OVAIRES (MALADIES DES
OVARITE.
opulation , le résultat d'une conception incomplète , Lucina sine concuhitu ; t qu'ils constituent une ébauche bien imparfaite d'un organisme nouveau. Cette jéorie ingénieuse , mais purement hypothétique , ne repose sur aucun fait ositif.
Kystes ou hydropisie enkystée de l'ovaire. Les kystes pileux constituent une es espèces les plus rares des kystes ovariques; ils n'acquièrent d'ailleurs jamais n grand volume et sont rarement soupçonnés pendant la vie. Les kystes de ovaire ou l'hydropisie enkystée sont la maladie la plus fréquente de ces oranes et une des maladies chroniques les plus communes chez les femmes. Les rincipales espèces sont les suivantes :
1". Kystes uniloculaires. L'ovaire est converti en une poche unique , qui eut acquérir un volume tel qu'elle remplisse la pi esque totalité de l'abdomen la manière d'une ascite. Il est probable que , dans ce cas , une seule vésicule lira , par son développement , effacé le reste de l organe qu'on rencontre queluefois atrophié sur l'un des points de la circonférence de la poche , et que l'on pufond souvent avec des épaississemens cartilagineux.
Le liquide contenu , ordinairement séreux , peut être filant comme du blanc 'œuf , ou bien d'apparence gélatineuse; il peut être purulent, sanguinolent , juleur de bistre , de marc de café , etc.
Les parois sont toujours fibreuses, quelquefois d'une grande ténuité , d'autres lis d'une épaisseur considérable, susceptibles de se diviser en plusieurs lauies arsemées de plaques cartilagineuses osseuses : de grosses veines marchent à lur surface externe et dans leur épaisseur ; leur surface interne est quelquefois sse, plus souvent rugueuse, d'autres fois mamelonnée.
1". Kystes multilocutaires. Ils se divisent en ceux dans lesquels les loges ou loiles communiquent tous les uns avec les autres, et en ceux dans lesquels le kyste it divisé en un certain nombre de groupes de locules distincts les uns des aues, mais dont les parties constituantes communiquent entre elles; ces derers appartiennent aux kystes multiples. J'ai trouvé quelquefois une matière étacée dans un certain nombre de loges ou cellules. 11 n'est pas rare de voir ielques-unes des cellules remplies d'un liquide parsemé de paillettes micacées te l'analyse chimique démontre n'être autre chose que la choleslérine. Le irste uniloculare est lisse à sa surface externe , le kyste multiloculaire , en géiral , bosselé.
S". Kystes multiples. Plusieurs kystes distincts peuvent entrer dans la compolionde la tumeur; chacun des kystes peut être uniloculaire ou multiloculaire; •esque toujours , dans ce cas , un kyste prédomine sur tous les autres : la surce de la tumeur est bosselée lorsque le kyste principal n'effiice pas en quelque rte les autres kystes.
4°. Kystes aréolaires ou gélatiniformes. Les kystes multiloculaires conduisent IX kystes aréolaires et géîatinilormes dans lesquels le tissu de l'ovaire est dise en cellules ou aréoles , qui représentent assez exactement le cancer aréoire et gélatiniforme de l'estomac et des autres tissus , et qui n'en diffèrent que ir la capacité plus considérable des mailles. {Y oy. Anat. pat/iol, , 5^ liv. , . 3. )
5°. Kystes acèphalocystes de l'ovaire. ( Voy. Acéphaloctste.) VTransformaiion Jibreuse de l'ovaii e. Il y a une telle analogie entre les corps preux de l'utérus et ceux de l'ovaire , qu'il est impossible de déterminer à >-iori le véritable siège de la tumeur, et que même avec les pièces anatomiques lUS les yeux , on éprouve quelque difficulté à cette détermination. Du reste ,
s tumeurs fibreuses varient prodigieusement en volume et en poids , depuis lelques gros jusqu'à trente , quarante livres et même davantage. Chez une jnme morte récemment à la Salpêtrière , une tumeur fibreuse de l'ovaire pejil quarante-six livres. Ces tumeurs fibreuses coïncident assez souvent avec des y^stes ou des espèces de géodes d une capacité plus ou moins grande ; j'ai ren- ^ntré plusieurs fois simultanément des tumeurs fibreuses et dans l'ovaire et ^ns l'utérus.
Cancer de r ovaire. Beaucoup moins fréquent que celui de l'utérus avec lelel il coïncide rarement , il s'est présenté le plus souvent à mon observation lus la forme encéphaloïde.
Atrophie et hypertrophie de l'ovaire. On rencontre quelquefois l'ovaire comiètement atrophié, aplati et réduit à sa coque ; d'autres fois, il présente un )lume beaucoup plus considérable que dans l'état naturel. Mais cet état [hypertrophie, indépendant de toute altération organique, ne saurait être ue temporaire ; c'est celui qu'on observe pendant la grossesse et après l'accou- (lement.
Epanchemens sanguins dans l'ovaire. Il n'est pas rare de voir des foyers sanlins dans l'épaisseur de l'ovaire , et ces foyers sanguins , qu'on pourrait désilersous le titre d'apoplexie de l'ovaire , passent par toutes les phases quepréintent les foyers sanguins apoplectiques. On a pu croire , dans quelques cas , ne ces épanchemens sanguins étaient supplémentaires d'une menstruation inpniplète ou absente.
j Infiltration séreuse de l'ovaire. Sur un grand nombre de femmes mortes à la |iite de l'accouchement, j'ai vu l'ovaire très-volumineux, infiltré de sérosité; 1 coque , réduite à une membrane très-mince , et se déchirant par le plus léger pntact.
\Ovarite. J'ai fait représenter (Anat. pathol., 13^ liv.) plusieurs ovaires ayant pquis un volume quatre à cinq fois plus considérable que de coutume, et in- Itrésde pus. L'inflammation de l'ovaire , très-fréquente à la suite de l'accou- !)iement , s'accompagne le plus souvent de l'inflammation des vaisseaux lymphatiques de cet organe. Plusieurs des cas d'inflammation chronique de l'ovaire ,Qt été recueillis par M. Dugès et Mad. Boivin, Traité pratique des maladies de
l'utérus, où l'on trouve des détails très circonstanciés et pleins d'intérêt sur la plupart des maladies de l'ovaire, (Cruveilhier.)
OVARITE. On donne ce nom à l'inflammation des ovaires. Quelque rapprochement anatomico- physiologique que l'on ait essayé d'établir entre ces organes et les testicules, il s'en faut beaucoup que l'on puisse complètement, en pathologie, comparer l'orchite à l'ovarite. En effet , la première , apparente au dehors comme l'organe qu'elle affecte , est assez fréquente et se reconnaît facilement, tandis que la seconde, envahissant un organe placé dans la profomleur du bassin, est par cela seul beaucoup moins fréquente et plus difiicile à reconnaître. Néanmoins l'ovarite et l'orchite peuvent se développer sous l'influence de l'état morbide des différentes parties de l'appareil génital avec lesquelles le testicule et l'ovaire ont des connexions plus ou moins intimes. Ainsi l'inflammation du testicule survient quelquefois à l'occasion de l'inflammation du canal de l'urètre ou des vésicules séminales, de même l'inflammation des ovaires se développe par suite de la phlegmasie de l'utérus.
Les auteurs n'ont guère décrit l'ovarite (l'une manière particulière , mais ils ont rapporté de nombreux faits à l'aide desquels il est facile de donner cette description. Ces faits démontrent que l'ovarite isolée est rare , que le plus souvent cette affection existe en même temps qu'une métrite ou qu'une inflammation du tissu cellulaire qui entre dans la composition du ligament large correspondant de l'utérus. Ces faits démontrent enfin que l'ovarite prend souvent une marche subaiguë ou chronique et qu'elle occasionne de cette manière de nombreuses dégénérescences que l'on rencontre dans l'ovaire.
Les causes les plus ordinaires de l'ovarite aiguë se rapportent le plus souvent à un travail d'accouchement difiicile et prolongé, à l'inflammation de l'utérus ou du péritoine environnant , aux contusions dont les régions iliaques peuvent être atteintes; l'époque menstruelle, enrayée dans sa marche, devient quelquefois une cause prédisposante ou occasionnelle du développement de l'ovarite.'
Cette affection se reconnaît à la douleur pongitive et au sentiment de chaleur que la malade éprouve dans la profondeur de la région correspondante du bassin ; à une tuméfaction arrondie , sensible à la vue ou reconnaissable seulement au toucher. Ces symptômes ne tardent pas à être accompagnés d'un trouble évident de l'utérus , soit qu'il participe on non de l'état inflammatoire de son annexe. Les règles ou les lochies diminuent ou se suppriment; les aines deviennent sensibles et tendues ; un sentiment de lassitude a lieu dans la région lombaire; l'émission de l'urine est plus ou moins difficile et douloureuse ainsi que la défécation; la peau acquiert de la chaleur; le pouls de la fréquence; l'appareil digestif manifeste par des nausées et des vomissemens la part qu'il prend sympathiquement à la phlegmasie qui nous occupe.
La maladie se borne rarement à l'ovaire, elle s'étend le plus souvent au péritoine , à l'utérus ou au ligament large ; sa marche et sa durée varient beaucoup. Elle peut se terminer par résolution que l'arrivée des règles , l'augmentation des lochies et la diminution des symptômes locaux et généraux annoncent. Quand la suppuration survient on le reconnaît aux alternatives de frissons et de chaleur qui incommodent le malade, à la souplesse du pouls, à la diminution des accidens généraux , à l'augmentation du sentiment de pesanteur et des douleurs pulsatives qui existent dans le bassin, il est rare que le foyer s'ouvre dans la cavité péritonëale ; cependant le professeur Dupuytren en a observé un exemple. Dans ce cas , s'il ne survient pas de péritonite mortelle , la collection purulente peut occasionner une inflammation salutaire, suivie de l'établissement d'adhérences qui empêcheront le pus de s'étendre et permettront qu'il se dirige au dehors , ou qu'il donne lieu à la formation d'une tumeur enkystée. Le plus souvent, le foyer purulent se dirige vers la région iliaque , vers la vessie ou vers le canal intestinal, et le pus se fait jour à travers ces parties. Nous avons observé un cas de cette dernière espèce dans le service de M. Husson , dont nous étions alors interne. On voit aussi le pus se porter vers le vagin, dans lequel il forme une tumeur reconnaissable à la fluctuation qu'elle présente. Tel était le cas d'une malade que nous avons observée l'année dernière à l'hôpital Beaujon , et dont nous reparlerons plus bas. L'ovarite présente quelquefois des accidens de gangrène , mais elle passe bien plus souvent à l'état chronique.
On trouvera dans un bon mémoire que vient de publier M. Montault sur l'ovarite puerpérale, une collection de faits importans sur cette affection. [Journ. hehdom, , sixième année , tom. 1 , pag. 4)3.)
Il n'est pas toujours facile de reconnaître d'une manière positive l'ovarite. Distincte de la métrite et de la cystite par le lieu qu'elle occupe , il est plus difficile de ne pas la confondre avec l'inflammation des diverses parties placées s iules côtés de l'utérus, et surtout avec celle du tissu cellulaire dont cette région est abondamment pourvue. Heureusement qu'une erreur de diagnostic est dans ce cas sans conséquence ; car le ti-aitement indiqué par l'une de ces affections convient également à l'autre. D'ailleurs il est très-rare que l'une de ces parties soit enflammée sans que celles qui l'avoisineut ne participent bientôt à l'état morbide.
En général le pronostic de l'ovarite dépend de l'étendue et de l'intensité de l'inflammation ; il peut surtout devenir grave par la participation que les organes voisins prennent à la maladie , ou par la nature de l'influence épidémique qui a déterminé son développement.
Le traitement antiphlogistique convient le plus souvent pour arrêter la marche de l'ovarite et en amener la résolution. La saignée du bras, de nombreuses sangsues , appliquées vers l'aine correspondante , à l'anus ou aux grandes lèvres ; des cataplasmes émoUiens placés sur l'hypogastre ; des bains , des lavemens émolliens , des injections de même nature ; la diète, le repos , des boissons adoucissantes et émulsives constituent la médication la plus favorable à