le i sultat d'une excitation contre-nature des organes génitaux , indépendante de